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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>ZAD du Testet : Chronique d'une mort annonc&#233;e</title>
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		<dc:date>2014-12-08T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Auvray, C&#233;lia Izoard</dc:creator>


		<dc:subject>Na&#239;k&#233; Desquesnes</dc:subject>
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&lt;p&gt;Beaucoup d'encre et de larmes ont coul&#233; depuis la mort de R&#233;mi Fraisse, &#233;tudiant &#173;botaniste, sur la ZAD du Testet. Loin d'&#234;tre purement accidentel, ce d&#233;c&#232;s est le r&#233;sultat d'un patient acharnement politique et policier. Retour sur cette mobilisation sous tension &#224; travers une visite pastorale de la vall&#233;e du Tescou. &#171; Allez vous cacher derri&#232;re avec les enfants, pour ne pas faire peur aux brebis ! &#187; Ce matin du 23&#8200;octobre, au lieu-dit Margot, &#224; deux jours de marche de la for&#234;t de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Naike-Desquesnes-152" rel="tag"&gt;Na&#239;k&#233; Desquesnes&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Beaucoup d'encre et de larmes ont coul&#233; depuis la mort de R&#233;mi Fraisse, &#233;tudiant &#173;botaniste, sur la ZAD du Testet. Loin d'&#234;tre purement accidentel, ce d&#233;c&#232;s est le r&#233;sultat d'un patient acharnement politique et policier. Retour sur cette mobilisation sous tension &#224; travers une visite pastorale de la vall&#233;e du Tescou.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Allez vous cacher derri&#232;re avec les enfants, pour ne pas faire peur aux brebis !&lt;/i&gt; &#187; Ce matin du 23&#8200;octobre, au lieu-dit Margot, &#224; deux jours de marche de la for&#234;t de Sivens, les feuilles fonc&#233;es des buis laissent filtrer des rais de soleil, dans ce fond de vall&#233;e bucolique o&#249; stagne une fine brume. Rires perl&#233;s des enfants, une bonne vingtaine, dont une ribambelle de b&#233;b&#233;s. Pendant que les bergers se r&#233;partissent dans l'enclos pour la sortie du troupeau, nous nous postons en haut du chemin, &#171; &lt;i&gt;comme si c'&#233;tait l'anniversaire-surprise des moutons&lt;/i&gt; &#187;, chuchotent les gamins.
A l'autre bout du Tarn, un jour plus t&#244;t, un autre groupe de transhumants&#8200;&#8211;&#8200;une quarantaine d'habitants du coin&#8200;&#8211;&#8200;est parti d'une ferme, parcourant pr&#232;s de soixante kilom&#232;tres, trois jours de marche, jusqu'au Testet. Membre du collectif &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Puces-RFID-et-punaises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faut pas pucer&lt;/a&gt;, oppos&#233; &#224; l'identification obligatoire des brebis par des puces RFID, St&#233;phanie lutte pour tenter de contrarier &#171; &lt;i&gt;l'avanc&#233;e du d&#233;sastre&lt;/i&gt; &#187;, qu'il s'agisse d'obligations bureaucratiques qui renforcent l'&#233;levage intensif comme le pu&#231;age, ou d'infrastructures d&#233;truisant les espaces naturels au profit de l'agro-industrie, comme le barrage en construction &#224; Sivens. On part dans une joie fi&#233;vreuse, non sans appr&#233;hension : &#171; &lt;i&gt;On redoute toujours les chiens de ville, explique un &#233;leveur, qui prennent les brebis pour des jouets.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1258 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH355/p03-testet-2-2b104.jpg?1768660717' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Na&#239;k&#233; Desquesnes.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux de tous ceux qui luttent contre le barrage, ce rassemblement du 25&#8200;octobre est une ultime tentative pour arr&#234;ter les travaux. Malgr&#233; des tentatives d'obstruction aussi bien juridiques que physiques, le d&#233;boisement entam&#233; pr&#233;cipitamment le 1er septembre sous les ordres de Thierry Carcenac, pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral&#8200;(CG), a d&#233;j&#224; d&#233;truit 25&#8200;hectares de cette for&#234;t, jadis d&#233;sign&#233;e sur le site du CG comme une &#171; zone humide remarquable &#187;. &#171; &lt;i&gt;Comment le conseil g&#233;n&#233;ral peut-il d&#233;truire cette for&#234;t, alors qu'il nous paie pour organiser dans ce m&#234;me lieu des initiations &#224; la nature ?&lt;/i&gt; &#187;, rem&#226;che Antoine en remontant le sentier. Il est animateur nature dans un organisme d'&#233;ducation &#224; l'environnement financ&#233; par le CG : 4-5 fois par an, il am&#232;ne des classes dans la maison d&#233;partementale de la for&#234;t de Sivens. &#171; &lt;i&gt;J'ai m&#234;me une affiche cor&#233;alis&#233;e par le conseil g&#233;n&#233;ral et mon asso sur la disparition des zones humides ! Dans plusieurs organismes locaux, y compris le n&#244;tre, on a re&#231;u des rappels &#224; l'ordre du conseil g&#233;n&#233;ral en appelant &#224; notre&lt;/i&gt; &#8220;obligation de loyaut&#233;&#8221; &lt;i&gt;et de&lt;/i&gt; &#8220;discr&#233;tion&#8221;. &#187; Contes en balades, une association de conteurs qui organise des randonn&#233;es &#224; Sivens, a m&#234;me &#233;t&#233; menac&#233;e de se voir priv&#233;e de subventions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pandore : &#171; &lt;i&gt;Il va finir par y avoir un mort.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin du 25, en descendant du hameau de St-J&#233;r&#244;me sous les sonnailles d'une centaine de b&#234;tes, on aper&#231;oit la D999 &#224; proximit&#233; de laquelle, tout d&#233;but septembre, quatre jeunes se sont ensevelis sur la route jusqu'au cou pour emp&#234;cher le passage des abatteuses foresti&#232;res. Le &#171; jour des enterr&#233;s &#187; a marqu&#233; les esprits : en fin d'apr&#232;s-midi, 15&#8200;minutes apr&#232;s le d&#233;part des m&#233;dias, les gardes mobiles gazent tout le monde et pi&#233;tinent les jeunes pour faire passer les engins, envoyant une fille sans connaissance &#224; l'h&#244;pital&#8200;&#8211;&#8200;elle s'en sortira avec une simple foulure. Depuis le d&#233;but des travaux, tout est mis en &#339;uvre pour faire d&#233;camper les zadistes. Fin septembre, la Maison des druides, petit b&#226;timent en pierres appartenant au conseil g&#233;n&#233;ral, est mise &#224; sac plusieurs fois par les gendarmes, les affaires personnelles des habitants&#8200;&#8211;&#8200;cl&#233;s, papiers d'identit&#233;,&#8200;duvets,&#8200;r&#233;serves&#8200;de nourriture&#8200;&#8211;&#8200;sont entass&#233;es dehors et &#173;incendi&#233;es, les jerricans d'eau perc&#233;s. La M&#233;tairie neuve, principale habitation en dur des occupants, &#233;galement propri&#233;t&#233; du conseil g&#233;n&#233;ral, est r&#233;guli&#232;rement assi&#233;g&#233;e par des tirs de lacrymog&#232;nes. Isabelle a failli perdre la main apr&#232;s l'explosion d'une grenade devant sa caravane, que les gendarmes savaient pourtant occup&#233;e. Sans oublier la violence des travaux de d&#233;boisement eux-m&#234;mes, o&#249; les occupants perch&#233;s sur les arbres sont mis en joue des heures durant par des Flash-balls, tandis que d'&#233;normes engins s'activent &#224; quelques m&#232;tres, faisant ballotter les cimes.
Retour &#224; ce samedi 25&#8200;octobre. Vers 13&#8200;heures, sous un soleil radieux, nous nous engageons avec nos cent moutons sur la route du lieu-dit Barat, franchissons plusieurs vestiges de barricades, pneus, ferrailles, branches calcin&#233;es, autant de tentatives pour retarder les travaux. Pittoresque am&#233;nagement routier qui, assure M.&#8200;Lacoste, &#233;leveur dont nous d&#233;passons la ferme, est r&#233;guli&#232;rement utilis&#233; par l'auto-&#233;cole du coin pour exercer les &#233;l&#232;ves aux man&#339;uvres. &#171; &lt;i&gt;Les premi&#232;res chicanes ont &#233;t&#233; install&#233;es sur la route pour s&#233;curiser la ZAD apr&#232;s l'&#233;pisode des cagoul&#233;s : en novembre 2013, une dizaine d'hommes cagoul&#233;s ont investi La M&#233;tairie neuve &#224; 5&#8200;h du matin, mis tout le monde dehors et arros&#233; la maison d'un r&#233;pulsif violent pour la rendre inhabitable.&lt;/i&gt; &#187; Premi&#232;re attaque des &#171; pro-barrage &#187;, suivie d'un pic d'agressions &#224; la mi-septembre, apr&#232;s que des &#233;cervel&#233;s de la ZAD ont tent&#233; de &#171; lib&#233;rer &#187; les dindons d'un &#233;levage voisin. A cette p&#233;riode, Camille, un des piliers de l'occupation, a compos&#233; le 17 pour d&#233;noncer les gros bras qui mena&#231;aient les opposants sur les routes voisines sous les yeux conciliants des forces de l'ordre : &#171; &lt;i&gt;J'ai dit&lt;/i&gt; &#8220;les gendarmes cautionnent les actions d'une milice organis&#233;e&#034;&lt;i&gt;, et le 17 m'a r&#233;pondu&lt;/i&gt; &#8220;C'est normal. Parce que vous allez beaucoup trop loin, &#231;a fait un an que vous nous faites chier. Et il va finir par y avoir un mort&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longeant La M&#233;tairie neuve, toutes banderoles d&#233;ploy&#233;es, nous entrons enfin sur le site. Au milieu de la for&#234;t, sur une immense prairie de plusieurs hectares bordant la rivi&#232;re du Tescou, sont install&#233;s des dizaines de tentes, un chapiteau de cirque, une cantine &#224; prix libre, des ateliers pour enfants, deux libraires ambulants et m&#234;me une nursery. Qu'on d&#233;nombre 1 000 personnes, comme l'annonce &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, ou 7 000, chiffrage du &lt;i&gt;Tarn libre&lt;/i&gt; et des organisateurs, une chose est s&#251;re : il n'y a jamais eu autant de monde sur les rives du Tescou. Les brebis partent pa&#238;tre derri&#232;re la tribune. Depuis ce champ, on se trouve face &#224; une tranch&#233;e surmont&#233;e d'une digue en terre et longue de 300&#8200;m&#232;tres. Derri&#232;re, il n'y a rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pr&#233;fet : &#171; &lt;i&gt;Il ne devait pas y avoir de police ce week-end&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien&#8200;&#8211;&#8200;ou plut&#244;t, la catastrophe. Il y a quelques semaines encore, en partant de cette prairie, il fallait faire une randonn&#233;e d'une bonne heure pour aller voir les arbres coup&#233;s. De jour en jour, la catastrophe a avanc&#233; et, aujourd'hui, elle est l&#224;, juste au bord de la tr&#232;s vaste prairie o&#249; un millier d'opposants au barrage viennent pique-niquer en famille tous les dimanches. De l'autre c&#244;t&#233; de la digue, &#224; perte de vue, un d&#233;sert de copeaux, d'&#233;corces et de d&#233;bris de b&#226;ches plastiques. Au centre, un pin, haut de 15&#8200;m&#232;tres, incroyablement gracile au milieu de cette immensit&#233; lunaire, est hiss&#233; depuis le sol avec des cordes, &#171; &lt;i&gt;hommage &#224; ceux qui ont d&#233;fendu la for&#234;t du haut des arbres&lt;/i&gt; &#187;, dit un zadiste. Quelqu'un joue quelques notes de Tumba dans un saxo. Une dame d&#233;clare &#224; des journalistes de France&#8200;3 que &#171; &lt;i&gt;la politique, c'est nous, ce n'est pas l'&#201;tat&#8200;&#8211; c'est &#224; nous de prendre les d&#233;cisions qui nous concernent&lt;/i&gt; &#187;, s&#233;quence qui risque de sauter au montage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le chapiteau, Valentin, 16 ans, raconte l'occupation du lyc&#233;e Victor-Hugo, &#224; Gaillac, quelques semaines plus t&#244;t : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait un blocus solidaire, 800&#8200;&#233;l&#232;ves faisaient le sit-in. Les gardes mobiles nous ont arrach&#233; nos banderoles, pouss&#233;s et encercl&#233;s. Ensuite l'Administration a convoqu&#233; certains parents d'&#233;l&#232;ves pour leur dire de&lt;/i&gt; &#8220;tenir leurs enfants&#8221;. &#187; Puis c'est R&#233;mi, agriculteur du cru de 73&#8200;ans, qui prend la parole : &#171; &lt;i&gt;Ici ce sont 40&#8200;ha de bonne terre d'alluvions qui vont dispara&#238;tre&#8230; On n'a pas attendu le conseil g&#233;n&#233;ral pour stocker de l'eau l'&#233;t&#233; dans ce qu'on appelle ici des&lt;/i&gt; &#8220;lavognes&#8221;&lt;i&gt; ; on pourrait se d&#233;brouiller sans ces petits bureaucrates, organiser une gestion collective du Tescou&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Pendant les confrontations de ces derni&#232;res semaines, ajoute-t-il, l'&#233;ternelle justification des gardes mobiles : &#171; &lt;i&gt; On ne fait qu'ob&#233;ir aux ordres &lt;/i&gt; &#187;, lui a rappel&#233; le leitmotiv de ses sup&#233;rieurs en Alg&#233;rie : &#171; &lt;i&gt;Chercher &#224; comprendre, c'est commencer &#224; d&#233;sob&#233;ir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phanie intervient &#224; la tribune : elle tient &#224; emmener les brebis sur la zone d&#233;vast&#233;e. Un bon millier de personnes suivent. &#201;trange sc&#232;ne. L'h&#233;licopt&#232;re de police survole le troupeau de moutons qui traverse ce d&#233;sert sous un soleil devenu tout &#224; coup &#233;crasant. On passe devant un mur de baffles d'o&#249; sort du gros son &#233;lectro et dont le pr&#233;pos&#233;, &#224; la vue des brebis, baisse le volume. Lentement se dessinent au loin, &#224; travers la poussi&#232;re, des grilles m&#233;talliques entourant six camions de gardes mobiles qui gardent une cabine de chantier carbonis&#233;e ; elle est pos&#233;e au milieu d'une vaste &#233;tendue marron dont la surface a &#233;t&#233; &#171; d&#233;cap&#233;e &#187; en pr&#233;vision de l'immersion par l'eau du barrage. La cabine a &#233;t&#233; incendi&#233;e la veille, apprend-on, d'o&#249; la pr&#233;sence de la police qui&#8200;&#8211; foi de pr&#233;fet &#8211;&#8200;ne devait pas &#234;tre sur la zone ce week-end. Les &#233;leveurs ne s'attardent pas. En repartant vers le site du rassemblement, le troupeau blanc croise un autre troupeau, noir celui-ci, tout en cagoules et en boucliers, et laisse derri&#232;re lui les ingr&#233;dients d'une confrontation explosive.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1257 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH356/p03-testet-1-67c77.jpg?1768660718' width='500' height='356' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Na&#239;k&#233; Desquesnes.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;pilogue.&lt;/strong&gt; Une semaine apr&#232;s la mort de R&#233;mi Fraisse, tu&#233; d'une grenade par les gardes-mobiles, plusieurs milliers de personnes sont venues replanter et construire la zone d&#233;vast&#233;e. Sur la zone d&#233;cap&#233;e par les engins, o&#249; est tomb&#233; le jeune manifestant, un ch&#226;teau fort de planches et de palettes est en construction, avec un authentique pont-levis et des douves. En remplacement des arbres qui servaient de postes d'observation aux occupants, des tentes ont &#233;t&#233; perch&#233;es au sommet de deux fortins de bois hauts d'une dizaine de m&#232;tres et surmont&#233;s de plates-formes. Un peu plus loin dans la pin&#232;de, les &#233;leveurs ont construit une &#171; cabane du berger &#187; en planches &#171; &lt;i&gt;qui pourra servir de repli en cas d'expulsion&lt;/i&gt; &#187;. A quelques pas de l&#224;, un groupe creuse un puits. Ailleurs, les fossoyeurs creusent une tombe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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