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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Quand le b&#226;timent va &#224; tout-va</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;L'on entend pas toujours tr&#232;s bien lorsqu'un vent de libert&#233; vous souffle &#224; l'oreille. Au Maroc, les habitants de la r&#233;gion d'Agadir ont cru comprendre que le roi autorisait temporairement toutes sortes de constructions. Une rumeur qui a d&#233;cha&#238;n&#233; les truelles&#8230; C'est au sud d'Agadir, ville c&#244;ti&#232;re et touristique du Maroc, qu'est apparue pour la premi&#232;re fois, en mars 2011, l'incroyable rumeur : &#171; Le roi autorise pendant trois mois toutes les constructions ! &#187; Tr&#232;s vite, dans la r&#233;gion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mric" rel="tag"&gt;Mric&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH100/zz_92mric-171e8-23515.jpg?1782700610' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'on entend pas toujours tr&#232;s bien lorsqu'un vent de libert&#233; vous souffle &#224; l'oreille. Au Maroc, les habitants de la r&#233;gion d'Agadir ont cru comprendre que le roi autorisait temporairement toutes sortes de constructions. Une rumeur qui a d&#233;cha&#238;n&#233; les truelles&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH426/92mric-171e8.png?1782676571' width='400' height='426' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Mric
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est au sud d'Agadir, ville c&#244;ti&#232;re et touristique du Maroc, qu'est apparue pour la premi&#232;re fois, en mars 2011, l'incroyable rumeur : &lt;i&gt;&#171; Le roi autorise pendant trois mois toutes les constructions ! &#187;&lt;/i&gt; Tr&#232;s vite, dans la r&#233;gion agricole et pauvre d'A&#239;t Bahia, Sidi Bibi et Massa, les habitants ent&#233;rinent cette &#8211; suppos&#233;e ! &#8211; d&#233;cision royale permettant &#224; chacun d'avoir enfin un toit sans passer par le labyrinthe des administrations, souvent synonyme de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce mois de mars&lt;/strong&gt;, cela fait d&#233;j&#224; quelque temps que le Royaume Ch&#233;rifien conna&#238;t une vague d'agitation sociale inspir&#233;e des soul&#232;vements que connaissent les pays du Maghreb. Le 14 janvier, le Tunisien Zine el-Abidine Ben Ali avait pris la tangente. D&#233;but f&#233;vrier, des manifestants avaient d&#233;fil&#233; dans plusieurs villes alg&#233;riennes. Le 11 f&#233;vrier, c'&#233;tait au tour d'Hosni Moubarak de l&#226;cher le pouvoir. Le 20 du m&#234;me mois, au Maroc, des manifestations r&#233;unissent pr&#232;s de 40 000 personnes pour r&#233;clamer la fin de la monarchie absolue, de la corruption et la cr&#233;ation d'une nouvelle constitution. &#192; Tanger, Larache, T&#233;touan ou encore Marrakech, les forces de s&#233;curit&#233; interviennent violemment. Des b&#226;timents officiels, des si&#232;ges de multinationales, des banques, des gendarmeries sont incendi&#233;s&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cinq personnes sont retrouv&#233;es mortes dans une agence bancaire saccag&#233;e &#224; Al (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Le 9 mars, le roi Mohammed VI annonce : &lt;i&gt;&#171; Nous avons d&#233;cid&#233; d'entreprendre une r&#233;forme constitutionnelle globale [&#8230;] dans les domaines politique, &#233;conomique, social, culturel et de d&#233;veloppement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s sa premi&#232;re apparition&lt;/strong&gt; au sud, la rumeur contourne Agadir par le nord. Aourir, village connu pour ses fameuses bananes guadeloup&#233;ennes, se transforme en vaste chantier. Tamgarht et deux villages du littoral, Tamaouanza et Aghoud, sont &#224; leur tour touch&#233;s. On trace, on creuse et on b&#226;tit.&lt;i&gt; &#171; Des convois de camions transportant parpaings, ferrailles, ciment, approvisionnent des milliers de ma&#231;ons improvis&#233;s&lt;/i&gt;, nous explique Kenza, une habitante. &lt;i&gt;Au bord des routes, des jeunes vendent des pierres devenues, en quelques semaines, tr&#232;s ch&#232;res dans la r&#233;gion. &#187; &lt;/i&gt; On se pr&#233;cipite pour passer outre les bureaucrates charg&#233;s des plans d'occupation des sols, &#233;vitant ainsi la case corruption. Dans les rues, l'on dit que cette autorisation royale court jusqu'au r&#233;f&#233;rendum&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 1er juillet, 98 % des &#233;lecteurs auraient vot&#233; pour le changement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. D'autres affirment que l'&#233;ch&#233;ance est fix&#233;e aux l&#233;gislatives&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elles auront lieu le 25 novembre.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, sans que jamais aucun texte officiel ne vienne confirmer cette ouverture de droits. Rapidement, alors que les plus pauvres ont &#233;t&#233; les premiers &#224; b&#226;tir et &#224; arr&#234;ter les chantiers faute d'argent, des b&#226;tisseurs plus fortun&#233;s se lancent fr&#233;n&#233;tiquement dans la ma&#231;onnerie. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup de ceux qui construisent parient sur la revente de leurs maisons &#224; des &#233;trangers qui viennent profiter de la beaut&#233; des lieux et des vastes plages d&#233;sertes&lt;/i&gt;, souligne Kenza. &lt;i&gt;C'est aberrant. Ils jouent contre eux-m&#234;mes. Qui voudra venir dans ces villages d&#233;figur&#233;s par ces nouvelles habitations sans &#233;lectricit&#233;, ni eau, ni syst&#232;me d'assainissement ? &#187;&lt;/i&gt; &#192; Tamaouanza, le terrain destin&#233; &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau coll&#232;ge se couvrirait de constructions sauvages, pendant que le projet de gendarmerie serait mis &#224; mal par l'apparition de nouvelles maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici, les actes de propri&#233;t&#233;&lt;/strong&gt; sont une denr&#233;e rare. &lt;i&gt;&#171; Le tremblement de terre de 1960 a tu&#233; plus de 12 000 personnes dans la r&#233;gion d'Agadir. Beaucoup de survivants ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s et ont d&#251; abandonner leurs terrains qui sont donc rest&#233;s sans propri&#233;taire&lt;/i&gt;, poursuit Kenza. &lt;i&gt;Des murs improbables se montent &#224; la va-vite. Le trac&#233; des rues, sans cesse mouvant, dispara&#238;t puis r&#233;appara&#238;t ailleurs. Des maisons existantes se voient d'un coup priv&#233;es d'acc&#232;s et de lumi&#232;re. Les lits et les bords des oueds erratiques et dangereux s'emplissent d'habitations. Ceux qui s'affirment propri&#233;taires d'un terrain, o&#249; s'activent dor&#233;navant des ma&#231;ons travaillant jour et nuit, exhibent de vagues documents sans valeur. Et quand il n'y a plus d'argument, les gens se tapent dessus. Les familles s'en m&#234;lent. Les jeunes rappliquent&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 18 juillet&lt;/strong&gt;, les autorit&#233;s d'Aourir, encadr&#233;es par des forces de police, d&#233;cident de d&#233;truire pour l'exemple trois constructions r&#233;alis&#233;es par&#8230; des conseillers municipaux ! La r&#233;sistance se transforme en &#233;meute et, le soir m&#234;me, le b&#226;timent du Ca&#239;dat est en partie saccag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Folie collective ?&lt;/strong&gt; Le roi ne s'est-il pas adress&#233; au peuple en affirmant qu'il consid&#233;rait avec attention ses revendications ? Pris pour argent comptant, ses propos semblent avoir lib&#233;r&#233; la pression impos&#233;e par la corruption, jusqu'&#224; donner &#224; de paisibles villages l'air de ces camps o&#249; les r&#233;fugi&#233;s occupent chaque m&#232;tre carr&#233;. La ville est le lieu d'une identit&#233; collective, dit-on. Ici, c'est plut&#244;t la course &#224; l'acquisition d'espaces priv&#233;s&#8230; Une anomie, caricature et copie des pratiques et calculs que subit la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cinq personnes sont retrouv&#233;es mortes dans une agence bancaire saccag&#233;e &#224; Al Hoceima.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 1er juillet, 98 % des &#233;lecteurs auraient vot&#233; pour le changement de constitution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elles auront lieu le 25 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Suicides au Sud</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Suicides-au-Sud</link>
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		<dc:date>2011-05-12T07:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Sidi</dc:subject>
		<dc:subject>Sidi Bouzid</dc:subject>
		<dc:subject>m'ont expliqu&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>Bouazizi m'ont</dc:subject>
		<dc:subject>d'autres jeunes</dc:subject>
		<dc:subject>s'&#233;tait rendue</dc:subject>
		<dc:subject>Bouzid</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hager, de retour de Sidi Bouzid o&#249; elle s'&#233;tait rendue avec la &#171; caravane de remerciements &#187;, raconte : &#171; Des proches de Mohamed Bouazizi m'ont expliqu&#233; qu'il &#233;tait un parmi tant d'autres jeunes qui se sont suicid&#233;s et se suicident dans la r&#233;gion. Certains se sont jet&#233;s dans des puits. Mais la mani&#232;re de faire la plus r&#233;pandue est de grimper aux pyl&#244;nes &#233;lectriques et de s'accrocher aux c&#226;bles de 30 000 volts. Il y a eu de nombreux morts dans les mois pr&#233;c&#233;dant le geste de Mohamed et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hager&lt;/strong&gt;, de retour de Sidi Bouzid o&#249; elle s'&#233;tait rendue avec la &#171; caravane de remerciements &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Partis en bus et en voiture depuis plusieurs villes le 6 f&#233;vrier, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, raconte : &lt;i&gt;&#171; Des proches de Mohamed Bouazizi m'ont expliqu&#233; qu'il &#233;tait un parmi tant d'autres jeunes qui se sont suicid&#233;s et se suicident dans la r&#233;gion. Certains se sont jet&#233;s dans des puits. Mais la mani&#232;re de faire la plus r&#233;pandue est de grimper aux pyl&#244;nes &#233;lectriques et de s'accrocher aux c&#226;bles de 30 000 volts. Il y a eu de nombreux morts dans les mois pr&#233;c&#233;dant le geste de Mohamed et les gens en parlent avec fatalisme. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette immolation est loin d'&#234;tre la premi&#232;re en Tunisie, o&#249;, selon une enqu&#234;te publi&#233;e en 2009, 37 % des jeunes penseraient au suicide. Le 3 mars 2010, Adesslem Trimeche, lui aussi vendeur ambulant qui s'&#233;tait fait confisquer sa charrette, s'&#233;tait immol&#233; &#224; Monastir, ville c&#244;ti&#232;re et touristique. Sa mort avait &#233;t&#233; dissimul&#233;e : hors de question pour le gouvernement de tol&#233;rer une mauvaise publicit&#233; qui aurait &#233;br&#233;ch&#233; l'image paradisiaque du littoral tunisien. Le geste de Mohamed Bouazizi aura rencontr&#233; un autre &#233;cho dans sa r&#233;gion oubli&#233;e et m&#233;pris&#233;e de l'arri&#232;re-pays, o&#249; les liens tribaux demeurent tr&#232;s pr&#233;sents. Le gouvernement traditionnellement m&#233;prisant &#224; l'&#233;gard des populations du Sud a alors totalement sous-estim&#233; les cons&#233;quences de ce drame.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Partis en bus et en voiture depuis plusieurs villes le 6 f&#233;vrier, les participants de ce cort&#232;ge ont &#233;t&#233; re&#231;us par des milliers de Sidibouzidiens sous une banderole proclamant : &lt;i&gt;&#171; Les hommes de la r&#233;volution souhaitent la bienvenue aux hommes libres de Tunisie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La bataille de Sidi Bouzid</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-bataille-de-Sidi-Bouzid</link>
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		<dc:date>2011-05-11T07:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>Sidi</dc:subject>
		<dc:subject>Sidi Bouzid</dc:subject>
		<dc:subject>Mohamed Bouazizi</dc:subject>
		<dc:subject>Bouzid</dc:subject>
		<dc:subject>agricole situ&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>principale ville</dc:subject>
		<dc:subject>ville agricole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est &#224; Sidi Bouzid, principale ville agricole situ&#233;e au centre de la Tunisie, qu'ont eu lieu les premi&#232;res &#233;meutes qui ont conduit &#224; la fuite de Ben Ali et &#224; la transformation des rapports de force en Tunisie. Dans cette cit&#233; se croisent les deux grandes routes qui permettent d'acheminer les l&#233;gumes, les fruits et les c&#233;r&#233;ales dans tout le pays. De part et d'autre des deux axes, les ruelles forment de v&#233;ritables labyrinthes. C'est l&#224; que, dans les jours qui ont suivi l'immolation de Mohamed (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tunisie" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sidi" rel="tag"&gt;Sidi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sidi-Bouzid" rel="tag"&gt;Sidi Bouzid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohamed-Bouazizi" rel="tag"&gt;Mohamed Bouazizi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouzid" rel="tag"&gt;Bouzid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/agricole-situee" rel="tag"&gt;agricole situ&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/principale-ville" rel="tag"&gt;principale ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ville-agricole" rel="tag"&gt;ville agricole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; Sidi Bouzid&lt;/strong&gt;, principale ville agricole situ&#233;e au centre de la Tunisie, qu'ont eu lieu les premi&#232;res &#233;meutes qui ont conduit &#224; la fuite de Ben Ali et &#224; la transformation des rapports de force en Tunisie. Dans cette cit&#233; se croisent les deux grandes routes qui permettent d'acheminer les l&#233;gumes, les fruits et les c&#233;r&#233;ales dans tout le pays. De part et d'autre des deux axes, les ruelles forment de v&#233;ritables labyrinthes. C'est l&#224; que, dans les jours qui ont suivi l'immolation de Mohamed Bouazizi, le 17 d&#233;cembre 2010&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mohamed Bouazizi est d&#233;c&#233;d&#233; le 4 janvier 2011.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, s'est livr&#233;e la bataille de Sidi Bouzid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s le geste d&#233;sesp&#233;r&#233; du jeune marchand de fruits, les manifestations virent aux affrontements, massivement film&#233;s avec des portables et imm&#233;diatement relay&#233;s sur Facebook. La col&#232;re accumul&#233;e chez les jeunes explose. &lt;i&gt;&#171; Ils &#233;taient pr&#234;ts. Le suicide de Mohamed a &#233;t&#233; la goutte qui a fait d&#233;border le vase&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, affirme une habitante. Les quelques flics pr&#233;sents sur place sont d&#233;bord&#233;s. Des renforts des Brigades de l'ordre public sont annonc&#233;s depuis Sousse, o&#249; vient de se jouer un match foot. La consigne circule alors dans la ville d'affamer les forces de l'ordre : aucun commer&#231;ant ne vendra quoi que ce soit aux policiers. Le ravitaillement destin&#233; aux fonctionnaires est d&#233;truit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la nuit tomb&#233;e que, dispers&#233;s sur les toits des maisons, les &lt;i&gt;&#171; snipers par pierres &#187;&lt;/i&gt; passent &#224; l'action. &lt;i&gt;&#171; &#192; croire que les jeunes s'entra&#238;naient depuis longtemps pour arriver &#224; une telle pr&#233;cision dans leurs tirs &#187;&lt;/i&gt;, raconte un t&#233;moin. Sur l'avenue qui porte aujourd'hui le nom de Mohamed Bouazizi, les tirs de caillasses se concentrent sur le commissariat et ses b&#226;timents mitoyens, si&#232;ges du RCD et du gouvernorat. Des &#171; contras &#187;, contrebandiers qui trafiquent de l'essence depuis les pays voisins, distribuent des bouteilles pr&#234;tes &#224; l'emploi. &lt;i&gt;&#171; Bl&#232;ch ! C'est gratuit ! &#201;clatez-les ! Br&#251;lez-les ! &#187;&lt;/i&gt; Les jeunes courent de terrasse en terrasse apr&#232;s avoir coup&#233; l'&#233;clairage public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains attirent les flics dans le labyrinthe de ruelles et d'impasses. Pris au pi&#232;ge dans cet environnement inconnu, ils se retrouvent &#224; la merci des pierres et des bouteilles d'essence. &lt;i&gt;&#171; On &#233;tait tr&#232;s organis&#233;s, comme une arm&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, explique un jeune Sidibouzien. Quand les flics l&#232;vent les boucliers pour se prot&#233;ger la t&#234;te, les tireurs visent les jambes. Et inversement. Difficile de riposter pour les bleus, confront&#233;s au nombre d'assaillants et &#224; l'obscurit&#233;. Les &#233;meutiers s'aspergent le visage de Coca et de Fanta, qui, para&#238;t-il, prot&#232;gent des effets du gaz. Non loin, des femmes stimulent de leurs &#171; you-you &#187; les lanceurs de pierres. Un jeune est touch&#233; &#224; la jambe par une grenade. &lt;i&gt;&#171; Ils l'ont pay&#233; tr&#232;s cher &#187;&lt;/i&gt;, raconte un commer&#231;ant. Au matin, on r&#233;cup&#232;re les projectiles en pr&#233;vision de la soir&#233;e et de la nuit suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze jours plus tard, l'&#201;tat, d&#233;cid&#233; &#224; laver l'affront subi &#224; Sidi Bouzid, envoie ses tueurs &#224; Kasserine, &#224; 90 kilom&#232;tres &#224; l'Ouest. Depuis les toits, ils abattent plusieurs dizaines de personnes. Cette tuerie, loin d'effrayer la population, exacerbera une col&#232;re qui se propage &#224; tout le pays. Le 14 janvier, Ben Ali et sa famille d&#233;gagent&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mohamed Bouazizi est d&#233;c&#233;d&#233; le 4 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Facebook contre Ben Ali</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Facebook-contre-Ben-Ali</link>
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		<dc:date>2011-01-15T07:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby, Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
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&lt;p&gt;Cela fait maintenant un mois que la Tunisie vit au rythme des tentatives d'immolation par le feu, des manifestations spontan&#233;es et des appels &#224; la gr&#232;ve nationale. Pour toute r&#233;ponse, le r&#233;gime du pr&#233;sident Ben Ali n'a fait que hausser le niveau de la r&#233;pression. &#171; Toute une g&#233;n&#233;ration descend aujourd'hui dans la rue car le march&#233; de l'emploi ne promet rien d'autre qu'une place d'op&#233;rateur t&#233;l&#233;phonique &#187;, nous raconte Nedjma, &#233;tudiante tunisienne. Depuis la tentative de suicide, le 17 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lasserpe" rel="tag"&gt;Lasserpe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etudiante-tunisienne" rel="tag"&gt;&#233;tudiante tunisienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait maintenant un mois que la Tunisie vit au rythme des tentatives d'immolation par le feu, des manifestations spontan&#233;es et des appels &#224; la gr&#232;ve nationale. Pour toute r&#233;ponse, le r&#233;gime du pr&#233;sident Ben Ali n'a fait que hausser le niveau de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_53 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH392/Lasserpe_Tunisie-4fee3.png?1782651487' width='400' height='392' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lasserpe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Toute une g&#233;n&#233;ration descend aujourd'hui dans la rue car le march&#233; de l'emploi ne promet rien d'autre qu'une place d'op&#233;rateur t&#233;l&#233;phonique &#187;&lt;/i&gt;, nous raconte Nedjma, &#233;tudiante tunisienne. Depuis la tentative de suicide, le 17 d&#233;cembre, d'un jeune vendeur de l&#233;gumes, &#224; bout devant les tracasseries polici&#232;res, s'immolant par le feu dans son village de Sidi Bouzid, la r&#233;volte contre le r&#233;gime a gagn&#233; tout le pays. Les heurts avec les forces de s&#233;curit&#233; ont fait une vingtaine de morts le 8 et le 9 janvier pr&#232;s de Kasserine suite &#224; d'autres tentatives d'immolation par le feu dans cette ville et &#224; Sidi Bouzid. On conna&#238;t les causes du mal tunisien : une opposition en grande partie noyaut&#233;e par les islamistes, eux-m&#234;mes instrumentalis&#233;s par le pouvoir, une jeunesse, certes dipl&#244;m&#233;e, mais aussi confront&#233;e au ch&#244;mage et infantilis&#233;e par le verrouillage de la soci&#233;t&#233;, une &#233;conomie de services aux mains de quelques grandes firmes, en particulier fran&#231;aises, adoub&#233;es par le clan Ben Ali pour le seul profit de celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui change dans le mouvement de contestation actuelle, semble-
t-il, c'est la volont&#233; du peuple tunisien de ne plus plier m&#234;me en face d'une r&#233;pression f&#233;roce. Si le blackout fut total sur les m&#233;dias tunisiens, Facebook a servi de mode d'information sur la r&#233;volte de d&#233;cembre. &lt;i&gt;&#171; On utilise des proxys pour diffuser des vid&#233;os &#187;&lt;/i&gt;, explique Nedjma &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Alors que le bilan est d&#233;j&#224; de trois morts le 3 janvier, un appel national &#224; la gr&#232;ve est lanc&#233; dans les lyc&#233;es par Internet. Une cyberguerre entre des groupes d'activistes et la censure de l'Agence tunisienne d'Internet (ATI) est en marche. Nabil, &#233;tudiant en France, nous explique comment il suit f&#233;brilement ce qu'il appelle d&#233;j&#224; une r&#233;volution. &lt;i&gt;&#171; La Tunisie, il ne s'y passe d'habitude jamais rien &#187;&lt;/i&gt;. Depuis le 19 d&#233;cembre, il ne d&#233;croche plus de Facebook, mis &#224; part pour sauter en l'air. Ceci malgr&#233; &lt;i&gt;&#171; les ciseaux d'Ammar &#187;&lt;/i&gt;, du nom d'un ancien ministre de l'Int&#233;rieur puis des Communications de sinistre m&#233;moire. Malgr&#233; le danger d'&#234;tre compt&#233; comme opposant, il &#233;change avec d'autres internautes ses impressions sur son pays : &lt;i&gt;&#171; Ben Ali a confisqu&#233; le pouvoir et avec sa femme, ils confisquent toute l'&#233;conomie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le 30 d&#233;cembre, grande premi&#232;re sur la cha&#238;ne priv&#233;e Nessma TV, un ti&#232;de plateau d'avocats et de personnalit&#233;s &#233;voque les &#233;v&#232;nements. Dans le m&#234;me temps un brouillage Internet a &#233;t&#233; effectu&#233;. Cette fausse soupape ne suffit pas car, apr&#232;s le limogeage du gouverneur et de plusieurs ministres, le pouvoir para&#238;t aux abois. Nedjma souligne &lt;i&gt;&#171; que la cha&#238;ne t&#233;l&#233; est poss&#233;d&#233;e en partie par Berlusconi et Tarek ben Ammar, un proche du pouvoir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat s'est content&#233; de jouer sur l'&#233;motion du suicide par le feu : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait trop superficiel, pas sur le fond. Ils ont fait porter le chapeau au Wali, le gouverneur de Sidi Bouzid. &#187;&lt;/i&gt; Un avis partag&#233; par le journaliste Taoufik Ben Brik, maintes fois emprisonn&#233; par le pouvoir pour ses prises de position, qui affirme que c'&#233;tait une &#233;mission autoris&#233;e. En France, les m&#233;dias tardent &#224; relayer l'information pr&#233;f&#233;rant se concentrer sur les chutes de neige, la C&#244;te d'Ivoire ou &#171; l'&#233;puration religieuse &#187; frappant les coptes d'&#201;gypte. Les opposants &#224; Ben Ali invit&#233;s sur les plateaux radio et t&#233;l&#233; sont ti&#232;des ou &#224; la solde du pouvoir. Nedjma ajoute &#224; propos de l'intervention de Ben Ali &#224; la t&#233;l&#233;vision nationale : &lt;i&gt;&#171; C'est compl&#232;tement schizophr&#233;nique qu'il vienne en parler puisque aucun m&#233;dia officiel n'avait fait mention des &#233;meutes. &#187;&lt;/i&gt; Si la t&#233;l&#233;vision a pass&#233; des chansons, sur Twitter les &#233;meutes scandent un autre rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une amie d'origine tunisienne nous apprend que les conversations t&#233;l&#233;phoniques avec sa famille demeurant au pays ont pris un tour &#233;trange : &#224; ces questions, on lui r&#233;pondait par messages cod&#233;s parlant de &lt;i&gt;&#171; nuages verts qui s'amoncellent dans le ciel. &#187;&lt;/i&gt; Par ailleurs, les &#171; histoires &#187; se r&#233;pandent dans les rues des villes tunisiennes comme celle &#233;voquant la pr&#233;sence du pr&#233;sident au chevet du premier immol&#233;, officiellement d&#233;c&#233;d&#233; le 4 janvier : en fait, il s'agirait d'un acteur recouvert de bandages, le sacrifi&#233; volontaire &#233;tant mort depuis bien longtemps. Quand tout un pays s'enflamme et qu'aucune information ne le traduit, la schizophr&#233;nie trouve le canal de la rumeur et des r&#233;seaux sociaux pour ne pas d&#233;primer. Nedjma est ainsi accroch&#233;e &#224; son &#171; mur &#187; Facebook. &#171; &lt;i&gt; Le collectif Anonymous qui a soutenu Wikileaks a lanc&#233; des cyberattaques contre les sites du gouvernement &#187;&lt;/i&gt;, se r&#233;gale-t-elle. Mais le pouvoir ne reste pas l'arme au pied et le principal site d'opposition &lt;a href=&#034;http://www.nawaat.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nawaat&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; purement et simplement &#233;radiqu&#233; du paysage virtuel tunisien par des hackers professionnels stipendi&#233;s par le r&#233;gime. L'ATI a &#233;galement mis en place un syst&#232;me assez sophistiqu&#233; lui permettant d'enregistrer les mots de passe et les identifiants de connexion des internautes quand ils vont sur Google ou Facebook. Enfin, le 6 janvier, plusieurs blogueurs militants en faveur de la libert&#233; d'expression parmi les plus influents de Tunisie ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s par la police et mis au secret dans les locaux du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. O&#249; comment passer du cyberespace &#224; six m&#232;tres carr&#233;s...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Baroud de Sidi Ifni</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-Baroud-de-Sidi-Ifni</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-Baroud-de-Sidi-Ifni</guid>
		<dc:date>2008-12-15T08:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas, Mohammed Fay&#231;al</dc:creator>


		<dc:subject>JMB</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>port</dc:subject>
		<dc:subject>Maroc</dc:subject>
		<dc:subject>Sahara occidental</dc:subject>
		<dc:subject>Sahara</dc:subject>
		<dc:subject>Sidi</dc:subject>
		<dc:subject>Sidi Ifni</dc:subject>
		<dc:subject>Secr&#233;tariat local</dc:subject>
		<dc:subject>Ifni</dc:subject>
		<dc:subject>Secr&#233;tariat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une ville du Sud marocain s'insurge et, quelle h&#233;r&#233;sie !, s'organise en assembl&#233;e, hors de toute ob&#233;dience politique. Au grand dam des m&#233;dias, aucun islamiste &#224; l'horizon : black-out sur une de ces frondes qui essaiment dans le Maghreb, depuis Oran jusqu'&#224; Redeyef (Tunisie). IL EST 4H30, en ce samedi 7 juin2008, lorsque 5000 policiers et militaires lancent leur offensive sur Sidi Ifni, ville de 30000 habitants dans le sud du Maroc, &#224; la fronti&#232;re du Sahara occidental. Objectifs de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-62-decembre-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 62 (d&#233;cembre 2008)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/JMB" rel="tag"&gt;JMB&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/port" rel="tag"&gt;port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maroc" rel="tag"&gt;Maroc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sahara-occidental" rel="tag"&gt;Sahara occidental&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sahara" rel="tag"&gt;Sahara&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Secretariat" rel="tag"&gt;Secr&#233;tariat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une ville du Sud marocain s'insurge et, quelle h&#233;r&#233;sie !, s'organise en assembl&#233;e, hors de toute ob&#233;dience politique. Au grand dam des m&#233;dias, aucun islamiste &#224; l'horizon : black-out sur une de ces frondes qui essaiment dans le Maghreb, depuis Oran jusqu'&#224; Redeyef (Tunisie).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;IL EST 4H30, en ce samedi 7 juin2008, lorsque 5000 policiers et militaires lancent leur offensive sur Sidi Ifni, ville de 30000 habitants dans le sud du Maroc, &#224; la fronti&#232;re du Sahara occidental. Objectifs de l'invasion : d&#233;bloquer l'acc&#232;s au port devant lequel campe depuis une semaine une partie de la population et punir celle-ci d'avoir os&#233; protester contre ses conditions de vie. Pendant plusieurs heures, flics, unit&#233;s sp&#233;ciales et CRS vont se d&#233;cha&#238;ner : bastonnades, tirs de balles en caoutchouc et lacrymo, pillage, portes d&#233;fonc&#233;es, arrestations et humiliations en tout genre. Des t&#233;moins parleront de viols et de morts. Mais plusieurs membres de la soldatesque &#233;prouvent aussi les qualit&#233;s r&#233;put&#233;es de lanceurs de pierres de la jeunesse locale. Un chef de la police &#233;chappe de peu &#224; la mise &#224; feu de ses v&#234;tements impr&#233;gn&#233;s d'essence. Certains Ifnaouis s'&#233;chappent par les toits. D'autres fuient dans les montagnes, poursuivis par des brigades canines et des h&#233;licopt&#232;res. Certains redescendront dans la ville &#224; la nuit tomb&#233;e, se feront arr&#234;ter et rejoindront ceux d&#233;j&#224; enferm&#233;s dans des b&#226;timents administratifs o&#249;, nus et les yeux band&#233;s, ils seront tabass&#233;s et pi&#233;tin&#233;s. Les quelques bless&#233;s qui se rendront &#224; l'h&#244;pital trouveront le personnel habituel remplac&#233; par des auxiliaires militaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L382xH248/img_art_1869-4b125.jpg?1782653661' width='382' height='248' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par JMB
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&lt;p&gt;Retour en arri&#232;re : le 30 mai 2008, en r&#233;ponse &#224; des offres d'emplois municipaux, un millier de jeunes se rassemblent devant la mairie pour assister au tirage au sort qui d&#233;signera les six &#171; gagnants &#187;. N&#233;potisme ? Corruption ? La col&#232;re grandit devant le b&#226;timent officiel,au point qu'un groupe de jeunes ch&#244;meurs d&#233;cide de paralyser le centre n&#233;vralgique de la ville :le port de p&#234;che, d'o&#249; partent quotidiennement en direction d'Agadir des convois de camions charg&#233;s de sardines. &lt;i&gt;&#171; Comment tant de poissons peuvent partir ainsi alors que nous crevons de faim et restons ch&#244;meurs ? &#187;&lt;/i&gt;, disent les premiers bloqueurs. Tr&#232;s vite, d'autres jeunes les rejoignent. Une centaine de camions sont bloqu&#233;s. Des tentes s'installent, on apporte r&#233;chauds et matelas. Les familles pr&#233;parent repas et collations pendant qu'une manifestation de plus de mille personnes parcourt les rues de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tradition de r&#233;sistance ? En 2005 d&#233;j&#224;, Sidi Ifni, fief historique des tribus d'A&#239;t Baamrane, r&#233;put&#233;es pour leur indocilit&#233;, s'&#233;tait soulev&#233;. Une assembl&#233;e informelle prend le nom de Secr&#233;tariat local et &#233;labore cinq revendications : &lt;i&gt;&#171; Faire de Sidi Ifni une pr&#233;fecture. Achever la construction du port de p&#234;che. Am&#233;liorer les liaisons routi&#232;res. Cr&#233;er des emplois en construisant des unit&#233;s industrielles de conserveries afin que cessent les passages clandestins et mortels des jeunes en direction des &#238;les Canaries. &#187;&lt;/i&gt; L'&#201;tat r&#233;pond en envoyant la troupe. Le 30 juin 2006, le pr&#233;fet, venu participer aux c&#233;r&#233;monies de la f&#234;te de l'Ind&#233;pendance, est agress&#233; par une petite foule. Il s'en tire avec une clavicule cass&#233;e. En d&#233;cembre 2007, lors d'un passage de Mohammed VI, un participant du Secr&#233;tariat local viole le protocole en s'adressant directement au roi pour lui pr&#233;senter les revendications de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Sidi Ifni, suite &#224; l'intervention arm&#233;e du 7 juin, est isol&#233;e du monde, des soutiens se manifestent &#224; travers le pays. Une caravane rassemblant plusieurs centaines de voitures et de bus se dirige vers la ville assi&#233;g&#233;e. Le 22 juin, apr&#232;s avoir forc&#233; le blocus policier, elle rejoint la population et forme un cort&#232;ge qui rassemble 12 000 personnes et exige la lib&#233;ration des personnes arr&#234;t&#233;es. Les participants de la caravane sont accueillis chez l'habitant. Mais la chasse aux membres du Secr&#233;tariat local continue. Rafles et arrestations nocturnes, chantages et menaces aupr&#232;s des familles se multiplient. Des membres de l'Association nationale des dipl&#244;m&#233;s-ch&#244;meurs sont accus&#233;s de rassemblement arm&#233; et de tentative de meurtre sur un policier en bande organis&#233;e. Apr&#232;s une quinzaine de jours pass&#233;e dans la montagne, Bara Brahim, membre influent du Secr&#233;tariat local, est arr&#234;t&#233; et soumis &#224; la torture. Le 19 ao&#251;t, malgr&#233; la terreur, trois &#224; quatre cents personnes d&#233;cident de bloquer &#224; nouveau le port. L'intervention imm&#233;diate de la flicaille provoque des affrontements qui se transforment en &#233;meutes dans toute l'agglom&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tenter de restaurer la confiance, un simulacre de commission d'enqu&#234;te &#171; impartiale &#187;, compos&#233;e de repr&#233;sentants de tous les partis politiques officiels, est cr&#233;&#233;e. Mais le rapport parlementaire conclut que l'intervention des forces de s&#233;curit&#233; &#233;tait justifi&#233;e. Un d&#233;put&#233; socialiste argumente : &lt;i&gt;&#171; Il n'y a aucune route d'acc&#232;s au port &#224; part celle qui traverse la ville. Il fallait bien enlever les barricades, ce qui a provoqu&#233; les affrontements avec les manifestants. Le port &#233;tait sous embargo alors qu'il a une vocation de service public et donc d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. &#187;&lt;/i&gt; Int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ? &lt;i&gt;&#171; Sans nos immigr&#233;s, nous serions morts de faim. Il n'y a qu'eux qui nous viennent en aide, alors que le port rapporte des milliards de dirhams. Maintenant, ils nous interdisent le port. Les marins qui vivent de leurs petites barques n'y ont plus acc&#232;s. Plusieurs veuves survivent gr&#226;ce aux paniers de sardines qu'elles vendent. C'est quoi ce droit ? On ne peut m&#234;me plus vivre dans notre propre pays &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;pond vivement une habitante de Sidi Ifni. &#192; ce jour, des centaines d'Ifnaouis sont encore enferm&#233;s dans des ge&#244;les innommables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comit&#233; de soutien &#224; Sidi Ifni : soutien-sidi-ifni @ laposte.net&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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