<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=15415&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Orgueil et pr&#233;jug&#233;s</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Orgueil-et-prejuges</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Orgueil-et-prejuges</guid>
		<dc:date>2011-08-26T07:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Piel</dc:creator>


		<dc:subject>Berth</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>parce qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>Herv&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Herv&#233; St&#233;phan</dc:subject>
		<dc:subject>Colonna</dc:subject>
		<dc:subject>Yvan Colonna</dc:subject>
		<dc:subject>Lino Ventura</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phan</dc:subject>
		<dc:subject>Antonio Ferrara</dc:subject>
		<dc:subject>famille &#201;rignac</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un port de t&#234;te droit et fier. Et des propos qui, s'ils empruntent des chemins de traverse, ne se d&#233;tournent jamais de leur objectif : faire triompher une v&#233;rit&#233;. Cette br&#232;ve description pourrait pr&#233;c&#233;der le portrait de chacun des protagonistes du troisi&#232;me proc&#232;s Yvan Colonna. Galerie. Le pr&#233;sident de la cour, Herv&#233; St&#233;phan. Avec sa gueule de Lino Ventura, il est le plus r&#233;serv&#233;, fonction oblige. Il a jug&#233; le braqueur Antonio Ferrara et particip&#233; aux travaux sur la r&#233;forme de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no90-juin-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;90 (juin 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Berth" rel="tag"&gt;Berth&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parce-qu-il" rel="tag"&gt;parce qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Herve" rel="tag"&gt;Herv&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Herve-Stephan" rel="tag"&gt;Herv&#233; St&#233;phan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Colonna" rel="tag"&gt;Colonna&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yvan-Colonna" rel="tag"&gt;Yvan Colonna&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lino-Ventura" rel="tag"&gt;Lino Ventura&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stephan" rel="tag"&gt;St&#233;phan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Antonio-Ferrara" rel="tag"&gt;Antonio Ferrara&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/famille-Erignac" rel="tag"&gt;famille &#201;rignac&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un port de t&#234;te droit et fier. Et des propos qui, s'ils empruntent des chemins de traverse, ne se d&#233;tournent jamais de leur objectif : faire triompher une v&#233;rit&#233;. Cette br&#232;ve description pourrait pr&#233;c&#233;der le portrait de chacun des protagonistes du troisi&#232;me proc&#232;s Yvan Colonna. Galerie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH349/berth_Colonna-80f21.png?1779605670' width='400' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Berth
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la cour, Herv&#233; St&#233;phan. Avec sa gueule de Lino Ventura, il est le plus r&#233;serv&#233;, fonction oblige. Il a jug&#233; le braqueur Antonio Ferrara et particip&#233; aux travaux sur la r&#233;forme de la proc&#233;dure p&#233;nale. Il conduit les d&#233;bats avec une s&#233;r&#233;nit&#233; inhabituelle. Apr&#232;s l'&#233;chec de ses pr&#233;d&#233;cesseurs Coujard et surtout Wacogne, celui qui enqu&#234;ta sur la mort de Lady Di aimerait bien devenir le pr&#233;sident qui aura r&#233;ussi &#224; juger Colonna. L'avocate g&#233;n&#233;rale, Annie Grenier. Elle m&#232;ne l'accusation. Cette proche du procureur Jean-Claude Marin est l'une des cibles privil&#233;gi&#233;es de la d&#233;fense. Son r&#244;le lors des n&#233;gociations secr&#232;tes men&#233;es par Charles Pasqua, alors ministre de l'Int&#233;rieur, avec le FLNC Canal historique est souvent sujet &#224; railleries. Des piques qu'elle ne go&#251;te gu&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Je n'ai jamais servi le caf&#233; &#224; Fran&#231;ois Santoni ! &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;torquera-t-elle aux assauts d'&#201;ric Dupond-Moretti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille &#201;rignac. Hormis les audiences o&#249; ont &#233;t&#233; diffus&#233;es des photos du crime et de l'autopsie, les proches du pr&#233;fet n'ont pas manqu&#233; un jour du proc&#232;s. &#192; l'image de Dominique, la veuve, la famille est d'une d&#233;termination sans faille. Convaincus de la culpabilit&#233; de Colonna, ils n'ont pas h&#233;sit&#233;, par la voix de leur avocat Me Lemaire, &#224; le traiter de l&#226;che dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille Colonna. Aussi assidue que la famille &#201;rignac. Il y a le p&#232;re, Jean-Hugues, le fr&#232;re, St&#233;phane, et la s&#339;ur, Christine. Tr&#232;s attentifs pendant les d&#233;bats, ils ne peuvent r&#233;fr&#233;ner leurs protestations quand les parties civiles asticotent un peu trop un t&#233;moin favorable &#224; Yvan. &lt;i&gt;&#171; La s&#339;ur est tr&#232;s raide &#187;&lt;/i&gt;, confie un avocat du berger. &lt;i&gt;&#171; Elle ne supporte pas que des journalistes &#233;mettent des doutes sur l'innocence de son fr&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avocats de la d&#233;fense. Sollacaro, Garbarini et Sim&#233;oni, assist&#233;s de Me Dehapiot et Dupond-Moretti. La d&#233;gaine des Affranchis, l'accent du maquis en plus. Fins p&#233;nalistes, redoutables rh&#233;teurs, ils ne laissent rien passer, des rat&#233;s de l'enqu&#234;te aux manques d'&#233;l&#233;ments probants de l'accusation. Courtois avec les avocats des parties civiles, ils leur arrivent de s'emporter au point qu'il fallut quasiment s&#233;parer Me Courcelle Labrousse de Me Garbarini lors d'une joute oratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;teurs. Au premier rang desquels, Roger Marion, alias le &#171; roi Roger &#187;, ou &#171; Eagle four &#187; (Il gueule fort). Patron de l'antiterrorisme (DNAT) au moment des faits et &#224; ce titre charg&#233; de l'enqu&#234;te, ses auditions sont pour lui l'occasion de d&#233;fendre son enqu&#234;te et de r&#233;affirmer qu'Yvan Colonna est le tireur. La d&#233;fense lui reproche de m&#233;chantes irr&#233;gularit&#233;s dans la conduite de l'enqu&#234;te, comme les conditions de gardes &#224; vue &#233;maill&#233;es de violences et autres pressions.&lt;i&gt; &#171; L'obtention des aveux, c'est une lutte des consciences, comme disait Sartre &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il &#224; la barre, tentant de prendre de la hauteur malgr&#233; son petit gabarit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#233;moins oculaires, pr&#232;s d'une dizaine. Pr&#233;sents rue Colonel-Colonna-d'Ornano le soir du 6 f&#233;vrier 1998. Tous expriment une certaine lassitude &#224; r&#233;p&#233;ter ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e ce qu'ils ont vu. &#192; l'image de Marie-Ange Contard, t&#233;moin-cl&#233; qui ne reconna&#238;t pas Yvan Colonna, ils ne supportent plus qu'on mette en doute leurs d&#233;clarations. Pour leur troisi&#232;me d&#233;position devant la cour d'assises, ils ne sont nullement impressionn&#233;s et renvoient illico dans les cordes les avocats un peu trop taquins.&lt;i&gt; &#171; Psychologiquement, cette affaire a &#233;t&#233; &#233;prouvante, m&#234;me s'il s'agit de la vie d'un homme, il s'agit aussi de la mienne, qui est aussi importante ! &#187;&lt;/i&gt;, rappellera Mlle Contard &#224; la barre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du commando. Ferrandi, Alessandri, Ottaviani, Maranelli, Istria&#8230; Leurs t&#233;moignages suintent la rancune. Entre r&#233;v&#233;lations &#224; demi-mot, non-dits et digressions, les membres du groupe des anonymes &#8211; &lt;i&gt;&#171; un groupe dont on ne d&#233;pose pas les statuts &#224; la pr&#233;fecture &#187;&lt;/i&gt;, selon Ferrandi &#8211; en veulent &#224; Colonna. Parce qu'il n'assume pas son geste ? Parce qu'il a refus&#233; de participer &#224; l'op&#233;ration au dernier moment ? Parce qu'il les a balanc&#233;s ? Jusque-l&#224;, ils n'ont pas convaincu. Leurs premi&#232;res d&#233;clarations en garde &#224; vue, o&#249; ils accusent Colonna d'&#234;tre le tireur, sont dans toutes les t&#234;tes. &lt;i&gt;&#171; Son discours radical nous a incit&#233;s &#224; faire ce qu'on a fait. L'homme qu'il &#233;tait aurait d&#251; participer &#187;&lt;/i&gt;, explique Alessandri &#224; la barre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvan Colonna. &lt;i&gt;&#171; S'il n'a jamais condamn&#233; l'assassinat du pr&#233;fet, c'est &#224; cause d'un orgueil mal plac&#233; &#187;&lt;/i&gt;, explique l'un de ses conseils. Apr&#232;s quatre ans de cavale et plus de huit ans en prison, Yvan Colonna ne supporte plus d'&#234;tre un &#233;ternel pr&#233;sum&#233; coupable. &#192; Me Lemaire, qui le cherche sur les raisons de sa cavale, le berger r&#233;pond en hurlant dans le micro : &lt;i&gt;&#171; Vous m'avez trait&#233; de l&#226;che pas plus tard que dimanche. Mais vous, vous &#234;tes courageux de m'insulter alors que je suis dans le box ? &#187;&lt;/i&gt; Un ange passe. &lt;i&gt;&#171; On me parle d'honneur corse, mais il n'y a pas d'honneur corse, l'honneur, c'est universel. Je n'ai jamais tu&#233; votre mari, madame. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Si tu veux revenir entier, tiens-toi &#224; carreau &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Si-tu-veux-revenir-entier-tiens</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Si-tu-veux-revenir-entier-tiens</guid>
		<dc:date>2004-11-22T11:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jann-Marc Rouillan</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique carc&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>Colonna</dc:subject>
		<dc:subject>d'Yvan Colonna</dc:subject>
		<dc:subject>parano&#239;a p&#233;nitentiaire</dc:subject>
		<dc:subject>br&#232;ves images</dc:subject>
		<dc:subject>images vol&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>l'incarc&#233;ration d'Yvan</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;v&#233;laient l'&#233;tendue</dc:subject>
		<dc:subject>l'actuelle parano&#239;a</dc:subject>
		<dc:subject>vol&#233;es lors</dc:subject>
		<dc:subject>t&#234;te d'affiche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite &#224; sa plainte pour &#171; coups et violences &#187; contre les surveillants encagoul&#233;s de Moulins-Yzeure, Jann-Marc Rouillan a &#233;t&#233; convoqu&#233; fin septembre chez une juge d'instruction. Et qui se charge de l'y conduire ? &#192; nouveau les matons &#224; cagoules&#8230; Qui ont d&#233;cid&#233;ment du mal &#224; r&#233;fr&#233;ner leurs pulsions. A la t&#233;l&#233;, quelques br&#232;ves images vol&#233;es lors de l'incarc&#233;ration d'Yvan Colonna ou d'une t&#234;te d'affiche du fait divers r&#233;v&#233;laient l'&#233;tendue de l'actuelle parano&#239;a p&#233;nitentiaire, du moins &#224; ceux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no16-octobre-2004" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;16 (octobre 2004)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-carcerale" rel="tag"&gt;Chronique carc&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Colonna" rel="tag"&gt;Colonna&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Yvan-Colonna" rel="tag"&gt;d'Yvan Colonna&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paranoia-penitentiaire" rel="tag"&gt;parano&#239;a p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/breves-images" rel="tag"&gt;br&#232;ves images&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/images-volees" rel="tag"&gt;images vol&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-incarceration-d-Yvan" rel="tag"&gt;l'incarc&#233;ration d'Yvan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/revelaient-l-etendue" rel="tag"&gt;r&#233;v&#233;laient l'&#233;tendue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-actuelle-paranoia" rel="tag"&gt;l'actuelle parano&#239;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/volees-lors" rel="tag"&gt;vol&#233;es lors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tete-d-affiche" rel="tag"&gt;t&#234;te d'affiche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite &#224; sa plainte pour &#171; coups et violences &#187; contre les surveillants encagoul&#233;s de Moulins-Yzeure, Jann-Marc Rouillan a &#233;t&#233; convoqu&#233; fin septembre chez une juge d'instruction. Et qui se charge de l'y conduire ? &#192; nouveau les matons &#224; cagoules&#8230; Qui ont d&#233;cid&#233;ment du mal &#224; r&#233;fr&#233;ner leurs pulsions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la t&#233;l&#233;, quelques br&#232;ves images vol&#233;es lors de l'incarc&#233;ration d'Yvan Colonna ou d'une t&#234;te d'affiche du fait divers r&#233;v&#233;laient l'&#233;tendue de l'actuelle parano&#239;a p&#233;nitentiaire, du moins &#224; ceux sachant la reconna&#238;tre. J'en ai eu la confirmation lors de ma venue pas tr&#232;s loin de la capitale. De ma lucarne, tout en haut du QHS de Fleury, j'ai assist&#233; &#224; deux de ces transferts extraordinaires. Sept ou huit v&#233;hicules bleus partent &#224; la queue leu-leu bourr&#233;s jusqu'&#224; la gueule d'encagoul&#233;s. Les matons racontent avec fiert&#233; que le convoi est &#233;quip&#233; de mitrailleuses&#8230; sans compter, en guise de pompon, le survol d'un h&#233;licopt&#232;re de la protection civile ! Ce cirque barbote jusqu'au cou dans la farce ridicule. Nous pourrions nous moquer et rire de ces extravagances, si elles ne refl&#233;taient pas la folie et la haine s&#233;curitaire s'imposant comme les sinistres mar&#226;tres de la nouvelle gestion carc&#233;rale. Mardi 21 septembre, je suis convoqu&#233; par la juge d'instruction du tribunal de Moulins pour &#234;tre entendu sur les conditions de mon &#233;vacuation violente de la Centrale, en mai dernier (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-matons-de-Moulins-ont-les'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;14&lt;/a&gt;). Arrivant dans la derni&#232;re ligne droite de ma perp&#232;te, je pensais &#233;chapper &#224; ces conneries spectaculaires. Apr&#232;s dix-huit ans, c'est encore mal les conna&#238;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin-l&#224;, &#224; la fouille de Fresnes, je finis ma nuit par un lent cent-pas dans une salle d'attente puante et sale lorsqu'ils entrent : six encagoul&#233;s harnach&#233;s d'un &#233;quipement digne de super-Mario. &lt;i&gt;&#171; Bouge pas ! Ne dis pas un mot, r&#233;ponds simplement par oui ou par non. Tu sais o&#249; tu vas ? &#187;&lt;/i&gt; Je fais un signe de la t&#234;te. &lt;i&gt;&#171; Bon, alors si tu veux revenir ici entier, tiens-toi &#224; carreau&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Ils forment un cercle noir autour de moi.&lt;i&gt; &#171; Le blouson ! &#187;&lt;/i&gt; Je donne le blouson et je soul&#232;ve le T-shirt. &lt;i&gt;&#171; Quand je te le dirai ! &#187;&lt;/i&gt;, hurle le cagoul&#233; sous mon nez. &lt;i&gt;&#171; C'est moi qui commande ! Tu comprends &#231;a ? C'est moi le patron ! &#187;&lt;/i&gt; Le ton &#233;voque celui des sergents des Marines am&#233;ricains. Suis-je cens&#233; r&#233;pondre ? &lt;i&gt;&#171; Oui chef, bien chef ! &#187;&lt;/i&gt; Son coll&#232;gue derri&#232;re lui &#233;pluche mon blouson centim&#232;tre carr&#233; par centim&#232;tre carr&#233;, couture apr&#232;s couture. Au bout de longues minutes, il termine enfin. &lt;i&gt;&#171; Le T-shirt ! &#187;&lt;/i&gt; Et l'&#233;pouillage se poursuit. Interminable. &lt;i&gt;&#171; Le pantalon !&#8230; La chaussette gauche !&#8230; La chaussette droite !&#8230; Le slip !&#8230; &#187;&lt;/i&gt; La c&#233;r&#233;monie s'&#233;ternise et je me g&#232;le les couilles dans la pi&#232;ce de ciment aussi nue que moi. D&#233;bute alors la petite gymnastique : &lt;i&gt;&#171; Les testicules &#224; droite !&#8230; Les testicules &#224; gauche !&#8230; Les oreilles ! &#187;&lt;/i&gt; Je ram&#232;ne mes pavillons vers l'avant, il les scrute &#224; la lampe de poche et exige que je passe mes mains dans mes cheveux. Ce qui me reste de poils ne d&#233;passant gu&#232;re les deux centim&#232;tres, je souris. &lt;i&gt;&#171; On n'est pas ici pour rigoler ! Accroupi, accroupi !&#8230; &#187; &lt;/i&gt; La violence pointe derri&#232;re les ordres. Elle est palpable. Ils s'y pr&#233;parent. Soudain, le cercle s'est resserr&#233;. &lt;i&gt;&#171; Accroupi ! Ob&#233;is ! &#187;&lt;/i&gt; Chaque fois que j'affronte une telle situation, je repense au vieil Espagnol qui m'instruisait de ses exp&#233;riences afin de me pr&#233;parer (si l'on peut s'y pr&#233;parer) aux tortures de la police politique franquiste. Lui y &#233;tait pass&#233;, et combien de fois, sans parler de son s&#233;jour dans les ge&#244;les de la Gestapo et de son p&#233;riple concentrationnaire du c&#244;t&#233; de Dachau. &lt;i&gt;&#171; Pense qu'ils ne sont que des machines, de toutes petites machines qui appliquent les ordres parce qu'une main a remont&#233; le ressort&#8230; Et dis-toi qu'une machine ne peut humilier un homme, jamais&#8230; N'entre pas dans leur jeu, reste un homme&#8230; et tu seras le plus fort ! &#187;&lt;/i&gt; Le cercle s'&#233;largit &#224; nouveau. &#192; leur souffle, je sais qu'ils sont d&#233;&#231;us, ils &#233;taient si heureux de se faire une &#171; vedette &#187;, comme ils disent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine me suis-je rhabill&#233; qu'ils m'encha&#238;nent, me tirent, me poussent, me secouent. Ils m'enfilent sommairement un &#233;norme gilet pare-balles me remontant jusqu'aux yeux. Craignent-ils que des membres de l'ERIS&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (ERIS), cr&#233;&#233;es en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; soient capables de m'emp&#234;cher de t&#233;moigner en m'allumant au fusil &#224; lunette ? &#192; mon passage, quelques matons rigolent. Que je sois content, d'autres ont droit &#224; un chiffon d&#233;gueulasse sur la t&#234;te pour toute cagoule. &#192; la grille principale, je d&#233;crypte l'&#233;cusson de leur unit&#233; : peloton d'intervention de la Garde r&#233;publicaine ! Supris, je lis &#224; nouveau pour m'en convaincre. Ainsi, ils ont contamin&#233; de la fi&#232;vre rabique jusqu'aux gardes d&#233;bonnaires. De mon temps, magnanimes, nous laissions filer ceux passant &#224; notre port&#233;e ! Pourquoi flinguer des motards r&#233;serv&#233;s au d&#233;corum tr&#232;s aristocratique des palais de la r&#233;publique&#8230; Aujourd'hui, succombant &#224; la mode s&#233;curitaire, ils sont all&#233;s jusqu'&#224; cr&#233;er leur propre unit&#233; de tortionnaires encagoul&#233;s ! Pas le moment de s'abandonner &#224; la nostalgie, ils m'enferment dans une cage de fer digne des cachots de Louis XI. &#192; peine la place de s'y recroqueviller, 60 centim&#232;tres sur 80 et impossible de se mettre debout. Le cerveau malade qui tra&#231;a les plans de cette bo&#238;te avait au moins pr&#233;vu un plafond d'a&#233;ration et une minuscule plaque de verre pour la lumi&#232;re. Pour le premier, un empilage de gilets pare-balles a r&#233;duit sa fonction au simple t&#233;moignage. Pour la seconde, un syst&#232;me artisanal permet &#224; l'escorte de l'obturer en tirant un blouson. Me voici r&#233;duit &#224; l'&#233;tat de cornichon ! Au d&#233;marrage, je comprends que nous formons tout un &#233;quipage. L'&#233;cho des sir&#232;nes et les cris stridents des sifflets percent le blindage de ma cage. La bo&#238;te de conserve se trouve encadr&#233;e par plusieurs v&#233;hicules et motards de la Garde r&#233;publicaine. Nous partons pour huit heures de voyage&#8230; quasiment officiel, si j'ose dire. Car l'outrance s&#233;curitaire me propulse au rang protocolaire d'un roi africain ou d'un pr&#233;sident d'une r&#233;publique banani&#232;re anciennement populaire&#8230; Dans le noir, j'en rigole tout seul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les &#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (ERIS), cr&#233;&#233;es en f&#233;vrier 2003 par le garde des Sceaux Dominique Perben, sont des brigades de surveillants form&#233;s par le GIGN et autoris&#233;s &#224; porter la cagoule. &lt;i&gt;&#171; Un corps de mercenaires cr&#233;&#233; pour casser du d&#233;tenu &#187;&lt;/i&gt;, comme dit Bernard Ripert, l'avocat de Rouillan [NDLR].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
