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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; L'urbanisme moderne prive les enfants de ce fabuleux terrain de jeux qu'est la rue &#187;</title>
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		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Trois ou quatre agr&#232;s pos&#233;s l&#224;, des sols qui amortissent les chutes, un peu de couleur pour &#233;gayer l'ensemble et des barri&#232;res pour contenir le tout. En ville, les aires de jeux n'envoient pas franchement du r&#234;ve. Ces rares espaces bien d&#233;limit&#233;s sont davantage construits pour rassurer les parents qu'amuser les enfants. Thierry Paquot, philosophe, a entre autres, coordonn&#233; La Ville r&#233;cr&#233;ative &#8211; Enfants joueurs et &#233;coles buissonni&#232;res . En mobilisant l'histoire, il r&#233;fl&#233;chit &#224; une ville faite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no191-octobre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;191 (octobre 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois ou quatre agr&#232;s pos&#233;s l&#224;, des sols qui amortissent les chutes, un peu de couleur pour &#233;gayer l'ensemble et des barri&#232;res pour contenir le tout. En ville, les aires de jeux n'envoient pas franchement du r&#234;ve. Ces rares espaces bien d&#233;limit&#233;s sont davantage construits pour rassurer les parents qu'amuser les enfants. Thierry Paquot, philosophe, a entre autres, coordonn&#233; &lt;i&gt;La Ville r&#233;cr&#233;ative &#8211; Enfants joueurs et &#233;coles buissonni&#232;res&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; en 2015 chez Infolio. Thierry Paquot vient &#233;galement de publier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En mobilisant l'histoire, il r&#233;fl&#233;chit &#224; une ville faite pour et avec eux. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3460 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH401/-1626-6580c.jpg?1782641142' width='400' height='401' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;J&#233;r&#233;my Boulard Le Fur
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel rapport les enfants entretiennent-ils avec l'espace public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La rue a toujours &#233;t&#233; le lieu privil&#233;gi&#233; des enfants. Dans les cit&#233;s grecques comme dans les villes chinoises d'avant notre &#232;re, les enfants jouaient dans les rues. C'est d'ailleurs toujours le cas dans les villes africaines et sud-am&#233;ricaines du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Ils y travaillent aussi et parfois m&#234;me doivent-ils y dormir&#8230; Les enfants ont toujours su trouver des lieux pour eux, comme les rives d'une rivi&#232;re, les terrains vagues, les jardins, les friches ; ils d&#233;limitent leur territoire sur lequel ils r&#232;gnent sans partage. Il faut dire que les adultes ne se sont jamais pr&#233;oc&#8202;cup&#233;s des attentes des enfants en mati&#232;re d'espace : ces derniers s'inventent donc des lieux, dont ils d&#233;tournent l'usage, comme la cage d'escalier, le couloir qui m&#232;ne aux caves de l'immeuble, le toit des garages, le bosquet &#224; l'entr&#233;e du grand ensemble, etc. Mais l'urbanisme moderne, en consacrant l'automobile, prive les enfants de ce fabuleux terrain de jeux qu'est la rue, devenue hostile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet urbanisme a ainsi r&#233;duit les zones o&#249; les enfants peuvent jouer spontan&#233;ment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les responsables de cet urbanisme qu'ils pensent &#8220;fonc&#8202;tionnel&#8221;, donc &#8220;zon&#233;&#8221; &#8211; chaque quartier a sa sp&#233;cificit&#233; &#8211; oublient syst&#233;matiquement les enfants et plus g&#233;n&#233;ralement les jeunes, car les adolescents ne sont pas mieux trait&#233;s. Ni dans les grandes villes, ni dans les banlieues-dortoirs, ni dans la mar&#233;e pavillonnaire ou dans les villages r&#233;sidentiels, les enfants ne disposent d'un lieu appropri&#233; &#224; leur &#226;ge et &#224; leurs d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;voir de tels lieux demanderait de rompre avec cet urbanisme de la ville productiviste, &#224; l'a&#233;rer, la d&#233;densifier, la planter, l'ouvrir au jeu, &#224; la r&#234;verie. Historiquement, des adultes s'en sont pr&#233;occup&#233;s, comme le m&#233;decin allemand Bernhard Christoph Faust qui milite, au milieu du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, pour des &lt;i&gt;Kinderspielplatz&lt;/i&gt; (emplacement de jeux pour les enfants). Ou encore les partisans des &lt;i&gt;playgrounds&lt;/i&gt; (&#8220;terrains de jeux&#8221;) aux &#201;tats-Unis au tournant des XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles, qui ne sont pas sans arri&#232;re-pens&#233;e disciplinaire : il faut dresser ces enfants des rues, pr&#234;ts &#224; tomber dans la d&#233;linquance, et int&#233;grer ceux des migrants et les Afro-Am&#233;ricains en leur inculquant les valeurs de l'Am&#233;rique blanche et masculine ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les aires de jeux sont donc une invention r&#233;cente ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est le paysagiste danois Carl Theodor Sorensen qui cr&#233;e, en 1931 &#224; Emdrup, le premier &lt;i&gt;junk playground&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce propos l'article de Ferdinand Cazalis &#171; Le gouvernement des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, sorte de terrain vague au c&#339;ur de la ville o&#249; les enfants jouent avec ce qui s'y trouve : des b&#251;ches et des planches, une mare, une carcasse de voiture, etc. Apr&#232;s l'avoir visit&#233;, l'architecte Lady Allen of Hurtwood implante ce mod&#232;le &#224; Londres dans des endroits bombard&#233;s. Avec des gravats, les enfants construisent des cabanes, inventent tout un monde. En Hollande, au lendemain de la guerre, Aldo van Eyck con&#231;oit des aires de jeux minimalistes afin de laisser libre cours &#224; l'imaginaire des enfants. Il en r&#233;alisera 700 dans tout le pays ; il n'en reste aujourd'hui qu'une petite centaine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France le Group Ludic&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif d'architectes actifs entre 1968 et 1990.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; refuse les jeux standardis&#233;s (toboggan, tourniquet, tape-cul...) et ose des structures color&#233;es dont la destination et l'usage changent au gr&#233; de l'humeur et de l'imagination des joueurs. Ces r&#233;alisations visent &#224; l'autonomie des enfants, &#224; la stimulation de leurs cinq sens, &#224; leur inventivit&#233;, sans s'inscrire dans des normes et encore moins dans une quelconque r&#233;cup&#233;ration p&#233;dagogique ! Le jeu n'est jamais scolaire, c'est comme cela que l'enfant apprend, &#224; la fois sur lui, sur les autres, sur les quatre &#233;l&#233;ments (l'air, la terre, l'eau et le feu), sans jamais se mettre en danger, en d&#233;pit de l'obsession s&#233;curitaire des parents ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il une ou des particularit&#233;s fran&#231;aises ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, la peur des adultes ! Elle conduit &#224; l'appauvrissement des terrains d'aventures et &#224; leur transformation en parkings &#224; enfants, par classe d'&#226;ge. Ce sont des agr&#232;s, d'une incroyable banalit&#233;, achet&#233;s sur catalogue, que l'on pose sur un tapis synth&#233;tique qui amortit les chutes. La protection l'emporte sur le vertige du jeu. C'est un espace clinique &#233;loign&#233; de la terre, contre-nature en quelque sorte, mais qui pla&#238;t aux parents, alors m&#234;me que les enfants n'y trouvent que l'ennui r&#233;p&#233;titif...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, l'avis des enfants ne compte pas, ils ne sont que tr&#232;s rarement sollicit&#233;s. On consid&#232;re que l'&#233;cole s'occupe d'eux alors que c'est la ville enti&#232;re qui devrait &#234;tre une &#233;cole ouverte ! Les enfants devraient &#234;tre tout le temps dehors &#224; enqu&#234;ter, se documenter, jouer, apprendre et venir en classe pour faire le point, partager, compl&#233;ter tout ce que leur &#233;tude du milieu leur apporte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;e que vous d&#233;fendez est d'int&#233;grer les enfants dans la cit&#233;, sans cr&#233;er des bulles aseptis&#233;es, sp&#233;cifiques. Une ville adapt&#233;e &#224; eux, &#231;a ressemblerait &#224; quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une ville r&#233;cr&#233;ative, &#224; la taille des enfants, &#224; leurs rythmes, exige un changement complet, &#224; la fois de l'urbanisme mais aussi du syst&#232;me scolaire, donc des parents et des accompagnateurs. C'est une ville o&#249; la vitesse automobile est limit&#233;e &#224; 20 km/h ; o&#249; les trottoirs sont &#233;largis pour favoriser les jeux ; o&#249; les plantations sont g&#233;n&#233;ralis&#233;es au point de r&#233;aliser des farandoles vertes qui relient tous les parcs, jardins, espaces verts de la ville ; o&#249; les &#233;coles sont accessibles par un vaste parvis aux couleurs joyeuses au lieu de donner sur un &#233;troit trottoir canalis&#233; par des potelets. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces changements dans l'urbain supposent des transformations philosophiques...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut consid&#233;rer les enfants comme des &#234;tres complets, entiers. Ce sont des citoyens, qui devraient voter d&#232;s l'&#226;ge de 12 ans. Ce sont des &#8220;chercheurs d'hors&#8221; et des &#8220;faiseurs de monde&#8221;. Tout enfant sort de son corps, de sa chambre, de sa maison, de son &#233;cole, de sa ville, il va au-devant de lui et apprend en exp&#233;rimentant, il grandit en lui-m&#234;me en &#233;prouvant. C'est le &lt;i&gt;faire &lt;/i&gt;et le &lt;i&gt;ressentir &lt;/i&gt;qui constituent le &lt;i&gt;conna&#238;tre&lt;/i&gt;, pas la m&#233;morisation de le&#231;ons prodigu&#233;es par des adultes ! Tout enfant vient au monde pour ajouter son monde aux mondes d&#233;j&#224; l&#224;. L'enfance n'est pas un &#226;ge de la vie mais un pays, celui dont nous avons toujours la nostalgie. C'est le pays de notre existence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; en 2015 chez Infolio. Thierry Paquot vient &#233;galement de publier &lt;i&gt;Demeure terrestre &#8211; Enqu&#234;te vagabonde sur l'habiter&lt;/i&gt; (Terre Urbaine, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos l'article de Ferdinand Cazalis &#171; &lt;a href=&#034;https://www.jefklak.org/le-gouvernement-des-playgrounds/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le gouvernement des &lt;i&gt;playgrounds&lt;/i&gt; &#8211; Histoire fragment&#233;e des aires de jeu, 1770-2010&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; (octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif d'architectes actifs entre 1968 et 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;silience kurde</title>
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		<dc:date>2019-11-13T12:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Loez</dc:creator>


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&lt;p&gt;Rompu depuis deux ans &#224; un &#233;tat d'urgence permanent, le mouvement kurde n'a pas v&#233;cu le r&#233;f&#233;rendum pour les pleins pouvoirs d'Erdo&#287;an comme une &#233;ch&#233;ance capitale. En d&#233;pit d'une repr&#233;sentation politique l&#233;gale durement r&#233;prim&#233;e, la r&#233;sistance civile cherche &#224; remettre en marche des dynamiques nouvelles sans jamais baisser la t&#234;te. Reportage &#224; Diyarbakir, principale ville kurde du Sud-Est anatolien. Quelques jours avant le r&#233;f&#233;rendum, Helim d&#233;clarait : &#171; La campagne pour le non, c'est bien, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Loez-308" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/villes" rel="tag"&gt;villes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Firat-Anli" rel="tag"&gt;Firat Anli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rompu depuis deux ans &#224; un &#233;tat d'urgence permanent, le mouvement kurde n'a pas v&#233;cu le r&#233;f&#233;rendum pour les pleins pouvoirs d'Erdo&#287;an comme une &#233;ch&#233;ance capitale. En d&#233;pit d'une repr&#233;sentation politique l&#233;gale durement r&#233;prim&#233;e, la r&#233;sistance civile cherche &#224; remettre en marche des dynamiques nouvelles sans jamais baisser la t&#234;te. Reportage &#224; Diyarbakir, principale ville kurde du Sud-Est anatolien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1343-2cb17.jpg?1782977090' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uelques jours avant le r&#233;f&#233;rendum, Helim d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;La campagne pour le non, c'est bien, mais on y consacre trop d'&#233;nergie. On ferait mieux de se concentrer sur les choses importantes, les coop&#233;ratives, le syst&#232;me communal, et de reconstruire ce qui a &#233;t&#233; d&#233;truit. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'instar de milliers d'autres, le jeune homme a perdu son emploi dans le secteur culturel de l'ancienne municipalit&#233; de Diyarbakir quand les deux co-maires &#233;lus en 2014, G&#252;ltan Kisanak et Firat Anli, ont &#233;t&#233; destitu&#233;s puis remplac&#233;s par un administrateur nomm&#233; par l'&#201;tat. Ce dernier a ensuite ordonn&#233; la fermeture d'une cinquantaine de structures, en vertu du d&#233;cret KHK&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kanun H&#252;km&#252;nde Kararname : adopt&#233; dans le cadre de l'&#233;tat d'urgence, ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce sont aussi des milliers d'enseignants et de fonctionnaires qui ont &#233;t&#233; suspendus lors des purges ayant suivi la tentative de coup d'&#201;tat du 15 juillet. Sous pr&#233;texte d'en punir les responsables, elles ont servi &#224; museler l'opposition, en particulier dans les zones kurdes. Le sc&#233;nario de Diyarbakir s'est rejou&#233; dans toutes les grandes villes dirig&#233;es par le HDP&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HDP : parti d&#233;mocratique des peuples, coalition de la gauche kurde et non (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. L'&#233;tat a voulu en profiter pour liquider le mouvement kurde, emprisonnant en masse ses militants dans une v&#233;ritable strat&#233;gie de conqu&#234;te par la force du Kurdistan. Si le HDP est mis en avant, ce sont en r&#233;alit&#233; toutes les organisations f&#233;d&#233;r&#233;es par la structure du DTK&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Demokratik Toplum Kongresi, Congr&#232;s pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui sont vis&#233;es. Fond&#233;e en 2011, elle a pour objectif la mise en place du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique au Kurdistan, en cr&#233;ant &#171; &lt;i&gt;des structures autonomes &#187;&lt;/i&gt; dans &#171; &lt;i&gt;tous les segments de la soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bance, Un autre futur pour le Kurdistan ?, p.253.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;. Les conseils de quartiers, embl&#233;matiques de cette d&#233;marche, ont &#233;t&#233; interdits, de m&#234;me que les associations travaillant &#224; promouvoir la culture kurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur les routes &lt;/strong&gt;du Kurdistan et aux entr&#233;es des villes, l'arm&#233;e installe des &lt;i&gt;checkpoints &lt;/i&gt;qui, de temporaires, sont devenus permanents. Parfois, ce sont des forces en civil, arm&#233;es jusqu'aux dents, qui se chargent des contr&#244;les. Les longues barbes, les bagues frapp&#233;es de la Tougra&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Tougra, signature des sultans ottomans, est un symbole des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;ne laissent gu&#232;re de doutes quant &#224; leur affiliation id&#233;ologique. Pendant les op&#233;rations de r&#233;pression men&#233;es dans les villes kurdes &#224; partir de l'&#233;t&#233; 2015, des images avaient filtr&#233;, montrant ces suppl&#233;tifs posant &#224; c&#244;t&#233; de cadavres dans les quartiers d&#233;truits, index point&#233; vers le ciel ou faisant le signe des Loups gris. Des p&#226;turages de montagne aux quartiers d&#233;truits de Sur, certaines zones restent interdites d'acc&#232;s. Dans les villes, les v&#233;hicules blind&#233;s de la police sont pr&#233;sents partout dans les rues. Les mairies ont &#233;t&#233; transform&#233;es en bastions fortifi&#233;s et des drapeaux turcs flottent sur les b&#226;timents et les rues, l'&#201;tat affichant virilement les marques de sa conqu&#234;te. En profondeur, il essaie aussi d'acheter un &#233;lectorat &#224; l'aide d'hommes d'affaires peu scrupuleux pr&#234;ts &#224; sp&#233;culer sur l'immobilier dans les quartiers ras&#233;s par l'&#201;tat&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allan Kaval, Le Monde, 14/04/2017, &#171; Diyarbakir, terre de mission kurde de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que la r&#233;gion &lt;/strong&gt;du Kurdistan connaissait d&#233;j&#224; un ch&#244;mage end&#233;mique, les licenciements ont pr&#233;caris&#233; davantage la population. S'ajoute aussi le traumatisme d&#251; au massacre de centaines de jeunes ayant d&#233;clar&#233; l'autonomie au sein des villes kurdes et d'un demi-million de personnes d&#233;plac&#233;es apr&#232;s la destruction de leurs quartiers. Enfin, les milliers d'arrestations depuis septembre 2016 visent &#224; dissuader toutes voix dissidentes de s'&#233;lever. On pourrait donc croire que l'heure n'est gu&#232;re &#224; la r&#233;sistance. Mais c'est sans compter sur la r&#233;silience du peuple kurde, notamment d'une jeunesse urbaine n&#233;e aux environs des ann&#233;es 1990, qui refuse de se soumettre aux politiques coloniales de l'&#201;tat turc. Celle-ci a int&#233;gr&#233; la m&#233;moire des villages d&#233;truits et la r&#233;pression subie par ses a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Diyarbakir &#224; Van, &lt;/strong&gt;le nombre de caf&#233;s ouverts par les victimes des purges a explos&#233;. Ces lieux contribuent &#224; r&#233;organiser une vie culturelle kurde et des liens sociaux que l'&#201;tat tente de briser par l'intimidation et la r&#233;pression. Ainsi, les &#233;coles enseignant le kurde ayant &#233;t&#233; ferm&#233;es, leurs profs continuent les cours dans ces caf&#233;s, ou dans des maisons priv&#233;es. &#220;mit &#233;tait travailleur social pour la mairie de Diyarbakir avant d'&#234;tre licenci&#233;. Fin mars, avec deux amis, ils ont ouvert le caf&#233; Libert&#233; dans lequel se retrouvent leurs anciens coll&#232;gues. Avec une quarantaine d'entre eux ayant perdu leur emploi, ils ont lanc&#233; un projet &#224; destination des enfants de Sur, traumatis&#233;s par les combats, dans la continuit&#233; de l'aide aux familles men&#233;e au sein de la mairie, mais d&#233;sormais en dehors de tout cadre institutionnel. Pareillement, les centres culturels kurdes, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; ferm&#233;s par la municipalit&#233;, sont r&#233;ouverts par les &#233;quipes qui y travaillaient, mais avec le statut l&#233;gal de soci&#233;t&#233; priv&#233;e. Les acteurs licenci&#233;s de l'ancien th&#233;&#226;tre municipal ont cr&#233;&#233; un nouveau th&#233;&#226;tre, Amed Shehir Tiyatro&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sanoyabajeryaamede.com.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, afin de pouvoir continuer &#224; jouer des pi&#232;ces en kurde. &#171; &lt;i&gt;Le th&#233;&#226;tre, en faisant rire les gens, est une r&#233;sistance contre la peur impos&#233;e par les m&#233;dias de l'&#233;tat et le climat d'&#233;tat d'urgence &#187;&lt;/i&gt;, explique Helim, qui ajoute : &#171; &lt;i&gt;Pour nous l'&#233;ducation est primordiale. M&#234;me si le travail politique est contraint de s'arr&#234;ter, l'&#233;ducation doit continuer. L'&#233;ducation dispens&#233;e par l'&#201;tat vise &#224; nous faire oublier qui nous sommes, notre culture, notre langue, notre esprit critique. &#187;&lt;/i&gt; Et ce n'est pas Ada, 14 ans, qui le contredira. Pour remplacer de nombreux enseignants licenci&#233;s, le gouvernement a nomm&#233; des personnes inexp&#233;riment&#233;es. &#171; &lt;i&gt;On ne comprend rien &#224; ce qu'ils nous expliquent, et quand on pose des questions, ils nous disent de relire la le&#231;on. Ils nous donnent des cours pr&#233;fabriqu&#233;s, comme de la nourriture en bo&#238;te, sans contenu ni explications. &#187;&lt;/i&gt; Les cours de ces derniers se sont vu amputer de certains enseignements durant trois mois, avant que les enseignants ne soient r&#233;int&#233;gr&#233;s ou remplac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les coop&#233;ratives de femmes &lt;/strong&gt;soutenues par le DTK ont miraculeusement &#233;chapp&#233; &#224; la r&#233;pression, bien que leur activit&#233; se soit fortement ralentie. Ekojin est un projet d&#233;velopp&#233; par le mouvement des femmes kurdes, visant &#224; f&#233;d&#233;rer plusieurs coop&#233;ratives de femmes pour aider &#224; leur &#233;mancipation &#233;conomique. L'activit&#233; textile continue avec un nombre r&#233;duit de travailleuses, mais la fermeture de leur point de distribution a limit&#233; les rentr&#233;es d'argent. Ekojin a quand m&#234;me r&#233;ussi &#224; monter une nouvelle coop&#233;rative de culture de champignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En revanche, &lt;/strong&gt;les fermetures des associations, comme Sarmasik et Rojava, qui venaient en aide aux familles les plus pr&#233;caires ont eu des cons&#233;quences d&#233;sastreuses. Rojava s'occupait des r&#233;fugi&#233;s syriens et des familles d&#233;plac&#233;es par les combats dans les villes, en leur fournissant nourriture, h&#233;bergement, aide &#224; la reconstruction... Ferm&#233;e sans explication, ses responsables sont dans le collimateur de la police. L'association tente de poursuivre son activit&#233; de mani&#232;re informelle avec ses r&#233;seaux de b&#233;n&#233;voles, sans locaux, mais sa capacit&#233; d'action a chut&#233; de pr&#232;s de 80%, laissant du jour au lendemain des milliers de familles d&#233;munies et sans ressources. Comme l'explique Mustafa, un des membres de l'asso Rojava : &#171; &lt;i&gt;Ils veulent nous faire fermer parce qu'ils ont vu que nous &#233;tions capables d'agir en dehors de l'&#201;tat. Nous saurons trouver une mani&#232;re diff&#233;rente de fonctionner. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Kanun H&#252;km&#252;nde Kararname : adopt&#233; dans le cadre de l'&#233;tat d'urgence, ce d&#233;cret permet de licencier les personnes et de fermer les structures sans processus juridique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;HDP : parti d&#233;mocratique des peuples, coalition de la gauche kurde et non kurde fond&#233;e en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Demokratik Toplum Kongresi, Congr&#232;s pour une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Bance, &lt;i&gt;Un autre futur pour le Kurdistan ?&lt;/i&gt;, p.253.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Tougra, signature des sultans ottomans, est un symbole des ultranationalistes comme les Loups gris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Allan Kaval, &lt;i&gt;Le Monde, &lt;/i&gt;14/04/2017, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/europe/article/2017/04/14/diyarbakir-terre-de-mission-kurde-de-l-akp_5111182_3214.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Diyarbakir, terre de mission kurde de l'AKP&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sanoyabajeryaamede.com.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Avec Amed la rebelle</title>
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&lt;p&gt;Nos copains du blog Ne var Ne Yok, qui animent &#171; des chroniques du Kurdistan, du Rojava et de Turquie &#187;, se trouvaient du 8 au 22 d&#233;cembre &#224; Diyarbakir (Amed en kurde), capitale des r&#233;gions kurdes du sud-est anatolien, pendant les op&#233;rations de ch&#226;timent collectif inflig&#233;es par l'&#201;tat central turc aux populations kurdes. R&#233;cit d'une lutte pour l'autod&#233;fense et l'autonomie au quotidien. &#171; Quiconque devient ma&#238;tre d'une ville accoutum&#233;e &#224; jouir de sa libert&#233; et qui ne la d&#233;truit pas, doit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no140-fevrier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;140 (f&#233;vrier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mahmut-Bozarslan" rel="tag"&gt;Mahmut Bozarslan&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nos copains du blog &lt;a href=&#034;https://nevarneyok.noblogs.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ne var Ne Yok&lt;/a&gt;, qui animent &#171; des chroniques du Kurdistan, du Rojava et de Turquie &#187;, se trouvaient du 8 au 22 d&#233;cembre &#224; Diyarbakir (Amed en kurde), capitale des r&#233;gions kurdes du sud-est anatolien, pendant les op&#233;rations de ch&#226;timent collectif inflig&#233;es par l'&#201;tat central turc aux populations kurdes. R&#233;cit d'une lutte pour l'autod&#233;fense et l'autonomie au quotidien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-385-0e0aa.jpg?1782666290' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Mahmut Bozarslan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; &lt;i&gt;Quiconque devient ma&#238;tre d'une ville accoutum&#233;e &#224; jouir de sa libert&#233; et qui ne la d&#233;truit pas, doit s'attendre &#224; &#234;tre d&#233;truit par elle. Dans toutes ses r&#233;voltes, elle a toujours le cri de libert&#233; pour ralliement et pour refuge, et ses anciennes institutions que ni la longueur du temps ni les bienfaits ne peuvent effacer ; quoi qu'on en fasse, quelques pr&#233;cautions que l'on prenne, si on ne divise les habitants et qu'on ne les disperse, ce nom de libert&#233; ne sort jamais de leur c&#339;ur et de leur m&#233;moire, non plus que de leurs anciennes institutions, mais tous y recourent aussit&#244;t &#224; la moindre occasion.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Machiavel, &lt;i&gt;Le Prince&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 8 d&#233;cembre.&lt;/strong&gt; Sur, la vieille ville au pied des murailles de Diyarbakir, est assi&#233;g&#233;e par les forces arm&#233;es de l'&#201;tat turc depuis maintenant 7 jours cons&#233;cutifs. Impossible de nous rendre dans le quartier en face de l'historique muraille, comme &#224; notre derni&#232;re visite, fin mars. On y trouve, en temps normal, des vendeurs de racines et leurs charrettes en bois, des boissons chaudes improbables, des &#233;choppes par milliers, des terrasses o&#249; l'on boit le th&#233;, des femmes marchant avec leurs gosses ou leurs copines, des vieux en train de glander allong&#233;s sur l'herbe, des jeunes rigolant en pagaille&#8230; Sur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les commerces sont ferm&#233;s, personne dans les rues, impossible de franchir Dagkapi, une des portes de la vieille ville. Tout acc&#232;s est bloqu&#233;. La Meydan, la place habituellement pleine de gens, est vide : un chien errant essaye de trouver un passage &#224; travers les barri&#232;res de police, panique un instant et parvient finalement &#224; s'&#233;chapper du pi&#232;ge policier. Les flics en civil, kalach' &#224; la main, font face aux passants qui les regardent inquiets. La ville est transform&#233;e en zone de guerre. On y trouve diff&#233;rents types de v&#233;hicules blind&#233;s : les akrep (&#171; scorpions &#187;), kirpi (&#171; h&#233;rissons &#187;), kobra, des tanks, des panzer, des toma (canons &#224; eau). &#192; l'ext&#233;rieur de la vieille ville, malgr&#233; une ambiance pesante, les gens continuent de vivre quasi &#171; normalement &#187;, &#224; ceci pr&#232;s qu'on peut entendre &#224; tout moment des tirs en rafales, grondements et explosions, chacun peut voir des colonnes de fum&#233;e noircir le ciel. Les r&#233;cits sont les m&#234;mes : les forces sp&#233;ciales balancent des bombes par h&#233;licopt&#232;re sur les habitants qui r&#233;sistent &#224; l'int&#233;rieur de Sur. La vieille mosqu&#233;e, monument qui date de plus de 500 ans, a subi des tirs de mortier. Les pompiers venus pour &#233;teindre le feu, n'ont eu droit qu'&#224; un seul mot des forces sp&#233;ciales : &#171; &lt;i&gt;Laissez ! Cette ville de sales b&#226;tards devrait cramer en entier&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Face &#224; cela, des guerillas [membres du PKK] et des jeunes des YDG-H, jeunes r&#233;volutionnaires [regroup&#233;s d&#233;sormais sous l'appellation YPS, groupe de d&#233;fense populaire &#8211; ndlr] qui m&#232;nent une gu&#233;rilla urbaine d'autod&#233;fense, sont venus aider &#224; tenir le quartier. On nous dit qu'ils seraient &#224; peine 200, mais se relayent par groupe de 10 ou 15. Les guerillas ne sont pas les seuls &#224; d&#233;fendre le quartier : des habitantes de Sur de tous &#226;ges, elles aussi, aident &#224; monter les barricades de sacs de sable et prennent les armes. &#171; &lt;i&gt;On s'endort avec le bruit des tirs&#8230; Et on se r&#233;veille avec le bruit des tirs &lt;/i&gt; &#187;, commente un habitant du centre historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Main basse sur Sur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quotidien kurde &lt;i&gt;&#214;zgur G&#252;ndem&lt;/i&gt; du 25 d&#233;cembre 2015, le journaliste H&#252;seyin Ali voit dans la destruction du vieux quartier une op&#233;ration de restructuration urbaine, en m&#234;me temps qu'un &#171; &lt;i&gt;g&#233;nocide culturel&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Au moment m&#234;me o&#249; la r&#233;sistance fait rage &#224; Sur, l'&#201;tat annonce : &#8220;les TOKI&lt;/i&gt; [grands ensembles d'habitations construits par le b&#233;tonneur TOKI] &lt;i&gt;doivent rentrer dans Sur. Sur d&#233;truit doit &#234;tre remplac&#233; par des habitats plus modernes.&#8221; Si les TOKI rentrent dans Sur, l'&#226;me historique de ce lieu dispara&#238;tra en y mettant des blocs de b&#233;ton sans sens et sans &#226;me. Et d'autres vont se faire de l'argent sur le dos de cette culture, l'exploiter, la faire dispara&#238;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 d&#233;cembre, quelques centaines d'habitants ont manifest&#233; dans le quartier du centre, Ofis, pour d&#233;noncer ce si&#232;ge qui n'en finit plus. La foule a forc&#233; le barrage de police, les jeunes ont dress&#233; des barricades et ont attaqu&#233; les flics. Ces derniers ont gaz&#233;, utilis&#233; canons &#224; eau, Flash-ball, et balles r&#233;elles : un jeune de 14 ans a &#233;t&#233; touch&#233; par une balle, il est mort quelques heures plus tard. Plusieurs t&#233;moignages &#233;voquent la responsabilit&#233; de barbouzes, surgis d'une Ford Ranger, gros 4x4 noir banalis&#233; aux vitres teint&#233;es r&#244;dant autour des manifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-386-f8c89.jpg?1782658924' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Mahmut Bozarslan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La population nourrit une v&#233;ritable psychose autour de ces v&#233;hicules qui remplacent les Beyaz Toros (en l'occurrence des Renault Toros) des ann&#233;es 1990, durant lesquelles ont disparu de nombreux militants kurdes. Le Premier ministre actuel, Davutoglu, a m&#234;me menac&#233; le printemps dernier, lors d'un de ses meetings &#224; Van (ville &#224; majorit&#233; kurde), que si son parti, l'AKP, ne remportait pas la majorit&#233; au Parlement, &#171; &lt;i&gt;les Beyaz Toros feraient leur retour&lt;/i&gt; &#187;. Ces &#171; escadrons de la mort &#187; ne rel&#232;vent pas du fantasme. Un jeune raconte : &#171; &lt;i&gt;On manifestait, on jetait des pierres sur les canons &#224; eau. On a vu la Ford Ranger arriver, on a su qu'il fallait courir. On a pris une ruelle, pas la bonne. J'entendais les tirs qui sifflaient &#224; mes oreilles pour finir sur les murs. Notre camarade est tomb&#233; sous nos yeux. Ils continuaient de tirer. Je ne sais pas comment j'ai r&#233;ussi &#224; me faufiler, je m'en suis sorti. Pas comme mes deux camarades.&lt;/i&gt; &#187; Le 14&#8239;d&#233;cembre, deux autres jeunes meurent d'une balle dans la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diyarbakir sous les gaz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9 novembre&lt;/strong&gt;. Comme chaque jour, des avions de chasse survolent la ville et maintiennent une pression psychologique par le boucan qu'ils font. Un vendeur de journaux d'Ofis nous informe qu'une manifestation a lieu non loin de l&#224; o&#249; nous nous trouvons. Nous nous y rendons. &#192; nouveau, des flics partout : blind&#233;s, canons &#224; eau, police anti-&#233;meute, keufs en civil kalach' &#224; la main. Une petite centaine de personnes d&#233;termin&#233;es tentent de faire entendre les revendications suivantes : la lib&#233;ration d'Abdullah &#214;calan &#8211; toujours prisonnier sur son &#238;le turque depuis 1999 et gard&#233; au secret depuis avril dernier &#8211; ; la reprise des n&#233;gociations pour la paix et la reconnaissance par l'&#201;tat turc de l'autonomie formul&#233;e par les villes et les quartiers du Kurdistan. Une demi-heure plus tard, apr&#232;s sit-in et prises de paroles, les manifestants se dispersent dans une ambiance de petite terreur instaur&#233;e par la police. Tout le quartier est noy&#233; sous les gaz lacrymog&#232;nes. Ce gaz se r&#233;pand partout, il est invisible et met du temps &#224; s'&#233;vaporer. Un manifestant nous dira que c'est un gaz d'un type nouveau : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait 22 ans que je suis dans la rue et que je respire du gaz, celui-ci est pire que les pr&#233;c&#233;dents&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jours suivants, les manifestations se succ&#232;dent selon le m&#234;me sc&#233;nario. On trouve un bon paquet de grands m&#232;res remont&#233;es par des d&#233;cennies de massacres, de tortures, de taule et d'humiliations racistes au quotidien. &#171; &lt;i&gt;Ce sont les m&#232;res et les enfants qui nous aident &#224; tenir moralement. La vraie force, ce sont eux&lt;/i&gt; &#187;, nous confie-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 10 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;, le face-&#224;-face avec les flics dure bien deux heures : la police menace r&#233;guli&#232;rement d'attaquer la manifestation car elle est, l&#224; encore, interdite ; les &lt;i&gt;cocuklar&lt;/i&gt;, les enfants, s'&#233;chauffent et commencent &#224; d&#233;paver et briser les briques pour en faire des projectiles ; les adultes calment le jeu et appellent tout le monde &#224; venir s'asseoir et chanter la guerilla au plus pr&#232;s des flics. Un certain nombre de personnes s'&#233;nervent contre le fait qu'il y a vraiment peu de monde, comme le fait ce p&#232;re de famille : &#171; &lt;i&gt;Mais o&#249; sont les autres ? Cette ville est gigantesque et nous ne sommes que 500. Que font les autres ? Ils boivent du th&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; La question se pose. L'&#201;tat turc joue la carte de la terreur et de l'&#233;puisement : il tente de diviser le mouvement en effrayant le plus grand nombre. La plupart des discussions tournent autour des questions de la paix et de la guerre : &#171; &lt;i&gt;Faut-il attendre encore avant d'assumer franchement la guerre qui nous est faite ?&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;La paix, il faut &#339;uvrer &#224; la paix et ne pas c&#233;der aux provocations de l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;D'accord, mais en attendant, ils tuent tous les jours plusieurs de nos jeunes&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Est-ce que le PKK et les YDG-H adoptent la bonne strat&#233;gie ? L'autod&#233;fense des villes et des quartiers, est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Il n'est pas possible de baisser la t&#234;te devant Daech et Erdogan !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tat de si&#232;ge et arnaque tactique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 d&#233;cembre au soir, l'&#201;tat turc annon&#231;ait la lev&#233;e du si&#232;ge de Sur, mais ce n'est malheureusement que de la poudre aux yeux. Nous nous dirigeons vers la vieille ville pour f&#234;ter la fin du si&#232;ge, pensons-nous. Arriv&#233;s au meydan, les grilles de la police barrent toujours l'acc&#232;s : fouille, palpage et v&#233;rification des identit&#233;s des personnes qui veulent rentrer dans le quartier. Peu de commerces ont rouvert, peut-&#234;tre un sur quatre. L'&#233;tat des chats est un bon indicateur de l'ambiance de ces derniers jours : des cadavres &#224; m&#234;me la chauss&#233;e, et quelques survivants malades et affam&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On atterrit &#224; la terrasse d'un caf&#233; au c&#339;ur de la vieille ville. Des femmes arrivent, se posent &#224; c&#244;t&#233; de nous. Abattues. Elles parlent en kurde, et nous traduisent en turc leurs discussions : &#171; &lt;i&gt;On a entendu hier soir la lev&#233;e du si&#232;ge. On vient voir, et la d&#233;ception est doublement douloureuse. &#199;a pr&#233;sage rien de bon, ces fouilles, ces policiers, ces tanks, partout&#8230; Quel sens &#231;a donne &#224; cette pr&#233;tendue lev&#233;e d'interdiction ? On ne peut m&#234;me pas rentrer dans Sur. Vous imaginez ce que vivent les gens encercl&#233;s par les forces de l'&#201;tat ? Ils sont sans eau, sans &#233;lectricit&#233;, sans nourriture depuis neuf jours. Les seuls &#224; se battre ce sont eux, nos jeunes. Et tous les autres, o&#249; sont-ils ? Certains veulent la paix, un accord qui se ferait avec l'&#201;tat, mais qui n'arrive pas.&lt;/i&gt; &#187; Elles critiquent le HDP &#8211; la coalition pro-kurde alli&#233;e avec des mouvements de gauche non nationalistes &#8211; pour la ti&#233;deur de ses mots d'ordre : &#171; &lt;i&gt; La paix avant tout&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Restez chez vous&lt;/i&gt; &#187;. Et soulignent que &#231;a casse la dynamique du peuple en le rendant plus frileux. Puis les femmes nous embrassent et s'en vont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celles et ceux qui continueraient &#224; s'aventurer pr&#232;s des zones d'affrontement, le risque de contr&#244;le est grand. Et &#231;a l'est encore plus pour les &#233;trangers per&#231;us comme une r&#233;elle menace par les forces sp&#233;ciales de la police du Sultan &#8211; journalistes, espions, rebelles&#8230; Une fouille de sac et ils sont toujours plus tendus, plus mena&#231;ants quand ils tombent sur un appareil photo ou un enregistreur audio : &#231;a augmente leur psychose. Expliquer &#234;tre de simples touristes ou simplement venus voir la famille n'&#233;vacue pas toute la m&#233;fiance. Ils h&#233;sitent et demandent &#224; coup s&#251;r ce que des &lt;i&gt;yabanci&lt;/i&gt;, des &#233;trangers, foutent dans les quartiers d'ici. Si vous avez la malchance d'&#234;tre fran&#231;ais, le chef en cagoule finira par lancer, &#233;nerv&#233; : &#171; &lt;i&gt;Vous voyez, votre pays a d&#233;clar&#233; 3 mois d'&#233;tat d'urgence avec possibilit&#233; de prolonger &#224; 6 mois. Ici en Turquie, nous sommes dans un vrai pays de droits. C'est un des pays les plus libres du monde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, une femme parle &#224; haute voix dans la rue : &#171; &lt;i&gt;Vous n'avez rien vu de ce qu'ils ont fait dedans ! Ils ont tout d&#233;moli, et incendi&#233;. Que veut l'&#201;tat ? Nous an&#233;antir, en nous faisant passer pour des terroristes ? J'habite dans ce quartier qu'ils ont saccag&#233; avec la m&#234;me violence et la m&#234;me mentalit&#233; que Daech. Pardon, je vous parle, mais je sais m&#234;me pas si vous &#234;tes policiers ou agents de l'&#201;tat. Mais &#231;a m'est &#233;gal, j'en peux plus. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-387-2ed6d.jpg?1782666290' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Mahmut Bozarslan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Vers la guerre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons rendez-vous avec notre ami Baran. Enseignant, il participe habituellement aux assembl&#233;es de quartier et r&#233;unions syndicales qui ont lieu en temps normal. Mais avec la guerre qui arrive, ces assembl&#233;es se tiennent beaucoup moins r&#233;guli&#232;rement. Il consacre beaucoup de son temps au suivi de la situation et s'active sur Twitter &#224; relayer informations et analyses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est sa vision de l'avenir ? &#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat turc a pris seul la d&#233;cision de repartir en guerre&lt;/i&gt; &#187;, commence-t-il. &#171; &lt;i&gt;La raison profonde de ce revirement strat&#233;gique est li&#233;e &#224; la situation en Syrie&lt;/i&gt; nous explique Baran. &lt;i&gt;Au Rojava, Tall Abyad, la ville fronti&#232;re c&#244;t&#233; &#8220;syrien&#8221; a &#233;t&#233; reprise &#224; Daech cet &#233;t&#233;, et les cantons de Koban&#233; et de Cizre ont pu ainsi &#234;tre reli&#233;s. Cela coupait un point de passage pour l'&#201;tat islamique. Les &#233;lites turques et le haut commandement militaire ont rapidement pris la d&#233;cision conjointe de d&#233;clarer la guerre aux Kurdes, pour &#233;viter l'ouverture de ce fameux corridor kurde, de Mossoul et Kirkuk jusqu'&#224; la mer M&#233;diterran&#233;e. Pour les autorit&#233;s turques, cela repr&#233;sente un vrai cauchemar. Voil&#224; la vraie raison de la guerre d&#233;clar&#233;e aux Kurdes.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit en soulignant l'importance du mouvement pour l'autogestion : &#171; &lt;i&gt;Dans certains quartiers ou certaines villes, les jeunes Kurdes ont d&#233;clar&#233; l'autonomie. Du coup, l'&#201;tat a envoy&#233; ses forces sp&#233;ciales &#224; ces endroits-l&#224; : tanks, roquettes, armes lourdes. Ils occupent carr&#233;ment des quartiers entiers, o&#249; vivent &#233;videmment des civils. Quand on parle de l'autonomie, on dit qu'elle a &#8220;neuf pieds&#8221; : l'&#233;conomique, le social, le culturel, la sant&#233;, l'&#233;cologie, les femmes, les jeunes, etc. Dans ces &#8220;neuf pieds&#8221;, il y a aussi l'autod&#233;fense. C'est quelque chose qui na&#238;t naturellement en toute personne qui se rebelle contre n'importe quelle forme de pouvoir. Si l'&#201;tat n'attaquait pas, s'il faisait un pas en arri&#232;re, le peuple s'organiserait autrement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baran insiste bien sur le fait que personne au Kurdistan n'a souhait&#233; la reprise de la guerre, et qu'au contraire, le mouvement kurde a toujours souhait&#233; la paix : &#171; &lt;i&gt;Dans la p&#233;riode de construction de ce mouvement d'autonomie et d'autogestion, on aurait d&#251; pouvoir entamer ces travaux sans avoir &#224; faire intervenir les armes. On aurait pu s'organiser de mani&#232;re tranquille dans nos quartiers, dans nos villages, dans nos villes. C'est une lacune qui incombe au parti politique l&#233;gal kurde, le HDP. Tout a commenc&#233; il y a un an, &#224; Cizre, o&#249; huit jeunes ont &#233;t&#233; abattus par des militaires. Des barricades ont &#233;t&#233; creus&#233;es. &#192; Silvan, par exemple, quand les premi&#232;res barricades ont &#233;t&#233; mont&#233;es au mois d'ao&#251;t, l'&#201;tat a fait marche arri&#232;re en disant : &#8220;On ne vous fera aucun mal. On ne proc&#233;dera &#224; aucune garde &#224; vue, on n'emprisonnera personne. Enlevez seulement ces barricades.&#8221; Mais une fois que les jeunes ont retir&#233; les barricades, et qu'eux-m&#234;mes se sont retir&#233;s de la zone de conflit, les forces de l'ordre ont attaqu&#233; les quartiers comme des barbares. Ils ont br&#251;l&#233; les maisons, les commerces. Ceux qu'ils ont attrap&#233;s ont &#233;t&#233; battus, tortur&#233;s, enferm&#233;s. L&#224; encore les jeunes ont d&#251; reprendre les armes. Ce ne sont pas des terroristes. Vous savez qui sont ces jeunes, aujourd'hui ? Cette g&#233;n&#233;ration de jeunes est le r&#233;sultat des ann&#233;es charni&#232;res 1990. Ce sont les jeunes qui ont perdu un membre de leur famille : abattu, tortur&#233;, mis en prison ou port&#233; disparu. Leurs villages, leurs maisons, ont &#233;t&#233; incendi&#233;s. Ils ont &#233;t&#233; forc&#233;s de migrer vers les villes. Ils ont grandi avec ces histoires. La vengeance anime leurs pens&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer son propos, il nous parle de sa m&#232;re qui lui disait, petit : &#171; &lt;i&gt;&#8220;Attention, si tu ne vas pas te coucher, les militaires turcs vont venir te chercher&#8221;. C'&#233;tait notre loup &#224; nous, elle nous faisait peur comme &#231;a. Est-ce que vous arrivez &#224; comprendre ce que &#231;a signifie ? Un matin, les militaires viennent dans votre village, ils rassemblent les hommes sur la place, les insultent, les humilient, les frappent, les torturent. Toutes ces sales choses qu'on peut s'imaginer, ils les font. Et ensuite, ils rentrent dans vos maisons et font ce qu'ils veulent sur des femmes et des enfants.&lt;/i&gt; &#187; Avant de conclure : &#171; &lt;i&gt;Chaque instant de la vie est devenu un moment de torture pour nous. J'ai 38&#8239;ans aujourd'hui et je ne me sens en s&#233;curit&#233; que l&#224; o&#249; les forces arm&#233;es ne sont pas pr&#233;sentes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant, la terreur des tanks &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 13 d&#233;cembre, de nouvelles &lt;i&gt;operasyon&lt;/i&gt; &#8211; ces op&#233;rations militaires contre les &#171; &lt;i&gt;terroristes kurdes&lt;/i&gt; &#187; comme aiment &#224; en parler les m&#233;dias aux ordres du Sultan Erdogan &#8211; ont redoubl&#233; en une large offensive dans les r&#233;gions kurdes. Plus de 10 000 militaires, policiers et gendarmes des forces sp&#233;ciales sont partis &#224; l'assaut de Silopi, Cizre, Nusaybin, etc. Autant de villes kurdes ayant d&#233;clar&#233; leur autonomie et qui se sont vues successivement plac&#233;es sous couvre-feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces sp&#233;ciales se vantent d'avoir tu&#233; plus de 120 guerillas dans toutes ces villes, mais rien n'est moins s&#251;r, car l'&#201;tat joue sur les chiffres &#224; des fins de propagande. &#192; Sur, d'apr&#232;s ce qu'il se raconte dans les caf&#233;s et aux coins des rues, les forces r&#233;pressives de l'&#201;tat n'avanceraient pas d'un pouce. Le si&#232;ge du quartier de la vieille ville, commenc&#233; le 2 d&#233;cembre, ne donne semble-t-il pas les r&#233;sultats escompt&#233;s. Les YDG-H revendiqueraient le 21 d&#233;cembre plus de 25 flics tu&#233;s pour les derniers jours &#224; Silopi, Cizre et Sur, ainsi que plusieurs prisonniers&#8230; Dur &#224; v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les partis pro-kurdes, le HDP et le BDP ont &#233;t&#233; critiqu&#233;s par la base pour leur silence face aux &#233;v&#233;nements. Le co-pr&#233;sident Selahattin Demirtas a finalement d&#233;clar&#233; que les Kurdes de Turquie avaient le droit de d&#233;cider s'ils voulaient vivre en autonomie ou &#171; &lt;i&gt;sous la tyrannie d'un homme&lt;/i&gt; &#187;, en r&#233;f&#233;rence au pr&#233;sident Erdogan. Ce dernier a parl&#233; de &#171; &lt;i&gt;trahison&lt;/i&gt; &#187; et le parquet d'Ankara et celui de Diyarbakir ont lanc&#233; une enqu&#234;te pour atteinte &#224; l'ordre constitutionnel et &#171; &lt;i&gt;s&#233;paratisme&lt;/i&gt; &#187;. Le terme de &#171; s&#233;paratisme &#187; est contest&#233; par le mouvement kurde qui &#233;voque au contraire un &#171; &lt;i&gt;combat pour l'autonomie locale et la d&#233;mocratie locale&lt;/i&gt; &#187; et non la cr&#233;ation d'un nouvel &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les manifs, la population n'oublie pas les &lt;i&gt;sehit&lt;/i&gt;, les &#171; martyrs &#187; tu&#233;s par les forces de police. Des lieux de recueillement ont &#233;t&#233; mis en place par la mairie HDP de la ville. Les familles des victimes, pendant trois jours et trois nuits, sont visit&#233;es par les voisins touch&#233;s par la mort des jeunes. Ils viennent faire leurs condol&#233;ances, manger ensemble, boire le th&#233;, faire des &lt;i&gt;agit&lt;/i&gt; (&#171; chants, pleurs &#187;). Il y a un lieu pour les femmes, un autre pour les hommes. Des centaines de personnes s'y bousculeront pendant ces trois jours. Dans les villes sous couvre-feu, les autorit&#233;s de l'&#201;tat ont interdit la tenue des fun&#233;railles priv&#233;es, obligeant les familles &#224; livrer les corps. La plupart pr&#233;f&#232;rent garder leurs d&#233;funts aupr&#232;s d'elles plut&#244;t que de se les voir confisquer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-388-f303b.jpg?1782666290' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Mahmut Bozarslan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tuer le syst&#232;me qui est en nous &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amet a 25 ans, il habite avec toute sa famille &#224; Baglar, qui est, avec Sur, le quartier le plus populaire du centre-ville de Diyarbakir. Baglar est un gigantesque entrelacement d'immeubles et de ruelles. &#171; &lt;i&gt;Imprenable par la police !&lt;/i&gt; &#187;, avertissent certains. Tout le monde s'entraide, se pr&#233;vient, se prot&#232;ge. Les petites rues voient tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement pneus et poubelles br&#251;ler, &#224; toute heure du jour ou de la nuit. Les trottoirs sont d&#233;pav&#233;s et servent aux barricades de fortune ou de projectiles contre les blind&#233;s. Chacun et chacune se rappelle des nuits du 6 et 7 octobre 2014, o&#249; le &lt;i&gt;serhildan&lt;/i&gt; &#8211; &#171; l'&#233;meute, la r&#233;volte &#187; &#8211; pour Koban&#233; avait enflamm&#233; les c&#339;urs. Ce que les jeunes attendent, c'est de r&#233;ussir &#224; &#171; &lt;i&gt;maintenir un serhildan quotidien qui relierait Baglar &#224; Sur en passant par Ofis&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme beaucoup d'autres gal&#233;riens de son quartier, Amet est pr&#233;sent &#224; chaque manif. Et il ronge son frein en attendant de sentir le moment o&#249; il pourra s'engager &#171; &lt;i&gt;plus avant&lt;/i&gt; &#187;. Le lot commun des habitants de Baglar, en plus du manque d'argent, c'est de subir le racisme, les humiliations et les attaques de la police depuis des ann&#233;es. Toute sa famille est ultra-politis&#233;e et tr&#232;s engag&#233;e dans le mouvement : sa grande s&#339;ur est partie il y a 4 ans dans la montagne retrouver la guerilla ; son petit fr&#232;re semble s'investir aux c&#244;t&#233;s des YDG-H, les groupes d'autod&#233;fense des quartiers ; sa petite s&#339;ur de 13&#8239;ans tient d&#233;j&#224; la longueur dans les discussions politiques ; et les parents, pas peu fiers de leur prog&#233;niture, sont l&#224; &#224; tenir la logistique pour tout ce petit monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amet nous apporte assez rapidement quelques pr&#233;cisions sur les YDG-H, dont il se sent assez proche : &#171; &lt;i&gt;Ce sont des jeunes qui sortent de diff&#233;rentes organisations. Ils ont &#233;tudi&#233; leur histoire, connaissent leur culture, et de cette fa&#231;on r&#233;fl&#233;chissent &#224; comment d&#233;fendre tout cela. En r&#233;alit&#233;, ils travaillent &#224; faciliter l'&#233;mancipation des gens dans nos quartiers. Mais ces derniers mois, ils sont malheureusement contraints de ne se pencher que sur la question de l'autod&#233;fense. Ce sont des groupes d'une dizaine, d'une quinzaine de personnes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La copine d'Amet est en d&#233;tention pr&#233;ventive depuis quelques mois, simplement pour ne pas avoir respect&#233; le couvre-feu dans Sur. &#171; &lt;i&gt;Au Kurdistan&lt;/i&gt;, nous explique Amet, &lt;i&gt;il n'y a nulle honte ni peur d'aller en taule. Il y a tellement de personnes enferm&#233;es pour des motifs politiques que lorsque tu te fais emprisonner, tu es pris en charge par les camarades, et il s'agira alors pour toi de prendre tranquillement le temps de lire et discuter politique, histoire et philosophie&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discuter philosophie et politique, c'est justement un sport collectif au Kurdistan. Que ce soit dans les familles o&#249; nous sommes invit&#233;s, avec le vendeur de journaux ou dans n'importe quel caf&#233;, c'est la r&#232;gle : apr&#232;s quelques blagues vient le temps des r&#233;flexions s&#233;rieuses. Amet n'&#233;chappe pas &#224; la norme, quand il souligne qu'&#171; &lt;i&gt;il faut tuer le syst&#232;me qui est en nous&lt;/i&gt; &#187;, s'extirper du capitalisme qui p&#233;n&#232;tre les esprits, m&#234;me si au Kurdistan il a moins colonis&#233; tous les aspects de la vie. &#171; &lt;i&gt;Il faudra bien que les riches, les bourgeois se remettent comme tout le monde en question un jour ou l'autre&lt;/i&gt; &#187;, afin que le capitalisme ne d&#233;truise l'&#226;me du Kurdistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Aujourd'hui il n'y a pas &#233;cole&#8230; Et demain ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 d&#233;cembre. Deux jeunes ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans les rues de Diyarbakir. L'un, Siyar Baran, n'avait que 13 ans tandis que l'autre, Serhat Dogan, abattu d'une balle dans la t&#234;te, en avait 19. Aujourd'hui il n'y avait pas &#233;cole. Les habitants de la capitale kurde ont d&#233;cid&#233; d'une journ&#233;e ville morte pour protester contre le si&#232;ge du quartier de Sur et contre la terreur d'&#201;tat. En attendant, les assassins professionnels, les escadrons de la mort turcs, sont encore sortis de leurs 4x4 noirs pour tuer efficacement et froidement les jeunes manifestants pour la libert&#233;. Et de ce point de vue, le bilan de la journ&#233;e est encore terriblement lourd : &#224; Amed, deux jeunes sont tomb&#233;s sous les balles de l'&#201;tat. Tandis que dans le reste du pays, cinq civils se sont faits tuer &#224; Cizre, deux &#224; Nusaybin, un &#224; Silopi, un &#224; Mersin et deux &#224; Istanbul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Turquie : &#171; Il existe une triste cha&#238;ne de violences d'&#201;tat depuis 1915 &#187;</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#201;tienne Copeaux est historien et animateur du blog susam-sokak. Il examine l'escalade actuelle de la violence en regard du contexte tourment&#233; de la Turquie contemporaine. Entretien. CQFD : On a l'impression d'une vraie coupure entre les r&#233;gions kurdes du sud-est et le reste du pays ; y a-t-il encore des passerelles entre une gauche non nationaliste et le mouvement kurde ? Comment l'opinion publique turque est-elle travaill&#233;e pour accepter l'offensive d'Erdogan contre les Kurdes ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;tienne Copeaux est historien et animateur du blog &lt;a href=&#034;http://www.susam-sokak.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;susam-sokak&lt;/a&gt;. Il examine l'escalade actuelle de la violence en regard du contexte tourment&#233; de la Turquie contemporaine. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/turquie-caricature-ismail-kizil-dogan_-democratique-2-aace3.jpg?1782648831' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ismail Kizil Dogan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : On a l'impression d'une vraie coupure entre les r&#233;gions kurdes du sud-est et le reste du pays ; y a-t-il encore des passerelles entre une gauche non nationaliste et le mouvement kurde ? Comment l'opinion publique turque est-elle travaill&#233;e pour accepter l'offensive d'Erdogan contre les Kurdes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tienne Copeaux :&lt;/strong&gt; De telles passerelles existent surtout dans les milieux intellectuels et &#171; branch&#233;s &#187; des grandes villes et le milieu &#233;tudiant. Ce qui se passe dans certaines universit&#233;s qui ont toujours &#233;t&#233; &#224; la pointe peut constituer un indicateur. &#192; Istanbul, l'empathie pour le mouvement kurde se manifeste depuis 2010-2011 surtout, soit depuis l'&#233;poque o&#249; toute illusion sur la sinc&#233;rit&#233; des avanc&#233;es d'Erdogan en mati&#232;re de d&#233;mocratie s'est envol&#233;e. C'est l'&#233;poque d'une nouvelle chasse aux sorci&#232;res, d'une vague r&#233;pressive impitoyable contre les journalistes et intellectuels d&#233;mocrates, en particulier ceux et celles qui soutenaient la cause kurde &#8211; c'est-&#224;-dire la cause de la d&#233;mocratie. En effet, il &#233;tait devenu &#233;vident pour beaucoup que la d&#233;mocratie ne pouvait progresser que si la &#171; question kurde &#187; trouvait une solution autre que militaire, sous forme d'appui aux partis pro-kurdes successifs, aujourd'hui le HDP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des ic&#244;nes d'intellectuels qui soutiennent ce point de vue, le plus exemplaire &#233;tant le sociologue Ismail Besik&#231;i, emprisonn&#233; &#224; de nombreuses reprises pour ses ouvrages sur la question kurde ; l'historienne B&#252;sra Ersanli, emprisonn&#233;e en 2011-2012 ; sans oublier la sociologue Pinar Selek&#8230; Une figure remarquable est &#233;galement Baskin Oran, politologue, qui a particip&#233; &#224; la &#171; d&#233;l&#233;gation des intellectuels &#187; (Akil Insanlar Heyeti) de 2013 pour la recherche d'une solution&#8230; suite &#224; quoi il a &#233;t&#233; accus&#233; de collaborationnisme. En ce moment circule un appel &#224; la paix provenant d'universitaires, &#171; Nous ne serons pas les complices silencieux de cette politique &#187;. J'y vois l'&#233;quivalent de l'&#171; Appel des 121 &#187; pendant la guerre d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi une sorte d'osmose entre les divers mouvements sociaux &#8211; ceux, en particulier qui se sont exprim&#233;s &#224; Gezi &#8211; , qui s'&#233;tait concr&#233;tis&#233;e &#224; la manifestation d'Ankara du 10 octobre 2015, o&#249; s'est produit l'attentat meurtrier que l'on sait (au moins 102 morts) o&#249; la plupart des victimes sont des ouvriers, des syndicalistes, des enseignants, des &#233;tudiants. Il a fallu malheureusement un &#233;v&#233;nement comme l'attentat d'Ankara pour r&#233;v&#233;ler cette osmose au yeux du public. Qu'en est-il du reste de la population ? L'opinion turque est travaill&#233;e par l'&#233;ducation et les m&#233;dias. Concernant l'&#233;ducation, c'est un discours qui maintient les Turcs dans une fiction selon laquelle la population du pays est constitu&#233;e uniquement de Turcs et que ceux qui ne se reconnaissent pas turcs sont des tra&#238;tres. Il n'y a pas si longtemps, l'&#201;tat recrutait des chercheurs pour &#171; prouver scientifiquement &#187; que les Kurdes sont en r&#233;alit&#233; un ensemble de tribus turques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux m&#233;dias &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt;, ils applaudissent &#224; la violence d'&#201;tat perp&#233;tr&#233;e &#224; l'Est. En d&#233;cembre, le grand quotidien &lt;i&gt;Sabah&lt;/i&gt;, par exemple, se r&#233;jouissait que le blocus des villes kurdes ait provoqu&#233; la fuite des habitants, preuve &#224; ses yeux que la population ne soutient pas le PKK. Depuis 50 ans, un parti ultranationaliste a d&#233;livr&#233; le discours anti-kurde, ce discours de violence qui a toujours inspir&#233; l'&#201;tat. Il s'agit du MHP, le parti des Loups gris. Il a rarement fait plus de 12-13 % aux &#233;lections, mais poss&#232;de une influence consid&#233;rable sur la politique du gouvernement. Les crimes commis dans les villes kurdes par les forces de r&#233;pression sont sign&#233;s sur les murs par les symboles de ce parti. Entre les deux, la majorit&#233; silencieuse&#8230; Je pense que la plupart des Turcs consid&#232;rent que les Kurdes devraient tout simplement jouer le jeu, accepter l'assimilation et se dire Turcs. Ceux qui le pensent ne sont pas conscients que cela n'est plus possible, &#233;tant donn&#233; la violence insens&#233;e que les Kurdes subissent depuis 1925.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, oui, malheureusement, je pense qu'il y a coupure. Les Kurdes eux aussi pensent le probl&#232;me en termes de coupure, qu'ils appellent provisoirement autonomie. Cela me fait craindre l'&#233;mergence ou le renforcement d'un nationalisme kurde qui aurait tendance &#224; reprendre les sch&#232;mes du nationalisme turc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as fait partie d'une d&#233;l&#233;gation d'observateurs &#233;trangers durant les &#233;lections de l'automne dernier. Qu'as-tu pu observer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pass&#233; trois jours &#224; Mardin, Kiziltepe (Qos&#234;r), Nusaybin et dans une petite ville sur la fronti&#232;re, Senyut (Derbesiye), avec l'association de Solidarit&#233; France-Kurdistan. C'&#233;tait court mais extr&#234;mement riche. J'ai pu voir la force du sentiment d'appartenance au monde kurde, la solidarit&#233; tr&#232;s &#233;troite avec Rojava. Je crois que le si&#232;ge de Koban&#233; a beaucoup fait dans ce sens. Les attitudes, les propos, les images et symboles, tout va dans le sens d'une future autonomie. Les dirigeants locaux kurdes tiennent fermement aux principes d&#233;mocratiques qu'ils ont adopt&#233;s, et les mettent en pratique : &#233;galit&#233; des sexes, &#233;ducation, fonctionnement de la d&#233;mocratie, mise en place de structures parall&#232;les d'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les Kurdes disent qu'ils sont sous occupation &#233;trang&#232;re, ce n'est pas exag&#233;r&#233;. Il est clair que ces gens ne peuvent pas vivre normalement sous &#233;tat de si&#232;ge de l'&#201;tat turc. Certaines villes nous font penser &#224; l'Alg&#233;rie durant la guerre : casernes, camps retranch&#233;s de la gendarmerie, survols d'h&#233;licopt&#232;res, rondes de blind&#233;s de la police, casemates et miradors sur les collines environnantes. Notre d&#233;l&#233;gation &#233;tait tr&#232;s encadr&#233;e par le HDP, fatalement, c'&#233;tait un peu une visite guid&#233;e. N&#233;anmoins, cela nous a fait rencontrer des militants de tous rangs, et il &#233;tait int&#233;ressant de mesurer leur d&#233;termination et leur courage : tous ces gens ont fait ou feront de la prison, ils n'en ont pas peur. La plupart des vivants comptent des morts parmi leurs proches, leur famille. Il est &#233;vident que cela ne les fera pas renoncer &#224; leur cause. Le co-maire de Senyurt nous a dit : &#171; &lt;i&gt;Nous combattrons jusqu'au dernier Kurde&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre chose m'a frapp&#233;, c'est la force de la figure d'&#214;calan [le leader du PKK emprisonn&#233;]. Son portrait est en place d'honneur dans les locaux du HDP, et les r&#233;f&#233;rences &#224; &#171; notre pr&#233;sident &#187; sont constantes. Je ne pensais pas que c'&#233;tait &#224; ce point, et cela interroge sur la marge d'autonomie du HDP par rapport au PKK.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis pos&#233; des questions sur le r&#233;el exercice de la d&#233;mocratie parmi ces gens un peu sous tutelle du PKK. Nous avons parcouru un quartier &#171; lib&#233;r&#233; &#187;, tenu par le PKK et cela ne m'a pas gonfl&#233; d'enthousiasme. J'ai l'impression que la coercition existe, au moins sous forme de surveillance mutuelle ; mais dans quelle mesure, jusqu'&#224; quel point ? Il m'est impossible de juger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la propagande se joue une guerre des mots. L'&#201;tat, la presse aux ordres et les groupes nationalistes n'h&#233;sitent pas &#224; utiliser un &#171; vocabulaire g&#233;nocidaire &#187; pour appuyer ce qui est officiellement une &#171; campagne antiterroriste &#187; : &#171; &lt;i&gt; Vous serez an&#233;antis dans vos maisons&lt;/i&gt; &#187;, dit Erdogan qui parle de &#171; &lt;i&gt;nettoyer le pays&lt;/i&gt; &#187; ; le journal pro-pouvoir &lt;i&gt;Yeni Safak&lt;/i&gt; titre &#171; Le grand m&#233;nage &#187;, etc. Est-il raisonnable de faire des parall&#232;les avec d'autres &#233;pisodes de massacres de l'histoire turque contemporaine ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une id&#233;e revient avec insistance, c'est le &#171; retour aux ann&#233;es 1990 &#187;, p&#233;riode extr&#234;mement violente, au cours de laquelle des villes comme Lice ou Varto ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es par l'arm&#233;e et partiellement d&#233;truites, o&#249; plus de 3&#8202;000 villages ont &#233;t&#233; incendi&#233;s ou ras&#233;s. Il y a eu des centaines de milliers de migrants forc&#233;s, des mis&#232;res atroces auxquelles personne ne s'est int&#233;ress&#233;, ni en Turquie ni &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on ne revient pas aux ann&#233;es 1990 : les conditions, les formes et lieux de combat sont diff&#233;rents. Mais l'expression exprime une tr&#232;s forte crainte. Les gens qui vivent dans les villes actuellement attaqu&#233;es par l'&#201;tat sont ceux qui ont v&#233;cu les expulsions. Voil&#224; qu'on les emp&#234;che &#224; nouveau de vivre une vie normale&#8230; Les jeunes qui attaquent l'arm&#233;e et la police actuellement sont les enfants de ces expuls&#233;s. Ils ont la rage pour ce qu'ont v&#233;cu leurs parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'intellectuels vont plus loin et comparent la situation &#224; celle de la p&#233;riode k&#233;maliste, du massacre des Kurdes du Dersim en 1938 (peut-&#234;tre 30 000 morts) et de leur d&#233;portation. D'autres encore &#233;crivent que la situation ressemble &#224; celle qui pr&#233;valait juste avant le g&#233;nocide des Arm&#233;niens de 1915. Bref, la Turquie vit actuellement dans une inqui&#233;tude extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vocabulaire &#171; g&#233;nocidaire &#187; est tout juste celui du MHP, et il est repris par Erdogan lui-m&#234;me. C'est comme si les fascistes du MHP &#233;taient au pouvoir. Chacun a en m&#233;moire d'autres massacres commis par ce parti (Marache en 1978 : 111&#8239;al&#233;vis extermin&#233;s) et les milliers d'assassinats perp&#233;tr&#233;s. Il existe une triste cha&#238;ne de violences d'&#201;tat, depuis 1915, dont la m&#233;moire se perp&#233;tue m&#234;me si le discours officiel tente de les occulter, et chaque &#233;v&#233;nement violent &#8211; y compris ce que les Kurdes vivent en ce moment &#8211; semble l'&#233;cho d'un pr&#233;c&#233;dent. D'o&#249; l'impression de d&#233;j&#224;-vu et le sentiment perp&#233;tuel de retourner dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH483/une-cqfd-erdogan-0b62c.jpg?1782705097' width='400' height='483' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Magali Dulain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; peut mener la strat&#233;gie d'Erdogan ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas s'il est possible de r&#233;pondre. M&#234;me les motivations d'Erdogan sont myst&#233;rieuses, lui qui, au d&#233;but, avait pris le taureau par les cornes et s'&#233;tait attaqu&#233; aux sujets les plus tabous de la vie turque : le pouvoir de l'arm&#233;e, le g&#233;nocide, la question chypriote, et la question kurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que ni le PKK ni l'&#201;tat ne recherchent plus la paix. Cela ne peut mener qu'au massacre g&#233;n&#233;ral ou &#224; la cr&#233;ation d'un gouvernement autonome comme en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour que ce Kurdistan d'Irak puisse exister, il avait fallu une situation de chaos total en Irak. Erdogan cherche-t-il &#224; r&#233;primer si violemment que la Turquie obtiendrait une p&#233;riode de paix par d&#233;couragement ? Le plus &#233;trange est que je ne vois pas quel pourrait &#234;tre l'int&#233;r&#234;t du pouvoir &#224; faire durer ou empirer la situation actuelle. On invoque la parano&#239;a d'Erdogan, sa volont&#233; d'&#234;tre dictateur seul au pouvoir, mais ce n'est pas suffisant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'habitat urbain : Smart illusions au Salon de la ville intelligente</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Les illusions du progr&#232;s industriel se sont &#233;croul&#233;es avec le XXe si&#232;cle, coin&#231;ant les citadins entre les canines du ch&#244;mage, du cancer et du vote Front national. Qu'&#224; cela ne tienne, les marchands de &#171; solutions &#187; ont un nouvel imaginaire pour urbaniser le si&#232;cle &#224; venir : la &#171; ville intelligente &#187;. CapUrba, le salon de l'urbanisme innovant, nous montre comment la &#171; ville sous contr&#244;le &#187; ne sera pas seulement le fait de politiques s&#233;curitaires, mais de technocrates soucieux de g&#233;rer le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les illusions du progr&#232;s industriel se sont &#233;croul&#233;es avec le XXe si&#232;cle, coin&#231;ant les citadins entre les canines du ch&#244;mage, du cancer et du vote Front national. Qu'&#224; cela ne tienne, les marchands de &#171; solutions &#187; ont un nouvel imaginaire pour urbaniser le si&#232;cle &#224; venir : la &#171; ville intelligente &#187;. CapUrba, le salon de l'urbanisme innovant, nous montre comment la &#171; ville sous contr&#244;le &#187; ne sera pas seulement le fait de politiques s&#233;curitaires, mais de technocrates soucieux de g&#233;rer le d&#233;sastre urbain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;part pour Lyon. Commander billet TGV sur Internet &#224; retirer sur borne automatique : &#171; &lt;i&gt;L'empreinte CO2 correspondant &#224; votre commande est estim&#233;e &#224; 2,8 kg.&lt;/i&gt; &#187; Descendre du train, ne pas tomber &#171; &lt;i&gt;entre le marche-pied et le quai&lt;/i&gt; &#187;. &#201;cran d'abribus indiquer &#171; &lt;i&gt;Prochain tram dans 7 mn&lt;/i&gt; &#187;. Patienter et ingurgiter sandwich &#171; Petite France &#187;, jambon-beurre. Monter par &#171; &lt;i&gt; l'avant du bus&lt;/i&gt; &#187; mais &#171; &lt;i&gt;Interdiction de parler au chauffeur&lt;/i&gt; &#187;. Haut-parleurs balancer soupe radiophonique pour observer banlieue d&#233;gueulasse, entrep&#244;ts-parkings-barri&#232;res, derri&#232;re vitre &#171; Securit &#187;. Arriv&#233;e sur le parking d'Eurexpo, fin du convoyage, Ouf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une brochette d'h&#244;tesses en uniforme chemisier-tailleur m'accueillent &#224; l'entr&#233;e du salon. Elles n'ont pour tuer le temps qu'&#224; biper les Pass des visiteurs et ignorer les sous-entendus lourdingues des VRP en campagne. Garanti &#171; sans contact &#187;, notre environnement fluide et s&#233;curis&#233; est suffisamment formidable pour que les urbanistes acc&#233;l&#232;rent le pas. Si un smartphone est un ordinateur qui passe des appels, un avion un disque dur volant, la ville sera bient&#244;t l'unit&#233; centrale de notre &#171; B&#233;ton &lt;i&gt;way of life&lt;/i&gt; &#187;. On l'appellera &#171; &lt;i&gt;smart city&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;ville intelligente&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habiter ne suffit pas, il faut in-no-ver. Pendant trois jours, les entreprises technologiques draguent les municipalit&#233;s qui, en retour, leur vendent m&#232;tres-carr&#233;s-de-bureaux et qualit&#233;-de-vie : &#171; &lt;i&gt;La ville intelligente, c'est un projet &#233;conomique d'attractivit&#233; dans une comp&#233;tition d&#233;sormais mondiale&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che un ing&#233;nieur d'IBM. Dans la grande foire aux smart villes, les collectivit&#233;s se sont maquill&#233;es comme des voitures d'occaz', toutes plus au c&#339;ur du carrefour du monde pour amadouer les profits innovants. Ne cherchez pas le trou du cul de la France, les vingt communes de l'agglom&#233;ration de Saint-Quentin&#174; dans l'Aisne &#171; &lt;i&gt;b&#233;n&#233;ficient d'une situation g&#233;ographique privil&#233;gi&#233;e leur assurant une vocation europ&#233;enne&lt;/i&gt; &#187;. Sous-titr&#233;e &#171; &lt;i&gt;territoire haute fid&#233;lit&#233;&lt;/i&gt; &#187; pour ses pr&#233;tentions technologiques plus que pour son d&#233;peuplement chronique, la ville pr&#233;f&#232;re exhiber sa m&#233;daille d'or des &#171; &lt;i&gt;territoires innovants&lt;/i&gt; &#187; plut&#244;t que ses 21 % de ch&#244;meurs. Lille's Digital&#174;, quant &#224; elle, a pr&#233;f&#233;r&#233; une communication &#171; au c&#339;ur de &#187; : &#171; &lt;i&gt;au c&#339;ur de la French Tech&lt;/i&gt; &#187; d'abord, le label de la &#171; &lt;i&gt;start-up R&#233;publique&lt;/i&gt; &#187; lanc&#233;e par l'ex-ministre Fleur Pellerin&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marrez-vous avec les v&#339;ux de Fleur Pellerin &#224; la secte &#171; French Tech &#187; sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Mais aussi &#171; &lt;i&gt;au c&#339;ur de l'Europe&lt;/i&gt; &#187;, &#224; &#171; &lt;i&gt;l'&#233;picentre d'un bassin de 70 millions d'habitants&lt;/i&gt; &#187; o&#249; &#171; &lt;i&gt;tous les possibles se donnent rendez-vous&lt;/i&gt; &#187;. Les stands municipaux &#233;talent des tr&#233;sors de marketing. Besan&#231;on&#174; aligne ses titres de capitale : de Franche-Comt&#233; bien s&#251;r, mais aussi de la biodiversit&#233; ou de l'horlogerie. Surtout, &#171; &lt;i&gt; &#224; force de volont&#233;, d'audace, d'innovation et d'excellence&lt;/i&gt; &#187;, elle se serait impos&#233;e comme la &#171; &lt;i&gt;capitale du d&#233;veloppement d&#233;sirable&lt;/i&gt; &#187; dans laquelle les start-uppers jouissent probablement sans entrave. Ultime argument : les villes font la preuve d'une histoire riche de perspectives, d'un pass&#233; tourn&#233; vers l'avenir ou d'un patrimoine ouvert sur l'innovation. Une illusion &#233;conomique chasse l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1153 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH190/p16-cqfd-smart-city-476a7.jpg?1782720676' width='500' height='190' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toutes les villes se distinguent par leur uniformit&#233;. Si Montpellier Agglom&#233;ration&#174; devient une &#171; &lt;i&gt;cit&#233; intelligente&lt;/i&gt; &#187; dot&#233;e d'un &#171; &lt;i&gt;&#233;cosyst&#232;me pour stimuler l'innovation locale&lt;/i&gt; &#187;, c'est aussi parce qu'elle d&#233;tient le record fran&#231;ais de la croissance d&#233;mographique (+ 43 % depuis 1990) : &#171; &lt;i&gt;En quatre ans, on a urbanis&#233; autant que nos anciens en 2000 ans&lt;/i&gt;, se satisfait le technicien montpelli&#233;rain, &lt;i&gt;c'est un atout pour l'&#233;conomie, mais qui pose un souci en terme d'accueil.&lt;/i&gt; &#187; Par exemple, la ville manque d'eau pour abreuver ses 650 000 habitants : &#171; &lt;i&gt; Il faut g&#233;rer les situations de crises hydrauliques sinon on ne peut pas urbaniser.&lt;/i&gt; &#187; Domestiquer un environnement naturel qui n'en demandait pas tant, &#233;tendre son b&#233;ton, ses logements et ses nuisances industrielles autour de trois fleuves soumis &#224; des crues r&#233;currentes, devient un challenge technique de premier ordre. C'est pourquoi Montpellier parfait son d&#233;veloppement par une &#171; &lt;i&gt; couche d'intelligence&lt;/i&gt; &#187;. Face &#224; la p&#233;nurie qui vient, les capteurs et le pilotage informatique du r&#233;seau d'eau potable et d'assainissement rationaliseront l'offre et la demande, d&#233;tecteront les fuites, les pollutions chimiques, les inondations. Idem pour les r&#233;seaux de transport, toujours plus embouteill&#233;s. D'autres capteurs, d'autres mod&#233;lisations 3D, d'autres balises GPS permettront de pr&#233;dire l'&#233;tat du trafic et des places disponibles une heure &#224; l'avance, &#171; &lt;i&gt;avec un taux de r&#233;ussite de 93 %&lt;/i&gt; &#187;. Une fois dompt&#233;e la pression d&#233;mographique sur les ressources naturelles, l'urbanit&#233; peut &#233;tendre son d&#233;veloppement jusqu'&#224; la mer et rompre la tranquillit&#233; des flamands roses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens, ces cons-l&#224;, ont besoin d'&#234;tre guid&#233;s vers les comportements respectueux de l'environnement. La hausse des prix des mati&#232;res premi&#232;res, le r&#233;chauffement climatique et l'explosion de la demande d'&#233;lectricit&#233; pour cause de nouvelles technologies imposent aux gestionnaires des mesures de contr&#244;le. C'est le r&#244;le des &lt;i&gt;smart grids&lt;/i&gt;, le r&#233;seau d'&#233;lectricit&#233; &#171; intelligent &#187;. Grand Lyon Habitat, bailleur social lyonnais, expose ses compteurs communicants. Ils permettent &#224; EDF d'espionner la consommation &#233;lectrique, les pics, les creux, les diff&#233;rents appareils branch&#233;s. Un vrai mouchard de notre vie quotidienne. Mais &#171; &lt;i&gt;attention, on travaille avec la CNIL&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;fend derechef la vendeuse, ce qui n'est pas rassurant. Car si le contr&#244;le technologique ne suffit pas, que les cobayes rechignent &#224; suivre les indications de la tablette tactile, EDF enverra ses &#171; &lt;i&gt;sociologues du comportement&lt;/i&gt; &#187; (un pl&#233;onasme) r&#233;&#233;duquer les masses r&#233;calcitrantes. Que l'adaptation des m&#233;nages aux n&#233;cessit&#233;s &#233;cologiques soit humaine ou technologique, une question demeure : par quel retournement m&#233;taphysique EDF peut convaincre de baisser la consommation des nouvelles technologies par l'installation de nouvelles technologies ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre environnement atteint la perfection. Il sait ce dont nous avons besoin et s'adapte en fonction. Mais sans nous. Le lampadaire d&#233;tecte une infraction qu'il communique aux services de police. La cam&#233;ra sur l'autoroute a rep&#233;r&#233; une voiture en contre-sens et bloque les acc&#232;s. Les capteurs routiers ont d&#233;tect&#233; des embouteillages et bloquent ou d&#233;bloquent automatiquement les s&#233;maphores. Les tourn&#233;es de livraison se plient aux pr&#233;visions algorithmiques. &lt;i&gt;Et caetera, et caetera&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise suisse Bluescan fait la d&#233;monstration du City monitoring. Leurs cam&#233;ras de surveillance &#171; intelligentes &#187; analysent les pi&#233;tons, les v&#233;los, les voitures et leurs plaques d'immatriculation. Elles enregistrent la direction, le temps de stationnement, les temps de parcours, si les pi&#233;tons n'ont fait que traverser ou s'ils ont effectu&#233; des achats. Elles connaissent la densit&#233; de pi&#233;tons au m&#232;tre carr&#233; et vont jusqu'&#224; g&#233;rer les files d'attente. Sous l'&#339;il des cam&#233;ras, la vie est plus fluide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Glossaire-technocritique-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Big data&lt;/a&gt; urbain ne cesse d'augmenter la pression technologique sur nos comportements. Ce que conc&#232;de, sans m&#234;me lui avoir demand&#233;, le responsable &#171; am&#233;nagement num&#233;rique &#187; de Lille M&#233;tropole, dipl&#244;m&#233; en &#171; sciences humaines &#187; : &#171; L&lt;i&gt;a carte de vie quotidienne en cours de d&#233;ploiement &#224; Lille permet d&#233;j&#224; de prendre les transports. Demain, elle servira pour la cantine, la biblioth&#232;que, les services culturels. Elle fera aussi carte de paiement et permettra d'offrir des bons de r&#233;duction ou des minutes de parking. Certes, on peut parler de Big Brother, mais une fois qu'on a mis le doigt dans l'engrenage&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, on se fait arracher la main. Merci pour l'aveu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'engrenage technologique r&#233;pond aux n&#233;cessit&#233;s conjointes de l'&#233;talement et de la densification : &#171; &lt;i&gt;Le milieu urbain&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;consomme environ 75 % des ressources &#233;nerg&#233;tiques et g&#233;n&#232;re pr&#232;s de 80 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Or la zone urbaine gagne encore du terrain, principalement au d&#233;triment des zones agricoles&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;. Ainsi, d'apr&#232;s l'Institut fran&#231;ais de l'environnement, ce sont en France, 600 km2 qui sont artificialis&#233;s par an, soit l'&#233;quivalent d'un d&#233;partement fran&#231;ais tous les dix ans.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;talement urbain et artificialisation des sols en France &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; Plus insidieux qu'un a&#233;roport, le d&#233;ploiement technologique et le d&#233;veloppement urbain ne rentrent pas dans la case des &#171; Grands projets &#187; dits &#171; inutiles &#187;. Et pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour aller plus loin :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Smart City, l'espace de la domestication interactive&lt;/i&gt;, hors-sol.herbesfolles.org, mai 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Tomjo,&lt;i&gt; L'Enfer Vert&lt;/i&gt;, L'&#201;chapp&#233;e, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Pi&#232;ces et main-d'&#339;uvre et Fr&#233;d&#233;ric Gaillard, &lt;i&gt;L'Industrie de la contrainte&lt;/i&gt;, l'&#201;chapp&#233;e, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Jaime Semprun et Ren&#233; Riesel, &lt;i&gt;Catastrophisme, administration du d&#233;sastre et soumission durable&lt;/i&gt;, Encyclop&#233;die des nuisances, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Marrez-vous avec les v&#339;ux de Fleur Pellerin &#224; la secte &#171; French Tech &#187; sur redressement-productif.gouv.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &#201;talement urbain et artificialisation des sols en France &#187;, developpement-durable.gouv.fr, janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La ville comme elle va</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-ville-comme-elle-va</link>
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		<dc:date>2011-01-15T07:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
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		<dc:subject>Foyer d'indiscipline</dc:subject>
		<dc:subject>Air &#233;mancipateur</dc:subject>
		<dc:subject>produit ville</dc:subject>
		<dc:subject>urbain</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LA VILLE ? Foyer d'indiscipline ? Lieu de m&#233;langes et d'aventures ? &#171; Air &#233;mancipateur &#187; ? Depuis le temps que les possesseurs de richesses et leur police s'&#233;chinent &#224; r&#233;duire les menaces que la pl&#232;be et son d&#233;sordre font peser sur leurs projets, tout semble aujourd'hui s'acc&#233;l&#233;rer. Des villes, il ne devrait en rester que le d&#233;cor et la renomm&#233;e, vid&#233;s de leur histoire. L'autodestruction du milieu urbain tend &#224; faire de la ville une marchandise dont l'emballage n'est destin&#233; qu'&#224; attirer (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vieux" rel="tag"&gt;Vieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/villes" rel="tag"&gt;villes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/air" rel="tag"&gt;air&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Foyer-d-indiscipline" rel="tag"&gt;Foyer d'indiscipline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Air-emancipateur" rel="tag"&gt;Air &#233;mancipateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/produit-ville" rel="tag"&gt;produit ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/urbain" rel="tag"&gt;urbain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA VILLE ? Foyer d'indiscipline ?&lt;/strong&gt;
Lieu de m&#233;langes et d'aventures ? &#171; Air &#233;mancipateur &#187; ?
Depuis le temps que les possesseurs
de richesses et leur police
s'&#233;chinent &#224; r&#233;duire les menaces que
la pl&#232;be et son d&#233;sordre font peser
sur leurs projets, tout semble
aujourd'hui s'acc&#233;l&#233;rer. Des villes, il
ne devrait en rester que le d&#233;cor et la
renomm&#233;e, vid&#233;s de leur histoire.
L'autodestruction du milieu urbain
tend &#224; faire de la ville une marchandise
dont l'emballage n'est destin&#233;
qu'&#224; attirer populations ais&#233;es et
entreprises conqu&#233;rantes. Lanc&#233;e
depuis plusieurs d&#233;cennies, la comp&#233;tition
bat son plein afin de rendre
attractif le &#171; produit ville &#187; : destruction
et r&#233;novation des vieux quartiers,
construction de centres commerciaux,
rues pi&#233;tonn&#233;es, tramways
d&#233;coratifs, syst&#232;mes sophistiqu&#233;s de
surveillance, &#233;rection triomphante
de tours et &#233;difications de quartiers
high tech en parfaite ad&#233;quation avec
les exigences environnementales.
Dans l'hypercentre de la cit&#233;, une
esp&#232;ce de Disneyland, &lt;i&gt;&#171; repr&#233;sentation
euphorisante du monde &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hac&#232;ne Belmessous, Le Nouveau bonheur fran&#231;ais, Atalante, 2009.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ; &#224; la
p&#233;riph&#233;rie, un agencement urbain
g&#233;r&#233; selon les principes policiers de la
pr&#233;vention situationnelle. Et pour
compenser la disparition programm&#233;e
d'activit&#233;s &#224; &#233;chelle humaine,
l'ultime argument de vente est celui
de la culture, cette reconstruction
artificielle des liens et de l'histoire.
&lt;i&gt;&#171; Les hommes se rassemblent dans les
villes pour vivre. Ils y restent ensemble
pour jouir de la vie &#187;&lt;/i&gt;, disait Aristote,
ce vieux camarade avec qui l'on
s'imagine bien boire un coup au
comptoir du bar du coin, pendant
qu'il en est encore temps. Un estaminet
o&#249;, peut-&#234;tre, une &#233;tincelle, un
r&#233;flexe collectif &#8211; cette &lt;i&gt;&#171; r&#233;action
g&#233;n&#233;tique subconsciente &#187;&lt;/i&gt; dont parle
Lewis Mumford&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lewis Mumford, La Cit&#233; &#224; travers l'Histoire, Le Seuil, 2001.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; referait &#233;merger
au grand jour tout ce qui fait qu'une
ville est ville&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hac&#232;ne Belmessous, &lt;i&gt;Le Nouveau bonheur
fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Atalante, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lewis Mumford, &lt;i&gt;La Cit&#233; &#224; travers l'Histoire,
Le Seuil&lt;/i&gt;, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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