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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le picrate de la marquise</title>
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		<dc:date>2011-07-20T05:40:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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&lt;p&gt;Qui aurait envie d'un vin phosphorescent pour s'&#233;clairer la nuit ? Personne, sans doute, et les viticulteurs du Tricastin, jouxtant la centrale, ont argu&#233; de ce constat de bon sens afin de revendiquer&#8230; le changement du nom de leur pinard. Retour sur une petite histoire des temps nucl&#233;aires. Le pays du Tricastin s'&#233;tend sur la vall&#233;e du Rh&#244;ne et les collines qui la bordent : sur celles-ci les vignobles d'une vingtaine de villages class&#233;s depuis 1973 dans l'Appellation d'origine contr&#244;l&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no90-juin-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;90 (juin 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qui aurait envie d'un vin phosphorescent pour s'&#233;clairer la nuit ? Personne, sans doute, et les viticulteurs du Tricastin, jouxtant la centrale, ont argu&#233; de ce constat de bon sens afin de revendiquer&#8230; le changement du nom de leur pinard. Retour sur une petite histoire des temps nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH491/ferri_tricastin-8c8f0.png?1768657283' width='400' height='491' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par ferri
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pays du Tricastin&lt;/strong&gt; s'&#233;tend sur la vall&#233;e du Rh&#244;ne et les collines qui la bordent : sur celles-ci les vignobles d'une vingtaine de villages class&#233;s depuis 1973 dans l'Appellation d'origine contr&#244;l&#233;e (AOC) Coteaux du Tricastin ; dans celle-l&#224;, &#224; c&#244;t&#233; de la RN7, de l'A7, de la ligne TGV et du canal de Donz&#232;re-Mondragon, depuis 1974, la centrale nucl&#233;aire Georges-Besse dite du Tricastin. La manne financi&#232;re et les emplois du nucl&#233;aire ont longtemps suffi &#224; entretenir le consensus. Mais il y a eu Tchernobyl, puis, vers la fin des ann&#233;es 2000, la crise viticole. Cette petite appellation, o&#249; la culture se fait malgr&#233; tout avec des moyens industriels, et qui est distribu&#233;e dans les supermarch&#233;s, n'a pas les volumes suffisants pour rivaliser avec les trois millions d'hectolitres des C&#244;tes du Rh&#244;ne voisines face &#224; la baisse des prix. En peu de temps, l'AOC Tricastin perd 40 % de son volume, et les deux cent cinquante viticulteurs arrachent 700 hectares pour n'en garder plus que 1 800. La faillite est annonc&#233;e. C'est alors que surviennent les incidents de l'&#233;t&#233; 2008, les m&#233;dias titrant sur les fuites d'uranium au Tricastin. Les responsables du syndicat d'appellation montent au cr&#233;neau, r&#233;clament des analyses de radioactivit&#233;, d&#233;noncent une grave atteinte &#224; leur image, veulent &#234;tre indemnis&#233;s. Ils ont une id&#233;e derri&#232;re la t&#234;te : voil&#224; l'occasion unique de se refaire une virginit&#233; en gommant les erreurs &#171; qualitatives &#187; du pass&#233;. Comment ? En refusant dor&#233;navant tout amalgame entre leur pinard et la centrale nucl&#233;aire. Mais encore ? En changeant de nom, pardi ! Selon le bon vieux principe : ce qui ne se voit plus n'existe plus, et n'a m&#234;me jamais exist&#233;. C'est plus facile que de restaurer la confiance des consommateurs en mesurant r&#233;guli&#232;rement les isotopes. Comment leur jeter la pierre ? D'ordinaire, les vignerons font-ils analyser leurs vins afin d'y quantifier les r&#233;sidus de pesticides pour en informer leurs clients ? La pr&#233;sidente d'Areva, Anne Lauvergeon, qui a accol&#233; quelques &#233;oliennes &#224; la centrale pour verdir son industrie, rencontre l&#224; des gens s&#233;rieux, avec qui l'on peut parler marchandise. Alors qu'elle n'a toujours pas indemnis&#233; les mara&#238;chers directement touch&#233;s par la pollution de 2008 (qui irriguent avec des forages situ&#233;s aux abords de la centrale), elle signe rapidement un ch&#232;que de plus d'un million d'euros au syndicat pour promouvoir la future &lt;i&gt;&#171; nouvelle appellation &#187;&lt;/i&gt;. Chez Areva, on est bien conscients qu'une m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard d'un vin qui fr&#233;quente d'un peu trop pr&#232;s une centrale, ce n'est pas bon pour leur industrie. Faire des analyses pour rassurer, d&#233;samorcer les d&#233;bats sur le bien-fond&#233; de cette source d'&#233;nergie, &#231;a co&#251;te cher, &#231;a prend du temps et c'est hasardeux. Il faut donc changer de nom !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'accord, mais o&#249; le d&#233;goter ? Comment le choisir ? Un &#233;conomiste d'Inter-Rh&#244;ne&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Inter-Rh&#244;ne &#171; repr&#233;sente l'ensemble de la viticulture et du n&#233;goce des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Brice Eymard, rappelle &lt;i&gt;&#171; qu'une &#233;tude men&#233;e aux USA montre que d&#232;s qu'on monte en gamme, les gens ont envie qu'on leur raconte des histoires &#187;&lt;/i&gt;. Le pr&#233;sident de l'AOC, Henri Bour, en conclut qu'en racontant des histoires aux gens, son vin va monter en gamme. L'histoire, ce sera celle de la marquise de S&#233;vign&#233; qui s&#233;journait au ch&#226;teau de Grignan (Dr&#244;me). C'est parti pour Grignan ? Petit probl&#232;me, le &#171; Vin du Pays de Grignan &#187; existe d&#233;j&#224; et les vignerons y sont attach&#233;s, par sentimentalisme&#8230; et aussi parce qu'il sert de d&#233;versoir pour leur trop plein en c&#244;tes-du-Rh&#244;ne. La solution est vite trouv&#233;e : on rajoute &#171; Les Adh&#233;mar &#187;, du nom d'une famille noble locale du XIIe si&#232;cle (&#231;a, c'est de l'histoire !) pour &#233;viter toute confusion. Restait &#224; convaincre l'Institut national des appellations d'origine (l'INAO) &#8211; charg&#233;, en principe, de d&#233;fendre l'authenticit&#233; d'une appellation, de faire respecter la tradition, de s'appuyer sur la c&#233;l&#233;brit&#233; d'un nom consacr&#233; par un usage&#8230; &#8211;, qui examinait la demande depuis deux ans. Mais l'influence d'Areva, relay&#233;e par les r&#233;gionaux de l'&#233;tape, le d&#233;put&#233; UMP Herv&#233; Mariton et le ministre de l'Industrie &#201;ric Besson, fait merveille. En quelques mois, l'affaire est conclue : l'AOC nouveau Grignan-les-Adh&#233;mar est disponible pour la r&#233;colte 2010, qui bascule ainsi dans le r&#232;gne absolu du marketing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un moment de lyrisme, Henri Bour va jusqu'&#224; d&#233;clarer que &lt;i&gt;&#171; le changement de nom a &#233;t&#233; l'occasion de remobiliser les vignerons autour de la qualit&#233; et d'une d&#233;marche commerciale dynamique&#8230; Ce n'est pas une d&#233;marche bio, mais on s'en rapproche. &#187;&lt;/i&gt; Dans le cahier des charges de la nouvelle appellation, rien ne vient garantir un &#171; rapprochement &#187; vers le bio. Et l'in&#233;narrable pr&#233;sident n'h&#233;site pas &#224; conclure : &lt;i&gt;&#171; C'est pour &#231;a qu'on a men&#233; cette croisade. Nous voulions &#234;tre jug&#233;s sur nos vins, pas sur notre nom. &#187;&lt;/i&gt; Dans un monde o&#249; tout est falsifi&#233;,&lt;i&gt; &#171; chaque nouveau mensonge de la publicit&#233; est aussi l'aveu de son mensonge pr&#233;c&#233;dent &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Debord, La Soci&#233;t&#233; du spectacle, Folio &#8211; Gallimard, 1996 (1967).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Inter-Rh&#244;ne &lt;i&gt;&#171; repr&#233;sente l'ensemble de la viticulture et du n&#233;goce des C&#244;tes-du-Rh&#244;ne et de la vall&#233;e du Rh&#244;ne &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Guy Debord, &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; du spectacle&lt;/i&gt;, Folio &#8211; Gallimard, 1996 (1967).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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