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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Direction zoo de la D&#233;fense</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Eni&#232;me r&#233;union au si&#232;ge de la D&#233;fense en cette fin ao&#251;t pour un dossier qui a engendr&#233; un long mouvement de protestation depuis plus de deux ans. Faut dire que l'enjeu est cons&#233;quent : la direction, sous pr&#233;texte de simplification du logiciel de gestion des paies, veut rogner nos salaires. Y a des choses qui sont sacr&#233;es et, &#224; part le syndicat CGC, tous les repr&#233;sentants syndicaux parlent d'une m&#234;me voix. La direction g&#233;n&#233;rale voulait r&#233;unir les syndicalistes entre le 14 juillet et le 15 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_199 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L239xH239/92_Efix-101a8.png?1782641141' width='239' height='239' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Eni&#232;me r&#233;union au si&#232;ge de la D&#233;fense en cette fin ao&#251;t pour un dossier qui a engendr&#233; un long mouvement de protestation depuis plus de deux ans. Faut dire que l'enjeu est cons&#233;quent : la direction, sous pr&#233;texte de simplification du logiciel de gestion des paies, veut rogner nos salaires. Y a des choses qui sont sacr&#233;es et, &#224; part le syndicat CGC, tous les repr&#233;sentants syndicaux parlent d'une m&#234;me voix. La direction g&#233;n&#233;rale voulait r&#233;unir les syndicalistes entre le 14 juillet et le 15 ao&#251;t, p&#233;riode habituelle des coups fourr&#233;s, mais personne ne s'est pr&#233;sent&#233; &#224; la table de n&#233;gociation (sauf la CGC, of course).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, aujourd'hui, c'est encore une r&#233;union pour rien. D'autres sont pr&#233;vues dans quelques jours, histoire de plier le dossier fin septembre. On va sans doute, sauf si les copains r&#233;ussissent &#224; se mettre en gr&#232;ve, vers une application unilat&#233;rale des volont&#233;s de la direction sans accord syndical. Le midi, avec Bruno et Pascal, on quitte les bureaux pour aller se sustenter. Pas facile, dans ce quartier de la D&#233;fense de trouver un restau sympa. Les quelques boutiques populaires ont &#233;t&#233; chass&#233;es il y a bient&#244;t un an. Le &#171; petit arabe &#187;, le kebab, le restau pakistanais et quelques autres, qui ne d&#233;figuraient m&#234;me pas le paysage puisqu'ils &#233;taient sous terre, ont &#233;t&#233; vir&#233;s pour construire un nouvel espace commercial de luxe, plus en phase avec l'image de l'endroit. Donc on se retrouve dans un restaurant sans charme, avec une d&#233;co de pseudo bistrot parisien et une carte hors de prix qui sent le surgel&#233; et le micro-ondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re nous, une grande tabl&#233;e rassemble une douzaine de personnes. Des hommes, la trentaine, tous en uniforme de cadre ou de commercial. Comme il fait tr&#232;s lourd dans la salle, presque tous ont fait tomber la veste et arborent chemisettes blanches (ou &#224; fines rayures) et cravates l&#233;g&#232;rement desserr&#233;es. Au plat du jour, tous semblent avoir pr&#233;f&#233;r&#233; le &#171; hamburger maison &#187; accompagn&#233; de feuilles de laitue et de frites surgel&#233;es. Peut-&#234;tre qu'ainsi ils se croient &#224; Wall Street. Ils parlent fort et, pour nous trois, c'est difficile de discuter. Pascal veut m&#234;me se lever pour les faire taire mais je lui fais signe de laisser tomber. &#171; Oui, je vois, tu observes ce groupe de primates &#187;, me dit-il. Et c'est exactement &#231;a.
Il semble qu'il y ait un chef de meute, un meneur. Il parle beaucoup, tient des propos guerriers sur les objectifs de l'entreprise. Les autres boivent ses paroles, ou du moins, veulent le faire croire. Le ros&#233; aidant, la tabl&#233;e se fait de plus en plus bruyante. Il y a beaucoup de frime aussi avec l'abus de pseudo-anglicismes. Peut-&#234;tre se croient-ils dans un film ? Il y a aussi un m&#233;lange particulier de connivence et de rivalit&#233; entre ces personnages. Tout le monde parle r&#233;sultats et &#171; r&#232;gle d'or &#187;, concurrence et clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde ? Non. Je remarque que l'un d'eux ne se m&#234;le pas &#224; la conversation. Il a l'air mal &#224; l'aise et reste le seul &#224; ne pas avoir quitt&#233; sa veste. Il est en retrait par rapport &#224; tous ses coll&#232;gues. Et puis, profitant d'un moment de silence, voil&#224; qu'il lance &#224; l'assembl&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Je crois que ma femme me trompe. &#187;&lt;/i&gt; Oups. Personne ne s'attendait &#224; &#231;a. Il continue : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas assez souvent &#224; la maison, je fais des heures en pagaille pour la bo&#238;te&#8230; Du coup Delphine a trouv&#233; quelqu'un. &#187;&lt;/i&gt; Il se tait de nouveau, balaie une longue m&#232;che rebelle qui lui cache les yeux puis conclut : &lt;i&gt;&#171; Je le sais, j'ai lu ses SMS. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces mots, il se l&#232;ve et quitte la table et le restaurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistance reste coite. Plus un mot. Peut-&#234;tre a-t-il touch&#233; ses coll&#232;gues l&#224; o&#249; &#231;a fait mal : leur temps vendu &#224; l'entreprise les fait passer &#224; c&#244;t&#233; d'autres choses. Mais le meneur reprend vite la main. Il est rouge, au bord d'&#233;clater, le vin, le manque d'a&#233;ration et cette sc&#232;ne qu'on croirait tir&#233;e d'un film&#8230; c'est trop pour lui. Il enl&#232;ve sa cravate et tout de suite &#231;a va mieux. Alors il peut parler : &lt;i&gt;&#171; De toute fa&#231;on c'est un looser. Il ne pourra pas rester dans la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Et tous de reprendre la discussion, en parlant encore plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps pour Pascal, Bruno et moi de quitter ce lieu pas fait pour nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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