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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Violences sexuelles : penser l'apr&#232;s</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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&lt;p&gt;Comment continuer &#224; d&#233;sirer, aimer, s'extasier apr&#232;s avoir &#233;t&#233; agress&#233;e ? Si la trace des violences ne s'efface jamais, certaines femmes parviennent &#224; tisser, autour du traumatisme, un nouveau lien avec leur sexualit&#233;. Parmi des milliers d'histoires, toutes diff&#233;rentes, celle de Fanny et celle d'Emma. On ne se remet pas d'un viol . C'est en substance ce que drainent beaucoup de discours sur les violences sexuelles. Meurtries dans leur chair, les femmes victimes n'auraient plus qu'&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/agression" rel="tag"&gt;agression&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment continuer &#224; d&#233;sirer, aimer, s'extasier apr&#232;s avoir &#233;t&#233; agress&#233;e ? Si la trace des violences ne s'efface jamais, certaines femmes parviennent &#224; tisser, autour du traumatisme, un nouveau lien avec leur sexualit&#233;. Parmi des milliers d'histoires, toutes diff&#233;rentes, celle de Fanny et celle d'Emma.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/-1587-36c6b.jpg?1768806891' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par LMG
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On ne se remet pas d'un viol&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s le Code p&#233;nal fran&#231;ais, &#171; tout acte de p&#233;n&#233;tration sexuelle, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. C'est en substance ce que drainent beaucoup de discours sur les violences sexuelles. Meurtries dans leur chair, les femmes victimes n'auraient plus qu'&#224; renoncer &#224; leur d&#233;sir, &#224; faire une croix sur leur plaisir. Si pour certaines, d&#233;serter ces terrains est v&#233;cu comme une n&#233;cessit&#233;, d'autres s'attellent &#224; reconstruire leur sexualit&#233; sur les ruines du traumatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de Fanny&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et Emma qui ont accept&#233; de livrer un t&#233;moignage intime, personnel et mouvant de leur rapport au &#171; sexe &#187; apr&#232;s leur agression. De ce par quoi elles sont pass&#233;es et du terrain gagn&#233;. Des blessures jamais referm&#233;es et des cicatrices sur lesquelles veiller.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fanny a 32 ans. Elle est lesbienne. Adolescente, un homme l'agresse. Il est plus &#226;g&#233; qu'elle, elle le conna&#238;t. Elle dit &#171; non &#187;, il insiste et la force. Quelques ann&#233;es plus tard, alors que Fanny sort avec des femmes, une deuxi&#232;me rencontre tourne mal : dans l'intimit&#233;, celle qu'elle aime fait d'elle son &#171; &lt;i&gt;objet sexuel&lt;/i&gt; &#187;. Douze ans plus tard, Fanny vit aujourd'hui avec Agathe. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon entr&#233;e dans la sexualit&#233; s'est faite par un rapport non consenti impos&#233; par un homme. Je n'&#233;tais pas du tout pr&#234;te, j'ai dit &#8220;non&#8221;. Trop de fois pour ne pas &#234;tre entendue. C'&#233;tait une agression sexuelle. Je le dis comme &#231;a parce que je n'arrive pas encore &#224; parler de viol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette agression, donc, a eu un impact direct sur mon rapport aux hommes : elle a certainement r&#233;duit le champ des possibles qui n'&#233;tait d&#233;j&#224; pas bien ouvert. Est-ce que je suis gouine parce que mon premier rapport avec un mec a &#233;t&#233; celui-l&#224; ? La question peut se poser, mais je crois que les choses sont plus complexes que &#231;a. Les femmes, je les aimais bien avant ce type-l&#224;, c'est une certitude. J'ai fait un slow avec un gar&#231;on quand j'avais cinq ans qui m'avait un peu &#233;mue, mais j'embrassais d&#233;j&#224; ma meilleure amie &#224; cette &#233;poque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette violence n'est pas &#224; l'origine de mon d&#233;sir pour les femmes, je sais qu'elle a clairement impact&#233; ma sexualit&#233;. Pendant longtemps, j'avais des angoisses &#224; chaque rapport sexuel m&#234;me si mes partenaires &#233;taient des femmes. Ce premier mec n'a pas pu me p&#233;n&#233;trer parce que je n'&#233;tais pas consentante et pendant longtemps, &#224; chaque rapport, je me disais que mon corps n'allait pas r&#233;pondre. C'&#233;tait la crainte de ne pas mouiller assez, d'avoir un vagin trop &#233;troit. Jusqu'&#224; il y a peu, je v&#233;rifiais &#224; chaque fois si j'&#233;tais assez lubrifi&#233;e. &#199;a m'arrive encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, cette agression a aussi peut-&#234;tre influenc&#233; d'autres choses : si les hommes ne sont pas pour moi des objets de d&#233;sir, ils peuvent &#234;tre des objets de fantasme. Je ne parlerais pas de fantasmes de viol, mais quand m&#234;me : je pense souvent &#224; des rapports costauds, j'imagine un mec qui me &#8220;chope&#8221;. Pendant un moment, c'&#233;tait tellement pr&#233;sent que je me disais que j'allais me r&#233;veiller un jour en me rendant compte que c'&#233;taient les hommes que je d&#233;sirais vraiment. Donc la violence de ce mec, elle est inscrite dans mon corps jusque dans mes fantasmes et mon d&#233;sir &#8211; qui ne se porte pas sur les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette agression, je suis sortie avec plusieurs filles. J'avais 17 ou 18 ans, c'&#233;tait une sexualit&#233; un peu timide, les d&#233;buts o&#249; tu t&#226;tonnes. Et puis &#224; 20 ans, j'ai rencontr&#233; une femme qui avait dix ans de plus que moi et qui m'a brutalis&#233;e. Cette histoire a dur&#233; dix-huit mois pendant lesquels j'&#233;tais rel&#233;gu&#233;e au rang d'objet sexuel. &#199;a m'a bris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#231;a s'est termin&#233;, pendant une ann&#233;e, plus aucune femme ne pouvait me toucher. Lorsque je sentais que l'une d'elles me d&#233;sirait, je le vivais comme quelque chose de sale, d'avilissant, de dangereux. Comme je ne pouvais plus envisager une sexualit&#233; avec des femmes, je suis all&#233;e vers des rapports destructeurs. Je me retrouvais dans des lits de mecs que je ne connaissais pas et dont je n'avais pas envie. Je me mettais en difficult&#233;. Je n'en ai quasiment aucun souvenir parce que j'&#233;tais absolument trop saoule pour savoir ce que je faisais, et que je ne voulais d'ailleurs pas savoir. Quand il y a des violences sexuelles dans un rapport amoureux, &#231;a te brise au-del&#224; du corps. Cette histoire montre que les rapports lesbiens sont aussi travers&#233;s par la domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette p&#233;riode, j'ai recommenc&#233; &#224; coucher avec des femmes. Sauf que je m'&#233;tais d&#233;couverte dans la sexualit&#233; avec cette femme qui m'a fait subir des pratiques violentes qui m'emmenaient au-del&#224; de ce que je d&#233;sirais, de ce que voulais et de ce que je pouvais supporter. Cette violence-l&#224; a teint&#233; ma sexualit&#233;. J'avais l'impression que c'&#233;tait &#231;a le mod&#232;le. Parce que j'avais vingt ans, qu'elle en avait trente et que pour moi c'&#233;tait une femme avec un grand &#8220;F&#8221;. Paradoxalement, apr&#232;s je m'ennuyais presque de ne pas avoir mal quand je baisais. J'ai aussi connu des rapports que je consid&#233;rais comme sexuellement puissants alors que c'&#233;taient surtout des rapports dans lesquels je n'arrivais pas &#224; dire que c'&#233;tait trop pour moi. Je travaille encore sur le fait de r&#233;ussir &#224; dire &#8220;&lt;i&gt;&#199;a, &#231;a ne me va pas&lt;/i&gt;&#8221; ou &#8220;&lt;i&gt;Pas maintenant, pas de cette mani&#232;re-l&#224;, pas autant.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; longtemps dans la fuite du lien et je laissais du coup toute la place &#224; une sexualit&#233; v&#233;n&#232;re. Je revendiquais aussi avoir besoin de sexe, je disais que je ne pouvais pas m'en passer. Un peu comme une fiert&#233; virile &#224; la con. J'ai toujours un rapport tr&#232;s angoiss&#233; &#224; la baise : si dans mon couple, ma sexualit&#233; n'explose pas tout le temps, n'est pas au premier plan, je flippe parce que &#231;a veut dire que je laisse la place &#224; autre chose, &#224; une autre forme de lien. Jusqu'&#224; il y a peu, &#231;a me travaillait tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je suis avec Agathe, c'est ma premi&#232;re relation longue depuis douze ans. Je peux maintenant &#234;tre avec une femme que j'aime, la d&#233;sirer sans avoir besoin de me sentir salie ou de la salir. C'est le r&#233;sultat d'un long processus. Elle est un vrai soutien. Entre autres parce qu'elle est beaucoup plus au clair que moi avec le consentement. C'est souvent elle qui me fait remarquer qu'il y a quelque chose qui ne me va pas. Elle le voit avant que je l'exprime. Je peux dire aujourd'hui qu'il y a des choses tr&#232;s joyeuses dans ma sexualit&#233;. J'aime la libert&#233; qu'offre un rapport sexuel de lesbiennes, le fait de ne pas &#234;tre pourvue d'un p&#233;nis et de pouvoir en jouer, d&#233;placer cette question du phallus, pour de vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que la fa&#231;on dont on se remet d'un viol d&#233;pend de la fa&#231;on dont on est entour&#233;e, entendue. Chez moi le traumatisme est toujours pr&#233;sent, il y a une fissure &#224; un endroit. Tu as beau colmater, poncer, c'est toujours pr&#233;sent. Tu travailles autour de ces failles, mais ton corps imprime, c'est comme une cicatrice. Heureusement qu'on peut se retrouver avec des personnes, lesbiennes ou non d'ailleurs, qu'on peut en parler, construire un discours autour de cette question des violences sexuelles, qu'on peut s'accompagner. Il y a une vraie force puis&#233;e dans la sororit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma a 40 ans. Elle vit avec Alex et, ensemble, ils ont une petite fille. Il y a vingt ans, un homme lui impose avec beaucoup de violence une fellation. Une exp&#233;rience douloureuse v&#233;cue &#224; un moment o&#249; son &#233;quilibre &#233;tait d&#233;j&#224; sur la tangente. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'&#226;ge de vingt ans, dans un moment d'errance li&#233; &#224; une bouff&#233;e d&#233;lirante qui a dur&#233; plusieurs mois, j'ai atterri dans le lit d'un gars rencontr&#233; dans un bar. Il a d'abord voulu me p&#233;n&#233;trer, mais &#231;a m'a fait mal. Il m'a alors attrap&#233;e par les cheveux, a plaqu&#233; sa bite dans le fond de ma gorge et a choisi la vitesse des allers-retours de ma t&#234;te le long de sa verge. J'ai pouss&#233; un tout petit &#8220;&lt;i&gt;&#192; l'aide&lt;/i&gt;&#8221; qui a arrach&#233; un rictus au mec qui dormait au sol &#224; c&#244;t&#233; du lit, et qui n'a pas boug&#233;. Puis j'ai vomi et me suis endormie. Je trouve &#231;a n&#233;cessaire de raconter ce point de d&#233;part parce que toutes les agressions sexuelles ne se ressemblent pas, et leur impact sur la personne peut parfois d&#233;pendre de la nature de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment-l&#224;, moi, je n'avais pas v&#233;cu moult exp&#233;riences sexuelles. Du coup, &#231;a a marqu&#233; mon rapport &#224; la fellation &#8211; passage souvent oblig&#233; de la sexualit&#233; h&#233;t&#233;ro &#8211; durant de nombreuses ann&#233;es. J'ai d&#233;test&#233; &#231;a pendant longtemps, j'avais tout le temps des haut-le-c&#339;ur quand je m'y attelais. Le fantasme que manipule le porno, selon lequel il faudrait aller tr&#232;s profond, tenir la meuf par les cheveux, lui faire faire des gargarismes improbables, limite lui faire rendre ses tripes, je le trouve particuli&#232;rement abject. Et j'ai l'impression d'avoir crois&#233; pas mal de mecs qui ne l'avaient pas remis en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, comme cette agression est arriv&#233;e au d&#233;but de ma vie sexuelle, &#231;a n'a pas contribu&#233; &#224; ce que je m'&#233;panouisse vraiment de ce c&#244;t&#233;-l&#224;. Je crois qu'il m'en est rest&#233; longtemps l'id&#233;e qu'il fallait avant tout satisfaire les d&#233;sirs de l'homme, pour &#233;viter qu'il finisse par me contraindre. Je n'ai pas re&#231;u d'&#233;ducation sexuelle de la part de mes parents, pourtant f&#233;ministes. C'&#233;tait vraiment un angle mort total, je n'&#233;tais pas outill&#233;e pour me sentir puissante dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi dire que dans la d&#233;cennie qui a suivi cette agression, j'ai fait plusieurs passages en h&#244;pital psychiatrique et que j'ai pris un antipsychotique qui m'a fait prendre beaucoup de poids, qui a maintenu mon corps et mes sensations &#224; distance, faisant piquer ma libido en rase-mottes. Je couchais ou avais des histoires affectives avec des gens aussi perdus que moi, et le besoin de tendresse primait largement sur celui de jouir. Pendant longtemps, j'ai eu l'impression de ne pas savoir faire du sexe, un truc d'incapacit&#233;, de handicap, une vision n&#233;gative de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je couchais avec quelqu'un, c'&#233;tait plus pour satisfaire des attentes sociales. Le sexe &#233;tait pour moi quelque chose d'assez plastique, sans affect, assez routinier au final : on s'embrasse avec la langue, il me pelote les seins, je lui embrasse la bite, il me p&#233;n&#232;tre, et puis voil&#224; c'est fini. Outre les probl&#232;mes de libido impos&#233;s par le m&#233;doc, je pense que cette agression &#224; 20 ans m'a un peu p&#233;t&#233;e dans mon &#233;lan. Qu'elle a mis de l'ins&#233;curit&#233; dans mon rapport au sexe, qu'elle a impact&#233; ma confiance en moi-m&#234;me. Grosso modo, la morale de l'histoire &#233;tait &#8220;&lt;i&gt;Si le mec n'est pas content, tu risques de passer un sale quart d'heure.&lt;/i&gt;&#8221; Ce qui ne me poussait pas &#224; mettre mon plaisir au centre, &#224; l'&#233;panouir, &#224; jouer et &#224; jouir. C'est parce que j'ai rencontr&#233; quelqu'un qui m'y invitait et qui me mettait en confiance pour le faire que j'ai pu remettre de l'&#233;vidence dans la recherche de mon plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette agression a aussi peut-&#234;tre eu un autre impact : ce n'est pas tr&#232;s &#233;tonnant, mais il n'y a pas de fellation dans mes fantasmes. Que ce soit dans ceux dans lesquels je me visualise en homme comme dans ceux dans lesquels je suis une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai commenc&#233; &#224; reprendre de la ma&#238;trise sur ma vie en g&#233;n&#233;ral, apr&#232;s le long cycle des passages en HP et des lentes reconstructions, j'ai eu envie de rouvrir ce chantier du sexe. &#201;tonnamment c'est un bouquin qui m'a aid&#233;e, alors que je ne suis pas du tout habitu&#233;e &#224; ce genre de litt&#233;rature &#8220;d&#233;veloppement personnel&#8221;. Il &#233;tait biface : au recto, un guide de la fellation, au verso, un guide du cunnilingus. C'&#233;tait hyper h&#233;t&#233;rocentr&#233;, tr&#232;s romantique dans l'approche de l'acte, avec plein de m&#233;taphores &lt;i&gt;too much&lt;/i&gt;, mais &#231;a m'a aussi aid&#233;e &#224; ne plus voir le phallus comme un marteau-pilon, mais plut&#244;t comme un organe sensible, avec ses zones appelant de la d&#233;licatesse et de l'expertise. La fellation est devenue un acte ludique, o&#249; je restais ma&#238;tresse des choses que je voulais faire ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui je suis avec Alex. C'est moi qui l'ai dragu&#233; effront&#233;ment. Je lui ai rapidement parl&#233; de mon agression sexuelle, qui avait eu lieu douze ans auparavant. J'avais besoin d'&#234;tre sinc&#232;re, de vite expliciter mes zones d'inconfort pour qu'il ne m'y m&#232;ne pas direct, par maladresse. &#199;a a &#233;t&#233; un peu trop abrupt, comme un abordage un peu violent dans une histoire d'amour. Je ne mesurais pas tout ce que &#231;a allait pouvoir brasser chez lui. Du coup, il a eu besoin de me mettre &#224; distance tr&#232;s vite, pour mieux re&#8202;ve&#8202;nir vers moi au bout de quelques semaines, quand &#231;a s'&#233;tait apais&#233; pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ose esp&#233;rer que si j'avais d&#233;marr&#233; ma sexualit&#233; autrement, j'aurais pu plus vite faire de ma jouissance un axe central de mes pratiques sexuelles, et donc identifier plus rapidement les endroits o&#249; je n'avais pas envie d'aller. Il m'arrive encore des fois de dire apr&#232;s coup &#8220;&lt;i&gt;&#199;a m'a fait un peu mal, mais je ne voulais pas t'interrompre parce que tu avais l'air bien.&lt;/i&gt;&#8221; Alors m&#234;me qu'entendre l'autre dire la m&#234;me chose me r&#233;vulse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cette id&#233;e qu'on ne se remettrait pas d'un viol. Je ne me sens pas forc&#233;ment l&#233;gitime &#224; poser un regard dessus parce que j'ai l'impression d'avoir v&#233;cu plut&#244;t une agression sexuelle qu'un viol. Mais si j'ai &#233;t&#233; viol&#233;e et que j'ai une sexualit&#233; &#233;panouie derri&#232;re, alors quoi ? Cela sous-entend que je n'ai pas &#233;t&#233; vraiment viol&#233;e, pour m'en remettre si facilement ? C'est ultra d&#233;primant dans ce que &#231;a a de cat&#233;gorique, de d&#233;finitif aussi : cela revient &#224; dire que d&#232;s mes vingt ans, je pouvais faire une croix sur une vie sexuelle riche et &#233;panouissante. Heureusement que la vie est plus complexe que &#231;a. Dans mon cas, l'enjeu est plut&#244;t de ne pas d&#233;serter le terrain, de me r&#233;p&#233;ter que jouir c'est important et qu'il faut se donner les moyens d'y arriver, sans le vivre comme un truc martial, mais comme un truc auquel j'ai droit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020). Voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no188' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt; du journal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s le Code p&#233;nal fran&#231;ais, &#171; &lt;i&gt;tout acte de p&#233;n&#233;tration sexuelle, de quelque nature que ce soit, commis sur la personne d'autrui par la violence, contrainte, menace ou surprise est un viol&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>P&#233;n&#233;tration, j'&#233;cris ton nom</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Penetration-j-ecris-ton-nom</link>
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		<dc:date>2020-08-11T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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		<dc:subject>rapport n'est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces... Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces. Le rapport de domination sous-entendu dans moult insultes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-attire-actuellement" rel="tag"&gt;s'attire actuellement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/essentiellement-heterosexuelle" rel="tag"&gt;essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport-n-est" rel="tag"&gt;rapport n'est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de domination sous-entendu dans moult insultes s'y r&#233;f&#233;rant ne va pourtant pas de soi. Dans le cadre d'un rapport h&#233;t&#233;rosexuel, la p&#233;n&#233;tration peut tout aussi bien &#234;tre v&#233;cue comme un moment o&#249; une femme prend en elle, enserre, enferme le sexe de son partenaire &#8211; et non o&#249; elle serait conquise, poss&#233;d&#233;e ou prise. Dans tous les rapports imaginables, la p&#233;n&#233;tration peut &#234;tre pratiqu&#233;e sur bien des orifices, par le biais d'objets divers, avec une imagination dont les m&#233;decins urgentistes lib&#233;rant des rectums peuvent t&#233;moigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sexualit&#233; p&#233;n&#233;trative est une convention sociale certes destin&#233;e, comme toutes les autres, &#224; reproduire un ordre (injuste), mais aussi &#224; rassurer les individus qui la respectent : dans la grande vuln&#233;rabilit&#233; qu'implique souvent un rapport sexuel, et alors que rencontrer un nouveau corps nu est d&#233;j&#224; bien assez d&#233;stabilisant en soi, des partenaires peuvent avoir besoin de se montrer qu'ils connaissent la musique, suivent une chor&#233;graphie bien apprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que le faible taux de femmes h&#233;t&#233;rosexuelles prenant r&#233;guli&#232;rement leur pied gr&#226;ce &#224; cette pratique donne envie de se pendre&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De 25 &#224; 30 % selon le Nietzsche de la sexualit&#233; p&#233;n&#233;trative, Martin Page. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il n'est pas moins s&#251;r que, mal mise en &#339;uvre, elle favorise des maux souvent r&#233;serv&#233;s aux femmes : microd&#233;chirures, mycoses, blessures. Il est certain aussi qu'un d&#233;roul&#233; s'articulant autour de la p&#233;n&#233;tration comme alpha et om&#233;ga du rapport n'est pas &#224; l'avantage de beaucoup d'entre elles. Mais est-elle pour autant la perfide coupable de toutes nos frustrations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;n&#233;tration n'est pas non plus la panac&#233;e de tous les hommes, y compris h&#233;t&#233;rosexuels. C'est, pour beaucoup d'entre eux, un crash-test de virilit&#233; dont ils se passeraient bien. C'est aussi un symbole de la fa&#231;on dont ils sont construits en tant qu'hommes : ils y sont comme ailleurs violemment simplifi&#233;s (r&#233;duits &#224; leur sexe, &#171; faciles &#224; comprendre &#187;, assign&#233;s &#224; un comportement binaire) et rendus insensibles (cens&#233;ment toujours capables &#171; d'assurer &#187;, jamais d&#233;stabilis&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il faut condamner une pratique pour en favoriser d'autres, comme on interdirait les chips &#224; un enfant pour l'obliger &#224; aimer les brocolis, n'est-ce pas le signe d'un manque d&#233;sastreux d'imagination ? A-t- on vraiment besoin d'une &#233;ni&#232;me moralisation de nos pratiques sexuelles, qui nous raconte encore que nous sommes de mauvaises femmes, f&#233;ministes, compagnes, partenaires par le simple fait de nos go&#251;ts et de nos pratiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; condition qu'on &#233;volue dans un cadre r&#233;ellement priv&#233;, entre adultes r&#233;ellement consentants, ne serait-on pas plus heureux si nous faisions du sexe, comme de l'humour, un espace de vraie libert&#233; o&#249; l'on pourrait se permettre de dire et de faire l'inverse (ou la m&#234;me chose) de ce qu'on d&#233;fend d'habitude, de mettre temporairement en actes nos contradictions si terriblement humaines, de l&#226;cher les chevaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a-t-il pas l&#224; un grave probl&#232;me de prise en compte du plaisir des femmes h&#233;t&#233;rosexuelles mais aussi, plus largement, du plaisir tout court ? Combien d'entre nous sont encore travers&#233;s par des exigences de performance, d'absurdes volont&#233;s de se prouver des choses, une morale jud&#233;o-chr&#233;tienne aussi collante qu'&#201;ric Zemmour sur un plateau de CNews et, plus largement, le refus d'&#233;prouver le bonheur m&#234;me le plus &#233;ph&#233;m&#232;re de peur qu'il se sauve ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est qu'&#224; voir &#224; quel point la morale gangr&#232;ne le monde militant, comme tous les autres, pour constater &#224; quel point la conviction que nous sommes sur terre pour souffrir reste tenace. On n'est jamais assez radicaux, assez conscients, assez angoiss&#233;s, assez mobilis&#233;s, et quiconque ose dire dans un monde comme le n&#244;tre qu'il est heureux malgr&#233; tout se voit imm&#233;diatement taxer de na&#239;vet&#233;, de b&#234;tise et d'aveuglement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; part peut-&#234;tre un entra&#238;neur de footballeurs, plus personne ne peut pourtant avancer d&#233;cemment que les orgasmes emp&#234;chent de travailler, de manifester ou de r&#233;fl&#233;chir. En p&#233;n&#233;trant ou en enserrant, en doigtant, mordant, su&#231;ant, l&#233;chant, embrassant ou en ne faisant rien de tout cela, jouissons vite ou longuement, bruyamment ou silencieusement, ensemble ou s&#233;par&#233;ment, mais jouissons.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De 25 &#224; 30 % selon le Nietzsche de la sexualit&#233; p&#233;n&#233;trative, Martin Page. &lt;i&gt;Au-del&#224; de la p&#233;n&#233;tration&lt;/i&gt;, Le Nouvel Attila, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Personne n'est dupe de l'h&#233;ro&#239;sation de la profession &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Personne-n-est-dupe-de-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Personne-n-est-dupe-de-l</guid>
		<dc:date>2020-04-03T18:52:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>patients</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
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		<dc:subject>soignants</dc:subject>
		<dc:subject>disaient comprendre</dc:subject>
		<dc:subject>Aujourd'hui</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;conomies budg&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Centre hospitalier de la Timone &#224; Marseille. Quatre b&#226;timents, plus de 5 000 agents tous m&#233;tiers et statuts confondus, un millier de lits. Un colosse r&#233;gional, national et europ&#233;en aux pieds d'argile en ces temps de crise sanitaire. Greg y exerce la profession d'infirmier et le mandat de syndicaliste CGT. Il ne d&#233;col&#232;re plus. &#171; Aujourd'hui, m&#234;me les plus ti&#232;des, qui disaient comprendre les arguments du gouvernement et de la direction de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Marseille (AP-HM) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/patients" rel="tag"&gt;patients&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soignants" rel="tag"&gt;soignants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/disaient-comprendre" rel="tag"&gt;disaient comprendre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aujourd-hui" rel="tag"&gt;Aujourd'hui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/economies-budgetaires" rel="tag"&gt;&#233;conomies budg&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Centre hospitalier de la Timone &#224; Marseille. Quatre b&#226;timents, plus de 5 000 agents tous m&#233;tiers et statuts confondus, un millier de lits. Un colosse r&#233;gional, national et europ&#233;en aux pieds d'argile en ces temps de crise sanitaire. Greg y exerce la profession d'infirmier et le mandat de syndicaliste CGT. Il ne d&#233;col&#232;re plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, m&#234;me les plus ti&#232;des, qui disaient comprendre les arguments du gouvernement et de la direction de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Marseille (AP-HM) sur la n&#233;cessit&#233; des &#233;conomies budg&#233;taires ne veulent plus repartir comme avant. Sur le plan sanitaire, tout &#233;volue trop vite et aucun d&#233;compte pr&#233;cis n'est disponible. Seuls quelques m&#233;decins qui assurent un suivi au plus pr&#232;s en savent peut-&#234;tre davantage, mais il n'y a aucune remont&#233;e en temps r&#233;el. Je peux quand m&#234;me dire qu'&#224; Marseille, on a la chance d'&#234;tre en d&#233;cal&#233; par rapport &#224; l'&#339;il du cyclone qui est en train de frapper Paris et l'&#206;le-de-France. On s'attend n&#233;anmoins &#224; une grosse pression dans le courant de la semaine prochaine avec aucune id&#233;e de l'ampleur que &#231;a prendra. Tout le monde esp&#232;re que Marseille sera relativement pr&#233;serv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1503.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1503-9d001.jpg?1768721397' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et contrairement &#224; ce qui s'est produit &#224; Mulhouse et dans le Grand Est, on a pu anticiper, s'organiser, se pr&#233;parer. Deux b&#226;timents ont &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;s aux patients touch&#233;s par le Covid-19 : 300 lits en plus des places en r&#233;animation sont pr&#233;vus pour les cas les plus graves. Les services y sont correctement &#233;quip&#233;s et le personnel d&#233;pist&#233;, dot&#233; de masques et de gants en nombre suffisant. Tout a &#233;t&#233; fait pour que ces b&#226;timents soient plac&#233;s en proc&#233;dure &#233;tanche par rapport aux autres parties o&#249; ont &#233;t&#233; regroup&#233;s les malades non atteints par le Covid-19, mais pour certains dans un &#233;tat d&#233;j&#224; tr&#232;s fragile.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Panique &#224; bord !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rien &#224; voir avec ce qu'on a pu observer du c&#244;t&#233; de l'administration. L&#224; c'est l'impr&#233;paration la plus scandaleuse qui r&#232;gne depuis deux semaines. En complet d&#233;calage avec leur discours de communication externe, c'est la panique &#224; bord ! Elle nous a abreuv&#233;s au quotidien d'un d&#233;luge d'informations, de notes, de mails tous plus contradictoires les uns que les autres. Comme s'ils avaient voulu ajouter encore plus de stress alors que les soignants vivent d&#233;j&#224; dans la crainte de contracter le virus et de le transmettre aux coll&#232;gues ou aux patients ! Il y a aussi beaucoup de col&#232;re face au manque de mat&#233;riel comme partout en France. Par exemple, les masques ont une date de p&#233;remption variable en fonction de l'&#233;tat des stocks. Un matin, ils doivent durer huit ou dix heures. Le lendemain, apr&#232;s une providentielle livraison, il ne faut plus les utiliser que pendant deux ou trois heures maxi. Le d&#233;pistage est pratiqu&#233; avec parcimonie et le risque est grand d'une contamination transmise par les soignants aux patients des unit&#233;s conventionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comp&#233;tence et motivation ne sont pas en cause, mais les soignants ressentent une intense frustration face au manque de moyens. Face au choix &#224; faire entre ceux qu'on pourra sauver et ceux qu'on devra laisser mourir seulement parce qu'il n'y pas assez de place ou d'&#233;quipements. On n'en veut plus de cette transformation de l'h&#244;pital en usine rentable et tout le monde s'est retrouv&#233; dans la tribune &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/debats/2020/03/24/j-ai-la-rage_1782912&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;J'ai la rage&#8221;&lt;/a&gt;. Il y a trois mois de cela, lors d'une r&#233;union entre les gestionnaires de l'AP-HM et les technocrates de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; autour de la d&#233;finition de nouveaux objectifs d'&#233;conomies budg&#233;taires, une phrase m'a particuli&#232;rement frapp&#233; : &#8220;On n'a plus forc&#233;ment besoin de lits pour bien soigner &#224; l'h&#244;pital.&#8221; Traduction : il faut encore davantage tailler dans les effectifs et les capacit&#233;s d'accueil pour d&#233;velopper les soins en ambulatoire, hors de l'h&#244;pital, renvoyer les patients au plus vite chez eux m&#234;me au prix de la maltraitance, de l'animosit&#233; grandissante entre les soignants et les malades ainsi que leurs familles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; On demandera des comptes &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et personne n'est dupe de la soudaine sollicitude de l'administration apr&#232;s des ann&#233;es de m&#233;pris. Le soutien actuel ne peut pas nous faire oublier l'&#233;poque o&#249; la moindre critique &#233;tait suivie d'une sanction. Les discours vantant une unit&#233; de fa&#231;ade &#8211; tous unis contre la maladie &#8211; ne peuvent dissimuler qu'en premi&#232;re ligne on trouve les soignants tandis que les cadres gestionnaires continuent leur sale besogne en t&#233;l&#233;travail. Personne n'est dupe de l'h&#233;ro&#239;sation de la profession : ils peuvent se les garder leurs m&#233;dailles ! Nous voulons des moyens pour travailler et des salaires d&#233;cents pour tous et toutes ! M&#234;me sentiment m&#233;lang&#233; par rapport aux applaudissements tous les soirs &#224; 20 heures. C'est un soutien appr&#233;ci&#233;, mais on ne s'en contentera pas. On demandera des comptes au gouvernement, massivement, pas seulement les syndicats car pour beaucoup le temps de la r&#233;signation est r&#233;volu. Cela nous fait chaud au c&#339;ur, mais c'est tellement d&#233;risoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;bauche de moyens technologiques &#8211; TGV, avions, h&#233;licopt&#232;res m&#233;dicalis&#233;s parcourant la France pour &#233;vacuer les malades - mise en sc&#232;ne par le gouvernement avec la complicit&#233; des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, elle n'est qu'un &#233;cran de fum&#233;e suppl&#233;mentaire pour minimiser la gravit&#233; de la situation et contre-attaquer face aux critiques de plus en plus fortes sur la gestion calamiteuse de la crise. Ce barnum va concerner une partie infime de malades, vingt personnes par-ci, trente par-l&#224;, alors qu'&#224; Mulhouse il y a d&#233;j&#224; bien longtemps que les &#233;quipes m&#233;dicales sont oblig&#233;s de faire le tri parmi ceux qu'ils pourront sauver. De plus, les &#233;tablissements dans les r&#233;gions moins touch&#233;es par l'&#233;pid&#233;mie doivent aussi se pr&#233;parer au pic. C'est la m&#234;me chose avec le path&#233;tique appel au secours lanc&#233; dans les m&#233;dias par Martin Hirsch. Le m&#234;me patron de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Paris qui appliquait hier consciencieusement les directives gouvernementales de d&#233;mant&#232;lement de l'h&#244;pital public. Pire encore, le recours &#224; la charit&#233;, cagnottes, Fondation de France, etc., est la preuve ultime de l'abandon de la sant&#233; publique en France. Qui peut croire que cela suffira &#224; combler l'&#233;norme manque de moyens ? C'est se donner bonne conscience &#224; peu de frais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni Dieu, ni sauveur, ni Raoult ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et notre sauveur supr&#234;me, le professeur Didier Raoult ? La communaut&#233; des soignants &#224; Marseille a pu ressentir un profond respect voire une certaine fiert&#233; par rapport &#224; une personne et ses &#233;quipes &#224; la pointe des recherches mondiales en infectiologie. On lui doit cet Institut hospitalo-universitaire (IHU) qui est un outil de premi&#232;re classe. On ne peut qu'approuver ce qu'il a dit sur l'organisation d'une prise en charge efficace notamment en pratiquant un d&#233;pistage massif. Concernant son traitement, il est difficile pour nous, humbles soldats du soin, de juger sur le fond. C'est plut&#244;t un d&#233;bat entre experts de la question. En revanche, sur la forme, on n'a pas compris son message convoquant &#224; l'IHU la population pour test coronavirus et administration de chloroquine. R&#233;sultat : rassemblement d'une foule de personnes devant le b&#226;timent au risque d'une contamination g&#233;n&#233;rale. Quand on est soignant, on ne peut se passer d'une r&#233;flexion sur les cons&#233;quences de nos actes. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Il n'y a pas de consentement sans d&#233;sir</title>
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		<dc:date>2018-03-08T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


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		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois a &#233;t&#233; (au moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/visiblement" rel="tag"&gt;visiblement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/derniers" rel="tag"&gt;derniers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2098-0ba3e.jpg?1768731693' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; S'il se passe quelque chose... &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; (au moins temporairement) chass&#233;e par un regain d'enthousiasme et le sentiment vertigineux que le f&#233;minisme traversait un moment historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les questions que ces bouleversements soul&#232;vent, il y a celle, &#233;pineuse, du consentement. S'il faut incontestablement une mauvaise foi d'actrice pour feindre de ne pas saisir l'ab&#238;me qui s&#233;pare la s&#233;duction du harc&#232;lement, ces moments o&#249; une femme dit oui alors qu'elle pense non sont autrement plus &#233;quivoques&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, m&#234;me en dehors d'une situation d'emprise caract&#233;ris&#233;e ou de viol avec violence, peut-on consentir en apparence &#224; une relation qu'au fond on ne souhaite pas ? D'abord, &#233;videmment, parce que nombre de femmes ont int&#233;gr&#233; tr&#232;s profond&#233;ment l'interdiction de vexer, de blesser voire de mettre mal &#224; l'aise l'homme &#224; qui elles ont affaire&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Elles peuvent aussi redouter d'&#234;tre &#233;tiquet&#233;es &#171; allumeuses &#187;, vouloir se rassurer quant &#224; leur valeur sur le &#171; &lt;i&gt;march&#233; &#224; la bonne meuf&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#169; Virginie Despentes.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, rechercher une tendresse et une &#233;coute dont elles sentent qu'elles ne les obtiendront qu'avec un rapport, s'auto-convaincre que l'app&#233;tit vient en mangeant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, dans un environnement o&#249; nous est martel&#233; en permanence que notre d&#233;sir est ill&#233;gitime, sale et dangereux&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, il n'est pas ais&#233;, avant m&#234;me de l'assumer, de simplement le reconna&#238;tre et d'en saisir les limites. S'efforcer de rester &#224; l'&#233;coute du moindre sentiment de malaise et s'y fier, questionner les r&#233;elles motivations d'un rapport, peuvent contribuer &#224; se sentir plus s&#251;re de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons maintenant de &#171; consentement actif &#187;, c'est-&#224;-dire du fait que pour coucher avec une personne, il ne faut pas seulement qu'elle ne soit pas en train de se d&#233;battre et d'appeler &#224; l'aide, mais aussi qu'elle ait visiblement envie d'avoir un rapport. Il peut souvent suffire de guetter chez sa partenaire les manifestations de son d&#233;sir (attention, &lt;i&gt;breaking news&lt;/i&gt;, mais il n'est visiblement pas inutile de le rappeler : lubrification vaginale, dilatation des pupilles, corps d&#233;tendu, prise d'initiatives, soupirs, g&#233;missements) et de se/lui poser des questions en cas d'absence de ces signes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons aussi de &#171; consentement renouvel&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire du fait qu'une personne qui consent au d&#233;but d'un rapport peut l&#233;gitimement changer d'avis par la suite. Certes, aucun d'entre nous n'a envie de signer des formulaires &#224; chaque nouvelle pratique sexuelle ou &#224; chaque changement de position pour s'assurer de l'accord des parties impliqu&#233;es. Mais il existe tant de fa&#231;ons excitantes de demander &#224; quelqu'un s'il a envie qu'on lui fasse ci ou &#231;a, sans rien sacraliser ni pour autant nier, par exemple, le fait qu'introduire un corps &#233;tranger dans un autre n'est pas toujours d&#233;nu&#233; d'implications...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la question &#171; Est-ce que je peux entrer en toi ? &#187; peut devenir joyeuse, orgasmique, complice ; elle peut aussi permettre d'&#233;viter une g&#234;ne, un malentendu... ou un traumatisme. Pos&#233;e m&#234;me de fa&#231;on non syst&#233;matique, elle peut d&#233;tendre l'ensemble des rapports, simplement en installant l'id&#233;e qu'au-del&#224; du consentement, c'est bel et bien de d&#233;sir qu'il est question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/S-il-se-passe-quelque-chose&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S'il se passe quelque chose... &lt;/a&gt; &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (novembre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la r&#233;signation au consentement, le probl&#232;me de la &#8220; zone grise &#8221; entourant les rapports sexuels &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 26 janvier 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#169; Virginie Despentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de Los Angeles le 21 janvier : l'actrice a expliqu&#233; qu'elle s'&#233;tait sentie oblig&#233;e de se construire une image puritaine pour se prot&#233;ger de la sexualisation &#224; laquelle avait proc&#233;d&#233; une partie des m&#233;dias et de son public apr&#232;s la sortie de son premier film, alors qu'elle n'avait que 13 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des chiffres et des guerres</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-chiffres-et-des-guerres</link>
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		<dc:date>2015-05-05T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
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		<dc:subject>Chine</dc:subject>
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		<dc:subject>dernier rapport</dc:subject>
		<dc:subject>SIPRI</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1 747 milliards de dollars, c'est, selon le dernier rapport 2014 du SIPRI, institut international ind&#233;pendant de recherche sur les conflits et le d&#233;sarmement, le montant des d&#233;penses mondiales en armement en 2013. &#171; Le commerce des armes a progress&#233; de 14&#8200;% sur les quatre derni&#232;res ann&#233;es par rapport &#224; 2004-2008. En t&#234;te des acheteurs, l'Inde, qui a accru ses importations de 111 % sur la p&#233;riode, pour un volume d&#233;sormais trois fois plus &#233;lev&#233; que celui des deuxi&#232;me et troisi&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no130-mars-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;130 (mars 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chine" rel="tag"&gt;Chine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dernieres-annees" rel="tag"&gt;derni&#232;res ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/institut-international" rel="tag"&gt;institut international&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dernier-rapport" rel="tag"&gt;dernier rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/SIPRI" rel="tag"&gt;SIPRI&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1 747 milliards de dollars, c'est, selon le dernier rapport 2014 du SIPRI, institut international ind&#233;pendant de recherche sur les conflits et le d&#233;sarmement, le montant des d&#233;penses mondiales en armement en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le commerce des armes a progress&#233; de 14&#8200;% sur les quatre derni&#232;res ann&#233;es par rapport &#224; 2004-2008. En t&#234;te des acheteurs, l'Inde, qui a accru ses importations de 111 % sur la p&#233;riode, pour un volume d&#233;sormais trois fois plus &#233;lev&#233; que celui des deuxi&#232;me et troisi&#232;me importateurs, la Chine et le Pakistan. Ce dernier pays a d'ailleurs lui aussi fait bondir ses achats d'engins de mort de 119 % ces quatre derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Les importations d'armes sont &#233;galement en plein boom dans le Golfe, avec une hausse de 23 % des achats de la part des &#233;tats arabes de la r&#233;gion. Les &#233;tats-Unis font toujours la course en t&#234;te, avec 29 % des exportations mondiales, suivis de la Russie (27 %), de l'Allemagne (7 %), de la Chine (6 %) et de la France (5 %).&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 17 mars 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Indice mondial de la paix (GPI) 2014 indique que l'Europe occidentale est la r&#233;gion la plus paisible au monde, suivie de l'Am&#233;rique du Nord (malgr&#233; 30 000 tu&#233;s par arme &#224; feu chaque ann&#233;e aux USA), de l'Asie du Sud-Est et de l'Oc&#233;anie. L'Islande, le Danemark et la Nouvelle-Z&#233;lande arriveraient au top des havres de paix, tandis que l'Irak, la Syrie, la Somalie et l'Afghanistan subissent toujours l'enfer de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-guerre-vue-du-ciel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre vue du ciel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Dossier-Rumeurs-de-Guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rumeurs de Guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Guerres-Bilans-macabres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerres : Bilans macabres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeremy Scahill : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Jeremy-Scahill%E2%80%88-Pietiner-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pi&#233;tiner la propagande&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/BHL-En-Libye-J-ai-interet-a-ne-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BHL : En Libye&lt;/a&gt;, &#171; J'ai int&#233;r&#234;t &#224; ne pas m'&#234;tre tromp&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-guerre-tout-contre-nous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre tout contre nous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horloge de l'&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-horloge-de-l-Apocalypse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apocalypse nucl&#233;aire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/American-Sniper-Kill-them-all&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;American Sniper&lt;/a&gt; : Kill them all&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La drogue... en chiffres</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-drogue-en-chiffres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-drogue-en-chiffres</guid>
		<dc:date>2013-10-20T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rosa Munch</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>rapport</dc:subject>
		<dc:subject>drogues</dc:subject>
		<dc:subject>Double aveugle</dc:subject>
		<dc:subject>rendre accro</dc:subject>
		<dc:subject>rapide capacit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>aveugle L'h&#233;ro&#239;ne</dc:subject>
		<dc:subject>L'h&#233;ro&#239;ne tient</dc:subject>
		<dc:subject>dangerosit&#233; principalement</dc:subject>
		<dc:subject>revanche</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard Kouchner</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Double aveugle L'h&#233;ro&#239;ne tient sa dangerosit&#233; principalement de sa forte et rapide capacit&#233; &#224; nous rendre accro. Mais aussi aux dommages somatiques et sociaux de son ill&#233;galit&#233; : VIH/VHC/abc&#232;s parce qu'on r&#233;utilise ou on partage &#224; la va-vite son matos, condamnation p&#233;nale de la consommation, pr&#233;carisation, d&#233;socialisation&#8230; En revanche, l'usage &#171; th&#233;rapeutique &#187; des opiac&#233;s (m&#233;thadone, morphine, h&#233;ro&#239;ne m&#233;dicalis&#233;e) montre une toxicit&#233;, notamment neurologique, tr&#232;s faible. En revanche, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bernard-Kouchner" rel="tag"&gt;Bernard Kouchner&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Double aveugle &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ro&#239;ne tient sa dangerosit&#233; principalement de sa forte et rapide capacit&#233; &#224; nous rendre accro. Mais aussi aux dommages somatiques et sociaux de son ill&#233;galit&#233; : VIH/VHC/abc&#232;s parce qu'on r&#233;utilise ou on partage &#224; la va-vite son matos, condamnation p&#233;nale de la consommation, pr&#233;carisation, d&#233;socialisation&#8230; En revanche, l'usage &#171; th&#233;rapeutique &#187; des opiac&#233;s (m&#233;thadone, morphine, h&#233;ro&#239;ne m&#233;dicalis&#233;e) montre une toxicit&#233;, notamment neurologique, tr&#232;s faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il ne manque pas d'&#233;tudes pour montrer la grande toxicit&#233; de l'alcool (h&#233;patique, c&#233;r&#233;brale, neurologique, cardiaque, psychiatrique) qui fait 49 000 morts par an en France, et de celle du tabac (pulmonaire, cardiaque, g&#233;nitale&#8230;) qui en fait 73 000. Selon le rapport Roques, remis en 1998 &#224; Bernard Kouchner alors secr&#233;taire d'&#233;tat &#224; la Sant&#233; du gouvernement Jospin, qui classe les drogues en fonction de leur dangerosit&#233;, l'alcool arrive en t&#234;te, ex &#230;quo avec l'h&#233;ro&#239;ne et la coca&#239;ne, devant le tabac, le cannabis &#233;tant loin derri&#232;re. La premi&#232;re conclusion de ce rapport est &#171; &lt;i&gt;la n&#233;cessit&#233; d'engager un effort consid&#233;rable de recherche pour que le discours sur la toxicomanie quitte les pr&#233;jug&#233;s pour s'asseoir sur des consid&#233;rations scientifiques solides &lt;/i&gt; &#187;. La science et ses applications &#233;tant, comme chacun sait, exemptes de tous pr&#233;jug&#233;s et consid&#233;rations morales, la l&#233;galisation devrait &#234;tre pour demain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Munch&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;valuation du nombre de consommateurs par drogue (en millions) &lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Cannabis : 180,6&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Amph&#233;tamines : 38,9&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Extasy : 19&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pavot : 16,5&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Coca&#239;ne : 16&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_778 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH457/p06-cocainesnif-f3629.jpg?1768657958' width='400' height='457' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Entre 167 et 315 millions de personnes ont consomm&#233; une drogue illicite au moins une fois en 2011. 10 &#224; 13 % des consommateurs sont jug&#233;s comme des usagers probl&#233;matiques qui pr&#233;sentent une d&#233;pendance (surtout aux opiac&#233;s). Depuis cinq ans, la consommation globale de drogues illicites traditionnelles (h&#233;ro&#239;ne, coca&#239;ne, cannabis) semble stable. En revanche, on observe une augmentation consid&#233;rable des nouvelles substances psychoactives l&#233;gales et des stimulants de type amph&#233;tamine qui touchent un public relativement jeune. En 2011, au niveau mondial, les d&#233;c&#232;s li&#233;s &#224; la consommation de drogues des personnes &#226;g&#233;es de 15 &#224; 64 ans, ont &#233;t&#233; &#233;valu&#233;s &#224; 211 000 (dont plus de la moiti&#233; li&#233;s &#224; l'h&#233;ro&#239;ne), tandis que le tabagisme et l'alcool sont jug&#233;s responsables de 10 % de la mortalit&#233; totale. Toutefois, il faut mettre ces chiffres en rapport avec le nombre de fumeurs (1,1 milliard) et de consommateurs d'alcool. &lt;i&gt;So the winner is&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH313/p06-coffin-cigarettes-55b24.jpg?1768654287' width='400' height='313' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Source : Rapport mondial sur les drogues 2013, ONU.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-guerre-perdue'&gt;La guerre perdue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-futur-laboratoire-de-la'&gt;Le futur laboratoire de la d&#233;p&#233;nalisation ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-futur-est-dans-le-chanvre'&gt;Le futur est dans le chanvre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La sant&#233; tue</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-sante-tue</link>
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		<dc:date>2011-10-11T05:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Scheffer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>industriels</dc:subject>
		<dc:subject>rapport</dc:subject>
		<dc:subject>sant&#233; publique</dc:subject>
		<dc:subject>Xavier Bertrand</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; Xavier</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tudes</dc:subject>
		<dc:subject>l'agence publique</dc:subject>
		<dc:subject>visiteurs m&#233;dicaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec l'affaire M&#233;diator, on assiste &#224; un d&#233;ballage en r&#232;gle des vicissitudes du syst&#232;me de sant&#233; fran&#231;ais qui met sur la sellette la d&#233;pendance des agences publiques face aux requins de l'industrie pharmaceutique comme de l'agroalimentaire. Paul Scheffer, pr&#233;sident de l'Association de di&#233;t&#233;tique et nutrition critiques, nous plonge ici dans les arcanes des lobbies du m&#233;doc et de la mal-bouffe. On savait que la France &#233;tait championne du monde de consommation de m&#233;dicaments. Ce que l'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no91-juillet-aout-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;91 (juillet-ao&#251;t 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sante" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/industriels" rel="tag"&gt;industriels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sante-publique" rel="tag"&gt;sant&#233; publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Xavier-Bertrand" rel="tag"&gt;Xavier Bertrand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sante-Xavier" rel="tag"&gt;Sant&#233; Xavier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etudes" rel="tag"&gt;&#233;tudes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-agence-publique" rel="tag"&gt;l'agence publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/visiteurs-medicaux" rel="tag"&gt;visiteurs m&#233;dicaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec l'affaire M&#233;diator, on assiste &#224; un d&#233;ballage en r&#232;gle des vicissitudes du syst&#232;me de sant&#233; fran&#231;ais qui met sur la sellette la d&#233;pendance des agences publiques face aux requins de l'industrie pharmaceutique comme de l'agroalimentaire. Paul Scheffer, pr&#233;sident de l'Association de di&#233;t&#233;tique et nutrition critiques, nous plonge ici dans les arcanes des lobbies du m&#233;doc et de la mal-bouffe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On savait&lt;/strong&gt; que la France &#233;tait championne du monde de consommation de m&#233;dicaments. Ce que l'on sait moins, c'est que les labos consacrent 20 000 euros par an et par m&#233;decin pour orienter leurs prescriptions par l'entremise de quelque 23 000 visiteurs m&#233;dicaux sillonnant m&#233;thodiquement tout le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et suite aux deux derniers rapports de l'Inspection g&#233;n&#233;rale des affaires sociales (IGAS), difficile de pr&#233;tendre encore que tout va pour le mieux dans le paysage de la sant&#233; publique. D'o&#249; la d&#233;claration du ministre de la Sant&#233; Xavier Bertrand pr&#233;tendant qu'il fallait remettre les choses &#224; plat et m&#234;me en finir avec les visiteurs m&#233;dicaux&#8230; Pourtant, ces derniers refourguaient jusqu'alors avec succ&#232;s leur camelote aux toubibs sous couvert d'&#171; information m&#233;dicale &#187; sans que cela n'&#233;meuve grand monde en haut lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s les 500 &#224; 2 000 morts&lt;/strong&gt; du M&#233;diator, retir&#233; du march&#233; en Espagne et en Italie en 2005, et dont les risques avaient &#233;t&#233; d&#233;cel&#233;s d&#232;s 1998, le r&#233;cent rapport Debr&#233;-Even d&#233;clarait la &#171; faillite totale &#187; de l'Agence fran&#231;aise de s&#233;curit&#233; sanitaire des produits de sant&#233; (l'AFSSAPS), l'agence publique en charge du m&#233;dicament, la comparant &#224; une v&#233;ritable usine &#224; gaz. L'influence des industries pharmaceutique et agroalimentaire &#8211; les deux mamelles de la vache &#224; lait de la sant&#233; &#8211; est telle qu'elle nous fait avaler &#224; peu pr&#232;s n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH287/sury_lobby_pharma-1b33f.png?1768663693' width='400' height='287' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Caroline Sury
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Primo&lt;/strong&gt;, il s'agirait de s'en prendre s&#233;rieusement aux pratiques de lobbying de ces deux mastodontes que l'on retrouve &#224; tous les &#233;chelons des prises de d&#233;cisions en France, mais aussi &#224; Bruxelles ou &#224; l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS). Petit exemple : en mai 2002, l'OMS publie un rapport qui recommande de limiter &#224; 10 % la quantit&#233; de calories consomm&#233;es quotidiennement &#224; travers le sucre ajout&#233; dans les aliments transform&#233;s et les boissons, afin d'enrayer l'&#233;pid&#233;mie d'ob&#233;sit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Sugar association&lt;/strong&gt;, organisation mondiale du sucre, agit en douce pour emp&#234;cher la publication dudit rapport, jusqu'&#224; menacer le directeur g&#233;n&#233;ral de faire pression sur le Congr&#232;s am&#233;ricain pour que sa subvention annuelle de 406 millions de dollars soit supprim&#233;e. Le 5 janvier 2003, le directeur g&#233;n&#233;ral de l'OMS re&#231;oit une lettre, &#233;manant cette fois d'un conseiller du secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricain &#224; la Sant&#233;, qui remet en question la qualit&#233; scientifique du rapport. Idem pour ce qui est des conflits d'int&#233;r&#234;ts : trop souvent, des membres de l'administration et des experts si&#233;geant dans les commissions des agences publiques &#233;margent en m&#234;me temps chez les industriels qu'ils sont cens&#233;s r&#233;guler. Ce qui a d&#233;j&#224; conduit &#224; bien des d&#233;rapages, et les liens de deux conseillers de Xavier Bertrand avec le laboratoire Servier &#8211; qui commercialisait le M&#233;diator &#8211; ne sont qu'une &#233;ni&#232;me illustration&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'&#233;viction r&#233;cente du pr&#233;sident de commission de l'OMS travaillant sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Secundo&lt;/strong&gt;, il faudrait faire le m&#233;nage dans la science sur laquelle se basent les d&#233;cisions politiques. Les industriels ont d&#233;velopp&#233; de savants m&#233;canismes pour polluer la litt&#233;rature scientifique, notamment pour provoquer la confusion et diluer les donn&#233;es en faveur de leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nombreux&lt;/strong&gt; chercheurs de haut-vol l'ont r&#233;cemment d&#233;montr&#233;, comme l'&#233;pid&#233;miologiste David Michaels et les universitaires Thomas McGarity et Wendy Wagner&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michaels David, Doubt is their product, Oxford University Press, New York, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. L'&#201;tat se retirant de plus en plus de la recherche, celle-ci devient tributaire des financements priv&#233;s, alors que la communaut&#233; scientifique parle m&#234;me de funding effect (&#171; d'effet financement &#187;) pour souligner l'influence consid&#233;rable des financements sur le r&#233;sultat des recherches. Plusieurs &#233;tudes publi&#233;es dans les journaux m&#233;dicaux les plus r&#233;put&#233;s montrent que les &#233;tudes sponsoris&#233;es ont quatre &#224; huit fois plus de chances d'&#234;tre favorables aux commanditaires que les &#233;tudes ind&#233;pendantes&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bekelman J.E., &#171; Scope and impact of financial conflicts of interest in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#199;a vous &#233;tonne ? On pourrait penser que les agences publiques sont l&#224; pour faire le tri entre &#233;tudes fiables et entourloupes mercantiles. Mais voil&#224;, il se trouve que l'agence publique fran&#231;aise du m&#233;dicament est financ&#233;e &#224; 80 % par les industriels, qui montent d'ailleurs eux-m&#234;mes le dossier d'autorisation de mise sur le march&#233; &#224; partir duquel l'agence d&#233;cidera de la commercialisation du m&#233;doc ou non. Encore plus pervers : les agences sont mises en concurrence les unes avec les autres au niveau europ&#233;en, ce qui ne les incite pas &#224; &#234;tre trop intransigeantes, des fois que les dossiers des industriels filent chez le voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tertio&lt;/strong&gt;, &#224; quand un v&#233;ritable soutien l&#233;gislatif aux lanceurs d'alerte et autres chercheurs critiques que les industriels tentent de d&#233;boulonner par tous les moyens, comme ce fut le cas pour Pierre M&#233;n&#233;ton, de l'Inserm, qui en 2006 avait d&#233;nonc&#233; publiquement les pratiques de d&#233;sinformation du puissant lobby du sel en France ? Ce lobby l'avait tra&#238;n&#233; devant les tribunaux, apr&#232;s avoir fait pression sur sa hi&#233;rarchie pour que des sanctions soient prises &#224; son encontre. Mais Pierre M&#233;n&#233;ton parvint, une fois n'est pas coutume, &#224; gagner son proc&#232;s. Comme il le dira lui-m&#234;me au rendu du verdict, il est d&#233;plorable qu'un individu doive monter au cr&#233;neau alors qu'existent un minist&#232;re et de multiples agences dont c'est le boulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et qu'est-il fait&lt;/strong&gt; pour cultiver l'esprit critique des professionnels cens&#233;s promouvoir la sant&#233; publique, afin qu'ils sachent d&#233;crypter les strat&#233;gies d'influence dont ils sont l'objet ? Pas grand-chose, malheureusement. Les industriels sont pr&#233;sents d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es de la formation initiale des m&#233;decins, ce qui cr&#233;e et entretient une certaine familiarit&#233;&#8230; Ensuite, 98 % de la formation continue des toubibs&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.formindep.org/Il-y-aura-d-autre....&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; est prise en charge par l'industrie pharmaceutique. La pression des examens et la masse des connaissances &#224; assimiler excluent de fait toute possibilit&#233; d'interrogation critique chez la plupart des &#233;tudiants. Ils apprennent &#224; se fier aux recommandations des organismes publics, point barre. Cela est &#233;galement vrai pour les &#233;tudes des di&#233;t&#233;ticiens. La plupart du temps, aucun cours, et m&#234;me quasiment aucune journ&#233;e d'&#233;tude, n'abordera avec eux la question du poids du lobby agroalimentaire, ni des probl&#232;mes de conflits d'int&#233;r&#234;ts. Ils n'en connaissent bien souvent m&#234;me pas la d&#233;finition, y compris apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'exercice. Par contre, ils entendront fr&#233;quemment des intervenants ext&#233;rieurs, comme ceux de Matin C&#233;r&#233;ales, venant vanter dans diff&#233;rents centres de formation les bienfaits des c&#233;r&#233;ales petit d&#233;jeuner. Logique, vu que l'organisme est issu de Nestl&#233;, Kellogg's et compagnie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des &#233;tudiants n'y voient que du feu, d'autant plus que c'est une di&#233;t&#233;ticienne qui pr&#233;sente le Power point. La majorit&#233; ne se doute pas qu'ils sont soumis l&#224; &#224; une banale op&#233;ration marketing. Et n'allez pas croire qu'il suffirait de rallonger les &#233;tudes des di&#233;t&#233;ticiens, il est vrai trop courtes, pour que &#231;a s'arrange d'un coup de baguette magique. Un autre rapport de l'Igas a montr&#233; que les m&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes sont pour la plupart dans l'incapacit&#233; de trier le bon grain de l'ivraie, c'est-&#224;-dire de faire la part des choses entre une information scientifique fiable et la promotion publicitaire. Pour l'association critique et ind&#233;pendante du Formindep, &lt;i&gt;&#171; cette capacit&#233; &#224; trier l'information est une v&#233;ritable comp&#233;tence professionnelle que les m&#233;decins n'ont pas acquise et ne ma&#238;trisent pas pour la plupart, du fait entre autres d'une formation m&#233;dicale initiale et continue sous la coupe des firmes pharmaceutiques&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.formindep.org/Le-rapport-de-l-I....&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut &#234;tre plus clair. Pourtant, on aurait bien besoin d'esprit critique. Outre les sujets de controverse comme les produits laitiers &#8211; vous savez, nos &#171; amis pour la vie &#187; &#8211; et la th&#233;orie dominante et vacillante du cholest&#233;rol&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thierry Souccar, Lait, mensonges et propagande, &#201;ditions Thierry Souccar, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, tout un tas de m&#233;dicaments inutiles voire dangereux empoisonnent les patients tout en minant les comptes de la s&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et on en passe&lt;/strong&gt;, comme notamment les pratiques d'&#171; invention de maladies &#187;, : comme l'industrie pharmaceutique peine &#224; inventer et &#224; mettre sur le march&#233; de nouveaux m&#233;dicaments r&#233;ellement utiles et efficaces, elle invente des maladies qui correspondent aux produits qu'elle a en stock. Si, si, c'est tr&#232;s s&#233;rieux, et document&#233; dans les journaux m&#233;dicaux les plus prestigieux, sous le nom de Disease mongering. Exemple : le Viagra a &#233;t&#233; un succ&#232;s commercial retentissant chez les hommes ? H&#233; bien, les labos travaillent maintenant &#224; convaincre les femmes qu'elles souffrent de manque de d&#233;sir sexuel, pour leur vendre ensuite une mol&#233;cule pr&#233;tendument miracle, d&#233;riv&#233;e d'un antid&#233;presseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Finalement&lt;/strong&gt;, dans la mesure o&#249; les industriels courent apr&#232;s &lt;i&gt;&#171; le profit maximal &#224; n'importe quel prix humain &#187;&lt;/i&gt;, pour reprendre la belle formule du sociologue Jean Ziegler, il est presque logique de nous alimenter avec de la merde pour ensuite nous faire avaler les m&#233;docs qui viendront rafistoler notre sant&#233; mise &#224; mal par la mal-bouffe. Mais m&#234;me dans le meilleur des mondes de la chimie triomphante, &#231;a finit toujours par coincer : un rapport de 2002 a r&#233;v&#233;l&#233; que les m&#233;dicaments et les erreurs m&#233;dicales &#233;taient la cinqui&#232;me cause de d&#233;c&#232;s aux &#201;tats-Unis&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anderson RN, &#171; Deaths : leading causes for 2000 &#187;, National Vital Statistics (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; ! La sant&#233; tue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Tuez-les-tous-Dieu-reconnaitra-les' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Tuez-les tous, Dieu reconna&#238;tra les sains &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme l'&#233;viction r&#233;cente du pr&#233;sident de commission de l'OMS travaillant sur l'impact sanitaire des t&#233;l&#233;phones portables, la veille de la remise du rapport.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michaels David, &lt;i&gt;Doubt is their product&lt;/i&gt;, Oxford University Press, New York, 2008. McGarity Thomas, Wagner Wendy, Bending science, Harvard University Press, Cambridge, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bekelman J.E., &#171; Scope and impact of financial conflicts of interest in biomedical research : a systematic review &#187;, &lt;i&gt;Journal of the American Medical Association&lt;/i&gt;, 2003. Lexchin Joel, Bero Lisa A, Djulbegovic Benjamin, Clark Otavio, &lt;i&gt;Pharmaceutical industry sponsorship and research outcome and quality : systematic review&lt;/i&gt;, 2003. Lesser LI, Ebbeling CB, Goozner M, Wypij D, Ludwig DS, &lt;i&gt;Relationship between Funding Source and Conclusion among Nutrition-Related Scientific Articles&lt;/i&gt;, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.formindep.org/Il-y-aura-d-autres-Mediator.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.formindep.org/Il-y-aura-d-autre...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.formindep.org/Le-rapport-de-l-IGAS-sur-l?var_recherche=igas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.formindep.org/Le-rapport-de-l-I...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Thierry Souccar, &lt;i&gt;Lait, mensonges et propagande&lt;/i&gt;, &#201;ditions Thierry Souccar, 2008. Michel de Lorgeril, &lt;i&gt;Cholest&#233;rol, mensonges et propagande&lt;/i&gt;, &#201;ditions Thierry Souccar, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Anderson RN, &#171; Deaths : leading causes for 2000 &#187;, &lt;i&gt;National Vital Statistics Reports&lt;/i&gt;, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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