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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Quand le b&#226;timent va &#224; tout-va</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'on entend pas toujours tr&#232;s bien lorsqu'un vent de libert&#233; vous souffle &#224; l'oreille. Au Maroc, les habitants de la r&#233;gion d'Agadir ont cru comprendre que le roi autorisait temporairement toutes sortes de constructions. Une rumeur qui a d&#233;cha&#238;n&#233; les truelles&#8230; C'est au sud d'Agadir, ville c&#244;ti&#232;re et touristique du Maroc, qu'est apparue pour la premi&#232;re fois, en mars 2011, l'incroyable rumeur : &#171; Le roi autorise pendant trois mois toutes les constructions ! &#187; Tr&#232;s vite, dans la r&#233;gion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH100/zz_92mric-171e8-23515.jpg?1782700610' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'on entend pas toujours tr&#232;s bien lorsqu'un vent de libert&#233; vous souffle &#224; l'oreille. Au Maroc, les habitants de la r&#233;gion d'Agadir ont cru comprendre que le roi autorisait temporairement toutes sortes de constructions. Une rumeur qui a d&#233;cha&#238;n&#233; les truelles&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH426/92mric-171e8.png?1782676571' width='400' height='426' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Mric
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est au sud d'Agadir, ville c&#244;ti&#232;re et touristique du Maroc, qu'est apparue pour la premi&#232;re fois, en mars 2011, l'incroyable rumeur : &lt;i&gt;&#171; Le roi autorise pendant trois mois toutes les constructions ! &#187;&lt;/i&gt; Tr&#232;s vite, dans la r&#233;gion agricole et pauvre d'A&#239;t Bahia, Sidi Bibi et Massa, les habitants ent&#233;rinent cette &#8211; suppos&#233;e ! &#8211; d&#233;cision royale permettant &#224; chacun d'avoir enfin un toit sans passer par le labyrinthe des administrations, souvent synonyme de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce mois de mars&lt;/strong&gt;, cela fait d&#233;j&#224; quelque temps que le Royaume Ch&#233;rifien conna&#238;t une vague d'agitation sociale inspir&#233;e des soul&#232;vements que connaissent les pays du Maghreb. Le 14 janvier, le Tunisien Zine el-Abidine Ben Ali avait pris la tangente. D&#233;but f&#233;vrier, des manifestants avaient d&#233;fil&#233; dans plusieurs villes alg&#233;riennes. Le 11 f&#233;vrier, c'&#233;tait au tour d'Hosni Moubarak de l&#226;cher le pouvoir. Le 20 du m&#234;me mois, au Maroc, des manifestations r&#233;unissent pr&#232;s de 40 000 personnes pour r&#233;clamer la fin de la monarchie absolue, de la corruption et la cr&#233;ation d'une nouvelle constitution. &#192; Tanger, Larache, T&#233;touan ou encore Marrakech, les forces de s&#233;curit&#233; interviennent violemment. Des b&#226;timents officiels, des si&#232;ges de multinationales, des banques, des gendarmeries sont incendi&#233;s&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cinq personnes sont retrouv&#233;es mortes dans une agence bancaire saccag&#233;e &#224; Al (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Le 9 mars, le roi Mohammed VI annonce : &lt;i&gt;&#171; Nous avons d&#233;cid&#233; d'entreprendre une r&#233;forme constitutionnelle globale [&#8230;] dans les domaines politique, &#233;conomique, social, culturel et de d&#233;veloppement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s sa premi&#232;re apparition&lt;/strong&gt; au sud, la rumeur contourne Agadir par le nord. Aourir, village connu pour ses fameuses bananes guadeloup&#233;ennes, se transforme en vaste chantier. Tamgarht et deux villages du littoral, Tamaouanza et Aghoud, sont &#224; leur tour touch&#233;s. On trace, on creuse et on b&#226;tit.&lt;i&gt; &#171; Des convois de camions transportant parpaings, ferrailles, ciment, approvisionnent des milliers de ma&#231;ons improvis&#233;s&lt;/i&gt;, nous explique Kenza, une habitante. &lt;i&gt;Au bord des routes, des jeunes vendent des pierres devenues, en quelques semaines, tr&#232;s ch&#232;res dans la r&#233;gion. &#187; &lt;/i&gt; On se pr&#233;cipite pour passer outre les bureaucrates charg&#233;s des plans d'occupation des sols, &#233;vitant ainsi la case corruption. Dans les rues, l'on dit que cette autorisation royale court jusqu'au r&#233;f&#233;rendum&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 1er juillet, 98 % des &#233;lecteurs auraient vot&#233; pour le changement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. D'autres affirment que l'&#233;ch&#233;ance est fix&#233;e aux l&#233;gislatives&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elles auront lieu le 25 novembre.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, sans que jamais aucun texte officiel ne vienne confirmer cette ouverture de droits. Rapidement, alors que les plus pauvres ont &#233;t&#233; les premiers &#224; b&#226;tir et &#224; arr&#234;ter les chantiers faute d'argent, des b&#226;tisseurs plus fortun&#233;s se lancent fr&#233;n&#233;tiquement dans la ma&#231;onnerie. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup de ceux qui construisent parient sur la revente de leurs maisons &#224; des &#233;trangers qui viennent profiter de la beaut&#233; des lieux et des vastes plages d&#233;sertes&lt;/i&gt;, souligne Kenza. &lt;i&gt;C'est aberrant. Ils jouent contre eux-m&#234;mes. Qui voudra venir dans ces villages d&#233;figur&#233;s par ces nouvelles habitations sans &#233;lectricit&#233;, ni eau, ni syst&#232;me d'assainissement ? &#187;&lt;/i&gt; &#192; Tamaouanza, le terrain destin&#233; &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau coll&#232;ge se couvrirait de constructions sauvages, pendant que le projet de gendarmerie serait mis &#224; mal par l'apparition de nouvelles maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici, les actes de propri&#233;t&#233;&lt;/strong&gt; sont une denr&#233;e rare. &lt;i&gt;&#171; Le tremblement de terre de 1960 a tu&#233; plus de 12 000 personnes dans la r&#233;gion d'Agadir. Beaucoup de survivants ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s et ont d&#251; abandonner leurs terrains qui sont donc rest&#233;s sans propri&#233;taire&lt;/i&gt;, poursuit Kenza. &lt;i&gt;Des murs improbables se montent &#224; la va-vite. Le trac&#233; des rues, sans cesse mouvant, dispara&#238;t puis r&#233;appara&#238;t ailleurs. Des maisons existantes se voient d'un coup priv&#233;es d'acc&#232;s et de lumi&#232;re. Les lits et les bords des oueds erratiques et dangereux s'emplissent d'habitations. Ceux qui s'affirment propri&#233;taires d'un terrain, o&#249; s'activent dor&#233;navant des ma&#231;ons travaillant jour et nuit, exhibent de vagues documents sans valeur. Et quand il n'y a plus d'argument, les gens se tapent dessus. Les familles s'en m&#234;lent. Les jeunes rappliquent&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 18 juillet&lt;/strong&gt;, les autorit&#233;s d'Aourir, encadr&#233;es par des forces de police, d&#233;cident de d&#233;truire pour l'exemple trois constructions r&#233;alis&#233;es par&#8230; des conseillers municipaux ! La r&#233;sistance se transforme en &#233;meute et, le soir m&#234;me, le b&#226;timent du Ca&#239;dat est en partie saccag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Folie collective ?&lt;/strong&gt; Le roi ne s'est-il pas adress&#233; au peuple en affirmant qu'il consid&#233;rait avec attention ses revendications ? Pris pour argent comptant, ses propos semblent avoir lib&#233;r&#233; la pression impos&#233;e par la corruption, jusqu'&#224; donner &#224; de paisibles villages l'air de ces camps o&#249; les r&#233;fugi&#233;s occupent chaque m&#232;tre carr&#233;. La ville est le lieu d'une identit&#233; collective, dit-on. Ici, c'est plut&#244;t la course &#224; l'acquisition d'espaces priv&#233;s&#8230; Une anomie, caricature et copie des pratiques et calculs que subit la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cinq personnes sont retrouv&#233;es mortes dans une agence bancaire saccag&#233;e &#224; Al Hoceima.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 1er juillet, 98 % des &#233;lecteurs auraient vot&#233; pour le changement de constitution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elles auront lieu le 25 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie, le business de l'exil</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tunisie-le-business-de-l-exil</link>
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		<dc:date>2011-06-27T07:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathaly Saint-Hilaire</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Nathaly Saint-Hilaire</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de pouvoir obtenir un visa, les Tunisiens qui veulent gagner l'Europe n'ont d'autre choix que de prendre la mer, au p&#233;ril de leur vie. &#192; Zarzis, certains en profitent pour s'enrichir sur leur dos, et l'&#233;conomie locale s'en trouve d&#233;stabilis&#233;e. Reportage. D&#232;s le 27 d&#233;cembre, les habitants de Zarzis, petite ville c&#244;ti&#232;re (70 000 habitants) &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres de la Libye, sont descendus dans la rue pour manifester contre le r&#233;gime de Ben Ali. Le 12 janvier, deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no89-mai-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;89 (mai 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nathaly-Saint-Hilaire-64" rel="tag"&gt;Nathaly Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ali" rel="tag"&gt;Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ben" rel="tag"&gt;ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Zarzis" rel="tag"&gt;Zarzis&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/harragas" rel="tag"&gt;harragas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de pouvoir obtenir un visa, les Tunisiens qui veulent gagner l'Europe n'ont d'autre choix que de prendre la mer, au p&#233;ril de leur vie. &#192; Zarzis, certains en profitent pour s'enrichir sur leur dos, et l'&#233;conomie locale s'en trouve d&#233;stabilis&#233;e. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/Dauphins89-7740a.png?1782640935' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nathaly Saint-Hilaire
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s le 27 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;, les habitants de Zarzis, petite ville c&#244;ti&#232;re (70 000 habitants) &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres de la Libye, sont descendus dans la rue pour manifester contre le r&#233;gime de Ben Ali. Le 12 janvier, deux personnes sont tu&#233;es et dix-sept bless&#233;es par les forces de l'ordre. Le lendemain, le Conseil populaire de la r&#233;volution est form&#233; et le si&#232;ge du RCD est saccag&#233;. Les deux commissariats sont &#233;galement incendi&#233;s, mais cette fois par les policiers eux-m&#234;mes afin de ne laisser aucune trace des exactions pass&#233;es. Pr&#233;c&#233;dant de peu Ben Ali et sa famille, les forces de police et de la Garde nationale s'enfuient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zarzis lib&#233;r&#233;e, profitant opportun&#233;ment de l'absence soudaine des gardes-c&#244;tes, les premiers harragas&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les candidats &#224; l'exil. Litt&#233;ralement, en arabe : &#171; Ceux qui br&#251;lent &#187;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; partent le 17 janvier. D'apr&#232;s les estimations, entre 4 000 &#224; 6 000 Zarzissiens mettent les bouts dans les semaines suivantes. Les d&#233;parts de bateaux, parfois au nombre de cinq &#224; six par jour, ne vont pas discontinuer. Et &#224; partir du 17 f&#233;vrier, c'est une seconde vague de milliers de personnes venues cette fois de toute la Tunisie qui s'embarque &#224; Zarzis pour tenter de rejoindre l'&#238;le italienne de Lampedusa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adib, professeur d'allemand, rappelle qu'&lt;i&gt;&#171; au d&#233;but, c'&#233;tait une impulsion, mais en ce qui concerne cette deuxi&#232;me vague, il ne s'agit plus que de profit et rien d'autre. L'id&#233;e &#233;tait l&#224;, avant la r&#233;volution. Les passeurs ont profit&#233; du rel&#226;chement policier. Les d&#233;parts avaient lieu en plein jour. Toutes les transactions se faisaient sur les terrasses des caf&#233;s, dans la rue. &#187;&lt;/i&gt; Le prix de la travers&#233;e se n&#233;gociait d'abord autour de 2 000 dinars (1 008 euros), puis 1 000 lors de la deuxi&#232;me vague, pour atteindre actuellement 2 500 dinars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#234;cheurs vendaient leurs bateaux quand ils ne partaient pas avec, pour ne pas se les faire voler ou pour faire rapidement fortune. Lors de la premi&#232;re vague, les harragas n&#233;gociaient directement avec les capitaines des bateaux, ensuite ce sont souvent des commer&#231;ants de la ville et des &#233;migr&#233;s de retour au pays qui ont investi dans ce nouveau business. &#192; 70 000 dinars (35 300 euros) le prix de vente moyen d'un bateau d&#233;barrass&#233; de tous ses &#233;quipements et pouvant embarquer de soixante-dix &#224; cent vingt personnes, les profits &#233;taient maximaux. Les passeurs ont &#233;galement d&#233;velopp&#233; un autre business : la location de v&#233;hicules au personnel des organisations internationales et aux journalistes afin de desservir les h&#244;tels, l'a&#233;roport de Djerba-Zarzis et les camps de r&#233;fugi&#233;s libyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trafics prennent un tel essor qu'ils en bouleversent l'&#233;conomie locale, la premi&#232;re vague d'exil engendrant une p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre dans tous les secteurs : la p&#234;che surtout, mais aussi les caf&#233;s et le b&#226;timent. Les habitants de Zarzis sont d&#233;sempar&#233;s par ce bouleversement &#233;conomique et social. La plupart de ceux qui restent veulent construire &lt;i&gt;&#171; une nouvelle Tunisie &#187;&lt;/i&gt; et refusent toute forme de complicit&#233; avec &lt;i&gt;&#171; les riches de guerre &#187;, &#171; ces profiteurs de la r&#233;volution qui se sont enrichis avec le commerce des harragas &#187;&lt;/i&gt;, explique Ali Fellah, repr&#233;sentant de la coordination locale de l'Union des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs. La situation est toutefois complexe car ici personne ne peut ignorer ce que chacun fait et pense : &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si je ne te connais pas, ce qui est s&#251;r c'est que je connais ton fr&#232;re, ou ton cousin, ou ton beau-fr&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Moez, un ancien officier de l'arm&#233;e. De plus, on trouve parmi les passeurs tous les profils : ch&#244;meurs, employ&#233;s, p&#234;cheurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les d&#233;parts impliquent le recours &#224; de nombreuses petites mains.
Mais aujourd'hui, les passeurs ont de plus en plus de peine &#224; trouver de bons bateaux. Les meilleurs sont d&#233;j&#224; tous partis pour Lampedusa, o&#249; ils sont syst&#233;matiquement d&#233;truits. Restent les embarcations les moins s&#251;res et les naufrages, souvent mortels, se sont multipli&#233;s ces derni&#232;res semaines. Les harragas commencent aussi &#224; manquer. Le trafic d&#233;cline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil populaire de la r&#233;volution interpelle fr&#233;quemment la d&#233;l&#233;gation de Zarzis et le gouvernorat de M&#233;denine, afin qu'ils mettent un terme &#224; l'ins&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par les trafics. Sans succ&#232;s. La Garde nationale maritime est bien revenue, mais reste aussi passive que l'arm&#233;e. Le 11 avril, des passeurs ont m&#234;me r&#233;cup&#233;r&#233; un bateau saisi par les gardes nationaux. Ces derniers, retranch&#233;s dans leur poste sur le port, les ont laiss&#233;s remettre le navire &#224; flot et pousser leur 4x4 dans le bassin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup pensent que les harragas constituent pour le gouvernement tunisien un atout majeur dans le cadre de ses n&#233;gociations avec l'Union europ&#233;enne afin d'obtenir de nouveaux cr&#233;dits et autres pr&#234;ts. D'o&#249; l'inaction des forces de s&#233;curit&#233;, qui serait une fa&#231;on de mettre le peuple au pied du mur : l'obliger &#224; choisir entre libert&#233; et s&#233;curit&#233;. Et en laissant partir des dizaines de milliers de harragas, l'&#201;tat tunisien se d&#233;barrasse &#224; peu de frais d'une partie de la jeunesse dont il ne sait finalement que faire.
Tous souhaitent que les politiques europ&#233;ennes de restriction en mati&#232;re de visas changent radicalement. &lt;i&gt;&#171; On est coinc&#233;s ici&lt;/i&gt;, explique Zyed, &lt;i&gt;un jeune m&#233;decin, on ne peut pas partir en Europe l&#233;galement et quand je vois des touristes fran&#231;ais me regarder de haut, j'enrage. Nous n'avons m&#234;me pas le droit de faire du tourisme. On veut juste voir quelque chose de diff&#233;rent. Faire la m&#234;me chose que vous, prendre un sac &#224; dos et partir. Vous pouvez quand m&#234;me comprendre qu'avec l'Alg&#233;rie et la Libye &#224; c&#244;t&#233;, on ait envie d'aller voir ailleurs ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;NDLR : Une fois n'est pas coutume, une version longue de ce texte est disponible sur &lt;a href=&#034;http://setrouver.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://setrouver.wordpress.com&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les candidats &#224; l'exil. Litt&#233;ralement, en arabe : &#171; Ceux qui br&#251;lent &#187;.&lt;/p&gt;
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