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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Derri&#232;re la porte du club</title>
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		<dc:creator>Violette Chaude</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s. &#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise ? Tu fais la fellation naturelle ? La sodomie ? &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH512/-1592-7136b.jpg?1768669798' width='400' height='512' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Tu fais la fellation naturelle&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? La sodomie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res questions que pose C&#233;lia, la g&#233;rante. Apr&#232;s, il faut aller s'inscrire &#224; la brigade des m&#339;urs. Rendez-vous chez les flics d&#232;s le lendemain. Identit&#233;, lieu de travail, dur&#233;e du s&#233;jour. En vingt minutes, c'est boucl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gen&#232;ve, rue de Berne. Les femmes posent en vitrine et les n&#233;ons des enseignes font mal aux yeux. Le club est situ&#233; dans un appartement au deuxi&#232;me &#233;tage d'un immeuble d'habitation &#224; la fa&#231;ade discr&#232;te. Seule une plaque dor&#233;e indique sa pr&#233;sence. Un digicode filtre l'acc&#232;s et l'accueil est assur&#233; par une des filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte d'entr&#233;e donne sur un petit bar. Comptoir encombr&#233;. Sur la droite, &#233;cran t&#233;l&#233;. Grands miroirs. Cam&#233;ras de surveillance : toutes les pi&#232;ces sont film&#233;es, &#224; l'exception des chambres et des WC. Rien &#224; voir avec l'atmosph&#232;re raffin&#233;e promise par le site internet. Le comptoir est &#233;clair&#233; par un n&#233;on blafard et rev&#234;tu d'une imitation de marbre. Sur les canap&#233;s et tables basses du salon, les affaires des filles, jet&#233;es en vrac : habits, sacs, vernis, bouteilles de coca, paquets de g&#226;teaux, chips, ordinateurs, t&#233;l&#233;phones, chaussures &#224; talons. Des toilettes et une enfilade de six chambres. Chaque suite est &#233;quip&#233;e d'une douche, d'un fauteuil, d'un lit &lt;i&gt;king size&lt;/i&gt; et d'un miroir. Une table de chevet avec un seau plein de capotes et une poubelle, vid&#233;e apr&#232;s chaque passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sence obligatoire de 11 h &#224; minuit. La g&#233;rante est l&#224; de 18 h &#224; la fermeture et surveille les all&#233;es et venues. Toute sortie &#224; l'ext&#233;rieur avec un client doit &#234;tre factur&#233;e au prix d'une escorte, soit 100 CHF&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu peux dormir sur place, dans les chambres ou dans le salon. S'il n'y a pas de client apr&#232;s 2 heures du mat', il n'en viendra plus. La g&#233;rante prend 120 CHF sur les deux premi&#232;res passes, 80 sur la troisi&#232;me et les suivantes c'est tout pour toi&lt;/i&gt;. &#187; Il ne vient pas tant de clients que &#231;a. Le montant de la passe est libre. Mais la g&#233;rante ne souhaite pas une r&#233;putation de club trop cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fille poursuit la conversation dans un charmant mix anglo-fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Je te conseille de start &#224; 300 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;CHF half-an-hour and 450 CHF an heure for the basic ; shower, massage, blow-job and love. Then, tu can ask ce que tu veux for whatever you accept to do, nobody will know. Tu write sur le registre l'heure d'entr&#233;e et de sortie of the room, la monnaie et le type of r&#232;glement, if CB or cash. You pay C&#233;lia every night before she leaves le club for what you did dans la journ&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Je comprends vite qu'il est possible de faire beaucoup de bl&#233; en tr&#232;s peu de temps et que bien plus que de sexe, il est surtout question de bluff et de b&#233;nefs. Ne jamais laisser son sac &#224; main tra&#238;ner. Toujours le garder avec soi, on ne sait jamais. Avec les clients, prendre toujours l'argent avant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les arriv&#233;es et les d&#233;parts sont incessants. Une des filles, hollandaise, est escorte professionnelle. Elle vient tous les trois mois pour une p&#233;riode de trois-quatre semaines. Sa client&#232;le est riche. Beaucoup sont des hommes c&#233;l&#232;bres et, dit-on, tr&#232;s amoureux d'elle. Elle les tient au courant de ses diff&#233;rents s&#233;jours &#224; travers l'Europe. Le club, son pied-&#224;-terre &#224; Gen&#232;ve, lui permet de faire des clients pendant la journ&#233;e et de rentabiliser son temps au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'heure d'ouverture, on est vautr&#233;es sur les canap&#233;s. Jogging us&#233; par-dessus nos tenues sexy. Quand la sonnette retentit, en place. On tombe le futal. String et talon haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier soir, premi&#232;re passe. D&#233;monstration par l'exemple, pas besoin de tutoriel. &#171; &lt;i&gt;Les filles, client&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia semble conna&#238;tre le micheton et l'installe. Elle se dirige vers le salon : &#171; &lt;i&gt;Les filles, pr&#233;sentation en 6 !&lt;/i&gt; &#187; Nous nous levons toutes et dans un cliquetis de talons, nous nous dirigeons vers la chambre n&#176; 6. Le protocole devient rapidement familier. Entrer. Montrer son corps de face : visage, ventre et seins. Bises interdites. Donner son blaze en regardant dans les yeux : &#171; &lt;i&gt;Enchant&#233;e, Zora.&lt;/i&gt; &#187; Demi-tour aguicheur. Faire bouger ses cheveux. Vue de dos : jambes, fesses et chute de reins. Ne pas parler. Retourner au salon.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C&#233;lia me conseille &#224; l'habitu&#233; pour 500 CHF, deux grammes de coke et une bouteille de champagne. Surtout ne pas parler de la poudre aux autres filles, c'est C&#233;lia qui fournit. J'ai un trac monstre. Sans me conna&#238;tre, elle vante mes m&#233;rites en disant que je n'ai &#171; &lt;i&gt;pas de tabous&lt;/i&gt; &#187;. Je masse un peu le gars. Il me tend la somme en coupures que je glisse dans mon sac et je vais m'inscrire sur le registre. Le compte &#224; rebours est lanc&#233; : une alarme sur mon t&#233;l&#233;phone. Je retrouve le gars. Deux larges traces et une coupette. Reprise du massage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme est en instance de divorce et me montre des photos de ses gosses. Je le suce &#224; la demande. Il passe un appel et dans sa discussion, il dit &#234;tre au boulot et ne pas s'en sortir. Dix minutes plus tard, il raccroche. &#201;jacule. Soupire. Il me remercie et va prendre une douche. J'en profite pour regarder l'heure. Il reste encore 35 minutes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type me fait de la peine. Je suis d&#233;fonc&#233;e et je me sens &#224; l'aise. Il me demande une sodomie. Il a une toute petite bite, je fais le calcul : 200 CHF pour le gramme de coke X 2, la passe &#224; 500. Je lui dis OK pour 300 CHF de plus. Il refuse, puis n&#233;gocie. J'accepte pour 200. &#199;a dure trois minutes. Ni plaisir, ni douleur. L'alarme sonne, l'heure est &#233;coul&#233;e. Une douche avant de quitter la chambre. Il veut me revoir. Je refuse de lui donner mon num&#233;ro. Je le raccompagne &#224; la porte et le remercie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans la chambre pour ranger et me laver. Je frotte &#224; fond tout ce que je peux. Ce mec vient de d&#233;bourser un Smic et rentre chez sa femme et ses enfants. Je suis sonn&#233;e par cette v&#233;rit&#233; bien plus que par la passe en elle-m&#234;me. De retour au salon, je jette un &#339;il au bar. Certaines sont en chambre ou parties &#224; l'ext&#233;rieur, en escorte. J'entends simuler d'o&#249; je suis. Les filles m'engueulent quand je leur dis que je n'ai pas donn&#233; mon 06 au gars.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sonnette retentit &#224; nouveau. C&#233;lia va &#224; la porte. Je me hisse sur mes talons. Nous ne sommes plus que quatre filles. J'entre dans la chambre, d&#233;file et serre la main. La trentaine, barbu, il porte une vieille doudoune. Retour au salon, C&#233;lia revient : &#171; &lt;i&gt;Zora, c'est pour toi.&lt;/i&gt; &#187; J'encha&#238;ne avec mon deuxi&#232;me client. Dans la chambre, le gars me dit qu'il m'a choisi pour mon cul. Il n'a pas l'air tranquille. Trop excit&#233;, sale et &#233;m&#233;ch&#233;. Il me tend un billet de 500 euros en me disant d'un ton r&#226;peux : &#171; &lt;i&gt;Je veux une heure, je vais te d&#233;foncer. Je vais te prendre partout et surtout je veux te d&#233;foncer le cul&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas comment r&#233;agir. Le mec pue l'alcool et la sueur. Je fixe le billet violet. Je n'en avais jamais vu. Une voix qui ne m'appartient pas sort de ma gorge et parle &#224; ma place : &#171; &lt;i&gt;OK. Mais ce n'est pas assez. Je veux 800 euros.&lt;/i&gt; &#187; Choqu&#233;, il continue &#224; me tripoter en bredouillant qu'il n'a que &#231;a, qu'il a trop envie de moi. Je maintiens mon tarif en m'&#233;loignant de lui. Il finit par l&#226;cher l'affaire et quitte le club tr&#232;s &#233;nerv&#233;. Le montant de la passe joue beaucoup dans la relation pute/client. Il offre une possible protection. Je suis impressionn&#233;e par ma r&#233;action. J'&#233;prouve envers moi-m&#234;me plus de respect que ce que je pensais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de soir&#233;e. Les filles somnolent sur les sofas. Je chope une couette, r&#233;quisitionne la 6, glisse les pr&#233;cieux billets dans la poche de mon jogging et m'endors instantan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dimanche. Pas un client en vue. La majorit&#233; des clients &#233;tant des hommes mari&#233;s, ils passent le week-end en famille. Les filles s'ennuient et s'activent sur leur smartphone &#224; la recherche d'une escorte. Lundi est une bonne journ&#233;e. Eux et nous reprenons le travail. La plupart sont des hommes d'affaires. Ils passent pendant la pause d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, un client est annonc&#233; dans la 3. 4e d&#233;fil&#233; de la journ&#233;e, celui-ci prendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mec semble tr&#232;s vieux. Une des filles me glisse que j'ai de la chance : souvent il ne bande presque pas. Son d&#233;sir : 30 minutes et une douche ensemble pour 300 CHF. Le contact avec sa vieille peau mouill&#233;e est surprenant. Peur de l'ab&#238;mer. Il voudrait qu'on s'embrasse &#171; &lt;i&gt;amoureusement&lt;/i&gt; &#187;. Quelques secondes apr&#232;s que je l'ai aid&#233; &#224; enfiler une capote, il a joui sans p&#233;n&#233;tration. Je l'ai raccompagn&#233; &#224; la porte. Personne ne me pose de questions. Par un accord tacite, nous ne parlons quasiment jamais des passes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Excit&#233;s, entre 30 et 35 ans, alliance au doigt, ils s'installent au bar. Celui dont c'est l'anniversaire se fait appeler Nounours. Avec lui : Franck, t&#234;te de connard &#224; la d&#233;gaine de baqueux, et Nicolas, le chef du trio. Ces gars me sont antipathiques. Blagues graveleuses, commentaires du genre &#171; &lt;i&gt;Elle, elle est trop bonne. &#8211;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Mec, mate-moi ce cul.&lt;/i&gt; &#187; Nous faisons semblant de nous amuser. C&#233;lia me prend &#224; part : &#171; &lt;i&gt;Tu vois le Nounours, l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ce type p&#232;se environ 35 000 euros par mois. Il te regarde depuis tout &#224; l'heure, tu devrais essayer d'le brancher.&lt;/i&gt; &#187; J'ai du mal. On se croirait &#224; un ap&#233;ro dans le BTP, sauf que sur les tables ce n'est pas de la Kro, mais cinq bouteilles de Mo&#235;t &#224; 150 boules chacune. J'en ai marre de faire la cruche. Je pr&#233;f&#233;rerais partir en chambre. Je veux voir les billets, je ne pense qu'&#224; &#231;a. Nous ne pensons toutes qu'&#224; &#231;a. Les mecs se font prier. C'est un truc typique des mecs au bar. Ils se laissent allumer par une fille pour partir avec une autre. Ils adorent provoquer des tensions entre nous. &#199;a leur donne de l'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la finale, c'est une partouze qu'ils veulent. N&#233;goci&#233;e &#224; 450 CHF. Ils s'installent dans la chambre la plus grande. Vodka. On commence nos affaires dans la douche, puis sur le lit. Ils sont dans un d&#233;lire porno-path&#233;tique. Ils ne s'amusent pas et nous non plus. Nounours cherche &#224; m'embrasser, &#231;a me d&#233;go&#251;te. Franck s'&#233;nerve parce qu'il n'arrive pas &#224; jouir. Je simule tant bien que mal, &#231;a n'en finit pas, quand soudain, &lt;i&gt;all&#233;luia&lt;/i&gt; ! Le portable sonne la lib&#233;ration. Revenus au bar, les types prennent un air satisfait. Il ne s'agirait pas d'admettre devant un bordel tout entier qu'ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; se finir en une heure avec deux filles. Je prends une longue douche pour ne pas les recroiser et me lave cinq fois la bouche &#224; l'Hextril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la soir&#233;e, je tombe sur un mec cool et simple. Il fait partie d'un groupe de cinq hommes en costard, un peu flippants, genre anciens l&#233;gionnaires. Rapide calcul du fric et je me retrouve avec ce Kosovar &#224; l'accent &#233;pais, doux comme un agneau. Comme il me le demande gentiment et que sa bite est propre et ras&#233;e, je le suce sans capote pour 300 CHF en plus de la passe. Je suis contente en recomptant mes billets. J'ai bien gagn&#233; ma soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la fin du s&#233;jour. Un vrai canon au visage de mannequin se pointe. Je ne m'attendais pas &#224; tomber sur un gars d'une telle beaut&#233;. Et voil&#224; que &#231;a arrive et qu'en plus il va me baiser et payer pour &#231;a. Lui aussi dit m'avoir choisi pour mon cul et mes tatouages. Les mecs expliquent souvent leur choix, comme s'ils avaient &#224; se justifier. Ils imaginent peut-&#234;tre qu'on va les remercier. Le vrai probl&#232;me, de toute fa&#231;on, c'est quand ils parlent. Comme souvent en d&#233;but de passe, la rencontre s'amorce sous la douche. Son sexe est &#233;norme. Et puis direction le lit. Jeu avec le miroir. Il jouit deux fois. J'&#233;prouve du plaisir. Je pense &#224; la capote. J'y pense souvent. J'ai peur qu'elle l&#226;che. Une passe &#224; 500 balles, c'est bien, mais avec le sida, &#231;a ne vaut pas le coup. Je culpabilise d'avoir ressenti du d&#233;sir. &#199;a n'est pas arriv&#233; avec les autres gars. On refait l'amour. C'est vraiment bon. Nous avons fr&#244;l&#233; la tendresse, puis l'alarme a sonn&#233;. Sans commentaire, je l'ai &#233;teinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, il me demande mon pr&#233;nom et d'o&#249; je viens. La situation en est transform&#233;e. Je me sens comme humili&#233;e, vuln&#233;rable, &#231;a devient bien plus brutal que toutes les autres passes. Il rench&#233;rit en disant que j'ai l'air d'une fille bien et qu'il ne comprend pas comment j'en suis arriv&#233;e l&#224;. L'atmosph&#232;re se crispe. Il quitte la chambre. Je retourne dans le salon sans rien dire &#224; personne. Il est interdit de donner son vrai pr&#233;nom. Je me sens salie pour la premi&#232;re fois depuis mon arriv&#233;e. La nuit d'apr&#232;s, je fais des cauchemars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois quitt&#233; le club, j'ai ressenti de la haine envers ce gars. Je pr&#233;f&#232;re un mec qui paye pour me tringler et qui se barre sans un regard plut&#244;t qu'un type qui paye pour faire semblant de compatir &#224; ma pauvre condition. La seule chose qu'on attend ici, c'est du fric.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi ces clients qui viennent chercher des profils de filles bien sp&#233;cifiques. Des putes &#171; classes &#187;, &lt;i&gt;bling-bling&lt;/i&gt;, pro et exp&#233;riment&#233;es, pour les sortir en escorte et briller en soir&#233;e. Ou des filles jeunes blanches et blondes de pr&#233;f&#233;rence, gaul&#233;es comme des adolescentes pour jouer &#224; la poup&#233;e porno ou au jeune couple amoureux.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce fut comme un voyage sans guide et en chute libre dans l'envers du d&#233;cor de notre soci&#233;t&#233; bien-pensante. &#192; la recherche de l'amoral, du vice, de l'extr&#234;me. Se sentir vivante. Avoir besoin de pousser la domination patriarcale et l'annihilation totale de soi-m&#234;me &#224; son paroxysme pour en comprendre les rouages &#8211; et finir par se pardonner.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Violette Chaude, d'apr&#232;s les &#233;crits de Zora&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Foot f&#233;minin : des sir&#232;nes bien en jambes</title>
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		<dc:date>2014-07-23T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le foot aide &#224; d&#233;passer le train-train quotidien. Apr&#232;s l'effort d'aller &#224; l'&#233;cole, vient le r&#233;confort du jeu. &#187; &#192; l'Estaque, une &#233;quipe de foot f&#233;minin (LSC-Estaque-S&#233;on) a fait sa place au soleil. La parole est &#224; Beka, l'entra&#238;neur, et &#224; C&#233;lia, M&#233;lissa, Sandra, &#171; des joueuses, des battantes &#187;. M&#233;lissa a appris &#224; jouer au pied des immeubles, avec les gar&#231;ons. &#171; Ils m'ont toujours respect&#233;e, beaucoup. &#187; L'air s&#233;rieux, elle arbore un maillot du Bar&#231;a dans les couloirs du nouveau centre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Melissa" rel="tag"&gt;M&#233;lissa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le foot aide &#224; d&#233;passer le train-train quotidien. Apr&#232;s l'effort d'aller &#224; l'&#233;cole, vient le r&#233;confort du jeu. &lt;/i&gt; &#187; &#192; l'Estaque, une &#233;quipe de foot f&#233;minin (LSC-Estaque-S&#233;on) a fait sa place au soleil. La parole est &#224; Beka, l'entra&#238;neur, et &#224; C&#233;lia, M&#233;lissa, Sandra, &#171; &lt;i&gt;des joueuses, des battantes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#233;lissa a appris &#224; jouer au pied des immeubles, avec les gar&#231;ons. &#171; &lt;i&gt; Ils m'ont toujours respect&#233;e, beaucoup. &lt;/i&gt; &#187; L'air s&#233;rieux, elle arbore un maillot du Bar&#231;a dans les couloirs du nouveau centre social. Beka, son entra&#238;neur, la porte aux nues : &#171; &lt;i&gt;M&#233;lissa, c'est la Maradona de l'&#233;quipe, c'est notre milieu cr&#233;ateur !&lt;/i&gt; &#187; L'int&#233;ress&#233;e ne rougit pas, mais cligne des yeux sous le compliment : &#171; &lt;i&gt;&#192; la base, je jouais dehors, dans la rue, puis &#224; la Castellane, la cit&#233; la plus proche de chez moi, o&#249; on jouait en District, &#224; sept. Apr&#232;s, je suis all&#233;e &#224; Aix, en DH, et l&#224;, on jouait &#224; onze, contre des villes, pas contre des quartiers. Puis j'ai tent&#233; ma chance au centre de formation de Lyon. Comme &#231;a me passionne, je r&#234;vais de devenir professionnelle, mais je suis vite redescendue sur terre, parce que j'avais pas de bons bulletins. Alors je suis venue ici.&lt;/i&gt; &#187; Ici, c'est l'Estaque, dans les quartiers Nord de Marseille. &#171; &lt;i&gt;C'est terrible, &#224; Marseille, il n'y en a que pour l'OM, il ne reste que des miettes pour les &#233;quipements de quartier&lt;/i&gt; &#187;, souligne Beka, &#233;ducateur de rue et pr&#233;sident du LSC-Estaque-S&#233;on. &#171; &lt;i&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, on avait rien, les filles se changeaient dans la fourgonnette.&lt;/i&gt; &#187; Mais il en fallait plus pour le d&#233;courager. &#192; Pasteur, le bidonville des hauts de l'Estaque o&#249; Beka a grandi, &#171; &lt;i&gt;le p&#232;re de Kader avait un bar et nous pr&#234;tait la cave ; c'est l&#224; qu'on a appris &#224; jouer au baby-foot, &#224; la bougie ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH625/foot--yohanne-9e03c.jpg?1768649326' width='500' height='625' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Sandra est une des trois filles de Beka : &#171; &lt;i&gt;Nos m&#232;res n'aiment pas trop &#231;a, parce qu'on se fait mal&#8230; La s&#339;ur de C&#233;lia s'est p&#233;t&#233; deux fois le genou. Moi, j'ai re&#231;u un ballon en pleine figure et &#231;a m'a &#233;clat&#233; les vaisseaux d'un &#339;il. &lt;/i&gt; &#187; Son p&#232;re fait les pr&#233;sentations : &#171; &lt;i&gt;C&#233;lia, c'est la buteuse. Sandra, la stoppeuse. Avec M&#233;lissa, elles sont l'ossature de l'&#233;quipe. Elles savent se parler, accueillir les nouvelles&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ici, la culture de la gagne, &#231;a ne veut pas dire faire n'importe quoi. &#171; &lt;i&gt;On a un peu n&#233;glig&#233; les titres pour prendre le temps de construire un groupe &#233;quilibr&#233;, y compris avec une fille qui avait un handicap moteur et de gros probl&#232;mes familiaux, m&#232;re c&#233;libataire, etc. On n'est pas &#224; la poursuite de la gloire, on veut juste ne laisser personne sur le bord de la route. J'ai 80 filles au total, &#224; partir de 4 ans ! Elles, ce sont les seniors.&lt;/i&gt; &#187; M&#233;lissa a 19 ans, Sandra et C&#233;lia, 18. Sandra : &#171; &lt;i&gt;Mon grand fr&#232;re m'emmenait voir les matchs de l'&#233;quipe Kuhlmann. &#199;a m'a plu, je m'y suis mise et on m'a m&#234;me propos&#233; d'aller dans un centre de formation, mais ma m&#232;re n'a pas voulu, elle disait que j'&#233;tais trop jeune.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;buts n'ont pas &#233;t&#233; faciles. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait pas gagn&#233;, mais maintenant, le quartier nous le rend bien, chaque fois qu'on joue, le stade est plein, il y a les fr&#232;res, les oncles, les tantes. &lt;/i&gt; &#187; Depuis dix ans, l'&#233;quipe a organis&#233; un pressing de tous les instants. &#171; &lt;i&gt;Ici, il n'y a pas beaucoup d'activit&#233;s pour les gamines. Moi-m&#234;me, &#233;tant papa de trois filles, &#231;a me touchait de pr&#232;s. Je suis de la vieille &#233;cole, mais avec l'esprit ouvert. J'ai b&#233;n&#233;fici&#233; de la confiance des parents, puisque &#231;a fait des ann&#233;es que je bosse dans le monde associatif, pour sortir les gamines du quotidien, de la cuisine et des jupes de la maman, &#224; travers le sport.&lt;/i&gt; &#187; Responsable du secteur ado au centre social, Beka s'occupe du club de foot sur son temps libre, avec trois autres b&#233;n&#233;voles, S&#233;bastien, Kahina et Kader. Un toubib et un pharmacien donnent la main en fournissant les premiers soins pour les petits bobos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kader et Beka ont grandi &#224; Pasteur et vivent toujours au m&#234;me endroit, en HLM. Les habitants se sont battus pour &#234;tre relog&#233;s sur place, avec les m&#234;mes voisins que dans le bidonville, d&#233;truit dans les ann&#233;es 1990. &#171; &lt;i&gt; Notre boulot a d'abord &#233;t&#233; de changer les mentalit&#233;s. Que les copains du grand fr&#232;re, au lieu de lui dire, &#8220;Oh tu as vu, ta s&#339;ur elle se balade en short&#8221;, ils disent plut&#244;t, &#8220;Oh, elle fait du foot, c'est bien&#8221;. D&#232;s les premiers entra&#238;nements, je les ai vu se l&#226;cher, se d&#233;fouler, sortir tellement de choses qu'elles gardaient en elles&#8230; On voyait qu'elles avaient des capacit&#233;s physiques, techniques et surtout morales. Je parle de filles entre quinze et dix-sept ans. En 2004, on a essay&#233; de les m&#233;langer avec les gar&#231;ons, mais ils &#233;taient un peu machos : &#8220;Le foot c'est pas pour les gonzesses&#8221;. &lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia commente : &#171; &lt;i&gt; Jusqu'&#224; treize ans, le r&#232;glement permet la mixit&#233;. Apr&#232;s, les filles pr&#233;f&#232;rent souvent se tourner vers la danse ou des activit&#233;s plus chichiteuses&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout doucement, les mentalit&#233;s &#233;voluent, constate Beka. &#171; &lt;i&gt; &#199;a a &#233;t&#233; plus facile parce que mes trois filles jouent avec moi, &#231;a inspire confiance. &lt;/i&gt; &#187; Au d&#233;part, le club s'inscrit en Ufolep (foot loisir, initiation multisport) : pour voir si certaines ne voulaient pas se diriger vers le basket, le volley&#8230; &#171; &lt;i&gt;Mais elles ont toutes voulu faire du foot ! &lt;/i&gt; &#187; Une premi&#232;re. Les filles jouaient en surv&#234;tement m&#234;me &#224; 40&#176; &#224; l'ombre. Se mettre en short &#233;tait impensable, &#171; &lt;i&gt;elles avaient honte du grand fr&#232;re&lt;/i&gt; [sic] &#187;. Puis il y a eu l'affaire du voile. &#171; &lt;i&gt;J'en ai une, Asma, qui avait peur de jouer, peur que ce soit interdit. Et puis le pr&#233;sident de la FFF a d&#233;clar&#233; &#224; la t&#233;l&#233; qu'elle pouvait jouer. De toute fa&#231;on, faut pas exag&#233;rer, elle se couvre juste les cheveux avec un tissu. C'est le seul cas chez nous, mais c'est vrai que c'est de plus en plus courant. Il y en a qui sont voil&#233;es ici et qui se d&#233;couvrent quand elles vont au bled ! Moi, mes filles sont pratiquantes, elles mettent le foulard pour prier &#224; la maison, mais apr&#232;s elles se mettent la mini-jupe et elles sortent normales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; performance, il y a eu beaucoup de d&#233;faites et de nuls avant de savourer la premi&#232;re victoire. &#171; &lt;i&gt;En 2008, on a eu le prix du fair-play. On se prenait des branl&#233;es, mais on encaissait avec le sourire. Apr&#232;s, on a pay&#233; notre licence &#224; la FFF, avec toutes les obligations qui vont avec, visite m&#233;dicale, autorisation parentale&#8230; Et on a fait un vrai championnat, le U-18, &#224; sept. Les deux premi&#232;res saisons, &#231;a a &#233;t&#233; mi-figue mi-raisin. Puis, en 2011-2012 et 2012-2013, on a fini championnes de Provence.&lt;/i&gt; &#187; Deux ann&#233;es cons&#233;cutives, du jamais vu. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s &#231;a, les petites ont voulu se mettre &#224; onze. 2013-2014 a &#233;t&#233; une saison de transition. On a l'Everest &#224; franchir et on a atteint la Galline&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colline surplombant l'Estaque.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; !&lt;/i&gt; &#187; En h&#244;te irr&#233;prochable, Mathieu, le directeur du centre social, offre l'ap&#233;ro sur une table &#224; l'ext&#233;rieur. Beka poursuit : &#171; &lt;i&gt;Mes footeuses ont entre 18 et 21 ans, elles ont jou&#233; contre des femmes d'une trentaine d'ann&#233;es et elles ont tenu t&#234;te, je suis fier d'elles, franchement. Qu'il neige ou qu'il vente, elles sont toujours l&#224;, elles en veulent. Je regrette qu'une chose, c'est qu'on n'a pas encore de terrain appropri&#233;. On n'a m&#234;me pas de synth&#233;tique, on joue sur de la terre battue, je te dis pas les &#8220;pizzas&#8221; qu'elles se font, peuch&#232;re, sur les cuisses, les genoux&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#192; Riaux, ils ont une pelouse synth&#233;tique depuis peu, &#171; &lt;i&gt;mais il y a une fronti&#232;re entre eux et nous. Mais j'en veux &#224; personne au niveau du quartier, par contre, les institutions&#8230; Tu imagines, il y a des gens qui traversent Marseille pour venir s'entra&#238;ner ici. Du coup, on doit partager nos cr&#233;neaux avec eux.&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia, qui habite Riaux : &#171; &lt;i&gt; De toute fa&#231;on, on peut pas y aller, il y a le bar, les gar&#231;ons, on n'a pas le droit. Pour un match, &#231;a va, mais aller s'entra&#238;ner l&#224;-bas, non. Mon p&#232;re, mon fr&#232;re ne veulent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On est un club sans toit, heureusement que le centre social nous soutient&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Beka. &lt;i&gt;Aujourd'hui, on est reconnus. Si tu les vois dans leurs maillots, elles sont magnifiques, elles sont fi&#232;res ! Au d&#233;but, les parents avaient peur qu'elles deviennent des gar&#231;ons manqu&#233;s, que leurs jambes se d&#233;forment. Aujourd'hui, elles sont trop belles, les parents hallucinent ! Elles sont bien dans leur t&#234;te, en confiance.&lt;/i&gt; &#187; Sandra confirme : &#171; &lt;i&gt; On est bien plus que des co&#233;quipi&#232;res, on est des copines. Le LSC est un club familial, avec une bonne mentalit&#233;. &#199;a se ressent dans les matches, il y a beaucoup de solidarit&#233;, on s'amuse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui &#224; 19 ans &#233;tait le troisi&#232;me gardien de la s&#233;lection alg&#233;rienne explique sa philosophie : &#171; &lt;i&gt; LSC-Bassin de S&#233;on, pour Loisir Sport Culturel. &#8220;Loisir&#8221; parce que le foot est avant tout un jeu. Et &#8220;Culturel&#8221;, parce qu'il y a ce brassage, ce m&#233;lange de cultures qui fait la force de ce quartier. J'ai tenu &#224; mettre &#8220;bassin de S&#233;on&#8221;, parce que &#231;a prend des Riaux jusqu'&#224; Saint-Andr&#233;, c'est pas seulement l'Estaque.&lt;/i&gt; &#187; Soit dit en passant, Beka ne supporte pas les Parisiens qui rach&#232;tent tout et se croient chez eux, comme si, ici, c'&#233;tait la C&#244;te-d'Azur. &#171; &lt;i&gt;Avant, l'Estaque, c'&#233;tait que des jardins et la mer, dessous, c'est que de l'argile. D'o&#249; l'implantation des tuileries. C'est &#231;a qu'on appelle le bassin de S&#233;on. La mer venait jusque-l&#224;, il n'y avait pas de route en bas, pas le quai. Dans ma jeunesse, on prenait le bain l&#224;, en face des bars. La seule route, c'&#233;tait celle qui passe sous la gare. Quand on parle de l'Estaque, c'est pas de la nostalgie, mais moi j'ai envie de pleurer, je te jure. C'est cet esprit de quartier qu'on essaie de transmettre aux filles. &#8220;On l&#226;che rien&#8221;, c'est la devise. Des ann&#233;es de bagarre pour obtenir un centre social. La m&#234;me chose &#224; l'entra&#238;nement : on repousse nos limites physiques et mentales. G&#233;rer un conflit de quartier, la vie de groupe ou un match, c'est pareil.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me par -5&#176;, le maillot tremp&#233;, les filles se donnent &#224; fond. &#171; &lt;i&gt;On met tout en &#339;uvre pour qu'elles s'&#233;clatent, mais on parle ni d'argent, ni de gloire&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Beka. &lt;i&gt;Pour le fonctionnement, on a 10 000 euros de la politique de la Ville&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Subvention menac&#233;e par une restriction de 50 % des territoires concern&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, 5 000 de la R&#233;gion et une aide en mat&#233;riel de la mairie de secteur. Je raccole un ou deux commer&#231;ants pour le sponsoring des maillots. Ces filles, elles valorisent leur quartier. Elles ont une certaine notori&#233;t&#233;, elles n'ont plus honte de faire leur footing sur les trottoirs. Apr&#232;s l'entra&#238;nement, je les raccompagne &#224; la maison, m&#234;me celles qui viennent de Noailles &#8211; le bouche &#224; oreille et Facebook nous ram&#232;ne des filles d'en ville. Notre projet est &#224; long terme. &#201;chelon par &#233;chelon, sans griller les &#233;tapes &#8211; de toute fa&#231;on j'ai pas les moyens de l'OM&#8230; &#8211;, on va y arriver. Moi, mon but, c'est de voir une Estaqu&#233;enne interview&#233;e &#224; la t&#233;l&#233; et dire voil&#224;, je viens de l&#224;, j'ai commenc&#233; l&#224;. Qu'elles soient fi&#232;res de leur parcours, parce qu'en faisant du sport de quartier, on &#233;vite les rancunes, les bagarres, les mauvaises fr&#233;quentations. L&#224;, on apprend &#224; partager, &#224; voir le sport autrement. On joue, onze contre onze, il y a une complicit&#233;, un sentiment collectif. Par les temps qui courent, c'est important.&lt;/i&gt; &#187; M&#233;lissa approuve : &#171; &lt;i&gt;En v&#233;rit&#233;, j'ai d&#251; faire un gros travail sur moi-m&#234;me, parce qu'en fait, on dirait pas, mais j'ai mauvais caract&#232;re, je m'&#233;nerve vite. L&#224;, pour jouer en &#233;quipe, j'ai d&#251; apprendre &#224; dominer mes nerfs.&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia rench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si on perd, on rigole. On se crie dessus sur le coup, mais apr&#232;s, c'est fini. On est le seul club comme &#231;a, quand on voit les autres, elles se battent entre elles, &#231;a part en live, l'entra&#238;neur est oblig&#233; de faire sortir des joueuses pour les s&#233;parer&#8230; Nous non, jamais.&lt;/i&gt; &#187; Sandra met un b&#233;mol : &#171; &lt;i&gt; Bon, on va pas se mentir, une fois, petites, on s'est battues entre nous &#8211; au d&#233;part de l'embrouille, c'&#233;tait moi ! Mon p&#232;re nous a calm&#233;es en nous parlant d'esprit d'&#233;quipe. Il nous a dit qu'on &#233;tait comme des s&#339;urs, et depuis, &#231;a y est, on s'aime trop ! Un gros mot peut nous &#233;chapper sur le terrain, mais jamais devant Beka, c'est notre p&#232;re &#224; toutes &#8211; bon, il se trouve que c'est le mien pour de vrai, en plus !&lt;/i&gt; &#187; C'est confirm&#233; : ici, on rigole bien.
&#171; &lt;i&gt;Il y en a qui essaient de d&#233;baucher nos filles pour monter une &#233;quipe, mais elles disent non, on reste &#224; l'Estaque&lt;/i&gt;, se rengorge Beka. &lt;i&gt;Dans le championnat de Provence, comme &#233;quipes marseillaises, il n'y a que nous, Mazargues et l'OM. En onze, on est les seules &#224; repr&#233;senter les quartiers Nord. Mon but, c'est de ne refuser personne. Les mentalit&#233;s ne sont pas les m&#234;mes. On a appris &#224; prendre des gamelles et maintenant qu'on commence &#224; gagner, nous sommes attendues partout. On sait se comporter, le dimanche elles viennent en surv&#234;tement, elles sont &#233;l&#233;gantes, elles serrent la main aux adversaires. On les invite &#224; la troisi&#232;me mi-temps, on boit un jus de fruit ensemble et on s'en va. On a appris &#231;a, pas besoin d'insulter. Moi, j'ai vu des &#233;quipes, monsieur, leurs filles elles arrivent avec le joint &#224; la bouche. Les miennes, m&#234;me pas une cigarette.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandra aime parler tactique : &#171; &lt;i&gt;Cette ann&#233;e, comme nous &#233;tions nouvelles en onze, on a jou&#233; beaucoup en d&#233;fense, pour ne pas prendre trop de buts. Mais par go&#251;t, on pr&#233;f&#232;re l'attaque. De toute fa&#231;on, quand tu joues trop bas, tu finis par encaisser. Il faut dire aussi que cette saison, on avait juste l'effectif pile-poil, sans rempla&#231;antes.&lt;/i&gt; &#187; Elle nuance les propos de son p&#232;re : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; suspendue pendant huit matches. Du coup, elles ont jou&#233; toute la fin de saison &#224; 10, ou m&#234;me 9 ! &lt;/i&gt; &#187; Et elle ajoute, le regard franc et direct : &#171; &lt;i&gt;J'aurais aim&#233; que ce soit juste pour un mauvais tacle, mais c'est parce qu'on s'est battues avec les adversaires&#8230; En fait, j'ai d&#233;fendu ma copine, mais c'est moi qui ai pris. Ils me connaissaient, j'avais d&#233;j&#224; eu des rouges avant&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Beka contre-attaque en contextualisant : &#171; &lt;i&gt;Le foot, c'est l'un des sports les plus violents. Pendant la Coupe du monde de rugby, je les ai emmen&#233;es voir un match. Elles m'ont dit : &#8220;On n'avait jamais vu une tribune aussi pleine et pas un gros mot, avec tous ces supporters m&#233;lang&#233;s&#8221;. Une autre fois, je les ai emmen&#233;es visiter le Camp Nou, lors d'un tournoi &#224; Barcelone, o&#249; on a perdu contre des Allemandes en finale &#8211; elles faisaient 1m80 et on a perdu 1-0 ! C'&#233;tait la derni&#232;re saison &#224; sept, on a termin&#233; super bien. Apr&#232;s, elles se sont pos&#233; un challenge, &#8220;on veut jouer &#224; onze&#8221;. On s'est accord&#233; un an pour s'adapter. Il y a des automatismes &#224; trouver, la surface qui a doubl&#233;. Les r&#232;gles, les hors-jeu, c'est pas pareil. On a quand m&#234;me fini en milieu de tableau, 7 e sur 14, c'est pas mal. Moi, je suis fier, fier, fier ! M&#233;lissa, C&#233;lia, ma fille, c'est toutes des battantes. Contre Aix, Sandra a d&#251; sortir, et une autre s'est bless&#233;e, elle s'est fait une &#8220;pizza&#8221; sur la cuisse, mais les autres l'ont convaincue de rester sur le terrain, elle a tenu le coup et on a gagn&#233; 2-0. La fille bless&#233;e, les autres l'ont port&#233;e en triomphe ! &#8220;Je sens plus rien&#8221;, elle cr&#226;nait. J'en avais les larmes aux yeux, c'&#233;tait magnifique.&lt;/i&gt; &#187; Et pour la saison &#224; venir, le club recrute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Colline surplombant l'Estaque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Subvention menac&#233;e par une restriction de 50 % des territoires concern&#233;s par la politique de la Ville. Restriction pr&#233;vue par le gouvernement Valls sous pr&#233;texte de focaliser tous ses moyens sur les grands ensembles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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