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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Dix ans plus tard&#8230;</title>
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		<dc:date>2011-12-08T06:32:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 21 septembre 2011, accompagn&#233; par quatre coll&#232;gues du syndicat de la bo&#238;te, je suis descendu &#224; Toulouse. Comm&#233;moration oblige, c'&#233;tait pour les dix ans de la catastrophe d'AZF. On s'est retrouv&#233;s au rond-point du 21 septembre, lieu &#233;minemment symbolique, o&#249; se rassemblent chaque ann&#233;e les associations des victimes de l'accident. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents la F&#233;d&#233;ration chimie de la CGT et ses trois cents militants venus de toutes les usines chimiques et raffineries de France. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 21 septembre 2011, accompagn&#233; par quatre coll&#232;gues du syndicat de la bo&#238;te, je suis descendu &#224; Toulouse. Comm&#233;moration oblige, c'&#233;tait pour les dix ans de la catastrophe d'AZF. On s'est retrouv&#233;s au rond-point du 21 septembre, lieu &#233;minemment symbolique, o&#249; se rassemblent chaque ann&#233;e les associations des victimes de l'accident. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents la F&#233;d&#233;ration chimie de la CGT et ses trois cents militants venus de toutes les usines chimiques et raffineries de France. Impressionnant de voir ces gens, de Dunkerque ou de Marseille, venus dire que les salari&#233;s &#233;taient avec les victimes, puisque lorsqu'une usine saute, ils sont aux premi&#232;res loges. C'&#233;tait aussi pour dire que Total devait payer et que nous nous d&#233;marquions des propos de l'association des anciens d'AZF, ouvertement pro-patronale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH501/93_efix-05082.png?1779602742' width='400' height='501' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224;, la mairie de Toulouse organisait un autre rassemblement, beaucoup plus m&#233;diatis&#233;, qui proposait de r&#233;concilier tout le monde, victimes, anciens salari&#233;s, et direction de Total dans le m&#234;me sac. Ce qui, pour nous, &#233;tait inconcevable. Comme l'avan&#231;ait l'Association des sinistr&#233;s du 21 septembre dans un tract : &#171; Il n'y aura pas d'arrangement &#187;, et l'on esp&#232;re que le proc&#232;s en appel pr&#233;vu en novembre rendra, enfin, justice &#224; toutes les victimes. Ce fut un grand moment de rencontres, d'explications, mais aussi de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine plus tard, en ce matin du 29 septembre, vers 8 h 45, St&#233;phane m'appelle au t&#233;l&#233;phone de l'usine : &lt;i&gt;&#171; Il y a le feu sur le compresseur de synth&#232;se ! &#187;&lt;/i&gt;. Dans cette situation, la consigne est de rejoindre la zone de repli, le temps que les premi&#232;res man&#339;uvres de s&#233;curit&#233; soient faites et que les pompiers interviennent. Je ne travaille plus directement sur ce lieu, mais je le connais bien pour y avoir boss&#233; plus de vingt ans. Donc je quitte mon cagibi et je me rends rapidement vers le bunker o&#249; se trouvent la salle de contr&#244;le et les bureaux. Sur le chemin, tout en surveillant sans cesse le lieu de l'incendie, j'entends une explosion et vois un &#233;norme panache de fum&#233;e noire&#8230; Vite ! Entrer dans le bunker ! Auparavant, j'aper&#231;ois des salari&#233;s d'entreprises sous-traitantes qui s'enfuient en courant vers leurs voitures, peut-&#234;tre avec raison. Un type, en haut d'une grue situ&#233;e pr&#232;s des lieux de l'explosion, bat le record de vitesse de descente. Par contre, d'autres, inconscients, restent dehors, les bras crois&#233;s, &#224; regarder &#231;a comme un feu d'artifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bunker, plus d'une cinquantaine de personnes s'entassent. Il y a beaucoup de stress, d'autant que cet atelier a connu des accidents graves, dont un que j'avais v&#233;cu de tr&#232;s pr&#232;s&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Levaray, Putain d'usine, L'Insomniaque, 2002.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et que, derni&#232;rement, plusieurs incidents sur d'autres mat&#233;riels ont fichu la frousse &#224; plus d'un.
Les copains de la production en poste ce matin font les man&#339;uvres sur leurs &#233;crans. En regardant dehors par les baies vitr&#233;es, on voit de hautes flammes et diff&#233;rents panaches de fum&#233;e. On entend une deuxi&#232;me explosion, moins forte. Le probl&#232;me, dans cet atelier, c'est qu'on ignore si &#231;a va progresser ou pas, d'autant qu'il y a des caisses d'huile pas loin ainsi que des bidons charg&#233;s d'hydrog&#232;ne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les coll&#232;gues ont les choses bien en main et r&#233;ussissent &#224; baisser les pressions et arr&#234;ter les machines. De m&#234;me, l'&#233;quipe de s&#233;curit&#233; de l'usine vient &#224; bout de l'incendie avant m&#234;me que les soixante-dix pompiers de l'agglom&#233;ration n'interviennent. Par contre comme ils &#233;taient en premi&#232;re ligne, ils ont eu la peur de leur vie. Pendant un temps, il est question de salari&#233;s rest&#233;s sur les lieux. Il n'en est rien, tout le monde est sain et sauf. Lorsque tout se calme, on compte quatre personnes qui ont fait des malaises. Dont une qui, &#224; une minute pr&#232;s, se trouvait &#224; l'endroit exact de l'explosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore, on n'est pas pass&#233; loin. &#192; l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, on n'a toujours pas les d&#233;tails exacts &#8211; sans doute une tuyauterie d'hydrog&#232;ne qui a l&#226;ch&#233; &#8211;, mais on sait que les d&#233;g&#226;ts sont tr&#232;s importants et qu'il y aura pour plusieurs mois de travaux. On se pose, une nouvelle fois, des questions sur l'avenir de l'atelier et du site.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Pierre Levaray, &lt;a href=&#034;http://insomniaqueediteur.org/spip/spip.php?article50&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Putain d'usine&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, L'Insomniaque, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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