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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Raid sur les Roms</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Les mesures en cause r&#233;v&#232;lent un non-respect des valeurs essentielles inscrites dans la Charte europ&#233;enne, notamment la dignit&#233; humaine, dont la nature et l'ampleur vont au-del&#224; des violations ordinaires de la Charte. &#187; La Commission europ&#233;enne des droits sociaux n'a pas m&#226;ch&#233; ses mots pour d&#233;crire, le 10 novembre 2011, l'attitude de la France vis-&#224;-vis des Roms. Qu'importe ! &#193; Marseille, les attaques et les violences polici&#232;res contre ces &#171; Europ&#233;ens &#187; continuent. C'est la fin de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les mesures en cause r&#233;v&#232;lent un non-respect des valeurs essentielles inscrites dans la Charte europ&#233;enne, notamment la dignit&#233; humaine, dont la nature et l'ampleur vont au-del&#224; des violations ordinaires de la Charte. &#187; La Commission europ&#233;enne des droits sociaux n'a pas m&#226;ch&#233; ses mots pour d&#233;crire, le 10 novembre 2011, l'attitude de la France vis-&#224;-vis des Roms. Qu'importe ! &#193; Marseille, les attaques et les violences polici&#232;res contre ces &#171; Europ&#233;ens &#187; continuent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est la fin de la journ&#233;e, en ce 22 novembre, et les Roms, qui ont sillonn&#233; les rues de la capitale phoc&#233;enne &#224; la recherche de quelques objets dans les poubelles, se reposent et trient leurs marchandises dans leur campement de fortune. Cela fait un certain temps qu'une dizaine de familles s'est install&#233;e sur ce terrain attenant &#224; l'&#201;glise Saint-Martin d'Arenc, b&#226;timent condamn&#233; &#224; la destruction par les bulldozers d'Eurom&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 19 h 30 lorsque trois policiers, deux hommes et une femme, surgissent. &lt;i&gt;&#171; On peut facilement les reconna&#238;tre. Le gros et le grand sont les plus dangereux, &lt;/i&gt; dit Brishen&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; &#233;videmment chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;c'est ce dernier qui, au march&#233; de Noailles, au centre-ville, nous donne des coups de pied quand il nous rencontre. &#187;&lt;/i&gt; Et Hugo de poursuivre : &lt;i&gt;&#171; Ces deux-l&#224; nous bloquent quand ils nous croisent dans la rue et d&#233;truisent les poussettes avec lesquelles nous transportons ce qu'on trouve dans les poubelles &#187;.&lt;/i&gt; Selon les t&#233;moignages, ce soir-l&#224;, donc, c'est le gros qui se montre le premier. Dans une main son arme de service et dans l'autre une gazeuse avec laquelle il asperge imm&#233;diatement l'espace. Les trois pandores se mettent alors &#224; hurler &lt;i&gt;&#171; Allez, d&#233;gagez ! &#187;.&lt;/i&gt; Un quatri&#232;me policier rest&#233; jusqu'alors dans la voiture rejoint ses coll&#232;gues pour participer &#224; l'arrosage de gaz tout le monde, l'int&#233;rieur des tentes et, apr&#232;s les avoir &#233;ventr&#233;s, des sacs de nourriture afin de les rendre impropres &#224; la consommation. Yoshka reprend : &lt;i&gt;&#171; Ils ont commenc&#233; avec des couteaux &#224; couper et &#224; d&#233;chirer les tentes dans lesquelles des enfants dormaient. Puis ils s'en sont pris aux poussettes tout en continuant &#224; nous gazer, souvent &#224; quelques centim&#232;tres des yeux. &#187;&lt;/i&gt; C&#244;t&#233; policier, l'ambiance est plut&#244;t bonne : &lt;i&gt;&#171; Ils nous traitaient de &#8220;merde&#8221;. Ils se moquaient de nous. Le grand et la femme riaient &#187;,&lt;/i&gt; rapporte Zoran. Les enfants, eux, hurlent, pleurent. Un homme est violemment pouss&#233; &#224; terre par un des pandores. Brishen reprend : &lt;i&gt;&#171; Un d'entre nous a &#233;t&#233; frapp&#233; au visage. Il a couru vers le portail qui fait trois m&#232;tres de haut. Le gros policier lui a donn&#233; un coup de pied en haut de la jambe puis l'a attrap&#233; par l'&#233;paule. Il est tomb&#233;. &#187;&lt;/i&gt; On apprendra plus tard que cet homme s'est cass&#233; le col du f&#233;mur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_239 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH220/Roms_Soulcie-e6c2b.jpg?1782637825' width='400' height='220' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour les agresseurs, apr&#232;s quinze longues minutes de d&#233;cha&#238;nement, c'est l'heure du d&#233;part. &lt;i&gt;&#171; Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois que la police venait. Ils nous disaient que si nous nettoyions tout et restions tranquilles, nous n'aurions pas de probl&#232;mes. Ils nous pr&#233;venaient de ne pas entrer dans l'&#233;glise car elle risque de s'effondrer. Mais &#224; chaque fois que le gros venait, lui, il nous frappait et cassait notre mat&#233;riel &#187;,&lt;/i&gt; raconte Zoran. Il poursuit : &lt;i&gt;&#171; Les quatre policiers qui nous ont agress&#233;s ce soir-l&#224; &#233;taient d&#233;j&#224; venus. Ils sont toujours ensemble. Depuis deux mois, ils viennent tous les mardis soir. &#187;&lt;/i&gt; Alors que les cris et les pleurs des femmes et des enfants r&#233;sonnent dans les rues de ce quartier d&#233;sert, des habitants d'immeubles voisins s'alarment. Ce sont eux qui vont appeler les secours. Les pompiers arrivent, et la police aussi&#8230; Yoshka : &lt;i&gt;&#171; Un de ces policiers a vu l'homme bless&#233; qui &#233;tait &#224; terre. Puis il s'est rendu compte de ce qui venait de se passer, de la nourriture &#233;cras&#233;e, des tentes d&#233;chir&#233;es, des gens paniqu&#233;s, des enfants qui suffoquaient. Il a d&#233;cid&#233; de rester avec nous pendant plus d'une demi-heure pour &#234;tre s&#251;r que ses coll&#232;gues qui avaient fait cela ne reviennent pas&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Probl&#232;me : si enqu&#234;te des services sur les actes de ses repr&#233;sentants de l'&#201;tat il y a, elle risque de s'av&#233;rer extr&#234;mement complexe pour mettre des noms sur les agresseurs. Ils sont quatre. L'un est gros et quasi chauve. L'autre est grand. La femme est blonde. Le dernier, moins d&#233;cid&#233; que ses coll&#232;gues, semble &#234;tre le chauffeur de la voiture s&#233;rigraphi&#233;e avec laquelle cette &#233;quipe est arriv&#233;e. La date est le 22 novembre. Il &#233;tait entre 19 h 30 et 20 heures. Cette exp&#233;dition a eu lieu dans le troisi&#232;me arrondissement de Marseille. On peut imaginer ais&#233;ment que des communications radio ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;es, et m&#234;me que, peut-&#234;tre, un registre compile les dates, les heures et les noms des agents et leurs secteurs d'intervention. En fait, avec tous ces &#233;l&#233;ments, rien de vraiment concret pour pouvoir incriminer nominativement ces agresseurs en uniforme&#8230; Et si, par malheur, ils venaient &#224; &#234;tre confondus, ils risqueraient de terribles sanctions d'une s&#233;v&#233;rit&#233; exemplaire&#8230; allant de l'avertissement jusqu'au bl&#226;me ! Toujours est-il que, pour l'heure, aucun d&#233;placement du ministre de l'Int&#233;rieur sur les lieux o&#249; vient de se d&#233;rouler &lt;i&gt;&#171; cet acte inadmissible qui appelle &#224; la plus totale s&#233;v&#233;rit&#233; &#187;&lt;/i&gt; n'est encore annonc&#233;. En attendant, l'association R&#233;sistances Tsiganes a d&#233;cid&#233; de soutenir la plainte qu'une des victimes a l'intention de d&#233;poser, afin de donner du poids &#224; la parole d'un Rom qui, comme on le sait, ne vaut pas grand-chose face &#224; un uniforme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; &#233;videmment chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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