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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Derri&#232;re la porte du club</title>
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		<dc:creator>Violette Chaude</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s. &#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise ? Tu fais la fellation naturelle ? La sodomie ? &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH512/-1592-7136b.jpg?1782655258' width='400' height='512' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; T'es de nationalit&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Tu fais la fellation naturelle&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? La sodomie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Ce sont, sans pr&#233;liminaires, les trois premi&#232;res questions que pose C&#233;lia, la g&#233;rante. Apr&#232;s, il faut aller s'inscrire &#224; la brigade des m&#339;urs. Rendez-vous chez les flics d&#232;s le lendemain. Identit&#233;, lieu de travail, dur&#233;e du s&#233;jour. En vingt minutes, c'est boucl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gen&#232;ve, rue de Berne. Les femmes posent en vitrine et les n&#233;ons des enseignes font mal aux yeux. Le club est situ&#233; dans un appartement au deuxi&#232;me &#233;tage d'un immeuble d'habitation &#224; la fa&#231;ade discr&#232;te. Seule une plaque dor&#233;e indique sa pr&#233;sence. Un digicode filtre l'acc&#232;s et l'accueil est assur&#233; par une des filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte d'entr&#233;e donne sur un petit bar. Comptoir encombr&#233;. Sur la droite, &#233;cran t&#233;l&#233;. Grands miroirs. Cam&#233;ras de surveillance : toutes les pi&#232;ces sont film&#233;es, &#224; l'exception des chambres et des WC. Rien &#224; voir avec l'atmosph&#232;re raffin&#233;e promise par le site internet. Le comptoir est &#233;clair&#233; par un n&#233;on blafard et rev&#234;tu d'une imitation de marbre. Sur les canap&#233;s et tables basses du salon, les affaires des filles, jet&#233;es en vrac : habits, sacs, vernis, bouteilles de coca, paquets de g&#226;teaux, chips, ordinateurs, t&#233;l&#233;phones, chaussures &#224; talons. Des toilettes et une enfilade de six chambres. Chaque suite est &#233;quip&#233;e d'une douche, d'un fauteuil, d'un lit &lt;i&gt;king size&lt;/i&gt; et d'un miroir. Une table de chevet avec un seau plein de capotes et une poubelle, vid&#233;e apr&#232;s chaque passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sence obligatoire de 11 h &#224; minuit. La g&#233;rante est l&#224; de 18 h &#224; la fermeture et surveille les all&#233;es et venues. Toute sortie &#224; l'ext&#233;rieur avec un client doit &#234;tre factur&#233;e au prix d'une escorte, soit 100 CHF&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu peux dormir sur place, dans les chambres ou dans le salon. S'il n'y a pas de client apr&#232;s 2 heures du mat', il n'en viendra plus. La g&#233;rante prend 120 CHF sur les deux premi&#232;res passes, 80 sur la troisi&#232;me et les suivantes c'est tout pour toi&lt;/i&gt;. &#187; Il ne vient pas tant de clients que &#231;a. Le montant de la passe est libre. Mais la g&#233;rante ne souhaite pas une r&#233;putation de club trop cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fille poursuit la conversation dans un charmant mix anglo-fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Je te conseille de start &#224; 300 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;CHF half-an-hour and 450 CHF an heure for the basic ; shower, massage, blow-job and love. Then, tu can ask ce que tu veux for whatever you accept to do, nobody will know. Tu write sur le registre l'heure d'entr&#233;e et de sortie of the room, la monnaie et le type of r&#232;glement, if CB or cash. You pay C&#233;lia every night before she leaves le club for what you did dans la journ&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Je comprends vite qu'il est possible de faire beaucoup de bl&#233; en tr&#232;s peu de temps et que bien plus que de sexe, il est surtout question de bluff et de b&#233;nefs. Ne jamais laisser son sac &#224; main tra&#238;ner. Toujours le garder avec soi, on ne sait jamais. Avec les clients, prendre toujours l'argent avant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les arriv&#233;es et les d&#233;parts sont incessants. Une des filles, hollandaise, est escorte professionnelle. Elle vient tous les trois mois pour une p&#233;riode de trois-quatre semaines. Sa client&#232;le est riche. Beaucoup sont des hommes c&#233;l&#232;bres et, dit-on, tr&#232;s amoureux d'elle. Elle les tient au courant de ses diff&#233;rents s&#233;jours &#224; travers l'Europe. Le club, son pied-&#224;-terre &#224; Gen&#232;ve, lui permet de faire des clients pendant la journ&#233;e et de rentabiliser son temps au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'heure d'ouverture, on est vautr&#233;es sur les canap&#233;s. Jogging us&#233; par-dessus nos tenues sexy. Quand la sonnette retentit, en place. On tombe le futal. String et talon haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier soir, premi&#232;re passe. D&#233;monstration par l'exemple, pas besoin de tutoriel. &#171; &lt;i&gt;Les filles, client&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia semble conna&#238;tre le micheton et l'installe. Elle se dirige vers le salon : &#171; &lt;i&gt;Les filles, pr&#233;sentation en 6 !&lt;/i&gt; &#187; Nous nous levons toutes et dans un cliquetis de talons, nous nous dirigeons vers la chambre n&#176; 6. Le protocole devient rapidement familier. Entrer. Montrer son corps de face : visage, ventre et seins. Bises interdites. Donner son blaze en regardant dans les yeux : &#171; &lt;i&gt;Enchant&#233;e, Zora.&lt;/i&gt; &#187; Demi-tour aguicheur. Faire bouger ses cheveux. Vue de dos : jambes, fesses et chute de reins. Ne pas parler. Retourner au salon.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C&#233;lia me conseille &#224; l'habitu&#233; pour 500 CHF, deux grammes de coke et une bouteille de champagne. Surtout ne pas parler de la poudre aux autres filles, c'est C&#233;lia qui fournit. J'ai un trac monstre. Sans me conna&#238;tre, elle vante mes m&#233;rites en disant que je n'ai &#171; &lt;i&gt;pas de tabous&lt;/i&gt; &#187;. Je masse un peu le gars. Il me tend la somme en coupures que je glisse dans mon sac et je vais m'inscrire sur le registre. Le compte &#224; rebours est lanc&#233; : une alarme sur mon t&#233;l&#233;phone. Je retrouve le gars. Deux larges traces et une coupette. Reprise du massage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme est en instance de divorce et me montre des photos de ses gosses. Je le suce &#224; la demande. Il passe un appel et dans sa discussion, il dit &#234;tre au boulot et ne pas s'en sortir. Dix minutes plus tard, il raccroche. &#201;jacule. Soupire. Il me remercie et va prendre une douche. J'en profite pour regarder l'heure. Il reste encore 35 minutes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type me fait de la peine. Je suis d&#233;fonc&#233;e et je me sens &#224; l'aise. Il me demande une sodomie. Il a une toute petite bite, je fais le calcul : 200 CHF pour le gramme de coke X 2, la passe &#224; 500. Je lui dis OK pour 300 CHF de plus. Il refuse, puis n&#233;gocie. J'accepte pour 200. &#199;a dure trois minutes. Ni plaisir, ni douleur. L'alarme sonne, l'heure est &#233;coul&#233;e. Une douche avant de quitter la chambre. Il veut me revoir. Je refuse de lui donner mon num&#233;ro. Je le raccompagne &#224; la porte et le remercie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans la chambre pour ranger et me laver. Je frotte &#224; fond tout ce que je peux. Ce mec vient de d&#233;bourser un Smic et rentre chez sa femme et ses enfants. Je suis sonn&#233;e par cette v&#233;rit&#233; bien plus que par la passe en elle-m&#234;me. De retour au salon, je jette un &#339;il au bar. Certaines sont en chambre ou parties &#224; l'ext&#233;rieur, en escorte. J'entends simuler d'o&#249; je suis. Les filles m'engueulent quand je leur dis que je n'ai pas donn&#233; mon 06 au gars.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sonnette retentit &#224; nouveau. C&#233;lia va &#224; la porte. Je me hisse sur mes talons. Nous ne sommes plus que quatre filles. J'entre dans la chambre, d&#233;file et serre la main. La trentaine, barbu, il porte une vieille doudoune. Retour au salon, C&#233;lia revient : &#171; &lt;i&gt;Zora, c'est pour toi.&lt;/i&gt; &#187; J'encha&#238;ne avec mon deuxi&#232;me client. Dans la chambre, le gars me dit qu'il m'a choisi pour mon cul. Il n'a pas l'air tranquille. Trop excit&#233;, sale et &#233;m&#233;ch&#233;. Il me tend un billet de 500 euros en me disant d'un ton r&#226;peux : &#171; &lt;i&gt;Je veux une heure, je vais te d&#233;foncer. Je vais te prendre partout et surtout je veux te d&#233;foncer le cul&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas comment r&#233;agir. Le mec pue l'alcool et la sueur. Je fixe le billet violet. Je n'en avais jamais vu. Une voix qui ne m'appartient pas sort de ma gorge et parle &#224; ma place : &#171; &lt;i&gt;OK. Mais ce n'est pas assez. Je veux 800 euros.&lt;/i&gt; &#187; Choqu&#233;, il continue &#224; me tripoter en bredouillant qu'il n'a que &#231;a, qu'il a trop envie de moi. Je maintiens mon tarif en m'&#233;loignant de lui. Il finit par l&#226;cher l'affaire et quitte le club tr&#232;s &#233;nerv&#233;. Le montant de la passe joue beaucoup dans la relation pute/client. Il offre une possible protection. Je suis impressionn&#233;e par ma r&#233;action. J'&#233;prouve envers moi-m&#234;me plus de respect que ce que je pensais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de soir&#233;e. Les filles somnolent sur les sofas. Je chope une couette, r&#233;quisitionne la 6, glisse les pr&#233;cieux billets dans la poche de mon jogging et m'endors instantan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dimanche. Pas un client en vue. La majorit&#233; des clients &#233;tant des hommes mari&#233;s, ils passent le week-end en famille. Les filles s'ennuient et s'activent sur leur smartphone &#224; la recherche d'une escorte. Lundi est une bonne journ&#233;e. Eux et nous reprenons le travail. La plupart sont des hommes d'affaires. Ils passent pendant la pause d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, un client est annonc&#233; dans la 3. 4e d&#233;fil&#233; de la journ&#233;e, celui-ci prendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mec semble tr&#232;s vieux. Une des filles me glisse que j'ai de la chance : souvent il ne bande presque pas. Son d&#233;sir : 30 minutes et une douche ensemble pour 300 CHF. Le contact avec sa vieille peau mouill&#233;e est surprenant. Peur de l'ab&#238;mer. Il voudrait qu'on s'embrasse &#171; &lt;i&gt;amoureusement&lt;/i&gt; &#187;. Quelques secondes apr&#232;s que je l'ai aid&#233; &#224; enfiler une capote, il a joui sans p&#233;n&#233;tration. Je l'ai raccompagn&#233; &#224; la porte. Personne ne me pose de questions. Par un accord tacite, nous ne parlons quasiment jamais des passes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Excit&#233;s, entre 30 et 35 ans, alliance au doigt, ils s'installent au bar. Celui dont c'est l'anniversaire se fait appeler Nounours. Avec lui : Franck, t&#234;te de connard &#224; la d&#233;gaine de baqueux, et Nicolas, le chef du trio. Ces gars me sont antipathiques. Blagues graveleuses, commentaires du genre &#171; &lt;i&gt;Elle, elle est trop bonne. &#8211;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Mec, mate-moi ce cul.&lt;/i&gt; &#187; Nous faisons semblant de nous amuser. C&#233;lia me prend &#224; part : &#171; &lt;i&gt;Tu vois le Nounours, l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ce type p&#232;se environ 35 000 euros par mois. Il te regarde depuis tout &#224; l'heure, tu devrais essayer d'le brancher.&lt;/i&gt; &#187; J'ai du mal. On se croirait &#224; un ap&#233;ro dans le BTP, sauf que sur les tables ce n'est pas de la Kro, mais cinq bouteilles de Mo&#235;t &#224; 150 boules chacune. J'en ai marre de faire la cruche. Je pr&#233;f&#233;rerais partir en chambre. Je veux voir les billets, je ne pense qu'&#224; &#231;a. Nous ne pensons toutes qu'&#224; &#231;a. Les mecs se font prier. C'est un truc typique des mecs au bar. Ils se laissent allumer par une fille pour partir avec une autre. Ils adorent provoquer des tensions entre nous. &#199;a leur donne de l'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la finale, c'est une partouze qu'ils veulent. N&#233;goci&#233;e &#224; 450 CHF. Ils s'installent dans la chambre la plus grande. Vodka. On commence nos affaires dans la douche, puis sur le lit. Ils sont dans un d&#233;lire porno-path&#233;tique. Ils ne s'amusent pas et nous non plus. Nounours cherche &#224; m'embrasser, &#231;a me d&#233;go&#251;te. Franck s'&#233;nerve parce qu'il n'arrive pas &#224; jouir. Je simule tant bien que mal, &#231;a n'en finit pas, quand soudain, &lt;i&gt;all&#233;luia&lt;/i&gt; ! Le portable sonne la lib&#233;ration. Revenus au bar, les types prennent un air satisfait. Il ne s'agirait pas d'admettre devant un bordel tout entier qu'ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; se finir en une heure avec deux filles. Je prends une longue douche pour ne pas les recroiser et me lave cinq fois la bouche &#224; l'Hextril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard dans la soir&#233;e, je tombe sur un mec cool et simple. Il fait partie d'un groupe de cinq hommes en costard, un peu flippants, genre anciens l&#233;gionnaires. Rapide calcul du fric et je me retrouve avec ce Kosovar &#224; l'accent &#233;pais, doux comme un agneau. Comme il me le demande gentiment et que sa bite est propre et ras&#233;e, je le suce sans capote pour 300 CHF en plus de la passe. Je suis contente en recomptant mes billets. J'ai bien gagn&#233; ma soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la fin du s&#233;jour. Un vrai canon au visage de mannequin se pointe. Je ne m'attendais pas &#224; tomber sur un gars d'une telle beaut&#233;. Et voil&#224; que &#231;a arrive et qu'en plus il va me baiser et payer pour &#231;a. Lui aussi dit m'avoir choisi pour mon cul et mes tatouages. Les mecs expliquent souvent leur choix, comme s'ils avaient &#224; se justifier. Ils imaginent peut-&#234;tre qu'on va les remercier. Le vrai probl&#232;me, de toute fa&#231;on, c'est quand ils parlent. Comme souvent en d&#233;but de passe, la rencontre s'amorce sous la douche. Son sexe est &#233;norme. Et puis direction le lit. Jeu avec le miroir. Il jouit deux fois. J'&#233;prouve du plaisir. Je pense &#224; la capote. J'y pense souvent. J'ai peur qu'elle l&#226;che. Une passe &#224; 500 balles, c'est bien, mais avec le sida, &#231;a ne vaut pas le coup. Je culpabilise d'avoir ressenti du d&#233;sir. &#199;a n'est pas arriv&#233; avec les autres gars. On refait l'amour. C'est vraiment bon. Nous avons fr&#244;l&#233; la tendresse, puis l'alarme a sonn&#233;. Sans commentaire, je l'ai &#233;teinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, il me demande mon pr&#233;nom et d'o&#249; je viens. La situation en est transform&#233;e. Je me sens comme humili&#233;e, vuln&#233;rable, &#231;a devient bien plus brutal que toutes les autres passes. Il rench&#233;rit en disant que j'ai l'air d'une fille bien et qu'il ne comprend pas comment j'en suis arriv&#233;e l&#224;. L'atmosph&#232;re se crispe. Il quitte la chambre. Je retourne dans le salon sans rien dire &#224; personne. Il est interdit de donner son vrai pr&#233;nom. Je me sens salie pour la premi&#232;re fois depuis mon arriv&#233;e. La nuit d'apr&#232;s, je fais des cauchemars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois quitt&#233; le club, j'ai ressenti de la haine envers ce gars. Je pr&#233;f&#232;re un mec qui paye pour me tringler et qui se barre sans un regard plut&#244;t qu'un type qui paye pour faire semblant de compatir &#224; ma pauvre condition. La seule chose qu'on attend ici, c'est du fric.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi ces clients qui viennent chercher des profils de filles bien sp&#233;cifiques. Des putes &#171; classes &#187;, &lt;i&gt;bling-bling&lt;/i&gt;, pro et exp&#233;riment&#233;es, pour les sortir en escorte et briller en soir&#233;e. Ou des filles jeunes blanches et blondes de pr&#233;f&#233;rence, gaul&#233;es comme des adolescentes pour jouer &#224; la poup&#233;e porno ou au jeune couple amoureux.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce fut comme un voyage sans guide et en chute libre dans l'envers du d&#233;cor de notre soci&#233;t&#233; bien-pensante. &#192; la recherche de l'amoral, du vice, de l'extr&#234;me. Se sentir vivante. Avoir besoin de pousser la domination patriarcale et l'annihilation totale de soi-m&#234;me &#224; son paroxysme pour en comprendre les rouages &#8211; et finir par se pardonner.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Violette Chaude, d'apr&#232;s les &#233;crits de Zora&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un franc suisse vaut 0,94 euro.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'autre pays qui manque, c'est les amours</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-autre-pays-qui-manque-c-est-les</link>
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		<dc:date>2019-12-17T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Brigitte Briot</dc:subject>
		<dc:subject>Claire Castan</dc:subject>
		<dc:subject>c'&#233;tait Claire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre contraint d'ateliers men&#233;s en prison, chez les mineurs des Baumettes, &#224; Marseille (filles), et du Pontet, pr&#232;s d'Avignon (gar&#231;ons), et pour esquiver les chicanes du droit &#224; l'image, on a eu l'id&#233;e de convoquer l'imaginaire du carnaval, de la transgression, du d&#233;sir inavou&#233;. On, c'&#233;tait Claire Castan de l'Agence r&#233;gionale du Livre (ARL-Paca) ; Yohanne Lamoul&#232;re la photographe ; Brigitte Briot la faiseuse de masques et accessoires ; et moi le collecteur de mots. Masquer, ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no177-juin-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;177 (juin 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prison" rel="tag"&gt;prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-argent" rel="tag"&gt;L'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/filles" rel="tag"&gt;filles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mariage" rel="tag"&gt;mariage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-2034" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Brigitte-Briot" rel="tag"&gt;Brigitte Briot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Claire-Castan" rel="tag"&gt;Claire Castan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-etait-Claire" rel="tag"&gt;c'&#233;tait Claire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1367-53a23.jpg?1782643747' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans le cadre contraint d'ateliers men&#233;s en prison, chez les mineurs des Baumettes, &#224; Marseille (filles), et du Pontet, pr&#232;s d'Avignon (gar&#231;ons), et pour esquiver les chicanes du droit &#224; l'image, on a eu l'id&#233;e de convoquer l'imaginaire du carnaval, de la transgression, du d&#233;sir inavou&#233;. On, c'&#233;tait Claire Castan de l'Agence r&#233;gionale du Livre (ARL-Paca) ; Yohanne Lamoul&#232;re la photographe ; Brigitte Briot la faiseuse de masques et accessoires ; et moi le collecteur de mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Masquer, ce n'est pas forc&#233;ment cacher, ni faire la gueule. &#199;a peut &#234;tre le contraire : tout donner et puis s'enfuir, s'en moquer, &lt;i&gt;pour de rire&lt;/i&gt;. Le hasard (vraiment ?) a fait que les quatre gar&#231;ons &#233;taient des Fran&#231;ais musulmans de cit&#233;s du Sud et les quatre filles des Gitanes originaires des Balkans vivant en caravane. Gr&#226;ce &#224; ces jeunes d&#233;tenu.es qui ont pris le jeu &#224; leur compte en parlant cash et en r&#233;v&#233;lant des f&#234;lures intimes autant que sociales, on a pu op&#233;rer des allers-retours de taule &#224; taule. Ce qui a permis d'instaurer un &#233;ph&#233;m&#232;re dialogue &#224; distance, fait de d&#233;fiance et de sentiments communs. C'est comme &#231;a que, grim&#233;e, la plus secr&#232;te s'est faite puissante apparition. Travesti, le plus affranchi a cass&#233; les codes du genre. Par moments, c'&#233;tait m&#234;me un peu la r&#233;volution du passe-muraille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de ce chass&#233;-crois&#233; &#224; la sortie de l'hiver est un livret en forme de portrait collectif qu'on peut &lt;a href=&#034;https://www.livre-provencealpescotedazur.fr/lib_php/download.php?fileID=1043&amp;type=File&amp;round=114846286&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;l&#233;charger&lt;/a&gt; au format PDF sur le site de l'ARL-Paca. Comme une m&#233;chante mont&#233;e de s&#232;ve doubl&#233;e d'un appel d'air.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comme deux chiens errants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers le monde, tradition et modernit&#233; se reniflent la croupe comme deux chiens errants. Isabella se m&#233;fie de la libert&#233; virtuelle des r&#233;seaux. &#171; &lt;i&gt;Avec Facebook, tu cherches un copain et tu tombes sur des p&#233;dophiles&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : &#224; la fin, tu perds ta virginit&#233;. Il vaut mieux te marier avec quelqu'un de ta culture. Mais &#231;a d&#233;pend aussi des parents. Je connais des filles qui se sont mari&#233;es avec des Italiens. Et m&#234;me une avec un policier&#8230; Avec un Italien, passe encore. Mais avec un policier, c'est grave&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est fianc&#233;e. C'est la famille de son amoureux qui organisera les noces. &#171; &lt;i&gt;Chez nous, il y a trois jours de mariage&lt;/i&gt; &#187;, jubile sa s&#339;ur. &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai dit &#224; mon grand-p&#232;re que je voulais un mariage tranquille, classique, il m'a dit &#8220;Quoi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Tu plaisantes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&#8221; Oui, je plaisante. Parce que moi, j'aime trop la f&#234;te&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! un mariage &#8220;normal&#8221;, &#231;a n'existe pas chez nous&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kathal&#233;a : &#171; &lt;i&gt;Ma s&#339;ur et moi, on nous appelle les princesses. On s'habille, on se maquille, on descend en ville. Nos cousines restent chez elles, elles s'occupent du m&#233;nage et des enfants. Nous, on est libres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; un gar&#231;on du Pontet qui la drague &#224; distance, un mot : &#171; &lt;i&gt;Arl&#233;sien, tu es gentil de me dire que je suis belle sans m'avoir vue. Mais franchement, tu n'es pas mon mec id&#233;al. Je crois que tu es trop jeune. J'esp&#232;re que tu gardes le moral. La prison c'est dur, mais la libert&#233; c'est s&#251;r. Reste fort. Je te donne un gros bisou. K.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1368-0c213.jpg?1782655275' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La pauvret&#233;, c'est pas pouvoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses joues rondes, l'Arl&#233;sien n'est plus un b&#233;b&#233; : &#171; &lt;i&gt;Le sexe et l'argent, c'est les deux choses qui m'excitent. Rien d'autre. L'argent, c'est le futur. Sans argent, tu es rien. Avec l'argent, tu vis. La pauvret&#233;, c'est voir un truc qui te pla&#238;t et pas pouvoir l'acheter. Le mal, c'est ce que je fais. Le bien, c'est travailler. Si en travaillant on pouvait gagner plein d'argent, je le ferais. Ici, tout me manque. Tout tout tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;res co-cellulaires, 2K et Maga d&#233;crivent un monde qui s'obscurcit : &#171; &lt;i&gt;C'est un truc de ouf qu'on vit. Dans les quartiers, les minots sont trop pr&#233;coces. C'est la t&#233;l&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Les r&#233;seaux&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Le porno&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Je sais pas, mais les petits de douze ans, ils ont faim.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Tu as tout avec l'argent. Apr&#232;s, tu penses plus qu'au cul.&lt;/i&gt; &#187;
Le ton se fait grave, on ne la ram&#232;ne plus. &#171; &lt;i&gt;Y'a une fille dans la cit&#233;, elle est &#224; peine form&#233;e et elle s'habille comme une folle. &#199;a fait mal. En bo&#238;te, elle fait du charme au videur et elle entre. On la voit avec des gadjos qui sortent de prison, des voyous. Elle ne veut plus les gars de son &#226;ge. Et c'est pas la seule.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#199;a sent la fin. Y'a trop de trucs chelou. Les Gilets jaunes, on dirait le d&#233;but d'une guerre civile, &#224; se charcler tous les samedis avec la police. On dirait la fin du monde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la vie pourrait &#234;tre si simple. &#171; &lt;i&gt;En prison, tu morfles, tu purges, mais tu restes un minot, &lt;/i&gt;sourit Maga.&lt;i&gt; Ta d&#233;co, tes chaussettes Simpson, le sucr&#233; avant le sal&#233;&#8230; Il faudrait garder &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa cellule, les quatre murs sont d&#233;dicac&#233;s : un c&#244;t&#233; pour les filles, un autre pour le sport, le troisi&#232;me pour l'alcool&#8230; Et le dernier pour la r&#233;volution fluo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de mac, pas d'amarres</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pas-de-mac-pas-d-amarres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Pas-de-mac-pas-d-amarres</guid>
		<dc:date>2019-10-09T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Maltourn&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
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		<dc:subject>Delphine</dc:subject>
		<dc:subject>Panama</dc:subject>
		<dc:subject>Delphine d&#233;barque</dc:subject>
		<dc:subject>Campo Alegre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les ports, elle conna&#238;t. Depuis ses 17 ans, Delphine y vit. C'est une &#171; fille qui travaille &#187; comme elle dit. Elle est prostitu&#233;e. Dans sa bouche o&#249; le fran&#231;ais et l'espagnol sont indissociables, elle nous a racont&#233; son histoire. Aussi une histoire de la place des femmes dans les ports. Dans les ann&#233;es 1970, cette femme colombienne circule du Panama &#224; la Guyane fran&#231;aise, autour de la mer des Cara&#239;bes. Toujours, elle est rest&#233;e la m&#234;me - une femme forte, qui sait ne pouvoir compter que sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/filles" rel="tag"&gt;filles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Delphine" rel="tag"&gt;Delphine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Delphine-debarque" rel="tag"&gt;Delphine d&#233;barque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Campo-Alegre" rel="tag"&gt;Campo Alegre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les ports, elle conna&#238;t. Depuis ses 17 ans, Delphine&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom qu'elle s'est choisi.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; y vit. C'est une &#171; fille qui travaille &#187; comme elle dit. Elle est prostitu&#233;e. Dans sa bouche o&#249; le fran&#231;ais et l'espagnol sont indissociables, elle nous a racont&#233; son histoire. Aussi une histoire de la place des femmes dans les ports. Dans les ann&#233;es 1970, cette femme colombienne circule du Panama &#224; la Guyane fran&#231;aise, autour de la mer des Cara&#239;bes. Toujours, elle est rest&#233;e la m&#234;me - une femme forte, qui sait ne pouvoir compter que sur elle-m&#234;me. Jamais de maquereau, ni d'amoureux, ni d'amarres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH586/-1327-2a964.jpg?1782643807' width='400' height='586' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;but des ann&#233;es 1970, Delphine doit quitter son pays natal et choisit le Venezuela voisin, o&#249; des filles lui ont dit qu'elle pourrait travailler. Il faut passer la fronti&#232;re en douce. Elles sont quatre &#224; tenter le coup, de nuit, &#224; bord de la barque d'un p&#234;cheur-passeur traversant le rio Chama. Discret. Mais pas assez. Surprises par une patrouille de police, les femmes doivent sauter &#224; l'eau. Elles parviennent finalement &#224; gagner la r&#237;ve et se mettent en marche pour El Vigia, une ville du Nord-Ouest. Elles tentent le stop mais c'est la police, dans une jeep banalis&#233;e, qui s'arr&#234;te. Les femmes sont enferm&#233;es. Maltrait&#233;es. Puis parviennent &#224; prendre la poudre d'escampette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un passage &#224; El Vig&#237;a, Delphine se rend &#224; Punto Fijo, un port p&#233;trolier au nord du pays. Elle y travaille dans un club, sur la plage, avec les marins am&#233;ricains, italiens, grecs ou chinois qui bossent sur les p&#233;troliers. Il y a du travail, certes, mais aussi une pesante pression polici&#232;re. Pour &#233;chapper aux descentes, Delphine doit se cacher dans des r&#233;servoirs d'eau. Ou encore, s'enfouir au pied des dunes de sable. Ce qui ne lui pla&#238;t vraiment pas, c'est qu'elle doit boire, encore et encore, histoire de pousser les marins &#224; faire de m&#234;me. En revanche, elle refusera toujours de toucher &#224; la drogue, partout pr&#233;sente : &#171; &lt;i&gt;Pas besoin de &#231;a pour tenir ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'endroit &#034;donde va&#034; toutes les filles &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors elle reprend la route. Direction le Panama, o&#249; la prostitution est l&#233;gale. Delphine d&#233;barque avec un contrat de travail de trois mois, qui lui donne droit &#224; un visa. Sur place, elle d&#233;couvre un syst&#232;me r&#233;gul&#233; par l'&#201;tat. Un avocat s'assure ainsi qu'elle est correctement log&#233;e et que le bar l'ayant engag&#233;e honore son contrat. &#192; la fin de celui-ci, elle est convoqu&#233;e au bureau de l'immigration pour une premi&#232;re prolongation (payante) de trois mois. Une deuxi&#232;me suivra, avant le d&#233;part forc&#233; : au bout de neuf mois, il faut quitter le pays... et en attendre six de plus avant de revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour son premier s&#233;jour, Delphine passe ces neuf mois dans le petit port de Col&#243;n (&#224; l'entr&#233;e du canal, c&#244;t&#233; Atlantique). 14 000 navires empruntant chaque ann&#233;e le canal de Panama, la client&#232;le ne manque pas. Delphine garde un bon souvenir du contr&#244;le m&#233;dical auquel elle doit se soumettre chaque semaine &#8211; &#171; &lt;i&gt; Tu y es oblig&#233;e, c'est bien. C'est l'endroit &lt;/i&gt;donde va&lt;i&gt; toutes les filles&lt;/i&gt; &#187; &#8211; du carnet de sant&#233; qui l'accompagne. Et de cette journ&#233;e d'examens approfondis, r&#233;alis&#233;s par des m&#233;decins pay&#233;s par l'&#201;tat : prise de sang, pr&#233;sentation des maladies v&#233;n&#233;riennes dans un th&#233;&#226;tre, sur grand &#233;cran, examen gyn&#233;cologique et piq&#251;re de p&#233;nicilline (&#224; titre pr&#233;ventif). En cas de probl&#232;me m&#233;dical, l'interruption de travail est obligatoire, &#171; &lt;i&gt;et c'est le gouvernement qui te soigne&lt;/i&gt; &#187;. Quant au bar, il doit veiller &#224; la bonne tenue du carnet.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pugnacit&#233; de la police&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#233;puis&#233; son quota de prolongations, Delphine s'en va. Destination Santo Domingo, d'abord. Ha&#239;ti, ensuite, pour un an. Et enfin Cura&#231;ao, une &#238;le des Antilles n&#233;erlandaises au large du Venezuela. Elle y travaille clandestinement, la prostitution &#233;tant interdite. Seule exception, un quartier r&#233;serv&#233;, pr&#232;s de l'a&#233;roport : le Campo Alegre. L'endroit, encercl&#233; de murs, se compose de dizaines de maisons o&#249; les filles sont log&#233;es &#8211; des taxis y am&#232;nent directement les &#233;quipages des bateaux. Delphine, elle, doit &#339;uvrer en cachette, dans un h&#244;tel en ville. Des conditions de travail difficiles, encore compliqu&#233;es par la pugnacit&#233; de la police n&#233;erlandaise. Il faut partir, derechef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau point de chute ? Le Suriname, sur les conseils d'autres filles. Delphine d&#233;barque ainsi &#224; Paramaribo, la capitale. Pour clients, elle a les marins japonais et cor&#233;ens op&#233;rant sur les crevettiers. Ils sont nombreux : la p&#234;che &#224; la crevette est depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1960 une activit&#233; florissante, que se partagent des compagnies &#233;trang&#232;res. Mais, pour celles-ci, la f&#234;te n'a qu'un temps. Elle prend fin avec l'ind&#233;pendance du Suriname en 1975, puis l'instauration en 1977 d'une zone &#233;conomique exclusive qui place les ressources marines sous contr&#244;le des &#201;tats c&#244;tiers. Les crevettiers et leurs marins mettent alors les voiles. Delphine fait de m&#234;me. Direction la Guyane fran&#231;aise et Cayenne - dont elle garde &#171; &lt;i&gt;un tr&#232;s mauvais souvenir &lt;/i&gt; &#187; - puis Kourou, &#224; l'&#233;poque base de l&#233;gionnaires. L'escale ne dure pas : &#224; Kourou, les filles ne choisissent pas les hommes avec qui elles couchent. Delphine se refuse &#224; fonctionner ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas un maquereau ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On the road, again&lt;/i&gt;. Retour au Panama, dans le port de Panama City cette fois, c&#244;t&#233; Pacifique, dans un gros bar. 180 filles. Les contacts entre elles sont rares, chacune veillant jalousement sur sa client&#232;le. Rapidement, Delphine choisit de ne travailler qu'avec les marins japonais. Ils la contactent directement, et elle verse une commission au bar, o&#249; elle ne descend pas. Pour beaucoup, il s'agit d'habitu&#233;s, que Delphine retrouve tous les trois mois, quand leur navire fait escale. Elle passe alors avec eux leurs quatre jours de permission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui n'ont pas de fille attitr&#233;e d&#233;barquent par taxi afin d'en s&#233;lectionner une. La sc&#232;ne se d&#233;roule au matin, les marins - tout juste descendus du bateau - sont d&#233;j&#224; en habit de travail, poisseux. Leur choix fait, ils s'en vont ; ils ne reviendront qu'en fin de journ&#233;e, &#171; &lt;i&gt;propres et beaux comme tout&lt;/i&gt; &#187;. De son c&#244;t&#233;, Delphine aura rev&#234;tu une &#233;l&#233;gante robe longue. C'est qu'il faut s'habiller pour la tourn&#233;e des grands ducs : restaurant, cin&#233;ma et casino. Les marins payent tout, lui fournissent m&#234;me l'argent pour jouer. Et les &#233;ventuels gains lui reviennent, de m&#234;me que les cadeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme du visa sonne (encore) le glas de ce s&#233;jour panam&#233;en. Retour &#224; Cura&#231;ao, cette fois avec un visa pour le quartier r&#233;serv&#233; de Campo Alegre. Delphine y retrouve des femmes colombiennes et dominicaines bossant en appartement. Et des marins toujours, qui arrivent du port en taxi. Le produit des passes est collect&#233; chaque jour par un bureau sp&#233;cial ; une fois par semaine, les filles d&#233;posent leur recette &#224; la banque. Pour &#171; &lt;i&gt;&#234;tre tranquille&lt;/i&gt; &#187;, Delphine prend aussi un &#171; &lt;i&gt;copain&lt;/i&gt; &#187;, originaire de l'&#238;le. Attention : &#171; &lt;i&gt;Un copain, pas un maquereau ! Jamais de la vie !&lt;/i&gt; &#187;, elle y tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois nouveaux mois s'&#233;coulent, il faut repartir, d&#233;j&#224;. Loin, beaucoup plus loin. Ce sera l'Espagne, &#224; l'initiative d'une copine. Nous sommes en 1978, Delphine rejoint les ports europ&#233;ens. Une autre histoire commence.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Maltourn&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom qu'elle s'est choisi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Foot f&#233;minin : occuper le terrain</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ma&#239;da Chavak</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;La Coupe du monde f&#233;minine a montr&#233; que le football et l'enthousiasme qu'il peut susciter ne sont pas l'apanage des mecs. Chez les filles aussi, on tape le ballon dans les city-stades, hors des clubs et des institutions sportives. Reportage dans le 18e arrondissement de Paris. &#171; On est o&#249; ici ? Dans le 18e ou dans le 93 ? &#187;, demande une jeune footballeuse de bon matin. Ce samedi 29 juin, les fid&#232;les du city-stade du square L&#233;on, situ&#233; au c&#339;ur du quartier populaire de la Goutte-d'Or, se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/club" rel="tag"&gt;club&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Coupe du monde f&#233;minine a montr&#233; que le football et l'enthousiasme qu'il peut susciter ne sont pas l'apanage des mecs. Chez les filles aussi, on tape le ballon dans les city-stades, hors des clubs et des institutions sportives. Reportage dans le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH391/-1275-94196.jpg?1782638291' width='500' height='391' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#239;da Chavak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; O&lt;/span&gt;&lt;i&gt;n est o&#249; ici ? Dans le 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; ou dans le 93 ?&lt;/i&gt; &#187;, demande une jeune footballeuse de bon matin. Ce samedi 29 juin, les fid&#232;les du city-stade du square L&#233;on, situ&#233; au c&#339;ur du quartier populaire de la Goutte-d'Or, se sont d&#233;plac&#233;s au stade des Poissonniers, coinc&#233; entre Paris et le p&#233;riph'. C'est le tournoi des quarante ans des Enfants de la Goutte-d'Or, association d'&#233;ducation populaire et club de foot historique du quartier. Mais pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de la pelouse synth&#233;tique br&#251;lante, une vingtaine de barri&#232;res de chantier d&#233;limitent un terrain de &#171; &lt;i&gt;five &#187;&lt;/i&gt;, ce foot urbain qui se joue &#224; cinq. Des footballeuses y disputent la toute premi&#232;re Coupe d'Afrique des nations (CAN) f&#233;minine de la Goutte-d'or, organis&#233;e par &#171; &lt;i&gt;les s&#339;urs Slimani&lt;/i&gt; &#187;, comme on les surnomme dans le quartier. La section f&#233;minine du club ayant r&#233;cemment ferm&#233; suite &#224; des probl&#232;mes d'acc&#232;s aux terrains d'entra&#238;nement, Im&#232;ne et Chahira, 25 et 26 ans, esp&#232;rent qu'elle rouvrira bient&#244;t. En attendant, elles ont eu l'id&#233;e de cette comp&#233;tition. &#171; &lt;i&gt;On a vu que plein de CAN des quartiers s'&#233;taient organis&#233;es cette ann&#233;e, on s'est dit : pourquoi on n'en ferait pas une aussi pour nous ? &#187;&lt;/i&gt;, explique Chahira. Un sondage sur Instagram et pas mal de bouche-&#224;-oreille plus tard, l'affaire &#233;tait lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Se r&#233;approprier le foot&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Douze &#233;quipes ont r&#233;pondu &#224; l'appel, parmi lesquelles le Mali, l'Alg&#233;rie, le Maroc ou la C&#244;te d'Ivoire, qui comptent de vrai&#8226;es supporters et supportrices dans le quartier. Les joueuses, pour la plupart &#226;g&#233;es d'une vingtaine d'ann&#233;es, d&#233;fendent les couleurs de leur pays d'origine ou de celui qu'elles ont adopt&#233; pour la journ&#233;e. Elles viennent parfois de loin, s'entra&#238;nant dans des clubs r&#233;put&#233;s &#224; l'instar du Racing club de Saint-Denis voire jouant &#224; tr&#232;s haut niveau &#8211; l'une des footballeuses fait m&#234;me partie de la s&#233;lection nationale ivoirienne. D'autres ne sont pas ou plus inscrites en club, mais pratiquent r&#233;guli&#232;rement. Qu'on se le dise : le hijab de sport n'emp&#234;che pas les footballeuses qui le portent de dribbler ni de marquer des buts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les filles occupent le terrain, il est difficile de ne pas voir que, justement, le terrain est potentiellement leur seul espace &#224; elles. Car jouer ne suffit pas pour se r&#233;approprier le foot, &#233;ternel bastion de la domination masculine. Les gar&#231;ons viennent regarder, supporter, commenter. Ils sont aussi arbitres et participent &#224; l'organisation. Et d&#232;s que le ton monte un peu entre deux &#233;quipes ou que les joueuses posent pour une photo, les hommes sont rapidement presque aussi nombreux que les filles sur la pelouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il ne faudrait pas croire que c'est uniquement d'une pr&#233;sence masculine excessive que le foot f&#233;minin doit &#234;tre prot&#233;g&#233;. Le football est toujours survol&#233; par les m&#234;mes vautours, qui ont bien compris que la mont&#233;e en puissance du foot f&#233;minin &#233;tait aussi celle d'un juteux business publicitaire. Ici, c'est Nike qui a fourni le mat&#233;riel : ballons, &lt;i&gt;testing&lt;/i&gt; de chaussures, T-shirts floqu&#233;s au nom des pays par un label musical local&#8230; sans oublier le &#171; terrain &#187; et les fameuses barri&#232;res de chantier qui, dixit une joueuse, &#171; &lt;i&gt;font plus mal que les murs du city-stade quand on tombe dessus&lt;/i&gt; &#187;. Au vu de la qualit&#233; du mobilier, la douloureuse, elle, n'a pas d&#251; &#234;tre tr&#232;s violente pour le budget d'un des plus gros &#233;quipementiers sportifs au monde.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Couscous vs. atti&#233;k&#233;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lieu des habituelles angoisses sportives et discussions d'arbitrage, le tournoi est aussi un vrai espace de politisation. Du financement des r&#233;parations apr&#232;s l'incendie de Notre-Dame &#224; Laurent Gbagbo, au bord du terrain, &#231;a parle politique. On l'aura compris, le foot est aussi un terrain de luttes, plus particuli&#232;rement pour les filles et dans les quartiers populaires. C'est aussi ce qu'a soulign&#233; Assa Traor&#233;, venue pour remettre en personne le troph&#233;e et donner rendez-vous pour la prochaine manifestation organis&#233;e par le Comit&#233; justice et v&#233;rit&#233; pour Adama&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adama Traor&#233;, d&#233;c&#233;d&#233; en 2016 &#224; la gendarmerie de Persan (Val-d'Oise).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la tribune &#8211; les gar&#231;ons d'un c&#244;t&#233;, les filles de l'autre &#8211;, chaque &#233;quipe attend son tour &#224; l'ombre. La chanteuse Aya Nakamura se taille la part du lion au milieu d'une &lt;i&gt;playlist&lt;/i&gt; o&#249; Ma&#238;tre Gims, Koba la D (&#171; &lt;i&gt;Niquer les PDG / Vive l'argent du rain-t&#233;&lt;/i&gt; &#187;) ou Naza (&#171; &lt;i&gt;Donnez-moi mon argent / Mon million de dollars &#187;&lt;/i&gt;) sont eux aussi en bonne position. Le moindre but est pr&#233;texte &#224; danser un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finale oppose l'Alg&#233;rie &#224; la C&#244;te d'Ivoire. &#171; &lt;i&gt;C'est couscous-atti&#233;k&#233;, et dans tous les cas c'est l'Afrique qui gagne &#187;&lt;/i&gt;, entend-on au micro. Les hymnes sont diffus&#233;s sans vraiment &#234;tre repris par les joueuses et les buts ne tardent pas &#224; se r&#233;pondre dans l'enthousiasme g&#233;n&#233;ral. Le r&#233;sultat final ? 5-3 pour l'Alg&#233;rie, l'&#233;quipe des organisatrices. L'enjeu &#233;tait double : faire une CAN f&#233;minine et se cr&#233;er un lieu &#224; soi dans le foot des quartiers. Pari r&#233;ussi. Les fumig&#232;nes, oubli&#233;s dans le vestiaire, ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233; pour l'an prochain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Adama Traor&#233;, d&#233;c&#233;d&#233; en 2016 &#224; la gendarmerie de Persan (Val-d'Oise).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Contraception masculine : les bourses ou la vie</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Contraception-masculine-les</link>
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		<dc:date>2019-08-14T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>courant</dc:subject>
		<dc:subject>truc sp&#233;cialement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fin novembre 2016, le collectif Thomas Boulo&#249;, originaire de Brest &#233;tait depassage &#224; Manifesten, c&#233;l&#232;bre lieu alternatif de Marseille, pour &#233;changer sur les pratiques trop m&#233;connues de contraception masculine. Longtemps on a pens&#233; la contraception, hormis l'usage assez courant de la capote, comme un truc sp&#233;cialement r&#233;serv&#233; aux filles ! Mais ce soir-l&#224;, &#224; Manifesten, quatre gar&#231;ons dans le vent et une fille font face &#224; un public pour partager leur exp&#233;rience de contraception masculine. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/truc-specialement" rel="tag"&gt;truc sp&#233;cialement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin novembre 2016, le collectif Thomas Boulo&#249;, originaire de Brest &#233;tait depassage &#224; Manifesten, c&#233;l&#232;bre lieu alternatif de Marseille, pour &#233;changer sur les pratiques trop m&#233;connues de contraception masculine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3022 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L349xH329/-1258-777c7.jpg?1782642748' width='349' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;ongtemps on a pens&#233; la contraception, hormis l'usage assez courant de la capote, comme un truc sp&#233;cialement r&#233;serv&#233; aux filles ! Mais ce soir-l&#224;, &#224; Manifesten, quatre gar&#231;ons dans le vent et une fille font face &#224; un public pour partager leur exp&#233;rience de contraception masculine. L'exercice est peu courant : entendre parler publiquement des mecs de leur qu&#233;quette et de leurs &#233;bats. J'emploie le mot &#171; qu&#233;quette &#187; non pas pour que vous gloussiez comme des dindes ou des &#233;l&#232;ves boutonneux de 4&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; option europ&#233;enne dans la salle du coll&#232;ge Marie Curie de Vivejoie-la-Grande, o&#249; la dame de 59 ans du Planning familial est venue causer, mais dans le but sciemment avou&#233; de pr&#233;parer la g&#233;n&#233;ration suivante &#224; comprendre sa contraception. Et toc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benjamin raconte&lt;/strong&gt; comment il coud des slips chauffants tout en papotant avec ses copains. Il a 39 ans. Il est s&#233;ropositif. En couple depuis 10 ans, il a vu sa charge virale baisser ces derniers temps. Il est devenu non contaminant. Avec sa compagne ils ont enfin pu baiser sans capote : &#171; &lt;i&gt; J'ose pas vous raconter&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Baptiste, lui, genre alpiniste, utilise un &#171; remonte-couilles &#187; car il est d&#233;montr&#233; qu'en remontant ses bourses dans la cavit&#233; abdominale, il &#233;viterait de faire un enfant &#224; sa copine, qui n'en veut pas plus que lui ! Il porte son attirail de guerrier treize heures par jour et depuis des ann&#233;es n'a pas eu &#224; se pr&#233;occuper d'une grossesse non d&#233;sir&#233;e. Dans cette position, la production de spermatozo&#239;des chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La contraception thermique&lt;/strong&gt; consiste &#224; porter un sous-v&#234;tement durant th&#233;oriquement quinze heures par jour, ce qui met ses testicules &#224; 35 degr&#233;s et stoppe la spermatog&#233;nese. Les testicules chauff&#233;s sont engourdis et ne r&#233;agissent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emmanuel a 33 ans&lt;/strong&gt;. Il est h&#233;t&#233;rosexuel : &#171; &lt;i&gt;J'ai pratiqu&#233; le retrait avec calcul des jours, une semaine avant et une apr&#232;s.&lt;/i&gt; &#187; Comme il ne savait pas bien compter, un jour, c'est le drame. Une autre de ses copines n'en pouvait plus de la pilule. Ils essayent encore sa m&#233;thode donc le retrait, mais &#231;a capote ! Chacun sait que pour se retirer il faut &#234;tre soit tr&#232;s vif, soit tr&#232;s vieux. On est rarement les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emmanuel s'est lanc&#233;&lt;/strong&gt; dans les injections de testost&#233;rone. Une m&#233;thode invent&#233;e par le docteur Mieusset &#224; Toulouse. Chaque semaine il faut s'injecter dans le haut de la fesse un produit gras. &#171; &lt;i&gt;&#199;a m'a d&#233;s&#233;quilibr&#233;, je sentais une libido en hausse, les poils poussaient et je me sentais tr&#232;s excit&#233; apr&#232;s l'injection. &lt;/i&gt; &#187; Le genre Hulk mais pas en vert ! Le traitement hormonal n'est pas sans cons&#233;quences. Il ne l'est pas plus ni moins que pour les filles qui prennent la pilule. D'ailleurs, la compagne d'Emmanuel ne voulait plus de contraception tant &#231;a l'a d&#233;r&#233;gl&#233;e. Comme pour la contraception f&#233;minine,les effets secondaires des injections de testost&#233;rone montrent des prises de poids, de l'agressivit&#233;, un vote filloniste, de l'hypertension&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aur&#233;lien, lui, s'est fait couper&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt; les choses &lt;/i&gt; &#187;, comme il dit un peu radicalement pour &#233;voquer sa vasectomie, soit la ligature des canaux d&#233;f&#233;rents qui v&#233;hiculent les spermatozo&#239;des. Celle-ci n'a pas boulevers&#233; sa sexualit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Une l&#233;g&#232;re incision dans les bourses. Le chirurgien coupe le canal et c'est caut&#233;ris&#233; en quinze minutes &lt;/i&gt; &#187;. Plus long aura &#233;t&#233; le chemin de ce militant libertaire pr&#233;occup&#233; de la domination des femmes, notamment en mati&#232;re de contraception. Il aura fallu qu'il se pr&#233;pare pour que le m&#233;decin accepte de l'op&#233;rer. &#171; &lt;i&gt;Avoir trente-cinq ans et trois enfants les convainquent g&#233;n&#233;ralement, mais c'est une obligation l&#233;gale quand on le demande.&lt;/i&gt; &#187; La mentalit&#233; est bien, encore, &#224; la procr&#233;ation. Aur&#233;lien rappelle le prix d'une intervention : &#171; &lt;i&gt;87 euros contre 1 200 euros pour une ligature des trompes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour le collectif&lt;/strong&gt;, les m&#233;thodes de contraception masculines ne sont pas meilleures que celles pour les femmes, mais les employer nous permet d'en partager la responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Construction europ&#233;enne : c'est la mafia qui fournit le ciment</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Construction-europeenne-c-est-la</link>
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		<dc:date>2015-05-09T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Quand il nous re&#231;oit dans sa maison de Prades (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), le sociologue Alain Tarrius rit. Lors d'un entretien avec des prostitu&#233;es dans un bar, des clients l'ont pris pour leur &#171; mac boiteux &#187;. Claudiquant jusqu'&#224; son bureau, ce souvenir continue de l'amuser. Il y a quatre ans, on avait d&#233;j&#224; parl&#233; de ses &#233;tudes autour des transmigrants, acteurs &#171; invisibilis&#233;s &#187; de la mondialisation du poor to poor : pour les pauvres, par les pauvres. D'un c&#244;t&#233; des migrants afghans qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/filles" rel="tag"&gt;filles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prostitution" rel="tag"&gt;prostitution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Levant" rel="tag"&gt;Levant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Levant-espagnol" rel="tag"&gt;Levant espagnol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jonquere" rel="tag"&gt;Jonqu&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mer-Noire" rel="tag"&gt;mer Noire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/clubs" rel="tag"&gt;clubs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand il nous re&#231;oit dans sa maison de Prades (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), le sociologue Alain Tarrius rit. Lors d'un entretien avec des prostitu&#233;es dans un bar, des clients l'ont pris pour leur &#171; &lt;i&gt;mac boiteux&lt;/i&gt; &#187;. Claudiquant jusqu'&#224; son bureau, ce souvenir continue de l'amuser. Il y a quatre ans&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les articles &#171; Afghan connection &#187; in CQFD n&#176;81 et &#171; Puta's fever &#187; in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, on avait d&#233;j&#224; parl&#233; de ses &#233;tudes autour des transmigrants, acteurs &#171; &lt;i&gt;invisibilis&#233;s&lt;/i&gt; &#187; de la mondialisation du &lt;i&gt;poor to poor&lt;/i&gt; : pour les pauvres, par les pauvres. D'un c&#244;t&#233; des migrants afghans qui transportent de la marchandise depuis le Sud-Est asiatique ; de l'autre, des femmes originaires des Balkans ou du Caucase venues vendre leurs corps dans un des 272&#8200;bordels du Levant espagnol. Le professeur &#233;m&#233;rite de l'universit&#233; Jean Jaur&#232;s de Toulouse vient de sortir deux bouquins&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;trangers de passage et La mondialisation criminelle, &#201;dition de l'Aube, 2015.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, deux nouvelles &#233;tapes dans ses recherches sur la &#171; &lt;i&gt;mondialisation criminelle&lt;/i&gt; &#187;. Ses valoches boucl&#233;es pour de nouveaux vagabondages, il a accept&#233; de r&#233;pondre &#224; quelques questions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1466 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH374/p04-05_perpignan-prostitution-couleur-eed8d.png?1782647762' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Avant d'aborder le c&#339;ur du sujet, une pr&#233;cision s&#233;mantique. Tes recherches suivent le parcours de filles destin&#233;es &#224; la prostitution, qui vont traverser plusieurs pays europ&#233;ens. Alors que la France a r&#233;affirm&#233; sa position abolitionniste, tu estimes que notre pays pratique en fait une politique prohibitionniste. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Tarrius :&lt;/strong&gt; Oui, en mati&#232;re de prostitution, je parle de prohibition car la zone d'ombre judiciaire dans laquelle les filles travaillent permet &#224; des flics, qu'ils soient v&#233;reux ou non, de les taxer comme ils veulent, pour leur compte ou celui de l'&#201;tat, et de fa&#231;on totalement arbitraire. Pour moi ceci est caract&#233;ristique d'une politique prohibitionniste. Ce statut ressemble au Chicago de 1928.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons les trois phases de la trajectoire que suivent ces transmigrantes : un recrutement sur les bords de la mer Noire, une formation (dope et prostitution) dans le Sud italien et l'int&#233;gration d'un des nombreux clubs du Levant espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord comprendre une chose : au niveau europ&#233;en, les capitaux et circulations de la prostitution et de la drogue sont les m&#234;mes. Par ailleurs, les milieux criminels ne fonctionnent plus sur le mode du r&#233;seau. Du fait d'un profond cosmopolitisme, ils se sont &#171; horizontalis&#233;s &#187;. L'image de P&#233;p&#233; le Moko, c'est termin&#233;. Les recrutements s'effectuent par symbiose et proximit&#233;. Autour de la mer Noire, par exemple, il n'y a pas de rabatteurs pour recruter les filles, mais des marins sur les bateaux. La mer Noire est un lieu assez populaire, avec &#233;norm&#233;ment de petites croisi&#232;res ukrainiennes, russes ou g&#233;orgiennes qui emploient des jeunes femmes dans diff&#233;rents petits boulots (m&#233;nage, accueil, etc.). C'est un lieu de recrutement de pr&#233;dilection pour les marins. Ailleurs, &#224; Sofia en Bulgarie, on a travaill&#233; sur les recrutements par les gardiens des cit&#233;s universitaires. J'en ai connu un qui se faisait quelques milliers d'euros en fourguant trois &#224; quatre filles par an &#224; des Albanais qui les passaient ensuite en Italie. De plus il faut savoir que depuis quelques ann&#233;es, les filles savent dans quoi elles s'embarquent car elles ont le t&#233;moignage d'autres qui sont revenues apr&#232;s quatre &#8211;&#8200;cinq ann&#233;es pass&#233;es dans les clubs espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, les filles font un s&#233;jour de trois &#224; quatre semaines durant lequel elles vont apprendre la prostitution et la commercialisation de la coke. L'&#233;tape italienne est tr&#232;s importante : c'est l'endroit o&#249; les mafias russes et italiennes deviennent russo-italiennes : toutes les affaires de dope et de femmes se connectent ici. Avec des coll&#232;gues de Turin et de Sofia, on a suivi l'itin&#233;raire des programmes immobiliers et touristiques intensifs du sud de l'Albanie, du nord de la Mac&#233;doine, de la c&#244;te croate, de la province d'Imperia (Italie) jusqu'au Levant sud espagnol. Le b&#233;tonnage, financ&#233; par de gros investisseurs russo-italiens, suit la m&#234;me voie que les trafics de dope et de femmes. L'immobilier est le blanchiment officiel, connu et surveill&#233; par la police et les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'il n'y a plus d'image d'&#201;pinal pour d&#233;crire ces acteurs de la criminalit&#233; mondialis&#233;e, &#224; quoi peuvent-ils ressembler ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne les cherches plus dans des maisons ultra-surveill&#233;es de Naples, par exemple. Les flics de G&#234;nes avaient rep&#233;r&#233; un grand capo ukrainien install&#233; dans une villa magnifique pr&#232;s d'Imperia. Ils savaient qu'il &#233;tait dans le coup mais n'arrivaient pas &#224; le choper. Le type avait tout l'air d'un paisible retrait&#233; ; aucune activit&#233; particuli&#232;re, aucune valse de bagnoles devant sa propri&#233;t&#233;. Tout ce qu'il faisait c'&#233;tait op&#233;rer des transferts de capitaux dans des programmes immobiliers tout ce qu'il y a de plus l&#233;gaux. Un d&#233;tail insignifiant a cependant attir&#233; notre attention : notre capo &#233;tait en relation par Internet avec des gens en Andalousie, Ukraine et dans les Balkans. Toutes les semaines, il envoyait une carte m&#233;t&#233;orologique qui allait du Levant espagnol &#224; l'Ukraine avec des commentaires personnels sur les vents, les courants marins, le soleil. On a eu l'id&#233;e de comparer ses envois avec les cartes authentiques et on s'est rendu compte que tout &#233;tait faux. En fait, tout &#231;a n'&#233;tait qu'un code pour le passage de la dope. Voil&#224; comment il g&#233;rait ses affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En Espagne, les filles sont ventil&#233;es en fonction de leurs comp&#233;tences dans plusieurs styles de club. Des bordels de luxe pour hommes d'affaires et bourgeois aux &#171; abattoirs &#187; pour travailleurs agricoles marocains, en passant par des clubs &#171; populaires &#187; pour routiers. En m&#234;me temps, tu estimes que 1,9&#8200;milliard d'euros des revenus de la drogue sont blanchis &#224; hauteur de 1,2&#8200;milliard par les revenus de la prostitution l&#233;gale. Tu veux dire que la fonction premi&#232;re des clubs est le blanchiment ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Le Levant espagnol est l'endroit o&#249; se conjuguent les arriv&#233;es de drogues du Moyen-Orient, des Balkans et du Caucase. C'est aussi l&#224; qu'aboutissent les fili&#232;res d'h&#233;ro&#239;ne du Nig&#233;ria et d'Angola et la coke d'Am&#233;rique latine qui remonte par le Maroc. C'est devenu un endroit strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En novembre 2011, il y a eu une manifestation franco-espagnole contre la prostitution au village-fronti&#232;re du Perthus, situ&#233; &#224; quelques encablures des bordels de la Jonqu&#232;re. Derri&#232;re la banderole : &#171; Notre corps n'est pas une marchandise &#187;, on trouvait des militants mais aussi des &#233;lus du conseil g&#233;n&#233;ral (CG) des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales. Comment as-tu per&#231;u cette action ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, j'ai d&#233;nonc&#233; cette op&#233;ration. Pas la manifestation qui a r&#233;uni des gens courageux avec de belles id&#233;es, mais cette action &#233;tait avant tout politique. Elle s'est inscrite dans le prolongement d'un rapport, command&#233; par le CG &#224; un labo de Perpignan, sur la prostitution &#224; la Jonqu&#232;re. Or, cette commande devait avant tout servir la cause d'une &#233;lue locale&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de S&#233;gol&#232;ne Neuville, actuelle secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui avait des ambitions nationales. Au final, l'enqu&#234;te s'est r&#233;v&#233;l&#233;e scandaleuse, triste mise en &#339;uvre d'une &#171; zoo m&#233;thodologie &#187; : &#224; savoir une observation distante d'animaux sans langage. Les coll&#232;gues sont all&#233;es &#224; la Jonqu&#232;re, ont vu les filles mais n'ont pas pu les approcher, encore moins leur parler. Alors que nous, on n'arr&#234;te pas de leur parler (rires) ! &#201;videmment, les filles ne vont pas t'accorder un entretien pendant qu'elles travaillent, mais il y a toujours moyen de discuter &#224; un autre moment dans un m&#233;lange de &lt;i&gt;broken english&lt;/i&gt;, d'italien et d'espagnol. Les conclusions de cette enqu&#234;te officielle ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es devant le Parlement : la Jonqu&#232;re est un lieu dangereux pour la construction affective des grands adolescents. En fait tout le monde fonctionne avec ses sch&#233;mas. Au cours de la manifestation au Perthus, tu avais d'un c&#244;t&#233; des militants mus par un vrai fond de g&#233;n&#233;rosit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ah ces pauvres filles qui sont esclaves&lt;/i&gt; &#187; etc., et de l'autre, les filles justement qui se sont approch&#233;es du cort&#232;ge en interpellant les manifestants : &#171; &lt;i&gt;Venez, venez qu'on vous lib&#232;re nous aussi ! &lt;/i&gt; &#187; (rires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enqu&#234;te sociologique, pilot&#233;e par des int&#233;r&#234;ts politiciens, a abouti &#224; un bluff complet. Elle ne parle ni de la drogue, ni des investissements des bourgeois perpignanais dans les clubs de la Jonqu&#232;re, ni des camionneurs qui sont les premiers clients des filles et sont aussi impliqu&#233;s dans le trafic de dope. 3&#8200;700 camions s'arr&#234;tent chaque jour &#224; la Jonqu&#232;re. Un apart&#233; concernant ce point : avec mon &#233;quipe, on vient tout juste d'entamer de nouvelles recherches destin&#233;es &#224; comprendre pourquoi l'itin&#233;raire classique des routiers parcourant le grand axe europ&#233;en Belgique-Paris-Bayonne-Madrid est de plus en plus remplac&#233; par l'itin&#233;raire reliant Lyon et La Jonqu&#232;re par l'autoroute A9. Les premi&#232;res d&#233;clarations faites par des camionneurs exp&#233;riment&#233;s continuant &#224; faire le trajet historique nous disent : comme on recrute de plus en plus de camionneurs issus des pays de l'Est pay&#233;s 800 euros alors qu'un camionneur fran&#231;ais touche 1&#8200;800 euros, la Jonqu&#232;re devient une &#233;tape indispensable pour ces gars sous-pay&#233;s. Avec les trafics possibles sur place, ils doublent leur salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, dans &lt;i&gt;La Mondialisation criminelle &lt;/i&gt; tu mets en ab&#238;me deux r&#233;alit&#233;s apparemment contradictoires : d'un c&#244;t&#233; une marchandisation du corps des femmes port&#233;e &#224; un rythme quasiment industriel (tu estimes &#224; 11 000 le nombre de prostitu&#233;es de l'Est travaillant dans les bordels du Levant espagnol) ; de l'autre des femmes avec une grande dignit&#233; et qui semblent assumer pleinement leur choix. Comment expliquer ce paradoxe ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces femmes font partie des migrants les plus stigmatis&#233;s. Ah ! ces pauvres filles venues de ces soci&#233;t&#233;s pourries de l'Est&#8230; Mes enqu&#234;tes ont pour but de rectifier cette image. Au bout de cinq ans pass&#233;s dans les clubs espagnols, certaines ont accumul&#233; un pactole entre 120 et 180&#8200;000&#8200;euros mis de c&#244;t&#233; avec la gestion familiale. Certaines rentrent chez elles ouvrir un h&#244;tel ou une boutique, d'autres continuent dans l'&lt;i&gt;escort&lt;/i&gt;, d'autres disparaissent de la circulation. Quoi qu'on en pense, l'ascenseur social via les bordels espagnols a fonctionn&#233; et n'aurait jamais march&#233; si elles &#233;taient rest&#233;es au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des entretiens, les filles me disent : &#171; &lt;i&gt;Quand je suis pute&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire demain, hier, tout &#224; l'heure. Leur corps, elles l'appr&#233;hendent en deux dimensions : une, totalement prise par l'institution commerciale (je ne suis qu'une marchandise, j'ai tous les mots sur moi-m&#234;me pour me vendre comme marchandise), l'autre, o&#249; j'envoie chier cette marchandise ; que je honnis. C'est gr&#226;ce &#224; cette distance qu'elles peuvent parler si facilement. J'ai acquis cette intuition que ces filles se cr&#233;ent un double d'elles-m&#234;mes : un qui vit la r&#233;alit&#233; du bordel, l'autre qui reste avec la parent&#232;le&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une fois leur situation administrative r&#233;gl&#233;e en Espagne, les filles font (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Moi avec la parent&#232;le, je n'ai jamais quitt&#233; mon village et ma famille. Et je vais y retourner. On travaille tous ensemble. On en parle tous les soirs. Quand je ram&#232;ne de l'argent, ma famille ne me demande pas dans quel &#233;tat est mon cul. Elle me dit bient&#244;t on en aura trop pour le mettre dans telle ou telle banque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ton dernier livre, tu utilises le concept de &#171; &lt;i&gt;moral area&lt;/i&gt; &#187;. D'o&#249; vient cette notion et en quoi est-elle pertinente pour l'avanc&#233;e de tes recherches ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en relation avec des coll&#232;gues de l'universit&#233; de Californie &#224; Los Angeles, qui travaillent sur la notion de fronti&#232;re. Ils utilisent une m&#233;thode d'analyse qui date des ann&#233;es 30, &#233;poque de la grande &#233;cole de sociologie de Chicago (rien &#224; voir avec les &#233;conomistes). Le sociologue Robert Ezra Park avait empiriquement mis au point une notion, qui est aussi une m&#233;thode : pour comprendre comment, dans le Chicago de la prohibition, le commerce de l'alcool, des drogues et des femmes est prosp&#232;re et fa&#231;onne la ville, il faut accr&#233;diter l'id&#233;e qu'existe, ind&#233;pendamment du territoire institutionnel et officiel que nous d&#233;crivent les discours des politiques, techniciens et am&#233;nageurs, un autre territoire qu'on va appeler &#171; &lt;i&gt;territoire de m&#339;urs&lt;/i&gt; &#187; (moral area) qui ob&#233;it &#224; d'autres logiques. Mus par la m&#234;me recherche d'un plaisir, les gens, riches ou pauvres, se m&#234;lent. Ils confluent vers des carrefours mouvants o&#249; ils auront acc&#232;s soit au jeu, soit aux femmes, soit aux drogues, etc. Pour Park, cette zone, d&#233;finie par les plus grandes amplitudes des mobilit&#233;s pour venir &#224; la centralit&#233; prostitution-psychotrope, dit les contours r&#233;els de la ville de Chicago.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs discours, les politiques entretiennent l'id&#233;e qu'il n'y a pas de rapport entre les trafics nocturnes et le fonctionnement diurne d'une ville. Faisant cela, ils produisent une contre-morale qui devient la morale bourgeoise. Pour Park, tout est en continuit&#233;. Le jour venu, le pognon des trafics passe aux banques et tout rentre dans le fonctionnement officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Outre la mer Noire et le Sud italien, tu d&#233;finis une troisi&#232;me &#171; &lt;i&gt;moral area&lt;/i&gt; &#187; qui irait de Sitges (sud de Barcelone), lieu r&#233;put&#233; pour sa prostitution homosexuelle, au d&#233;partement frontalier des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales (P.-O.) connu pour son client&#233;lisme structurel.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les P.-O., la coke et l'h&#233;ro ont disparu des circuits officiels et on voit d&#233;ferler depuis quelque temps les nouveaux produits de synth&#232;se (NPS) : des drogues chimiques de la famille des speeds que l'on classe entre les m&#233;thamph&#233;tamines et les ecstasys. Il faut savoir que ces produits chimiques disparaissent du sang en 24h, en 12h dans les urines et n'apparaissent pas dans les cheveux. Ils ont donc un grand int&#233;r&#234;t mais un inconv&#233;nient aussi : ils se vendent beaucoup moins cher que la coke et l'h&#233;ro. Pour les dealers, il y a un vrai manque &#224; gagner : tandis que le gramme d'h&#233;ro rapportait 10-12 euros de b&#233;n&#233;fice, avec les chimiques, on tombe &#224; 3-4 euros. Il leur faut donc capter un nouveau march&#233;. On avait eu vent d'informations selon lesquelles des gosses du d&#233;partement des P. O. touchaient de plus en plus &#224; ces produits. On a commenc&#233; quelques observations &#224; la sortie des coll&#232;ges et on a rep&#233;r&#233; des jeunes entre 13 et 15 ans qui en consommaient. Sur les 19 &#224; qui on a pu parler, 12 &#233;taient plac&#233;s dans des familles d'accueil par l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE). Que des gosses fragilis&#233;s et plac&#233;s sous protection de l'ASE tombent l&#224;-dedans m'a choqu&#233;. J'ai &#233;crit &#224; l'ASE et demand&#233; une entrevue. La r&#233;ponse a &#233;t&#233; : on n'a pas de gosse drogu&#233; chez nous. J'ai insist&#233; : pourtant, vous envoyez des gosses dans des familles d'accueil dont certaines sont connues pour leur addiction. Jamais nous ne faisons &#231;a. Pourtant, nous on en conna&#238;t. On veut pas savoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; plusieurs reprises, tu pointes le &#171; &lt;i&gt;contexte client&#233;liste&lt;/i&gt; &#187; du d&#233;partement des P.-O. entretenu notamment par les &#233;lus du conseil g&#233;n&#233;ral (CG). Or l'ASE est une mission d&#233;volue au CG.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 300 familles accueillent des enfants dans les villages des P.-O. Les revenus g&#233;n&#233;r&#233;s sont consid&#233;r&#233;s comme des salaires dans ce d&#233;partement de grande pauvret&#233; et participent &#224; cr&#233;er une vraie manne client&#233;liste. &#192; la botte du CG, l'ASE veille &#224; la paix parmi ses &#171; clients &#187; qui ne sont pas les gosses, mais les familles d'accueil. Parmi les experts qui d&#233;cident que tel enfant doit &#234;tre retir&#233; de sa famille et plac&#233;, je n'ai identifi&#233; que des gens pay&#233;s soit par des associations subventionn&#233;es par le CG, soit par le CG. Pour les recours, le CG a mis en place une association de neuf avocats, tous coopt&#233;s, seule habilit&#233;e &#224; recevoir les plaintes des enfants de l'ASE. Tout est barricad&#233;. En outre, nous avons rencontr&#233; 49 jeunes adultes qui avaient &#233;t&#233; sous tutelle de l'ASE : 65% &#233;taient dans l'addiction et 25% se prostituaient. En &#233;largissant l'&#233;chantillon &#224; 180, on a &#233;tabli qu'un tiers allaient se prostituer en Espagne : les gar&#231;ons &#224; Sitges et les filles dans les clubs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#171; aire morale &#187; d&#233;limit&#233;e par l'usage des psychotropes et la prostitution, Perpignan occupe, non pas une place d'extension des places commerciales, mais une place de vivier, de lieu de formation de jeunes prostitu&#233;-e-s. C'est aussi dans ce vivier, notamment par le biais d'enfants d&#233;j&#224; fragilis&#233;s, que s'ancre et se d&#233;veloppe le march&#233; des drogues de synth&#232;se. Pendant ce temps, les notables du d&#233;partement continuent leur client&#233;lisme, soi-disant bon enfant, en tenant leur discours officiel : &#171; &lt;i&gt;Chez nous, c'est propre&lt;/i&gt; &#187;. Tu as d&#251; remarquer que la prostitution sur les axes routiers n'appara&#238;t qu'une fois franchies les limites du d&#233;partement, au niveau de Port-la-Nouvelle et La Palme dans l'Aude. Il s'agit de ne pas attirer l'attention. Entre omerta et contention, le fonctionnement du client&#233;lisme roussillonnais se calque parfaitement sur la forme morale mafieuse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comptes en berne cherchent argent sale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au niveau mondial, certains chiffres sont tellement &#233;normes qu'ils veulent tout et rien dire. Qu'on en juge : chiffre d'affaires de la prostitution : 130 milliards d'euros ; chiffre d'affaires du trafic de drogue : la fourchette oscille entre 275 et 455 milliards d'euros. Des masses de pognon qui ne font pas saliver que les dealers et les proxos. L'ann&#233;e derni&#232;re, Eurostat, l'institut europ&#233;en de la statistique, pr&#233;conisait aux &#201;tats membres de l'UE de faire appara&#238;tre dans leur PIB les activit&#233;s &#233;conomiques ill&#233;gales. La raison invoqu&#233;e : harmoniser les bases de calcul des diff&#233;rents PIB entre nations dites permissives comme les Pays-Bas et celles prohibitionnistes. Seul crit&#232;re : pour &#234;tre pris en compte, les &#233;changes de la sph&#232;re criminelle doivent &#234;tre librement consentis. Soumis &#224; des purges budg&#233;taires, certains pays ont dit &#171; &lt;i&gt;tope l&#224;&lt;/i&gt; &#187; aux technocrates bruxellois. Sortant sa calculette, le Royaume-Uni a estim&#233; que ces nouvelles r&#232;gles feraient gagner &#224; son PIB un petit point et une place dans le classement des puissances &#233;conomiques mondiales (devant la France). Bingo ! a dit l'Italie chez qui l'&#233;conomie criminelle est &#233;valu&#233;e &#224; 10% de son PIB. Les Belges et les Espagnols ont fait mine de se faire d&#233;sirer avant de promettre de s'aligner sur le nouveau dogme. Reste la France qui, par le biais de l'Insee, a rugi un incorruptible &#171; &lt;i&gt;Que nenni !&lt;/i&gt; &#187;. Exception faite, bien s&#251;r, de ces quelques milliers de putes qui d&#233;clarent chaque ann&#233;e leurs revenus au fisc. Apr&#232;s les patrons voyous, bient&#244;t un Medef des julots casse-cro&#251;te&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. les articles &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Afghan-connection&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afghan connection&lt;/a&gt; &#187; in &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;81 et &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Puta-s-fever&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Puta's fever&lt;/a&gt; &#187; in &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;82.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#201;trangers de passage&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La mondialisation criminelle&lt;/i&gt;, &#201;dition de l'Aube, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agit de S&#233;gol&#232;ne Neuville, actuelle secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e des Personnes handicap&#233;es et de la Lutte contre l'exclusion. Ancienne d&#233;put&#233;e PS des P.-O., elle d&#233;fendit le projet de loi de p&#233;nalisation des clients des prostitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une fois leur situation administrative r&#233;gl&#233;e en Espagne, les filles font venir des membres de leur famille et des proches qui vont les accompagner et seront les &#171; garants &#187; du retour au pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Foot f&#233;minin : des sir&#232;nes bien en jambes</title>
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		<dc:date>2014-07-23T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Le foot aide &#224; d&#233;passer le train-train quotidien. Apr&#232;s l'effort d'aller &#224; l'&#233;cole, vient le r&#233;confort du jeu. &#187; &#192; l'Estaque, une &#233;quipe de foot f&#233;minin (LSC-Estaque-S&#233;on) a fait sa place au soleil. La parole est &#224; Beka, l'entra&#238;neur, et &#224; C&#233;lia, M&#233;lissa, Sandra, &#171; des joueuses, des battantes &#187;. M&#233;lissa a appris &#224; jouer au pied des immeubles, avec les gar&#231;ons. &#171; Ils m'ont toujours respect&#233;e, beaucoup. &#187; L'air s&#233;rieux, elle arbore un maillot du Bar&#231;a dans les couloirs du nouveau centre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Melissa" rel="tag"&gt;M&#233;lissa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le foot aide &#224; d&#233;passer le train-train quotidien. Apr&#232;s l'effort d'aller &#224; l'&#233;cole, vient le r&#233;confort du jeu. &lt;/i&gt; &#187; &#192; l'Estaque, une &#233;quipe de foot f&#233;minin (LSC-Estaque-S&#233;on) a fait sa place au soleil. La parole est &#224; Beka, l'entra&#238;neur, et &#224; C&#233;lia, M&#233;lissa, Sandra, &#171; &lt;i&gt;des joueuses, des battantes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#233;lissa a appris &#224; jouer au pied des immeubles, avec les gar&#231;ons. &#171; &lt;i&gt; Ils m'ont toujours respect&#233;e, beaucoup. &lt;/i&gt; &#187; L'air s&#233;rieux, elle arbore un maillot du Bar&#231;a dans les couloirs du nouveau centre social. Beka, son entra&#238;neur, la porte aux nues : &#171; &lt;i&gt;M&#233;lissa, c'est la Maradona de l'&#233;quipe, c'est notre milieu cr&#233;ateur !&lt;/i&gt; &#187; L'int&#233;ress&#233;e ne rougit pas, mais cligne des yeux sous le compliment : &#171; &lt;i&gt;&#192; la base, je jouais dehors, dans la rue, puis &#224; la Castellane, la cit&#233; la plus proche de chez moi, o&#249; on jouait en District, &#224; sept. Apr&#232;s, je suis all&#233;e &#224; Aix, en DH, et l&#224;, on jouait &#224; onze, contre des villes, pas contre des quartiers. Puis j'ai tent&#233; ma chance au centre de formation de Lyon. Comme &#231;a me passionne, je r&#234;vais de devenir professionnelle, mais je suis vite redescendue sur terre, parce que j'avais pas de bons bulletins. Alors je suis venue ici.&lt;/i&gt; &#187; Ici, c'est l'Estaque, dans les quartiers Nord de Marseille. &#171; &lt;i&gt;C'est terrible, &#224; Marseille, il n'y en a que pour l'OM, il ne reste que des miettes pour les &#233;quipements de quartier&lt;/i&gt; &#187;, souligne Beka, &#233;ducateur de rue et pr&#233;sident du LSC-Estaque-S&#233;on. &#171; &lt;i&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, on avait rien, les filles se changeaient dans la fourgonnette.&lt;/i&gt; &#187; Mais il en fallait plus pour le d&#233;courager. &#192; Pasteur, le bidonville des hauts de l'Estaque o&#249; Beka a grandi, &#171; &lt;i&gt;le p&#232;re de Kader avait un bar et nous pr&#234;tait la cave ; c'est l&#224; qu'on a appris &#224; jouer au baby-foot, &#224; la bougie ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH625/foot--yohanne-9e03c.jpg?1782642377' width='500' height='625' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Sandra est une des trois filles de Beka : &#171; &lt;i&gt;Nos m&#232;res n'aiment pas trop &#231;a, parce qu'on se fait mal&#8230; La s&#339;ur de C&#233;lia s'est p&#233;t&#233; deux fois le genou. Moi, j'ai re&#231;u un ballon en pleine figure et &#231;a m'a &#233;clat&#233; les vaisseaux d'un &#339;il. &lt;/i&gt; &#187; Son p&#232;re fait les pr&#233;sentations : &#171; &lt;i&gt;C&#233;lia, c'est la buteuse. Sandra, la stoppeuse. Avec M&#233;lissa, elles sont l'ossature de l'&#233;quipe. Elles savent se parler, accueillir les nouvelles&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ici, la culture de la gagne, &#231;a ne veut pas dire faire n'importe quoi. &#171; &lt;i&gt;On a un peu n&#233;glig&#233; les titres pour prendre le temps de construire un groupe &#233;quilibr&#233;, y compris avec une fille qui avait un handicap moteur et de gros probl&#232;mes familiaux, m&#232;re c&#233;libataire, etc. On n'est pas &#224; la poursuite de la gloire, on veut juste ne laisser personne sur le bord de la route. J'ai 80 filles au total, &#224; partir de 4 ans ! Elles, ce sont les seniors.&lt;/i&gt; &#187; M&#233;lissa a 19 ans, Sandra et C&#233;lia, 18. Sandra : &#171; &lt;i&gt;Mon grand fr&#232;re m'emmenait voir les matchs de l'&#233;quipe Kuhlmann. &#199;a m'a plu, je m'y suis mise et on m'a m&#234;me propos&#233; d'aller dans un centre de formation, mais ma m&#232;re n'a pas voulu, elle disait que j'&#233;tais trop jeune.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;buts n'ont pas &#233;t&#233; faciles. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait pas gagn&#233;, mais maintenant, le quartier nous le rend bien, chaque fois qu'on joue, le stade est plein, il y a les fr&#232;res, les oncles, les tantes. &lt;/i&gt; &#187; Depuis dix ans, l'&#233;quipe a organis&#233; un pressing de tous les instants. &#171; &lt;i&gt;Ici, il n'y a pas beaucoup d'activit&#233;s pour les gamines. Moi-m&#234;me, &#233;tant papa de trois filles, &#231;a me touchait de pr&#232;s. Je suis de la vieille &#233;cole, mais avec l'esprit ouvert. J'ai b&#233;n&#233;fici&#233; de la confiance des parents, puisque &#231;a fait des ann&#233;es que je bosse dans le monde associatif, pour sortir les gamines du quotidien, de la cuisine et des jupes de la maman, &#224; travers le sport.&lt;/i&gt; &#187; Responsable du secteur ado au centre social, Beka s'occupe du club de foot sur son temps libre, avec trois autres b&#233;n&#233;voles, S&#233;bastien, Kahina et Kader. Un toubib et un pharmacien donnent la main en fournissant les premiers soins pour les petits bobos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kader et Beka ont grandi &#224; Pasteur et vivent toujours au m&#234;me endroit, en HLM. Les habitants se sont battus pour &#234;tre relog&#233;s sur place, avec les m&#234;mes voisins que dans le bidonville, d&#233;truit dans les ann&#233;es 1990. &#171; &lt;i&gt; Notre boulot a d'abord &#233;t&#233; de changer les mentalit&#233;s. Que les copains du grand fr&#232;re, au lieu de lui dire, &#8220;Oh tu as vu, ta s&#339;ur elle se balade en short&#8221;, ils disent plut&#244;t, &#8220;Oh, elle fait du foot, c'est bien&#8221;. D&#232;s les premiers entra&#238;nements, je les ai vu se l&#226;cher, se d&#233;fouler, sortir tellement de choses qu'elles gardaient en elles&#8230; On voyait qu'elles avaient des capacit&#233;s physiques, techniques et surtout morales. Je parle de filles entre quinze et dix-sept ans. En 2004, on a essay&#233; de les m&#233;langer avec les gar&#231;ons, mais ils &#233;taient un peu machos : &#8220;Le foot c'est pas pour les gonzesses&#8221;. &lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia commente : &#171; &lt;i&gt; Jusqu'&#224; treize ans, le r&#232;glement permet la mixit&#233;. Apr&#232;s, les filles pr&#233;f&#232;rent souvent se tourner vers la danse ou des activit&#233;s plus chichiteuses&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout doucement, les mentalit&#233;s &#233;voluent, constate Beka. &#171; &lt;i&gt; &#199;a a &#233;t&#233; plus facile parce que mes trois filles jouent avec moi, &#231;a inspire confiance. &lt;/i&gt; &#187; Au d&#233;part, le club s'inscrit en Ufolep (foot loisir, initiation multisport) : pour voir si certaines ne voulaient pas se diriger vers le basket, le volley&#8230; &#171; &lt;i&gt;Mais elles ont toutes voulu faire du foot ! &lt;/i&gt; &#187; Une premi&#232;re. Les filles jouaient en surv&#234;tement m&#234;me &#224; 40&#176; &#224; l'ombre. Se mettre en short &#233;tait impensable, &#171; &lt;i&gt;elles avaient honte du grand fr&#232;re&lt;/i&gt; [sic] &#187;. Puis il y a eu l'affaire du voile. &#171; &lt;i&gt;J'en ai une, Asma, qui avait peur de jouer, peur que ce soit interdit. Et puis le pr&#233;sident de la FFF a d&#233;clar&#233; &#224; la t&#233;l&#233; qu'elle pouvait jouer. De toute fa&#231;on, faut pas exag&#233;rer, elle se couvre juste les cheveux avec un tissu. C'est le seul cas chez nous, mais c'est vrai que c'est de plus en plus courant. Il y en a qui sont voil&#233;es ici et qui se d&#233;couvrent quand elles vont au bled ! Moi, mes filles sont pratiquantes, elles mettent le foulard pour prier &#224; la maison, mais apr&#232;s elles se mettent la mini-jupe et elles sortent normales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; performance, il y a eu beaucoup de d&#233;faites et de nuls avant de savourer la premi&#232;re victoire. &#171; &lt;i&gt;En 2008, on a eu le prix du fair-play. On se prenait des branl&#233;es, mais on encaissait avec le sourire. Apr&#232;s, on a pay&#233; notre licence &#224; la FFF, avec toutes les obligations qui vont avec, visite m&#233;dicale, autorisation parentale&#8230; Et on a fait un vrai championnat, le U-18, &#224; sept. Les deux premi&#232;res saisons, &#231;a a &#233;t&#233; mi-figue mi-raisin. Puis, en 2011-2012 et 2012-2013, on a fini championnes de Provence.&lt;/i&gt; &#187; Deux ann&#233;es cons&#233;cutives, du jamais vu. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s &#231;a, les petites ont voulu se mettre &#224; onze. 2013-2014 a &#233;t&#233; une saison de transition. On a l'Everest &#224; franchir et on a atteint la Galline&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colline surplombant l'Estaque.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; !&lt;/i&gt; &#187; En h&#244;te irr&#233;prochable, Mathieu, le directeur du centre social, offre l'ap&#233;ro sur une table &#224; l'ext&#233;rieur. Beka poursuit : &#171; &lt;i&gt;Mes footeuses ont entre 18 et 21 ans, elles ont jou&#233; contre des femmes d'une trentaine d'ann&#233;es et elles ont tenu t&#234;te, je suis fier d'elles, franchement. Qu'il neige ou qu'il vente, elles sont toujours l&#224;, elles en veulent. Je regrette qu'une chose, c'est qu'on n'a pas encore de terrain appropri&#233;. On n'a m&#234;me pas de synth&#233;tique, on joue sur de la terre battue, je te dis pas les &#8220;pizzas&#8221; qu'elles se font, peuch&#232;re, sur les cuisses, les genoux&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#192; Riaux, ils ont une pelouse synth&#233;tique depuis peu, &#171; &lt;i&gt;mais il y a une fronti&#232;re entre eux et nous. Mais j'en veux &#224; personne au niveau du quartier, par contre, les institutions&#8230; Tu imagines, il y a des gens qui traversent Marseille pour venir s'entra&#238;ner ici. Du coup, on doit partager nos cr&#233;neaux avec eux.&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia, qui habite Riaux : &#171; &lt;i&gt; De toute fa&#231;on, on peut pas y aller, il y a le bar, les gar&#231;ons, on n'a pas le droit. Pour un match, &#231;a va, mais aller s'entra&#238;ner l&#224;-bas, non. Mon p&#232;re, mon fr&#232;re ne veulent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On est un club sans toit, heureusement que le centre social nous soutient&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Beka. &lt;i&gt;Aujourd'hui, on est reconnus. Si tu les vois dans leurs maillots, elles sont magnifiques, elles sont fi&#232;res ! Au d&#233;but, les parents avaient peur qu'elles deviennent des gar&#231;ons manqu&#233;s, que leurs jambes se d&#233;forment. Aujourd'hui, elles sont trop belles, les parents hallucinent ! Elles sont bien dans leur t&#234;te, en confiance.&lt;/i&gt; &#187; Sandra confirme : &#171; &lt;i&gt; On est bien plus que des co&#233;quipi&#232;res, on est des copines. Le LSC est un club familial, avec une bonne mentalit&#233;. &#199;a se ressent dans les matches, il y a beaucoup de solidarit&#233;, on s'amuse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui &#224; 19 ans &#233;tait le troisi&#232;me gardien de la s&#233;lection alg&#233;rienne explique sa philosophie : &#171; &lt;i&gt; LSC-Bassin de S&#233;on, pour Loisir Sport Culturel. &#8220;Loisir&#8221; parce que le foot est avant tout un jeu. Et &#8220;Culturel&#8221;, parce qu'il y a ce brassage, ce m&#233;lange de cultures qui fait la force de ce quartier. J'ai tenu &#224; mettre &#8220;bassin de S&#233;on&#8221;, parce que &#231;a prend des Riaux jusqu'&#224; Saint-Andr&#233;, c'est pas seulement l'Estaque.&lt;/i&gt; &#187; Soit dit en passant, Beka ne supporte pas les Parisiens qui rach&#232;tent tout et se croient chez eux, comme si, ici, c'&#233;tait la C&#244;te-d'Azur. &#171; &lt;i&gt;Avant, l'Estaque, c'&#233;tait que des jardins et la mer, dessous, c'est que de l'argile. D'o&#249; l'implantation des tuileries. C'est &#231;a qu'on appelle le bassin de S&#233;on. La mer venait jusque-l&#224;, il n'y avait pas de route en bas, pas le quai. Dans ma jeunesse, on prenait le bain l&#224;, en face des bars. La seule route, c'&#233;tait celle qui passe sous la gare. Quand on parle de l'Estaque, c'est pas de la nostalgie, mais moi j'ai envie de pleurer, je te jure. C'est cet esprit de quartier qu'on essaie de transmettre aux filles. &#8220;On l&#226;che rien&#8221;, c'est la devise. Des ann&#233;es de bagarre pour obtenir un centre social. La m&#234;me chose &#224; l'entra&#238;nement : on repousse nos limites physiques et mentales. G&#233;rer un conflit de quartier, la vie de groupe ou un match, c'est pareil.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me par -5&#176;, le maillot tremp&#233;, les filles se donnent &#224; fond. &#171; &lt;i&gt;On met tout en &#339;uvre pour qu'elles s'&#233;clatent, mais on parle ni d'argent, ni de gloire&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Beka. &lt;i&gt;Pour le fonctionnement, on a 10 000 euros de la politique de la Ville&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Subvention menac&#233;e par une restriction de 50 % des territoires concern&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, 5 000 de la R&#233;gion et une aide en mat&#233;riel de la mairie de secteur. Je raccole un ou deux commer&#231;ants pour le sponsoring des maillots. Ces filles, elles valorisent leur quartier. Elles ont une certaine notori&#233;t&#233;, elles n'ont plus honte de faire leur footing sur les trottoirs. Apr&#232;s l'entra&#238;nement, je les raccompagne &#224; la maison, m&#234;me celles qui viennent de Noailles &#8211; le bouche &#224; oreille et Facebook nous ram&#232;ne des filles d'en ville. Notre projet est &#224; long terme. &#201;chelon par &#233;chelon, sans griller les &#233;tapes &#8211; de toute fa&#231;on j'ai pas les moyens de l'OM&#8230; &#8211;, on va y arriver. Moi, mon but, c'est de voir une Estaqu&#233;enne interview&#233;e &#224; la t&#233;l&#233; et dire voil&#224;, je viens de l&#224;, j'ai commenc&#233; l&#224;. Qu'elles soient fi&#232;res de leur parcours, parce qu'en faisant du sport de quartier, on &#233;vite les rancunes, les bagarres, les mauvaises fr&#233;quentations. L&#224;, on apprend &#224; partager, &#224; voir le sport autrement. On joue, onze contre onze, il y a une complicit&#233;, un sentiment collectif. Par les temps qui courent, c'est important.&lt;/i&gt; &#187; M&#233;lissa approuve : &#171; &lt;i&gt;En v&#233;rit&#233;, j'ai d&#251; faire un gros travail sur moi-m&#234;me, parce qu'en fait, on dirait pas, mais j'ai mauvais caract&#232;re, je m'&#233;nerve vite. L&#224;, pour jouer en &#233;quipe, j'ai d&#251; apprendre &#224; dominer mes nerfs.&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia rench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si on perd, on rigole. On se crie dessus sur le coup, mais apr&#232;s, c'est fini. On est le seul club comme &#231;a, quand on voit les autres, elles se battent entre elles, &#231;a part en live, l'entra&#238;neur est oblig&#233; de faire sortir des joueuses pour les s&#233;parer&#8230; Nous non, jamais.&lt;/i&gt; &#187; Sandra met un b&#233;mol : &#171; &lt;i&gt; Bon, on va pas se mentir, une fois, petites, on s'est battues entre nous &#8211; au d&#233;part de l'embrouille, c'&#233;tait moi ! Mon p&#232;re nous a calm&#233;es en nous parlant d'esprit d'&#233;quipe. Il nous a dit qu'on &#233;tait comme des s&#339;urs, et depuis, &#231;a y est, on s'aime trop ! Un gros mot peut nous &#233;chapper sur le terrain, mais jamais devant Beka, c'est notre p&#232;re &#224; toutes &#8211; bon, il se trouve que c'est le mien pour de vrai, en plus !&lt;/i&gt; &#187; C'est confirm&#233; : ici, on rigole bien.
&#171; &lt;i&gt;Il y en a qui essaient de d&#233;baucher nos filles pour monter une &#233;quipe, mais elles disent non, on reste &#224; l'Estaque&lt;/i&gt;, se rengorge Beka. &lt;i&gt;Dans le championnat de Provence, comme &#233;quipes marseillaises, il n'y a que nous, Mazargues et l'OM. En onze, on est les seules &#224; repr&#233;senter les quartiers Nord. Mon but, c'est de ne refuser personne. Les mentalit&#233;s ne sont pas les m&#234;mes. On a appris &#224; prendre des gamelles et maintenant qu'on commence &#224; gagner, nous sommes attendues partout. On sait se comporter, le dimanche elles viennent en surv&#234;tement, elles sont &#233;l&#233;gantes, elles serrent la main aux adversaires. On les invite &#224; la troisi&#232;me mi-temps, on boit un jus de fruit ensemble et on s'en va. On a appris &#231;a, pas besoin d'insulter. Moi, j'ai vu des &#233;quipes, monsieur, leurs filles elles arrivent avec le joint &#224; la bouche. Les miennes, m&#234;me pas une cigarette.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandra aime parler tactique : &#171; &lt;i&gt;Cette ann&#233;e, comme nous &#233;tions nouvelles en onze, on a jou&#233; beaucoup en d&#233;fense, pour ne pas prendre trop de buts. Mais par go&#251;t, on pr&#233;f&#232;re l'attaque. De toute fa&#231;on, quand tu joues trop bas, tu finis par encaisser. Il faut dire aussi que cette saison, on avait juste l'effectif pile-poil, sans rempla&#231;antes.&lt;/i&gt; &#187; Elle nuance les propos de son p&#232;re : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; suspendue pendant huit matches. Du coup, elles ont jou&#233; toute la fin de saison &#224; 10, ou m&#234;me 9 ! &lt;/i&gt; &#187; Et elle ajoute, le regard franc et direct : &#171; &lt;i&gt;J'aurais aim&#233; que ce soit juste pour un mauvais tacle, mais c'est parce qu'on s'est battues avec les adversaires&#8230; En fait, j'ai d&#233;fendu ma copine, mais c'est moi qui ai pris. Ils me connaissaient, j'avais d&#233;j&#224; eu des rouges avant&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Beka contre-attaque en contextualisant : &#171; &lt;i&gt;Le foot, c'est l'un des sports les plus violents. Pendant la Coupe du monde de rugby, je les ai emmen&#233;es voir un match. Elles m'ont dit : &#8220;On n'avait jamais vu une tribune aussi pleine et pas un gros mot, avec tous ces supporters m&#233;lang&#233;s&#8221;. Une autre fois, je les ai emmen&#233;es visiter le Camp Nou, lors d'un tournoi &#224; Barcelone, o&#249; on a perdu contre des Allemandes en finale &#8211; elles faisaient 1m80 et on a perdu 1-0 ! C'&#233;tait la derni&#232;re saison &#224; sept, on a termin&#233; super bien. Apr&#232;s, elles se sont pos&#233; un challenge, &#8220;on veut jouer &#224; onze&#8221;. On s'est accord&#233; un an pour s'adapter. Il y a des automatismes &#224; trouver, la surface qui a doubl&#233;. Les r&#232;gles, les hors-jeu, c'est pas pareil. On a quand m&#234;me fini en milieu de tableau, 7 e sur 14, c'est pas mal. Moi, je suis fier, fier, fier ! M&#233;lissa, C&#233;lia, ma fille, c'est toutes des battantes. Contre Aix, Sandra a d&#251; sortir, et une autre s'est bless&#233;e, elle s'est fait une &#8220;pizza&#8221; sur la cuisse, mais les autres l'ont convaincue de rester sur le terrain, elle a tenu le coup et on a gagn&#233; 2-0. La fille bless&#233;e, les autres l'ont port&#233;e en triomphe ! &#8220;Je sens plus rien&#8221;, elle cr&#226;nait. J'en avais les larmes aux yeux, c'&#233;tait magnifique.&lt;/i&gt; &#187; Et pour la saison &#224; venir, le club recrute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Colline surplombant l'Estaque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Subvention menac&#233;e par une restriction de 50 % des territoires concern&#233;s par la politique de la Ville. Restriction pr&#233;vue par le gouvernement Valls sous pr&#233;texte de focaliser tous ses moyens sur les grands ensembles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'int&#233;gration, c'est du racisme !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>flegme apparent</dc:subject>
		<dc:subject>susceptible</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'Arabe est susceptible et voile sa femme, ses filles et ses s&#339;urs. Derri&#232;re son flegme apparent, l'Angliche est faux-cul. Quelle fourberie cache le masque de discr&#233;tion du Chinois ? On sait aussi l'Antillais langoureux et l'Africain polygame. L'Allemand est bosseur et disciplin&#233;. Le Grec est une feignasse et le Turc une brute. Et les Norv&#233;giens boivent dans des cr&#226;nes&#8230; Dommage que Manuel Valls ait finalement &#233;t&#233; recadr&#233; apr&#232;s ses d&#233;clarations sur les Roms qui &#171; ne veulent pas s'int&#233;grer &#187;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Edito" rel="tag"&gt;&#201;dito&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Soeurs" rel="tag"&gt;S&#339;urs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-Arabe" rel="tag"&gt;L'Arabe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/flegme-apparent" rel="tag"&gt;flegme apparent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/susceptible" rel="tag"&gt;susceptible&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Arabe est susceptible et voile sa femme, ses filles et ses s&#339;urs. Derri&#232;re son flegme apparent, l'Angliche est faux-cul. Quelle fourberie cache le masque de discr&#233;tion du Chinois ? On sait aussi l'Antillais langoureux et l'Africain polygame. L'Allemand est bosseur et disciplin&#233;. Le Grec est une feignasse et le Turc une brute. Et les Norv&#233;giens boivent dans des cr&#226;nes&#8230; Dommage que Manuel Valls ait finalement &#233;t&#233; recadr&#233; apr&#232;s ses d&#233;clarations sur les Roms qui &#171; &lt;i&gt;ne veulent pas s'int&#233;grer&lt;/i&gt; &#187;, car il aurait pu bien continuer &#224; se l&#226;cher sur les st&#233;r&#233;otypes &#171; ethniques &#187;&#8230; et fournir mati&#232;re &#224; r&#233;flexion &#224; tous les caf&#233;s du commerce du pays. D'ailleurs, les ma&#238;tres sondeurs sont formels : 65 &#224; 77 % des Fran&#231;ais se rangeraient derri&#232;re les &#233;ructations de Valls le Catalan. D&#233;sint&#233;grer les quelque 20 000 Roms pr&#233;sents sur notre sol pour r&#233;ussir l'int&#233;gration du PS dans un cloaque politique aliment&#233; par les prurits de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; et les surench&#232;res de Gilbert Collard, Alain Soral, Christian Estrosi, Samia Ghali ou Anne Hidalgo, le pari n'&#233;tait pas plus risqu&#233; que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_787 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH472/actu-lasserpe.-113-05-13866.jpg?1782648032' width='400' height='472' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pauvres parmi les pauvres, les Roms sont des cibles sans risque dans cette &#233;poque o&#249; courage et impertinence &#8211; &#171; &lt;i&gt;il faut dire la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187; est l'antienne pr&#233;alable &#224; vomir quelques immondices &#8211; sont synonymes de d&#233;gueulasseries contre plus vuln&#233;rable que soi. Au fait, il n'y a personne pour protester contre les conditions terrifiantes dans lesquels les Roms sont contraints de vivre et dont les &#233;lus locaux sont &#233;videmment complices ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le r&#233;servoir &#224; Roms venait &#224; s'ass&#233;cher, on pourra toujours cogner sur ces trois millions de ch&#244;meurs &#8211; ces assist&#233;s dans leurs canap&#233;s ! &#8211; auxquels une guerre sociale aussi vieille que le capitalisme est sans cesse d&#233;clar&#233;e. Plus d'un an apr&#232;s la mort du quinquennat sarkozyste, les &#233;pigones socialos s'entendent &#224; merveille pour recycler la principale ambition de leur ennemi d'hier : la fabrication par la peur la plus crasse d'une ethnie de beaufs aigris. Une entreprise qui ne serait pas totalement viable si on ne tenait compte du leurre le plus commun&#233;ment agit&#233; par les morfales de l'hyst&#233;rie m&#233;diatico-s&#233;curitaire : l'incompatibilit&#233; des musulmans avec la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce climat de r&#233;gression x&#233;nophobe g&#233;n&#233;ralis&#233;e, il est donc plus que bienvenu de se rem&#233;morer la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, h&#226;tivement et fallacieusement intitul&#233;e &#171; &lt;i&gt;Marche des beurs&lt;/i&gt; &#187;. Et de se demander, trente apr&#232;s, ce qu'il reste aujourd'hui de cette massive mobilisation cens&#233;e r&#233;concilier un peuple avec ses marges promises &#224; des flamb&#233;es d'opprobre et de violence r&#233;currentes ? En mars 2002, Jacques Chirac en visite dans le quartier du Val-Fourr&#233; &#224; Mantes-la-Jolie avait re&#231;u de la part d'un jeune cette remarque frapp&#233;e au coin de la plus haute &#233;vidence : &#171; &lt;i&gt; Ils ne nous parlent que d'int&#233;gration ! En v&#233;rit&#233;, c'est &#224; eux de s'int&#233;grer : ils ne nous connaissent pas, ils n'arr&#234;tent pas de nous insulter !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur le corps des petites filles</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sur-le-corps-des-petites-filles</link>
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		<dc:date>2012-08-22T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mademoiselle</dc:creator>


		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
		<dc:subject>Tanxxx</dc:subject>
		<dc:subject>filles</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogue</dc:subject>
		<dc:subject>jambes nues</dc:subject>
		<dc:subject>soutien-gorge</dc:subject>
		<dc:subject>culotte</dc:subject>
		<dc:subject>petites filles</dc:subject>
		<dc:subject>sol</dc:subject>
		<dc:subject>brune</dc:subject>
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		<dc:subject>jambes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une brune est assise sur le sol, ses jambes nues sont &#233;tendues devant elle. Ses cheveux ondul&#233;s lui tombent aux &#233;paules, son menton est relev&#233;, elle regarde au loin dans un demi-sourire. Elle ne porte qu'un soutien-gorge et une culotte coordonn&#233;s. Le catalogue vante les &#171; quelques centim&#232;tres de dentelle en finition &#187; du produit. Quelques pages plus loin, le mod&#232;le est cette fois-ci une blonde, arborant un soutien-gorge triangle et sa culotte assortie. Ses yeux sont bleus. Sur ses &#233;paules, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no102-juillet-aout-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;102 (juillet-ao&#251;t 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jambes-nues" rel="tag"&gt;jambes nues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soutien-gorge" rel="tag"&gt;soutien-gorge&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sol" rel="tag"&gt;sol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/brune" rel="tag"&gt;brune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/assise" rel="tag"&gt;assise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jambes" rel="tag"&gt;jambes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une brune est assise sur le sol, ses jambes nues sont &#233;tendues devant elle. Ses cheveux ondul&#233;s lui tombent aux &#233;paules, son menton est relev&#233;, elle regarde au loin dans un demi-sourire. Elle ne porte qu'un soutien-gorge et une culotte coordonn&#233;s. Le catalogue vante les &lt;i&gt;&#171; quelques centim&#232;tres de dentelle en finition &#187;&lt;/i&gt; du produit. Quelques pages plus loin, le mod&#232;le est cette fois-ci une blonde, arborant un soutien-gorge triangle et sa culotte assortie. Ses yeux sont bleus. Sur ses &#233;paules, deux m&#232;ches de cheveux tombent, s'&#233;chappant d'une queue-de-cheval que l'on devine. Elle se d&#233;hanche l&#233;g&#232;rement, appuyant son bassin et sa main sur une&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_447 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH403/102tanxxx-b10e5.png?1782657519' width='400' height='403' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;chaise, pos&#233;e pr&#232;s d'elle. Elle penche la t&#234;te sur le c&#244;t&#233; et sa bouche l&#233;g&#232;rement entrouverte laisse apercevoir une dentition particuli&#232;re : il lui manque une dent. Anormal ? Non, elle a simplement perdu une dent de lait, c'est une enfant. Elle pose dans un catalogue de vente par correspondance bien connu, &#224; la rubrique &#171; Enfants &#187;, &#171; Filles 2-14 ans &#187;. Les soutiens-gorge y sont pl&#233;thore. Les licornes, princesses et chatons jouxtent les dentelles et les froufrous. Certains &lt;i&gt;&#171; dessous &#187;,&lt;/i&gt; pour lesquels &lt;i&gt;&#171; on fond &#187;&lt;/i&gt;, selon le catalogue, arborent des &lt;i&gt;&#171; coussinets amovibles &#187;&lt;/i&gt;, pour rembourrer le soutien-gorge, ou des armatures pour &lt;i&gt;&#171; soutenir &#187;&lt;/i&gt; une poitrine&#8230; &#224; la taille 70 A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pages d&#233;filent. Apr&#232;s la lingerie, vient la rubrique &#233;t&#233;. Parmi les maillots de bain, on compte surtout des &#171; deux pi&#232;ces &#187;. Les petites filles sont invit&#233;es &#224; &lt;i&gt;&#171; imiter maman sur la plage &#187;&lt;/i&gt;, dans des maillots &lt;i&gt;&#171; tr&#232;s girly &#187;&lt;/i&gt; ou des slips &lt;i&gt;&#171; tanga &#187;&lt;/i&gt; extr&#234;mement &#233;chancr&#233;s afin de se &lt;i&gt;&#171; jeter &#224; l'eau en beaut&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Sur les photos, les petites posent comme des stars, ondulant du bassin, le sac &#224; main jet&#233; sur l'&#233;paule. Poses suggestives, regards s&#233;ducteurs&#8230; seule une bou&#233;e en forme de canard rappel incidemment l'enfance. Une enfance qui sera entrav&#233;e par les attaches, agrafes, bretelles, boucles, n&#339;uds, broderies et divers liens de ces maillots de bain qui ne sont pas faits pour bouger, jouer, courir&#8230; mais pour s'offrir &#224; la vue des autres, &#234;tre jolie. Il faudra prendre garde &#224; ce que le haut du maillot ne remonte pas, que la culotte ne bouge pas, &#233;chancr&#233;e comme elle est&#8230; Il faudra supporter ce lien qui agace le cou, cette bretelle qui tombe, ces agrafes qui blessent le dos. Entraver les corps, pour entraver les t&#234;tes. Le dressage commence t&#244;t. Gageons qu'il cognera bien plus fort que le soleil, cet &#233;t&#233;, sur le corps des petites filles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entre mama cacahu&#232;te et papa moustache</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Entre-mama-cacahuete-et-papa</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Entre-mama-cacahuete-et-papa</guid>
		<dc:date>2012-07-02T06:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>Genevi&#232;ve</dc:subject>
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		<dc:subject>Genevi&#232;ve Fraisse</dc:subject>
		<dc:subject>monde incontr&#244;l&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;voltes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De court v&#234;tues, elles sont align&#233;es le long des trottoirs du boulevard Barb&#232;s et des ruelles de la Goutte d'Or, &#224; Paris. Apr&#232;s les sans-pap' de la clope (voir CQFD n&#176;98), le Chien rouge est all&#233; &#224; la rencontre de Fatou, tapin de trente-deux ans, qui arpente un enfer pav&#233; de menus espoirs. &#171; Il y a trop de monde &#224; Barb&#232;s, trop de monde incontr&#244;l&#233; surtout &#187;, &#233;crivait en 1980 Genevi&#232;ve Fraisse dans Les R&#233;voltes logiques. Fatou, elle, est une sacr&#233;e incontr&#244;l&#233;e, qui plus est pas facile &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no100-mai-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;100 (mai 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Genevieve" rel="tag"&gt;Genevi&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/filles" rel="tag"&gt;filles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fatou" rel="tag"&gt;Fatou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fraisse" rel="tag"&gt;Fraisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Barbes" rel="tag"&gt;Barb&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Genevieve-Fraisse" rel="tag"&gt;Genevi&#232;ve Fraisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde-incontrole" rel="tag"&gt;monde incontr&#244;l&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revoltes" rel="tag"&gt;R&#233;voltes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De court v&#234;tues, elles sont align&#233;es le long des trottoirs du boulevard Barb&#232;s et des ruelles de la Goutte d'Or, &#224; Paris. Apr&#232;s les sans-pap' de la clope (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-Barbes-un-reve-part-en-fumee'&gt;&lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; n&#176;98&lt;/a&gt;), le Chien rouge est all&#233; &#224; la rencontre de Fatou, tapin de trente-deux ans, qui arpente un enfer pav&#233; de menus espoirs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il y a trop de monde &#224; Barb&#232;s, trop de monde incontr&#244;l&#233; surtout &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crivait en 1980 Genevi&#232;ve Fraisse dans &lt;i&gt;Les R&#233;voltes logiques&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Barb&#232;s-La Goutte d'Or &#187;, Les R&#233;voltes logiques, n&#176;12, &#233;t&#233; 1980, p62-69. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Fatou, elle, est une sacr&#233;e incontr&#244;l&#233;e, qui plus est pas facile &#224; aborder, surtout quand on voit la taille de ses ongles rouge Ferrari ! &lt;i&gt;&#171; T'as pas froid &#224; force d'&#234;tre toute la journ&#233;e dehors ? &#187;&lt;/i&gt; Et Fatou de lancer la m&#234;me rengaine depuis cet hiver :&lt;i&gt; &#171; Si ch&#233;ri, on va chez toi ? &#187;&lt;/i&gt; Depuis peu, on la croise r&#233;guli&#232;rement vers &#171; Viande &#224; gogo &#187;, une &#233;choppe situ&#233;e rue de Panama. Un matin, en sortant de cette boucherie, Fatou raconte, dans un rire amer : &lt;i&gt;&#171; Pour moi, &#224; une &#233;poque, c'&#233;tait plut&#244;t mecs &#224; gogo... &#187;&lt;/i&gt; Derri&#232;re la blague se cache une tout autre r&#233;alit&#233; : dans son sac plastique, il y a deux steaks pour ses gamins qui l'attendent chez elle. &lt;i&gt;&#171; La plupart des filles qui font le trottoir ont des enfants. Des fois, &#231;a arrive qu'on se garde les petits des autres&lt;/i&gt;, raconte Fatou, qui s'empresse d'ajouter : &lt;i&gt;Mais faut pas d&#233;conner, c'est rare, car ici, c'est la guerre entre les filles. &#199;a marche par groupes, l&#224;-bas les Nig&#233;rianes, en haut du boulevard les Congolaises, ici les Camerounaises. Des fois, on se parle un peu. Souvent on se d&#233;teste. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on remonte le boulevard Barb&#232;s ou arpente la Goutte d'Or, les &lt;i&gt;&#171; Ch&#233;ri &#187;&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; &#171; Viens, tr&#233;sor &#187;&lt;/i&gt; parviennent vite aux oreilles masculines. Les &lt;i&gt;&#171; filles du quartier &#187;&lt;/i&gt;, comme on les nomme, squattent en petites grappes autour des grilles chauff&#233;es du m&#233;tro. Fatou, elle, tapine de moins en moins&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_404 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH540/100lldemars-e32b3.png?1782683182' width='400' height='540' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par LL de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; : &lt;i&gt;&#171; &#192; Barb&#232;s, la plupart des filles sont tenues par les mamas cacahu&#232;tes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un surnom d&#251; au fait que ces souteneuses passent leur temps assises sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Il faut rembourser sa dette... et pour &#231;a, les mamas sont horribles ! Moi, j'ai quasiment fini, j'ai rembours&#233; 15 000 euros avec seulement des passes &#224; 50 euros. Mais s'il y a un probl&#232;me, leur famille d&#233;barque et l&#224;, &#231;a peut tr&#232;s mal se passer : coups de poing sur le visage &#8211; et les passes c'est fini le temps que tu r&#233;cup&#232;res &#8211; quand c'est pas les coups de couteau. &#187;&lt;/i&gt; Fatou dit faire partie des filles qui s'en sortent plus ou moins. &lt;i&gt;&#171; J'arrive &#224; me faire plaisir de temps en temps en allant rue Poulet&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La rue Poulet rassemble une kyrielle de petites &#233;choppes de coiffure africaine.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Mais il y a de grandes diff&#233;rences entre les filles, certaines arrivent &#224; peine &#224; faire le riz du soir. Il y a aussi quelques-unes en solo, mais c'est des vieilles, et pour elles, je peux te dire que c'est dur. &#187;&lt;/i&gt; Mais &lt;i&gt;&#171; certaines arrivent &#224; app&#226;ter dans les caf&#233;s, elles &#8216;'s'arrangent'' avec le patron. Le mieux, c'est encore le doublage&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le doublage consiste &#224; sous-louer une chambre pour pratiquer son activit&#233;.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, comme &#231;a tu es au chaud et tu peux dire au mec de se laver. Mais c'est tr&#232;s rare. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des filles de plus en plus jeunes d&#233;barquent sur le pav&#233; qui, d'apr&#232;s Fatou,&lt;i&gt; &#171; ne connaissent rien, elles sont pos&#233;es l&#224; du jour au lendemain, et d&#233;brouille-toi. Elles sont l&#226;ch&#233;es dans l'ar&#232;ne, se font insulter par les plus anciennes. Et au niveau hygi&#232;ne, c'est mauvais, et je te parle m&#234;me pas de la capote ou des hommes sales. &#187; &lt;/i&gt; Les clients violents sont l&#233;gion &#224; la Goutte d'Or, sans parler des propositions humiliantes :&lt;i&gt; &#171; Comme on est black, les mecs pensent qu'ils peuvent faire n'importe quoi ! Ils profitent des jeunes, qui ne savent pas trop comment r&#233;pondre : ils nous prennent pour des moins-que-rien, mais quand les billets sont au rendez-vous, certaines acceptent. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression de commer&#231;ants, habitants et autres tauliers de rades, les lardus viennent remplir leurs paniers &#224; salades pour emmener quelques filles au commissariat. Mais, pour Fatou, &lt;i&gt;&#171; ils ne font pas les malins et, de toute fa&#231;on, ils ne peuvent pas faire grand-chose. Il y a trop de besoins ici chez les femmes, on se d&#233;brouillera toujours et &#231;a ils le savent bien. C'est trop difficile de prouver le racolage. &#187;&lt;/i&gt; Il y a quelques mois, elle a eu affaire &#224; l'un d'entre eux : &lt;i&gt;&#171; T'aurais d&#251; voir ! Un vieux policier qui est copain avec des habitants du coin a commenc&#233; &#224; m'emb&#234;ter, &#224; demander mes papiers. Il n'&#233;tait m&#234;me pas en service, et il a commenc&#233; &#224; &#234;tre violent, me disant &#8216;'Tu vas d&#233;gager chez toi !'' On a cri&#233; &#224; plusieurs contre lui : &#8216;'C'est toi qui d&#233;gages, Papa Moustache&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sobriquet que certains Africains de La Goutte d'Or donnent aux pandores.&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;i&gt; !'' Je pense que ce soir-l&#224;, il est rentr&#233; chez lui avec le mal aux oreilles ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatou, qui a un &lt;i&gt;&#171; petit dipl&#244;me de commerce &#187;&lt;/i&gt; en poche, aimerait bien ouvrir une boutique de tresses et autres obscurs rajouts capillaires. &lt;i&gt;&#171; Et apr&#232;s, je me casse ! &#187;&lt;/i&gt; O&#249; &#231;a ? Fatou n'a pas de papiers en r&#232;gle depuis des lustres, mais pour elle, &#234;tre &#224; deux doigts de quitter la prostitution de rue, c'est d&#233;j&#224; toute une page noire qui se tourne. Pourtant, son &#171; activit&#233; &#187; lui colle &#224; la peau : au march&#233; Dejean, un vendeur de CD lui crache une insulte au visage. Fatou r&#233;torque du tac au tac par un sacr&#233; nom d'oiseau tropical. &lt;i&gt;&#171; Faut jamais se laisser marcher sur les pieds, &#224; Barb&#232;s. Jamais. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Barb&#232;s-La Goutte d'Or &#187;, &lt;i&gt;Les R&#233;voltes logiques&lt;/i&gt;, n&#176;12, &#233;t&#233; 1980, p62-69. Revue anim&#233;e entre autres par Jacques Ranci&#232;re (merci &#224; Mathieu L&#233;onard).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un surnom d&#251; au fait que ces souteneuses passent leur temps assises sur les bancs &#224; grignoter.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La rue Poulet rassemble une kyrielle de petites &#233;choppes de coiffure africaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le doublage consiste &#224; sous-louer une chambre pour pratiquer son activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
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