<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=1603&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Derri&#232;re la porte du club</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Derriere-la-porte-du-club</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Derriere-la-porte-du-club</guid>
		<dc:date>2020-09-13T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Violette Chaude</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>passe</dc:subject>
		<dc:subject>client</dc:subject>
		<dc:subject>filles</dc:subject>
		<dc:subject>CHF</dc:subject>
		<dc:subject>C&#233;lia</dc:subject>
		<dc:subject>chambre</dc:subject>
		<dc:subject>nationalit&#233; fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>gars</dc:subject>
		<dc:subject>salon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s. &#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise ? Tu fais la fellation naturelle ? La sodomie ? &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/passe" rel="tag"&gt;passe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/client" rel="tag"&gt;client&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/filles" rel="tag"&gt;filles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CHF" rel="tag"&gt;CHF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Celia" rel="tag"&gt;C&#233;lia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chambre" rel="tag"&gt;chambre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nationalite-francaise" rel="tag"&gt;nationalit&#233; fran&#231;aise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gars" rel="tag"&gt;gars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salon" rel="tag"&gt;salon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH512/-1592-7136b.jpg?1782655258' width='400' height='512' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Tu fais la fellation naturelle&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? La sodomie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res questions que pose C&#233;lia, la g&#233;rante. Apr&#232;s, il faut aller s'inscrire &#224; la brigade des m&#339;urs. Rendez-vous chez les flics d&#232;s le lendemain. Identit&#233;, lieu de travail, dur&#233;e du s&#233;jour. En vingt minutes, c'est boucl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gen&#232;ve, rue de Berne. Les femmes posent en vitrine et les n&#233;ons des enseignes font mal aux yeux. Le club est situ&#233; dans un appartement au deuxi&#232;me &#233;tage d'un immeuble d'habitation &#224; la fa&#231;ade discr&#232;te. Seule une plaque dor&#233;e indique sa pr&#233;sence. Un digicode filtre l'acc&#232;s et l'accueil est assur&#233; par une des filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte d'entr&#233;e donne sur un petit bar. Comptoir encombr&#233;. Sur la droite, &#233;cran t&#233;l&#233;. Grands miroirs. Cam&#233;ras de surveillance : toutes les pi&#232;ces sont film&#233;es, &#224; l'exception des chambres et des WC. Rien &#224; voir avec l'atmosph&#232;re raffin&#233;e promise par le site internet. Le comptoir est &#233;clair&#233; par un n&#233;on blafard et rev&#234;tu d'une imitation de marbre. Sur les canap&#233;s et tables basses du salon, les affaires des filles, jet&#233;es en vrac : habits, sacs, vernis, bouteilles de coca, paquets de g&#226;teaux, chips, ordinateurs, t&#233;l&#233;phones, chaussures &#224; talons. Des toilettes et une enfilade de six chambres. Chaque suite est &#233;quip&#233;e d'une douche, d'un fauteuil, d'un lit &lt;i&gt;king size&lt;/i&gt; et d'un miroir. Une table de chevet avec un seau plein de capotes et une poubelle, vid&#233;e apr&#232;s chaque passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sence obligatoire de 11 h &#224; minuit. La g&#233;rante est l&#224; de 18 h &#224; la fermeture et surveille les all&#233;es et venues. Toute sortie &#224; l'ext&#233;rieur avec un client doit &#234;tre factur&#233;e au prix d'une escorte, soit 100 CHF&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu peux dormir sur place, dans les chambres ou dans le salon. S'il n'y a pas de client apr&#232;s 2 heures du mat', il n'en viendra plus. La g&#233;rante prend 120 CHF sur les deux premi&#232;res passes, 80 sur la troisi&#232;me et les suivantes c'est tout pour toi&lt;/i&gt;. &#187; Il ne vient pas tant de clients que &#231;a. Le montant de la passe est libre. Mais la g&#233;rante ne souhaite pas une r&#233;putation de club trop cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fille poursuit la conversation dans un charmant mix anglo-fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Je te conseille de start &#224; 300 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;CHF half-an-hour and 450 CHF an heure for the basic ; shower, massage, blow-job and love. Then, tu can ask ce que tu veux for whatever you accept to do, nobody will know. Tu write sur le registre l'heure d'entr&#233;e et de sortie of the room, la monnaie et le type of r&#232;glement, if CB or cash. You pay C&#233;lia every night before she leaves le club for what you did dans la journ&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Je comprends vite qu'il est possible de faire beaucoup de bl&#233; en tr&#232;s peu de temps et que bien plus que de sexe, il est surtout question de bluff et de b&#233;nefs. Ne jamais laisser son sac &#224; main tra&#238;ner. Toujours le garder avec soi, on ne sait jamais. Avec les clients, prendre toujours l'argent avant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les arriv&#233;es et les d&#233;parts sont incessants. Une des filles, hollandaise, est escorte professionnelle. Elle vient tous les trois mois pour une p&#233;riode de trois-quatre semaines. Sa client&#232;le est riche. Beaucoup sont des hommes c&#233;l&#232;bres et, dit-on, tr&#232;s amoureux d'elle. Elle les tient au courant de ses diff&#233;rents s&#233;jours &#224; travers l'Europe. Le club, son pied-&#224;-terre &#224; Gen&#232;ve, lui permet de faire des clients pendant la journ&#233;e et de rentabiliser son temps au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'heure d'ouverture, on est vautr&#233;es sur les canap&#233;s. Jogging us&#233; par-dessus nos tenues sexy. Quand la sonnette retentit, en place. On tombe le futal. String et talon haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier soir, premi&#232;re passe. D&#233;monstration par l'exemple, pas besoin de tutoriel. &#171; &lt;i&gt;Les filles, client&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia semble conna&#238;tre le micheton et l'installe. Elle se dirige vers le salon : &#171; &lt;i&gt;Les filles, pr&#233;sentation en 6 !&lt;/i&gt; &#187; Nous nous levons toutes et dans un cliquetis de talons, nous nous dirigeons vers la chambre n&#176; 6. Le protocole devient rapidement familier. Entrer. Montrer son corps de face : visage, ventre et seins. Bises interdites. Donner son blaze en regardant dans les yeux : &#171; &lt;i&gt;Enchant&#233;e, Zora.&lt;/i&gt; &#187; Demi-tour aguicheur. Faire bouger ses cheveux. Vue de dos : jambes, fesses et chute de reins. Ne pas parler. Retourner au salon.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C&#233;lia me conseille &#224; l'habitu&#233; pour 500 CHF, deux grammes de coke et une bouteille de champagne. Surtout ne pas parler de la poudre aux autres filles, c'est C&#233;lia qui fournit. J'ai un trac monstre. Sans me conna&#238;tre, elle vante mes m&#233;rites en disant que je n'ai &#171; &lt;i&gt;pas de tabous&lt;/i&gt; &#187;. Je masse un peu le gars. Il me tend la somme en coupures que je glisse dans mon sac et je vais m'inscrire sur le registre. Le compte &#224; rebours est lanc&#233; : une alarme sur mon t&#233;l&#233;phone. Je retrouve le gars. Deux larges traces et une coupette. Reprise du massage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme est en instance de divorce et me montre des photos de ses gosses. Je le suce &#224; la demande. Il passe un appel et dans sa discussion, il dit &#234;tre au boulot et ne pas s'en sortir. Dix minutes plus tard, il raccroche. &#201;jacule. Soupire. Il me remercie et va prendre une douche. J'en profite pour regarder l'heure. Il reste encore 35 minutes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type me fait de la peine. Je suis d&#233;fonc&#233;e et je me sens &#224; l'aise. Il me demande une sodomie. Il a une toute petite bite, je fais le calcul : 200 CHF pour le gramme de coke X 2, la passe &#224; 500. Je lui dis OK pour 300 CHF de plus. Il refuse, puis n&#233;gocie. J'accepte pour 200. &#199;a dure trois minutes. Ni plaisir, ni douleur. L'alarme sonne, l'heure est &#233;coul&#233;e. Une douche avant de quitter la chambre. Il veut me revoir. Je refuse de lui donner mon num&#233;ro. Je le raccompagne &#224; la porte et le remercie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans la chambre pour ranger et me laver. Je frotte &#224; fond tout ce que je peux. Ce mec vient de d&#233;bourser un Smic et rentre chez sa femme et ses enfants. Je suis sonn&#233;e par cette v&#233;rit&#233; bien plus que par la passe en elle-m&#234;me. De retour au salon, je jette un &#339;il au bar. Certaines sont en chambre ou parties &#224; l'ext&#233;rieur, en escorte. J'entends simuler d'o&#249; je suis. Les filles m'engueulent quand je leur dis que je n'ai pas donn&#233; mon 06 au gars.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sonnette retentit &#224; nouveau. C&#233;lia va &#224; la porte. Je me hisse sur mes talons. Nous ne sommes plus que quatre filles. J'entre dans la chambre, d&#233;file et serre la main. La trentaine, barbu, il porte une vieille doudoune. Retour au salon, C&#233;lia revient : &#171; &lt;i&gt;Zora, c'est pour toi.&lt;/i&gt; &#187; J'encha&#238;ne avec mon deuxi&#232;me client. Dans la chambre, le gars me dit qu'il m'a choisi pour mon cul. Il n'a pas l'air tranquille. Trop excit&#233;, sale et &#233;m&#233;ch&#233;. Il me tend un billet de 500 euros en me disant d'un ton r&#226;peux : &#171; &lt;i&gt;Je veux une heure, je vais te d&#233;foncer. Je vais te prendre partout et surtout je veux te d&#233;foncer le cul&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas comment r&#233;agir. Le mec pue l'alcool et la sueur. Je fixe le billet violet. Je n'en avais jamais vu. Une voix qui ne m'appartient pas sort de ma gorge et parle &#224; ma place : &#171; &lt;i&gt;OK. Mais ce n'est pas assez. Je veux 800 euros.&lt;/i&gt; &#187; Choqu&#233;, il continue &#224; me tripoter en bredouillant qu'il n'a que &#231;a, qu'il a trop envie de moi. Je maintiens mon tarif en m'&#233;loignant de lui. Il finit par l&#226;cher l'affaire et quitte le club tr&#232;s &#233;nerv&#233;. Le montant de la passe joue beaucoup dans la relation pute/client. Il offre une possible protection. Je suis impressionn&#233;e par ma r&#233;action. J'&#233;prouve envers moi-m&#234;me plus de respect que ce que je pensais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de soir&#233;e. Les filles somnolent sur les sofas. Je chope une couette, r&#233;quisitionne la 6, glisse les pr&#233;cieux billets dans la poche de mon jogging et m'endors instantan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dimanche. Pas un client en vue. La majorit&#233; des clients &#233;tant des hommes mari&#233;s, ils passent le week-end en famille. Les filles s'ennuient et s'activent sur leur smartphone &#224; la recherche d'une escorte. Lundi est une bonne journ&#233;e. Eux et nous reprenons le travail. La plupart sont des hommes d'affaires. Ils passent pendant la pause d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, un client est annonc&#233; dans la 3. 4e d&#233;fil&#233; de la journ&#233;e, celui-ci prendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mec semble tr&#232;s vieux. Une des filles me glisse que j'ai de la chance : souvent il ne bande presque pas. Son d&#233;sir : 30 minutes et une douche ensemble pour 300 CHF. Le contact avec sa vieille peau mouill&#233;e est surprenant. Peur de l'ab&#238;mer. Il voudrait qu'on s'embrasse &#171; &lt;i&gt;amoureusement&lt;/i&gt; &#187;. Quelques secondes apr&#232;s que je l'ai aid&#233; &#224; enfiler une capote, il a joui sans p&#233;n&#233;tration. Je l'ai raccompagn&#233; &#224; la porte. Personne ne me pose de questions. Par un accord tacite, nous ne parlons quasiment jamais des passes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Excit&#233;s, entre 30 et 35 ans, alliance au doigt, ils s'installent au bar. Celui dont c'est l'anniversaire se fait appeler Nounours. Avec lui : Franck, t&#234;te de connard &#224; la d&#233;gaine de baqueux, et Nicolas, le chef du trio. Ces gars me sont antipathiques. Blagues graveleuses, commentaires du genre &#171; &lt;i&gt;Elle, elle est trop bonne. &#8211;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Mec, mate-moi ce cul.&lt;/i&gt; &#187; Nous faisons semblant de nous amuser. C&#233;lia me prend &#224; part : &#171; &lt;i&gt;Tu vois le Nounours, l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ce type p&#232;se environ 35 000 euros par mois. Il te regarde depuis tout &#224; l'heure, tu devrais essayer d'le brancher.&lt;/i&gt; &#187; J'ai du mal. On se croirait &#224; un ap&#233;ro dans le BTP, sauf que sur les tables ce n'est pas de la Kro, mais cinq bouteilles de Mo&#235;t &#224; 150 boules chacune. J'en ai marre de faire la cruche. Je pr&#233;f&#233;rerais partir en chambre. Je veux voir les billets, je ne pense qu'&#224; &#231;a. Nous ne pensons toutes qu'&#224; &#231;a. Les mecs se font prier. C'est un truc typique des mecs au bar. Ils se laissent allumer par une fille pour partir avec une autre. Ils adorent provoquer des tensions entre nous. &#199;a leur donne de l'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la finale, c'est une partouze qu'ils veulent. N&#233;goci&#233;e &#224; 450 CHF. Ils s'installent dans la chambre la plus grande. Vodka. On commence nos affaires dans la douche, puis sur le lit. Ils sont dans un d&#233;lire porno-path&#233;tique. Ils ne s'amusent pas et nous non plus. Nounours cherche &#224; m'embrasser, &#231;a me d&#233;go&#251;te. Franck s'&#233;nerve parce qu'il n'arrive pas &#224; jouir. Je simule tant bien que mal, &#231;a n'en finit pas, quand soudain, &lt;i&gt;all&#233;luia&lt;/i&gt; ! Le portable sonne la lib&#233;ration. Revenus au bar, les types prennent un air satisfait. Il ne s'agirait pas d'admettre devant un bordel tout entier qu'ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; se finir en une heure avec deux filles. Je prends une longue douche pour ne pas les recroiser et me lave cinq fois la bouche &#224; l'Hextril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la soir&#233;e, je tombe sur un mec cool et simple. Il fait partie d'un groupe de cinq hommes en costard, un peu flippants, genre anciens l&#233;gionnaires. Rapide calcul du fric et je me retrouve avec ce Kosovar &#224; l'accent &#233;pais, doux comme un agneau. Comme il me le demande gentiment et que sa bite est propre et ras&#233;e, je le suce sans capote pour 300 CHF en plus de la passe. Je suis contente en recomptant mes billets. J'ai bien gagn&#233; ma soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la fin du s&#233;jour. Un vrai canon au visage de mannequin se pointe. Je ne m'attendais pas &#224; tomber sur un gars d'une telle beaut&#233;. Et voil&#224; que &#231;a arrive et qu'en plus il va me baiser et payer pour &#231;a. Lui aussi dit m'avoir choisi pour mon cul et mes tatouages. Les mecs expliquent souvent leur choix, comme s'ils avaient &#224; se justifier. Ils imaginent peut-&#234;tre qu'on va les remercier. Le vrai probl&#232;me, de toute fa&#231;on, c'est quand ils parlent. Comme souvent en d&#233;but de passe, la rencontre s'amorce sous la douche. Son sexe est &#233;norme. Et puis direction le lit. Jeu avec le miroir. Il jouit deux fois. J'&#233;prouve du plaisir. Je pense &#224; la capote. J'y pense souvent. J'ai peur qu'elle l&#226;che. Une passe &#224; 500 balles, c'est bien, mais avec le sida, &#231;a ne vaut pas le coup. Je culpabilise d'avoir ressenti du d&#233;sir. &#199;a n'est pas arriv&#233; avec les autres gars. On refait l'amour. C'est vraiment bon. Nous avons fr&#244;l&#233; la tendresse, puis l'alarme a sonn&#233;. Sans commentaire, je l'ai &#233;teinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, il me demande mon pr&#233;nom et d'o&#249; je viens. La situation en est transform&#233;e. Je me sens comme humili&#233;e, vuln&#233;rable, &#231;a devient bien plus brutal que toutes les autres passes. Il rench&#233;rit en disant que j'ai l'air d'une fille bien et qu'il ne comprend pas comment j'en suis arriv&#233;e l&#224;. L'atmosph&#232;re se crispe. Il quitte la chambre. Je retourne dans le salon sans rien dire &#224; personne. Il est interdit de donner son vrai pr&#233;nom. Je me sens salie pour la premi&#232;re fois depuis mon arriv&#233;e. La nuit d'apr&#232;s, je fais des cauchemars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois quitt&#233; le club, j'ai ressenti de la haine envers ce gars. Je pr&#233;f&#232;re un mec qui paye pour me tringler et qui se barre sans un regard plut&#244;t qu'un type qui paye pour faire semblant de compatir &#224; ma pauvre condition. La seule chose qu'on attend ici, c'est du fric.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi ces clients qui viennent chercher des profils de filles bien sp&#233;cifiques. Des putes &#171; classes &#187;, &lt;i&gt;bling-bling&lt;/i&gt;, pro et exp&#233;riment&#233;es, pour les sortir en escorte et briller en soir&#233;e. Ou des filles jeunes blanches et blondes de pr&#233;f&#233;rence, gaul&#233;es comme des adolescentes pour jouer &#224; la poup&#233;e porno ou au jeune couple amoureux.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce fut comme un voyage sans guide et en chute libre dans l'envers du d&#233;cor de notre soci&#233;t&#233; bien-pensante. &#192; la recherche de l'amoral, du vice, de l'extr&#234;me. Se sentir vivante. Avoir besoin de pousser la domination patriarcale et l'annihilation totale de soi-m&#234;me &#224; son paroxysme pour en comprendre les rouages &#8211; et finir par se pardonner.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Violette Chaude, d'apr&#232;s les &#233;crits de Zora&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On the road (again)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-the-road-again</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/On-the-road-again</guid>
		<dc:date>2018-09-07T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>une3_cabrule</dc:subject>
		<dc:subject>&#199;a br&#251;le !</dc:subject>
		<dc:subject>gars</dc:subject>
		<dc:subject>doute l&#224;-dessus</dc:subject>
		<dc:subject>tenace</dc:subject>
		<dc:subject>pugnace</dc:subject>
		<dc:subject>l&#224;-dessus</dc:subject>
		<dc:subject>coriace</dc:subject>
		<dc:subject>Meuh</dc:subject>
		<dc:subject>doute</dc:subject>
		<dc:subject>l'a pris</dc:subject>
		<dc:subject>c&#339;ur perdu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aucun doute l&#224;-dessus, le gars est coriace, tenace, pugnace. Son r&#244;le de secr&#233;taire de r&#233;daction, il l'a pris &#224; bras-le-corps, quasiment &#224; c&#339;ur perdu. Il y a mis des tonnes d'&#233;nergie et de comp&#233;tences accumul&#233;es pendant les ann&#233;es o&#249; il cravachait avec son frangin sur la croupe nerveuse du bimensuel ami et n&#233;anmoins concurrent, le regrett&#233; Article11. T&#234;tu, il avait m&#234;me un peu tendance &#224; trop charger la mule. &#171; Jib&#233;, merde, partage un peu le taf ! Tu vas te tuer &#224; la t&#226;che ! &#187;, qu'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ca-brule" rel="tag"&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gars" rel="tag"&gt;gars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/doute-la-dessus" rel="tag"&gt;doute l&#224;-dessus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tenace" rel="tag"&gt;tenace&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pugnace" rel="tag"&gt;pugnace&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/la-dessus" rel="tag"&gt;l&#224;-dessus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/coriace" rel="tag"&gt;coriace&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Meuh" rel="tag"&gt;Meuh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/doute" rel="tag"&gt;doute&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-a-pris" rel="tag"&gt;l'a pris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/coeur-perdu" rel="tag"&gt;c&#339;ur perdu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aucun doute l&#224;-dessus, le gars est coriace, tenace, pugnace. Son r&#244;le de secr&#233;taire de r&#233;daction, il l'a pris &#224; bras-le-corps, quasiment &#224; c&#339;ur perdu. Il y a mis des tonnes d'&#233;nergie et de comp&#233;tences accumul&#233;es pendant les ann&#233;es o&#249; il cravachait avec son frangin sur la croupe nerveuse du bimensuel ami et n&#233;anmoins concurrent, le regrett&#233; &lt;a href=&#034;http://www.article11.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Article11&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. T&#234;tu, il avait m&#234;me un peu tendance &#224; trop charger la mule. &#171; &lt;i&gt;Jib&#233;, merde, partage un peu le taf ! Tu vas te tuer &#224; la t&#226;che ! &lt;/i&gt; &#187;, qu'on s'&#233;mouvait. &#171; &lt;i&gt;Meuh non&lt;/i&gt; &#187;, mugissait-il en jetant un regard de centaure hallucin&#233; &#224; l'assistance. On insistait : &#171; &lt;i&gt;Tu vas pas le faire tout seul, ce fieff&#233; canard !&lt;/i&gt; &#187; Parce que m&#234;me si, paresse oblige, l'&#233;quipe est prompte &#224; laisser galoper tout seul le premier bourrin de travail qui se pr&#233;sente au local, on voulait pas le perdre : &#171; &lt;i&gt;Hors de question de te laisser la bride sur le cou, fier alezan ! On aurait trop peur que tu disparaisses &#224; l'horizon, tel un cheval fou, emportant avec toi notre commun b&#233;b&#233; ! &lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Meuh non&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;p&#233;tait le gaillard avant de replonger de plus belle dans son hyperactivit&#233; &#233;ditoriale. On en &#233;tait l&#224; de la discussion quand soudain le mec porte sa main &#224; sa poitrine en grima&#231;ant. &#171; &lt;i&gt;A&#239;e, il va pas nous faire un infarctus ?!&lt;/i&gt; &#187; Mais non, c'&#233;tait une peine de c&#339;ur. Alors il est parti avec sa chienne Lula et sa fourgonnette, sur les routes, pour oublier. Mais nous, on ne l'oublie pas. On sait qu'il reviendra. En attendant, va falloir bosser.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L182xH278/-810-abcc7.jpg?1782641221' width='182' height='278' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;sob&#233;ir pour survivre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Desobeir-pour-survivre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Desobeir-pour-survivre</guid>
		<dc:date>2013-07-09T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>gars</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ric</dc:subject>
		<dc:subject>France T&#233;l&#233;com</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;l&#233;com</dc:subject>
		<dc:subject>CDD</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ric M&#233;nard</dc:subject>
		<dc:subject>syndrome</dc:subject>
		<dc:subject>tourn&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; &#8211; Tu connais le syndrome &#8220;France T&#233;l&#233;com&#8221; ? &#8211; H&#233;las. &#8211; Ouais, ben on a le m&#234;me, et ce n'est pas glorieux&#8230; Les gars ob&#233;issent jusqu'&#224; ne plus pouvoir et bam ! Tout &#231;a pour un putain de job &#224; la con ?! &#8220;D&#233;sob&#233;ir&#8221; p't'&#234;t' que &#231;a sonne &#224; tes oreilles comme un acte h&#233;ro&#239;que ou comme un ent&#234;tement. Mais pour moi, c'est juste un geste de survie. &#187; &#201;ric M&#233;nard raconte. Fabien Grolleau dessine. &#201;ric &#233;tait postier, d'abord &#224; la campagne, puis &#224; la ville, o&#249; il a encha&#238;n&#233; CDD sur CDD. Enfin (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gars" rel="tag"&gt;gars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eric" rel="tag"&gt;&#201;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France-Telecom" rel="tag"&gt;France T&#233;l&#233;com&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Telecom" rel="tag"&gt;T&#233;l&#233;com&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CDD" rel="tag"&gt;CDD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eric-Menard" rel="tag"&gt;&#201;ric M&#233;nard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syndrome" rel="tag"&gt;syndrome&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tournee" rel="tag"&gt;tourn&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#8211; Tu connais le syndrome &#8220;France T&#233;l&#233;com&#8221; ? &#8211; H&#233;las. &#8211; Ouais, ben on a le m&#234;me, et ce n'est pas glorieux&#8230; Les gars ob&#233;issent jusqu'&#224; ne plus pouvoir et bam ! Tout &#231;a pour un putain de job &#224; la con ?! &#8220;D&#233;sob&#233;ir&#8221; p't'&#234;t' que &#231;a sonne &#224; tes oreilles comme un acte h&#233;ro&#239;que ou comme un ent&#234;tement. Mais pour moi, c'est juste un geste de survie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric M&#233;nard raconte. Fabien Grolleau dessine. &#201;ric &#233;tait postier, d'abord &#224; la campagne, puis &#224; la ville, o&#249; il a encha&#238;n&#233; CDD sur CDD. Enfin titularis&#233;, il se retrouve &#171; rouleur &#187;, facteur rempla&#231;ant, &#171; &lt;i&gt;pas &#233;vident, du jour au lendemain, on te greffe sur une tourn&#233;e que tu ne connais pas, pour remplacer le gars absent, ou malade.&lt;/i&gt; &#187; En 2010, il se d&#233;gote sa propre tourn&#233;e, s'approprie son quartier, quelques rues dont il conna&#238;t rapidement les habitants. C'est qu'&#201;ric aime causer. Un vrai animal politique, Aristote aurait dit. Mais on n'est pas &#224; l'&#233;poque d'Aristote, plut&#244;t &#224; celle de la r&#233;forme. &#192; la Poste, elle a pris pour sobriquet &#171; Facteur d'avenir &#187;. Pour &#201;ric, c'est la cata : au nom de la productivit&#233;, on rajoute un bout de rue &#224; sa tourn&#233;e. &#201;ric se cabre, refuse de distribuer ce rab de courrier qui l'emp&#234;che de travailler correctement, de maintenir ce petit lien social avec les gens. Pressions de la direction. Pressions de son chef de service. Un conseil de discipline qui d&#233;bouche sur deux mois de mise &#224; pied. Et puis la d&#233;mission, parce que &#171; &lt;i&gt;&#231;a n'&#233;tait plus tenable&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH421/p14_de_sobe_isseurs-1ed8d.png?1782685746' width='400' height='421' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Huit dessinateurs pour huit portraits d'agents du service public ayant en commun de s'&#234;tre oppos&#233;s aux injonctions manag&#233;riales import&#233;es du priv&#233;, tel est le pari de la b&#233;d&#233; &lt;i&gt;Les D&#233;sob&#233;isseurs&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les D&#233;sob&#233;isseurs, &#233;ditions Vide Cocagne, 2013&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. P&#244;le emploi, Office national des for&#234;ts, EDF, &#201;ducation nationale&#8230; Au fil des pages, on se rend compte qu'aucun secteur public n'a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par la mise au pas n&#233;olib&#233;rale. Entre ceux qui acceptent de courber l'&#233;chine et ceux qui viennent gonfler la courbe macabre des suicid&#233;s au travail, il y a cette poign&#233;e d'agents qui d&#233;cident de montrer les crocs. R&#233;sistance individuelle ou collective, frontale ou biais&#233;e, &lt;i&gt;Les D&#233;sob&#233;isseurs&lt;/i&gt; nous offrent tout un panel de strat&#233;gies, de bricolages &#233;labor&#233;s par des salari&#233;s dont la seule ambition s&#233;ditieuse est de vouloir continuer &#224; bien faire leur boulot. Christian Sabas est infirmier psychiatrique &#224; l'h&#244;pital de la Maison-Blanche. L'encre de Damien Roudeau esquisse des visages, des bruits, des d&#233;bordements. &#171; &lt;i&gt;Je n'ai jamais compris cette relation du soignant au patient. Ce rapport de pouvoir, cette mise &#224; distance, cette infantilisation de personnes qu'on a d&#233;j&#224; d&#233;pouill&#233;es de tout&lt;/i&gt; &#187;, explique Christian, qui refuse le r&#244;le de maton charg&#233; de maintenir les patients sous camisole chimique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exc&#233;d&#233;e, la direction lui c&#232;de le pavillon 53 dans lequel il va cr&#233;er &#171; l'atelier du non-faire &#187; : &#171; &lt;i&gt;1 000 m2 de gris et de couleurs. Juste un espace pour faire les choses autrement.&lt;/i&gt; &#187; Peinture, musique, le lieu agit comme un d&#233;fouloir cr&#233;atif pour les malades. Un sanctuaire au sein m&#234;me de l'asile, parce que &#171; &lt;i&gt;tu peux pas foutre des piq&#251;res et dire ensuite au gars que tu l'aimes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_676 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH560/p14-desobeisseurs-c9346.png?1782643974' width='400' height='560' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt; Les D&#233;sob&#233;isseurs&lt;/i&gt;, &#233;ditions &lt;a href=&#034;http://videcocagne.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vide Cocagne&lt;/a&gt;, 2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gaffe &#224; la charge de l'&#201;l&#233;phant</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Gaffe-a-la-charge-de-l-Elephant</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Gaffe-a-la-charge-de-l-Elephant</guid>
		<dc:date>2012-05-15T06:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;rard</dc:subject>
		<dc:subject>gars</dc:subject>
		<dc:subject>Unilever</dc:subject>
		<dc:subject>Escort s&#233;curit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>s'appelle Escort</dc:subject>
		<dc:subject>gardent l'entr&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>bo&#238;te s'appelle</dc:subject>
		<dc:subject>Escort</dc:subject>
		<dc:subject>gros bras</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ne comptez pas sur une multinationale pour vous encourager &#224; monter une coop&#233;rative ouvri&#232;re. Surtout si elle a en projet de d&#233;localiser votre usine vers des contr&#233;es au dumping social plus sexy. Mais faut-il vraiment demander la permission ? Chez Fralib, on se demande. &#171; Ce sont des mercenaires, leur bo&#238;te s'appelle Escort s&#233;curit&#233; &#187;, grince un ouvrier en d&#233;signant les gros bras qui gardent l'entr&#233;e de l'usine. En ce jeudi 5 avril, il faut montrer patte blanche &#224; quatre gorilles arborant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard" rel="tag"&gt;G&#233;rard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gars" rel="tag"&gt;gars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Unilever" rel="tag"&gt;Unilever&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Escort-securite" rel="tag"&gt;Escort s&#233;curit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-appelle-Escort" rel="tag"&gt;s'appelle Escort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gardent-l-entree" rel="tag"&gt;gardent l'entr&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/boite-s-appelle" rel="tag"&gt;bo&#238;te s'appelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Escort" rel="tag"&gt;Escort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gros-bras" rel="tag"&gt;gros bras&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ne comptez pas sur une multinationale pour vous encourager &#224; monter une coop&#233;rative ouvri&#232;re. Surtout si elle a en projet de d&#233;localiser votre usine vers des contr&#233;es au dumping social plus sexy. Mais faut-il vraiment demander la permission ? Chez Fralib, on se demande.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce sont des mercenaires, leur bo&#238;te s'appelle Escort s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, grince un ouvrier en d&#233;signant les gros bras qui gardent l'entr&#233;e de l'usine. En ce jeudi 5 avril, il faut montrer patte blanche &#224; quatre gorilles arborant un brassard rouge pour p&#233;n&#233;trer sur le site. Malgr&#233; tout, l'ambiance est plut&#244;t d&#233;contract&#233;e, m&#234;me si les gars et les filles de Fralib savent qu'ils ne sont pas &#224; l'abri d'un mauvais coup de leur direction. En novembre dernier, Angel Llovera, le taulier de la bo&#238;te, s'est point&#233; avec une vingtaine de vigiles pour prendre possession des lieux, en bousculant quelques salari&#233;s au passage. Depuis, le matin,&lt;i&gt; &#171; il vient au bureau accompagn&#233; de ses gardes du corps, comme un pr&#233;sident ou comme un&#8230; grand voyou ! &#187;&lt;/i&gt;, persifle un des gars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis septembre 2010, cette usine de G&#233;menos (Bouches-du-Rh&#244;ne) qui conditionnait th&#233;s et infusions aromatis&#233;s des marques &#201;l&#233;phant et Lipton, est le th&#233;&#226;tre d'une longue guerre d'usure. D'un c&#244;t&#233; le propri&#233;taire, la multinationale Unilever &#8211; Lipton, donc, mais aussi Sun, Dove, Signal, Cif, Amora&#8230; &#8211;, qui a d&#233;cid&#233; de fermer le site pour raisons &#233;conomiques, et de d&#233;localiser la production &#224; Bruxelles (Belgique) et Katowice (Pologne). &lt;i&gt;&#171; Unilever affirme que nous ne sommes pas assez comp&#233;titifs, que nous co&#251;tons trop cher. Mais ils ont organis&#233; notre surcapacit&#233; en nous retirant des produits. Et Unilever, en 2010 et 2011, est largement b&#233;n&#233;ficiaire ! &#187; &lt;/i&gt; explique G&#233;rard Cazorla. Lui, il est secr&#233;taire du Comit&#233; d'&#233;tablissement (CE), dans le camp d'en face, celui des cent trois salari&#233;s&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ils &#233;taient cent quatre-vingt-deux au d&#233;part, mais certains ont accept&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui tiennent la drag&#233;e haute au g&#233;ant de l'industrie agro-alimentaire depuis plus d'un an et demi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/99lamoulere-9c299.png?1782644273' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par deux fois, la justice leur a donn&#233; raison en retoquant les plans sociaux successifs de la direction. Ils attendent le rendu du troisi&#232;me proc&#232;s le 20 avril prochain, mais, pour le moment, les licenciements sont annul&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Nous ne travaillons plus&#8211; il n'y a pas de mati&#232;re premi&#232;re ! &#8211; mais nous touchons toujours nos salaires &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ceci pr&#232;s qu'ils pr&#233;f&#233;reraient bosser. Voil&#224; pourquoi, au lieu de pointer sagement chez P&#244;le, ils ont &#233;labor&#233; un projet de reprise de l'activit&#233; sous forme de coop&#233;rative. &lt;i&gt;&#171; On veut relancer la production du th&#233; &#201;l&#233;phant, une marque cr&#233;&#233;e &#224; Marseille il y a cent vingt ans. Mais pour cela, Unilever doit nous c&#233;der l'outil de production, ainsi que la c&#233;l&#232;bre marque &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille G&#233;rard. Une entreprise s&#233;duisante que la multinationale juge &#234;tre &lt;i&gt;&#171; une impasse &#187;&lt;/i&gt;. Depuis une salle du premier &#233;tage, o&#249; se tient l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG) hebdomadaire des salari&#233;s, on peut apercevoir l'int&#233;rieur du b&#226;timent &#224; travers une fen&#234;tre. En contrebas, les cha&#238;nes de conditionnement semblent en parfait &#233;tat, pr&#234;tes &#224; red&#233;marrer au moindre coup sec sur le gros bouton On. D'ici, rien &#224; voir avec une impasse ! L'air est encore charg&#233; de l'odeur du th&#233; aromatis&#233;, alors que l'usine est &#224; l'arr&#234;t depuis plus d'un an. &lt;i&gt;&#171; Avant, on travaillait avec des ar&#244;mes naturels, puis Unilever a tout fait remplacer par de la chimie&lt;/i&gt;, poursuit le secr&#233;taire du CE. &lt;i&gt;Si on r&#233;cup&#232;re l'&#201;l&#233;phant, on r&#233;tablira des circuits courts avec des producteurs locaux de plantes aromatiques, on refera de l'ar&#244;me naturel. On a encore des gars qui ont le savoir-faire. &#187;&lt;/i&gt; C'est le cas de Fran&#231;ois, cinquante-quatre ans, dont vingt-cinq &#224; Fralib. Et qui n'a pas envie que &#231;a s'arr&#234;te l&#224; : &lt;i&gt;&#171; Moi, prendre l'argent que propose Unilever et partir ? Mais je n'en veux pas, de leur pognon ! Ce que je veux, c'est du travail. Pour moi, et puis pour les minots, ceux qui arrivent derri&#232;re nous. Qu'est-ce qu'ils vont faire, comme boulot ? Toutes les usines ferment ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'AG, tout le monde descend sur le parking, o&#249; on discute par petits groupes, un peu de tout&#8230; Des &#233;lections, notamment, car les Fralibs ont re&#231;u tous les candidats. &#171; Ceux de gauche, pr&#233;cise un barbu &#224; lunette, car on a bien vu ce que &#231;a donnait, avec la droite, avec Xavier Bertrand ministre du Travail ! &#187; Tous sont persuad&#233;s que &lt;i&gt;&#171; si Sarko repasse, le lendemain, ici, on a les CRS &#187;&lt;/i&gt;. Parmi les t&#234;tes d'affiche qui sont venues, c'est &lt;i&gt;&#171; M&#233;lenchon qui a &#233;t&#233; le plus convaincant &#187;&lt;/i&gt; mais, attention, &lt;i&gt;&#171; ils sont tous en campagne &#233;lectorale ! On le sait, et on a tout enregistr&#233;, tout ce qu'ils nous ont promis. Celui qui est &#233;lu, on ira le voir le 7 mai ! On verra, s'il tient parole ! &#187;&lt;/i&gt;, garantit Jean-Marc, qui a d&#233;j&#224; v&#233;cu la fermeture de l'usine du Havre (Seine-Maritime) en 1998. Cependant, leur situation d&#233;licate ne les poussera pas tous jusque dans l'isoloir. L'un d'entre eux confie ne plus voter depuis 1981 : &lt;i&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; trop d&#233;&#231;u par les socialistes. Se faire avoir par la droite, on sait, c'est de bonne guerre. Mais par la gauche, &#231;a troue le cul&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 15 heures pass&#233;es quand des gars viennent pr&#233;venir G&#233;rard :&lt;i&gt; &#171; Ils ne veulent pas laisser entrer l'&#233;tudiant, tu sais, celui qui fait une th&#232;se sur les ouvriers. Il vient toutes les semaines, pourquoi ils ne le laissent pas passer ? Il est gentil comme tout, en plus, ce jeune&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Llovera, le patron, fait un exc&#232;s de z&#232;le. &lt;i&gt;&#171; On a le droit de recevoir qui on veut, mais ils font &#231;a r&#233;guli&#232;rement, pour nous mettre la pression, pour nous pousser &#224; la faute &#187;&lt;/i&gt;, l&#226;che G&#233;rard avant d'appeler leur huissier pour faire constater la situation. Un autre maugr&#233;e, suffisamment fort pour que les gars de la milice patronale entendent : &lt;i&gt;&#171; De toute fa&#231;on, quand on aura d&#233;cid&#233; de r&#233;cup&#233;rer l'usine, ils peuvent &#234;tre cinquante, on la r&#233;cup&#233;rera. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ils &#233;taient cent quatre-vingt-deux au d&#233;part, mais certains ont accept&#233; de partir avec l'&#233;paisse enveloppe propos&#233;e par Unilever.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ordre public &#224; Belleville</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ordre-public-a-Belleville</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Ordre-public-a-Belleville</guid>
		<dc:date>2011-01-18T07:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>gars</dc:subject>
		<dc:subject>flics</dc:subject>
		<dc:subject>m&#232;tres</dc:subject>
		<dc:subject>civil</dc:subject>
		<dc:subject>couple</dc:subject>
		<dc:subject>Judge Dredd</dc:subject>
		<dc:subject>copine</dc:subject>
		<dc:subject>Encul&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>terre-plein</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Devant nous, &#224; quelques m&#232;tres, sur le terre-plein du boulevard, un couple. Elle, folle de rage, tendue comme un ressort en direction des forces anti-&#233;meutes post&#233;es sur le trottoir d'en face, lui, la retenant de ses bras pour l'emp&#234;cher de se jeter toute crue dans la gueule du loup. Elle hurle : &#171; Encul&#233;s de flics ! &#187; Lui a beau &#234;tre plus prudent, il hurle la m&#234;me chose, aussi furax que sa copine. Une panoplie de Judge Dredd p&#233;n&#232;tre mon champ de vision. &#201;paules de footballeur am&#233;ricain, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gars" rel="tag"&gt;gars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/flics" rel="tag"&gt;flics&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metres" rel="tag"&gt;m&#232;tres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/civil" rel="tag"&gt;civil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/couple" rel="tag"&gt;couple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Judge-Dredd" rel="tag"&gt;Judge Dredd&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/copine" rel="tag"&gt;copine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Encules" rel="tag"&gt;Encul&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terre-plein" rel="tag"&gt;terre-plein&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devant nous&lt;/strong&gt;, &#224; quelques m&#232;tres, sur le terre-plein du boulevard, un couple. Elle, folle de rage, tendue comme un ressort en direction des forces anti-&#233;meutes post&#233;es sur le trottoir d'en face, lui, la retenant de ses bras pour l'emp&#234;cher de se jeter toute crue dans la gueule du loup. Elle hurle : &lt;i&gt;&#171; Encul&#233;s de flics ! &#187;&lt;/i&gt; Lui a beau &#234;tre plus prudent, il hurle la m&#234;me chose, aussi furax que sa copine. Une panoplie de Judge Dredd p&#233;n&#232;tre mon champ de vision. &#201;paules de footballeur am&#233;ricain, bouclier sur le bide, matraque pr&#234;te &#224; matraquer. Alors que le gars amorce un mouvement de repli en tentant d&#233;sesp&#233;r&#233;ment d'emmener sa copine, le flic s'avance vers eux et se pourl&#232;che : &lt;i&gt;&#171; Viens, petit encul&#233;, petit p&#233;d&#233;. Allez, viens me le dire en face. &#187;&lt;/i&gt; Et c'est parti. Coup de savate pour faucher le gars, le gars qui tombe, coups de matraque, sa copine qui braille et qui chute &#224; son tour, d'autres flics qui d&#233;boulent et ferment le cercle autour du couple. Moi, par r&#233;flexe, je fais deux pas en avant, les paumes des mains lev&#233;es : &lt;i&gt;&#171; Oh, c'est bon, on se calme&#8230; &#187;&lt;/i&gt; L'abb&#233; Pierre d&#233;barquant au milieu d'une baston de Hell's Angels danois n'aurait pas paru plus inoffensif, mais j'ai &#224; peine entam&#233; mon la&#239;us de nigaud qu'un coup de rangers me cisaille les mollets. Je m'&#233;croule, ma hanche frappe le bitume, je me redresse &#224; moiti&#233; et voil&#224; qu'un des flics m'aligne avec son lance-flammes. Le jet br&#251;lant m'arrive droit dans l'&#339;il gauche. Du gel lacrymog&#232;ne, une saloperie visqueuse con&#231;ue pour t'en mettre plein les doigts quand tu t'essuies&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un conseil : ne surtout pas rincer &#224; l'eau. Autant soigner un grand br&#251;l&#233; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. J'ai les yeux qui crament et la gueule en feu. Me relevant, je discerne entre mes larmes fumantes la silhouette d'un type apparemment normal, en tout cas sans uniforme, qui s'enquiert aimablement : &lt;i&gt;&#171; Qu'est-ce qui se passe, vous allez bien ? &#187;&lt;/i&gt; En fait, un flic en civil. Un de ces francs-tireurs &#224; capuche qu'on avait vu sortir des rangs bleus quelques secondes auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cond&#233;s qui bastonnent tout ce qui passe, ce n'est pas nouveau, m&#234;me si &#231;a produit toujours son effet. Mais des cond&#233;s en civil qui jouent les bons princes, c'est plus inattendu. Leur sollicitude, endur&#233;e par d'autres passants agress&#233;s cette nuit-l&#224;, visait probablement &#224; &#233;valuer l'&#233;tat de la barbaque et, surtout, la menace que celle-ci pouvait repr&#233;senter pour l'ordre public. Ai-je pris des photos ou vais-je en prendre, ai-je l'intention de porter plainte ou de revenir avec un bazooka ? Mais le r&#244;le des encapuchonn&#233;s ne consistait pas seulement &#224; espionner les victimes de leurs coll&#232;gues. Karima, l'amie qui m'accompagnait, peut en t&#233;moigner comme moi : le seul incident qui paraissait devoir justifier l'attroupement des robocops se bornait &#224; quelques jets de bouteilles. Or ces bouteilles venaient des v&#233;hicules de police stationn&#233;s en face. C'est aux pieds des badauds qu'elles explosaient et ce sont les flics en civil qui, manifestement, les jetaient eux-m&#234;mes. Strat&#233;gie de la tension ? D&#233;sir atavique de cr&#233;er un micro-climat propice aux petits Pinochet ? Bonne question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fait : les &#233;v&#232;nements relat&#233;s ici se sont d&#233;roul&#233;s boulevard de Belleville &#224; Paris, tout pr&#232;s de la rue Ramponneau, le 12 d&#233;cembre 2010 &#224; 3 h 15 du matin. On ne sait pas ce qu'est devenu le couple qui a outrag&#233; les &lt;i&gt;&#171; encul&#233;s de flics &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un conseil : ne surtout pas rincer &#224; l'eau. Autant soigner un grand br&#251;l&#233; en l'enduisant de harissa. Utiliser plut&#244;t du s&#233;rum physiologique ou, &#224; d&#233;faut, une serviette jetable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;cras&#233;e dans l'oeuf</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ecrasee-dans-l-oeuf</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Ecrasee-dans-l-oeuf</guid>
		<dc:date>2008-04-14T09:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>atelier</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>gars</dc:subject>
		<dc:subject>n'y</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;IL Y A UN AN (CQFD n&#176;43), je vous expliquais les strat&#233;gies de la direction pour casser un mouvement de gr&#232;ve dans l'usine. H&#233; bien en un an, &#231;a a vachement &#233;volu&#233;. Dans un atelier de fabrication d'engrais, &#231;a fait des mois que &#231;a ne va pas bien : le personnel subit des contraintes, un contrema&#238;tre tr&#232;s autoritaire, et les suppressions de repos et le stress sont monnaie courante. Quand vous croisez les mecs du secteur, vous vous demandez s'ils vont bient&#244;t se pendre ou prendre une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no54-mars-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;54 (mars 2008)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/atelier" rel="tag"&gt;atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gars" rel="tag"&gt;gars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-y" rel="tag"&gt;n'y&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;IL Y A UN AN (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/C-est-pas-l-moment'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;43&lt;/a&gt;), je vous expliquais les strat&#233;gies de la direction pour casser un mouvement de gr&#232;ve dans l'usine. H&#233; bien en un an, &#231;a a vachement &#233;volu&#233;. Dans un atelier de fabrication d'engrais, &#231;a fait des mois que &#231;a ne va pas bien : le personnel subit des contraintes, un contrema&#238;tre tr&#232;s autoritaire, et les suppressions de repos et le stress sont monnaie courante. Quand vous croisez les mecs du secteur, vous vous demandez s'ils vont bient&#244;t se pendre ou prendre une kalachnikov et tirer dans le tas. Un peu sp&#233;ciale comme ambiance. Tr&#232;s sombre, tr&#232;s &#233;lectrique. Il y a eu plusieurs cas de d&#233;pression. En plus, la pression est mise sur tous et chacun parce que le produit fabriqu&#233; rapporte &#233;norm&#233;ment &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re monte depuis plusieurs mois et une prime a fait d&#233;border le vase : elle a &#233;t&#233; distribu&#233;e dans plusieurs secteurs de l'usine mais pas chez eux. Aussit&#244;t certains des salari&#233;s de cet atelier ont fait venir les syndicats pour &#233;laborer des revendications (plus facile que d'exprimer un rasle- bol) qui ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es &#224; la direction, ainsi qu'une p&#233;tition, en pr&#233;venant que s'il n'y avait pas de r&#233;sultat, ce serait la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit comme &#231;a ce pourrait &#234;tre simple si ce n'est que la pression est tellement forte dans cet atelier,&#224; propos de la s&#233;curit&#233; et des pertes de production qu'entra&#238;ne un arr&#234;t, qu'il est plus facile de menacer de la gr&#232;ve que de la faire. Il faut aussi dire les choses, les salari&#233;s de ce type d'atelier ont peur de l'arr&#234;ter et d'en prendre la responsabilit&#233;. Il y a toujours des risques de casser une machine (&#224; cause de l'&#226;ge du mat&#233;riel), de laisser s'&#233;chapper du produit &#224; l'atmosph&#232;re ou autre.
Depuis que les modes de conduite de ces ateliers se sont informatis&#233;s, que tout le monde s'est &#233;loign&#233; de la production proprement dite, les gars semblent avoir perdu la ma&#238;trise de leur installation. Et &#231;a, la direction le sait. Du coup, le directeur et le DRH n'ont pas de soucis quand ils r&#233;pondent un non cat&#233;gorique aux revendications (prime, salaire et formation) allant presque jusqu'&#224; les provoquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la r&#233;ponse n&#233;gative de la direction, la r&#233;ponse oblig&#233;e est donc la gr&#232;ve, mais toujours avec cette peur d'arr&#234;ter les machines. Profitant d'un arr&#234;t technique pour r&#233;parer un r&#233;acteur, les gars d&#233;cident de refuser de red&#233;marrer. Aussi, l'&#233;quipe de nuit, en arrivant &#224; 21 heures, se met en gr&#232;ve et reste les bras crois&#233;s ou rentre &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le temps, le mouvement aurait &#233;t&#233; repris par les autres &#233;quipes, seulement l'&#233;quipe du matin, plus docile, ne sait plus trop quoi faire (d'autant qu'ils doivent se coltiner la hi&#233;rarchie qui n'a pas daign&#233; se d&#233;placer la nuit pour parlementer avec les gr&#233;vistes). Une mini-assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale est convoqu&#233;e, o&#249; la CFDT fait peur aux mecs qui cessent le mouvement aussit&#244;t et font red&#233;marrer l'atelier. Premier &#233;pisode rat&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de &#231;a, une d&#233;l&#233;gation de ceux qui sont en col&#232;re va &#224; la direction pour obtenir quand m&#234;me quelque chose. Un nouvel ultimatum est d&#233;pos&#233; et les mecs semblant plut&#244;t d&#233;termin&#233;s, la direction a l'air de croire en la possibilit&#233; d'une gr&#232;ve. C'est vrai que lorsqu'on parle avec les gars, ceux-ci sont tr&#232;s &#233;nerv&#233;s et semblent vouloir en d&#233;coudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, la direction invite ses cadres pour une r&#233;union o&#249; elle les informe du possible mouvement de gr&#232;ve. Disant que ce n'est pas le moment, que si cet atelier arr&#234;te, la soci&#233;t&#233; se retrouve au bord du gouffre. Bref, le discours habituel, mais &#231;a marche et les cadres font leur boulot de courroie de transmission en affolant les salari&#233;s de l'usine. Le syndicat CGT a beau contre-balancer l'info, rien n'y fait et, une nouvelle fois, ceux qui veulent se battre passent pour des pestif&#233;r&#233;s qui vont faire couler la bo&#238;te. C'est devenu quelque chose d'irrationnel dans l'usine. Les salari&#233;s ont connu tant de plans de suppression d'emplois qu'ils ne se bougent plus, attendant juste le prochain plan pour, peut-&#234;tre, b&#233;n&#233;ficier d'un d&#233;part en pr&#233;retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de la r&#233;union des cadres, le directeur va jusqu'&#224; envoyer une lettre &#224; chacun des ouvriers de l'atelier d'engrais, pour leur dire, en gros, qu'il comprend leur demande, que ce n'est pas le moment, vu la conjoncture,mais que d&#232;s que l'usine va aller mieux, ils auront satisfaction. Tout cela fait qu'&#224; la date pr&#233;vue, lors d'une r&#233;union des salari&#233;s pour pr&#233;parer la gr&#232;ve, il n'y a qu'une douzaine de personnes sur une cinquantaine et que la moiti&#233; est plut&#244;t timor&#233;e. R&#233;sultat des courses : rien. Personne n'ose arr&#234;ter. Il y en a bien qui disent : &lt;i&gt;&#171; Tu verras, apr&#232;s les travaux de mai-juin, l&#224;, on va vraiment faire gr&#232;ve. &#187;&lt;/i&gt; Mais personne n'y croit. Voil&#224; o&#249; on en est ce mois-ci, pas de quoi jubiler. Et l&#224;, il s'agit d'un mouvement qui venait des ouvriers eux-m&#234;mes. &#199;a ne marche pas. Alors quand il s'agit d'une journ&#233;e d'action parachut&#233;e par les pontes de Montreuil, c'est m&#234;me pas la peine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
