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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Derri&#232;re la porte du club</title>
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		<dc:creator>Violette Chaude</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s. &#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise ? Tu fais la fellation naturelle ? La sodomie ? &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH512/-1592-7136b.jpg?1782655258' width='400' height='512' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Tu fais la fellation naturelle&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? La sodomie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res questions que pose C&#233;lia, la g&#233;rante. Apr&#232;s, il faut aller s'inscrire &#224; la brigade des m&#339;urs. Rendez-vous chez les flics d&#232;s le lendemain. Identit&#233;, lieu de travail, dur&#233;e du s&#233;jour. En vingt minutes, c'est boucl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gen&#232;ve, rue de Berne. Les femmes posent en vitrine et les n&#233;ons des enseignes font mal aux yeux. Le club est situ&#233; dans un appartement au deuxi&#232;me &#233;tage d'un immeuble d'habitation &#224; la fa&#231;ade discr&#232;te. Seule une plaque dor&#233;e indique sa pr&#233;sence. Un digicode filtre l'acc&#232;s et l'accueil est assur&#233; par une des filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte d'entr&#233;e donne sur un petit bar. Comptoir encombr&#233;. Sur la droite, &#233;cran t&#233;l&#233;. Grands miroirs. Cam&#233;ras de surveillance : toutes les pi&#232;ces sont film&#233;es, &#224; l'exception des chambres et des WC. Rien &#224; voir avec l'atmosph&#232;re raffin&#233;e promise par le site internet. Le comptoir est &#233;clair&#233; par un n&#233;on blafard et rev&#234;tu d'une imitation de marbre. Sur les canap&#233;s et tables basses du salon, les affaires des filles, jet&#233;es en vrac : habits, sacs, vernis, bouteilles de coca, paquets de g&#226;teaux, chips, ordinateurs, t&#233;l&#233;phones, chaussures &#224; talons. Des toilettes et une enfilade de six chambres. Chaque suite est &#233;quip&#233;e d'une douche, d'un fauteuil, d'un lit &lt;i&gt;king size&lt;/i&gt; et d'un miroir. Une table de chevet avec un seau plein de capotes et une poubelle, vid&#233;e apr&#232;s chaque passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sence obligatoire de 11 h &#224; minuit. La g&#233;rante est l&#224; de 18 h &#224; la fermeture et surveille les all&#233;es et venues. Toute sortie &#224; l'ext&#233;rieur avec un client doit &#234;tre factur&#233;e au prix d'une escorte, soit 100 CHF&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu peux dormir sur place, dans les chambres ou dans le salon. S'il n'y a pas de client apr&#232;s 2 heures du mat', il n'en viendra plus. La g&#233;rante prend 120 CHF sur les deux premi&#232;res passes, 80 sur la troisi&#232;me et les suivantes c'est tout pour toi&lt;/i&gt;. &#187; Il ne vient pas tant de clients que &#231;a. Le montant de la passe est libre. Mais la g&#233;rante ne souhaite pas une r&#233;putation de club trop cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fille poursuit la conversation dans un charmant mix anglo-fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Je te conseille de start &#224; 300 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;CHF half-an-hour and 450 CHF an heure for the basic ; shower, massage, blow-job and love. Then, tu can ask ce que tu veux for whatever you accept to do, nobody will know. Tu write sur le registre l'heure d'entr&#233;e et de sortie of the room, la monnaie et le type of r&#232;glement, if CB or cash. You pay C&#233;lia every night before she leaves le club for what you did dans la journ&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Je comprends vite qu'il est possible de faire beaucoup de bl&#233; en tr&#232;s peu de temps et que bien plus que de sexe, il est surtout question de bluff et de b&#233;nefs. Ne jamais laisser son sac &#224; main tra&#238;ner. Toujours le garder avec soi, on ne sait jamais. Avec les clients, prendre toujours l'argent avant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les arriv&#233;es et les d&#233;parts sont incessants. Une des filles, hollandaise, est escorte professionnelle. Elle vient tous les trois mois pour une p&#233;riode de trois-quatre semaines. Sa client&#232;le est riche. Beaucoup sont des hommes c&#233;l&#232;bres et, dit-on, tr&#232;s amoureux d'elle. Elle les tient au courant de ses diff&#233;rents s&#233;jours &#224; travers l'Europe. Le club, son pied-&#224;-terre &#224; Gen&#232;ve, lui permet de faire des clients pendant la journ&#233;e et de rentabiliser son temps au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'heure d'ouverture, on est vautr&#233;es sur les canap&#233;s. Jogging us&#233; par-dessus nos tenues sexy. Quand la sonnette retentit, en place. On tombe le futal. String et talon haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier soir, premi&#232;re passe. D&#233;monstration par l'exemple, pas besoin de tutoriel. &#171; &lt;i&gt;Les filles, client&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia semble conna&#238;tre le micheton et l'installe. Elle se dirige vers le salon : &#171; &lt;i&gt;Les filles, pr&#233;sentation en 6 !&lt;/i&gt; &#187; Nous nous levons toutes et dans un cliquetis de talons, nous nous dirigeons vers la chambre n&#176; 6. Le protocole devient rapidement familier. Entrer. Montrer son corps de face : visage, ventre et seins. Bises interdites. Donner son blaze en regardant dans les yeux : &#171; &lt;i&gt;Enchant&#233;e, Zora.&lt;/i&gt; &#187; Demi-tour aguicheur. Faire bouger ses cheveux. Vue de dos : jambes, fesses et chute de reins. Ne pas parler. Retourner au salon.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C&#233;lia me conseille &#224; l'habitu&#233; pour 500 CHF, deux grammes de coke et une bouteille de champagne. Surtout ne pas parler de la poudre aux autres filles, c'est C&#233;lia qui fournit. J'ai un trac monstre. Sans me conna&#238;tre, elle vante mes m&#233;rites en disant que je n'ai &#171; &lt;i&gt;pas de tabous&lt;/i&gt; &#187;. Je masse un peu le gars. Il me tend la somme en coupures que je glisse dans mon sac et je vais m'inscrire sur le registre. Le compte &#224; rebours est lanc&#233; : une alarme sur mon t&#233;l&#233;phone. Je retrouve le gars. Deux larges traces et une coupette. Reprise du massage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme est en instance de divorce et me montre des photos de ses gosses. Je le suce &#224; la demande. Il passe un appel et dans sa discussion, il dit &#234;tre au boulot et ne pas s'en sortir. Dix minutes plus tard, il raccroche. &#201;jacule. Soupire. Il me remercie et va prendre une douche. J'en profite pour regarder l'heure. Il reste encore 35 minutes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type me fait de la peine. Je suis d&#233;fonc&#233;e et je me sens &#224; l'aise. Il me demande une sodomie. Il a une toute petite bite, je fais le calcul : 200 CHF pour le gramme de coke X 2, la passe &#224; 500. Je lui dis OK pour 300 CHF de plus. Il refuse, puis n&#233;gocie. J'accepte pour 200. &#199;a dure trois minutes. Ni plaisir, ni douleur. L'alarme sonne, l'heure est &#233;coul&#233;e. Une douche avant de quitter la chambre. Il veut me revoir. Je refuse de lui donner mon num&#233;ro. Je le raccompagne &#224; la porte et le remercie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans la chambre pour ranger et me laver. Je frotte &#224; fond tout ce que je peux. Ce mec vient de d&#233;bourser un Smic et rentre chez sa femme et ses enfants. Je suis sonn&#233;e par cette v&#233;rit&#233; bien plus que par la passe en elle-m&#234;me. De retour au salon, je jette un &#339;il au bar. Certaines sont en chambre ou parties &#224; l'ext&#233;rieur, en escorte. J'entends simuler d'o&#249; je suis. Les filles m'engueulent quand je leur dis que je n'ai pas donn&#233; mon 06 au gars.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sonnette retentit &#224; nouveau. C&#233;lia va &#224; la porte. Je me hisse sur mes talons. Nous ne sommes plus que quatre filles. J'entre dans la chambre, d&#233;file et serre la main. La trentaine, barbu, il porte une vieille doudoune. Retour au salon, C&#233;lia revient : &#171; &lt;i&gt;Zora, c'est pour toi.&lt;/i&gt; &#187; J'encha&#238;ne avec mon deuxi&#232;me client. Dans la chambre, le gars me dit qu'il m'a choisi pour mon cul. Il n'a pas l'air tranquille. Trop excit&#233;, sale et &#233;m&#233;ch&#233;. Il me tend un billet de 500 euros en me disant d'un ton r&#226;peux : &#171; &lt;i&gt;Je veux une heure, je vais te d&#233;foncer. Je vais te prendre partout et surtout je veux te d&#233;foncer le cul&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas comment r&#233;agir. Le mec pue l'alcool et la sueur. Je fixe le billet violet. Je n'en avais jamais vu. Une voix qui ne m'appartient pas sort de ma gorge et parle &#224; ma place : &#171; &lt;i&gt;OK. Mais ce n'est pas assez. Je veux 800 euros.&lt;/i&gt; &#187; Choqu&#233;, il continue &#224; me tripoter en bredouillant qu'il n'a que &#231;a, qu'il a trop envie de moi. Je maintiens mon tarif en m'&#233;loignant de lui. Il finit par l&#226;cher l'affaire et quitte le club tr&#232;s &#233;nerv&#233;. Le montant de la passe joue beaucoup dans la relation pute/client. Il offre une possible protection. Je suis impressionn&#233;e par ma r&#233;action. J'&#233;prouve envers moi-m&#234;me plus de respect que ce que je pensais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de soir&#233;e. Les filles somnolent sur les sofas. Je chope une couette, r&#233;quisitionne la 6, glisse les pr&#233;cieux billets dans la poche de mon jogging et m'endors instantan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dimanche. Pas un client en vue. La majorit&#233; des clients &#233;tant des hommes mari&#233;s, ils passent le week-end en famille. Les filles s'ennuient et s'activent sur leur smartphone &#224; la recherche d'une escorte. Lundi est une bonne journ&#233;e. Eux et nous reprenons le travail. La plupart sont des hommes d'affaires. Ils passent pendant la pause d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, un client est annonc&#233; dans la 3. 4e d&#233;fil&#233; de la journ&#233;e, celui-ci prendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mec semble tr&#232;s vieux. Une des filles me glisse que j'ai de la chance : souvent il ne bande presque pas. Son d&#233;sir : 30 minutes et une douche ensemble pour 300 CHF. Le contact avec sa vieille peau mouill&#233;e est surprenant. Peur de l'ab&#238;mer. Il voudrait qu'on s'embrasse &#171; &lt;i&gt;amoureusement&lt;/i&gt; &#187;. Quelques secondes apr&#232;s que je l'ai aid&#233; &#224; enfiler une capote, il a joui sans p&#233;n&#233;tration. Je l'ai raccompagn&#233; &#224; la porte. Personne ne me pose de questions. Par un accord tacite, nous ne parlons quasiment jamais des passes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Excit&#233;s, entre 30 et 35 ans, alliance au doigt, ils s'installent au bar. Celui dont c'est l'anniversaire se fait appeler Nounours. Avec lui : Franck, t&#234;te de connard &#224; la d&#233;gaine de baqueux, et Nicolas, le chef du trio. Ces gars me sont antipathiques. Blagues graveleuses, commentaires du genre &#171; &lt;i&gt;Elle, elle est trop bonne. &#8211;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Mec, mate-moi ce cul.&lt;/i&gt; &#187; Nous faisons semblant de nous amuser. C&#233;lia me prend &#224; part : &#171; &lt;i&gt;Tu vois le Nounours, l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ce type p&#232;se environ 35 000 euros par mois. Il te regarde depuis tout &#224; l'heure, tu devrais essayer d'le brancher.&lt;/i&gt; &#187; J'ai du mal. On se croirait &#224; un ap&#233;ro dans le BTP, sauf que sur les tables ce n'est pas de la Kro, mais cinq bouteilles de Mo&#235;t &#224; 150 boules chacune. J'en ai marre de faire la cruche. Je pr&#233;f&#233;rerais partir en chambre. Je veux voir les billets, je ne pense qu'&#224; &#231;a. Nous ne pensons toutes qu'&#224; &#231;a. Les mecs se font prier. C'est un truc typique des mecs au bar. Ils se laissent allumer par une fille pour partir avec une autre. Ils adorent provoquer des tensions entre nous. &#199;a leur donne de l'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la finale, c'est une partouze qu'ils veulent. N&#233;goci&#233;e &#224; 450 CHF. Ils s'installent dans la chambre la plus grande. Vodka. On commence nos affaires dans la douche, puis sur le lit. Ils sont dans un d&#233;lire porno-path&#233;tique. Ils ne s'amusent pas et nous non plus. Nounours cherche &#224; m'embrasser, &#231;a me d&#233;go&#251;te. Franck s'&#233;nerve parce qu'il n'arrive pas &#224; jouir. Je simule tant bien que mal, &#231;a n'en finit pas, quand soudain, &lt;i&gt;all&#233;luia&lt;/i&gt; ! Le portable sonne la lib&#233;ration. Revenus au bar, les types prennent un air satisfait. Il ne s'agirait pas d'admettre devant un bordel tout entier qu'ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; se finir en une heure avec deux filles. Je prends une longue douche pour ne pas les recroiser et me lave cinq fois la bouche &#224; l'Hextril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la soir&#233;e, je tombe sur un mec cool et simple. Il fait partie d'un groupe de cinq hommes en costard, un peu flippants, genre anciens l&#233;gionnaires. Rapide calcul du fric et je me retrouve avec ce Kosovar &#224; l'accent &#233;pais, doux comme un agneau. Comme il me le demande gentiment et que sa bite est propre et ras&#233;e, je le suce sans capote pour 300 CHF en plus de la passe. Je suis contente en recomptant mes billets. J'ai bien gagn&#233; ma soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la fin du s&#233;jour. Un vrai canon au visage de mannequin se pointe. Je ne m'attendais pas &#224; tomber sur un gars d'une telle beaut&#233;. Et voil&#224; que &#231;a arrive et qu'en plus il va me baiser et payer pour &#231;a. Lui aussi dit m'avoir choisi pour mon cul et mes tatouages. Les mecs expliquent souvent leur choix, comme s'ils avaient &#224; se justifier. Ils imaginent peut-&#234;tre qu'on va les remercier. Le vrai probl&#232;me, de toute fa&#231;on, c'est quand ils parlent. Comme souvent en d&#233;but de passe, la rencontre s'amorce sous la douche. Son sexe est &#233;norme. Et puis direction le lit. Jeu avec le miroir. Il jouit deux fois. J'&#233;prouve du plaisir. Je pense &#224; la capote. J'y pense souvent. J'ai peur qu'elle l&#226;che. Une passe &#224; 500 balles, c'est bien, mais avec le sida, &#231;a ne vaut pas le coup. Je culpabilise d'avoir ressenti du d&#233;sir. &#199;a n'est pas arriv&#233; avec les autres gars. On refait l'amour. C'est vraiment bon. Nous avons fr&#244;l&#233; la tendresse, puis l'alarme a sonn&#233;. Sans commentaire, je l'ai &#233;teinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, il me demande mon pr&#233;nom et d'o&#249; je viens. La situation en est transform&#233;e. Je me sens comme humili&#233;e, vuln&#233;rable, &#231;a devient bien plus brutal que toutes les autres passes. Il rench&#233;rit en disant que j'ai l'air d'une fille bien et qu'il ne comprend pas comment j'en suis arriv&#233;e l&#224;. L'atmosph&#232;re se crispe. Il quitte la chambre. Je retourne dans le salon sans rien dire &#224; personne. Il est interdit de donner son vrai pr&#233;nom. Je me sens salie pour la premi&#232;re fois depuis mon arriv&#233;e. La nuit d'apr&#232;s, je fais des cauchemars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois quitt&#233; le club, j'ai ressenti de la haine envers ce gars. Je pr&#233;f&#232;re un mec qui paye pour me tringler et qui se barre sans un regard plut&#244;t qu'un type qui paye pour faire semblant de compatir &#224; ma pauvre condition. La seule chose qu'on attend ici, c'est du fric.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi ces clients qui viennent chercher des profils de filles bien sp&#233;cifiques. Des putes &#171; classes &#187;, &lt;i&gt;bling-bling&lt;/i&gt;, pro et exp&#233;riment&#233;es, pour les sortir en escorte et briller en soir&#233;e. Ou des filles jeunes blanches et blondes de pr&#233;f&#233;rence, gaul&#233;es comme des adolescentes pour jouer &#224; la poup&#233;e porno ou au jeune couple amoureux.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce fut comme un voyage sans guide et en chute libre dans l'envers du d&#233;cor de notre soci&#233;t&#233; bien-pensante. &#192; la recherche de l'amoral, du vice, de l'extr&#234;me. Se sentir vivante. Avoir besoin de pousser la domination patriarcale et l'annihilation totale de soi-m&#234;me &#224; son paroxysme pour en comprendre les rouages &#8211; et finir par se pardonner.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Violette Chaude, d'apr&#232;s les &#233;crits de Zora&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les femmes de chambre luttent (toujours)</title>
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&lt;p&gt;En gr&#232;ve depuis le 11 avril &#224; Marseille, les onze salari&#233;es d'Elior, sous-traitant de l'h&#244;tel de luxe NH H&#244;tel, tiennent toujours leurs piquets. Pour l'instant, pas de quoi faire plier la direction, mais un brin d'espoir &#224; l'horizon. &#171; Avec la canicule, les piquets de gr&#232;ve devenaient un enfer, les filles commen&#231;aient &#224; d&#233;primer un peu. L&#224;, le moral revient, c'est une lueur d'espoir. &#187; Camille, salari&#233;e de la CNT-SO, le syndicat des onze gr&#233;vistes du NH H&#244;tel du boulevard des Dames, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En gr&#232;ve depuis le 11 avril &#224; Marseille, les onze salari&#233;es d'Elior, sous-traitant de l'h&#244;tel de luxe NH H&#244;tel, tiennent toujours leurs piquets. Pour l'instant, pas de quoi faire plier la direction, mais un brin d'espoir &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; A&lt;/span&gt;&lt;i&gt;vec la canicule, les piquets de gr&#232;ve devenaient un enfer, les filles commen&#231;aient &#224; d&#233;primer un peu. L&#224;, le moral revient, c'est une lueur d'espoir. &#187;&lt;/i&gt; Camille, salari&#233;e de la CNT-SO, le syndicat des onze gr&#233;vistes du NH H&#244;tel du boulevard des Dames, &#224; Marseille, n'est pas encore tout &#224; fait sereine. Mais la nouvelle est bonne : le pr&#233;fet demande &#224; la direction d'Elior et aux salari&#233;es de d&#233;signer un &#171; &lt;i&gt;m&#233;diateur conjointement choisi&lt;/i&gt; &#187;. Surtout, la direction nationale de l'entreprise a repris le dossier en main, et semble plus encline &#224; discuter que son homologue r&#233;gionale. Les actions men&#233;es par les gr&#233;vistes auront fini par payer un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une visite express &#224; Madrid, quelques-unes, soutenues par la CGT espagnole, ont manifest&#233; devant un h&#244;tel NH, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre re&#231;ues au si&#232;ge du groupe. Et &#224; Marseille, elles sont all&#233;es faire pression devant un autre &#233;tablissement de la multinationale h&#244;teli&#232;re, sur la corniche. &#171; &lt;i&gt;La bonne nouvelle, c'est que l'h&#244;tel a l'air de prendre les choses en main, indique Camille. Au d&#233;but, ils faisaient profil bas et laissaient Elior d&#233;cider, mais l&#224; &#231;a va bient&#244;t faire trois mois, donc ils r&#233;agissent. &#187;&lt;/i&gt; Des accords tacites auraient d'ailleurs &#233;t&#233; conclus. &#171; &lt;i&gt;Dans les luttes,&lt;/i&gt; observe la juriste,&lt;i&gt; c'est g&#233;n&#233;ralement l'h&#244;tel, et rarement le sous-traitant, qui finit par prendre en charge les demandes des salari&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; La caisse de gr&#232;ve, renflou&#233;e &#224; l'occasion de plusieurs &#233;v&#233;nements de soutien, parvient toujours &#224; compenser les semaines non travaill&#233;es. Mais la syndicaliste esp&#232;re quand m&#234;me obtenir des indemnit&#233;s de gr&#232;ve pour les salari&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis des pouvoirs publics, la situation reste tendue. D&#233;but juin, deux gr&#233;vistes et deux syndicalistes CNT-SO ont pass&#233; 24 heures en garde &#224; vue&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les deux syndicalistes avaient d&#233;j&#224; subi une garde &#224; vue au mois de mai.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, apr&#232;s une arrestation brutale. Deux jours d'ITT (interruption totale de travail) pour l'une, six pour l'autre, avec au final trois semaines d'arr&#234;t de travail. L'une des deux avocates, Cl&#233;mence Lachkar, ne comprend pas : &#171; &lt;i&gt;Ils ont arr&#234;t&#233; une gr&#233;viste, alors qu'elle ne faisait rien, elle n'a pas du tout r&#233;sist&#233;. Puis tout le monde a protest&#233; et l&#224;, la situation s'est tendue : un policier a &#233;trangl&#233; une deuxi&#232;me gr&#233;viste, en serrant sa t&#234;te entre son flanc et son bras, sous son aisselle ; une des syndicalistes&lt;/i&gt; [enceinte de huit mois, NDLR] &lt;i&gt;est tomb&#233;e, ils l'ont arr&#234;t&#233;e, ainsi qu'un autre syndicaliste venu l'aider. &#187;&lt;/i&gt; Les quatre ont &#233;t&#233; plac&#233;s en garde &#224; vue pour &#171; violences sur personnes d&#233;positaires de l'autorit&#233; publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, il n'y a eu aucune convocation devant la justice. Une situation en suspens, &#224; l'image des n&#233;gociations autour des revendications des gr&#233;vistes (treizi&#232;me mois, majoration de 50 % le dimanche, deux jours de repos cons&#233;cutifs par semaine). &#192; &lt;i&gt;Bastamag&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;18/06/2019.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, une des femmes de chambre a confi&#233; : &#171; &lt;i&gt;On va rester l&#224;, et c'est nous, les femmes de chambre, qui allons gagner.&lt;/i&gt; &#187; C'est dit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Notre article de juin (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;177) : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Femmes-de-chambres-une-greve' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Femmes de chambres : une gr&#232;ve quatre &#233;toiles&lt;/a&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Notre article de septembre (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;179) : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Femmes-de-chambre-en-lutte-a' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Femmes de chambre en lutte &#224; Marseille : encore et encore&lt;/a&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les deux syndicalistes avaient d&#233;j&#224; subi une garde &#224; vue au mois de mai.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;18/06/2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Femmes de chambres : une gr&#232;ve quatre &#233;toiles</title>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, les h&#244;tels de luxe poussent et les travailleuses souffrent. Mais elles r&#233;sistent : ces derni&#232;res ann&#233;es, les gr&#232;ves de femmes de chambre se succ&#232;dent. Celle lanc&#233;e le 11 avril par onze employ&#233;es du NH H&#244;tel, exploit&#233;es par le sous-traitant Elior, est exceptionnelle par sa dur&#233;e et par la surdit&#233; de l'employeur. Syndiqu&#233;es &#224; la CNT-SO, les gr&#233;vistes voient les soutiens affluer. Mais la police est &#233;galement de la partie. &#171; On ne fait pas cinquante jours de gr&#232;ve pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hotel" rel="tag"&gt;H&#244;tel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, les h&#244;tels de luxe poussent et les travailleuses souffrent. Mais elles r&#233;sistent : ces derni&#232;res ann&#233;es, les gr&#232;ves de femmes de chambre se succ&#232;dent. Celle lanc&#233;e le 11 avril par onze employ&#233;es du NH H&#244;tel, exploit&#233;es par le sous-traitant Elior, est exceptionnelle par sa dur&#233;e et par la surdit&#233; de l'employeur. Syndiqu&#233;es &#224; la CNT-SO, les gr&#233;vistes voient les soutiens affluer. Mais la police est &#233;galement de la partie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2951 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L325xH434/-1185-87da5.jpg?1782644047' width='325' height='434' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt; &#171; O&lt;/span&gt;&lt;i&gt;n ne fait pas cinquante jours de gr&#232;ve pour obtenir des bouteilles d'eau et des bonjours le matin.&lt;/i&gt; &#187; Non. Si les onze femmes de chambre du NH H&#244;tel de Marseille continuent leur combat, c'est certes parce que depuis le changement de sous-traitant en d&#233;cembre dernier, les conditions de travail se sont d&#233;t&#233;rior&#233;es, et parce que nombre d'heures boss&#233;es n'avaient pas &#233;t&#233; pay&#233;es (elles semblent l'&#234;tre peu &#224; peu &#224; mesure que le conflit se prolonge). Mais c'est surtout parce qu'&#224; force de trimer dans ce quatre &#233;toiles, elles m&#233;ritent bien un treizi&#232;me mois, une majoration de 50 % le dimanche (20 % actuellement), deux jours d'affil&#233;e de repos hebdomadaire et une augmentation des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu te casses le dos, tu t'attends &#224; 1 000 &#8364;, tu finis le mois &#224; 800 &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;nonce Denise, une des employ&#233;es en lutte. Apr&#232;s plus de six semaines &#224; tenir le piquet de gr&#232;ve, c'est avec la voix l&#233;g&#232;rement cass&#233;e qu'elle raconte les r&#233;actions de son entourage. &#171; &lt;i&gt;Folie &#187;&lt;/i&gt; pour sa cousine, &#171; &lt;i&gt;perte de temps &#187;&lt;/i&gt; pour son copain. Elle en rigole. &#171; &lt;i&gt;On le fait pour tout le monde, peut-&#234;tre pour ceux qui n'ont pas le courage. &#187;&lt;/i&gt; Femme de chambre ? &#171; &lt;i&gt;Pas le meilleur m&#233;tier du monde. &#187;&lt;/i&gt; Comme ses dix coll&#232;gues, Denise est en CDI &#224; 25 heures par semaine. &#171; &lt;i&gt;On travaille parfois sans chariot, il faut tout porter&lt;/i&gt;, d&#233;taille Le&#239;la. &lt;i&gt;J'ai m&#234;me d&#233;j&#224; d&#251; nettoyer avec des taies d'oreiller faute de mat&#233;riel, et chaque mois il manque quelque chose, des heures ou des tickets-repas non pay&#233;s. On est oblig&#233;es de rester beaucoup plus tard que pr&#233;vu pour finir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e au Cap-Vert, Le&#239;la a fait des &#233;tudes d'informatique au Portugal avant d'arriver &#224; Marseille, il y a quatre ans. Comme toutes ses coll&#232;gues gr&#233;vistes, elle s'est syndiqu&#233;e &#224; la CNT-SO (Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail &#8211; Solidarit&#233; ouvri&#232;re). Le&#239;la a franchi le pas en novembre dernier, sur le conseil d'une &#171; &lt;i&gt;gouvernante d'un autre h&#244;tel &#187;&lt;/i&gt;. &#192; Marseille, environ 80 % des adh&#233;rents de cette branche du syndicat anarchiste sont des femmes de chambre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; ouvri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La CNT-SO est n&#233;e en 2012 d'une scission avec la CNT-F, &#224; la suite d'un d&#233;saccord strat&#233;gique sur la n&#233;cessit&#233; ou non d'avoir des permanents au sein d'une organisation anarcho-syndicaliste. La branche SO estimait ces derniers, form&#233;s aux m&#233;andres juridiques et administratifs, utiles pour d&#233;fendre au mieux les salari&#233;s. La CNT-F, elle, pr&#233;f&#232;re ne pas avoir de permanents pour &#233;viter, on r&#233;sume, une trop grande bureaucratisation. D&#232;s son arriv&#233;e &#224; Marseille en 2014, la CNT-SO a tout de suite regroup&#233; des travailleurs parmi les plus pr&#233;caires, surtout des femmes de m&#233;nage, tr&#232;s souvent noires et de nationalit&#233; &#233;trang&#232;re. Pourquoi elles en particulier ? Difficile &#224; expliquer, m&#234;me pour Lara et Camille, les deux juristes salari&#233;es par le syndicat &#224; Marseille. Le bouche-&#224;-oreille et l'efficacit&#233;, pourrait-on avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cinq ans, seize gr&#232;ves ont &#233;t&#233; men&#233;es par des femmes de chambre d'h&#244;tels marseillais. Toutes ont &#233;t&#233; gagn&#233;es. Mais pour les deux juristes, le conflit actuel est particulier : elles n'imaginaient pas qu'il serait aussi dur. Nombre d'&#233;l&#233;ments laissaient penser que l'employeur c&#233;derait rapidement : h&#244;tel de luxe, en plein centre-ville, dans une rue touristique, inaugur&#233; en grande pompe l'ann&#233;e derni&#232;re... Mais Elior, le sous-traitant, se montre particuli&#232;rement intransigeant. Alors, la gr&#232;ve s'est install&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On n'est jamais all&#233;es aussi loin en termes de nuisances &#187;&lt;/i&gt;, souligne Lara. Au d&#233;but, ce furent des casseroles, des affiches, des autocollants, un &#171; &lt;i&gt;mur de paroles &#187;&lt;/i&gt; sur corde &#224; linge o&#249; se sont vite retrouv&#233;es les culottes des gr&#233;vistes (&#171; &lt;i&gt;pour foutre la honte &#224; l'h&#244;tel &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;dixit une &lt;/i&gt;gr&#233;viste). Puis l'absence de dialogue et la pression accrue de la justice et de la police ont chang&#233; la dynamique du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un acharnement disproportionn&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cela a commenc&#233; par des assignations pour entrave &#224; l'entr&#233;e des employ&#233;s, puis des convocations au commissariat pour nuisances diurnes. Le 29 avril, le tribunal rend une ordonnance autorisant les gr&#233;vistes &#224; rester sur la voie publique tant qu'elles ne bloquent pas les entr&#233;es. Mais le 2 mai, elles &#233;copent d'un rappel &#224; la loi pour d&#233;lit d'agressions sonores. Le 15 mai, des soutiens s'en donnent &#224; coeur joie en balan&#231;ant terre et gazon dans le hall de l'h&#244;tel. Alors qu'elles n'&#233;taient pas pr&#233;sentes, les deux juristes de la CNT sont convoqu&#233;es au commissariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce matin-l&#224;, le 23 mai, que les policiers en profitent pour expulser les gr&#233;vistes du trottoir (alors m&#234;me que l'ordonnance judiciaire autorisait leur pr&#233;sence). Arriv&#233;e apr&#232;s les sommations, Camille, enceinte de sept mois et demi, s'accroche &#224; une banderole ; les policiers la ceinturent et l'embarquent. Lara, venue en renfort, subit le m&#234;me sort. Les deux jeunes femmes sont plac&#233;es en garde &#224; vue. Au passage, selon plusieurs t&#233;moignages, les flics se l&#226;chent sur les gr&#233;vistes : &#171; &lt;i&gt;Je vais mettre tes enfants en foyer &#187;&lt;/i&gt; ; &#171; &lt;i&gt;Vous pouvez pas comprendre, dans votre pays il n'y a pas de r&#232;gles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lara et Camille sont lib&#233;r&#233;es en fin d'apr&#232;s-midi. Elles devraient faire l'objet d'une composition p&#233;nale &#8211; proc&#233;dure pour des infractions minimes &#8211; en octobre. Pour Cl&#233;mence Lachkar, avocate des gr&#233;vistes au c&#244;t&#233; de Jane Becker, la forte pr&#233;sence poli-ci&#232;re quotidienne et les proc&#233;dures judiciaires constituent un &#171; &lt;i&gt;archarnement disproportionn&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Si &#171; &lt;i&gt;la police est dans ses comp&#233;tences &#187;&lt;/i&gt;, on peut se demander d'o&#249; les ordres viennent : de la direction de l'h&#244;tel ? D'Elior ? De la pr&#233;fecture ? Aussi, qui entre la direction de l'h&#244;tel et le sous-traitant Elior a le plus de poids dans la n&#233;gociation ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Paternalistes ou m&#233;chants, selon les jours &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elior est un grand groupe, avec pr&#232;s de 50 000 employ&#233;s en France. Pesant plus de 2 milliards de chiffre d'affaires, le mastodonte reste assez pr&#232;s de ses sous : depuis l'an dernier, il r&#233;clame 2,8 millions d'euros &#224; 183 de ses (ex-)salari&#233;s. L'histoire remonte &#224; 2012, quand les prud'hommes donnent raison &#224; ces femmes et hommes de m&#233;nage qui estimaient ne pas b&#233;n&#233;ficier de conditions salariales &#233;quitables par rapport &#224; d'autres employ&#233;s du groupe. Un jugement valid&#233; ensuite par la cour d'appel d'Aix avec, &#224; la cl&#233;, un versement de plusieurs milliers d'euros pour chacun des concern&#233;s. Mais Elior ne l&#226;che rien et en 2018, obtient de la Cour de cassation l'annulation de sa condamnation. R&#233;sultat : tous les employ&#233;s pay&#233;s au rabais se voient contraints de rembourser les sommes re&#231;ues quelques ann&#233;es plus t&#244;t &#8211; de 5 000 &#224; 30 000 &#8364; par personne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'affaire du NH H&#244;tel, &#171; &lt;i&gt;Elior a les moyens de faire des recherches juridiques pour chercher des noises sous n'importe quel pr&#233;texte, &lt;/i&gt;souligne Cl&#233;mence Lachkar. &lt;i&gt;Nous, on travaille avec un syndicat qui n'a pas beaucoup d'argent et des femmes qui en ont encore moins. &#187;&lt;/i&gt; Du c&#244;t&#233; de la CNT-SO, Lara et Camille analysent qu'Elior ne l&#226;che rien par peur de cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent pour ses autres sites. Du point de vue du syndicat, cette gr&#232;ve aussi est primordiale : &#171; &lt;i&gt;On joue une certaine cr&#233;dibilit&#233; et un rapport de force pour l'avenir. &#187;&lt;/i&gt; L'enjeu est d'autant plus important qu'en juillet, le groupe Elior va r&#233;cup&#233;rer le march&#233; de l'Adagio Marseille, un h&#244;tel o&#249; presque toutes les femmes de chambre sont syndiqu&#233;es... &#224; la CNT-SO. &#171; &lt;i&gt;On flippe pour toutes celles qui vont &#234;tre reprises par Elior &#187;&lt;/i&gt;, confie Lara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, pour celles du NH H&#244;tel, les soutiens viennent de toutes parts : syndicats, Gilets jaunes, partis de gauche, groupes f&#233;ministes et associations. Concert, bouffe solidaire et compagnie : il y a 15 000 &#8364; dans la caisse de gr&#232;ve, assez pour tenir les deux premiers mois. Sur le trottoir, devant l'h&#244;tel, malgr&#233; le stress et les flics, &#171; &lt;i&gt;paternalistes ou m&#233;chants selon les jours &#187;&lt;/i&gt;, l'ambiance est bonne et les id&#233;es ne manquent pas. La police refuse le collage d'affiches sur les vitres de l'&#233;tablisse-ment ? Ce sera &#224; m&#234;me la peau. Pour Manuela, une des gr&#233;vistes : &#171; &lt;i&gt;Si l'h&#244;tel m'appartient pas alors que c'est mon lieu de travail, mon corps, lui, m'appartient encore. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Notre article de juillet (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;178) : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-femmes-de-chambre-luttent' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les femmes de chambre luttent (toujours)&lt;/a&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Notre article de septembre(&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;179) : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Femmes-de-chambre-en-lutte-a' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Femmes de chambre en lutte &#224; Marseille : encore et encore&lt;/a&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Marseille : Occupy la psychiatrie</title>
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		<dc:date>2016-11-28T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;R&#233;cemment encore, ils &#233;taient condamn&#233;s &#224; la rue ou aux foyers d'accueil, exclus par une soci&#233;t&#233; rechignant &#224; prendre en charge leurs troubles psychiatriques. Depuis ao&#251;t 2015, la trentaine d'habitants du 3 rue Socrate cohabite dans un b&#226;timent r&#233;quisitionn&#233; par l'association Marabout, en plein centre-ville de Marseille. &#171; Ce qui est utile est beau relativement &#224; l'usage auquel il est utile. &#187; Socrate Honneur aux artistes, commen&#231;ons par Marcel. Ce jour-l&#224;, l'homme aux ceintures &#224; t&#234;te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chambre" rel="tag"&gt;chambre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/beau-relativement" rel="tag"&gt;beau relativement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Socrate" rel="tag"&gt;Socrate&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cemment encore, ils &#233;taient condamn&#233;s &#224; la rue ou aux foyers d'accueil, exclus
par une soci&#233;t&#233; rechignant &#224; prendre en charge leurs troubles psychiatriques. Depuis ao&#251;t 2015, la trentaine d'habitants du 3 rue Socrate cohabite dans un b&#226;timent r&#233;quisitionn&#233; par l'association Marabout, en plein centre-ville de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce qui est utile est beau relativement &#224; l'usage auquel il est utile&lt;/i&gt;. &#187; Socrate&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH288/-83-fce14.jpg?1782644466' width='400' height='288' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dessin r&#233;alis&#233; au 3 rue Socrate
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Honneur aux artistes, commen&#231;ons par Marcel. Ce jour-l&#224;, l'homme aux ceintures &#224; t&#234;te de mort et aux bottes en croco vert pomme, 42 printemps, re&#231;oit dans sa petite chambre du 3 rue Socrate, rang&#233;e nickel-chrome. En quelques mois de pr&#233;sence, il a eu le temps de soigneusement l'am&#233;nager, la d&#233;corant d'&#233;l&#233;ments disparates : un buste de cerf en plastique, une gravure sur bois en relief repr&#233;sentant des paysans, une commode en carton faite main. &lt;i&gt;Home sweet home&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte franchie, Marcel installe d'autorit&#233; le visiteur sur son futon, puis se lance dans la pr&#233;sentation d&#233;taill&#233;e de ses cr&#233;ations : des dessins enfantins alternant c&#339;urs et cervid&#233;s, des gravures sur cuir, des petites sculptures en bois. &#338;uvres touchantes, m&#233;ticuleusement compos&#233;es. S'il a du talent &#224; revendre, pas question pour lui de le monnayer : ce serait enfreindre la loi du c&#339;ur, celle qui le guide, explique-t-il en se cognant vigoureusement l'organe en question. Ses cr&#233;ations, il les offre &#224; ceux et celles qu'il aime, voil&#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'origine roumaine, arriv&#233; en France en 2011, Marcel ne parle pas tr&#232;s bien fran&#231;ais, d&#233;livre un sabir d'autant plus herm&#233;tique qu'il a des difficult&#233;s d'&#233;locution. Il n'emp&#234;che : on peut ais&#233;ment le comprendre, tant il met d'enthousiasme &#224; communiquer. Souvent d&#233;s&#339;uvr&#233;, il cherche du travail, aimerait reprendre ce boulot de ma&#231;on qui &#233;tait le sien en Roumanie. Pas facile. Malgr&#233; tout, il est presque heureux, dit-il, m&#234;me si parfois le &#171; &lt;i&gt;couci-cou&#231;a&lt;/i&gt; &#187; domine. Cela fait quelques mois qu'il s'est install&#233; dans le b&#226;timent du 3 rue Socrate, au c&#339;ur de Marseille, et il s'y trouve bien. Sa chambre, c'est son havre de paix. Il y m&#232;ne une existence g&#233;n&#233;ralement r&#233;gl&#233;e comme du papier &#224; musique, studieuse et routini&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Tranquilla tranquilla&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Babel en la Cit&#233; &lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;S'il est log&#233; ici, Marcel, c'est qu'il en a bav&#233;, abonn&#233; aux gal&#232;res. Surtout, il souffre de troubles psychiatriques lourds, &#171; d&#233;bloquerait &#187; probablement sans ses m&#233;docs. Il n'est pas le seul. Au 3 rue Socrate, beaucoup sont dans le m&#234;me cas, chacun charg&#233; de son histoire. Il y a des solitaires comme Marcel, ou bien Fran&#231;ois, musicien affable tout juste sorti de la rue et qu'accompagne invariablement une vieille chienne au regard triste. Il y a ces deux jeunes touchants que les autres surnomment &#171; Tartine &#187; et &#171; Beurre &#187;, pour des raisons myst&#233;rieuses. Il y a le tr&#232;s costaud &#201;ric aux bras coutur&#233;s de cicatrices et sa jeune femme, enceinte de quelques mois. Et puis il y a les familles qui malgr&#233; la pr&#233;carit&#233; &#233;l&#232;vent leurs enfants du mieux qu'elle peuvent &#8211; tous sont scolaris&#233;s. Au fil des &#233;tages, il y a des Albanais, des Serbes, des Alg&#233;riens. Babel &lt;i&gt;and co&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ont encaiss&#233; des tuiles &#224; r&#233;p&#233;tition. Parfois la rue, d'autres fois des h&#233;bergements d'urgence mal adapt&#233;s, ou bien l'h&#244;pital psychiatrique pour des p&#233;riodes plus ou moins longues. Dans ce squat supervis&#233; par des travailleurs sociaux&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S'y croisent notamment les membres de la coordination Marss (Mouvement et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ils ont trouv&#233; un refuge, un endroit o&#249; souffler. Si tout n'est pas parfait, si parfois la cohabitation d&#233;raille, si en ce mois d'octobre l'eau chaude fait temporairement d&#233;faut, ils y sont attach&#233;s. Bien s&#251;r, il arrive que l'ambiance soit tendue, certains habitants se r&#233;v&#233;lant plus ou moins impliqu&#233;s dans la vie commune, d'autres &#171; p&#233;tant les plombs &#187; &#224; l'occasion, mais cela finit g&#233;n&#233;ralement par s'arranger, &#224; l'huile de coude et au postillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;rapie par l'autonomie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est en ao&#251;t 2015 que le lieu a &#233;t&#233; ouvert par quelques bonnes volont&#233;s, notamment rassembl&#233;es dans l'association le Marabout du 46. Des gens estimant qu'il est scandaleux de ne pas profiter des b&#226;timents abandonn&#233;s pour y loger les condamn&#233;s &#224; la rue, quitte &#224; les installer ill&#233;galement. Ici, &#224; deux pas des R&#233;form&#233;s et de la Canebi&#232;re, c'&#233;tait auparavant un h&#244;tel d&#233;di&#233; &#224; la prostitution &#8211; l'ancienne g&#233;rante est en taule pour prox&#233;n&#233;tisme. Dot&#233; de trois &#233;tages et 17 chambres, alors ouvert &#224; tous les vents, le b&#226;timent a &#233;t&#233; minutieusement choisi par les chasseurs de squat aux commandes. Ces derniers se sont ensuite en partie effac&#233;s, laissant aux habitants le soin de g&#233;rer les lieux, en autogestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que des vocations ont &#233;merg&#233;. &#192; l'image de Momo : celui qui fut chanteur de ra&#239; en Alg&#233;rie veille &#224; la tranquillit&#233; du b&#226;timent pendant la nuit et a pris une place primordiale dans le collectif. Il n'est pas le seul. &#201;ric veille lui aussi au grain nocturne, Fatiah multiplie les couscous collectifs, Fran&#231;ois se propose de tenir &#224; jour la tr&#233;sorerie &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chaque habitant est cens&#233; verser une somme mensuelle d'environ 50 euros par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, etc. Chacun sa mani&#232;re de s'impliquer, selon ses envies et capacit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bien de cela dont il &#233;tait question d&#232;s l'ouverture du 3 rue Socrate : offrir une certaine autonomie aux habitants, les laisser se d&#233;brouiller pour les affaires de la vie courante, ne s'immiscer qu'&#224; l'occasion, quand il y a des probl&#232;mes &#224; r&#233;gler, des situations qui d&#233;rapent, des urgences juridiques ou m&#233;dicales &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'id&#233;e n'est pas neuve &#224; Marseille. En 2007, un squat &#224; destination de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Un &#171; squat th&#233;rapeutique &#187;, dont Vincent, psychiatre et coordinateur du programme MARSS, r&#233;sume l'approche ainsi : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e, c'est de reprendre cette notion am&#233;ricaine d&lt;/i&gt;'&#8220;empowerement&#8221;, &lt;i&gt;que les personnes log&#233;es ici puissent d'elles-m&#234;mes trouver les solutions aux impasses qu'elles ont connues&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Horizon expulsion ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Si l'exp&#233;rience est concluante, elle n'en reste pas moins menac&#233;e. Les propri&#233;taires du b&#226;timent multiplient les d&#233;marches judiciaires et les menaces d'expulsion se succ&#232;dent, dont une ordonnance de r&#233;f&#233;r&#233; dat&#233;e de juin 2016. Cons&#233;quence : les habitants ne sont pas s&#251;rs de passer l'hiver au chaud. Le 20 octobre dernier, ils &#233;taient ainsi convoqu&#233;s devant le JEX (Juge d'ex&#233;cution des peines) du Tribunal de grande instance de Marseille. Il s'agissait de d&#233;terminer la date o&#249; l'expulsion sera applicable par la pr&#233;fecture, qui dans ce cas peut tr&#232;s bien ne pas tenir compte de la tr&#234;ve hivernale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, une douzaine d'habitants ont fait le d&#233;placement, surmotiv&#233;s par l'enjeu. Dans l'enceinte intimidante, alors que l'infecte Dame Justice les fait poireauter plus de deux heures, ils ne se laissent pas d&#233;monter, pouffent sur les bancs devant la Chambre 3 o&#249; la survie de leur foyer va se jouer. Mais quand l'audience est enfin lanc&#233;e, tous se taisent, m&#234;me les grandes gueules devant l'&#233;ternel, concentr&#233;s sur le d&#233;roul&#233; de la proc&#233;dure. Seuls quelques grattements fr&#233;n&#233;tiques se font entendre &#8211; foutues punaises de lit. &#192; la sortie, ils p&#232;sent le pour et le contre, se rassurent comme ils peuvent, sachant que le d&#233;lib&#233;r&#233; tombera d&#233;but d&#233;cembre. &#171; &lt;i&gt;L'avocat a &#233;t&#233; tr&#232;s bon&lt;/i&gt; &#187;, estime l'un. &#171; &lt;i&gt;De toute mani&#232;re, ils n'oseront pas nous expulser cet hiver&lt;/i&gt; &#187;, analyse une autre, &#171; &lt;i&gt;le scandale serait trop &#233;norme. T'imagines ? Des familles enti&#232;res &#224; la rue ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une certitude : le lieu est en sursis, &#224; plus ou moins long terme. Triste constat, qu'adoucit cependant cette autre certitude : les logements vides ne manquent pas. Ni les bonnes volont&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;S'y croisent notamment les membres de la coordination Marss (Mouvement et action pour le r&#233;tablissement sanitaire et social &#8211; &#233;quipe mobile de sant&#233; mentale comprenant aussi bien des professionnels de la sant&#233; que des volontaires b&#233;n&#233;voles), ainsi que ceux des associations le Marabout du 46, JUST ou les Nomades C&#233;lestes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chaque habitant est cens&#233; verser une somme mensuelle d'environ 50 euros par chambre, destin&#233;e &#224; r&#233;pondre aux d&#233;penses les plus basiques, telles que le fioul et l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'id&#233;e n'est pas neuve &#224; Marseille. En 2007, un squat &#224; destination de personnes caboss&#233;es par la vie a &#233;t&#233; ouvert dans la proche rue Curiol, au 46. L'exp&#233;rience a bien fonctionn&#233;, peut-&#234;tre un peu trop : le b&#226;timent a &#233;t&#233; r&#233;gularis&#233; par la ville, et c'est d&#233;sormais un lieu de soins plus institutionnel, moins ouvert et exp&#233;rimental.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les mains dans le luxe</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 7 mai 2014, une dizaine de femmes de chambre d&#233;non&#231;aient leurs conditions de travail devant l'Intercontinental, h&#244;tel cinq &#233;toiles dominant le Vieux-Port de Marseille. L'occasion d'a&#233;rer un peu les pratiques de la sous-traitance dans le nettoyage&#8230; CQFD &#233;tait pr&#233;sent. &#171; Ici, c'est de l'esclavage &#187;, s'&#233;trangle Samir devant l'h&#244;tel Intercontinental. Un room-service accessible 24h/24 pour 192 chambres, 22 suites, dont une pr&#233;sidentielle, si l'envie prenait au bon Fran&#231;ois de visiter son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 7 mai 2014, une dizaine de femmes de chambre d&#233;non&#231;aient leurs conditions de travail devant l'Intercontinental, h&#244;tel cinq &#233;toiles dominant le Vieux-Port de Marseille. L'occasion d'a&#233;rer un peu les pratiques de la sous-traitance dans le nettoyage&#8230; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#233;tait pr&#233;sent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Ici, c'est de l'esclavage&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;trangle Samir devant l'h&#244;tel Intercontinental. Un room-service accessible 24h/24 pour 192 chambres, 22 suites, dont une pr&#233;sidentielle, si l'envie prenait au bon Fran&#231;ois de visiter son royaume&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH307/p03-miettes-140ff.jpg?1782640246' width='400' height='307' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Samir habite Toulon et sa bo&#238;te peut du jour au lendemain l'envoyer &#224; Aix-en-Provence en le pr&#233;venant &#224; 7 h du matin. Il n'y a pas de train &#224; cette heure-l&#224;. Samir est &#233;quipier, un nouveau nom pour les loufiats qui nettoient les chambres des riches : t&#234;te de lit en cuir blanc, plaid brod&#233;&#8230; Tout doit &#234;tre nickel, dans les h&#244;tels de luxe. Pourtant en CDI, Samir pointe les risques du m&#233;tier : &#171; &lt;i&gt;Pour laver les vitres, on me fait travailler seul dans une nacelle en fa&#231;ade.&lt;/i&gt; &#187; Et puis, au-del&#224; de la peur du vide, il y a la peur de se faire jeter. La pression est mise par la direction de l'h&#244;tel, qui d&#233;briefe chaque matin la Fran&#231;aise de Services, soci&#233;t&#233; sous-traitante et leader dans le nettoyage. Nettoyage des droits, entre autres : ceux l&#224; sont balay&#233;s. Il y a eu plusieurs gr&#232;ves &#224; Paris, en 2013. &#171; &lt;i&gt;Le dress code est de se changer tous les jours, voire deux fois par jour, s'il y a des odeurs corporelles&lt;/i&gt; &#187;, rappelle Marie-Fran&#231;oise Litaudon, qualifi&#233;e de m&#232;re-sup&#233;rieure de l'hygi&#232;ne par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, la sueur des petites mains n'importunera pas le client dans son Spa avec sauna ou sa salle de relaxation : Samir ne s'est jamais rendu dans la salle de techno-gym. Soutenus par le syndicat CNT-solidarit&#233; ouvri&#232;re, qui a convoqu&#233; ce rassemblement devant l'h&#244;tel, les salari&#233;s rappellent leurs conditions de travail d&#233;plorables. &#171; &lt;i&gt;M. Four&#233; m' a menac&#233;&lt;/i&gt; &#187;, raconte Samir. Four&#233;, c'est le DRH parisien. Des femmes de chambre venues de l'h&#244;tel Massalia, dans le 8 e arrondissement, parlent de manque de respect. La gouvernante de cet h&#244;tel est per&#231;ue comme une harpie. &#171; &lt;i&gt;Elle adore travailler avec nous, parce que nous nous taisons&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne une jeune Portugaise. Ses coll&#232;gues s&#233;n&#233;galaises et cap-verdiennes approuvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armelle, une ancienne salari&#233;e, n'a pas tenu plus de trois semaines &#224; son poste de gouvernante d'&#233;tage. &#171; &lt;i&gt; &#192; 11 h, j'ai demand&#233; &#224; la DRH les fiches de poste des femmes de chambre.&lt;/i&gt; &#187; &#192; 15 h, &#224; sa prise de poste, elle est vir&#233;e. Exp&#233;ditif. &#171; &lt;i&gt;Je suis tomb&#233;e des nues !&lt;/i&gt; &#187; Quel li&#232;vre avait-elle lev&#233; ? &#171; &lt;i&gt; Les filles sont sous pay&#233;es. Sur leurs contrats, elles doivent cinq heures, mais en fait, c'est un syst&#232;me &#224; la chambre qui fonctionne.&lt;/i&gt; &#187; Un travail &#224; la t&#226;che, mais pay&#233; sur des heures fixes. &#171; &lt;i&gt;De plus, les filles n'ont pas de pause.&lt;/i&gt; &#187; Samir, toujours remont&#233;, en rajoute une couche : &#171; &lt;i&gt;C'est deux euros pour que je m'assoie manger dans l'h&#244;tel !&lt;/i&gt; &#187; Il peut aussi d&#233;jeuner dehors&#8230; Les filles non. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais la seule &#224; manger&lt;/i&gt; &#187;, raconte Armelle. En tout cas, personne n'aura les miettes de la table de Lionel Levy, le chef-cuisinier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Medji est &#233;quipier et montre des plaies sur ses mains : &#171; &lt;i&gt; La Javel ? Non&#8230; La bo&#238;te a chang&#233; les produits, mais ils sont encore plus forts.&lt;/i&gt; &#187; La faute &#224; des mat&#233;riaux inadapt&#233;s et &#224; un management qui exige que tout brille. &#171; &lt;i&gt;Comment nettoyer des sols rugueux et des moquettes qui peluchent ?&lt;/i&gt; &#187; D'apr&#232;s la FDS, on n'emploie plus de Javel, tout va bien. Medji aurait besoin d'une s&#233;ance au sauna, mais sa condition le lui interdit. Pourtant, il devrait savoir que le Spa &#171; &lt;i&gt; traite la peau avec douceur avec des man&#339;uvres fluides, des pressions bien r&#233;guli&#232;res, sans jamais provoquer de d&#233;placements de tissus&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Suarez brandit elle aussi sa main droite, bien plus grosse que la gauche : un choc qu'elle a subi en faisant les lits, il y a trois mois. La m&#233;decine du travail lui demande de reprendre son poste sur un pied. &#171; &lt;i&gt;Apte d'une main&lt;/i&gt; &#187;, grince Mme Suarez&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patricia, neuf mois en France, neuf mois de m&#233;nage. &#171; &lt;i&gt;Parfois 19 chambres pour un service et le dimanche compris. On ne conna&#238;t nos jours de travail que d'une semaine sur l'autre. &lt;/i&gt; &#187; Un paquet d'heures ne sont pas pay&#233;es, les heures suppl&#233;mentaires, notamment. &#171; &lt;i&gt;On a m&#234;me des retenues&lt;/i&gt; &#187;, affirme une coll&#232;gue. Un syst&#232;me infantilisant o&#249; les femmes de chambre sont trait&#233;es comme du menu fretin. Les menaces sont monnaie courante. Et si cela ne suffit pas, &#171; &lt;i&gt;ils essayent de nous pi&#233;ger en laissant tra&#238;ner des objets de valeur pour voir si on les vole&lt;/i&gt; &#187;. La gouvernante du Massalia, abhorr&#233;e de son personnel, pr&#233;tend que ses filles ont &#233;t&#233; licenci&#233;es d'autres h&#244;tels, ce qui est faux : Patricia vient d'arriver du Portugal. &#171; &lt;i&gt;Il y a un rapport familial entre nous, mais elles n'ont jamais compris leurs contrats&lt;/i&gt; &#187;, affirme la m&#232;re-sup&#233;rieure maison, qui se dit choqu&#233;e par la manifestation et estime qu'elle a toujours fait en sorte de payer les employ&#233;es. &#171; &lt;i&gt; D'ailleurs, elles ne sont que cinq devant l'h&#244;tel !&lt;/i&gt; &#187; Et pour cause : ce sont les cinq femmes de chambre en CDI. Toutes les autres, en CDD, craignent de perdre leur place. &#171; &lt;i&gt;Elle nous insulte !&lt;/i&gt; &#187;, affirme Amalia devant ces coll&#232;gues qui approuvent d'un hochement du chef. Des insultes familiales, peut-&#234;tre ? La gouvernante parle d'incompr&#233;hension due au manque de ma&#238;trise de la langue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 mai, la directrice de l'Intercontinental n'a pas tra&#238;n&#233; devant son &#233;tablissement, o&#249; elle a laiss&#233; le soin aux gouvernantes et aux membres de la s&#233;curit&#233; de prendre en photo les salari&#233;s r&#233;calcitrants. Elle nie les mauvaises conditions de travail et renvoie les gueux &#224; leur soci&#233;t&#233; sous-traitante. Samir est heureux de la mobilisation : &#171; &lt;i&gt;Ils pensent que je suis un con, un &#233;tranger, mais je suis Fran&#231;ais. Quand tu parles de tes droits, tu es &#224; &#233;liminer !&lt;/i&gt; &#187; Un mois plus tard, il v&#233;g&#232;te &#224; Aix-en-Provence sur une voie de garage. Son salaire couvre &#224; peine ses frais de transports, mais il tient bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois plus tard, Julien, de la CNT-SO, confirme que c'est &#224; nouveau la bagarre. &#171; &lt;i&gt;Ils l'ont mal pris&lt;/i&gt; &#187;, &#224; la Fran&#231;aise des Services. Doux euph&#233;misme, car sur place, les petits chefs sont devenus hargneux. Ils ont adress&#233; aux salari&#233;s cet avertissement : &#171; &lt;i&gt;On a vos photos !&lt;/i&gt; &#187; D'apr&#232;s Julien, ils ont un double discours. Un CDD n'a pas &#233;t&#233; renouvel&#233;, mais le syndicat est encore intervenu et la travailleuse devrait &#234;tre reprise. Chose plus curieuse, certaines femmes de chambre du Massalia travaillent parfois au Novotel, mais pour le groupe Medifrance, dont St&#233;phane Four&#233;, le DRH de la FDS, est propri&#233;taire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le Massalia, le 6 juin dernier, la Fran&#231;aise de Services a envoy&#233; sa directrice du D&#233;veloppement, Isabelle Rocca, qui communique avec brio et d&#233;ment toutes les accusations, &#224; l'unisson du directeur de l'h&#244;tel. Un beau duo. &#171; &lt;i&gt;La Fran&#231;aise de Services a m&#234;me pr&#233;vu un treizi&#232;me mois et offre la participation &#224; une mutuelle.&lt;/i&gt; &#187; Isabelle Rocca explique que le syndicat CNT-SO n'est pas repr&#233;sentatif : &#171; &lt;i&gt;Notre d&#233;l&#233;gu&#233; n'exprime aucune plainte.&lt;/i&gt; &#187; Elle parle de la CGT-Nettoyage, qui semble tr&#232;s compr&#233;hensive avec sa direction. &#171; &lt;i&gt; Et puis la CGC, l'UNSA et la CFDT ont sign&#233; notre charte, on a toutes les garanties, nous respectons la loi &lt;/i&gt; &#187;, insiste le directeur de l'Intercontinental. Tra&#231;abilit&#233;, normes, contr&#244;les, tout y passe pour d&#233;montrer que l'h&#244;tel est un lieu idyllique pour des travailleuses qui, par malchance, ne parlent souvent qu'un fran&#231;ais approximatif et sont abus&#233;es par les petits caract&#232;res de leur contrat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Se faire sous-traiter&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le but de la sous-traitance est de faire &#233;clater la communaut&#233; de travail et de r&#233;aliser plus de profits en sous-payant les femmes de chambre, gouvernantes et &#233;quipiers (en g&#233;n&#233;ral de &#8211; 15 &#224; &#8211; 40 %) qui ne b&#233;n&#233;ficient pas de la convention collective de l'h&#244;tel&lt;/i&gt; &#187;, affirme de son c&#244;t&#233; la CGT de l'h&#244;tel Parc-Hyatt Paris-Vend&#244;me, dont les salari&#233;s &#233;taient aux prud'hommes le 6 juin 2014. L'h&#244;tel se trouve dans la rue la plus ch&#232;re de Paris au Monopoly&#8230; Rue de la Paix &#8211; pas de la paix sociale, en tout cas. &#192; Marseille, Sabrina est venue soutenir les femmes de chambre du Massalia. Elle a &#233;t&#233; d&#233;barqu&#233;e de l'h&#244;tel Kyriad, &#224; la Capelette. Elle contestait sa date d'embauche : il manquait trois jours. Propeo, la soci&#233;t&#233; de nettoyage, l'a renvoy&#233;e une semaine apr&#232;s. &#171; &lt;i&gt;C'est du travail &#224; la t&#226;che&lt;/i&gt; &#187;, affirme cette ancienne secr&#233;taire de bo&#238;te d'int&#233;rim qui conna&#238;t ses droits. &#171; &lt;i&gt;J'ai tap&#233; &#8220;Protection des ouvriers&#8221; sur Internet&lt;/i&gt; &#187;, comme on tape soci&#233;t&#233; protectrice des animaux, &#171; &lt;i&gt;et j'ai imm&#233;diatement adh&#233;r&#233; &#224; la CNT-SO.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Ici, on lutte contre les nuisibles ! &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>grandes lignes</dc:subject>
		<dc:subject>conseil g&#233;n&#233;ral</dc:subject>
		<dc:subject>niveau d&#233;partemental</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;d&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>politiques agricoles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La vie des chambres d'agriculture, organes pseudo-repr&#233;sentatifs du monde paysan, ne ressemble en rien &#224; une pastorale bucolique. Le verbe y est haut et parfois exotique. Propos croqu&#233;s sur le vif au moment o&#249; des &#233;lections les renouvellent&#8230; sans rien changer. Si les grandes lignes des politiques agricoles sont &#233;labor&#233;es par l'Europe et l'&#201;tat, ce sont les chambres d'agriculture qui ont pour mission de les traduire au niveau d&#233;partemental. Elles ont aussi une mission de service public : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no108-fevrier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;108 (f&#233;vrier 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La vie des chambres d'agriculture, organes pseudo-repr&#233;sentatifs du monde paysan, ne ressemble en rien &#224; une pastorale bucolique. Le verbe y est haut et parfois exotique. Propos croqu&#233;s sur le vif au moment o&#249; des &#233;lections les renouvellent&#8230; sans rien changer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si les grandes lignes des politiques agricoles sont &#233;labor&#233;es par l'Europe et l'&#201;tat, ce sont les chambres d'agriculture qui ont pour mission de les traduire au niveau d&#233;partemental. Elles ont aussi une mission de service public : en th&#233;orie, d&#233;velopper des services r&#233;pondant aux besoins de tous les paysans. En r&#233;alit&#233;, la F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) y exerce un monopole sans partage et &#224; sens unique : tout pour les agromanagers, les autres n'ont qu'&#224; s'adapter, sinon on les &#171; &lt;i&gt;accompagne dignement vers la sortie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_574 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH382/p10-electionfnseacoul-6d7c7.jpg?1782641356' width='400' height='382' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; vous lirez ces lignes les &#233;lections des nouveaux repr&#233;sentants des agriculteurs au sein de ces chambres auront eu lieu&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;sultats ne changent gu&#232;re la donne avec une FNSEA qui maintient son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il n'est pas inutile de vous raconter comment se d&#233;roule habituellement une session de la chambre d'agriculture : la d&#233;mocratie repr&#233;sentative s'y caricature elle-m&#234;me, partout se fait sentir l'obsc&#232;ne odeur du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grand-messe est pr&#233;vue pour 14 h 30, une quarantaine d'&#233;lus, la plupart surcharg&#233;s de mandats, s'installe dans l'h&#233;micycle. &#192; la tribune si&#232;gent le pr&#233;sident de la Chambre et le pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;, leaders syndicaux, la directrice (elle est all&#233;e chez le coiffeur, avec une voiture de fonction, pendant ses heures de boulot), le pr&#233;fet, le patron de la Direction d&#233;partementale des territoires, le repr&#233;sentant du conseil g&#233;n&#233;ral&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ordre du jour, d'abord, diverses d&#233;lib&#233;rations sur des questions budg&#233;taires, vot&#233;es comme un seul homme par ceux de la F&#233;d&#233;. Puis on d&#233;lib&#232;re pour ratifier, sans d&#233;bat, en bloc, toutes les d&#233;cisions prises par le bureau, dans lequel seuls si&#232;gent des membres de la F&#233;d&#233; : c'est une v&#233;ritable &#171; chambre d'enregistrement &#187;.
Puis vient le temps des motions. Ce jour-l&#224;, c'est la Conf&#233;d&#233;ration paysanne qui pr&#233;sente la sienne demandant l'abrogation de la loi sur les semences fermi&#232;res : l'&#201;tat, sous la pression des semenciers, veut imposer des taxes pour dissuader les agriculteurs de reproduire et d'utiliser leurs propres semences, un droit ancestral &#224; la base de l'autonomie paysanne. Mais le pr&#233;sident de la FNSEA, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-876'&gt;Xavier Beulin&lt;/a&gt;, &#233;tant aussi pr&#233;sident des semenciers industriels, la motion est rejet&#233;e, &#224; une faible majorit&#233; toutefois, car certains, un peu honteux, se sont abstenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on passe aux questions diverses, seul moment un peu vivant qui donne lieu &#224; des &#233;changes de points de vue, parfois &#233;difiants. Voyez plut&#244;t. Un &#233;lu F&#233;d&#233; un peu radoteur : &#171; &lt;i&gt;Je m'insurge sur les propos de certains d'entre nous qui pr&#244;nent des m&#233;thodes r&#233;trogrades pour cultiver nos terres. C'est un p&#233;ch&#233; de faire &#224; la main ce que l'on peut faire &#224; la machine.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;ponse d'un &#233;lu Conf' : &#171; V&lt;i&gt;ous les traitez de branleurs, c'est &#231;a ?&lt;/i&gt; &#187; Rires g&#234;n&#233;s dans la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On passe &#224; l'intervention du pr&#233;sident de la F&#233;d&#233; sur les contraintes environnementales, &#233;ternel cheval de bataille de son syndicat : &#171; &lt;i&gt;&#193; ce sujet, j'&#233;tais vendredi matin &#224; une r&#233;union de parcours sur le Sch&#233;ma r&#233;gional de coh&#233;rence &#233;cologique o&#249; j'ai eu l'impression d'avoir &#224; faire &#224; un intervenant qui parlait en grec, qui &#233;crivait en h&#233;breu et qui voulait faire des dessins en chinois : je n'ai absolument rien compris &#224; ce qui a &#233;t&#233; dit de toute la matin&#233;e, si ce n'est que cela va se traduire par des contraintes suppl&#233;mentaires pour les agriculteurs&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;lu &#233;voque l'enqu&#234;te publique d'un Sch&#233;ma de coh&#233;rence territoriale (SCOT) dans laquelle il est question de zones &#224; haute densit&#233; biologique qu'il faut prot&#233;ger, alors que, dans le m&#234;me temps, une commission du conseil g&#233;n&#233;ral veut lutter contre les friches et les remettre en activit&#233;. Des friches sont justement des lieux &#224; haute densit&#233; biologique ! R&#233;ponse du repr&#233;sentant du conseil g&#233;n&#233;ral : &#171; &lt;i&gt;Ne vous en faites pas, le SCOT n'est pas un document contraignant et on fera ce qu'on veut.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, le pr&#233;sident de la chambre, la larme &#224; l'&#339;il, &#8211; sa mandature se termine et il ne se repr&#233;sentera pas &#8211; inflige &#224; tout le monde le bilan de sa vie. Extraits : &#171; &lt;i&gt;Monsieur le pr&#233;fet, je suis venu au syndicalisme par hasard car le notaire de mon village a dit &#224; mes parents qu'il pensait que j'&#233;tais fait pour &#234;tre syndicaliste&#8230; Je voulais essayer d'aider le faible en ma&#238;trisant le fort&#8230;Dans la vie, si l'on veut r&#233;ussir, il faut du courage, il faut surtout savoir dire &#8220;non&#8221;, il faut &#233;carter ceux que vous consid&#233;rez comme &#233;tant nuisibles, car il y en a autour de vous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'agriculture productiviste on ne s'&#233;loigne jamais de la lutte contre les nuisibles !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Droit de r&#233;ponse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; l'Article 13 de la loi du 27/07/1881, modifi&#233; par la Loi du 29/09/1919, je vous demande de publier ce droit de r&#233;ponse, avec m&#234;mes caract&#232;res et m&#234;me emplacement, suite &#224; l'article intitul&#233; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Carpentras-patatras'&gt;&lt;i&gt;Carpentras, patatras !&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;.
Dans votre article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Carpentras, patatras !&lt;/i&gt; &#187; mis en ligne le 23 janvier 2013, vous &#233;voquez la p&#233;tition que j'ai lanc&#233;e pour l'interdiction d'une &#171; &lt;i&gt;mosqu&#233;e clandestine r&#233;put&#233;e salafiste&lt;/i&gt; &#187;, en indiquant que je suis d&#233;cid&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;galoper sur les plates-bandes du FN &lt;/i&gt; &#187;.
Or, il ne s'agit pas du tout d'un probl&#232;me de religion et encore moins de marcher sur les plates-bandes du FN. Il s'agit simplement de faire respecter la loi, car cette mosqu&#233;e, am&#233;nag&#233;e sans autorisation dans un local d'habitation, au m&#233;pris des r&#232;gles les plus &#233;l&#233;mentaires de s&#233;curit&#233;, a fait l'objet d'un arr&#234;t&#233; de fermeture en 2004. Or, elle est toujours ouverte. Je demande donc &#224; l'&#201;tat de prendre ses responsabilit&#233;s et de faire ex&#233;cuter l'arr&#234;t&#233; de fermeture qui, depuis plus de 8 ans, est rest&#233;e lettre morte. Sauf &#224; raisonner de mani&#232;re simpliste et par la caricature, je ne vois vraiment pas en quoi cette demande aurait un lien avec les id&#233;es du FN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Aubert, d&#233;put&#233; de Vaucluse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;ponse de CQFD&lt;/strong&gt; : Vous ne voyez vraiment pas, monsieur le d&#233;put&#233; ? Marion Le Pen, elle, le voit tr&#232;s bien. L'app&#233;tence du FN pour les mosqu&#233;es est de notori&#233;t&#233; publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les r&#233;sultats ne changent gu&#232;re la donne avec une FNSEA qui maintient son emprise avec 55 % et une Conf&#233;d&#233;ration paysanne, en l&#233;g&#232;re progression (20 %), qui fait jeu &#233;gal avec la Coordination rurale (21 %).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chronique judiciaire o&#249; tout le monde sourit</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-chronique-judiciaire-ou-tout-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-chronique-judiciaire-ou-tout-le</guid>
		<dc:date>2010-05-29T11:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Garde</dc:subject>
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		<dc:subject>indices graves</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;MARSEILLE, 8E CHAMBRE. Beaucoup de personnes entrent dans la salle jusque l&#224; assez vide &#8211; on reconna&#238;t des militants. La polici&#232;re charg&#233;e de surveiller les bancs du public se chuchote &#224; elle-m&#234;me : &#171; Qu'est-ce que c'est que tout &#231;a ? &#187; La pr&#233;sidente, une femme d'une quarantaine d'ann&#233;es, appelle P., A. et S., qui est absente. Deux jeunes femmes vont &#224; la barre. &#171; Mademoiselle P., il vous est reproch&#233; d'avoir &#224; Marseille, le 27 juin 2009, alors qu'il existait des indices graves et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chambre" rel="tag"&gt;chambre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vue" rel="tag"&gt;vue&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/procedure" rel="tag"&gt;proc&#233;dure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-avocat" rel="tag"&gt;L'avocat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prelevement-biologique" rel="tag"&gt;pr&#233;l&#232;vement biologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/indices-graves" rel="tag"&gt;indices graves&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MARSEILLE, 8E CHAMBRE. Beaucoup de personnes entrent dans la salle jusque l&#224; assez vide &#8211; on reconna&#238;t des militants. La polici&#232;re charg&#233;e de surveiller les bancs du public se chuchote &#224; elle-m&#234;me : &lt;i&gt;&#171; Qu'est-ce que c'est que tout &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente, une femme d'une quarantaine d'ann&#233;es, appelle P., A. et S., qui est absente. Deux jeunes femmes vont &#224; la barre. &lt;i&gt;&#171; Mademoiselle P., il vous est reproch&#233; d'avoir &#224; Marseille, le 27 juin 2009, alors qu'il existait des indices graves et concordants que vous ayez commis des infractions, refus&#233; de vous soumettre &#224; un pr&#233;l&#232;vement biologique destin&#233; &#224; permettre de faire appara&#238;tre l'analyse et l'identification de votre empreinte g&#233;n&#233;tique. &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de P. et A., un homme d'une trentaine d'ann&#233;es, plaide l'annulation :&lt;i&gt; &#171; Je soul&#232;ve deux difficult&#233;s. La premi&#232;re c'est que Mademoiselle P. a demand&#233; &#224; voir un m&#233;decin au d&#233;but de sa garde &#224; vue, et on n'a nulle trace d'examen m&#233;dical. La deuxi&#232;me, c'est qu'au moment de la prolongation de la mesure de garde &#224; vue, la pr&#233;venue a exprim&#233; le d&#233;sir de voir un avocat d&#233;sign&#233;, or je ne vois nulle part dans la proc&#233;dure la recherche d'un avocat. &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente demande l'avis du procureur, un homme grand &#224; la voix forte : &lt;i&gt;&#171; Il semble effectivement que la proc&#233;dure de prolongement de la garde &#224; vue ne soit pas conforme au code de proc&#233;dure p&#233;nale. Pour autant, &#224; partir du moment o&#249; on lui reproche l'infraction de refus de pr&#233;l&#232;vement biologique, cela ne nuit pas &#224; la pr&#233;sente proc&#233;dure. &lt;/i&gt; &#187; L'avocat retourne &#224; sa place, des regards inquiets s'&#233;changent dans le public. La parole est &#224; P. : &lt;i&gt;&#171; Je ne comprends pas pourquoi on m'a demand&#233; mon ADN, c'est totalement disproportionn&#233; parce qu'il n'y avait pas de r&#233;el d&#233;lit qui nous &#233;tait reproch&#233;. &#8211; Quelles &#233;taient les circonstances ? &#8211; On nous reprochait un vol collectif dans un supermarch&#233;, sans preuves. &#187;&lt;/i&gt; Le procureur se l&#232;ve : &lt;i&gt;&#171; Ce dossier pose un probl&#232;me de fond et il est plus int&#233;ressant que le tribunal statue sur le fond, parce qu'en mati&#232;re de pr&#233;l&#232;vements biologiques, on ne peut pas faire n'importe quoi. On est dans une soci&#233;t&#233; qui a tendance &#224; faire des pr&#233;l&#232;vements &#224; tout bout de champ, et c'est pourquoi je vous demanderai la relaxe. &#187;&lt;/i&gt; Des exclamations de surprise surgissent des bancs du public. &lt;i&gt;&#171; On a une interpellation de cinq personnes dont il nous est dit qu'elles &#8220;pourraient correspondre au signalement&#8221;, sachant que le signalement, c'est qu'elles sont habill&#233;es en noir et qu'elles pourraient &#234;tre qualifi&#233;es sous le vocable de &#8220;punk&#8221;&#8230; &#231;a me semble particuli&#232;rement faible. Autre &#233;l&#233;ment d&#233;plac&#233;, c'est qu'on a une fiche de recherche de la DST, de la DST hein,qui indique que la personne &#8220;pourrait appartenir &#224; la mouvance anarcho-autonome&#8221; et qu'elle &#8220;serait susceptible de commettre des actes d&#233;lictueux&#8221;&#8230; il ne faut pas exag&#233;rer. &#187;&lt;/i&gt; Un &lt;i&gt;&#171; Bravo ! &#187;&lt;/i&gt; et des applaudissements fusent du public &#8211; la pr&#233;sidente, tr&#232;s &#233;nerv&#233;e, les interrompt : &lt;i&gt;&#171; NON ! On n'est pas dans une salle de spectacle ! Si vous voulez vous exprimer, vous sortez ! &#187;&lt;/i&gt; Le procureur s'assied en souriant, l'avocat prend la suite : &lt;i&gt;&#171; Je me joins enti&#232;rement aux r&#233;quisitions du minist&#232;re public. Il y a absence d'un &#233;l&#233;ment, qui est cens&#233; &#233;viter le fichage g&#233;n&#233;ralis&#233;, ce sont les &#8220; indices graves ou concordants&#8221;. On ne retrouve aucun objet vol&#233; sur ces jeunes femmes, c'est quand m&#234;me int&#233;ressant. Par ailleurs, on n'a pas la pi&#232;ce de proc&#233;dure qui constate les refus de pr&#233;l&#232;vements, on ne sait pas qui l'a constat&#233;, et on n'a pas l'assurance que c'est un officier de police judiciaire, seul habilit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente appelle A. : &lt;i&gt;&#171; Qu'avez-vous &#224; dire ? &#8211; Je voudrais ajouter que les conditions de la garde &#224; vue &#233;taient particuli&#232;rement p&#233;nibles : interdiction d'aller aux toilettes, interdiction de voir un m&#233;decin, interdiction de manger le lendemain matin. &#8211; Bien, je vous remercie. M. le procureur ? &#8211; M&#234;me r&#233;quisition &#8211; Ma&#238;tre ? &#8211; M&#234;me plaidoirie. &#187;&lt;/i&gt; Dans un sourire la pr&#233;sidente conclut : &lt;i&gt;&#171; M&#234;me d&#233;cision. &#187;&lt;/i&gt; L'audience est suspendue pour les d&#233;lib&#233;r&#233;s, puis au retour, la pr&#233;sidente annonce : &lt;i&gt;&#171; Mesdemoiselles P., A. et S., le tribunal vous relaxe en constatant que la proc&#233;dure ne lui permet pas de constater des indices graves ou concordants justifiant le pr&#233;l&#232;vement biologique. Pour les autres remarques concernant les conditions de garde &#224; vue, le tribunal n'est pas saisi. &lt;/i&gt; &#187; &#192; la sortie du tribunal, devant les personnes venues en soutien, des policiers en tenue gardent la porte. Il y a une banderole et une table avec un infokiosque &#8211; un gars avec un grand chapeau entonne seul un chant de lutte en espagnol, puis crie : &lt;i&gt;&#171; Contre les flics et ce syst&#232;me de merde ! &#187;&lt;/i&gt; Un policier passe devant lui en souriant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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