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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Derri&#232;re la porte du club</title>
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		<dc:creator>Violette Chaude</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s. &#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise ? Tu fais la fellation naturelle ? La sodomie ? &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH512/-1592-7136b.jpg?1779603571' width='400' height='512' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Tu fais la fellation naturelle&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? La sodomie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res questions que pose C&#233;lia, la g&#233;rante. Apr&#232;s, il faut aller s'inscrire &#224; la brigade des m&#339;urs. Rendez-vous chez les flics d&#232;s le lendemain. Identit&#233;, lieu de travail, dur&#233;e du s&#233;jour. En vingt minutes, c'est boucl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gen&#232;ve, rue de Berne. Les femmes posent en vitrine et les n&#233;ons des enseignes font mal aux yeux. Le club est situ&#233; dans un appartement au deuxi&#232;me &#233;tage d'un immeuble d'habitation &#224; la fa&#231;ade discr&#232;te. Seule une plaque dor&#233;e indique sa pr&#233;sence. Un digicode filtre l'acc&#232;s et l'accueil est assur&#233; par une des filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte d'entr&#233;e donne sur un petit bar. Comptoir encombr&#233;. Sur la droite, &#233;cran t&#233;l&#233;. Grands miroirs. Cam&#233;ras de surveillance : toutes les pi&#232;ces sont film&#233;es, &#224; l'exception des chambres et des WC. Rien &#224; voir avec l'atmosph&#232;re raffin&#233;e promise par le site internet. Le comptoir est &#233;clair&#233; par un n&#233;on blafard et rev&#234;tu d'une imitation de marbre. Sur les canap&#233;s et tables basses du salon, les affaires des filles, jet&#233;es en vrac : habits, sacs, vernis, bouteilles de coca, paquets de g&#226;teaux, chips, ordinateurs, t&#233;l&#233;phones, chaussures &#224; talons. Des toilettes et une enfilade de six chambres. Chaque suite est &#233;quip&#233;e d'une douche, d'un fauteuil, d'un lit &lt;i&gt;king size&lt;/i&gt; et d'un miroir. Une table de chevet avec un seau plein de capotes et une poubelle, vid&#233;e apr&#232;s chaque passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sence obligatoire de 11 h &#224; minuit. La g&#233;rante est l&#224; de 18 h &#224; la fermeture et surveille les all&#233;es et venues. Toute sortie &#224; l'ext&#233;rieur avec un client doit &#234;tre factur&#233;e au prix d'une escorte, soit 100 CHF&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu peux dormir sur place, dans les chambres ou dans le salon. S'il n'y a pas de client apr&#232;s 2 heures du mat', il n'en viendra plus. La g&#233;rante prend 120 CHF sur les deux premi&#232;res passes, 80 sur la troisi&#232;me et les suivantes c'est tout pour toi&lt;/i&gt;. &#187; Il ne vient pas tant de clients que &#231;a. Le montant de la passe est libre. Mais la g&#233;rante ne souhaite pas une r&#233;putation de club trop cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fille poursuit la conversation dans un charmant mix anglo-fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Je te conseille de start &#224; 300 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;CHF half-an-hour and 450 CHF an heure for the basic ; shower, massage, blow-job and love. Then, tu can ask ce que tu veux for whatever you accept to do, nobody will know. Tu write sur le registre l'heure d'entr&#233;e et de sortie of the room, la monnaie et le type of r&#232;glement, if CB or cash. You pay C&#233;lia every night before she leaves le club for what you did dans la journ&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Je comprends vite qu'il est possible de faire beaucoup de bl&#233; en tr&#232;s peu de temps et que bien plus que de sexe, il est surtout question de bluff et de b&#233;nefs. Ne jamais laisser son sac &#224; main tra&#238;ner. Toujours le garder avec soi, on ne sait jamais. Avec les clients, prendre toujours l'argent avant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les arriv&#233;es et les d&#233;parts sont incessants. Une des filles, hollandaise, est escorte professionnelle. Elle vient tous les trois mois pour une p&#233;riode de trois-quatre semaines. Sa client&#232;le est riche. Beaucoup sont des hommes c&#233;l&#232;bres et, dit-on, tr&#232;s amoureux d'elle. Elle les tient au courant de ses diff&#233;rents s&#233;jours &#224; travers l'Europe. Le club, son pied-&#224;-terre &#224; Gen&#232;ve, lui permet de faire des clients pendant la journ&#233;e et de rentabiliser son temps au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'heure d'ouverture, on est vautr&#233;es sur les canap&#233;s. Jogging us&#233; par-dessus nos tenues sexy. Quand la sonnette retentit, en place. On tombe le futal. String et talon haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier soir, premi&#232;re passe. D&#233;monstration par l'exemple, pas besoin de tutoriel. &#171; &lt;i&gt;Les filles, client&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia semble conna&#238;tre le micheton et l'installe. Elle se dirige vers le salon : &#171; &lt;i&gt;Les filles, pr&#233;sentation en 6 !&lt;/i&gt; &#187; Nous nous levons toutes et dans un cliquetis de talons, nous nous dirigeons vers la chambre n&#176; 6. Le protocole devient rapidement familier. Entrer. Montrer son corps de face : visage, ventre et seins. Bises interdites. Donner son blaze en regardant dans les yeux : &#171; &lt;i&gt;Enchant&#233;e, Zora.&lt;/i&gt; &#187; Demi-tour aguicheur. Faire bouger ses cheveux. Vue de dos : jambes, fesses et chute de reins. Ne pas parler. Retourner au salon.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C&#233;lia me conseille &#224; l'habitu&#233; pour 500 CHF, deux grammes de coke et une bouteille de champagne. Surtout ne pas parler de la poudre aux autres filles, c'est C&#233;lia qui fournit. J'ai un trac monstre. Sans me conna&#238;tre, elle vante mes m&#233;rites en disant que je n'ai &#171; &lt;i&gt;pas de tabous&lt;/i&gt; &#187;. Je masse un peu le gars. Il me tend la somme en coupures que je glisse dans mon sac et je vais m'inscrire sur le registre. Le compte &#224; rebours est lanc&#233; : une alarme sur mon t&#233;l&#233;phone. Je retrouve le gars. Deux larges traces et une coupette. Reprise du massage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme est en instance de divorce et me montre des photos de ses gosses. Je le suce &#224; la demande. Il passe un appel et dans sa discussion, il dit &#234;tre au boulot et ne pas s'en sortir. Dix minutes plus tard, il raccroche. &#201;jacule. Soupire. Il me remercie et va prendre une douche. J'en profite pour regarder l'heure. Il reste encore 35 minutes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type me fait de la peine. Je suis d&#233;fonc&#233;e et je me sens &#224; l'aise. Il me demande une sodomie. Il a une toute petite bite, je fais le calcul : 200 CHF pour le gramme de coke X 2, la passe &#224; 500. Je lui dis OK pour 300 CHF de plus. Il refuse, puis n&#233;gocie. J'accepte pour 200. &#199;a dure trois minutes. Ni plaisir, ni douleur. L'alarme sonne, l'heure est &#233;coul&#233;e. Une douche avant de quitter la chambre. Il veut me revoir. Je refuse de lui donner mon num&#233;ro. Je le raccompagne &#224; la porte et le remercie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans la chambre pour ranger et me laver. Je frotte &#224; fond tout ce que je peux. Ce mec vient de d&#233;bourser un Smic et rentre chez sa femme et ses enfants. Je suis sonn&#233;e par cette v&#233;rit&#233; bien plus que par la passe en elle-m&#234;me. De retour au salon, je jette un &#339;il au bar. Certaines sont en chambre ou parties &#224; l'ext&#233;rieur, en escorte. J'entends simuler d'o&#249; je suis. Les filles m'engueulent quand je leur dis que je n'ai pas donn&#233; mon 06 au gars.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sonnette retentit &#224; nouveau. C&#233;lia va &#224; la porte. Je me hisse sur mes talons. Nous ne sommes plus que quatre filles. J'entre dans la chambre, d&#233;file et serre la main. La trentaine, barbu, il porte une vieille doudoune. Retour au salon, C&#233;lia revient : &#171; &lt;i&gt;Zora, c'est pour toi.&lt;/i&gt; &#187; J'encha&#238;ne avec mon deuxi&#232;me client. Dans la chambre, le gars me dit qu'il m'a choisi pour mon cul. Il n'a pas l'air tranquille. Trop excit&#233;, sale et &#233;m&#233;ch&#233;. Il me tend un billet de 500 euros en me disant d'un ton r&#226;peux : &#171; &lt;i&gt;Je veux une heure, je vais te d&#233;foncer. Je vais te prendre partout et surtout je veux te d&#233;foncer le cul&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas comment r&#233;agir. Le mec pue l'alcool et la sueur. Je fixe le billet violet. Je n'en avais jamais vu. Une voix qui ne m'appartient pas sort de ma gorge et parle &#224; ma place : &#171; &lt;i&gt;OK. Mais ce n'est pas assez. Je veux 800 euros.&lt;/i&gt; &#187; Choqu&#233;, il continue &#224; me tripoter en bredouillant qu'il n'a que &#231;a, qu'il a trop envie de moi. Je maintiens mon tarif en m'&#233;loignant de lui. Il finit par l&#226;cher l'affaire et quitte le club tr&#232;s &#233;nerv&#233;. Le montant de la passe joue beaucoup dans la relation pute/client. Il offre une possible protection. Je suis impressionn&#233;e par ma r&#233;action. J'&#233;prouve envers moi-m&#234;me plus de respect que ce que je pensais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de soir&#233;e. Les filles somnolent sur les sofas. Je chope une couette, r&#233;quisitionne la 6, glisse les pr&#233;cieux billets dans la poche de mon jogging et m'endors instantan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dimanche. Pas un client en vue. La majorit&#233; des clients &#233;tant des hommes mari&#233;s, ils passent le week-end en famille. Les filles s'ennuient et s'activent sur leur smartphone &#224; la recherche d'une escorte. Lundi est une bonne journ&#233;e. Eux et nous reprenons le travail. La plupart sont des hommes d'affaires. Ils passent pendant la pause d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, un client est annonc&#233; dans la 3. 4e d&#233;fil&#233; de la journ&#233;e, celui-ci prendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mec semble tr&#232;s vieux. Une des filles me glisse que j'ai de la chance : souvent il ne bande presque pas. Son d&#233;sir : 30 minutes et une douche ensemble pour 300 CHF. Le contact avec sa vieille peau mouill&#233;e est surprenant. Peur de l'ab&#238;mer. Il voudrait qu'on s'embrasse &#171; &lt;i&gt;amoureusement&lt;/i&gt; &#187;. Quelques secondes apr&#232;s que je l'ai aid&#233; &#224; enfiler une capote, il a joui sans p&#233;n&#233;tration. Je l'ai raccompagn&#233; &#224; la porte. Personne ne me pose de questions. Par un accord tacite, nous ne parlons quasiment jamais des passes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Excit&#233;s, entre 30 et 35 ans, alliance au doigt, ils s'installent au bar. Celui dont c'est l'anniversaire se fait appeler Nounours. Avec lui : Franck, t&#234;te de connard &#224; la d&#233;gaine de baqueux, et Nicolas, le chef du trio. Ces gars me sont antipathiques. Blagues graveleuses, commentaires du genre &#171; &lt;i&gt;Elle, elle est trop bonne. &#8211;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Mec, mate-moi ce cul.&lt;/i&gt; &#187; Nous faisons semblant de nous amuser. C&#233;lia me prend &#224; part : &#171; &lt;i&gt;Tu vois le Nounours, l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ce type p&#232;se environ 35 000 euros par mois. Il te regarde depuis tout &#224; l'heure, tu devrais essayer d'le brancher.&lt;/i&gt; &#187; J'ai du mal. On se croirait &#224; un ap&#233;ro dans le BTP, sauf que sur les tables ce n'est pas de la Kro, mais cinq bouteilles de Mo&#235;t &#224; 150 boules chacune. J'en ai marre de faire la cruche. Je pr&#233;f&#233;rerais partir en chambre. Je veux voir les billets, je ne pense qu'&#224; &#231;a. Nous ne pensons toutes qu'&#224; &#231;a. Les mecs se font prier. C'est un truc typique des mecs au bar. Ils se laissent allumer par une fille pour partir avec une autre. Ils adorent provoquer des tensions entre nous. &#199;a leur donne de l'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la finale, c'est une partouze qu'ils veulent. N&#233;goci&#233;e &#224; 450 CHF. Ils s'installent dans la chambre la plus grande. Vodka. On commence nos affaires dans la douche, puis sur le lit. Ils sont dans un d&#233;lire porno-path&#233;tique. Ils ne s'amusent pas et nous non plus. Nounours cherche &#224; m'embrasser, &#231;a me d&#233;go&#251;te. Franck s'&#233;nerve parce qu'il n'arrive pas &#224; jouir. Je simule tant bien que mal, &#231;a n'en finit pas, quand soudain, &lt;i&gt;all&#233;luia&lt;/i&gt; ! Le portable sonne la lib&#233;ration. Revenus au bar, les types prennent un air satisfait. Il ne s'agirait pas d'admettre devant un bordel tout entier qu'ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; se finir en une heure avec deux filles. Je prends une longue douche pour ne pas les recroiser et me lave cinq fois la bouche &#224; l'Hextril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la soir&#233;e, je tombe sur un mec cool et simple. Il fait partie d'un groupe de cinq hommes en costard, un peu flippants, genre anciens l&#233;gionnaires. Rapide calcul du fric et je me retrouve avec ce Kosovar &#224; l'accent &#233;pais, doux comme un agneau. Comme il me le demande gentiment et que sa bite est propre et ras&#233;e, je le suce sans capote pour 300 CHF en plus de la passe. Je suis contente en recomptant mes billets. J'ai bien gagn&#233; ma soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la fin du s&#233;jour. Un vrai canon au visage de mannequin se pointe. Je ne m'attendais pas &#224; tomber sur un gars d'une telle beaut&#233;. Et voil&#224; que &#231;a arrive et qu'en plus il va me baiser et payer pour &#231;a. Lui aussi dit m'avoir choisi pour mon cul et mes tatouages. Les mecs expliquent souvent leur choix, comme s'ils avaient &#224; se justifier. Ils imaginent peut-&#234;tre qu'on va les remercier. Le vrai probl&#232;me, de toute fa&#231;on, c'est quand ils parlent. Comme souvent en d&#233;but de passe, la rencontre s'amorce sous la douche. Son sexe est &#233;norme. Et puis direction le lit. Jeu avec le miroir. Il jouit deux fois. J'&#233;prouve du plaisir. Je pense &#224; la capote. J'y pense souvent. J'ai peur qu'elle l&#226;che. Une passe &#224; 500 balles, c'est bien, mais avec le sida, &#231;a ne vaut pas le coup. Je culpabilise d'avoir ressenti du d&#233;sir. &#199;a n'est pas arriv&#233; avec les autres gars. On refait l'amour. C'est vraiment bon. Nous avons fr&#244;l&#233; la tendresse, puis l'alarme a sonn&#233;. Sans commentaire, je l'ai &#233;teinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, il me demande mon pr&#233;nom et d'o&#249; je viens. La situation en est transform&#233;e. Je me sens comme humili&#233;e, vuln&#233;rable, &#231;a devient bien plus brutal que toutes les autres passes. Il rench&#233;rit en disant que j'ai l'air d'une fille bien et qu'il ne comprend pas comment j'en suis arriv&#233;e l&#224;. L'atmosph&#232;re se crispe. Il quitte la chambre. Je retourne dans le salon sans rien dire &#224; personne. Il est interdit de donner son vrai pr&#233;nom. Je me sens salie pour la premi&#232;re fois depuis mon arriv&#233;e. La nuit d'apr&#232;s, je fais des cauchemars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois quitt&#233; le club, j'ai ressenti de la haine envers ce gars. Je pr&#233;f&#232;re un mec qui paye pour me tringler et qui se barre sans un regard plut&#244;t qu'un type qui paye pour faire semblant de compatir &#224; ma pauvre condition. La seule chose qu'on attend ici, c'est du fric.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi ces clients qui viennent chercher des profils de filles bien sp&#233;cifiques. Des putes &#171; classes &#187;, &lt;i&gt;bling-bling&lt;/i&gt;, pro et exp&#233;riment&#233;es, pour les sortir en escorte et briller en soir&#233;e. Ou des filles jeunes blanches et blondes de pr&#233;f&#233;rence, gaul&#233;es comme des adolescentes pour jouer &#224; la poup&#233;e porno ou au jeune couple amoureux.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce fut comme un voyage sans guide et en chute libre dans l'envers du d&#233;cor de notre soci&#233;t&#233; bien-pensante. &#192; la recherche de l'amoral, du vice, de l'extr&#234;me. Se sentir vivante. Avoir besoin de pousser la domination patriarcale et l'annihilation totale de soi-m&#234;me &#224; son paroxysme pour en comprendre les rouages &#8211; et finir par se pardonner.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Violette Chaude, d'apr&#232;s les &#233;crits de Zora&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dossier &#034;Reprendre la cl&#233; des champs&#034; : le sommaire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dossier-Reprendre-la-cle-des</link>
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		<dc:date>2018-03-04T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD, Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>terres</dc:subject>
		<dc:subject>paysans</dc:subject>
		<dc:subject>agricoles</dc:subject>
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		<dc:subject>salon</dc:subject>
		<dc:subject>paysan</dc:subject>
		<dc:subject>l'agriculture</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;r&#244;me Laronze</dc:subject>
		<dc:subject>Aude Vidal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'agriculture, une aventure collective &#187;. Tel &#233;tait le th&#232;me du Salon de l'agriculture 2018, qui s'ach&#232;ve en ce d&#233;but de mois de mars. Celles et ceux qui ont d&#233;cid&#233; de faire de l'agriculture leur m&#233;tier n'ont pourtant jamais &#233;t&#233; aussi seuls. Et de moins en moins nombreux. En cinquante ans, la France a perdu plus de trois millions de paysans. Et chaque semaine, deux cents fermes mettent la cl&#233; sous la porte. Depuis la lib&#233;ralisation du march&#233; agricole plan&#233;taire lanc&#233;e dans les ann&#233;es 1990, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aude-Vidal-7679" rel="tag"&gt;Aude Vidal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2075-9fbd1.jpg?1779777896' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'agriculture, une aventure collective &#187;. Tel &#233;tait le th&#232;me du Salon de l'agriculture 2018, qui s'ach&#232;ve en ce d&#233;but de mois de mars. Celles et ceux qui ont d&#233;cid&#233; de faire de l'agriculture leur m&#233;tier n'ont pourtant jamais &#233;t&#233; aussi seuls. Et de moins en moins nombreux. En cinquante ans, la France a perdu plus de trois millions de paysans. Et chaque semaine, deux cents fermes mettent la cl&#233; sous la porte. Depuis la lib&#233;ralisation du march&#233; agricole plan&#233;taire lanc&#233;e dans les ann&#233;es 1990, la course &#224; la productivit&#233; fait des ravages, &#233;liminant brutalement ceux qui ne parviennent (ou ne veulent) pas s'adapter aux injonctions du syst&#232;me agro-industriel. D'o&#249; un ph&#233;nom&#232;ne de concentration massif, qui voit les riches agro-businessmen, nouveaux seigneurs des campagnes, accaparer les terres agricoles et les fermes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture r&#233;pond &#224; notre besoin primaire le plus &#233;l&#233;mentaire : se nourrir. En ce sens, elle est la t&#234;te de pont d'un capitalisme toujours plus empress&#233; &#224; nous d&#233;poss&#233;der de nos moyens de subsistance. Apr&#232;s la privatisation des terres &#224; partir du XVIIIe si&#232;cle&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;nomm&#233; en Angleterre &#171; mouvement des enclosures &#187;, ce vaste ph&#233;nom&#232;ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, l'exode rural et la m&#233;canisation des campagnes, puis le culte du progr&#232;s technique et de la productivit&#233; &#224; outrance durant les Trente Glorieuses, l'agriculture est entr&#233;e dans une nouvelle phase d'industrialisation. Macron ne s'y trompait gu&#232;re quand, lors de la traditionnelle visite pr&#233;sidentielle au Salon de l'agriculture le 24 f&#233;vrier, il d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;L'agriculture fran&#231;aise est une terre de conqu&#234;te.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De &#171; conqu&#234;te &#187; et d'argent, surtout : pour les acteurs de l'agro-industrie, il y a un sacr&#233; paquet de bl&#233; &#224; la cl&#233;. Avec la privatisation du vivant via la certification des semences ou gr&#226;ce aux OGM. Avec la normalisation des pratiques agricoles en proc&#233;dures industrielles. Et avec la robotisation. Pour les agriculteurs, par contre, ces &#171; conqu&#234;tes &#187; sont d'abord synonymes de pr&#233;carisation des conditions de travail : en 2017, 30 % des agriculteurs fran&#231;ais gagnaient moins de 354 &#8364; par mois&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une &#233;tude de la MSA, relay&#233;e dans plusieurs articles du Monde en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; ils n'&#233;taient que 18 % dans cette situation en 2014&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Faucheuse est dans le pr&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette industrialisation &#224; marche forc&#233;e se traduit dans nos campagnes par un d&#233;sastre social sans pr&#233;c&#233;dent. Les agriculteurs se retrouvent englu&#233;s dans des logiques d'endettement, provoqu&#233;es par la n&#233;cessit&#233; d'investir en permanence pour rester comp&#233;titif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont aussi soumis &#224; des contr&#244;les administratifs de plus en plus intrusifs. Et stigmatis&#233;s comme des &#171; ploucs &#187; maltraitant leurs animaux. Bref, les paysans fran&#231;ais vont mal : deux d'entre eux se suicident chaque jour (soit trois fois plus que pour les autres professions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'environnement, le tableau n'est gu&#232;re plus reluisant : malgr&#233; les incantations &#233;tatiques louant l'agro-&#233;cologie, la consommation de pesticides ne cesse de cro&#238;tre&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'usage de pesticides a augment&#233; de 25 % entre 2009 et 2014 ! La France en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. L'&#233;t&#233; 2017 a ainsi connu un nouveau record de prolif&#233;ration des algues vertes, &#224; cause de l'agriculture intensive bretonne. Et les empires agroalimentaires n'h&#233;sitent pas &#224; mettre en danger la sant&#233; des consommateurs pour sauvegarder leurs marges b&#233;n&#233;ficiaires &#8211; la r&#233;cente contamination &#224; la salmonelle de produits infantiles de Lactalis en est une parfaite illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Terreau de luttes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais face &#224; ce rouleau compresseur, &#224; l'aseptisation de nos campagnes comme de nos assiettes, des paysans et paysannes s'organisent et luttent : r&#233;sistance collective face aux services de l'&#201;tat, occupations de terres, entraide mutuelle &#224; rebours des discours syndicalistes dominants, exp&#233;rimentations sociales et agricoles en marge du syst&#232;me industriel. Des bergers r&#233;tifs au pu&#231;age &#233;lectronique de leurs moutons jusqu'aux squatteurs de terres &#224; Notre-Dame-des-Landes, le paysan s'affirme de plus en plus comme une figure subversive face au lib&#233;ralisme mortif&#232;re. &#192; l'heure de la mobilit&#233; permanente, des start-up de l'e-business et de l'ub&#233;risation du travail, &#171; travailler la terre &#187; est en passe de devenir un geste singulier dans le paysage capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nourrissant un imaginaire politique empreint d'autonomie alimentaire, en posant les bases de nouvelles solidarit&#233;s entre rebelles des champs et contestataires des villes, les paysans invitent &#224; enterrer nos vies administr&#233;es et &#224; reprendre la cl&#233; des champs. Bien loin des trav&#233;es du Salon de l'agriculture, voil&#224; o&#249; r&#233;side la vraie &#171; aventure collective &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2192 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH599/-465-fff51.jpg?1779604833' width='500' height='599' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Benoit Guillaume.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sommaire : &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Discussion avec Aude Vidal : &#171; La paysannerie, c'est l'histoire d'une longue d&#233;possession &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Sur la couverture : une t&#234;te de vache avec un code-barres fich&#233; dans l'&#339;il. &lt;i&gt;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs&lt;/i&gt; est un bouquin illustr&#233; o&#249; les paysans se racontent en direct. Rencontre avec Aude Vidal, coordinatrice de ce salutaire projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Racines de lutte : Dans les ann&#233;es 1970, &#171; le mariage des LIP et du Larzac &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Ils s'allient aux dockers. Attaquent les grands propri&#233;taires. Et s'inspirent de la th&#233;ologie de la Lib&#233;ration. Dans les ann&#233;es 1970, des paysans montent au front, affirmant que la lutte des classes traverse le monde agricole. Leur h&#233;ritage reste vivace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reportage &#224; Notre-Dame-des-Landes : La Zad joue &#224; qui terre gagne &gt;&lt;/strong&gt; Il y a eu les bons mill&#233;simes &#224; oignons, l'ann&#233;e des patates bouff&#233;es par le taupin, les &#233;t&#233;s &#224; mildiou, trop mouill&#233;s pour faire de belles tomates, la s&#233;cheresse l'an pass&#233;... De semailles en r&#233;coltes, l'agriculture d'occupation s'est enracin&#233;e dans le cycle des saisons, se fichant pas mal de l'ill&#233;galit&#233;, regardant plus loin que l'urgence des menaces et mobilisations. L'abandon du projet d'a&#233;roport sauve le bocage tout en ouvrant une nouvelle s&#233;quence. Celle du maintien des acquis agricoles de la lutte et de l'apport &#233;ventuel de nouveaux projets. Mais aussi celle de la composition avec les services de l'&#201;tat et la chambre d'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agricultrices en lutte : Face au sexisme, inverser la vapeur &gt;&lt;/strong&gt; Discrimination via le statut professionnel, orientation professionnelle genr&#233;e, remarques machistes : la condition des femmes en agriculture n'est gu&#232;re reluisante. Depuis les ann&#233;es 1960, nombre de paysannes s'organisent pour lutter contre ce sexisme bien pr&#233;sent. Aujourd'hui, certaines d'entre elles le font en recourant aux pratiques de l'&#233;ducation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de pays sans paysans : Portrait &#224; la barbe fleurie &gt;&lt;/strong&gt; J&#233;r&#244;me est &lt;i&gt;parpagnas&lt;/i&gt;. Install&#233; &#171; &lt;i&gt;pour voir&lt;/i&gt; &#187;, en 1991, sur une petite surface l&#233;gu&#233;e par son p&#232;re, il y a pris go&#251;t. Produisant des l&#233;gumes de qualit&#233;. &#201;cumant dans un premier temps les march&#233;s. Puis participant au lancement des premi&#232;res Amap locales. Entre n&#233;cessit&#233; de gagner sa vie et envie d'exp&#233;rimenter, rencontre avec un paysan pas fatigu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emprise administrative et industrielle : Face aux normes, &#171; reconstruire une culture de lutte commune &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Si l'agriculture &#233;tait avant-guerre le secteur d'activit&#233; le moins encadr&#233;, il est d&#233;sormais celui qui est le plus r&#233;glement&#233; et contr&#244;l&#233;. Sous couvert de tra&#231;abilit&#233; et de protection des consommateurs, de nombreux paysans refusant de se plier aux exigences de l'agriculture industrielle se trouvent harcel&#233;s et r&#233;prim&#233;s par une administration toujours plus intrusive. Entretien avec Claude, membre du Collectif d'agriculteurs et agricultrices contre les normes, qui rassemble des paysans combattant la mise au pas administrative et industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justice et v&#233;rit&#233; pour J&#233;r&#244;me Laronze : Un paysan est mort &gt;&lt;/strong&gt; En mai 2017, J&#233;r&#244;me Laronze, &#233;leveur en Sa&#244;ne-et-Loire, &#233;tait assassin&#233; de trois balles tir&#233;es par un gendarme. Son tort ? S'&#234;tre oppos&#233; aux contr&#244;les agricoles. Bref retour sur ce drame en milieu paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Robots agricoles : Comme un champ de bataille &gt;&lt;/strong&gt; Comment faire rimer gains de productivit&#233; agricole et environnement ? En mettant des robots dans les champs, pardi ! Telle est la nouvelle pilule que tentent de faire gober les agro-industriels. Au d&#233;triment des paysans, &#231;a va de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Graines de r&#233;sistance : Gare aux semences g&#233;n&#233;tiquement bricol&#233;es &gt;&lt;/strong&gt; O&#249; en est la lutte contre les OGM ? On se rappelle de la moustache de Jos&#233; Bov&#233; et d'images d'arrestations dans les champs de dizaines de faucheurs volontaires. Mais depuis, l'agro-industrie a d&#233;gain&#233; d'autres plantes g&#233;n&#233;tiquement bricol&#233;es, aussi v&#233;n&#233;neuses pour l'environnement qu'insidieuses pour les paysans&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;nomm&#233; en Angleterre &#171; mouvement des enclosures &#187;, ce vaste ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement du foncier est consid&#233;r&#233; comme l'une des &#233;tapes fondatrices du capitalisme industriel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon une &#233;tude de la MSA, relay&#233;e dans plusieurs articles du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; en octobre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'usage de pesticides a augment&#233; de 25 % entre 2009 et 2014 ! La France en est la plus grosse consommatrice en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Papy chez les geeks</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Papy-chez-les-geeks</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Papy-chez-les-geeks</guid>
		<dc:date>2018-02-08T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Hector de la Vall&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>ici</dc:subject>
		<dc:subject>salon</dc:subject>
		<dc:subject>jeu vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>jeu</dc:subject>
		<dc:subject>Mario Bros</dc:subject>
		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>tient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je ne suis pas un h&#233;ros &#187;, chantait Balavoine, avant que Stars Wars, les s&#233;ries am&#233;ricaines et les jeux vid&#233;os n'infestent l'imaginaire de milliards de spectateurs. Au salon HeroFestival, qui se tenait il y a peu &#224; Marseille, on vend les supports de cet imaginaire pas toujours adolescent. Que c&#233;l&#232;bre-t-on ici ? &#171; Tout ce qui est nippon &#187;, me lance le r&#233;parateur d'ampoules du salon, visiblement blas&#233;. Pas convaincu, je zigzague entre sorci&#232;res &#224; l'am&#233;ricaine et rejetons de Mario Bros (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hector-de-la-Vallee" rel="tag"&gt;Hector de la Vall&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeu" rel="tag"&gt;jeu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mario-Bros" rel="tag"&gt;Mario Bros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tient" rel="tag"&gt;tient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas un h&#233;ros&lt;/i&gt; &#187;, chantait Balavoine, avant que &lt;i&gt;Stars Wars&lt;/i&gt;, les s&#233;ries am&#233;ricaines et les jeux vid&#233;os n'infestent l'imaginaire de milliards de spectateurs. Au salon HeroFestival, qui se tenait il y a peu &#224; Marseille, on vend les supports de cet imaginaire pas toujours adolescent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH756/-354-b6bd1.jpg?1779602881' width='400' height='756' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Hector De La Vall&#233;e.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que c&#233;l&#232;bre-t-on ici ? &#171; &lt;i&gt;Tout ce qui est nippon&lt;/i&gt; &#187;, me lance le r&#233;parateur d'ampoules du salon, visiblement blas&#233;. Pas convaincu, je zigzague entre sorci&#232;res &#224; l'am&#233;ricaine et rejetons de &lt;i&gt;Mario Bros&lt;/i&gt; pour me faire une id&#233;e. Nombre de d&#233;guisements me sont inconnus. Mes r&#233;f&#233;rences seraient-elles poussi&#233;reuses ? Je ne vois nulle trace de &lt;i&gt;Goldorak&lt;/i&gt;. Et pas le moindre PC Atari 520 (avec &lt;i&gt;Space Invaders&lt;/i&gt;) &#224; l'horizon. Je n'ai pas encore la cinquantaine, mais je me sens d&#233;j&#224; largu&#233;. &lt;i&gt;Star Trek&lt;/i&gt;, au secours !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me voyant paum&#233;, deux jeunes me tuyautent : &#171; &lt;i&gt;Ici, c'est pour les amateurs d'univers fa&#231;on Game of Thrones ou Justice League&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ces deux grands lardons sont n&#233;s le joystick entre les pognes, le doigt sur le bouton rouge et la 3D dans l'&#339;il. Pr&#233;sentement cach&#233; sous une robe de bure de moine franciscain, leur paternel tient un magasin de costumes : &#171; &lt;i&gt; Je regardais des dessins anim&#233;s comme Albator ou Candy. Tandis que mon beau-fils, lui, est plut&#244;t fan de s&#233;ries, du genre Breaking Bad&lt;/i&gt; &#187;, m'explique le moinillon. All&#244;, Freud ? Tu re&#231;ois les familles sur ton divan ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Content d'&#234;tre l&#224;, le moine, mais un peu critique : &#171; &lt;i&gt;Ici, c'est cher : la moindre figurine en r&#233;sine vaut 15 &#8364; ! Et puis, il a fallu payer pour entrer &#8211; on en a eu pour 38 &#8364;, avec le tarif sp&#233;cial &#8216;&#8216; Famille Pierrafeu '' &lt;/i&gt; . &#187; Notez n&#233;anmoins que les &#171; Pikachu &#187; (les moins de 7 ans) rentrent gratos. &#171; Pique &#224; chou &#187; (si on prononce &#224; la bretonne), c'est cette bestiole jaune &#233;chapp&#233;e du monde des &lt;i&gt;Pok&#233;mon&lt;/i&gt;. Une cr&#233;ature de fiction devenue produit d&#233;riv&#233; et vendue dans le monde entier en peluche ou en cendrier. Je le sais, j'ai eu un sac Pikachu, et c'est devenu un cendrier &#224; force d'avoir mes clopes &#233;cras&#233;es sur la truffe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous affranchir, tas de dinosaures abonn&#233;s &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et dont les seuls h&#233;ros sont la colonne Durruti ou la CGT d'avant 1914 : ici, au salon, les stars font partie d'un monde autrement ringard que le v&#244;tre. Par exemple, les plombiers r&#233;habilit&#233;s par le jeu &lt;i&gt;Mario &amp; Luigi&lt;/i&gt; ne se sont jamais syndiqu&#233;s. La honte. Dans cette franchise, on trouve aussi Wario, l'anti-h&#233;ros, vulgaire, peureux. C'est un prince corrompu, expliquent trois barbus, sp&#233;cialistes de jeux vid&#233;o convoqu&#233;s pour une conf&#233;rence. Apparu sous le r&#232;gne de B&#233;r&#233;govoy, il ne veut que du bl&#233;, de la maille, tel un vulgaire Booba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple, la star du tr&#232;s violent jeu vid&#233;o &lt;i&gt;GTA&lt;/i&gt; &#8211; Niko Bellic. Une parfaite petite frappe. Sans scrupules et pr&#234;t &#224; tout. &#171; &lt;i&gt;En permettant toutes les exactions au joueur, il tient lieu de d&#233;fouloir&lt;/i&gt; &#187;, explique un sp&#233;cialiste sur un stand. Avant d'ass&#233;ner : &#171; &lt;i&gt;En r&#233;alit&#233;, il est stupide...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; politique, il y aussi de quoi faire. Tenez, par exemple&#8230; Prenez le jeu &lt;i&gt;Guerilla War&lt;/i&gt; avec Che Guevara et Fidel Castro en guest-stars. Eh bien, c'est juste un pitoyable &lt;i&gt;Run and gun&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeu vid&#233;o d'action dans lequel le joueur dirige un personnage devant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Comprendre : cours et bute-les. Ou comment r&#233;duire la grande histoire &#224; sa portion testost&#233;ron&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songeant &#224; ce nouveau monde qui s'ouvre &#224; moi tout en progressant dans les trav&#233;es, j'&#233;vite par miracle un coup d'&#233;p&#233;e en mousse. A&#239;e, mes pas m'ont port&#233; vers un stand consacr&#233; aux armes dans les s&#233;ries. Je file &#224; l'anglaise : pas question de perdre des points de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors cela, je n'ai qu'une crainte : croiser R2D2, le robot bo&#238;te de ferraille de &lt;i&gt;Star Wars&lt;/i&gt;. J'ai toujours eu un faible pour lui. Et je sais que je ne r&#233;sisterais pas &#224; la tentation de le ramener avec moi. &#199;a ferait d&#233;sordre au local de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, rep&#232;re de luddites forcen&#233;s. Je serais oblig&#233; de le d&#233;brancher illico. Ou de le recycler en grille-pain pour&#8230; oups, d&#233;sol&#233;, je m'&#233;gare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenu &#224; moi, j'observe les alentours. Je constate que le r&#233;parateur d'ampoules n'avait pas tort : les mangas sont partout. Inutile de chercher &lt;i&gt;Spirou&lt;/i&gt; &#8211; le petit groom a &#233;t&#233; diss&#233;qu&#233; par des Japonaises aux seins gonfl&#233;s &#224; l'h&#233;lium et arm&#233;es de sabres translucides...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, je tombe sur deux youtubeurs, 'achement connus d'apr&#232;s les fans qui chantent avec eux, mass&#233;s en bas du podium. Il s'agit d'un duo, &#233;tonnamment sorti de la chambre qui lui tient habituellement lieu de salle de spectacle. Il d&#233;borde d'&#233;nergie, saute sur le podium en bramant de niaises paroles. Il me semble qu'il parle de mangas, de bouffe quand t'es anorexique et de gr&#232;ves de train, mais je peux me tromper. En tout cas, la communaut&#233; des geeks et autres passionn&#233;s de mangas opine du chef &#224; intervalles r&#233;guliers. Je me sens seul. &#199;a m'a ab&#238;m&#233; de lire Marx &#224; 17 ans&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Chien rouge a pens&#233; aux feignasses qui ne veulent pas faire comme moi, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, les chalands du salon n'ont pas l'air plus allum&#233;s que ceux qui croient au travail ou &#224; la patrie. Bloqu&#233;s quelques heures par jour devant un &#233;cran qui projette des poncifs sociaux, ils se contentent de les reproduire. Le probl&#232;me : on les incite au r&#233;gressif. &#192; l'image de Kirby, personnage du jeu vid&#233;o du m&#234;me nom ressemblant &#224; un testicule volant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ici est fait pour infantiliser. Comme une cr&#232;che pour adultes, o&#249; il serait impossible de se blesser. Un univers prot&#233;g&#233;, o&#249; la nature est en plastique. O&#249; les arbres et les plantes sont bien rang&#233;s. O&#249; les animaux sont repr&#233;sent&#233;s en personnages souriants, quand les vrais passent aux abattoirs. Et o&#249; un synth&#233; r&#233;p&#233;titif tournant en boucle tient lieu de musique.Tout est rose ou jaune, comme chez Google. En clair : &#231;a pue la guimauve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me dis, un brin d&#233;senchant&#233;, que les membres de ce jeune public feront sans doute de charmants employ&#233;s. S'ils quittent leur travail plus t&#244;t, ce sera pour squatter devant une console usag&#233;e ou une s&#233;rie r&#233;&#233;dit&#233;e en Blu-ray. Histoire de sucer leur pouce en repoussant des neurones le monde r&#233;el...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gentille geek m'explique qu'en effet, ce monde imaginaire est une copie pleine de paillettes du n&#244;tre. &#171; &lt;i&gt;Dans la s&#233;rie de jeux &#224; succ&#232;s Zelda, la princesse attend toujours que son prince, Link, vienne la d&#233;livrer.&lt;/i&gt; &#187; Le poncif habituel. La princesse devrait monter une cellule f&#233;ministe chez Nintendo. Las, il para&#238;t que &#231;a ne se fait pas des masses, dans le macho milieu du jeu vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, il y a un grand oubli&#233; dans ce salon : le monde du travail. Nul stand pour r&#233;v&#233;ler l'am&#232;re r&#233;alit&#233; de ces ateliers chinois o&#249; on se cr&#232;ve &#224; la t&#226;che pour fabriquer des consoles &#224; nos h&#233;ros occidentaux&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Machine est ton seigneur et ton ma&#238;tre, Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. D'ailleurs, impossible de syndiquer ma vieille console &#224; Sud ou &#224; la CNT &#8211; j'ai essay&#233;, elle a fait &lt;i&gt;Game over&lt;/i&gt; quand j'ai cliqu&#233; sur &#171; Gr&#232;ve &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jeu vid&#233;o d'action dans lequel le joueur dirige un personnage devant d&#233;truire un grand nombre d'ennemis &#224; l'aide d'armes de plus en plus puissantes, au fur et &#224; mesure de sa progression.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Chien rouge a pens&#233; aux feignasses qui ne veulent pas faire comme moi, en publiant l'&lt;i&gt;Abr&#233;g&#233; du Capital&lt;/i&gt; de Carlo Cafiero &#8211; voir le&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Editions-le-Chien-rouge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bon de commande&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Machine est ton seigneur et ton ma&#238;tre&lt;/i&gt;, Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi, Agone, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au Salon des boulots de merde</title>
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		<dc:creator>Julien Brygo, Olivier Cyran</dc:creator>


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&lt;p&gt;En pleine mobilisation contre la loi Travail, les employeurs de salari&#233;s low-cost tenaient salon &#224; Paris. Tandis que McDonald's, Carrefour, Sodexo, Monoprix et consorts se pliaient en quatre pour ferrer du ch&#244;meur, un coach en &#171; management motivationnel &#187; exhortait les futures recrues &#224; se prendre pour Usain Bolt. Monde du travail, monde de tar&#233;s. C'est une foire de maquignons comme il s'en tient par centaines, mais avec un petit truc en plus qui intrigue : SoJob, le &#171; salon social du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no142-avril-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;142 (avril 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En pleine mobilisation contre la loi Travail, les employeurs de salari&#233;s &lt;i&gt;low-cost &lt;/i&gt; tenaient salon &#224; Paris. Tandis que McDonald's, Carrefour, Sodexo, Monoprix et consorts se pliaient en quatre pour ferrer du ch&#244;meur, un coach en &#171; management motivationnel &#187; exhortait les futures recrues &#224; se prendre pour Usain Bolt. Monde du travail, monde de tar&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une foire de maquignons comme il s'en tient par centaines, mais avec un petit truc en plus qui intrigue : SoJob, le &#171; salon social du recrutement priv&#233; &#187;. &#171; Social &#187;, la pr&#233;cision a son importance. Depuis le temps que cet adjectif se retourne comme une chaussette pour rhabiller s&#233;mantiquement les panards de l'employeur (social, le plan qui te jette &#224; la rue ; social, le dialogue en vertu duquel on ampute tes droits, etc.), il &#233;tait logique qu'il serve aussi de garniture aux emplois socialement les plus d&#233;grad&#233;s. SoJob, nous avertit la brochure, &#171; &lt;i&gt;est n&#233; d'une n&#233;cessit&#233; sociale : favoriser la rencontre entre vous, qui exercez ou qui souhaitez exercer dans le priv&#233;, et de grandes entreprises &#224; fort potentiel de recrutement venant de secteurs diversifi&#233;s : h&#244;tellerie, restauration, artisanat alimentaire, grande distribution, coiffure, esth&#233;tique, services &#224; la personne&lt;/i&gt; &#187;. Bref, la confr&#233;rie des secteurs &#171; sous tension &#187;, pourvoyeuse de t&#226;ches &#233;panouissantes et de plans de carri&#232;re sensationnels, dont la presse d&#233;plore r&#233;guli&#232;rement qu'elle &#171; peine &#224; recruter &#187;, s'est donn&#233; rendez-vous le 8 mars &#224; l'espace Champerret, &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est normal que tu compl&#232;tes par des pr&#233;caires &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le timing &#233;tait bien choisi. SoJob avait lieu la veille de la premi&#232;re journ&#233;e de mobilisation contre le projet de d&#233;membrement du Code du travail, un texte con&#231;u pour d&#233;livrer les employeurs de leur &#171; peur d'embaucher&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expression lanc&#233;e par le Premier ministre, Manuel Valls, et le pr&#233;sident du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; par la gratification de libert&#233;s nouvelles pour flexibiliser, pr&#233;cariser, licencier. Un pr&#233;cieux coup de pouce &#224; l'extension des boulots de merde, ceux-l&#224; m&#234;mes qui font le miel de SoJob.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH440/seto_salon-545ea.jpg?1779602982' width='400' height='440' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#192; l'entr&#233;e, surprise !, le visiteur tombe nez &#224; nez avec un stand de Force ouvri&#232;re (FO). La f&#233;d&#233;ration FGTA de FO, qui regroupe les principaux secteurs du salariat &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; (restauration, agro-alimentaire, h&#244;tellerie, grande distribution, etc.), parraine le salon parce qu'elle se place &#171; &lt;i&gt;du c&#244;t&#233; de l'emploi&lt;/i&gt; &#187;, comme l'annonce le prospectus que nous tend le jeune pr&#233;pos&#233; &#224; l'accueil. Il s'appelle Jean-Baptiste et travaille comme technicien de maintenance chez un industriel breton du l&#233;gume congel&#233;, o&#249; il est aussi d&#233;l&#233;gu&#233; syndical. Il nous explique avoir pris sur ses heures de d&#233;l&#233;gation pour &#339;uvrer au bon d&#233;roul&#233; du salon. Mais depuis quand est-ce le r&#244;le d'un syndicat d'aider les patrons &#224; faire le plein de pr&#233;caires ? &#171; &lt;i&gt;Alors, d&#233;j&#224;&lt;/i&gt;, rectifie-t-il, &lt;i&gt;on aide les salari&#233;s en leur permettant de trouver un emploi. Apr&#232;s, si &#231;a se passe pas bien pour eux, ils savent qu'on existe et sont invit&#233;s &#224; venir nous voir, puisqu'on est le premier syndicat dans ces secteurs.&lt;/i&gt; &#187; En somme, FO gagne sur les deux tableaux : il se range ostensiblement du bon c&#244;t&#233; du manche tout en se positionnant sur un march&#233; strat&#233;gique &#8211; les gal&#233;riens du travail &#8211; pour recruter non pas une force de travail, mais des adh&#233;rents. &#171; &lt;i&gt;On esp&#232;re tous pour nos enfants qu'ils trouveront mieux dans leur vie qu'un job chez McDo&lt;/i&gt;, conc&#232;de notre syndicaliste de choc, &lt;i&gt;mais il faut aussi se mettre &#224; la place de l'employeur. &#192; certains moments, t'as besoin de vingt salari&#233;s, &#224; d'autres seulement de cinq, donc c'est normal que tu compl&#232;tes par des pr&#233;caires.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un petit cochon-tirelire rose sigl&#233; FO &#224; la main, cadeau de la maison, on entame le tour des popotes. Justement, voici McDonald's. Le &#171; &lt;i&gt;premier recruteur priv&#233; de France&lt;/i&gt; &#187; &#8211; 2 500 cr&#233;ations d'emplois annonc&#233;es pour 2016, en plus des 40 000 postes en turn-over &#224; renouveler chaque ann&#233;e &#8211; a investi dans un stand &#233;norme qui &#233;voque le design coupe-faim de ses fast-foods. Sur le comptoir, des piles de brochures &#171; &lt;i&gt;Apprendre un m&#233;tier, choisir son avenir&lt;/i&gt; &#187;, o&#249; l'on t'explique que fa&#231;onner des Big Mac en CDD &#224; deux-cinqui&#232;mes de temps, c'est &#171; &lt;i&gt; un poste id&#233;al pour les jeunes &#224; la recherche d'une premi&#232;re exp&#233;rience professionnelle&lt;/i&gt; &#187; &#8211; quand t'es jeune, t'es trop content de gagner des clopinettes &#8211; et &#171; &lt;i&gt;pour les personnes cherchant &#224; concilier vie priv&#233;e et vie professionnelle via un emploi du temps modulable&lt;/i&gt; &#187; &#8211; je nage dans le graillon aux heures de &lt;i&gt;rush&lt;/i&gt;, mais, le reste du temps, je m'&#233;clate dans ma vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, apr&#232;s le stand &#171; H&#244;tellerie et restauration, cap sur la r&#233;ussite ! &#187;, on tombe sur Sodexo, le mastodonte de la bouffe collective (420 000 emplois dans le monde, dont 34 000 en France). De l'&#233;cole &#224; la maison de retraite en passant par la caserne, l'entreprise, la prison et l'h&#244;pital, on peut parfaitement passer une vie enti&#232;re &#224; se nourrir Sodexo. Frites molles et escalope de dinde cartonn&#233;e de la maternelle jusqu'&#224; la tombe. &#171; &lt;i&gt;On est un peu d&#233;&#231;us&lt;/i&gt;, l&#226;che la recruteuse. &lt;i&gt;Une dizaine de CV, c'est tout ce qu'on a eu. Faut dire que c'est la premi&#232;re fois qu'on fait ce salon, y a peut-&#234;tre eu un probl&#232;me de communication&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Faut le reconna&#238;tre : SoJob fait un peu grise mine avec sa poign&#233;e de visiteurs qui d&#233;ambulent entre les stands sans vraiment s'y arr&#234;ter, comme on t&#226;te du bout de l'orteil une mer trop froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est comme du mauvais shit, &#231;a te fait mal &#224; la t&#234;te &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 16h30, c'est l'heure de la s&#233;ance de coaching &#171; Comment bien pr&#233;parer un entretien d'embauche &#187;. Des chaises pliantes ont &#233;t&#233; dispos&#233;es &#224; l'attention du public &#224; c&#244;t&#233; du stand de Speed Jobbing, cens&#233; abriter des rencontres coups de foudre entre recruteurs et candidats. Chaussures brillantes comme un sou neuf, petit pull &#224; col moulant et sourire de t&#233;l&#233;vang&#233;liste accroch&#233; aux pommettes, Serge Bourbon, 56 ans, est un &#171; &lt;i&gt;formateur sp&#233;cialis&#233; en ressources humaines et en management motivationnel&lt;/i&gt; &#187;, ainsi que l'indique la brochure. Devant un public clairsem&#233; d'une trentaine de p&#233;quins, moyennement motivationn&#233;s pour l'instant, il va droit au but : &#171; &lt;i&gt;Ne pas se pr&#233;parer &#224; son entretien, c'est manquer de respect &#224; l'employeur. Comment s'y pr&#233;parer ? En vous initiant aux valeurs de l'entreprise qui accepte de vous recevoir ! La tenue doit &#234;tre adapt&#233;e, il y a des postes qui ne justifient pas de porter le costume et la cravate. Il faut &#234;tre dans le ton du m&#233;tier, le ton qui va bien ! Vos gestes doivent &#234;tre en accord avec ce que vous dites. Faites des essais devant la glace, regardez-vous faire ! Il faut avoir le sourire. &#199;a se travaille, un sourire !&lt;/i&gt; &#187; On songe au commandement inscrit sur les murs des &#233;coles de travailleuses domestiques aux Philippines : &#171; &lt;i&gt;L'attitude conditionne votre succ&#232;s&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Profession domestique, film photographique de Julien Brygo, CP Production/Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#187; On songe aussi aux marchands ambulants de croix Vitafor (&#171; la croix bio-magn&#233;tique qui fait vraiment des merveilles ! &#187;), leur probit&#233; n'aurait pas &#224; souffrir de la comparaison avec les techniques de vente d&#233;ploy&#233;es par ce zozo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ensuit une longue variation sur l'un des th&#232;mes les plus &#233;prouv&#233;s de la lobotomie manag&#233;riale : l'all&#233;gorie sportive. &#171; &lt;i&gt;Dans un match de boxe, lorsque les deux boxeurs montent sur le ring, il y a un face-&#224;-face, regard contre regard. Celui qui va gagner le combat, c'est celui qui gagne le combat du regard et qui dit : moi, je suis plus fort que toi. Il s'agit de regarder en face son recruteur. Allez-y, affrontez-le, souriez-lui, regardez-le. Moi, j'ai pas envie d'avoir quelqu'un de passif devant moi. Je suis en train de vous proposer le plus beau m&#233;tier du monde, alors allez-y ! &lt;/i&gt; &#187; Sourires incr&#233;dules dans l'assistance. &#171; Le plus beau m&#233;tier du monde &#187;, l'expression ici ferait para&#238;tre mesur&#233;s les gros titres du &lt;i&gt;Rodong Sinmun&lt;/i&gt;, l'organe officiel du Parti communiste nord-cor&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jeunes gars se l&#232;vent en bougonnant. On a juste le temps de les rattraper avant qu'ils d&#233;campent du salon. &#171; &lt;i&gt;C'est un guignol, y a pas un mot utile dans ce qu'il raconte&lt;/i&gt;, proteste le plus grand.&lt;i&gt; C'est comme du mauvais shit, &#231;a te fait mal &#224; la t&#234;te.&lt;/i&gt; &#187; Abdel, 20 ans, est venu de Courbevoie sur la recommandation de son conseiller P&#244;le emploi. &#171; &lt;i&gt; Il nous a fait perdre notre temps. Je vais pas postuler chez McDo ici, alors que j'en ai un pr&#232;s de chez moi qui recrute tout le temps. J'ai un pote qui y travaille, il a pas gagn&#233; le combat du regard ou chais pas quoi, par contre, il est lessiv&#233; quand il sort du taf. On est all&#233;s sur le stand de Carrefour, ils nous ont propos&#233; de remplir une fiche pour une place de manutentionnaire. Pour un CDD au Smic, ouais. J'ai un bac pro m&#233;canique, c'est &#231;a qui me brancherait, bosser comme m&#233;cano, j'ai d&#233;j&#224; fait des stages, mais bon, j'ai besoin d'un vrai taf. C'est pas ici que je vais en trouver un.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ayez des yeux de vainqueurs ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la tribune, le moulin &#224; vent continue de mouliner. &#171; &lt;i&gt;En tant que patron d'entreprise, j'ai une philosophie, &#233;coutez-moi bien, mademoiselle.&lt;/i&gt; [Il prend &#224; t&#233;moin une jeune femme dans le public] &lt;i&gt;Vous allez me marquer &#231;a, mademoiselle : il n'y a pas de mauvais manag&#233;, il n'y a que de mauvais managers. C'est-&#224;-dire : je prends la responsabilit&#233; de votre &#233;chec. On n'est pas des victimes, on est acteurs de sa destin&#233;e. Faut assumer ses &#233;checs et quand on les assume on va au bout de sa destin&#233;e. Si vous vous dites &#8220;je trouve pas de boulot, c'est la faute &#224; la crise&#8221;&#8230; Attends, elle a bon dos la crise ! Y a toujours des entreprises qui r&#233;ussissent. Donc pourquoi pas vous ? Un entretien, &#231;a se pr&#233;pare : deux-trois heures par jour, tous les jours. Vous &#234;tes comme Usain Bolt aux derniers championnats du monde, il n'&#233;tait pas favori pourtant, et il arrive &#224; gagner d'un centi&#232;me d'&#233;cart. Pourquoi ? Parce qu'il a la rage, quoi, parce qu'il la veut, cette victoire ! Il s'est entra&#238;n&#233; comme un malade, comme un malade !&lt;/i&gt; &#187; Vision fugace de la foule en d&#233;lire et de tes sponsors qui exultent tandis que tu fais le tour d'honneur en brandissant ton contrat de caissier &#224; mi-temps chez Monoprix. &#171; &lt;i&gt; Si vous &#234;tes l&#224;, c'est d&#233;j&#224; un premier pas vers la r&#233;ussite. C'est que vous cherchez un job. Et c'est formidable ! Ayez des yeux de vainqueurs ! Ayez confiance en vous ! Merci &#224; vous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne pense &#224; l'applaudir &#171; &lt;i&gt;comme un malade&lt;/i&gt; &#187; pour se foutre de sa gueule. Les derniers spectateurs se dispersent dans un silence maussade. Un peu &#224; l'&#233;cart, pourtant, un visage rayonne : c'est celui de St&#233;phanie, &#171; chef de projet junior &#187; chez Comtigo, l'agence de conseil en com' organisatrice du salon. Subjugu&#233;e par la prestation bourbonienne, elle explose en babillages ravis : &#171; &lt;i&gt; Ah, c'est notre meilleur intervenant, il est top ! Hyper-pro, hyper-hyper-bien !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils testent ta r&#233;sistance psychologique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De stand en stand, une jeune femme tra&#238;ne sa pochette pleine de CV sans cacher son d&#233;dain. &#171; &lt;i&gt;Que des boulots de merde&#8230; J'ai suivi des &#233;tudes ultra-bouch&#233;es, Infocom,&lt;/i&gt; raconte-t-elle. &lt;i&gt;J'ai trois dipl&#244;mes, deux licences et un mast&#232;re. Mon r&#234;ve, c'&#233;tait de faire de l'histoire ou de la g&#233;ographie, ou un m&#233;tier qui apporte le bonheur. &lt;/i&gt; &#187; L'ann&#233;e derni&#232;re, elle a d&#233;croch&#233; un poste d'attach&#233;e commerciale au Cr&#233;dit Agricole. &#171; &lt;i&gt;Quand tu d&#233;butes, tu es le larbin. Tu vas faire les t&#226;ches p&#233;nibles, tu prends les dossiers que personne ne veut, tu es la petite secr&#233;taire. On te demande de faire tes preuves, et en fait, ils testent ta r&#233;sistance psychologique &#224; leurs ordres. Ils voient si tu te soumets &#224; leur autorit&#233;. C'est ce qui fait que tu vas pouvoir durer ou non.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affida dit cumuler &#171; &lt;i&gt; trois handicaps&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Je suis arabe, je suis une meuf et j'ai une histoire familiale compliqu&#233;e. Donc c'est trois fois plus dur.&lt;/i&gt; &#187; Dot&#233;e, comme elle dit, d'un mental de &#171; &lt;i&gt; killeuse&lt;/i&gt; &#187;, elle vient de claquer la porte de son taf au Cr&#233;dit Agricole : &#171; &lt;i&gt;Vu qu'ils sont bard&#233;s de juristes, ils connaissent bien les filons pour faire bosser les gens dans la pr&#233;carit&#233;. Moi, ils me renouvelaient mon CDD constamment. Le d&#233;lai de carence, qui est normalement de six mois entre deux CDD, l&#224;-bas, il &#233;tait de trois semaines. Ils changent le nom du poste et l'adresse de l'agence et, hop, vous repartez avec un &#233;ni&#232;me CDD. J'ai claqu&#233; ma d&#233;m' et je suis arriv&#233;e &#224; Paris il y a un mois et demi, je vis en coloc' avec plein de gens d&#233;prim&#233;s, mais je garde la confiance &#8211; il faut !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Expression lanc&#233;e par le Premier ministre, Manuel Valls, et le pr&#233;sident du Medef, Pierre Gattaz, devenue ensuite un &#233;l&#233;ment de langage constitutif du discours m&#233;diatique sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Profession domestique&lt;/i&gt;, film photographique de Julien Brygo, CP Production/Le Monde diplomatique, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lib&#233;rons les terres !</title>
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		<dc:date>2016-03-24T12:03:05Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le num&#233;ro 133 de CQFD &#233;tant proche de l'&#233;puisement, nous avons souhait&#233; proposer &#224; nos lecteurs sur Internet et &#224; qui voudra l'int&#233;gralit&#233; du dossier &#034;Lib&#233;rons les terres !&#034;. Le pdf est &#224; t&#233;l&#233;charger ci-dessous. &#171; &#199;a fait un an qu'on m&#232;ne des actions en France, personne ne nous &#233;coute... &#187; lan&#231;ait d&#233;sesp&#233;r&#233;ment le mois dernier un &#233;leveur pr&#233;sent au Salon de l'agriculture. Au milieu des insultes et du stand du minist&#232;re de l'Agriculture saccag&#233;, not' bon Fran&#231;ois, comme &#224; son habitude, se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no133-juin-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;133 (juin 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bon-Francois" rel="tag"&gt;bon Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Agriculture-saccage" rel="tag"&gt;l'Agriculture saccag&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le num&#233;ro 133 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#233;tant proche de l'&#233;puisement, nous avons souhait&#233; proposer &#224; nos lecteurs sur Internet et &#224; qui voudra l'int&#233;gralit&#233; du dossier &#034;Lib&#233;rons les terres !&#034;. Le pdf est &#224; t&#233;l&#233;charger ci-dessous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1663 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/150503_cqf_nat_men_001_01-2-01985.jpg?1779603015' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Benoit Guillaume.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#199;a fait un an qu'on m&#232;ne des actions en France, personne ne nous &#233;coute...&lt;/i&gt; &#187; lan&#231;ait d&#233;sesp&#233;r&#233;ment le mois dernier un &#233;leveur pr&#233;sent au Salon de l'agriculture. Au milieu des insultes et du stand du minist&#232;re de l'Agriculture saccag&#233;, not' bon Fran&#231;ois, comme &#224; son habitude, se d&#233;marquait par sa phras&#233;ologie absconse : &#171; &lt;i&gt;En d&#233;fendant l'agriculture, je d&#233;fends toute la nation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises du porc et du lait secouent la fili&#232;re agricole depuis un an, enfermant les agriculteurs dans la spirale infernale du &#171; d&#233;penser plus pour produire plus &#187;. La lib&#233;ralisation grandissante des march&#233;s agricoles conduit &#224; une terrible &#233;quation : face &#224; la comp&#233;titivit&#233; mondiale, il faut produire plus de volume pour baisser ses prix. Ainsi, dans l'Ouest du pays, les gros &#233;leveurs laitiers ont d&#233;j&#224; investi dans des outils de traite plus performants et ont surtout &#233;tendu leur surface agricole pour remporter ce nouveau front de la guerre &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#224; l'heure o&#249; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; met &#224; disposition l'int&#233;gralit&#233; du dossier &#034;Lib&#233;rons les terres&#034; publi&#233; en juin dernier, la question de l'accaparement des terres est plus que jamais d'actualit&#233;. Les crises agricoles en cours ne sont en effet qu'une des facettes de l'industrialisation &#224; grands pas de l'agriculture. Cette marche forc&#233;e op&#232;re un double mouvement redoutable : un accaparement massif des terres agricoles pour produire toujours plus, verrouillant en m&#234;me temps l'acc&#232;s au foncier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la moiti&#233; des terres cultiv&#233;es en France sont d&#233;sormais concentr&#233;es aux mains de 10 % des exploitants. &#192; l'&#233;chelle europ&#233;enne, la Politique agricole commune (PAC) continue &#224; r&#233;mun&#233;rer les agriculteurs moins pour la qualit&#233; de leurs produits qu'en fonction du nombre d'hectares qu'ils poss&#232;dent, les poussant &#224; l'agrandissement permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, alors qu'en dix ans, un quart des agriculteurs a disparu en France, les d&#233;marches pour l'installation demeurent un parcours du combattant pour tout jeune paysan et aujourd'hui, seul un tiers des installations arrive &#224; b&#233;n&#233;ficier d'aides publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cet accaparement des terres et &#224; cette course &#224; la productivit&#233;, de nombreuses luttes paysannes, syndicales ou autonomes ambitionnent de remettre en question la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre ou de se r&#233;approprier la production alimentaire. Ces luttes sont de moins en moins cloisonn&#233;es &#224; la profession agricole et peuvent rassembler autant des jeunes paysans sans terre que des ruraux exc&#233;d&#233;s par la b&#233;tonisation de leur territoire. Un terreau de r&#233;sistances riches en imaginaires fertiles pour d&#233;fricher de nouveaux rapports collectifs &#224; la terre et s'&#233;manciper d'un mod&#232;le agricole productiviste d&#233;finitivement &#224; bout de souffle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1664 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/dossieraccaparementterres_cqfd133.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 9.6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779602969' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dossier Lib&#233;rons les terres !
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hommage &#224; nos z'h&#233;ros</title>
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		<dc:date>2015-03-06T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>&#199;a br&#251;le !</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Souvenons-nous d'eux &#224; jamais, nos h&#233;ros. Ils partirent de (tr&#232;s) bon matin, arm&#233;s de leurs seuls courage et abn&#233;gation pour d&#233;fendre notre cause &#224; tous. Ils &#233;taient quatre. Quatre cavaliers solitaires et unis, partant loin de la maison pour les r&#233;gions lointaines de la banlieue lyonnaise. Emmenant avec eux la bonne parole : journaux, livres, t-shirts&#8230; Ils all&#232;rent repr&#233;senter CQFD et le Chien rouge sur le front du Salon Primev&#232;re en cette fin f&#233;vrier glaciale. Ils pass&#232;rent trois jours &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no130-mars-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;130 (mars 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ca-brule" rel="tag"&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seuls-courage" rel="tag"&gt;seuls courage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Souvenons-nous d'eux &#224; jamais, nos h&#233;ros. Ils partirent de (tr&#232;s) bon matin, arm&#233;s de leurs seuls courage et abn&#233;gation pour d&#233;fendre notre cause &#224; tous. Ils &#233;taient quatre. Quatre cavaliers solitaires et unis, partant loin de la maison pour les r&#233;gions lointaines de la banlieue lyonnaise. Emmenant avec eux la bonne parole : journaux, livres, t-shirts&#8230; Ils all&#232;rent repr&#233;senter &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et le Chien rouge sur le front du Salon Primev&#232;re en cette fin f&#233;vrier glaciale. Ils pass&#232;rent trois jours &#224; lutter, pied &#224; pied, dans les all&#233;es de l'immense Salon &#233;colo/alterno pour faire conna&#238;tre notre journal. &#171; &lt;i&gt;Vous connaissez CQFD ?&lt;/i&gt; &#187;, demandaient-ils inlassablement &#224; un public g&#233;n&#233;ralement indiff&#233;rent (&#171; &lt;i&gt;Oh, moi, je suis l&#224; pour acheter du vin naturel et du fromage bio...&lt;/i&gt; &#187;), parfois curieux (&#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes Charlie ?&lt;/i&gt; &#187;), rarement hostile (&#171; &lt;i&gt;Il est en coton bio vot' t-shirt au moins ?!&lt;/i&gt; &#187;), quelque fois &#233;berlu&#233; (&#171; &lt;i&gt;&#231;a existe encore CQFD ? Je vous croyait mort !&lt;/i&gt; &#187;)&#8230; Mais jamais, nos h&#233;ros ne se sont laiss&#233; abattre ! Ivres de furie commerciale et de bi&#232;res autonomes, ils vendirent presque tous les journaux et quelques livres, discut&#232;rent des heures avec des lecteurs critiques ou enthousiastes, avant de rentrer &#224; Marseille, fourbus mais contents. Non, nous n'oublierons jamais Ir&#232;ne, Catherine, Antoine, Julien, ni celles et ceux qui les ont aid&#233;s dans leur noble t&#226;che : la &lt;a href=&#034;http://www.lagryffe.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;librairie La Gryffe&lt;/a&gt;, Tito, Aur&#233;lie, les gars de &lt;a href=&#034;http://www.ladecroissance.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La D&#233;croissance&lt;/a&gt;, les b&#233;n&#233;voles du salon... Mais si jamais on remet la main sur la vieille bourgeoise qui nous a vol&#233; un hors-s&#233;rie photo, on vous jure que &#231;a va barder ! Non mais !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1388 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/salon_primeve_re_2014_-_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/salon_primeve_re_2014_-_2-6013f.jpg?1780103681' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Salon Primev&#232;re 2014 &#224; Eurexpo. Beno&#238;t Prieur (Agamitsudo) (CC)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jusqu'au bout des ongles</title>
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		<dc:date>2014-05-01T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le cosmopolite 10e arrondissement de Paris a &#233;t&#233; t&#233;moin d'une gr&#232;ve in&#233;dite et embl&#233;matique : des manucures chinoises et des coiffeuses ivoiriennes ont fait tourner la boutique apr&#232;s la fuite de leur patron mauvais payeur et vont sans doute r&#233;ussir &#224; arracher leur r&#233;gularisation. Vendredi 21 mars, au royaume de la tresse et de la cosm&#233;tique africaine &#224; Paris. &#192; la sortie du m&#233;tro, des dizaines de jeunes rabatteurs, ivoiriens pour la plupart, apostrophent les passantes africaines d'un &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salon" rel="tag"&gt;salon&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nogo" rel="tag"&gt;Nogo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le cosmopolite 10e arrondissement de Paris a &#233;t&#233; t&#233;moin d'une gr&#232;ve in&#233;dite et embl&#233;matique : des manucures chinoises et des coiffeuses ivoiriennes ont fait tourner la boutique apr&#232;s la fuite de leur patron mauvais payeur et vont sans doute r&#233;ussir &#224; arracher leur r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 21 mars, au royaume de la tresse et de la cosm&#233;tique africaine &#224; Paris. &#192; la sortie du m&#233;tro, des dizaines de jeunes rabatteurs, ivoiriens pour la plupart, apostrophent les passantes africaines d'un &#171; &lt;i&gt;coiffure, miss ?&lt;/i&gt; &#187; pour les orienter vers un salon parmi les dizaines qui se voisinent rue du Ch&#226;teau-d'Eau et tout au long du boulevard de Strasbourg. Au num&#233;ro 50, mitoyen du passage du D&#233;sir, un petit salon d'onglerie et de coiffure d&#233;tonne, &#224; cause du drapeau CGT qui pend en fa&#231;ade par-dessus les photos de mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1015 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/cam00187.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/cam00187-b650d.jpg?1780058577' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au rez-de-chauss&#233;e, dans l'odeur agressive du vernis &#224; ongles, quatre manucures chinoises discutent &#233;nergiquement en posant des proth&#232;ses ongulaires au bout des doigts de clientes africaines. Quelques visiteurs aussi : une militante aux cheveux gris qui lit &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; et Raymond Chauveau, militant CGT connu comme le loup blanc dans la lutte pour le droit des migrants. Raymond fait l'accueil, propose des caf&#233;s et blague avec les clientes. &#192; l'&#233;tage, si l'on suit l'escalier en colima&#231;on, se trouve le salon de coiffure africain, autre lieu d'intenses palabres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis d&#233;cembre, les employ&#233;es du salon n'&#233;taient plus pay&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Le patron nous promettait sans cesse de nous verser nos salaires, mais &#224; partir du 5 janvier on ne l'a plus vu. On attendait. Trois mois sans salaire, c'est dur&lt;/i&gt; &#187;, raconte Nogo, une des deux coiffeuses africaines. Tout en parlant, elle enroule des m&#232;ches, comme de petites antennes sur le cr&#226;ne d'une bambine de six mois qui s'extasie de sa nouvelle t&#234;te devant le miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir re&#231;u un avis d'expulsion du local pour deux ans de loyers impay&#233;s, le patron, un Ivoirien, a pris la clef des champs, plantant l&#224; le salon et ses salari&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Dans ces cas-l&#224;&lt;/i&gt;, explique Raymond,&lt;i&gt; les patrons qui ne payent pas leurs salari&#233;s sans papiers, jouent soit l'intimidation et leur disent de d&#233;gager sous la menace&lt;/i&gt; [fictive] &lt;i&gt;d'appeler la police, soit l'usure, auquel cas, les salari&#233;s, toujours par crainte de faire des vagues, abandonnent leurs salaires dus et vont chercher du boulot ailleurs. Celui-l&#224; a pr&#233;f&#233;r&#233; se volatiliser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spontan&#233;ment, le 3 f&#233;vrier, les manucures chinoises sans papiers, dont certaines travaillaient depuis quatre ans dans des conditions al&#233;atoires, d&#233;cident de &#171; &lt;i&gt;se mettre en gr&#232;ve &lt;/i&gt; &#187;. Le 10 f&#233;vrier, elles viennent trouver l'union locale de la CGT qui les oriente vers le collectif des Droits des migrants du syndicat et d&#233;cident d'occuper le salon nuit et jour tout en continuant l'activit&#233; afin de se payer. Les b&#233;n&#233;fices sont mis au pot commun et divis&#233;s en parts &#233;gales. &#171; &lt;i&gt;Toutefois, on n'est pas dans une logique de coop&#233;rative&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Raymond.&lt;i&gt; La continuation de l'activit&#233;, c'est un outil au service de la lutte de fa&#231;on &#224; faire pression sur la pr&#233;fecture pour r&#233;gulariser ces travailleuses.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux Africaines avaient quitt&#233; le salon apr&#232;s la fuite du patron, mais ont rejoint le mouvement des Chinoises une semaine apr&#232;s le d&#233;marrage de la gr&#232;ve. &#171; &lt;i&gt;C'est quand la CGT est venue qu'on s'est rendu compte de ce qu'il se passait&lt;/i&gt;, raconte Nogo. &lt;i&gt;Auparavant, on ne connaissait pas la CGT. Il y avait onze filles qui tournaient dans le salon, maintenant il n'y a que moi et ma coll&#232;gue qui sommes revenues.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La permanence du salon est tenue par les gr&#233;vistes &#8211; quatre Chinoises, un jeune Chinois et les deux Ivoiriennes &#8211; avec un roulement de plusieurs militants, souvent vieux routiers du soutien aux immigr&#233;s. Les journaux chinois de l'immigration comme les r&#233;seaux sociaux se sont fait &#233;cho. L'&#233;mergence de la lutte des classes au sein d'une main-d'&#339;uvre irr&#233;guli&#232;re, donc tr&#232;s vuln&#233;rable, est susceptible de cr&#233;er une v&#233;ritable fissure dans le syst&#232;me de surexploitation des clandestins. Certains patrons chinois font la grimace : tout le monde tire avantage du travail au noir, font-ils savoir, &#233;branler le syst&#232;me est dangereux. M&#234;me refrain du c&#244;t&#233; des commer&#231;ants africains : &#171; &lt;i&gt; Les autres salons n'aiment pas &#231;a&lt;/i&gt;, commente Nogo. &lt;i&gt;C'est normal, ils pensent que &#231;a va cr&#233;er d'autres probl&#232;mes encore. Les rabatteurs du m&#233;tro font croire que le salon est ferm&#233;, mais on a des clientes fid&#232;les qui continuent &#224; venir.&lt;/i&gt; &#187; Nogo et Adja sont d&#233;termin&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Quand tu te mets dans une histoire, tu dois aller jusqu'au bout&lt;/i&gt; &#187;, affirment-elles. &#192; l'entr&#233;e du salon, une femme en situation irr&#233;guli&#232;re arriv&#233;e en France en 2007 demande des conseils &#224; Raymond, qui, rod&#233; &#224; l'exercice, lui indique les marches &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1016 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/cam00185.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/cam00185-54890.jpg?1780058577' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi 5 avril. En ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi ensoleill&#233;, une sono a &#233;t&#233; install&#233;e sur le trottoir devant le salon pour une conf&#233;rence de presse. Depuis deux semaines, on a avanc&#233;, les &#233;lections sont pass&#233;es par l&#224;. C'est d'ailleurs, apr&#232;s l'intervention de Raymond Chauveau, &#224; une petite s&#233;ance de f&#233;licitations et d'auto-congratulations &#224; laquelle on assiste avec les discours de divers repr&#233;sentants politiques : Parti de gauche, PCOF, EELV et m&#234;me&#8230; PS. Sans doute histoire de se redonner le moral apr&#232;s la claque des municipales. C&#244;t&#233; administratif, la veille et l'avant-veille, cinq travailleuses sur sept ont pu retirer des r&#233;c&#233;piss&#233;s &#224; la pr&#233;fecture, en attendant leur carte de s&#233;jour qui sera peut-&#234;tre d&#233;livr&#233;e en ao&#251;t. Li Mae et Gang, les deux travailleurs restants, obtiendront finalement le s&#233;same provisoire le vendredi 25 avril. Durant deux mois, les demandes de r&#233;gularisation ont connu les affres des tracasseries et tergiversations administratives. Passant de la menace d'expulsion &#224; la gestion prudente au cas par cas, la pr&#233;fecture a toujours refus&#233; de prendre en consid&#233;ration le caract&#232;re collectif et social de cette lutte, craignant sans doute ce fameux &#171; appel d'air &#187;, comme on dit pour qualifier la d&#233;fense des droits sociaux. Dans le m&#234;me temps, c'e&#251;t &#233;t&#233; un mauvais signal en p&#233;riode &#233;lectorale pour le gouvernement, comme pour la municipalit&#233;, d'expulser des sans-papiers en lutte, &#171; &lt;i&gt;qui plus est des femmes qui disent leur ras-le-bol de l'esclavage moderne&lt;/i&gt; &#187;, comme le rappelle Raymond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce samedi, les mines sont plut&#244;t r&#233;jouies, les &#171; gr&#233;vistes &#187; sont fi&#232;res et &#233;mues de l'issue qui s'annonce favorable, ainsi que des diverses manifestations de solidarit&#233;. Elles, qui &#233;taient r&#233;tives &#224; toute photo, posent d&#233;sormais en pleine lumi&#232;re, souriantes bien qu'intimid&#233;es. Cependant, &#224; l'&#233;cart des discours &#224; caract&#232;re politique qui d&#233;noncent &#171; &lt;i&gt; le non-respect des r&#232;gles par les commerces du quartier&lt;/i&gt; &#187;, l'air soucieux d'une jeune Angolaise contraste avec la bonne humeur g&#233;n&#233;rale. Elle vient de d&#233;barquer du train depuis la C&#244;te d'Azur o&#249; elle r&#233;side et d&#233;couvre avec surprise ce petit rassemblement. C'est l'&#233;pouse du propri&#233;taire des locaux &#8211; pas le patron du salon mais le proprio des murs. Depuis deux ans, elle essaie de r&#233;cup&#233;rer ses loyers aupr&#232;s du patron d&#233;sormais en fuite, loyers qui constituent, dit-elle, la seule source de revenus du foyer. Son mari est &#226;g&#233; et a fait une d&#233;pression : &#171; &lt;i&gt;Si on ne r&#233;cup&#232;re pas notre bien, on va bient&#244;t &#234;tre &#224; la rue avec nos enfants.&lt;/i&gt; &#187; Elle se dit favorable &#224; la r&#233;gularisation des filles et esp&#232;re surtout que cela permettra de d&#233;bloquer sa propre situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois ouverte la voie de la r&#233;gularisation, il faut s'attendre &#224; la mise en vente du salon et &#224; la fin de cette micro-exp&#233;rience d'autogestion de circonstance. Adja, une des deux coiffeuses ivoiriennes, &#233;coute le r&#233;cit de la femme du proprio avec compassion. Elle n'est pas inqui&#232;te pour autant : &#171; &lt;i&gt;Trouver un emploi ailleurs ne sera pas compliqu&#233;. Si j'ai les papiers, je vais m&#234;me pouvoir faire une formation. Plein de choses sont possibles maintenant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1014 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH314/p04-ongerie-f5384.jpg?1779604983' width='400' height='314' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La cyberguerre est d&#233;clar&#233;e</title>
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		<dc:date>2014-04-15T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>TomJo</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Pendant que l'arm&#233;e fran&#231;aise r&#233;ceptionnait ses deux premiers drones Reaper MQ-9 pour surveiller son Niger et qu'elle se faisait thermo-mouler une loi de programmation militaire aux petits oignons, la cyberflicaille se retrouvait &#224; Lille les 21 -22 janvier derniers pour un Forum international de la cybers&#233;curit&#233; (FIC). CQFD a enfil&#233; son gilet pare-bits et observ&#233; les bidasses huiler leurs spywares. Tous aux abris ! Premi&#232;re conf&#233;rence pl&#233;ni&#232;re, vous tombez nez &#224; nez sur 3 000 geeks bien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Felder" rel="tag"&gt;Felder&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Manuel-Valls" rel="tag"&gt;Manuel Valls&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defense-francaise" rel="tag"&gt;d&#233;fense fran&#231;aise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant que l'arm&#233;e fran&#231;aise r&#233;ceptionnait ses deux premiers drones Reaper MQ-9 pour surveiller son Niger et qu'elle se faisait thermo-mouler une loi de programmation militaire aux petits oignons, la cyberflicaille se retrouvait &#224; Lille les 21 -22 janvier derniers pour un Forum international de la cybers&#233;curit&#233; (FIC). &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a enfil&#233; son gilet pare-bits et observ&#233; les bidasses huiler leurs spywares. Tous aux abris !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re conf&#233;rence pl&#233;ni&#232;re, vous tombez nez &#224; nez sur 3 000 geeks bien ras&#233;s sur les c&#244;t&#233;s et exhibant leurs &#233;paulettes. De quoi vous procurer une petite mont&#233;e de parano : &#171; &lt;i&gt;Merde, pourquoi il me regarde, ce gars&#8230; c'est s&#251;r, il m'&#233;coute depuis des jours et me prend pour un ennemi int&#233;rieur !&lt;/i&gt; &#187; Ou encore : &#171; &lt;i&gt; Pourquoi il s'assoit derri&#232;re moi &#231;ui-l&#224;, y a pourtant de la place partout. C'est mort, je vais me faire victimiser dans une cave de la DCRI !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/p10-cyberguerre-cbae2.jpg?1779602926' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Felder.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vous connaissiez le salon du Bourget (avions et h&#233;licos), Eurosatory (flingues et chars d'assaut) ou &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-1129&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Milipol&lt;/a&gt; (encore des flingues), voici le Forum international de la cybers&#233;curit&#233; (Fic), le salon des professionnels de l'espionnage informatique. Vu de l'ext&#233;rieur, on pourrait croire qu'il sert &#224; lutter contre la p&#233;dophilie et le cyber-harc&#232;lement &#224; l'&#233;cole &#8211; Manuel Valls a d'ailleurs d&#233;livr&#233; en personne &#224; des ch'tis enfants de CM2 leur &#171; Permis d'Internet &#187; contre quelques rudiments de &lt;i&gt;self-defense&lt;/i&gt; sur la Toile. Mais &#224; peine passez-vous les portiques du Salon que vous comprenez : tout &#231;a, les cyberflics s'en cognent, si ce n'est pour apeurer encore plus les spectateurs d'&#233;missions genre &#171; Enqu&#234;te d'action &#187; et justifier tout le reste : la surveillance de masse, l'espionnage industriel et la protection du &#171; &lt;i&gt;potentiel scientifique et technique de la nation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, les r&#233;v&#233;lations d'Edward Snowden sur les capacit&#233;s am&#233;ricaines d'espionnage agitent les industriels hexagonaux : &#171; &lt;i&gt;La cybers&#233;curit&#233; est-elle un &#233;chec ?&lt;/i&gt; &#187;, s'effraie la premi&#232;re table ronde. Le directeur technique de Sogeti, Bernard Barbier, r&#233;cent transfuge de la DGSE, les services ext&#233;rieurs, envoie la balle &#224; un g&#233;n&#233;ral d'arm&#233;e qui la d&#233;vie vers le pr&#233;sident du Medef avant qu'un d&#233;fenseur des libert&#233;s sur Internet l'attrape au vol. &#199;a chipote sur la place du citoyen, mais tout le monde est d'accord : il faut se pro-t&#233;-ger, &#171; &lt;i&gt;faire coop&#233;rer des gens avec des int&#233;r&#234;ts divergents autour d'un objet commun&lt;/i&gt; &#187;, s'illusionne J&#233;r&#233;mie Zimmermann de la &lt;a href=&#034;http://www.laquadrature.net/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quadrature du Net&lt;/a&gt;. Bref, il faut sauver le soldat Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Watin-Augouard, g&#233;n&#233;ral de gendarmerie et fondateur du Forum : &#171; &lt;i&gt;Le Fic est n&#233; avec cinquante entreprises. C'est un &#233;l&#233;ment essentiel de la comp&#233;titivit&#233; &#233;conomique pour notre territoire.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Tout &#224; fait&lt;/i&gt;, r&#233;pond Zimmermann, &lt;i&gt;mais la solution viendra des logiciels libres. Nous avons laiss&#233; les cl&#233;s de nos maisons, et nous nous sommes fait exproprier par des acteurs tels que Google, Microsoft, Facebook&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Le jour o&#249; le minist&#232;re de la D&#233;fense g&#233;rera son stock de t&#234;tes nucl&#233;aires avec Linux, nous rapprocherons-nous de la &#171; &lt;i&gt;cyberpaix&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cybermenaces&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Edward Snowden est un caillou dans les rangers d'Obama. Par trois fois, des agents de la CIA l'ont eu dans le viseur, pr&#234;ts &#224; le d&#233;rouiller : &#171; &lt;i&gt;Pour moi Snowden et Assange m&#233;ritent une balle entre les deux yeux, ce sont des tra&#238;tres&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;broue un agent des renseignement am&#233;ricain un peu remont&#233;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;infosdefense point com.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Mais &#224; chaque fois, le pr&#233;sident am&#233;ricain s'est r&#233;tract&#233;. Une ta-tache de sang sur la man-manche de la premi&#232;re arm&#233;e du monde &#8211; pardon, de la premi&#232;re d&#233;mocratie du monde &#8211; n'eut pas &#233;t&#233; du go&#251;t de la communaut&#233; internationale, elle qui est d&#233;j&#224; la proie des &#171; grandes oreilles &#187; am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les documents publi&#233;s par Snowden ont r&#233;v&#233;l&#233; que la NSA &#233;coutait les conversations internes d'Alcatel-Lucent, groupe strat&#233;gique de la d&#233;fense fran&#231;aise, de l'entreprise br&#233;silienne Petrobras, de Siemens ou encore du Quai d'Orsay : &#171; &lt;i&gt;Les objectifs de la politique &#233;trang&#232;re de Paris, en particulier le commerce des armes et la stabilit&#233; &#233;conomique, int&#233;ressent la NSA&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 3 septembre 2013.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#187; La cyberguerre est donc &#233;conomique. La concurrence vous rafle des documents confidentiels, et vous perdez march&#233;s publics ou secrets industriels qui vous ont co&#251;t&#233; bonbon en recherche et d&#233;veloppement. Et on ne vous cause m&#234;me pas de la prolif&#233;ration des armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre du Renseignement, l'autre enjeu est celui de la s&#233;curit&#233; des &#171; &lt;i&gt; int&#233;r&#234;ts vitaux de la nation&lt;/i&gt; &#187;. Notre soci&#233;t&#233; s'informatisant &#8211; capteurs, cha&#238;nes logistiques t&#233;l&#233;guid&#233;es, logiciels de gestion &#8211;, elle devient automatiquement vuln&#233;rable aux attaques informatiques. Patrick Pailloux, directeur de l'Agence nationale de s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes d'information : &#171; &lt;i&gt; La menace concr&#232;te, le risque majeur qui vise les nations, c'est les actes de sabotage contre les centres de contr&#244;le-commande de nos infrastructures critiques : aiguillages, barrages, h&#244;pitaux, etc.&lt;/i&gt; &#187; Frisson dans la salle. Un accident nucl&#233;aire est si vite arriv&#233;&#8230; En 2009, les USA balan&#231;aient leurs virus Flame et Stuxnet contre les installations iraniennes, d&#233;traquant mille centrifugeuses &#224; uranium. R&#233;v&#233;lation : la barbouzerie 2.0 est le fait de militaires bedonnants et avalant des chips un joystick &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cyberflics&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les all&#233;es du Salon, VRP de l'industrie num&#233;rique, militaires et jeunes hackers &#8211; mais des &#171; &lt;i&gt;hackers &#233;thiques&lt;/i&gt; &#187;, selon la formule consacr&#233;e par leur &#233;cole d'ing&#233;nieur &#224; Maubeuge &#8211; tapent la discut'. Le gratin du &#171; complexe militaro-informatique &#187; est l&#224; : Orange ou la Gendarmerie, EADS ou IBM. M&#234;me Bull a son stand, la bo&#238;te qui a vendu des logiciels espions &#224; Kadhafi et se retrouve en proc&#232;s pour complicit&#233; d'actes de torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cyberespace est devenu le &#171; cinqui&#232;me champ de bataille &#187; apr&#232;s la terre, la mer, l'air et l'espace. La course &#224; l'armement cybern&#233;tique est lanc&#233;e et toutes les arm&#233;es du monde ont d&#233;sormais leur bataillon attitr&#233;. En France, le budget de la D&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale &#224; l'armement r&#233;serv&#233; aux armes cybern&#233;tiques a &#233;t&#233; multipli&#233; par trois en quelques ann&#233;es. Des &#233;coles sp&#233;cialis&#233;es ont &#233;t&#233; ouvertes par la D&#233;fense et ses industriels. L'&#233;tat-major des arm&#233;es a sous la main un r&#233;seau de 90 r&#233;servistes civils sp&#233;cialis&#233;s en cyberd&#233;fense. La loi de programmation militaire pr&#233;voit une &#171; loi martiale num&#233;rique &#187; donnant au gouvernement la possibilit&#233; de couper les r&#233;seaux ou d&#233;tourner les donn&#233;es &#171; &lt;i&gt;pour r&#233;pondre aux crises majeures mena&#231;ant ou affectant la s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes d'information&lt;/i&gt; &#187;. La France se pr&#233;pare &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les stands, pas de gros calibres en exposition ni de combattants surarm&#233;s, encore moins de vid&#233;os de militaires en op&#233;ration, mais plut&#244;t des &#233;crans affichant des lignes de code. Cette virtualit&#233; de la d&#233;fense fran&#231;aise nous ferait presque oublier qu'elle prot&#232;ge des sites miniers, des supertankers croisant au large de la Somalie, des plates-formes p&#233;troli&#232;res ; bref, des nuisances trop r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir la suite du dossier &#034;Rage contre la machine&#034; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-pente-naturelle-de-la-machine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Glossaire-technocritique-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis encore &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Glossaire-technocritique-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Encarts-technocritiques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, enfin, c'est aussi &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;infosdefense point com.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 3 septembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230; Milipol, d'EDEN et de leurs gadgets ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-1129</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-1129</guid>
		<dc:date>2013-12-26T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le mois de novembre, c'est super ! &#199;a commence par la f&#234;te des morts, puis le 11 c'est la f&#234;te de l'armistice (celui de la grande faucheuse, 14-18 avec ses neuf millions de morts) et pour rester dans l'ambiance, &#231;a se finit avec Milipol, le Salon mondial de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure des &#201;tats&#8230; Oui, le salon des armes et gadgets pour toutes les polices et les milices du monde. Pendant quatre jours, du 19 au 22, pas moins de 900 exposants vont exposer ce que leurs technologies mortif&#232;res font de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mois de novembre, c'est super ! &#199;a commence par la f&#234;te des morts, puis le 11 c'est la f&#234;te de l'armistice (celui de la grande faucheuse, 14-18 avec ses neuf millions de morts) et pour rester dans l'ambiance, &#231;a se finit avec Milipol, le Salon mondial de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure des &#201;tats&#8230; Oui, le salon des armes et gadgets pour toutes les polices et les milices du monde. Pendant quatre jours, du 19 au 22, pas moins de 900 exposants vont exposer ce que leurs technologies mortif&#232;res font de pire en mati&#232;re de r&#233;pression, de surveillance, de contr&#244;le. Cette ann&#233;e, cette petite f&#234;te se d&#233;roule &#224; Villepinte, pr&#232;s de Paris. Il faudra en profiter, car en 2014, comme toutes les ann&#233;es paires, Milipol se d&#233;localisera au plus pr&#232;s du &#171; &lt;i&gt;march&#233; de la s&#233;curit&#233; tr&#232;s dynamique&lt;/i&gt; &#187; qu'est le Proche-Orient&#8230; au Qatar !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on devrait y trouver tous les grands noms du g&#233;nie policier de France et d'ailleurs, les Safran, Thales, Renault, Bull, des tas d'autres dont les noms allemands, am&#233;ricains, chinois, isra&#233;liens, br&#233;siliens ne vous diraient rien. Une vraie internationale du flicage. Mais on y trouve aussi des plus petites entreprises &#171; &lt;i&gt;&#224; taille humaine&lt;/i&gt; &#187; qui, pour faire face aux mastodontes du milieu, se regroupent en charmants &#171; &lt;i&gt;clusters&lt;/i&gt; &#187; pour allier performance, r&#233;activit&#233; et prix comp&#233;titifs. Chouette !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en ce paradis de la militarisation de proximit&#233;, le &#171; cluster &#187; EDEN (European Defense Economic Network) se veut &#234;tre la &#171; &lt;i&gt;voix des PME de la fili&#232;re d&#233;fense-s&#233;curit&#233;-s&#251;ret&#233;&lt;/i&gt; &#187; de France. Cr&#233;&#233;e en 2008 en Rh&#244;ne-Alpes, cette bo&#238;te de bo&#238;tes conna&#238;t une rapide expansion pour compter en 2013 (d'apr&#232;s ses dires) pas moins de 130 PME qui se r&#233;partissent 8 000 employ&#233;s &#224; travers tout le pays et un milliard d'euros de chiffre d'affaires&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soit le double de PME, d'employ&#233;s et de chiffre d'affaires qu'en 2012. Signe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_861 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH525/actu-laboratoire-77df4.jpg?1779602960' width='400' height='525' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est que, chez EDEN, le catalogue donnerait faim &#224; tout ministre de la S&#233;curit&#233; (int&#233;rieure comme ext&#233;rieure) respectable : combinaison de protection NRBC (pour les risques nucl&#233;aire, radiologique, bact&#233;riologique, chimique&#8230; mais &#231;a ne risque pas d'arriver, hein !), Flash-Balls, d'obscurs &#171; syst&#232;mes de d&#233;tection de tir mobile &#187; et le top du top de la mode de demain, &#233;videmment, des drones. Comme ceux de la soci&#233;t&#233; d'Aix-en-Provence, Novadem, sp&#233;cialis&#233;e dans la robotique a&#233;rienne et les &#171; mini-drones &#187;. On y trouve aussi les Bretons de RDS Industrie qui fabriquent des r&#233;ducteurs de son militaires et civils dont le slogan, &#224; faire mourir de rire un p&#233;tomane, est &#171; &lt;i&gt;parce que nous ne tirons pas pour faire du bruit&lt;/i&gt; &#187;. Car pour servir le triptyque &#171; d&#233;fense, s&#233;curit&#233;, s&#251;ret&#233; &#187;, EDEN fait travailler tous les corps de m&#233;tier : sid&#233;rurgie, &#233;lectronique, informatique, robotique, toujours &#171; &lt;i&gt;de pointe&lt;/i&gt; &#187;, pour la fabrication de blindages, d'armes, de syst&#232;mes de vid&#233;o-t&#233;l&#233;-surveillance&#8230; Mais aussi des textiles &#171; sp&#233;cifiques &#187;, &#171; tactiques &#187;, &#171; sp&#233;ciaux &#187;. Et l'on comprend que ce cluster, &#224; l'image de toute la fili&#232;re, se compose en fait d'une myriade de petites bo&#238;tes &#224; l'allure inoffensive produisant qui des sous-syst&#232;mes, qui des composants, qui des emballages&#8230; lesquels, une fois assembl&#233;s, forgeront des arm&#233;es et des polices et ultramodernes, et invincible et&#8230; hors de prix !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme tout cela n'est en fait qu'un bizness comme un autre, EDEN ne se contente pas du salon Milipol o&#249; son pr&#233;sident &#233;voquera les perspectives merveilleuses du cluster ! Non, EDEN est aussi responsable d'avoir fait venir &#224; Lyon, en juin dernier, le non moins sympathique salon &#171; &lt;i&gt;Technologies against crime&lt;/i&gt; &#187; avant de collaborer avec Ayrault, Valls, Taubira, Montebourg &lt;i&gt;and co&lt;/i&gt; &#224; la mise en place, en octobre, d'un Comit&#233; de la fili&#232;re industrielle de la s&#233;curit&#233;. Il faut dire que les dix milliards de chiffre d'affaires fran&#231;ais et les 7 % de croissance mondiale du secteur ont de quoi app&#226;ter plus d'un &#171; socialiste &#187;. Le fameux &#171; redressement productif &#187; m&#233;rite bien la mise en place officielle d'un lobbying arm&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soit le double de PME, d'employ&#233;s et de chiffre d'affaires qu'en 2012. Signe d'une fragilisation des PME ind&#233;pendantes ou signe d'un dynamisme &#233;conomique qui ne conna&#238;t pas la crise ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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