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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Mauvaises &#233;nergies</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lias</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sept litres sept, sept litres huit, sept litres neuf, hop, huit litres. On secoue bien les derni&#232;res gouttes dans le r&#233;servoir. Presque vingt balles. Pour faire une heure de bagnole, &#231;a tend. Et, quand dans ledit engin se met &#224; ronronner la voix du Cornu pour annoncer qu'il n'y aura pas de blocage des prix d'un p&#233;trole dont le cours fait des bonds de cabri au rythme de l'ouverture et de la fermeture du d&#233;troit d'Ormuz, &#231;a craque. Coup de frein &#224; main, on s'arr&#234;te sur le bas-c&#244;t&#233;, on touche (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elias-18275" rel="tag"&gt;&#201;lias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH144/elias_3-8ebf4.jpg?1780142404' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='144' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/elias_3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH480/elias_3-3ffca.jpg?1780142405' width='500' height='480' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sept litres sept, sept litres huit, sept litres neuf, hop, huit litres. On secoue bien les derni&#232;res gouttes dans le r&#233;servoir. Presque vingt balles. Pour faire une heure de bagnole, &#231;a tend. Et, quand dans ledit engin se met &#224; ronronner la voix du Cornu pour annoncer qu'il n'y aura pas de blocage des prix d'un p&#233;trole dont le cours fait des bonds de cabri au rythme de l'ouverture et de la fermeture du d&#233;troit d'Ormuz, &#231;a craque. Coup de frein &#224; main, on s'arr&#234;te sur le bas-c&#244;t&#233;, on touche un peu d'herbe. Une grande inspiration, on rel&#226;che l'air par les narines : &#171; &lt;i&gt;Faire un dossier, faire un dossier, faire un dossier.&lt;/i&gt; &#187; Mais par o&#249; prendre la chose ? Au loin, les collines des Corbi&#232;res, que des champs de panneaux photovolta&#239;ques ont transform&#233;es en dos de pangolin g&#233;ant, nous donnent un d&#233;but de piste : le renouvelable. Alors, on remonte le sentier jusque dans le Parc naturel r&#233;gional du Haut-Languedoc, qui, gr&#226;ce &#224; son &#233;olien, produit autant d'&#233;nergie qu'il n'en consomme. Enfin, &#224; condition d'exclure toutes les importations du calcul. Un territoire souverain &#233;nerg&#233;tiquement gr&#226;ce &#224; des techniques qui &#233;mettent relativement peu de carbone dans l'atmosph&#232;re et qui pourraient nous &#233;viter de toutes et tous crever dans d'atroces souffrances sur une plan&#232;te incandescente, ne serait-il pas l&#224;, le monde de demain ? La question m&#233;ritait d'&#234;tre pos&#233;e, alors &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Energie-verte-et-Montagne-noire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;nous sommes all&#233;&#183;es causer avec les habitants et habitantes du Haut-Languedoc&lt;/a&gt;, histoire de voir comment que &#231;a vit dans cette poule aux &#339;ufs verts de l'Occitanie. Franchement pas jouasses, les autochtones se sont plaint&#183;es &#224; nous d'&#234;tre envahi&#183;es par des centrales &#233;lectriques qui affectent la biodiversit&#233; et les paysages du parc naturel. &#199;a nous a mis un petit coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;gayer le tableau, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Actualites-d-une-lutte-passee-en' class=&#034;spip_in&#034;&gt;des copain&#183;es de Bure, haut lieu des antinucl&#233;aires d'Europe, sont &#224; leur tour venu&#183;es nous secouer les puces&lt;/a&gt; : dites, depuis combien de temps vous n'avez pas parl&#233; du scandale de l'enfouissement des d&#233;chets radioactifs dans notre coin de Meuse, &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; ? Notre cher ancien coll&#232;gue &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Malvesi-monstre-toxique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;S&#233;bastien Navarro, lui, en a rajout&#233; une couche en nous racontant comment, sur les hauteurs de Narbonne, une raffinerie d'uranium &#224; centrales nucl&#233;aires a rendu radioactif un canal du coin&lt;/a&gt; et malades les travailleur&#183;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce bourbier et l'urgence de ralentir s&#233;rieusement le r&#233;chauffement climatique, on s'est dit : bon, y a plus qu'&#224; sortir du capitalisme. Sauf qu'on est tomb&#233;&#183;es sur un os. Cet os, il s'appelle Jean-Baptiste Fressoz. &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Une-energie-n-en-remplace-jamais' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Il nous a rappel&#233; que m&#234;me &#231;a, &#231;a ne serait pas forc&#233;ment suffisant&lt;/a&gt;, qu'il y a des pans entiers de notre civilisation d'acier, de b&#233;ton et de plastique qu'on ne sait toujours pas d&#233;carboner, en en profitant au passage pour foutre un taquet au mythe de la transition &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors on vous laisse lire tout &#231;a, et vous faire votre avis. Qui sait, peut-&#234;tre allez-vous vous rendre compte que vous aviez jug&#233; trop vite la douce lueur des chandelles que ch&#233;rissent tant les Amish de Pennsylvanie ou de l'Indiana ? On rigole, mais &#224; moiti&#233; seulement et pas beaucoup plus que cela, parce qu'il est certain qu'un d&#233;but de solution r&#233;side dans l'&#233;viction des besoins artificiels et la d&#233;finition collective de ce qui doit &#234;tre produit ou non. Et qu'on y mette toute notre &#233;nergie !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Actualit&#233;s d'une lutte pass&#233;e en cours contre un futur sans avenir</title>
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		<dc:date>2026-05-15T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Colloghan</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 23 mars, la justice autorisait l'emploi de la force pour expulser &#171; La Gare &#187;, pr&#232;s de Bure, lieu historique de la lutte antinucl&#233;aire, dans le cadre de l'avanc&#233;e du projet d'enfouissement des d&#233;chets radioactifs, dit &#171; Cig&#233;o &#187;. Sur place, les militant&#183;es s'organisent pour r&#233;sister. Tribune. Voil&#224; pr&#232;s de cinq ans que CQFD ne s'&#233;tait int&#233;ress&#233; &#224; notre humble territoire de Bure. Il s'y est pourtant d&#233;roul&#233; un certain nombre de choses depuis 2021 et le proc&#232;s des malfaiteur&#183;ices : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Colloghan" rel="tag"&gt;Colloghan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_4_-9-dc504.png?1779602696' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 23 mars, la justice autorisait l'emploi de la force pour expulser &#171; La Gare &#187;, pr&#232;s de Bure, lieu historique de la lutte antinucl&#233;aire, dans le cadre de l'avanc&#233;e du projet d'enfouissement des d&#233;chets radioactifs, dit &#171; Cig&#233;o &#187;. Sur place, les militant&#183;es s'organisent pour r&#233;sister. Tribune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6527 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/colloghan_cqfd_mai26.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH700/colloghan_cqfd_mai26-2391e.jpg?1779602697' width='500' height='700' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pr&#232;s de cinq ans que &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; ne s'&#233;tait int&#233;ress&#233; &#224; notre humble territoire de Bure. Il s'y est pourtant d&#233;roul&#233; un certain nombre de choses depuis 2021 et le proc&#232;s des malfaiteur&#183;ices&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; &#192; Bure, &#8220;qui sont les malfaiteurs ? &#8221; &#187; CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : l'inexorable avanc&#233;e du projet d'enfouissement des d&#233;chets nucl&#233;aires, la d&#233;claration d'utilit&#233; publique qui permet &#224; l'&#201;tat de s'approprier les derniers terrains pour construire ce centre, les 600 expropriations, les nombreux &#233;v&#233;nements militants, l'&#233;volution des lieux collectifs, les innombrables exp&#233;rimentations sociales, politiques et d'autonomie&#8230; Et alors m&#234;me qu'un lieu collectif occup&#233; depuis pr&#232;s de 20 ans, v&#233;ritable symbole de la lutte antinucl&#233;aire, est sur le point de se faire expulser, la plupart des m&#233;dias pr&#233;f&#232;rent se pr&#233;occuper de la r&#233;&#233;valuation du budget du projet d'enfouissement : un v&#233;ritable non-&#233;v&#233;nement qui nous co&#251;te rien que de le mentionner. On laissera donc aux journalistes de bas &#233;tage le soin de se demander ce qui constitue une &#171; actualit&#233; &#187; et ce qui fait qu'il se passe quelque chose ou non. Car le probl&#232;me avec l'actualit&#233;, c'est que &#231;a ne s'arr&#234;te jamais. &#199;a court &#224; toute allure, et au moment o&#249; vous lirez ces lignes la situation aura probablement consid&#233;rablement &#233;volu&#233;. Alors voici quelques &#233;l&#233;ments de contextualisation du pass&#233; lointain, des nouvelles de votre pass&#233; proche et des perspectives pour notre futur commun.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Retour vers le no futur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fin des ann&#233;es 1980. L'&#201;tat fran&#231;ais doit faire face aux cons&#233;quences du d&#233;veloppement de son industrie nucl&#233;aire : l'accumulation des d&#233;chets radioactifs. Leur rejet dans l'oc&#233;an n'est plus une technique &#224; la mode et il s'agit de trouver une solution durable, s&#251;re et acceptable, afin de continuer de profiter des merveilleux dons de la f&#233;e &#233;lectricit&#233;. Et de fabriquer des bombes. Plusieurs pistes sont envisag&#233;es : le tr&#232;s hypoth&#233;tique processus de transmutation, dont l'objectif serait notamment de r&#233;duire la &#171; dur&#233;e de vie &#187; des d&#233;chets, l'entreposage de longue dur&#233;e et l'enfouissement dans diff&#233;rentes formations g&#233;ologiques profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 2026. Les nucl&#233;ocrates ont, depuis une vingtaine d'ann&#233;es, concentr&#233; tous leurs efforts pr&#232;s du village de Bure dans le sud de la Meuse, et poussent pour la r&#233;alisation du projet Cig&#233;o : gigantesque poubelle nucl&#233;aire souterraine et derni&#232;re b&#233;quille d'une industrie mortif&#232;re en qu&#234;te de respectabilit&#233;. L'ancienne gare de Lum&#233;ville-en-Ornois, achet&#233;e en 2007 par des opposant&#183;es car situ&#233;e sur le trac&#233; de la future voie de chemin de fer qui devrait acheminer les d&#233;chets radioactifs jusqu'au monstre, est menac&#233;e. Expropri&#233;e de force par l'&#201;tat et occup&#233;e ill&#233;galement depuis octobre 2025, &#171; La Gare &#187; lan&#231;ait une ultime semaine de r&#233;sistance et de festivit&#233;s du 13 au 19 avril, avec une manifestation le dimanche pour la cl&#244;turer en beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car apr&#232;s des ann&#233;es de lutte, d'inestimables souvenirs et rencontres, des dizaines d'&#233;v&#233;nements organis&#233;s &#224; La Gare et des milliers de personnes accueillies, ce haut lieu de l'autonomie et du mouvement antinucl&#233;aire vit probablement ses derniers instants. Mais ses habitant&#183;es, soutenu&#183;es par des militant&#183;es des quatre coins de la France, d'Allemagne et d'ailleurs, ont d&#233;cid&#233; de prendre leur destin en main. Il n'est pas question d'attendre sagement la pr&#233;fecture et ses cohortes arm&#233;es, dans l'incertitude et la peur d'une intervention qui pourrait survenir &#224; n'importe quel moment. L'heure est &#224; l'initiative et cette semaine pour faire &#171; d&#233;railler l'expulsion &#187; est un v&#233;ritable pied de nez &#224; la face des nucl&#233;ocrates et de leurs milices, qui, pouss&#233;s dans leurs retranchements, n'auront d'autre choix que de r&#233;agir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gare &#224; la revanche !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, lorsque vous tiendrez le journal entre vos mains, La Gare aura peut-&#234;tre disparu, ras&#233;e par des bulldozers. &#192; moins qu'elle n'ait r&#233;sist&#233; &#224; ses assaillants et &#233;tendu ses barricades dans tout le sud-Meuse, inaugurant ainsi un vaste territoire autonome, devenu symbole mondial de la r&#233;sistance anti-industrielle. Qui sait ?&lt;poesie&gt;Quoi qu'il advienne de La Gare, l'opposition au nucl&#233;aire ne faiblira pas en Meuse&lt;/poesie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un cas comme dans l'autre, il sera toujours temps de se rendre pr&#232;s de Bure, pour rejoindre ou soutenir la lutte qui n'est encore qu'&#224; ses d&#233;buts. Le gouvernement, qui esp&#232;re signer le d&#233;cret d'autorisation de cr&#233;ation du projet Cig&#233;o avant les &#233;lections de 2027, vient de soudainement acc&#233;l&#233;rer son calendrier en avan&#231;ant au mois de mai l'enqu&#234;te publique qui devait initialement se tenir &#224; la fin de l'ann&#233;e 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il advienne de La Gare, l'opposition au nucl&#233;aire ne faiblira pas en Meuse et d'autres lieux collectifs, comme La Maison de R&#233;sistance &#224; Bure ou l'Augustine &#224; Mandres-en-Barrois, continueront d'incarner la volont&#233; de ses occupant&#183;es de faire advenir un monde meilleur et &#224; accueillir toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans leur amour de la libert&#233;. N'h&#233;sitez pas &#224; y faire un tour ou &#224; les soutenir par un don si vous le pouvez !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des chouettes de La Gare&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &#192; Bure, &#8220;qui sont les malfaiteurs ? &#8221; &#187; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;200 (juillet-ao&#251;t).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Une &#233;nergie n'en remplace jamais une autre, elles croissent en symbiose &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Une-energie-n-en-remplace-jamais</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Une-energie-n-en-remplace-jamais</guid>
		<dc:date>2026-05-08T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos, Niel Kadereit</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lias</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le livre Sans transition : une nouvelle histoire de l'&#233;nergie (Seuil, 2024), Jean-Baptiste Fressoz, historien des techniques, s'attaque au mythe de la transition &#233;nerg&#233;tique, d&#233;nu&#233; de fondement historique. Entretien. Il date de quand ce concept de transition &#233;nerg&#233;tique ? &#171; Au d&#233;part, les inventeurs du terme sont des ing&#233;nieurs qui ont particip&#233; au projet Manhattan, &#224; l'origine de la bombe atomique. Ils se sentent coupables et veulent montrer que le nucl&#233;aire n'est pas seulement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elias-18275" rel="tag"&gt;&#201;lias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L105xH150/elias_1-6647b.jpg?1779602702' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le livre &lt;i&gt;Sans transition : une nouvelle histoire de l'&#233;nergie&lt;/i&gt; (Seuil, 2024), Jean-Baptiste Fressoz, historien des techniques, s'attaque au mythe de la transition &#233;nerg&#233;tique, d&#233;nu&#233; de fondement historique. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6521 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/elias_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH718/elias_1-06f31.jpg?1779602703' width='500' height='718' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il date de quand ce concept de transition &#233;nerg&#233;tique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au d&#233;part, les inventeurs du terme sont des ing&#233;nieurs qui ont particip&#233; au projet Manhattan, &#224; l'origine de la bombe atomique. Ils se sentent coupables et veulent montrer que le nucl&#233;aire n'est pas seulement destructeur, qu'il peut aussi &#234;tre la cl&#233; de la survie de l'humanit&#233; &#224; long terme. Il y a un aspect tr&#232;s messianique &#224; &#231;a : gr&#226;ce au surg&#233;n&#233;rateur nucl&#233;aire, l'humanit&#233; obtiendrait une source d'&#233;nergie in&#233;puisable et pourrait se lib&#233;rer des &#233;nergies fossiles qui, elles, n'existent qu'en quantit&#233; limit&#233;e. Au d&#233;but, la transition &#233;nerg&#233;tique est donc un argument de promotion du nucl&#233;aire civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les chocs p&#233;troliers de 1973 et 1979, l'expression devient tr&#232;s courante parce que le prix du p&#233;trole grimpe en fl&#232;che et que la d&#233;pendance des &#201;tats-Unis au Moyen-Orient pose probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Au d&#233;but, la transition &#233;nerg&#233;tique est un argument de promotion du nucl&#233;aire civil &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment-l&#224;, le terme d&#233;signe toutes les solutions qui permettent d'augmenter la part du nucl&#233;aire ou du charbon face &#224; la part du p&#233;trole moyen-oriental pour accro&#238;tre la souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, avec l'&#233;mergence de la question &#233;cologique, le concept glisse de la crise &#233;nerg&#233;tique &#224; la crise climatique. Les m&#234;mes experts, des &#233;conomistes parfois employ&#233;s par les industries fossiles, qui travaillaient sur la question de la souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique, vont se recycler en sp&#233;cialistes de la transition &#233;nerg&#233;tique au nom du climat.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Apr&#232;s deux si&#232;cles de &#8220;transitions&#8221;, l'humanit&#233; n'a jamais br&#251;l&#233; autant de p&#233;trole et de gaz, autant de charbon et m&#234;me autant de bois ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ce que le terme rev&#234;t depuis les ann&#233;es 2000 dans l'espace public fran&#231;ais : pour continuer &#224; vivre sur une plan&#232;te habitable, il faut substituer l'&#233;lectricit&#233; &#8211; produite par du nucl&#233;aire ou du renouvelable &#8211; aux &#233;nergies fossiles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et ce genre de transition a d&#233;j&#224; exist&#233; dans l'histoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non, bien que l'historiographie des techniques tende tr&#232;s largement &#224; raconter un r&#233;cit &#8220;phasiste&#8221; du pass&#233;. La plupart des livres sur l'histoire de l'&#233;nergie sont construits comme ceci : les premiers chapitres traitent de la force musculaire, du bois et de l'hydraulique &#224; l'&#233;poque pr&#233;industrielle. Les pages centrales parlent d'une phase du charbon et de la vapeur au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, s'ensuivent des chapitres sur l'&#226;ge du p&#233;trole, du nucl&#233;aire et de l'&#233;lectricit&#233; et enfin des propos conclusifs sur la transition en cours ou &#224; venir. Mais c'est une fable absolue ! Dans l'histoire, jamais une &#233;nergie n'en a remplac&#233; une autre, au contraire elles se sont toujours additionn&#233;es. La r&#233;volution industrielle comme transition &#233;nerg&#233;tique, c'est du baratin. Apr&#232;s deux si&#232;cles de &#8220;transitions&#8221;, l'humanit&#233; n'a jamais br&#251;l&#233; autant de p&#233;trole et de gaz, autant de charbon et m&#234;me autant de bois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques chiffres pour en prendre la mesure : les &#201;tats-Unis br&#251;lent aujourd'hui deux fois plus de bois qu'en 1960 et l'Europe, trois fois plus qu'au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. L'Angleterre, au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, consomme plus de bois pour extraire du charbon qu'elle n'en br&#251;lait au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Sur le charbon : l'&#233;crasante majorit&#233; a &#233;t&#233; sortie de terre apr&#232;s 1900 (95 %) et la moiti&#233; depuis l'an 2000 ! Des puissances asiatiques moyennes comme l'Indon&#233;sie en extraient actuellement deux fois plus que les vieux centres occidentaux des ann&#233;es 1900. Et si l'on prend en compte le charbon incorpor&#233; dans les importations, la Grande-Bretagne en consomme presque autant qu'&#224; la veille des ann&#233;es 1980. De m&#234;me, par ses importations, la France en consomme probablement une quantit&#233; proche de son maximum d'extraction des ann&#233;es 1960. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'expliquez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La premi&#232;re raison, bien connue depuis les travaux de l'&#233;conomiste William Stanley Jevons, est l'effet rebond : lorsqu'une technique devient plus efficace, on l'emploie davantage. Le meilleur exemple de cela est le moteur &#233;lectrique : on en ajoute un milliard chaque ann&#233;e sur le march&#233;. L'effet rebond au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a &#233;t&#233; principalement caus&#233; par l'&#233;lectricit&#233;. Et il est li&#233; au capitalisme : au lieu d'utiliser les gains technologiques pour consommer moins, on invente de nouveaux usages, comme les brosses &#224; dents &#233;lectriques ou l'intelligence artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde raison sur laquelle mon livre se concentre, c'est que les sources d'&#233;nergie entrent en symbiose autant qu'en comp&#233;tition. Voil&#224; pourquoi, au cours des XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles les &#233;nergies primaires ont eu tendance &#224; s'additionner plut&#244;t qu'&#224; se substituer. Prenons quelques exemples : en Norv&#232;ge, c'est une &#233;lectricit&#233; produite &#224; partir de l'&#233;nergie hydraulique qui sert &#224; faire fonctionner les plateformes p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res en mer du Nord. On a donc des &#233;nergies renouvelables qui sont utilis&#233;es pour extraire des &#233;nergies fossiles. Au Texas c'est pareil : il y a &#233;norm&#233;ment d'&#233;oliennes et elles servent en partie &#224; l'extraction du p&#233;trole et du gaz. En fait, on ne comprend pas grand-chose &#224; l'histoire d'une ressource si l'on ne s'int&#233;resse pas &#224; celles qui permettent de l'extraire. De m&#234;me, l'ascension du p&#233;trole au XXe si&#232;cle est inexplicable sans le charbon qui sert &#224; fabriquer le ciment et l'acier indispensable &#224; l'industrie du p&#233;trole. Tout le discours sur la transition &#233;nerg&#233;tique repose sur la confusion entre les dynamiques technologiques et les dynamiques mat&#233;rielles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6519 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/elias_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH639/elias_4-a0cab.jpg?1779602705' width='500' height='639' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est-&#224;-dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; travers l'histoire, il y a bien des transitions technologiques, c'est-&#224;-dire qu'il y a des technologies qui deviennent obsol&#232;tes et qui sont remplac&#233;es par de nouvelles. Mais ce n'est pas le cas de la mati&#232;re. L'exemple amusant c'est le cas des lampes &#224; p&#233;trole. Dans les ann&#233;es 1900, en dehors des bourgeois des villes, la plupart des gens s'&#233;clairent avec des lampes &#224; p&#233;trole. Durant l'entre-deux-guerres, l'&#233;lectrification gagne petit &#224; petit les campagnes jusqu'&#224; ce qu'il n'y ait plus du tout de lampe &#224; p&#233;trole. Une ampoule &#233;lectrique c'est quand m&#234;me rudement plus pratique ! Donc l&#224;, nous avons une technique qui en remplace une autre. Sauf que la mati&#232;re, elle, n'a pas &#233;t&#233; remplac&#233;e : on utilise aujourd'hui plus de p&#233;trole pour s'&#233;clairer que dans les ann&#233;es 1900. Pourquoi ? Tout simplement &#224; cause des phares des voitures, qui sont aliment&#233;s gr&#226;ce &#224; une batterie charg&#233;e par un moteur qui tourne au p&#233;trole. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les exemples dans votre livre sont nombreux et montrent bien l'inconsistance historique du concept de transition &#233;nerg&#233;tique. Comment expliquez-vous qu'il se soit malgr&#233; tout impos&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a plusieurs niveaux de r&#233;ponses &#224; cette question. D'un point de vue acad&#233;mique, c'est parce que l'histoire de l'&#233;nergie s'est construite sur une confusion entre technique et innovation. Alors qu'elle pr&#233;tend d&#233;crire les techniques qui permettent de se nourrir, de se loger, de manger, de vivre &#224; un moment donn&#233;, elle n'observe que la derni&#232;re nouveaut&#233; un peu excitante. Typiquement, les historiens vont dire que le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle est celui de la machine &#224; vapeur. Est-ce que la machine &#224; vapeur est si importante en 1850 ? Pas vraiment, il y en a tr&#232;s peu dans le monde &#224; cette &#233;poque ! Par contre, ce qu'il y a beaucoup ce sont les chevaux, les b&#339;ufs et les muscles humains. L'autre probl&#232;me de l'histoire de l'&#233;nergie est qu'elle est &#233;crite en relatif. Les historiens ont racont&#233; l'&#233;volution de la part du charbon ou du p&#233;trole dans l'ensemble des &#233;nergies consomm&#233;es, pas de leur consommation en valeur absolue. Or c'est cette grandeur qui compte pour le climat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis l'autre niveau de r&#233;ponse est politique. Si le concept de transition &#233;nerg&#233;tique a trouv&#233; une telle caisse de r&#233;sonance, c'est qu'il permet de ne pas questionner ce que l'on produit ni ce que l'on consomme. Selon cette notion, le changement climatique appellerait &#224; un changement de technologie et non de civilisation. Il fournit une r&#233;ponse porteuse d'espoir &#224; la crise climatique et donne l'impression que l'on peut continuer comme avant avec un syst&#232;me &#233;conomique relativement similaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les deux mondes, acad&#233;mique et politique, interagissent. Par exemple, dans les ann&#233;es 2000, appara&#238;t dans le champ acad&#233;mique un domaine d'&#233;tude : les &lt;i&gt;transition studie&lt;/i&gt; (&#233;tudes de la transition). Du fait de leur tonalit&#233; optimiste, bien financ&#233;es par les instances europ&#233;ennes, elles ont acquis un poids sans commune mesure avec leur apport empirique. Dans son rapport datant de mars 2022, le groupe III du GIEC&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC) est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; s'appuie sur cette litt&#233;rature pour affirmer que &#8220;&lt;i&gt;les transitions &#233;nerg&#233;tiques pourraient avoir lieu bien plus rapidement que par le pass&#233;&lt;/i&gt;&#8221;. Il faut comprendre que l'id&#233;e de transition &#233;nerg&#233;tique a nourri toute une bulle d'expertise qui fait l'hypoth&#232;se que le progr&#232;s technologique et l'innovation nous permettront de r&#233;soudre la catastrophe climatique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et vous n'y croyez pas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Absolument pas. Tout d'abord il suffit de lire les rapports de l'Agence internationale de l'&#233;nergie. Leurs prospectives &#224; 2050 ne pr&#233;voient aucune transition, au mieux une diminution du charbon gr&#226;ce aux renouvelables. Mais c'est tout. Et puis il y a l'exp&#233;rience historique. &#192; travers l'histoire, il y a d&#233;j&#224; eu des r&#233;volutions technologiques majeures qui ont permis de diminuer fortement l'intensit&#233; carbone de l'&#233;conomie, c'est-&#224;-dire la quantit&#233; de carbone &#233;mise pour la production d'un m&#234;me bien. C'est le cas de l'&#233;lectricit&#233;. Dans les ann&#233;es 1920 par exemple, lorsque les industriels se d&#233;barrassent des machines &#224; vapeur et les remplacent par des moteurs &#233;lectriques, &#231;a divise par dix l'intensit&#233; carbone de la production industrielle dans les usines. Pourtant depuis 1920 les &#233;missions de CO&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; ont explos&#233;. Cela renvoie &#224; l'effet rebond mentionn&#233; plus haut. Entre 1980 et aujourd'hui, on &#233;met deux fois moins de carbone pour produire un dollar de Produit national brut (PNB) mais les &#233;missions ont presque doubl&#233; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6522 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/elias_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/elias_5-8ff52.jpg?1779602706' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du coup, vous portez un regard critique sur les &#233;nergies renouvelables ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ni critique ni enthousiaste. Elles permettent de r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre du secteur &#233;lectrique &#224; consommation constante, ni plus ni moins. Si vous avez une centrale &#224; gaz pour faire l'&#233;lectricit&#233; et que vous la remplacez par des &#233;oliennes ou des panneaux photovolta&#239;ques, vous divisez par dix l'intensit&#233; carbone de l'&#233;lectricit&#233;. C'est un progr&#232;s ind&#233;niable. Mais ce qu'il faut prendre en compte si l'on veut vraiment parler de transition &#233;nerg&#233;tique, c'est l'enti&#232;ret&#233; de la cha&#238;ne &#233;conomique. S'int&#233;resser uniquement &#224; la production d'&#233;lectricit&#233; n'a pas beaucoup de sens. Et l&#224;, les nouvelles sont moins bonnes. Une voiture &#233;lectrique divise l'intensit&#233; carbone par deux ou trois, c'est pas mal, mais tr&#232;s insuffisant par rapport aux objectifs de neutralit&#233; carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoutent les importations. La France par exemple est un pays qui s'est beaucoup d&#233;sindustrialis&#233;, donc la moiti&#233; de nos &#233;missions proviennent des biens que l'on importe. Et puis, il y a tout un tas de secteurs qui ne peuvent pas vraiment &#234;tre d&#233;carbon&#233;s : le transport maritime, l'agriculture, l'acier, le ciment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; On n'imagine pas ce que ralentir s&#233;rieusement le d&#233;r&#232;glement climatique implique de mettre en place &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Cela fait tout de suite relativiser l'enthousiasme autour des renouvelables. La question qui doit &#234;tre pos&#233;e c'est : produire de l'&#233;lectricit&#233; relativement propre, ok, mais pour quoi faire ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On peut donc avoir l'impression que la sortie du mod&#232;le de croissance capitaliste appara&#238;t comme la solution &#224; la catastrophe climatique. Pourtant vous &#233;crivez dans votre livre que : &#171; Sortir du carbone sera autrement plus difficile que sortir du capitalisme, une condition aussi n&#233;cessaire qu'insuffisante. &#187; Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je tiens d'abord &#224; insister sur l'aspect n&#233;cessaire de la chose. Il est &#233;videmment illusoire d'imaginer que les entreprises p&#233;troli&#232;res vont d'elles-m&#234;mes fermer les puits de p&#233;trole. Pour autant, je trouve qu'il y a une grande na&#239;vet&#233; &#224; penser que sortir du capitalisme suffira &#224; r&#233;soudre le probl&#232;me. Le carbone est structurel dans nos modes de vie : dans l'agriculture, dans la production de mat&#233;riaux dont d&#233;pendent les infrastructures et la logistique contemporaine. Dans une autre organisation socio-&#233;conomique, on aura besoin de carbone. Ce n'est pas comme si d'un seul coup, on allait pouvoir nourrir la population mondiale sans engrais azot&#233; ou qu'on n'aurait plus besoin d'acier ou de ciment parce que l'on serait dans un monde communiste. On pourrait mieux g&#233;rer notre demande pour l'orienter vers des besoins essentiels, des choses vitales, mais ce ne sera pas z&#233;ro carbone. Je pense qu'on n'imagine pas ce que ralentir s&#233;rieusement le d&#233;r&#232;glement climatique implique de mettre en place. Et je pense aussi que l'on n'a pas envie de l'imaginer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est pourtant pr&#233;cis&#233;ment ma question, qu'est-ce que cela impliquerait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce serait une civilisation diff&#233;rente, sans globalisation &#233;conomique &#8211; les navires sont tr&#232;s difficiles &#224; d&#233;carboner et l'acier qui les fait aussi &#8211; sans avion, probablement presque sans engrais azot&#233;s et donc avec nettement moins de nourriture, et surtout nettement moins de viande. Plus d'&#233;levage intensif, plus de nouvelles infrastructures en b&#233;ton, plus de voitures individuelles, etc. Comme c'est assez illusoire, l'enjeu politique r&#233;el c'est de d&#233;cider de ce que l'on produit en fonction de son utilit&#233;. Le ciment par exemple, lorsqu'on l'utilise pour fa&#231;onner des r&#233;seaux d'eau dans les pays qui en sont faiblement &#233;quip&#233;s, on voit l'utilit&#233;. Mais construire une &#233;ni&#232;me route dans le monde riche, beaucoup moins. Le changement climatique est inexorable, on peut en revanche essayer de le ralentir en se posant la question de qui a besoin de quoi. Et c'est exactement le genre de r&#233;flexions qui ne sont pas pos&#233;es quand on agite le concept de transition &#233;nerg&#233;tique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Ga&#235;lle Desnos et Niel Kadereit&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC) est divis&#233; en trois groupes de travail dont le troisi&#232;me &#233;tudie l'att&#233;nuation du changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;nergie verte et Montagne noire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Energie-verte-et-Montagne-noire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Energie-verte-et-Montagne-noire</guid>
		<dc:date>2026-05-08T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Niel Kadereit</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Parc naturel r&#233;gional du Haut-Languedoc est l'un des plus gros fournisseurs d'&#233;nergies renouvelables d'Occitanie. Et &#224; l'heure de la r&#233;&#233;valuation de sa charte, l'&#201;tat pousse pour poursuivre son industrialisation. Transition &#233;nerg&#233;tique oblige. Au-dessus du village d'Arfons, dans le Tarn, quelque chose manque au d&#233;cor depuis plusieurs semaines. Onze m&#226;ts d'&#233;oliennes ont laiss&#233; place &#224; des trous b&#233;ants dans le sol de la Montagne noire. Les machines, us&#233;es par une dizaine d'ann&#233;es de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Parc naturel r&#233;gional du Haut-Languedoc est l'un des plus gros fournisseurs d'&#233;nergies renouvelables d'Occitanie. Et &#224; l'heure de la r&#233;&#233;valuation de sa charte, l'&#201;tat pousse pour poursuivre son industrialisation. Transition &#233;nerg&#233;tique oblige.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au-dessus du village d'Arfons, dans le Tarn, quelque chose manque au d&#233;cor depuis plusieurs semaines. Onze m&#226;ts d'&#233;oliennes ont laiss&#233; place &#224; des trous b&#233;ants dans le sol de la Montagne noire. Les machines, us&#233;es par une dizaine d'ann&#233;es de service, sont en train d'&#234;tre remplac&#233;es par de nouvelles, plus performantes. Le proc&#233;d&#233; a un nom, anglais parce que sinon ce ne serait pas s&#233;rieux : le &lt;i&gt;repowering&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt; Le niveau d'acceptabilit&#233; est optimal puisqu'on parle d'un site d&#233;j&#224; existant. Avec un minimum d'impact suppl&#233;mentaire, on va pouvoir maximiser la production &lt;/i&gt; &#187;, assure Robin Albriet au journaliste de France Inter qui s'est fendu d'un reportage sur place. Si ce chef de projets de Valorem, la soci&#233;t&#233; qui exploite le site, semble marcher sur des &#339;ufs, c'est que, dans le coin, les &#233;oliennes sont un sujet sensible pour une bonne partie de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#199;a fait huit ans que je suis install&#233; ici. Et quand je vois toutes ces coupes de for&#234;t, que ce soit pour installer des &#233;oliennes, des panneaux photovolta&#239;ques ou exporter du bois, je me dis que ce parc naturel, il est quand m&#234;me de moins en moins naturel. Je ne vois pas trop le c&#244;t&#233; &#233;cologique du truc, sachant qu'on n'a pas sp&#233;cialement besoin de produire plus d'&#233;lectricit&#233; que ce que l'on a d&#233;j&#224;.&lt;/i&gt; &#187; S&#233;bastien Gaubiac fait partie de celles et ceux qui, au village, voient d'un mauvais &#339;il la multiplication des projets de centrales &#233;nerg&#233;tiques dans le Parc naturel r&#233;gional du Haut-Languedoc. &#201;lu au conseil municipal d'Arfons en mars dernier, il compte porter cette voix &#224; l'occasion du renouvellement de la charte du parc. En cours d'&#233;laboration, le document fixera notamment les r&#232;gles d'installation d'&#233;nergies renouvelables et de protection du territoire jusqu'en 2043. Et l'&#201;tat de pousser vers une plus forte artificialisation de ces paysages.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#199;a souffle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans un courrier adress&#233; au pr&#233;sident du Parc naturel r&#233;gional du Haut-Languedoc le 5 mars 2025, les pr&#233;fets de l'H&#233;rault et du Tarn jugeaient &#171; &lt;i&gt;inadmissible &lt;/i&gt; &#187; de ne pas augmenter la taille des m&#226;ts d'&#233;oliennes et &#171; &lt;i&gt; discutable &lt;/i&gt; &#187; de ne pas en augmenter le nombre. Le 25 mars 2026, le Conseil national de la protection de la nature, un organe rattach&#233; au minist&#232;re de la Transition &#233;cologique, observait en r&#233;ponse que les prescriptions des pr&#233;fets &#233;taient &#171; &lt;i&gt;en tous points semblables &#224; celles pr&#233;vues [&#8230;] hors des aires prot&#233;g&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Trois cent &#233;oliennes sont d&#233;j&#224; implant&#233;es ou en cours d'implantation sur ce petit territoire qui produit plus d'un tiers de l'&#233;lectricit&#233; &#233;olienne de toute la r&#233;gion Occitanie. Selon le Conseil national de la protection de la nature, cette dynamique pourrait les conduire &#224; terme &#224; s'interroger sur le maintien du classement du Haut-Languedoc en parc naturel, pourtant l'un des plus anciens de France.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Niel Kadereit&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Malv&#233;si, monstre toxique</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Malvesi-monstre-toxique</link>
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		<dc:date>2026-05-01T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malv&#233;si est un site de traitement de l'uranium qui s&#233;vit depuis sept d&#233;cennies, &#224; deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste S&#233;bastien Navarro, plume occasionnelle de CQFD, a consacr&#233; un ouvrage tout juste publi&#233;, Malv&#233;si. Entretien. 26 f&#233;vrier 1960 : de Gaulle pavoise &#224; Narbonne. Il est l&#224; pour vanter sa politique &#233;nerg&#233;tique en mati&#232;re nucl&#233;aire, notamment dans le Languedoc. Au c&#339;ur de son discours, le tout frais site de Malv&#233;si, &#224; trois kilom&#232;tres de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH126/malvesi-41a9e.png?1779610767' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malv&#233;si est un site de traitement de l'uranium qui s&#233;vit depuis sept d&#233;cennies, &#224; deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste S&#233;bastien Navarro, plume occasionnelle de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, a consacr&#233; un ouvrage tout juste publi&#233;, &lt;i&gt;Malv&#233;si&lt;/i&gt;. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/malvesi.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH419/malvesi-36631.png?1779610768' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;26 f&#233;vrier 1960 : de Gaulle pavoise &#224; Narbonne. Il est l&#224; pour vanter sa politique &#233;nerg&#233;tique en mati&#232;re nucl&#233;aire, notamment dans le Languedoc. Au c&#339;ur de son discours, le tout frais site de Malv&#233;si, &#224; trois kilom&#232;tres de la sous-pr&#233;fecture de l'Aude, site dont l'activit&#233; n'a depuis jamais cess&#233;. Des myriades de bassins y traitent &#224; grands coups de substances chimiques des quantit&#233;s invraisemblables d'uranium. C'est &#224; ce monstre toxique &#171; &lt;i&gt;aux sept d&#233;cennies de rejets d&#233;gueulasses&lt;/i&gt; &#187; que s'attaque &lt;i&gt;Malv&#233;si &lt;/i&gt;(&#201;ditions du bout de la ville, 2025), de S&#233;bastien Navarro. Il y donne notamment la parole &#224; des militants engag&#233;s dans une lutte isol&#233;e contre les nuisances de ce complexe par o&#249; transite &#171; &lt;i&gt;un quart de la production mondiale d'uranium&lt;/i&gt; &#187;, tout en interrogeant la d&#233;liquescence des luttes antinucl&#233;aires. Un sujet complexe qu'il aborde d'une plume tremp&#233;e dans l'acide, enrobant son enqu&#234;te d'une atmosph&#232;re de polar &#233;cologique. Dissection d'une course vers le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'histoire de Malv&#233;si est-elle si m&#233;connue alors que le site tourne depuis 1959 et brasse des quantit&#233;s d'uranium impressionnantes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand l'usine s'installe dans le coin &#224; la fin des ann&#233;es 1950, Narbonne est un bled c&#244;tier de 30 000 &#226;mes dont le dynamisme &#233;conomique est port&#233; par la viticulture.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Depuis des d&#233;cennies, Malv&#233;si purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le tourisme de masse n'existe pas encore. L'implantation de l'usine est soutenue par Georges Guille (1909-1985), conseiller g&#233;n&#233;ral SFIO et &#233;ph&#233;m&#232;re secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233; de l'&#233;nergie atomique. L'usine est construite sur le site d'une ancienne mine de soufre, comme si une industrie en rempla&#231;ait une autre. Tout se passe dans une certaine discr&#233;tion. Surtout, l'&#233;nergie nucl&#233;aire est vendue comme vectrice de progr&#232;s et cr&#233;atrice d'emplois. On conna&#238;t la rengaine qui perdure aujourd'hui. C'est ainsi que pendant des d&#233;cennies, Malv&#233;si purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe. La population locale sait vaguement ce qui s'y passe mais tant qu'il n'y a pas de p&#233;pin s&#233;rieux, le business uranif&#232;re ronronne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il pass&#233; le 20 mars 2004 ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;cisons d'abord que le processus de purification de l'uranium, un truc bien d&#233;gueulasse consommant des quantit&#233;s ph&#233;nom&#233;nales d'acides nitrique et fluorhydrique, g&#233;n&#232;re des d&#233;chets qui, &#224; l'instar de toute la fili&#232;re du nucl&#233;aire, sont impossibles &#224; traiter. Depuis 1959, tout est donc conserv&#233; sur place dans d'immenses bassins : 350 000 m&#232;tres cubes d'effluents liquides radioactifs. Inutile de pr&#233;ciser qu'au d&#233;part, les d&#233;chets &#233;taient stock&#233;s sans aucune s&#233;curit&#233; ni aucuns travaux d'&#233;tanch&#233;it&#233;, sachant que le coin est farci de canaux qui traversent ensuite Narbonne et que sous l'usine se trouve une nappe phr&#233;atique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, suite &#224; de fortes pluies, la digue d'un bassin de r&#233;tention c&#232;de et lib&#232;re dans la nature de fortes quantit&#233;s de boue. Des riverains ont l'id&#233;e d'en pr&#233;lever un &#233;chantillon et de les faire analyser par la Commission de recherche et d'information ind&#233;pendantes sur la radioactivit&#233; (Criirad). Stupeur, on y d&#233;couvre des trucs bien craignos du type am&#233;ricium et plutonium, qui n'auraient jamais d&#251; se trouver l&#224;, puisque l'usine &#233;tait cens&#233;e traiter uniquement de l'uranium naturel. De fait, Areva admet avoir trait&#233; en douce, pendant une vingtaine d'ann&#233;es, 17 500 tonnes d'uranium appauvri issu de combustibles retrait&#233;s. Un genre d'activit&#233; secondaire totalement opaque et autrement plus dangereuse. On touche l&#224; un des c&#339;urs de l'empire nucl&#233;aire : sa capacit&#233; industrielle &#224; produire du mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'accident de 2004, l'usine appara&#238;t pour la premi&#232;re fois aux yeux du public. Quelques m&#233;dias nationaux s'emparent du sujet. La revue &lt;i&gt;XXI&lt;/i&gt; publie une longue enqu&#234;te critique sous la plume de la journaliste Viviane Thivent. Mais tout cela finit par retomber et l'usine retrouve son rythme de croisi&#232;re. Il faut attendre 2017 et le projet Traitement des nitrates, sorte de m&#233;gafour cens&#233; traiter les d&#233;chets accumul&#233;s, pour que le peuple narbonnais descende et gueule dans la rue. Il faut dire que ce projet pr&#233;voit la construction d'une &#233;norme chemin&#233;e et l'envol des fum&#233;es de calcination directement sur Narbonne. D'o&#249; l'&#233;moi bien compr&#233;hensible de la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'un de tes personnages d&#233;crit les Narbonnais comme des &#171; cobayes &#187; de l'industrie nucl&#233;aire. Tu partages cette vision des choses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est marrant que tu cites ce qualificatif de &#8220; cobayes &#8221; car je l'ai utilis&#233; en mars 2018 pour un article de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur les mobilisations contre le projet TDN&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si &#187;, CQFD n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ! Dans le bouquin, je rencontre entre autres Michel Leclerc, ancien sous-traitant de l'usine, r&#233;compens&#233; de son dur labeur par une leuc&#233;mie. Michel est une force de la nature et il a bataill&#233; pendant des ann&#233;es contre Areva, pour que lui soient allou&#233;s des d&#233;dommagements honorables. Sachant que rien ne peut r&#233;parer une vie bousill&#233;e. Les victimes de l'usine, s'il y a quelques situations document&#233;es, sont un vrai angle mort. Aucune enqu&#234;te sanitaire s&#233;rieuse n'a &#233;t&#233; diligent&#233;e alors que Narbonne enregistre une incidence des cancers du poumon sup&#233;rieure &#224; toutes les villes d'Occitanie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as visit&#233; les installations de Malv&#233;si. Qu'en as-tu retir&#233; ? La propagande est efficace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui elle l'est. Aujourd'hui et plus que jamais, l'industrie nucl&#233;aire joue la carte de sa normalisation et de son importance strat&#233;gique dans le fameux mix &#233;nerg&#233;tique. Certains &#8220; &#233;colos &#8221; voient m&#234;me l'atome comme une solution d'avenir pour d&#233;carboner l'&#233;conomie. Un type comme Jean-Marc Jancovici participe &#224; cette sombre banalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite de Malv&#233;si n'&#233;tait pas pr&#233;vue au programme, l'id&#233;e &#233;tant plut&#244;t que je tourne autour en la maudissant. Puis l'occas' s'est pr&#233;sent&#233;e et je n'en dirai pas plus pour ne pas d&#233;voiler cet &#233;pisode croustillant si ce n'est qu'Orano&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entreprise d&#233;tenue par l'&#201;tat et charg&#233;e de la gestion de Malv&#233;si, qui a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, l'industriel qui exploite le site, sait la jouer fine : il se pr&#233;sente avant tout comme complexe chimique traitant de l'uranium naturel. Une vaste blague car des panneaux indiquant &#8220; site nucl&#233;aire &#8221; &#233;taient toujours pr&#233;sents au moment de mon enqu&#234;te en 2022. Et les volumes d'uranium trait&#233;s sont tels que, naturel ou non, n'importe quel compteur Geiger&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appareil qui sert &#224; mesurer la radioactivit&#233;.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; flambe quand on passe le long du site. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi si peu de mobilisations contre les retomb&#233;es toxiques d'une usine situ&#233;e &#224; trois bornes de Narbonne ? Est-ce li&#233; &#224; l'efficacit&#233; de la communication d'Orano ? &#192; une sorte de zone grise o&#249; l'on ne sait plus ce qui est chimique ou nucl&#233;aire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un peu tout &#231;a. Plus le fait qu'&#224; Narbonne comme ailleurs, la pieuvre atomique sait &#234;tre g&#233;n&#233;reuse avec les collectivit&#233;s territoriales abritant ses infrastructures. Sans oublier la sacro-sainte question des emplois. Dans une r&#233;gion &#233;conomiquement tendue comme l'Aude, on fait d'autant plus gaffe &#224; l'outil industriel qu'il est fort rare. Autre &#233;l&#233;ment &#224; prendre en compte : l'acculturation au risque industriel. Les citoyens ont peur ? Pas de souci, on va leur apprendre &#224; cohabiter avec cette industrie de la mort et &#224; adopter les bons gestes. Comme reconna&#238;tre les sir&#232;nes d'alerte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte antinucl&#233;aire a longtemps &#233;t&#233; l'une des composantes majeures des mobilisations &#233;cologiques. Elle semble devenue de plus en plus marginale, surtout chez les jeunes g&#233;n&#233;rations&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Effectivement, apr&#232;s les temps forts des ann&#233;es 1970 et 1980, la lutte antinucl&#233;aire est totalement pass&#233;e de mode. Les centrales sont l&#224;, les gens vivent avec et, aucune n'ayant p&#233;t&#233; depuis le lancement du plan Messmer en 1974, l'id&#233;e s'est r&#233;pandue que nous avions l&#224; une &#233;nergie pas pire que les autres. Tchernobyl et Fukushima ont eu beau provoquer de douloureux rappels &#224; l'ordre, &#231;a n'a pas suffi &#224; r&#233;veiller et armer les esprits. &#192; cette tragique indiff&#233;rence se rajoute le besoin d'&#233;lectricit&#233; pour nourrir la fringale des centres de donn&#233;es et des bagnoles &#233;lectriques. Pour sortir de cette nasse intellectuelle, il n'y a pas 36 chemins : il faut un d&#233;crochage radical avec le dogme &#233;nergivore de la soci&#233;t&#233; industrielle. Sinon, si ce n'est pas une centrale qui nous p&#233;tera &#224; la gueule, ce sera le mur &#233;cologique. Et l&#224;, aucune sir&#232;ne d'alerte ne nous sauvera. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 163 (mars 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entreprise d&#233;tenue par l'&#201;tat et charg&#233;e de la gestion de Malv&#233;si, qui a remplac&#233; Areva en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Appareil qui sert &#224; mesurer la radioactivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maternit&#233; : &#034;un renoncement heureux et possible&#034;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Maternite-un-renoncement-heureux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Maternite-un-renoncement-heureux</guid>
		<dc:date>2026-04-17T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ana&#239;s Shenk&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la BD Apr&#232;s, ce sera trop tard, Ana&#239;s Schenk&#233; nous raconte ses r&#233;flexions face &#224; une question devenue pressante &#224; l'approche de ses 35 ans : veut-elle &#234;tre m&#232;re, avant qu'il ne soit trop tard ? &#192; travers un r&#233;cit personnel et politique, elle rend palpables les multiples pressions qui p&#232;sent sur les femmes, et esquisse d'autres voies possibles. J'ai l'impression d'&#234;tre soudainement sur la derni&#232;re ligne droite. Et le sentiment qu'il n'y a aucune des deux options qui m'attire plus que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anais-Shenke" rel="tag"&gt;Ana&#239;s Shenk&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/anaisschenke-e2f2f.jpg?1779606018' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la BD Apr&#232;s, ce sera trop tard, Ana&#239;s Schenk&#233; nous raconte ses r&#233;flexions face &#224; une question devenue pressante &#224; l'approche de ses 35 ans : veut-elle &#234;tre m&#232;re, avant qu'il ne soit trop tard ? &#192; travers un r&#233;cit personnel et politique, elle rend palpables les multiples pressions qui p&#232;sent sur les femmes, et esquisse d'autres voies possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/anaisschenke.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH689/anaisschenke-d2d4f.jpg?1779606018' width='500' height='689' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ai l'impression d'&#234;tre soudainement sur la derni&#232;re ligne droite. Et le sentiment qu'il n'y a aucune des deux options qui m'attire plus que l'autre&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond le personnage d'Ana&#239;s quand son amie lui demande si elle veut des enfants &#224; bient&#244;t 35 ans. Congeler ses ovocytes ? Faire une PMA ? Ne pas &#234;tre parent vu l'&#233;tat du monde ? Vivre pour soi ? Autant de questionnements auxquels se confronte l'autrice marseillaise Ana&#239;s Schenk&#233; et qu'elle nous raconte dans sa BD &lt;i&gt;Apr&#232;s, ce sera trop tard. Et si je n'&#233;tais jamais m&#232;re ?&lt;/i&gt; (Les Insolentes, 2025). Et si, face &#224; l'immense pression de devoir savoir ce qu'on veut, il &#233;tait possible de ne pas c&#233;der aux sir&#232;nes de l'urgence en se d&#233;finissant autrement que par la pr&#233;sence ou l'absence d'enfant ? Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; est n&#233; ce projet de BD sur la question de la maternit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a a commenc&#233; avec quelques &lt;i&gt;strips&lt;/i&gt; sur Insta&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir son profil sur Instagram : @anaislesfleurs&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour partager mes questionnements sur la pr&#233;servation des ovocytes. J'allais avoir 35 ans, j'&#233;tais c&#233;libataire et c'&#233;tait un sujet qui devenait de plus en plus pr&#233;sent dans les &#233;changes que j'avais avec des copines dans la m&#234;me situation que moi. La d&#233;marche ayant un &#226;ge limite pour s'y inscrire, cela venait raviver la pression et le sentiment d'urgence que l'on peut avoir en tant que femme (bien qu'on puisse a priori toujours avoir des enfants autour de la quarantaine&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'Insee, l'&#226;ge moyen du premier enfant augmente contin&#251;ment depuis les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;). J'ai commenc&#233; &#224; creuser le sujet et j'ai rapidement eu beaucoup de retours de lectrices qui se posaient les m&#234;mes questions. C'&#233;tait apaisant de ne pas &#234;tre seule. Je me suis rendue compte que j'avais besoin qu'on me dise que ce n'&#233;tait pas grave de ne pas savoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par le biais de ton personnage, on passe &#224; travers les multiples injonctions qui p&#232;sent sur les femmes pour faire de la maternit&#233; une &#233;vidence. Comment &#231;a s'est manifest&#233; pour toi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon entourage n'est pas trop port&#233; sur la parentalit&#233; et je n'avais pas l'impression d'&#234;tre pressuris&#233;e par ces injonctions, mais je me suis rendue compte que c'&#233;tait l&#224; malgr&#233; tout, et depuis longtemps : en r&#233;alit&#233; je me suis toujours pens&#233;e comme m&#232;re. Depuis mon enfance, j'avais en t&#234;te les pr&#233;noms de mes futurs enfants et imaginais d&#233;j&#224; comment je les &#233;l&#232;verais. On nous inculque le fait de ne pas pouvoir se penser en dehors de la maternit&#233; et &#231;a devient rapidement une lourde responsabilit&#233; : quand t'es adolescente, avec l'apparition des premi&#232;res r&#232;gles, ton corps d'enfant devient un corps qui peut procr&#233;er ; par la suite, tu sais qu'une fois sur le march&#233; du travail, le projet de maternit&#233; va peser et te discr&#233;diter par rapport &#224; un homme &#8211; alors que lui aussi peut &#234;tre parent !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les parcours PMA sont loin d'&#234;tre &#8220;faciles&#8221;, ils ne sont pas anodins et encore tr&#232;s mal accompagn&#233;s sur le plan humain &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tu es constamment la cible d'injonctions contradictoires qui te font sentir que si tu n'es pas m&#232;re, tu es pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; de quelque chose, mais que si tu es m&#232;re, cela va peser sur ta vie professionnelle et amoureuse, tes cercles sociaux et ta vie quotidienne. Si t'as des enfants en &#233;tant jeune, c'est bizarre, si t'es plus &#226;g&#233;e, t'es trop vieille, si t'en as plein, t'es une cassos, et si t'en as qu'un, &#231;a va &#234;tre un enfant-roi&#8230; La dissonance est permanente. Quels que soient nos choix, il n'y a jamais de bonne mani&#232;re d'&#234;tre une femme. Quand ce n'est pas Macron qui t'&#233;crit personnellement pour te dire de faire un enfant pour la patrie, dans une grossi&#232;re instrumentalisation de nos corps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la BD, face &#224; toutes les options possibles, le personnage se penche sur les parcours &#171; alternatifs &#187;, en particulier sur la cong&#233;lation des ovocytes qui permet de remettre le choix &#224; plus tard. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sont des avanc&#233;es sociales importantes qui ne sont pas &#224; remettre en question. Mais pour la cong&#233;lation des ovocytes, je ne pouvais pas m'emp&#234;cher d'y voir une &#8220;solution de facilit&#233;&#8221;. Non pas pour les personnes concern&#233;es, mais pour les institutions qui la proposent : vous avez 35 ans, pas de taf, pas de situation stable, vous &#234;tes dans des apparts pourris, c'est compliqu&#233; de rencontrer des gens qui veulent s'engager ? Bah ! pr&#233;servez vos ovocytes et on verra &#224; vos 41 ans. Une mani&#232;re de remettre le choix &#224; plus tard tout en maintenant la pression sur les corps. En r&#233;alit&#233;, les parcours PMA sont loin d'&#234;tre &#8220;faciles&#8221;, ils ne sont pas anodins et encore tr&#232;s mal accompagn&#233;s sur le plan humain. Ils peuvent &#234;tre douloureux et violents pour le corps et le mental, avoir des r&#233;percussions importantes sur le quotidien, la vie sociale et amoureuse. Et il n'y a pas de garantie que &#231;a fonctionne ! Dans la BD, je me permets d'envisager que c'est une fausse solution dans un contexte o&#249; le syst&#232;me de sant&#233; se casse la gueule, o&#249; il n'y a pas de places en cr&#232;che et o&#249; les familles monoparentales sont les plus pr&#233;caires. La priorit&#233; serait plut&#244;t de cr&#233;er un contexte qui donne envie aux gens de faire famille, non ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment est-ce que ces diff&#233;rents sc&#233;narios sont venus questionner ton d&#233;sir initial de maternit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me suis rendue compte que je parlais surtout de &#8220;d&#233;sir&#8221; d'enfant et de parentalit&#233;, et que je ne pouvais pas faire abstraction du fait que nos d&#233;sirs &#233;taient calibr&#233;s par nos exp&#233;riences, nos environnements et nos entourages. On est coinc&#233;&#183;es entre une envie souvent fantasm&#233;e d'&#234;tre parents et la r&#233;alit&#233; du contexte politique, social et environnemental. Pour moi, un des enjeux a &#233;t&#233; de corr&#233;ler mon d&#233;sir &#224; la r&#233;alit&#233;, d'observer la contradiction entre ce que je souhaite et ce qui est possible, et d'accepter qu'aucun choix n'est parfait. J'avais besoin de pouvoir rebattre les cartes autour de ce regret, de cette condamnation &#224; la tristesse perp&#233;tuelle qu'on te pr&#233;dit si tu ne fais pas ce que le syst&#232;me consid&#232;re comme &#8220;les bons choix&#8221; dans ta vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/pages_de_pdf_apre_sceseratroptard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH230/pages_de_pdf_apre_sceseratroptard-7dca0.jpg?1779606019' width='500' height='230' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; cette pression, tu parles d'un manque de sc&#233;narios positifs, d&#233;sirables, de ce que peut &#234;tre la vie de femme sans &#234;tre m&#232;re. On manque de mod&#232;les qui se fondent sur autre chose que la pr&#233;sence ou l'absence d'enfants ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'ai commenc&#233; les premi&#232;res planches, je m'attendais &#224; avoir une r&#233;ponse &#233;vidente, et au fond de moi j'esp&#233;rais que soit oui, parce que &#231;a me faisait peur d'imaginer ne pas avoir d'enfants. Puis j'ai beaucoup parl&#233; avec des femmes qui n'ont pas voulu ou pas pu &#234;tre m&#232;re. Au fil de l'eau tout est devenu beaucoup moins effrayant et surtout, tout simplement palpable. Les contours d'une vie &#224; 50 ou 60 ans sans enfants commen&#231;aient &#224; pouvoir &#234;tre envisageables, voire d&#233;sirables ! En fait, &#233;changer avec ces femmes m'a permis de r&#233;aliser qu'un renoncement heureux &#233;tait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a m'a aussi fait r&#233;aliser les pr&#233;jug&#233;s que j'avais int&#233;rioris&#233;s depuis longtemps envers les femmes seules : ces projections n&#233;gatives dans lesquelles ces femmes le sont par d&#233;faut, qu'elles ont des animaux par compensation et qu'elles sont irr&#233;m&#233;diablement tristes, car comment ne pas l'&#234;tre quand on vit sans enfants, ou pire sans enfants et hors du couple ? Je crois et j'esp&#232;re que ces jugements auront &#233;volu&#233; d'ici les prochaines ann&#233;es. Beaucoup de femmes (et pas que d'ailleurs) de ma g&#233;n&#233;ration (et des suivantes) n'auront pas d'enfants ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avoir des enfants peut aussi &#234;tre, sans que ce soit forc&#233;ment assum&#233;, une mani&#232;re de r&#233;pondre &#224; l'appr&#233;hension de la solitude, du vieillissement et de la mort. Est-ce que tu as ressenti cette forme de chantage sur nos angoisses existentielles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas parce que t'as des enfants qu'ils vont s'occuper de toi et que tu ne finiras pas tout seul &#224; l'Ehpad ! Faire des enfants pour ne pas vieillir seul&#183;e est un mauvais calcul : mieux vaut commencer &#224; se renseigner sur les activit&#233;s sociales entre seniors. Il y a quelque mois, une amie d'une soixantaine d'ann&#233;es a lu la BD et m'a laiss&#233; une petite note vraiment touchante o&#249; elle dit : &#8220;&lt;i&gt;j'ai 63 ans, je n'ai pas d'enfants, mais j'ai un peu des petits bouts d'enfants partout, &#231;a ne m'a jamais emp&#234;ch&#233;e de me sentir bien et &#233;panouie, et j'adore ma vie !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si tu n'as pas d'enfant, tu peux d&#233;ployer plein de choses diff&#233;rentes pour cr&#233;er un sentiment de communaut&#233; ou de famille choisie, que ce soit en t'occupant d'enfants qui ne sont pas les tiens, en b&#233;n&#233;volant dans des assos ou en ayant des activit&#233;s collectives. Il y a plein de mani&#232;res de ne pas &#234;tre seul&#183;e, m&#234;me si c'est &#233;vident qu'on n'est pas &#224; &#233;galit&#233; en fonction de nos parcours de vie. Reste qu'il y a des espaces &#224; investir ou &#224; cr&#233;er pour ne pas &#234;tre seul&#183;e. Et je pense qu'on est une g&#233;n&#233;ration qui va beaucoup miser l&#224;-dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;voir son profil sur Instagram : @anaislesfleurs&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon l'Insee, l'&#226;ge moyen du premier enfant augmente contin&#251;ment depuis les ann&#233;es 1970 en France, pour &#234;tre &#224; 31 ans en 2023, et 10 % des m&#232;res ont 36 ans ou plus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ovaire ta m&#232;re</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ovaire-ta-mere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Ovaire-ta-mere</guid>
		<dc:date>2026-04-10T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;25 ans apr&#232;s l'adoption de la loi autorisant l'acc&#232;s &#224; la contraception d&#233;finitive, celle-ci continue d'&#234;tre un vrai parcours de la combattante (pour ne pas d&#233;plaire au r&#233;armement d&#233;mographique). L'histoire de la st&#233;rilisation volontaire est intimement li&#233;e au contr&#244;le des corps des femmes, comme des minorit&#233;s. &#171; Vous &#234;tes juste d&#233;go&#251;t&#233;es des hommes &#187;, &#171; Et si vos enfants mouraient&#8230; &#187;, &#171; On n'enl&#232;ve pas un organe sain &#187; : floril&#232;ge de phrases qu'ont pu entendre des femmes et des minorit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH113/ste_rilisation_manonraupp-1fbce.jpg?1779607461' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;25 ans apr&#232;s l'adoption de la loi autorisant l'acc&#232;s &#224; la contraception d&#233;finitive, celle-ci continue d'&#234;tre un vrai parcours de la combattante (pour ne pas d&#233;plaire au r&#233;armement d&#233;mographique). L'histoire de la st&#233;rilisation volontaire est intimement li&#233;e au contr&#244;le des corps des femmes, comme des minorit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6474 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/ste_rilisation_manonraupp.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/ste_rilisation_manonraupp-065b4.jpg?1779607461' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes juste d&#233;go&#251;t&#233;es des hommes &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Et si vos enfants mouraient&#8230; &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;On n'enl&#232;ve pas un organe sain &lt;/i&gt; &#187; : floril&#232;ge de phrases qu'ont pu entendre des femmes et des minorit&#233;s au moment de demander une st&#233;rilisation &#224; leurs m&#233;decins&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;moignages anonymes trouv&#233;s sur un groupe Facebook.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le genre de truc qui donne envie de tout p&#233;ter quand t'as aucune envie d'enfanter. En France, selon l'Inserm, la st&#233;rilisation des personnes assign&#233;es femmes &#224; la naissance concernait 20 325 individus en 2022. Moiti&#233; moins qu'en 2013 o&#249; elle en concernait 45 138. Un recul qui s'explique notamment par la suppression du dispositif Essure en 2017, un implant destin&#233; &#224; boucher les trompes de Fallope retir&#233;s de la vente suite &#224; des complications graves. Aujourd'hui, m&#234;me si les contraceptions d&#233;finitives sont efficaces &#224; 99,2 %, elles restent marginales en France : moins de 5 % des femmes&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout au long de l'article, le terme &#171; femme &#187; int&#232;gre toutes les personnes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; y ont recours. Et ce ne sont pas les m&#233;decins qui en favorisent l'acc&#232;s. Au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celles qui d&#233;cident de franchir le pas, la ligature des trompes, consistant &#224; emp&#234;cher la rencontre entre l'ovule et les spermatozo&#239;des, est moins courante que la salpingectomie, qui revient &#224; retirer purement et simplement les trompes de Fallope. Cette derni&#232;re, plus efficace avec un taux d'&#233;chec inf&#233;rieur &#224; 0,5 % r&#233;duit aussi drastiquement les risques de cancer de l'ovaire. Mais les m&#233;decins sont encore une majorit&#233; &#224; refuser de pratiquer cette op&#233;ration, plus lourde et irr&#233;versible. Un bel exemple d'un arbitraire patriarcal. Car qu'elles aient des enfants ou non, qu'elles soient jeunes ou pas, les femmes gal&#232;rent &#224; trouver une oreille attentive et compr&#233;hensive. &#171; &lt;i&gt;Mon envie de st&#233;rilisation ne bouge pas depuis 10 ans. Mais le premier m&#233;decin &#224; qui j'en ai parl&#233; m'a dit qu'&#224; Toulouse, un m&#233;decin qui faisait &#231;a sur les femmes de moins de 30 ans sans enfant, &#231;a n'existait pas&lt;/i&gt; &#187;, explique Marion. &#192; l'&#233;poque o&#249; elle entame la d&#233;marche, elle a moins de 25 ans. Aujourd'hui, &#224; 29 ans, elle n'a toujours pas trouv&#233; de gyn&#233;cologue consentant pour l'op&#233;rer. Car si l'intervention est l&#233;gale d&#232;s 18 ans, de nombreux&#183;euses praticien&#183;nes imposent toujours leurs propres barri&#232;res morales.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clause de conscience&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avant 1999, la st&#233;rilisation n'est autoris&#233;e que dans un cadre strictement th&#233;rapeutique, c'est-&#224;-dire pour gu&#233;rir ou r&#233;parer une pathologie. Comprenez : l'&#201;tat ne vous laissait disposer de votre ut&#233;rus que si celui-ci mena&#231;ait de vous tuer. Apr&#232;s 1999, le Code civil permet l'atteinte &#171; &lt;i&gt;&#224; l'int&#233;grit&#233; du corps en cas de n&#233;cessit&#233; m&#233;dicale&lt;/i&gt; &#187; et non plus seulement en cas de n&#233;cessit&#233; th&#233;rapeutique : un terme un peu plus large qui permet d'englober la pr&#233;vention de risques ainsi que le bien-&#234;tre physique et mental de la patiente. Pourtant, le cas de Christiane, 59 ans, montre &#224; quel point la situation devait &#234;tre grave pour la pratiquer. &#171; &lt;i&gt;On me l'a refus&#233; net quand je l'ai demand&#233; lors de ma deuxi&#232;me c&#233;sarienne. Pourtant, j'avais d&#233;j&#224; quatre enfants et des probl&#232;mes de sant&#233; tr&#232;s graves (diab&#232;te gestationnel et h&#233;morragie des glandes surr&#233;nales). On me disait que c'&#233;tait d&#233;conseill&#233; d'avoir un autre enfant, que je risquais de mourir si je poussais lors d'un accouchement... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Comme pour l'avortement, les gyn&#233;cologues ont le droit de faire valoir une clause de conscience et de refuser l'acte de st&#233;rilisation volontaire&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en 2001 que la loi change enfin v&#233;ritablement et autorise la st&#233;rilisation pour toute personne majeure capable, sous deux conditions : une premi&#232;re consultation d'information et un d&#233;lai de r&#233;flexion de quatre mois. &#171; &lt;i&gt;En 2001, j'en ai parl&#233; avec un gyn&#233;cologue qui a accept&#233;, apr&#232;s m'avoir quand m&#234;me demand&#233; si j'&#233;tais bien s&#251;re de moi. Au cas o&#249; je divor&#231;ais, je pouvais avoir envie de refaire des enfants... J'ai d&#251; faire signer un formulaire &#224; mon mari pour qu'il autorise l'acte !&lt;/i&gt; &#187; poursuit Christiane. Justement, depuis cette ann&#233;e-l&#224;, &#244; gr&#226;ce, plus besoin d'avoir une autorisation du partenaire, et les crit&#232;res de parentalit&#233; ou d'&#226;ge n'emp&#234;chent plus l'acc&#232;s &#224; la st&#233;rilisation. En th&#233;orie. &#171; &lt;i&gt;Pour la contraception d&#233;finitive, les m&#233;decins me disaient :&lt;/i&gt; &#8220;oui, quand vous aurez 40 ans&#8221; &#187;, assure Ninon, 23 ans, engag&#233;e dans cette d&#233;marche depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette profession, majoritairement blanche, bourgeoise et masculine, continue d'imposer sa morale nataliste sur les corps des femmes. Comme pour l'avortement, iels ont le droit de faire valoir une clause de conscience : les gyn&#233;cologues peuvent donc purement et simplement refuser de pratiquer ce type d'intervention. Dans ce cas, ils sont tenus d'orienter les patient&#183;es vers un&#183;e confr&#232;re&#183;s&#339;ur. Mais dans les faits, c'est le grand vide, confirment Marion et Ninon. Pire, ils pratiquent la r&#233;tention d'information ou font de l'intox. Un comportement que d&#233;nonce Ninon : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est m&#234;me pas de la d&#233;sinformation, il n'y a juste aucune information. &lt;/i&gt; &#187; Finalement, la jeune femme a trouv&#233; un gyn&#233;cologue qui devrait l'op&#233;rer d'ici quelques mois. Mais l&#224; encore : &#171; &lt;i&gt;Il m'a parl&#233; de sa femme qui n'en voulait pas et qui avait finalement chang&#233; d'avis, mais je m'en fous de sa vie ! &lt;/i&gt; &#187; Ce qui l'a le plus choqu&#233;e pendant son parcours ? &#171; &lt;i&gt;Le m&#233;decin qui demande si t'es stable psychologiquement, si t'as subi des violences&#8230; Je trouve &#231;a vraiment honteux. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Organiser la r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face aux refus massifs des chirurgiens gyn&#233;cologues, certain&#183;es g&#233;n&#233;ralistes ont leurs combines. &#171; &lt;i&gt;Une m&#233;decin a essay&#233; de me proposer une strat&#233;gie : comme je suis atteinte d'un syndrome des ovaires polykystiques qui peut justifier une ablation des ovaires, elle m'a conseill&#233; d'utiliser cet argument, sans mentionner le fait que je ne veux pas d'enfants. Mais cette d&#233;marche oblige &#224; congeler ses ovocytes afin de pouvoir procr&#233;er plus tard. Tout &#231;a a fini par me d&#233;courager &lt;/i&gt; &#187;, souffle Marion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;sistance des femmes s'est toujours faite en dehors des circuits institutionnels, aujourd'hui, c'est en ligne, et notamment sur Facebook qu'elle se passe. Dans des groupes priv&#233;s, elles se partagent des informations importantes sur l'op&#233;ration, racontent leurs exp&#233;riences, et surtout, s'&#233;changent les noms des chirurgien&#183;nes qui pratiquent la st&#233;rilisation f&#233;minine volontaire. Ninon confirme : &#171; &lt;i&gt;J'ai appris beaucoup de choses gr&#226;ce &#224; internet. Je ne savais pas vers o&#249; m'orienter, j'ai cherch&#233; des forums et j'ai trouv&#233; tous les d&#233;tails &#224; propos de l'op&#233;ration dont aucun m&#233;decin ne m'avait parl&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le collectif permet de pallier le cruel manque de personnel&#183;les de sant&#233; r&#233;ceptif&#183;ves. Le Planning familial peut aussi &#234;tre un interlocuteur ressource : &#171; &lt;i&gt;Nos docteur&#183;es ne font pas l'intervention, car elle est hospitali&#232;re. Beaucoup de m&#233;decins ont des r&#233;sistances, mais nous orientons les demandes vers des soignant&#183;es facilitant&#183;es &lt;/i&gt; &#187;, confie la permanence du Planning 13. En attendant que le corps m&#233;dical se d&#233;cide enfin &#224; respecter le droit des femmes &#224; disposer de leur corps, le combat passe par l'autogestion du savoir. Car non, nos ut&#233;rus ne sont toujours pas des biens publics, destin&#233;s &#224; repeupler une nation imp&#233;rialiste pour des guerres qu'on vomit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;T&#233;moignages anonymes trouv&#233;s sur un groupe Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tout au long de l'article, le terme &#171; femme &#187; int&#232;gre toutes les personnes assign&#233;es femmes &#224; la naissance et les personnes intersexes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J'suis pas ta m&#232;re</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/J-suis-pas-ta-mere</link>
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		<dc:date>2026-04-10T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder, Livia Stahl</dc:creator>


		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour raisons politiques ou par manque d'envie personnelle, Sol&#232;ne, Rita et Zahra sont nullipares. C'est sans anxi&#233;t&#233; qu'elles entendent le tic tac de l'horloge biologique. Sol&#232;ne, 38 ans : &#171; J'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas &#187; &#171; Pour moi, ne pas avoir d'enfant n'est pas vraiment un choix politique, je n'ai simplement jamais eu le d&#233;sir ni d'avoir un enfant ni d'&#234;tre m&#232;re. Je ne sais pas si c'est un choix d&#233;finitif et il m'arrive encore de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH113/manonraupp-fdec7.jpg?1779606020' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour raisons politiques ou par manque d'envie personnelle, Sol&#232;ne, Rita et Zahra sont nullipares. C'est sans anxi&#233;t&#233; qu'elles entendent le tic tac de l'horloge biologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/manonraupp.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/manonraupp-3b816.jpg?1779606020' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sol&#232;ne, 38 ans : &#171; J'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour moi, ne pas avoir d'enfant n'est pas vraiment un choix politique, je n'ai simplement jamais eu le d&#233;sir ni d'avoir un enfant ni d'&#234;tre m&#232;re. Je ne sais pas si c'est un choix d&#233;finitif et il m'arrive encore de douter. Depuis mon adolescence on m'a si souvent pr&#233;dit l'arriv&#233;e imminente du &lt;i&gt;tic-tac&lt;/i&gt; de &#8220;l'horloge biologique&#8221; que j'ai longtemps pens&#233; que &#231;a surgirait un jour. Aujourd'hui, &#224; 38 ans, j'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas et je suis plut&#244;t en paix avec cette id&#233;e &#8211; &#231;a m'a quand m&#234;me pris du temps et quelques s&#233;ances de psy. J'ai appris il y a quelques mois que j'avais d&#233;pass&#233; l'&#226;ge pour pouvoir congeler mes ovocytes. &#199;a m'a fait un petit pincement quelque part, m&#234;me si je ressens d&#233;sormais moins de pression sociale que lorsque j'avais 25 ans et que ma m&#232;re me disait : &#8220;&lt;i&gt;Moi &#224; ton &#226;ge j'avais d&#233;j&#224; deux enfants !&lt;/i&gt;&#8221; Une coll&#232;gue de travail un jour m'a dit aussi : &#8220;&lt;i&gt;Ah ! Mais c'est que tu n'as pas encore rencontr&#233; le bon !&lt;/i&gt;&#8221; Une injonction terrible, non seulement &#224; te reproduire, mais aussi &#224; trouver le bon ou la bonne partenaire, avec l'angoisse de ne jamais le ou la trouver &#8220;&#224; temps&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que j'ai refus&#233; la maternit&#233;, comme on l'entend parfois, revient &#224; penser que le fait &#234;tre m&#232;re est une &#233;tape obligatoire dans la vie d'une femme, et donc que sans enfant, on n'en devient jamais vraiment une. Cette r&#233;flexion a m&#251;ri au fil de mes rencontres avec des femmes nullipares ayant des vies extraordinaires, ou juste normales, mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; beaucoup pour m'aider &#224; m'extirper de cette projection absurde qui voudrait qu'une femme qui n'a pas d'enfant a forc&#233;ment un probl&#232;me. J'ai aussi rencontr&#233; des femmes pouvant confier assez facilement qu'elles regrettaient d'avoir fait le choix d'&#234;tre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne m'emp&#234;che pas de penser que c'est important d'&#234;tre en contact avec des enfants, que c'est m&#234;me essentiel que les g&#233;n&#233;rations se m&#233;langent. C'est pour &#231;a que j'aime passer du temps avec les enfants de mes ami&#183;es. Un papa m'a dit l'autre jour &#8220;&lt;i&gt;tu peux pas comprendre, t'as pas d'enfant&lt;/i&gt;&#8221;, j'ai trouv&#233; &#231;a injuste et cruel. J'ai m&#234;me envisag&#233; d'accueillir des enfants plac&#233;s &#224; l'Aide sociale &#224; l'enfance, des enfants que j'imaginais &#8220;de passage&#8221;, desquels il faut s'occuper le temps que leur situation familiale s'arrange. J'ai vite compris qu'il s'agissait en fait d'avoir un v&#233;ritable r&#244;le de parent car c'est rare qu'ils retournent dans leur famille d'origine. On pourrait imaginer d'autres fa&#231;ons un peu plus collectives d'&#233;lever les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que faire des enfants dans notre soci&#233;t&#233; ne nous prot&#232;ge pas de la solitude. Beaucoup vieillissent seul&#183;es dans des Ehpad loin de leurs enfants et petits-enfants. En revanche, les amiti&#233;s nous aident. Je connais beaucoup de personnes assez &#226;g&#233;es qui ont des vies bien remplies et sont tr&#232;s entour&#233;es, pas seulement par leurs enfants, mais par leurs ami&#183;es et camarades de lutte. Je m'imagine tr&#232;s bien vieille, avec mes copines, en manif' le dimanche apr&#232;s-midi ou partant en week-end &#224; l'improviste. La solitude ne me fait pas peur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rita, la soixantaine : &#171; Mon parcours a fait qu'il n'y avait pas trop de place pour des enfants &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand tu vois la lettre que Macron veut envoyer aux jeunes de 29 ans pour les inciter &#224; faire des enfants, tu te dis mais vraiment, l'&#201;tat se m&#234;le de tout, m&#234;me du corps des femmes ! Et puis c'est toujours la m&#234;me natalit&#233; qui est encourag&#233;e : pas celle de femmes immigr&#233;es ou sans-papiers, mais la natalit&#233; blanche. Moi je travaille dans le 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Marseille comme AESH, et je peux te dire que des enfants, il y en a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et des enfants sans parents aussi. Je trouve que c'est une bonne alternative de ne pas avoir d'enfant soi-m&#234;me mais d'adopter. Mais en France, quand on n'a pas un super salaire, qu'on n'est pas un-papa-une-maman, c'est tr&#232;s compliqu&#233;. Et puis au-del&#224;, dans la vie, il n'y a pas que ses enfants : il y a aussi les enfants des autres. Par exemple, je suis tr&#232;s attach&#233;e au fils d'une amie, c'est un peu mon filleul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus jeune, j'ai avort&#233; deux fois parce que je ne voulais pas de grossesse &#224; ces moments-l&#224;. Mais &#224; vrai dire, je n'ai pas vraiment eu de &lt;i&gt;d&#233;sir d'enfant&lt;/i&gt;. Quand j'&#233;tais ado, &#224; 16 ou 17 ans, alors que je me faisais chier chez mes parents et que je r&#234;vais &#224; ma vie d'adulte id&#233;ale, je me souviens clairement m'&#234;tre dit : &#8220;&lt;i&gt;Peut-&#234;tre que j'aurai des enfants, mais si &#231;a arrive, je veux les avoir seule.&lt;/i&gt;&#8221; Tu vois tes parents, tu vois les gens autour, c'est effrayant ! Je pressentais d&#233;j&#224; que se marier, fonder une famille, c'&#233;tait l'ali&#233;nation. Ma m&#232;re &#233;tait infirmi&#232;re &#224; domicile, mon p&#232;re employ&#233; et communiste, puis il est classiquement devenu un peu raciste et Front national. Ils ne m'ont jamais mis la pression pour que j'ai des enfants. J'ai eu des relations avec des hommes, plut&#244;t longues, mais je ne me voyais pas m'attacher &#224; eux en faisant des enfants ; je sentais que c'&#233;tait pas ce qu'il fallait que je fasse. Mon parcours faisait qu'il n'y avait pas trop de place pour faire un gosse. J'&#233;tais engag&#233;e dans un groupe qui avait une activit&#233; de critique sociale contre la prison entre autres et contre ce monde. Cette p&#233;riode n'&#233;tait pas trop compatible avec le fait d'avoir un enfant. J'&#233;tais &#224; droite &#224; gauche, et c'&#233;tait mieux comme &#231;a, pour pouvoir continuer. C'est assez rare que les femmes parviennent &#224; concilier leur temps consacr&#233; &#224; &#233;lever des enfants et celui consacr&#233; &#224; d'autres activit&#233;s. Dans les premiers temps surtout, elles se retrouvent souvent &#224; devoir se couper de la vie sociale, et ce n'&#233;tait pas mon choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 40 ans, j'ai quand m&#234;me eu un doute, parce que c'est vrai que &#231;a peut &#234;tre cool d'avoir un gosse. J'y ai un peu r&#233;fl&#233;chi et je me suis dit : &#8220;&lt;i&gt;&#199;a va &#234;tre trop tard, et je ne vais pas faire tout d'un coup un enfant parce que c'est le dernier moment. Je ne vais pas me faire des n&#339;uds au cerveau : je sais ce qui m'a amen&#233;e l&#224;, j'ai mon parcours et je n'ai ni regrets ni questionnements douloureux par rapport &#224; &#231;a. Allez hop ! On &#233;vacue.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la pression sociale, je l'ai sentie de la part de copines qui, elles, avaient des enfants. J'ai &#233;t&#233; renvoy&#233;e &#224; des &#8220;&lt;i&gt;ah mais tu peux pas comprendre&lt;/i&gt;&#8221;, notamment quand je donnais mon avis ou des conseils sur l'&#233;ducation. Encore maintenant, quand je dis que je n'ai pas d'enfant, je sens que certaines femmes sont g&#234;n&#233;es. Elles ne me demandent d'ailleurs pas si c'est voulu ou subi. &#199;a reste un petit tabou. Comme si on n'&#233;tait pas vraiment &lt;i&gt;accomplies&lt;/i&gt; en tant que femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi pas mal de copines qui ont 35 ou 40 ans et qui n'auront pas d'enfant. Et &#224; vrai dire&#8230; on n'en parle pas tant que &#231;a ! Il y a d'autres choses dans la vie qui sont importantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Livia Stahl&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Zahra, 38 ans : &#171; Avoir des enfants ou non, notre lutte reste la m&#234;me contre le patriarcat &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai 38 ans, je suis c&#233;libataire, et &#231;a fait vraiment longtemps que je sais que je ne veux pas avoir d'enfants. Je ne ressens pas le besoin d'&#234;tre m&#232;re et je suis assez sereine par rapport &#224; &#231;a. C'est un choix plut&#244;t d&#233;finitif vu que mon avis n'a pas chang&#233; au fil des ann&#233;es, et qu'actuellement je ne me dis pas non plus : &#8220;&lt;i&gt;l&#224; c'est le moment ou jamais&lt;/i&gt;&#8221;. J'ai la chance d'&#233;voluer dans un milieu o&#249; les gens s'en foutent que j'aie des enfants ou pas. Il n'y a que ma m&#232;re qui y croit encore et me demande toutes les semaines si j'ai trouv&#233; quelqu'un pour me marier et faire des gosses. Mais avec le temps elle finira bien par l&#226;cher l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quand j'ai eu la vingtaine que j'ai commenc&#233; &#224; me dire que je ne voulais pas avoir d'enfants. C'&#233;tait en r&#233;action &#224; la mani&#232;re dont j'ai &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;e dans ma famille : je ne voulais pas ressembler &#224; ma m&#232;re qui tenait la famille &#224; bout de bras et nous g&#233;rait, nous, les trois enfants. Elle &#233;tait infirmi&#232;re mais elle a arr&#234;t&#233; de travailler apr&#232;s une maladie. Quand elle a voulu reprendre, mon p&#232;re lui a demand&#233; de ne pas le faire, parce que c'&#233;tait plus simple pour s'occuper de nous. &#199;a m'a fait dire que je voulais &#234;tre la m&#232;re de personne. Je voulais avoir le temps de me construire toute seule, de vivre les choses &#224; ma fa&#231;on. &#192; l'&#233;poque j'&#233;tais aussi dans le rejet du couple et des relations avec les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite j'ai rencontr&#233; d'autres femmes avec lesquelles j'ai beaucoup discut&#233;. Certaines voulaient des enfants, d'autres non. Ces &#233;changes ont &#233;t&#233; importants pour ma construction politique et f&#233;ministe : en avoir ou ne pas en avoir, pour diff&#233;rentes raisons, est un choix qui nous appartient. Mais notre lutte reste la m&#234;me contre le patriarcat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai eu la trentaine, mon choix s'est davantage construit que par le pass&#233;. Il n'&#233;tait plus seulement bas&#233; sur le rejet. Aujourd'hui, ma situation professionnelle (je travaille dans l'associatif) fait que jamais je n'aurais beaucoup d'argent. Par ailleurs mes engagements politiques m'obligent &#224; donner pas mal de mon temps. Or, &#234;tre seule dans la d&#232;che, ce n'est pas pareil qu'&#234;tre seule, dans la d&#232;che, &lt;i&gt;avec&lt;/i&gt; un enfant &#224; charge. Et puis, je continue de ne pas adh&#233;rer &#224; la conception &#8220;traditionnelle&#8221; du couple. Je suis plus dans des sch&#233;mas d'autonomie et d'ind&#233;pendance. Par exemple, je ne veux pas habiter avec la personne avec laquelle je relationne, encore moins porter la charge mentale d'un foyer. Et c'est plus simple de sortir d'une relation o&#249; il n'y a ni enfants ni cohabitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de &#231;a, je ne con&#231;ois pas le fait de procr&#233;er comme un accomplissement. Il y a suffisamment de gosses en qu&#234;te de famille dans le monde, je n'ai pas besoin de propager mes propres g&#232;nes. Je me suis toujours dit que si un jour je venais &#224; ressentir le besoin de transmettre, je pourrais toujours lancer une proc&#233;dure d'adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait le choix de m'investir davantage dans les relations avec mes amies, avec ma famille, surtout avec mes ni&#232;ces, qui sont un peu comme mes enfants et auxquelles j'essaie de consacrer du temps. Je ne pense pas qu'on devrait faire des gosses en pensant qu'ils vont s'occuper de nous apr&#232;s, on a d&#233;j&#224; aucune garantie qu'ils vont nous aimer, alors bon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;n&#233;ration d&#233;senfant&#233;e</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Generation-desenfantee</link>
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		<dc:date>2026-04-03T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos, Livia Stahl</dc:creator>


		<dc:subject>Ma&#239;da Chavak</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Troisi&#232;me Guerre mondiale, effondrement &#233;cologique, fascisme pullulant et racisme omnipr&#233;sent&#8230; &#231;a commence &#224; &#234;tre redondant ! Heureusement cette ann&#233;e, l'&#201;tat, comme sa cohorte m&#233;diatique, a trouv&#233; un nouveau sujet pour nos cerveaux angoiss&#233;s : faire des enfants et promptement. L'occasion de rappeler notre souverainet&#233; sur nos corps et nos vies. H&#233; oh les femmes, le compte n'y est pas l&#224; ! Dans sa moisson de chiffres annuels, l'Insee rel&#232;ve 645 000 naissances pour 651 000 d&#233;c&#232;s en 2025. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maida-Chavak" rel="tag"&gt;Ma&#239;da Chavak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_2_-4-8552c.png?1779617915' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Troisi&#232;me Guerre mondiale, effondrement &#233;cologique, fascisme pullulant et racisme omnipr&#233;sent&#8230; &#231;a commence &#224; &#234;tre redondant ! Heureusement cette ann&#233;e, l'&#201;tat, comme sa cohorte m&#233;diatique, a trouv&#233; un nouveau sujet pour nos cerveaux angoiss&#233;s : faire des enfants et promptement. L'occasion de rappeler notre souverainet&#233; sur nos corps et nos vies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6463 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/mai_da_chavak2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH834/mai_da_chavak2-715e4.jpg?1779617916' width='500' height='834' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;H&#233; oh&lt;/i&gt; les femmes, le compte n'y est pas l&#224; ! Dans sa moisson de chiffres annuels, l'Insee rel&#232;ve 645 000 naissances pour 651 000 d&#233;c&#232;s en 2025. Bilan n&#233;gatif : une premi&#232;re depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et &#224; n'en pas douter, c'est la faute des femmes. Mieux, des &lt;i&gt;f&#233;ministes&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'on peut vraiment s'&#233;tonner de la baisse de la f&#233;condit&#233; dans un pays o&#249; l'id&#233;ologie des classes moyennes est de pr&#233;senter les hommes &#8211; je parle du sexe masculin &#8211; comme des individus dangereux par nature ?&lt;/i&gt; &#187; pontifiait le d&#233;mographe et anthropologue Emmanuel Todd en janvier dernier, dans une &#233;mission du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;. Pas nouveau, ce refrain. Renaud, cette vieille gloire de la gauche fran&#231;aise, s'en prenait d&#233;j&#224; &#224; &#171; &lt;i&gt;l'esp&#232;ce de connasse&lt;/i&gt; &#187; du troisi&#232;me, dans son titre &#171; Dans mon HLM &#187; : &#171; &lt;i&gt;Aux manifs de gonzesses / elle est au premier rang / Mais elle veut pas d'enfants / Parce que &#231;a fait vieillir / &#199;a ramollit les fesses / Et puis &#231;a fout des rides / Elle l'a lu dans l'Express / C'est vous dire si elle lit&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis qu'il manque 6 000 b&#233;b&#233;s pour solder l'exercice 2025, les grivoiseries de Renaud ne font plus rire personne. Toujours au micro du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, Todd pr&#233;vient : &#171; &lt;i&gt;L'un des probl&#232;mes du monde, c'est l'effondrement g&#233;n&#233;ralis&#233; de la f&#233;condit&#233; &lt;/i&gt; &#187; dans &#171; &lt;i&gt;les pays qui sont pr&#233;sent&#233;s comme des mod&#232;les [et qui] sont en fait des soci&#233;t&#233;s en cours d'autodestruction&lt;/i&gt; &#187;. L'enjeu serait devenu &lt;i&gt;civilisationnel&lt;/i&gt;, et pour le journal de Dassault, il &#233;tait temps de livrer le 13 janvier dernier un &#233;dito angoiss&#233; : &#171; &lt;i&gt;Bien pauvre nation que celle qui, comme culpabilis&#233;e d'elle-m&#234;me, travaille aveugl&#233;ment &#224; sa r&#233;gression ! [&#8230;] Triste humanit&#233; que celle qui n'esp&#232;re plus, dans ses entrailles, le cri de la naissance, le jaillissement imp&#233;rieux, myst&#233;rieux et merveilleux de l'&#224;-venir, l'augmentation d'elle-m&#234;me non par la technologie ou la qu&#234;te infinie des droits personnels, mais par le c&#339;ur ! &lt;/i&gt; &#187; Idem sur Cnews, o&#249; Pascal Praud crachote : &#171; &lt;i&gt;Raison &#233;conomique, raison &#233;cologique, raison philosophique [&#8230;], &#233;go&#239;sme galopant, individualisme forcen&#233;, [&#8230;] peur de l'amour [&#8230;]. Et bien je m'adresse &#224; ceux qui n'ont pas d'enfants et qui sont en &#226;ge de les avoir : faites-en !&lt;/i&gt; &#187; &#171; Faites-en &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Plus les femmes font d'enfants, plus le temps de travail domestique de leur conjoint&#8230; Baisse !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si l'injonction ne semble gu&#232;re avoir soulev&#233; un enthousiasme d&#233;lirant, elle a au moins s&#233;duit les &#233;quipes de com' du chef de l'&#201;tat. Ainsi, cet &#233;t&#233;, chaque jeune de 29 ans devrait recevoir sa petite lettre du pr&#233;sident, dans laquelle il sera aimablement pri&#233; de procr&#233;er. Pas s&#251;r que &#231;a suffise &#224; &#233;veiller en nous un d&#233;sir d'enfant. On est peut-&#234;tre toutes un peu devenues des &#171; connasses du troisi&#232;me &#187;, qui sait ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Produire, reproduire et recommencer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi tant de pression ? Mais parce que &#171; &lt;i&gt;pour produire, il faut se reproduire&lt;/i&gt; &#187;, rappelle sans fard Todd (encore lui). Reproduire, g&#233;n&#233;ration apr&#232;s g&#233;n&#233;ration, des personnes aptes &#224; travailler et, &#224; l'occasion, &#224; aller au front. Cette &lt;i&gt;autre usine&lt;/i&gt; du capital&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Faire raquer le travail domestique &#187;, CQFD n&#176;232 (juillet-ao&#251;t 2023).&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, o&#249; les femmes bossent gratuitement, &#231;a fait belle lurette que les f&#233;ministes marxistes la d&#233;noncent, d'Alexandra Kollonta&#239; &#224; Lise Vogel en passant par Angela Davis&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement la premi&#232;re femme ministre de l'histoire, dans la Russie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Aux c&#244;t&#233;s de l'enfantement proprement dit, Vogel ajoute le travail domestique quotidien (repas, m&#233;nage, soutien &#233;motionnel&#8230;) et le soin apport&#233; aux jeunes et aux a&#238;n&#233;&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;C'est bien &#224; la fin d'une civilisation qu'on travaille&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Avec un partage h&#233;t&#233;rosexuel in&#233;galitaire qui bouge un peu, mais pas trop quand m&#234;me&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le travail domestique : 60 milliards d'heures en 2010 &#187;, Insee (novembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; : aujourd'hui, les femmes assurent encore 71 % des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et 65 % des t&#226;ches parentales. Et &lt;i&gt;fun fact&lt;/i&gt; : plus les femmes font d'enfants, plus le temps de travail domestique de leur conjoint&#8230; Baisse ! Pour une m&#232;re en couple h&#233;t&#233;ro, c'est simple : le travail reproductif, c'est un deuxi&#232;me temps plein (34 heures par semaine). Pas &#233;tonnant qu'apr&#232;s avoir revendiqu&#233; les m&#234;mes droits que les hommes au XIXe si&#232;cle et au d&#233;but du XXe si&#232;cle, les f&#233;ministes de la deuxi&#232;me vague (&lt;i&gt;seventies&lt;/i&gt;) se soient attaqu&#233;es &#224; la sph&#232;re priv&#233;e, &#224; la contraception et &#224; l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;la Fin de la civilisation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'accord, d'accord, on l'admet : c'est bien &#224; la fin d'une civilisation qu'on travaille. Celle qui assigne les femmes &#224; la famille nucl&#233;aire h&#233;t&#233;rosexuelle&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand le travail reproductif devrait &#234;tre plut&#244;t socialis&#233; en dehors du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Et c'est vrai que cette derni&#232;re, bien qu'&#233;tant encore le mod&#232;le dominant de la &#171; famille &#187; en Occident, a &#233;t&#233; un peu malmen&#233;e. C'est que depuis 40 ans, les femmes sont bien sorties de chez elles : augmentation de leur activit&#233; salariale, augmentation de leur niveau d'instruction et r&#233;duction du nombre d'enfants par foyer. Si des diff&#233;rences notables de classe, de race et de validit&#233; persistent, en moyenne, elles ont progressivement gagn&#233; en ind&#233;pendance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors forc&#233;ment, comme une pelote de laine, le reste a suivi. Aujourd'hui pr&#232;s de la moiti&#233; des mariages (h&#233;t&#233;ros) se terminent en divorces et deux fois sur trois, c'est la meuf qui se barre. Au-del&#224; du sacro-saint mariage, le couple serait lui-m&#234;me en crise profonde. &#171; &lt;i&gt;Depuis 2010, la proportion de personnes qui vivent seules a augment&#233; dans 26 pays riches sur 30&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;), &#171; &lt;i&gt;Choix des jeunes femmes [&#8230;] c&#233;libataires, libres et heureuses ?&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;La Repubblica delle Donne&lt;/i&gt;). Mais surtout &#8211; et bien pire ! &#8211;, comme le constatait la journaliste Chant&#233; Joseph dans le magazine &lt;i&gt;Vogue&lt;/i&gt; en octobre dernier : &#171; &lt;i&gt;&#192; l'heure o&#249; nos r&#244;les traditionnels sont en train de s'effondrer, peut-&#234;tre que le temps est venu de r&#233;&#233;valuer notre all&#233;geance aveugle &#224; l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;Oul&#224;l&#224;&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise aux &#233;ditorialistes frustr&#233;&#183;es, la critique de la famille nucl&#233;aire n'est pas le pr&#233; carr&#233; de quelques &lt;i&gt;childfree&lt;/i&gt; occidentales en qu&#234;te d'individualit&#233; et un peu trop r&#233;ceptives &#224; l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale. La vague #MeToo, et surtout #MeTooInceste, ont mis un courageux &lt;i&gt;high kick&lt;/i&gt; dans la porte du foyer pour en lib&#233;rer tous les secrets. &#171; &lt;i&gt;Enfantisme is the new f&#233;minisme&lt;/i&gt; &#187; &#233;crit la &lt;i&gt;queen&lt;/i&gt; C&#233;cile C&#233;e. La famille, ce &lt;i&gt;berceau des dominations&lt;/i&gt; (Doroth&#233;e Dussy) et de tous nos traumas, ne fait plus franchement r&#234;ver. Et encore, on passe sur les multiples motifs de cette GenZ sacrifi&#233;e qui la pousse &#224; se demander si, vraiment, faire des enfants est si pertinent (crise &#233;cologique in&#233;luctable, troisi&#232;me guerre mondiale en approche, fascisme partout, niveau de vie qui baisse, d&#233;pressions et burn-out en expansion, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6462 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/mai_da_chavak.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/mai_da_chavak-9157e.jpg?1779617916' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une autre famille &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On aurait pourtant tort de lire cette prise de distance &#224; l'&#233;gard du travail reproductif comme un refus du lien, de la transmission ou m&#234;me de la parentalit&#233;. Car ce qui vacille ici, c'est moins le d&#233;sir de faire famille que le vieux logiciel occidental qui a longtemps confondu parent&#233; sociale et biologique. L'anthropologue Anne Cadoret note qu'&#233;lever, prot&#233;ger, transmettre, socialiser et aimer ont longtemps &#233;t&#233; des t&#226;ches arbitrairement assign&#233;es aux seul&#183;es g&#233;niteur&#183;ices. Comme si engendrer suffisait &#224; faire na&#238;tre un esprit de parentalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;vidence d&#233;faite d&#232;s lors qu'on observe la pluralit&#233; de montages familiaux existants : dans les familles recompos&#233;es, dans les familles ayant pratiqu&#233; l'ins&#233;mination artificielle, h&#233;t&#233;rosexuelles ou homosexuelles, dans les familles d'accueil, les parents se substituent aux g&#233;niteur&#183;ices. Mais si dans le cas des couples h&#233;t&#233;ros, la fiction filiale peut encore tenir, avec la famille homoparentale, en revanche, le sc&#233;nario perd nettement en cr&#233;dibilit&#233;. La famille queer &#8211; et les socialit&#233;s communautaires en g&#233;n&#233;ral, occidentales et non-occidentales &#8211; r&#233;v&#232;le alors avec &#233;clat ce que la filiation a toujours &#233;t&#233; : avant tout une construction sociale, symbolique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, les possibilit&#233;s s'&#233;tendent. Coparentalit&#233; (avoir un enfant hors des fronti&#232;res du couple), famille choisie, beau-parentalit&#233;, enfants de c&#339;ur ou parents de c&#339;ur, adoption&#8230; Refuser l'injonction &#224; la maternit&#233; telle qu'elle est con&#231;ue dans nos soci&#233;t&#233;s patriarcales et capitalistes, ce n'est pas refuser la parentalit&#233;, c'est commencer &#224; la r&#233;volutionner. Car c'est dans les marges de la norme, voulues ou subies, qu'on per&#231;oit la justesse d'un autre &#171; faire famille &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Livia Stahl et Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Faire raquer le travail domestique &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;232 (juillet-ao&#251;t 2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Respectivement la premi&#232;re femme ministre de l'histoire, dans la Russie r&#233;volutionnaire apr&#232;s 1917 ; sociologue am&#233;ricaine connue pour &#234;tre l'une des fondatrices principales de la th&#233;orie de la reproduction sociale (SRT) ; professeure de philosophie et militante anti-raciste, communiste et f&#233;ministe am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Le travail domestique : 60 milliards d'heures en 2010 &#187;, Insee (novembre 2012).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Quand le travail reproductif devrait &#234;tre plut&#244;t socialis&#233; en dehors du foyer : garde d'enfants, cantines, &#233;coles, psychologues&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aux armes, listes citoyennes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Aux-armes-listes-citoyennes</link>
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		<dc:date>2026-03-20T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos</dc:creator>


		<dc:subject>Anto Metzger</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elles promettent de &#171; rendre le pouvoir aux habitants &#187; et s&#233;duisent de nombreux d&#233;&#231;us de la politique. Elles ne jurent que par la d&#233;mocratie locale, la justice pour tous et l'&#233;cologie populaire. Elles sont un peu roses, un peu vertes&#8230; et pas vraiment rouges. Pour les &#233;lections municipales 2026, les listes citoyennes ont le vent en poupe ! Des jolis noms, pas franchement courants en politique, des &#171; Demain &#187;, des &#171; Jardin &#187;, des &#171; Archipel &#187;, des &#171; Printemps &#187;&#8230; Toute une po&#233;sie cens&#233;e &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no250-mars-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;250 (mars 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anto-Metzger" rel="tag"&gt;Anto Metzger&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elles promettent de &#171; rendre le pouvoir aux habitants &#187; et s&#233;duisent de nombreux d&#233;&#231;us de la politique. Elles ne jurent que par la d&#233;mocratie locale, la justice pour tous et l'&#233;cologie populaire. Elles sont un peu roses, un peu vertes&#8230; et pas vraiment rouges. Pour les &#233;lections municipales 2026, les listes citoyennes ont le vent en poupe !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6447 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/anto_metzger.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH381/anto_metzger-ea002.jpg?1779617918' width='500' height='381' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des jolis noms, pas franchement courants en politique, des &#171; Demain &#187;, des &#171; Jardin &#187;, des &#171; Archipel &#187;, des &#171; Printemps &#187;&#8230; Toute une po&#233;sie cens&#233;e &#171; r&#233;enchanter la politique &#187; ou, comme le promet le site de Fr&#233;quence commune, la coop&#233;rative qui recense et accompagne les listes citoyennes et participatives (LCP) pendant les &#233;lections municipales, &#171; prendre le pouvoir pour mieux le partager &#187;. On imagine la t&#234;te de l'agent de pr&#233;fecture charg&#233; de valider les candidatures en d&#233;couvrant certains de ces blases fleuris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, difficile de nier l'&#233;tat du paysage politique : la confiance des Fran&#231;ais envers les partis est au plus bas, &#224; 15 % selon une enqu&#234;te du Cevipof de janvier 2026. Les LCP se pr&#233;senteraient donc comme la traduction naturelle d'une demande de renouvellement du personnel politique. &#201;lections sans candidat, tirage au sort, assembl&#233;es citoyennes, d&#233;mocratie participative, listes sans programme pr&#233;d&#233;fini&#8230; Le r&#233;pertoire est pens&#233; pour contester la professionnalisation des &#233;lus et leur accaparement de la repr&#233;sentation. Et tant pis si les contours du projet restent un peu flous : en 2020, l'engouement &#233;tait d&#233;j&#224; notable, avec pr&#232;s de 400 listes partout en France ; en 2026, la mayonnaise continue de prendre, avec plus de 600 listes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les vrais citoyens&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Grenoble, o&#249; neuf listes se disputent l'h&#244;tel de ville, une seule est &#233;tiquet&#233;e &#171; citoyenne &#187; : &#171; Grenoble Capitale Citoyenne &#187;. Mais attention : faux amis. La formation est dirig&#233;e par Romain Gentil, un chef d'entreprise qui roule pour Place publique, le parti de Rapha&#235;l Glucksmann. &#171; &lt;i&gt;Elle n'a de citoyenne que le nom&lt;/i&gt; &#187;, tacle Pierre, doctorant en sociologie et codirecteur de campagne de &#171; Grenoble Alpes Collectif &#187;, la vraie option citoyenne et participative de ces municipales grenobloises 2026 selon lui. Et pour cause, cette derni&#232;re est membre du r&#233;seau Fr&#233;quence commune, elle a concoct&#233; son programme avec &#171; &lt;i&gt;les habitants et les habitantes&lt;/i&gt; &#187; et s'est constitu&#233;e de &#171; &lt;i&gt;fa&#231;on ouverte et d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187;. Les militants encart&#233;s des partis traditionnels, eux, ont soigneusement &#233;t&#233; tenus &#224; distance. Priorit&#233; aux profils de &#171; terrain &#187;, venus de l'associatif et des collectifs de quartier.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#192; une &#233;poque, les communistes ont cherch&#233;, eux aussi, &#224; d&#233;professionnaliser la vie politique&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Sur le plan politique, Pierre situe la d&#233;marche : &#171; &lt;i&gt;elle s'ancre dans un projet qui d&#233;fend la d&#233;mocratie directe, la justice sociale et l'&#233;cologie populaire&lt;/i&gt; &#187;. Et pour les tatillons que les grands mots laissent sceptiques, le directeur de campagne n'a pas de mal &#224; d&#233;tailler : &#171; &lt;i&gt;On pr&#244;ne une s&#233;paration claire du l&#233;gislatif et de l'ex&#233;cutif &#8211; comme c'est d&#233;j&#224; le cas au niveau national &#8211; avec la cr&#233;ation d'une assembl&#233;e citoyenne d&#233;cisionnaire sur les orientations importantes &#224; trancher, ou encore l'&#233;laboration 100 % participative du budget municipal. &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Libert&#233; associative renforc&#233;e par un soutien de fonctionnement plut&#244;t que par de contraignants appels &#224; projets, r&#233;appropriation des &#171; Maisons des habitants &#187; mises en place par la majorit&#233; sortante, assembl&#233;es de quartier&#8230; Des mesures qui penchent clairement &#224; gauche, m&#234;me si Pierre se garde bien de brandir l'&#233;tiquette : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de colistiers en sont d&#233;&#231;us et n'ont pas envie d'&#234;tre mis dans le m&#234;me sac.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Califes &#224; la place des califes ? &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour la doctorante en sociologie politique Marie Acabo, qui a &#233;tudi&#233; la liste &#171; Strasbourg &#201;cologiste et Citoyenne &#187; pendant les &#233;lections municipales de 2020, les LCP sont surtout &#171; &lt;i&gt;une &#233;tiquette politique parmi les &#233;tiquettes politiques&lt;/i&gt; &#187;. Ni plus ni moins qu'une tentative de distinction dans un champ politique o&#249; les partis cristallisent de plus en plus de d&#233;fiance : &#171; &lt;i&gt;Il y a le pari qu'en d&#233;gageant les vieux briscards de la politique et en renouvelant le personnel politique, on changera la donne.&lt;/i&gt; &#187; Sauf que sur le terrain, la promesse est parfois moins spectaculaire : &#171; &lt;i&gt;&#192; Strasbourg, par exemple, la liste citoyenne comptait 43 % de colistiers hors s&#233;rail partisan. Le PS &#233;tait &#224; 39 %, LREM &#224; 37 % et LR &#224; 34 %. Au bout du compte, entre la liste citoyenne et celle de LR, l'&#233;cart n'&#233;tait que de 9 points. Ce n'est pas non plus une r&#233;volution !&lt;/i&gt; &#187; La sociologue rappelle qu'en 2020, les sections locales des formations politiques traditionnelles strasbourgeoises sont d&#233;sert&#233;es, leurs militants, quasi inexistants... &#171; &lt;i&gt;Les LCP constituent aussi un levier pour agr&#233;ger. Les m&#233;thodes issues du management participatif &#8211; avec des ateliers et des facilitateurs &#8211;, ou le fait d'aller chercher des figures connues du monde associatif permettent de recr&#233;er une dynamique !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Marie Acabo reconna&#238;t que, depuis 2020 et la structuration du r&#233;seau Fr&#233;quence commune, il y a une tentative de stabilisation des formes, elle souligne toutefois que la coop&#233;rative est avant tout &#171; &lt;i&gt;un &lt;/i&gt;think tank&lt;i&gt;, un groupe de r&#233;flexion politico-acad&#233;mique qui fait la promotion d'une certaine vision de la politique.&lt;/i&gt; &#187; Une vision qu'elle qualifie de gauche bourgeoise, sauce &#233;colo. Sur la liste citoyenne strasbourgeoise, la sociologue a compt&#233; 2 % d'ouvriers-employ&#233;s contre 70 % de cadres et de professions intellectuelles ; douze doctorants sur 67 colistiers ( !). M&#234;me constat pour la liste &#171; Grenoble Alpes Collectif &#187; de 2026 : Thomas Simon, la t&#234;te de liste, est un homme dipl&#244;m&#233; qui travaille pour&#8230; Fr&#233;quence commune. Dans les quinze premi&#232;res places, on retrouve quatre ing&#233;nieurs, une m&#233;decin, une doctorante, une architecte, un ancien adjoint au maire sortant &#201;ric Piolle (Les &#201;cologistes), une prof et seulement cinq ouvriers-employ&#233;s. En 2020, un groupe de sociologues, qui a &#233;tudi&#233; 274 LCP, observait que 33 % des candidats &#233;taient cadres (contre 21,5 % dans la population fran&#231;aise) et 7 % ouvriers (contre 17,6 %)&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Myriam Bachir, Guillaume Gourgues, R&#233;mi Lefebvre et Jessica Sainty, Des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Il s'agit surtout de l'ambition d'une nouvelle &#233;lite &#8220;citoyenne&#8221; qui veut remplacer une vieille &#233;lite politicienne&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Marie Acabo.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Passer pour des pros&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et une fois propuls&#233;s aux responsabilit&#233;s, que deviennent ces &#171; citoyens &#187; ? Marie Acabo a suivi l'&#233;quipe strasbourgeoise pendant sa mandature : &#171; &lt;i&gt;Complexit&#233;s administratives, lourdeurs bureaucratiques&#8230; Les &#8220;novices&#8221; de la politique &#233;taient pas mal paum&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Et il a aussi fallu apprendre &#224; composer avec les services : &#171; &lt;i&gt;Un agent m'a dit un jour :&lt;/i&gt; &#8220;les &#233;lus passent, nous on reste&#8221;. &lt;i&gt;C'est comme dans n'importe quelle administration : les services ont leur routine, leurs r&#233;flexes et leur opinion politique !&lt;/i&gt; &#187; Alors pour &#233;viter de passer pour des amateurs, les n&#233;o-politiciens travaillent &#224; l'exc&#232;s : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait litt&#233;ralement une &#233;quipe de premiers de la classe. Je me souviens d'une jeune &#233;lue avec ses piles de papiers, ses petits post-its et ses stabilos. Elle me racontait qu'elle bossait tous ses dossiers &#224; fond. C'&#233;tait &#233;puisant pour elle.&lt;/i&gt; &#187; Un autre &#233;lu confie &#233;galement avoir feint de ma&#238;triser des sujets qui lui &#233;chappaient en r&#233;union, afin de ne pas para&#238;tre incomp&#233;tent devant les agents. Au final &#171; &lt;i&gt;ils ont tous cherch&#233; &#224; se couler dans l'institution&lt;/i&gt; &#187;, observe la sociologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, forc&#233;ment un m&#233;tier la politique ? Marie Acabo renvoie &#224; l'ouvrage de Julian Mischi, &lt;i&gt;Le Parti des communistes. Histoire du Parti communiste fran&#231;ais de 1920 &#224; nos jours&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hors d'atteinte, 2020.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui montre comment, &#224; une &#233;poque, les communistes ont cherch&#233;, eux aussi, &#224; d&#233;professionnaliser la vie politique. &#171; &lt;i&gt;L'enjeu n'&#233;tait pas de substituer une bourgeoisie &#224; une autre : il y avait une v&#233;ritable strat&#233;gie d'ouvri&#233;risation.&lt;/i&gt; &#187; Et pour lutter contre le sentiment d'ill&#233;gitimit&#233; des techniciens, des employ&#233;es de bureau et des ouvriers arrivant aux responsabilit&#233;s, le Parti s'&#233;tait constitu&#233; en v&#233;ritable centre formation. Il apprenait &#224; ses nouveaux &#233;lus comment ma&#238;triser les r&#232;gles du jeu politique, non pour s'y conformer, mais pour mieux les retourner. Et m&#234;me si la &lt;i&gt;glorieuse&lt;/i&gt; &#233;poque du communisme municipal a fini par buter sur ses propres limites, peut-&#234;tre y a-t-il l&#224; quelques fondamentaux &#224; r&#233;cup&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Myriam Bachir, Guillaume Gourgues, R&#233;mi Lefebvre et Jessica Sainty, &lt;i&gt;Des citoyens &#224; la conqu&#234;te des villes : les listes citoyennes et participatives lors des &#233;lections municipales de 2020&lt;/i&gt;, &#201;ditions du CNRS, 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hors d'atteinte, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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