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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Peuples, payez leur dette !</title>
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		<dc:date>2011-11-09T06:34:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Crit&#232;res de convergence, plans d'aust&#233;rit&#233; tous azimuts, r&#232;gle d'or&#8230; Le p&#233;quin moyen, dont nous sommes, n'y entrave en g&#233;n&#233;ral que dalle. En revanche, ce qui est certain, c'est que l'entourloupe est destin&#233;e &#224; nous faire payer leur crise. Histoire d'approfondir le sujet, CQFD a demand&#233; &#224; un expert de la chose financi&#232;re de d&#233;broussailler un peu le terrain. Il en ressort que l'&#201;tat, institution cens&#233;e d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral contre les int&#233;r&#234;ts particuliers depuis au moins le si&#232;cle des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/menaces-qu-elle" rel="tag"&gt;menaces qu'elle&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Crit&#232;res de convergence, plans d'aust&#233;rit&#233; tous azimuts, r&#232;gle d'or&#8230; Le p&#233;quin moyen, dont nous sommes, n'y entrave en g&#233;n&#233;ral que dalle. En revanche, ce qui est certain, c'est que l'entourloupe est destin&#233;e &#224; nous faire payer leur crise. Histoire d'approfondir le sujet, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a demand&#233; &#224; un expert de la chose financi&#232;re de d&#233;broussailler un peu le terrain. Il en ressort que l'&#201;tat, institution cens&#233;e d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral contre les int&#233;r&#234;ts particuliers depuis au moins le si&#232;cle des Lumi&#232;res, s'est vendu, corps et biens, aux app&#233;tits du march&#233; triomphant. Seulement voil&#224;, l'un comme l'autre semblent aujourd'hui au bout du rouleau, et les failles b&#233;antes ainsi ouvertes laissent quelque espoir de joyeuses exp&#233;rimentations en attendant la fin de leur monde. Rencontre avec Nicolas Sersiron, vice-pr&#233;sident du Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers-monde France et pr&#233;sident de l'association &#201;changes non marchands.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : On nous parle de dette publique, de ses cons&#233;quences in&#233;vitables, des menaces qu'elle fait peser sur nos vies&#8230; De quoi s'agit-il ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Sersiron : &lt;/strong&gt; C'est la dette qui s'est accumul&#233;e au fur et &#224; mesure des d&#233;ficits budg&#233;taires qui permettent aux administrations de faire fonctionner l'arm&#233;e, l'&#233;ducation, la sant&#233;, la justice, les routes, etc. On peut comparer cette situation &#224; celle d'un m&#233;nage qui, ayant des fins de mois difficiles, va voir son banquier ou ses copains et leur emprunte de l'argent. Quand l'&#201;tat n'arrive pas &#224; boucler son budget, il emprunte de l'argent en mettant en vente ce qu'on appelle des bons du tr&#233;sor ou obligations d'&#201;tat &#224; terme (OAT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais les &#201;tats ne disposaient-ils pas d'autres moyens, moins on&#233;reux pour l'ensemble de la collectivit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les &#171; Trente glorieuses &#187;, le d&#233;ficit &#233;tait combl&#233; par la planche &#224; billets. Depuis 1973, la mondialisation des march&#233;s et l'entr&#233;e dans l'Europe, les &#201;tats se sont contraints &#224; emprunter des capitaux priv&#233;s sur le march&#233;, en versant des int&#233;r&#234;ts. Avec la victoire de l'ultralib&#233;ralisme marqu&#233;e par l'arriv&#233;e au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et Ronald Reagan aux &#201;tats-Unis, on a voulu diminuer l'emprise de l'&#201;tat d&#233;sign&#233; comme un frein au d&#233;veloppement. On a donc r&#233;duit ses recettes en diminuant les imp&#244;ts des plus riches, ceux des grandes entreprises, en cr&#233;ant des niches fiscales et des paradis fiscaux. R&#233;sultat, chaque ann&#233;e, le d&#233;ficit s'est accumul&#233;. Lorsqu'il est devenu trop important, les gouvernements ont d&#233;clar&#233; qu'ils ne pouvaient plus payer les d&#233;penses d'&#233;ducation, retraites, sant&#233;, etc. Pour combler le trou, ils ont &#233;mis de plus en plus d'OAT, faisant ainsi monter encore le stock de la dette. &#201;mettre des OAT, c'est vendre du papier contre de l'argent, c'est faire une reconnaissance de dette avec int&#233;r&#234;t remboursable apr&#232;s six mois, dix ans ou trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; qui l'&#201;tat emprunte cet argent ? Qui ach&#232;te ces morceaux de papier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'essentiel, ils sont achet&#233;s par les investisseurs institutionnels, aussi appel&#233;s Zinzins. Ce sont notamment les compagnies d'assurance, les banques et les fonds de pension (retraites par capitalisation). Mais ces organismes font aussi des placements &#224; risque, avec des rendements allant jusqu'&#224; 20 % ou plus. L'exemple de ces pr&#234;ts subprimes tellement rentables et qui sont devenus des actifs toxiques, donc non remboursables, est embl&#233;matique. Pour compenser, ils s'engagent massivement sur les placements pr&#233;tendument s&#251;rs que sont les OAT, avec des int&#233;r&#234;ts de 3 % pour les pays bien not&#233;s, les fameux AAA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenir au syst&#232;me ant&#233;rieur serait donc &#171; financi&#232;rement &#187; insupportable pour les d&#233;tenteurs de capitaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1973, si l'&#201;tat avait un d&#233;ficit d'un milliard de francs, il fabriquait un milliard de francs et pouvait alors payer ses d&#233;penses. Mais le principe de raret&#233;, qui veut que plus il y a d'objets sur le march&#233; moins ils valent cher, est le m&#234;me concernant la monnaie : plus on en cr&#233;e moins elle vaut. Cette inflation mon&#233;taire est surtout ressentie par ceux qui disposent de beaucoup de monnaie : celui qui d&#233;tient un million de dollars, quand il y a une inflation de 15 %, ne dispose plus que de 850 000 dollars au bout d'un an. Dans la zone euro, les trait&#233;s ont fix&#233; &#224; la banque centrale europ&#233;enne (BCE), comme premier objectif, la lutte contre l'inflation. Les raisons d'une telle prise de position ? L'application du dogme ultra-lib&#233;ral appel&#233; trickle down effect ou th&#233;orie du ruissellement qui affirme qu'il faut soutenir les d&#233;tenteurs de capitaux parce que plus les riches seront riches, plus ils pourront investir et cr&#233;er de l'emploi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH581/92_remi_dette-4199d.png?1768658589' width='400' height='581' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, quel est le v&#233;ritable r&#244;le de la BCE dans cette crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, les &#201;tats pouvaient faire des d&#233;valuations comp&#233;titives de la monnaie qui relan&#231;aient leurs &#233;conomies en baissant les prix des biens produits dans le pays. La valeur des dettes baissait d'autant. Aujourd'hui avec la BCE ind&#233;pendante, il n'y a plus de d&#233;valuation possible. Mais ce n'est pas la v&#233;ritable raison des d&#233;ficits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'investisseur pr&#234;te de l'argent &#224; un &#201;tat en achetant des OAT &#224; dix ans par exemple, il ne sera rembours&#233; de son capital initial qu'&#224; ce terme, les int&#233;r&#234;ts lui auront &#233;t&#233; vers&#233;s au cours des ann&#233;es. L'&#201;tat dont les OAT arrivent &#224; terme r&#233;emprunte aussit&#244;t une somme &#233;quivalente sous forme de nouvelles &#233;missions d'OAT. La Gr&#232;ce dont la note s'est effondr&#233;e ne peut emprunter qu'avec des taux de 15 &#224; 18 % sur ses &#233;missions &#224; dix ans. Ces taux &#233;tant insupportables, elle n'emprunte qu'&#224; court terme, six mois, en solution de secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE ach&#232;te actuellement avec des int&#233;r&#234;ts de 4 % les OAT des pays mal not&#233;s, et l'Union europ&#233;enne leur pr&#234;te des milliards d'euros afin de leur &#233;viter une faillite li&#233;e &#224; l'impossibilit&#233; de r&#233;&#233;mettre des OAT pour remplacer celles arriv&#233;es &#224; &#233;ch&#233;ance, plus celles n&#233;cessaires &#224; combler leur d&#233;ficit budg&#233;taire. Il s'agit de parer &#224; l'effet domino qui entra&#238;nerait l'ensemble de l'Europe dans une crise insurmontable. Le sauvetage des banques en 2008 par les &#201;tats a permis d'&#233;viter cet effet qui f&#251;t redoutable en 1929. Ces achats en masse par la BCE des OAT des pays &#224; risques comme le Portugal, l'Italie, la Gr&#232;ce et l'Espagne repr&#233;sentent d&#233;j&#224; 100 milliards d'euros. Ils redonnent confiance aux march&#233;s et repoussent le moment de la faillite de ces pays. Or le paiement des cr&#233;ances r&#233;sulte de la capacit&#233; des &#201;tats &#224; trouver de l'argent par les imp&#244;ts directs et indirects, donc de la sant&#233; de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette est-elle un &#233;l&#233;ment structurel du capitalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme est semblable &#224; celui de la dette des pays en d&#233;veloppement. La Banque mondiale avait, d&#232;s le d&#233;but, impos&#233; aux ex-pays colonis&#233;s le remboursement des pr&#234;ts engag&#233;s par le pays colonisateur. Cela s'appelle &#171; une dette odieuse &#187;. Depuis plus de trente ans, ces pays ont &#233;t&#233; charg&#233;s de dettes, les d&#233;cideurs corrompus et les &#201;tats contraints de signer des contrats commerciaux d&#233;favorables avec les ex-colonisateurs. Le but &#233;tait de continuer l'extractivisme &#8211; l'appropriation des mati&#232;res premi&#232;res qui na&#238;t avec la conqu&#234;te des Am&#233;riques, puis se poursuit avec l'esclavage et la colonisation. Aujourd'hui, ce syst&#232;me-dette est remont&#233; vers le Nord. C'est le r&#233;sultat de la volont&#233; de domination totale des capitalistes sur la plan&#232;te. Le grand changement se trouve dans l'&#233;puisement des mati&#232;res premi&#232;res. Ces derni&#232;res, &#224; la base de l'enrichissement des capitalistes, commenc&#233; avec le pillage de l'or des Incas et avec les enclosures en Angleterre, sont en voie d'&#233;puisement. Aujourd'hui, la question est : qu'y a-t-il encore &#224; extraire ? Ce qui produit la richesse est le travail salari&#233;. Par la dette, on va donc amplifier l'extraction de la plus-value faite sur le dos de la grande majorit&#233; des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On retrouve ce dont parlait Marx &#224; propos de la rente fonci&#232;re&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement &#231;a, le foncier en moins. C'est l'assujettissement &#224; un ordre mondial totalitaire. Quand les pays sont trop endett&#233;s et donc abandonn&#233;s par les investisseurs, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) entre dans la danse en tant qu'ultime pr&#234;teur. Il fixe alors ses conditions : d'abord rembourser les investisseurs avec cet argent pr&#234;t&#233;. Il impose ensuite des &#171; conditionnalit&#233;s &#187; ultralib&#233;rales. Au Sud ce sont les plans d'ajustement structurels, au Nord, aujourd'hui, les plans d'aust&#233;rit&#233;. Sont exig&#233;s en cons&#233;quence la diminution des d&#233;penses affectant les budgets publics, la multiplication des privatisations, le libre-&#233;change, la libert&#233; de mouvements des capitaux. Toutes choses destin&#233;es &#224; aggraver les conditions de l'asservissement des peuples aux profits des d&#233;tenteurs de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les capitalistes peuvent-ils encore redynamiser le syst&#232;me pour sortir de cette crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, car ils se tirent une balle dans le pied. Ils n'ont pas de projets organis&#233;s &#224; part celui de, chacun et contre tous, faire des profits. Aujourd'hui, trente ans apr&#232;s la victoire des Friedrich Hayek et Milton Friedman, ils sont devant la catastrophe. La trilogie consommation-production-profit est en train de se casser la gueule car elle reposait depuis cette r&#233;volution conservatrice, en grande partie sur l'endettement des m&#233;nages et des &#201;tats. Faudra-t-il atteindre la saturation pour que ce syst&#232;me s'effondre ? Par ailleurs, aujourd'hui, il est confront&#233; aux limites du r&#233;chauffement, de l'&#233;puisement des ressources, de la perte de la biodiversit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si les &#201;tats refusaient de rembourser leur dette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;j&#224; arriv&#233;, et &#231;a marche tr&#232;s bien ! L'Argentine en 2001 &#233;tait au fond du gouffre apr&#232;s la dictature de Jorge Rafael Videla et ses massifs d&#233;tournements de pr&#234;ts. Le pr&#233;sident N&#232;stor Kirchner a d&#233;cid&#233; de ne pas rembourser ces dettes ill&#233;gitimes. Apr&#232;s quelques ann&#233;es, il a offert &#224; ses cr&#233;anciers de payer seulement 30 % de la valeur, en pr&#233;cisant que c'&#233;tait &#224; prendre ou &#224; laisser. Depuis, l'Argentine a eu un taux de croissance de 7 %&#8230; L'&#233;conomie s'est remont&#233;e en supprimant l'essentiel de sa dette ill&#233;gitime, avec, h&#233;las, une in&#233;galit&#233; sociale tr&#232;s forte. Le second exemple est l'&#201;quateur qui a fait un audit public de sa dette en passant en revue tous les emprunts afin de r&#233;pondre aux questions : d'o&#249; vient l'argent, &#224; quoi et &#224; qui a-t-il servi, cette dette est-elle l&#233;gitime ? R&#233;sultat : une grande partie de la dette a &#233;t&#233; annul&#233;e, et l'&#201;quateur gagne sur ce non-remboursement entre 600 &#224; 700 millions de dollars par an qui financent des mesures de r&#233;&#233;quilibrage &#233;conomique en faveur d'un d&#233;veloppement pour tous. Le pays qui ne rembourse pas n'aurait-il plus acc&#232;s au cr&#233;dit ? En r&#233;alit&#233; les &#201;tats ont finalement plus d'argent s'ils refusent de se plier au remboursement de la dette ill&#233;gitime et cessent d'emprunter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si la Gr&#232;ce, l'Espagne, le Portugal&#8230; refusaient de rembourser, que se passerait-il, ici, en Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela casserait le trait&#233; de Lisbonne fond&#233; sur les &#233;quilibres budg&#233;taires, et ce serait tr&#232;s probablement la fin de l'euro. Le grand perdant serait l'Allemagne qui exporte plus de 60 % de sa production en Europe gr&#226;ce &#224; l'euro. Avec une drachme (monnaie grecque) d&#233;valu&#233;e, les produits allemands deviendraient trop chers. Ses banques comme celles de France qui d&#233;tiennent environ 50 % des dettes publiques de ces pays seraient tr&#232;s mal en point. C'est pour tenter d'&#233;viter cela que la population grecque subit les terribles conditionnalit&#233;s de l'Europe et du FMI. En diminuant les salaires des fonctionnaires et les retraites, en augmentant la TVA, ce pays s'enfonce dans la r&#233;cession. &#192; terme, il ne pourra pas rembourser sa dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans d'aust&#233;rit&#233; qui tombent un peu partout en Europe, et notamment en France, sont une application de la &#171; strat&#233;gie du choc &#187; de Naomi Klein : augmentation des privatisations et de la part de la plus-value qui va aux capitalistes, diminution des salaires et des services publics. La consommation baisse, le ch&#244;mage augmente, les rentr&#233;es fiscales diminuent. La r&#233;cession qui pointe rendra impossible le remboursement de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'agonie du syst&#232;me ultralib&#233;ral nous empoisonnera-t-elle encore longtemps l'existence ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution la plus logique serait de faire des audits des dettes publiques en Europe et d'annuler les dettes ill&#233;gitimes. Est-il l&#233;gitime de baisser les imp&#244;ts des plus riches comme l'ont fait Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy alors que le budget &#233;tait d&#233;j&#224; lourdement d&#233;ficitaire ? Est-il l&#233;gitime de sauver les banques avec de l'argent public sans avoir un droit de regard sur leur gestion ? La deuxi&#232;me solution qui risque fort de se produire sera la fabrication de monnaie par la BCE comme le fait la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine. Cela provoquera une forte perte de valeur de la monnaie et donc des dettes &#224; rembourser et l'euro aura bien du mal &#224; y r&#233;sister. Le syst&#232;me ultralib&#233;ral a trente ans, il va tr&#232;s probablement continuer &#224; s'effondrer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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