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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Violences sexuelles : penser l'apr&#232;s</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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&lt;p&gt;Comment continuer &#224; d&#233;sirer, aimer, s'extasier apr&#232;s avoir &#233;t&#233; agress&#233;e ? Si la trace des violences ne s'efface jamais, certaines femmes parviennent &#224; tisser, autour du traumatisme, un nouveau lien avec leur sexualit&#233;. Parmi des milliers d'histoires, toutes diff&#233;rentes, celle de Fanny et celle d'Emma. On ne se remet pas d'un viol . C'est en substance ce que drainent beaucoup de discours sur les violences sexuelles. Meurtries dans leur chair, les femmes victimes n'auraient plus qu'&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/agression" rel="tag"&gt;agression&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment continuer &#224; d&#233;sirer, aimer, s'extasier apr&#232;s avoir &#233;t&#233; agress&#233;e ? Si la trace des violences ne s'efface jamais, certaines femmes parviennent &#224; tisser, autour du traumatisme, un nouveau lien avec leur sexualit&#233;. Parmi des milliers d'histoires, toutes diff&#233;rentes, celle de Fanny et celle d'Emma.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/-1587-36c6b.jpg?1782663193' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par LMG
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On ne se remet pas d'un viol&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s le Code p&#233;nal fran&#231;ais, &#171; tout acte de p&#233;n&#233;tration sexuelle, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. C'est en substance ce que drainent beaucoup de discours sur les violences sexuelles. Meurtries dans leur chair, les femmes victimes n'auraient plus qu'&#224; renoncer &#224; leur d&#233;sir, &#224; faire une croix sur leur plaisir. Si pour certaines, d&#233;serter ces terrains est v&#233;cu comme une n&#233;cessit&#233;, d'autres s'attellent &#224; reconstruire leur sexualit&#233; sur les ruines du traumatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de Fanny&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et Emma qui ont accept&#233; de livrer un t&#233;moignage intime, personnel et mouvant de leur rapport au &#171; sexe &#187; apr&#232;s leur agression. De ce par quoi elles sont pass&#233;es et du terrain gagn&#233;. Des blessures jamais referm&#233;es et des cicatrices sur lesquelles veiller.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fanny a 32 ans. Elle est lesbienne. Adolescente, un homme l'agresse. Il est plus &#226;g&#233; qu'elle, elle le conna&#238;t. Elle dit &#171; non &#187;, il insiste et la force. Quelques ann&#233;es plus tard, alors que Fanny sort avec des femmes, une deuxi&#232;me rencontre tourne mal : dans l'intimit&#233;, celle qu'elle aime fait d'elle son &#171; &lt;i&gt;objet sexuel&lt;/i&gt; &#187;. Douze ans plus tard, Fanny vit aujourd'hui avec Agathe. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon entr&#233;e dans la sexualit&#233; s'est faite par un rapport non consenti impos&#233; par un homme. Je n'&#233;tais pas du tout pr&#234;te, j'ai dit &#8220;non&#8221;. Trop de fois pour ne pas &#234;tre entendue. C'&#233;tait une agression sexuelle. Je le dis comme &#231;a parce que je n'arrive pas encore &#224; parler de viol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette agression, donc, a eu un impact direct sur mon rapport aux hommes : elle a certainement r&#233;duit le champ des possibles qui n'&#233;tait d&#233;j&#224; pas bien ouvert. Est-ce que je suis gouine parce que mon premier rapport avec un mec a &#233;t&#233; celui-l&#224; ? La question peut se poser, mais je crois que les choses sont plus complexes que &#231;a. Les femmes, je les aimais bien avant ce type-l&#224;, c'est une certitude. J'ai fait un slow avec un gar&#231;on quand j'avais cinq ans qui m'avait un peu &#233;mue, mais j'embrassais d&#233;j&#224; ma meilleure amie &#224; cette &#233;poque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette violence n'est pas &#224; l'origine de mon d&#233;sir pour les femmes, je sais qu'elle a clairement impact&#233; ma sexualit&#233;. Pendant longtemps, j'avais des angoisses &#224; chaque rapport sexuel m&#234;me si mes partenaires &#233;taient des femmes. Ce premier mec n'a pas pu me p&#233;n&#233;trer parce que je n'&#233;tais pas consentante et pendant longtemps, &#224; chaque rapport, je me disais que mon corps n'allait pas r&#233;pondre. C'&#233;tait la crainte de ne pas mouiller assez, d'avoir un vagin trop &#233;troit. Jusqu'&#224; il y a peu, je v&#233;rifiais &#224; chaque fois si j'&#233;tais assez lubrifi&#233;e. &#199;a m'arrive encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, cette agression a aussi peut-&#234;tre influenc&#233; d'autres choses : si les hommes ne sont pas pour moi des objets de d&#233;sir, ils peuvent &#234;tre des objets de fantasme. Je ne parlerais pas de fantasmes de viol, mais quand m&#234;me : je pense souvent &#224; des rapports costauds, j'imagine un mec qui me &#8220;chope&#8221;. Pendant un moment, c'&#233;tait tellement pr&#233;sent que je me disais que j'allais me r&#233;veiller un jour en me rendant compte que c'&#233;taient les hommes que je d&#233;sirais vraiment. Donc la violence de ce mec, elle est inscrite dans mon corps jusque dans mes fantasmes et mon d&#233;sir &#8211; qui ne se porte pas sur les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette agression, je suis sortie avec plusieurs filles. J'avais 17 ou 18 ans, c'&#233;tait une sexualit&#233; un peu timide, les d&#233;buts o&#249; tu t&#226;tonnes. Et puis &#224; 20 ans, j'ai rencontr&#233; une femme qui avait dix ans de plus que moi et qui m'a brutalis&#233;e. Cette histoire a dur&#233; dix-huit mois pendant lesquels j'&#233;tais rel&#233;gu&#233;e au rang d'objet sexuel. &#199;a m'a bris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#231;a s'est termin&#233;, pendant une ann&#233;e, plus aucune femme ne pouvait me toucher. Lorsque je sentais que l'une d'elles me d&#233;sirait, je le vivais comme quelque chose de sale, d'avilissant, de dangereux. Comme je ne pouvais plus envisager une sexualit&#233; avec des femmes, je suis all&#233;e vers des rapports destructeurs. Je me retrouvais dans des lits de mecs que je ne connaissais pas et dont je n'avais pas envie. Je me mettais en difficult&#233;. Je n'en ai quasiment aucun souvenir parce que j'&#233;tais absolument trop saoule pour savoir ce que je faisais, et que je ne voulais d'ailleurs pas savoir. Quand il y a des violences sexuelles dans un rapport amoureux, &#231;a te brise au-del&#224; du corps. Cette histoire montre que les rapports lesbiens sont aussi travers&#233;s par la domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette p&#233;riode, j'ai recommenc&#233; &#224; coucher avec des femmes. Sauf que je m'&#233;tais d&#233;couverte dans la sexualit&#233; avec cette femme qui m'a fait subir des pratiques violentes qui m'emmenaient au-del&#224; de ce que je d&#233;sirais, de ce que voulais et de ce que je pouvais supporter. Cette violence-l&#224; a teint&#233; ma sexualit&#233;. J'avais l'impression que c'&#233;tait &#231;a le mod&#232;le. Parce que j'avais vingt ans, qu'elle en avait trente et que pour moi c'&#233;tait une femme avec un grand &#8220;F&#8221;. Paradoxalement, apr&#232;s je m'ennuyais presque de ne pas avoir mal quand je baisais. J'ai aussi connu des rapports que je consid&#233;rais comme sexuellement puissants alors que c'&#233;taient surtout des rapports dans lesquels je n'arrivais pas &#224; dire que c'&#233;tait trop pour moi. Je travaille encore sur le fait de r&#233;ussir &#224; dire &#8220;&lt;i&gt;&#199;a, &#231;a ne me va pas&lt;/i&gt;&#8221; ou &#8220;&lt;i&gt;Pas maintenant, pas de cette mani&#232;re-l&#224;, pas autant.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; longtemps dans la fuite du lien et je laissais du coup toute la place &#224; une sexualit&#233; v&#233;n&#232;re. Je revendiquais aussi avoir besoin de sexe, je disais que je ne pouvais pas m'en passer. Un peu comme une fiert&#233; virile &#224; la con. J'ai toujours un rapport tr&#232;s angoiss&#233; &#224; la baise : si dans mon couple, ma sexualit&#233; n'explose pas tout le temps, n'est pas au premier plan, je flippe parce que &#231;a veut dire que je laisse la place &#224; autre chose, &#224; une autre forme de lien. Jusqu'&#224; il y a peu, &#231;a me travaillait tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je suis avec Agathe, c'est ma premi&#232;re relation longue depuis douze ans. Je peux maintenant &#234;tre avec une femme que j'aime, la d&#233;sirer sans avoir besoin de me sentir salie ou de la salir. C'est le r&#233;sultat d'un long processus. Elle est un vrai soutien. Entre autres parce qu'elle est beaucoup plus au clair que moi avec le consentement. C'est souvent elle qui me fait remarquer qu'il y a quelque chose qui ne me va pas. Elle le voit avant que je l'exprime. Je peux dire aujourd'hui qu'il y a des choses tr&#232;s joyeuses dans ma sexualit&#233;. J'aime la libert&#233; qu'offre un rapport sexuel de lesbiennes, le fait de ne pas &#234;tre pourvue d'un p&#233;nis et de pouvoir en jouer, d&#233;placer cette question du phallus, pour de vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que la fa&#231;on dont on se remet d'un viol d&#233;pend de la fa&#231;on dont on est entour&#233;e, entendue. Chez moi le traumatisme est toujours pr&#233;sent, il y a une fissure &#224; un endroit. Tu as beau colmater, poncer, c'est toujours pr&#233;sent. Tu travailles autour de ces failles, mais ton corps imprime, c'est comme une cicatrice. Heureusement qu'on peut se retrouver avec des personnes, lesbiennes ou non d'ailleurs, qu'on peut en parler, construire un discours autour de cette question des violences sexuelles, qu'on peut s'accompagner. Il y a une vraie force puis&#233;e dans la sororit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma a 40 ans. Elle vit avec Alex et, ensemble, ils ont une petite fille. Il y a vingt ans, un homme lui impose avec beaucoup de violence une fellation. Une exp&#233;rience douloureuse v&#233;cue &#224; un moment o&#249; son &#233;quilibre &#233;tait d&#233;j&#224; sur la tangente. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'&#226;ge de vingt ans, dans un moment d'errance li&#233; &#224; une bouff&#233;e d&#233;lirante qui a dur&#233; plusieurs mois, j'ai atterri dans le lit d'un gars rencontr&#233; dans un bar. Il a d'abord voulu me p&#233;n&#233;trer, mais &#231;a m'a fait mal. Il m'a alors attrap&#233;e par les cheveux, a plaqu&#233; sa bite dans le fond de ma gorge et a choisi la vitesse des allers-retours de ma t&#234;te le long de sa verge. J'ai pouss&#233; un tout petit &#8220;&lt;i&gt;&#192; l'aide&lt;/i&gt;&#8221; qui a arrach&#233; un rictus au mec qui dormait au sol &#224; c&#244;t&#233; du lit, et qui n'a pas boug&#233;. Puis j'ai vomi et me suis endormie. Je trouve &#231;a n&#233;cessaire de raconter ce point de d&#233;part parce que toutes les agressions sexuelles ne se ressemblent pas, et leur impact sur la personne peut parfois d&#233;pendre de la nature de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment-l&#224;, moi, je n'avais pas v&#233;cu moult exp&#233;riences sexuelles. Du coup, &#231;a a marqu&#233; mon rapport &#224; la fellation &#8211; passage souvent oblig&#233; de la sexualit&#233; h&#233;t&#233;ro &#8211; durant de nombreuses ann&#233;es. J'ai d&#233;test&#233; &#231;a pendant longtemps, j'avais tout le temps des haut-le-c&#339;ur quand je m'y attelais. Le fantasme que manipule le porno, selon lequel il faudrait aller tr&#232;s profond, tenir la meuf par les cheveux, lui faire faire des gargarismes improbables, limite lui faire rendre ses tripes, je le trouve particuli&#232;rement abject. Et j'ai l'impression d'avoir crois&#233; pas mal de mecs qui ne l'avaient pas remis en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, comme cette agression est arriv&#233;e au d&#233;but de ma vie sexuelle, &#231;a n'a pas contribu&#233; &#224; ce que je m'&#233;panouisse vraiment de ce c&#244;t&#233;-l&#224;. Je crois qu'il m'en est rest&#233; longtemps l'id&#233;e qu'il fallait avant tout satisfaire les d&#233;sirs de l'homme, pour &#233;viter qu'il finisse par me contraindre. Je n'ai pas re&#231;u d'&#233;ducation sexuelle de la part de mes parents, pourtant f&#233;ministes. C'&#233;tait vraiment un angle mort total, je n'&#233;tais pas outill&#233;e pour me sentir puissante dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi dire que dans la d&#233;cennie qui a suivi cette agression, j'ai fait plusieurs passages en h&#244;pital psychiatrique et que j'ai pris un antipsychotique qui m'a fait prendre beaucoup de poids, qui a maintenu mon corps et mes sensations &#224; distance, faisant piquer ma libido en rase-mottes. Je couchais ou avais des histoires affectives avec des gens aussi perdus que moi, et le besoin de tendresse primait largement sur celui de jouir. Pendant longtemps, j'ai eu l'impression de ne pas savoir faire du sexe, un truc d'incapacit&#233;, de handicap, une vision n&#233;gative de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je couchais avec quelqu'un, c'&#233;tait plus pour satisfaire des attentes sociales. Le sexe &#233;tait pour moi quelque chose d'assez plastique, sans affect, assez routinier au final : on s'embrasse avec la langue, il me pelote les seins, je lui embrasse la bite, il me p&#233;n&#232;tre, et puis voil&#224; c'est fini. Outre les probl&#232;mes de libido impos&#233;s par le m&#233;doc, je pense que cette agression &#224; 20 ans m'a un peu p&#233;t&#233;e dans mon &#233;lan. Qu'elle a mis de l'ins&#233;curit&#233; dans mon rapport au sexe, qu'elle a impact&#233; ma confiance en moi-m&#234;me. Grosso modo, la morale de l'histoire &#233;tait &#8220;&lt;i&gt;Si le mec n'est pas content, tu risques de passer un sale quart d'heure.&lt;/i&gt;&#8221; Ce qui ne me poussait pas &#224; mettre mon plaisir au centre, &#224; l'&#233;panouir, &#224; jouer et &#224; jouir. C'est parce que j'ai rencontr&#233; quelqu'un qui m'y invitait et qui me mettait en confiance pour le faire que j'ai pu remettre de l'&#233;vidence dans la recherche de mon plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette agression a aussi peut-&#234;tre eu un autre impact : ce n'est pas tr&#232;s &#233;tonnant, mais il n'y a pas de fellation dans mes fantasmes. Que ce soit dans ceux dans lesquels je me visualise en homme comme dans ceux dans lesquels je suis une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai commenc&#233; &#224; reprendre de la ma&#238;trise sur ma vie en g&#233;n&#233;ral, apr&#232;s le long cycle des passages en HP et des lentes reconstructions, j'ai eu envie de rouvrir ce chantier du sexe. &#201;tonnamment c'est un bouquin qui m'a aid&#233;e, alors que je ne suis pas du tout habitu&#233;e &#224; ce genre de litt&#233;rature &#8220;d&#233;veloppement personnel&#8221;. Il &#233;tait biface : au recto, un guide de la fellation, au verso, un guide du cunnilingus. C'&#233;tait hyper h&#233;t&#233;rocentr&#233;, tr&#232;s romantique dans l'approche de l'acte, avec plein de m&#233;taphores &lt;i&gt;too much&lt;/i&gt;, mais &#231;a m'a aussi aid&#233;e &#224; ne plus voir le phallus comme un marteau-pilon, mais plut&#244;t comme un organe sensible, avec ses zones appelant de la d&#233;licatesse et de l'expertise. La fellation est devenue un acte ludique, o&#249; je restais ma&#238;tresse des choses que je voulais faire ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui je suis avec Alex. C'est moi qui l'ai dragu&#233; effront&#233;ment. Je lui ai rapidement parl&#233; de mon agression sexuelle, qui avait eu lieu douze ans auparavant. J'avais besoin d'&#234;tre sinc&#232;re, de vite expliciter mes zones d'inconfort pour qu'il ne m'y m&#232;ne pas direct, par maladresse. &#199;a a &#233;t&#233; un peu trop abrupt, comme un abordage un peu violent dans une histoire d'amour. Je ne mesurais pas tout ce que &#231;a allait pouvoir brasser chez lui. Du coup, il a eu besoin de me mettre &#224; distance tr&#232;s vite, pour mieux re&#8202;ve&#8202;nir vers moi au bout de quelques semaines, quand &#231;a s'&#233;tait apais&#233; pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ose esp&#233;rer que si j'avais d&#233;marr&#233; ma sexualit&#233; autrement, j'aurais pu plus vite faire de ma jouissance un axe central de mes pratiques sexuelles, et donc identifier plus rapidement les endroits o&#249; je n'avais pas envie d'aller. Il m'arrive encore des fois de dire apr&#232;s coup &#8220;&lt;i&gt;&#199;a m'a fait un peu mal, mais je ne voulais pas t'interrompre parce que tu avais l'air bien.&lt;/i&gt;&#8221; Alors m&#234;me qu'entendre l'autre dire la m&#234;me chose me r&#233;vulse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cette id&#233;e qu'on ne se remettrait pas d'un viol. Je ne me sens pas forc&#233;ment l&#233;gitime &#224; poser un regard dessus parce que j'ai l'impression d'avoir v&#233;cu plut&#244;t une agression sexuelle qu'un viol. Mais si j'ai &#233;t&#233; viol&#233;e et que j'ai une sexualit&#233; &#233;panouie derri&#232;re, alors quoi ? Cela sous-entend que je n'ai pas &#233;t&#233; vraiment viol&#233;e, pour m'en remettre si facilement ? C'est ultra d&#233;primant dans ce que &#231;a a de cat&#233;gorique, de d&#233;finitif aussi : cela revient &#224; dire que d&#232;s mes vingt ans, je pouvais faire une croix sur une vie sexuelle riche et &#233;panouissante. Heureusement que la vie est plus complexe que &#231;a. Dans mon cas, l'enjeu est plut&#244;t de ne pas d&#233;serter le terrain, de me r&#233;p&#233;ter que jouir c'est important et qu'il faut se donner les moyens d'y arriver, sans le vivre comme un truc martial, mais comme un truc auquel j'ai droit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020). Voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no188' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt; du journal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s le Code p&#233;nal fran&#231;ais, &#171; &lt;i&gt;tout acte de p&#233;n&#233;tration sexuelle, de quelque nature que ce soit, commis sur la personne d'autrui par la violence, contrainte, menace ou surprise est un viol&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carnet de luttes sexuelles</title>
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		<dc:creator>Nina Faure, Y&#233;l&#233;na Perret</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis pr&#232;s de cinq ans, Nina Faure et Y&#233;l&#233;na Perret travaillent sur la sexualit&#233; comme enjeu f&#233;ministe. Pour l'actualisation du manuel Notre corps, nous-m&#234;mes et la r&#233;alisation du documentaire Le Plaisir f&#233;minin, elles ont recueilli des centaines de t&#233;moignages de femmes cisgenres, mais aussi de personnes trans et non binaires. Compilant lectures et enqu&#234;tes, elles ont tent&#233; de tracer une perspective r&#233;volutionnaire pour abolir le patriarcat... dans la sexualit&#233;, pour commencer. Dans une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Celine-Le-Gouail" rel="tag"&gt;C&#233;line Le Gouail&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis pr&#232;s de cinq ans, Nina Faure et Y&#233;l&#233;na Perret travaillent sur la sexualit&#233; comme enjeu f&#233;ministe. Pour l'actualisation du manuel &lt;i&gt;Notre corps, nous-m&#234;mes&lt;/i&gt; et la r&#233;alisation du documentaire &lt;i&gt;Le Plaisir f&#233;minin&lt;/i&gt;, elles ont recueilli des centaines de t&#233;moignages de femmes cisgenres, mais aussi de personnes trans et non binaires. Compilant lectures et enqu&#234;tes, elles ont tent&#233; de tracer une perspective r&#233;volutionnaire pour abolir le patriarcat... dans la sexualit&#233;, pour commencer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH340/-1588-ba83a.jpg?1782821536' width='500' height='340' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par C&#233;line Le Gouail
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;poque qui semble bien lointaine, nous avons d&#233;couvert que le clitoris ne se r&#233;sumait pas &#224; ce que l'on voyait de lui, qu'il poss&#233;dait en fait des racines internes et mesurait de 8 &#224; 12 cm. Nous &#233;tions surprises de notre m&#233;connaissance et convaincues que cette repr&#233;sentation nouvelle &#233;tait capable de changer la face du monde. C'&#233;tait il y a cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galil&#233;es de la sexualit&#233;, nous &#233;tions pr&#234;tes &#224; d&#233;fendre son int&#233;grit&#233; face aux m&#233;decins, psychanalystes et &#233;diteurs de livres scolaires qui l'avait coup&#233; des sch&#233;mas anatomiques et de nos imaginaires. Des copines qui travaillaient dans l'&#233;ducation &#224; la sexualit&#233; s'emparaient du sujet pendant qu'&#224; Marseille, on cr&#233;ait un troupeau de clitoris g&#233;ants en carton survolant le carnaval de la Plaine. Ailleurs, de nombreuses autres personnes prenaient ce chantier &#224; bras-le-corps et les initiatives fleurissaient. En 2016, un crop-clitoris de 120 m&#232;tres apparaissait dans un champ pr&#232;s de Montpellier sur le mod&#232;le des &lt;i&gt;crop-circles&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formes g&#233;om&#233;triques que l'on peut parfois observer dans les plantations de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#171; extraterrestres &#187;. Odile Fillod, ing&#233;nieure et chercheuse en sociologie des sciences, mod&#233;lisait des clitos pour les imprimantes 3D et &#233;tait re&#231;ue sur le plateau de l'&#233;mission &lt;i&gt;Quotidien&lt;/i&gt; pour en parler. Peu &#224; peu, notre combat pour faire sortir le clitoris de l'ombre, notre perspective r&#233;volutionnaire principale, se trouvait ramen&#233;e au rang de revendication sociale-d&#233;mocrate sur l'&#233;chelle de la r&#233;volution. Et le patriarcat &#233;tait toujours l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La parole est &#224; nous&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors nous avons continu&#233; &#224; parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Montpellier, &#224; Paris, puis de l'Ard&#232;che &#224; Saint-Denis, nous avons men&#233; des dizaines de discussions collectives non mixtes&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par non-mixit&#233; nous entendons ici sans hommes cisgenres, c'est-&#224;-dire entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; dans le cadre de l'actualisation de &lt;i&gt;Notre corps nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notre corps, nous-m&#234;mes, collectif, Hors d'Atteinte, 2020.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, ce manuel f&#233;ministe historique des ann&#233;es 1970 bas&#233; sur des t&#233;moignages de femmes. Afin d'en garder une trace, nous filmions ce travail pour le (futur) documentaire &lt;i&gt;Le Plaisir f&#233;minin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas &#233;t&#233; si simple. S'avouer petit &#224; petit que oui, parfois, il pouvait arriver que nous n'&#233;prouvions pas de plaisir, que la r&#233;ciprocit&#233; ou la joie ne soient pas toujours au rendez-vous. Que nous ne nous retrouvions pas tant que &#231;a dans cette image de femme lib&#233;r&#233;e qui jouit sans entraves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure des discussions, les m&#234;mes constats revenaient, sans appel : honte de nos corps, tabou de la masturbation, douleurs pendant les rapports, exp&#233;riences de violences sexuelles, difficult&#233;s &#224; obtenir du plaisir par la p&#233;n&#233;tration ou &#224; faire passer nos d&#233;sirs avant ceux de nos partenaires... Nos r&#233;cits se faisaient &#233;cho avec une persistance qui nous frappait. Nous semblions toutes avoir &#233;t&#233; confront&#233;es &#224; des probl&#232;mes de consentement, surtout dans les rapports h&#233;t&#233;rosexuels avec des hommes cisgenres. La joie de pouvoir enfin parler se m&#234;lait au d&#233;sespoir de ce constat : les meufs, particuli&#232;rement les h&#233;t&#233;ros, ne prennent pas leur pied&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une &#233;tude men&#233;e en 2017 par l'Institut Kinsey (un centre de recherche (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Renverser nos lits&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors, avec d'autres participantes, nous sommes pass&#233;es &#224; la phase 2 : les travaux pratiques. Il fallait partir &#224; la reconqu&#234;te de nos corps et de notre plaisir. Nous avons d&#233;couvert des techniques de masturbation gr&#226;ce au site&lt;i&gt; Oh My God Yes&lt;/i&gt;. Nous avons &#233;pluch&#233; les brochures d'&lt;i&gt;Infokiosque.net&lt;/i&gt;, comme la magnifique &lt;i&gt;Apprendre le consentement en 3 semaines&lt;/i&gt; qui nous a aid&#233;es &#224; ne plus &#171; juste &#187; consentir, &#224; savoir dire non mais aussi oui, &#224; formuler des demandes claires. Nous avons compil&#233; les pistes propos&#233;es dans &lt;i&gt;Jouir&lt;/i&gt;, le livre de Sarah Barmark&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-titr&#233; &#171; En qu&#234;te de l'orgasme f&#233;minin &#187;, La D&#233;couverte, 2019.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Nous avons d&#233;couvert des &lt;i&gt;sextoys&lt;/i&gt; qui su&#231;otent le clitoris, d'autres assez puissants pour provoquer des &#233;jaculations. Nous avons regard&#233; du porno f&#233;ministe, &#233;cout&#233; des podcasts &#233;rotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons fait des ateliers d'auto-exploration et d&#233;couvert la diversit&#233; de nos sexes, nous permettant parfois de nous r&#233;concilier avec le n&#244;tre. Nous avons aussi mieux compris leur fonctionnement gr&#226;ce &#224; l'incroyable &#171; chatte en mousse &#187; cr&#233;&#233;e par Rapha&#235;lle Morel pour le Planning familial, un outil en textile reproduisant les parties souvent m&#233;connues de notre anatomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Individuellement, nous avons eu des petites victoires, ri, joui, infl&#233;chi les sch&#233;mas de relations qui ne nous convenaient pas, r&#233;ussi &#224; reprendre le contr&#244;le sur leur d&#233;roul&#233;. Nous avons red&#233;fini la place que prenait la p&#233;n&#233;tration pendant les rapports, nous avons voulu que ceux-ci ne se terminent plus par l'&#233;jaculation masculine. Nous avons c&#233;l&#233;br&#233; la panne, imagin&#233; qu'un rapport sexuel, ce pouvait aussi &#234;tre se toucher les mains vingt minutes dans un canap&#233;. Nous avons cr&#233;&#233; tout cela &#224; partir de nos discussions renversantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important, c'est la communication, entend-on de toute part d&#232;s qu'il s'agit de couple et de sexualit&#233;. Nous avons donc aussi essay&#233; de communiquer le bonheur de ces d&#233;couvertes &#224; nos partenaires masculins, d'&#233;changer librement avec eux sur nos frustrations et nos envies, de trouver des solutions &#224; deux. Mais un jour, au d&#233;tour d'une discussion, L&#233;a&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; a r&#233;sum&#233; ce que nous &#233;tions nombreuses &#224; ressentir : &#171; &lt;i&gt;En sortant des ateliers j'ai plein d'id&#233;es, mais face &#224; mon mec, c'est impossible de les mettre en place&lt;/i&gt;. &#187; Nous nous retrouvions &#224; devoir g&#233;rer des r&#233;actions allant du d&#233;sint&#233;r&#234;t poli &#224; la franche hostilit&#233; face &#224; nos explorations. Notre enthousiasme n'&#233;tait pas si partag&#233; que &#231;a et nous avons commenc&#233; &#224; avoir la d&#233;sagr&#233;able impression de devoir faire tout ce boulot sans trop bousculer nos partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous retrouvions dans une impasse : celle de la lutte qui se joue face &#224; celui qu'on aime ou qui partage notre lit. Celle pour laquelle nous n'avions pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s, conditionn&#233;es par notre &#233;ducation genr&#233;e &#224; faire plaisir et ne pas faire de vagues. Celle qui se joue dans l'intimit&#233;, l'espace dans lequel les femmes subissent les plus grandes violences. Est-ce que pour mieux faire l'amour nous allions devoir leur faire la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il faut dire qu'en feuilletant les num&#233;ros d'&#233;t&#233; &#171; Sp&#233;cial sexe &#187; des magazines, qui pr&#244;nent la masturbation orgasmique et l'achat de &lt;i&gt;sextoys&lt;/i&gt; entre deux pages de publicit&#233;s pour &#234;tre &lt;i&gt;beach body ready&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Au corps pr&#234;t pour la plage &#187;.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, nous voyions bien que les explorations personnelles ne suffisaient pas &#224; faire la r&#233;volution. Que ce n'&#233;tait pas avec des mantras individualistes, compatibles avec le bouillon lib&#233;ral du d&#233;veloppement personnel, que nous allions r&#233;soudre notre &#233;pineux probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;inventer la poudre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes tourn&#233;es vers nos a&#238;n&#233;es. Nous avons relu la version des ann&#233;es 1970 de &lt;i&gt;Notre corps, nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;, celle que nous &#233;tions en train d'actualiser. Et nous avons &#233;t&#233; frapp&#233;es de voir que tout &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224; et que rien ne nous avait &#233;t&#233; transmis. Alors que nous pensions avoir fait une d&#233;couverte en remettant en cause la p&#233;n&#233;tration, les autrices de l'&#233;poque &#233;crivaient d&#233;j&#224; que &#171; &lt;i&gt;l'orgasme ne vient pas du vagin mais du clitoris&lt;/i&gt; &#187;. Et affirmaient surtout : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;volution sexuelle qu'on nous a promise n'a pas eu lieu dans nos sexualit&#233;s &lt;/i&gt;[h&#233;t&#233;ros] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons relu les classiques. Apr&#232;s la th&#233;oricienne f&#233;ministe lesbienne Monique Wittig, c'est avec les militant.es &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt;, comme Juliet Drouar, que nous avons repens&#233; l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; comme r&#233;gime politique et voulu transgresser les normes de genre. De la sociologue Christine Delphy &#224; l'universitaire Silvia Federici, nous avons aussi compris que, dans un cadre patriarcal, la sexualit&#233; est une part int&#233;grante du travail reproductif, de l'ensemble de ces t&#226;ches qui, comme le m&#233;nage, le soin ou le soutien &#233;motionnel, incombent aux femmes&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous utilisons ici le mot &#171; femme &#187; en tant que construction sociale et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; dans le foyer et dans la soci&#233;t&#233;, sans que cela ne soit ni reconnu ni valoris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que d'efforts et de comp&#233;tences non reconnues avions-nous d&#233;velopp&#233;s ! Pour verbaliser, g&#233;rer la frustration, pr&#233;parer nos corps pour nous rendre d&#233;sirables, prendre soin, voire m&#234;me mettre en sc&#232;ne notre plaisir. Et on voudrait nous faire croire qu'on est du c&#244;t&#233; &#171; passif &#187;... Apr&#232;s le concept de charge &#233;motionnelle, nous d&#233;couvrions celui de charge sexuelle, le fait de porter la responsabilit&#233; d'une sexualit&#233; &#171; &#233;panouie &#187;, plus souvent dans l'int&#233;r&#234;t de nos partenaires que du n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes rendues &#224; l'&#233;vidence : nos sexualit&#233;s sont travers&#233;es par des rapports de force qui nous d&#233;passent. M&#234;me si nous aurions aim&#233; ne pas le croire, ne pas le voir, il n'y a finalement aucune raison que ce pan de nos vies soit &#233;pargn&#233; par la domination masculine. En essayant de comprendre pourquoi nous avions moins de plaisir et parfois moins de d&#233;sir que nos partenaires ou souvent des &#171; mauvaises exp&#233;riences &#187;, il a fallu prendre conscience que les rapports de domination qui se jouent dans la soci&#233;t&#233; se retrouvent dans la chambre &#224; coucher. Car comment &#171; avoir envie &#187; apr&#232;s des doubles journ&#233;es de travail&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cumul du temps de travail effectu&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de la maison et du travail (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt; ? Comment &#234;tre &#224; l'aise avec nos corps quand ils ne rentrent jamais dans la norme ? Comment accepter le d&#233;sir de l'autre quand la culture du viol nous pousse &#224; confondre d&#233;sir et agression ? Comment reprendre le pouvoir quand on nous apprend &#224; faire passer les besoins de l'autre avant les siens ? Comment reconstruire sa sexualit&#233; apr&#232;s les violences sexuelles que nous sommes nombreuses &#224; avoir subies ? Au sein m&#234;me de la sexualit&#233; se rejouent les dominations sexistes, racistes, classistes, validistes... Et on voudrait que nous apprenions &#224; &#171; l&#226;cher prise &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Et si pour avoir plus de plaisir, il fallait abolir le patriarcat ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour bouleverser les rapports de genre, nous nous sommes aventur&#233;es sur le terrain des luttes collectives. &#201;carts de salaires, &#233;carts de jouissance, m&#234;me combat : du plaisir il y en a dans les caisses du patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;minisme et la sexualit&#233; comme enjeux politiques n'ont, il faut bien le reconna&#238;tre, pas franchement &#233;t&#233; investis par nos camarades r&#233;volutionnaires masculins &#8211; quand ils n'essayaient pas de nous rappeler que le vrai combat &#233;tait celui de la lutte des classes. Pendant ces ann&#233;es de recherche, c'est du c&#244;t&#233; de groupes informels, de chercheuses, d'amies, de f&#233;ministes, en bref, des meufs cis et des personnes trans que nous avons trouv&#233; la vitalit&#233; et l'inventivit&#233;. Du c&#244;t&#233; des hommes cis, rares sont les proches et les militants qui se sont r&#233;ellement comport&#233;s comme des alli&#233;s et des soutiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Minus et Cortex, les souris obsessionnelles de dessin anim&#233; tentant de conqu&#233;rir le monde, nous avons inlassablement mont&#233; des plans d'attaque contre le patriarcat, pour finir le soir dans notre cage sans avoir r&#233;ussi. Mais nous n'&#233;tions pas seules : en 2017, 2018, 2019, 2020, les manifestations ont pris de l'ampleur, les marches de nuit ont explos&#233;, nous avons &#233;t&#233; renvers&#233;es par la d&#233;termination de tout plein de personnes autour de nous. Les luttes se sont montr&#233;es aussi diverses que radicales : inventer de nouveaux imaginaires sexuels pens&#233;s par nous, d&#233;truire le mod&#232;le h&#233;t&#233;rosexuel dominant qui enferme nos d&#233;sirs, riposter aux agressions et au harc&#232;lement de rue, se rebeller contre l'exotisation des femmes noires, arabes, asiatiques, d&#233;noncer les violeurs, cr&#233;er des espaces de discussion non mixtes, lutter pour nos salaires, pour la valorisation du travail du &lt;i&gt;care&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ensemble des activit&#233;s et m&#233;tiers li&#233;s au soin de l'autre.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;, pour la fin des doubles journ&#233;es de travail. Et pour cela, utiliser tous les outils du mouvement social (manifestation, solidarit&#233;, gr&#232;ve, sabotage) afin de reprendre le pouvoir dans nos lits et sur nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de force qui s'installe se r&#233;percute dans nos vies intimes. Il permet des progr&#232;s inatteignables dans de simples discussions &#224; deux. Car m&#234;me seule &#224; seul dans une chambre, nous parlons &#224; pr&#233;sent en groupe.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nina Faure &amp; Y&#233;l&#233;na Perret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Communiqu&#233; du Front pour l'abolition du patriarcat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les jours du patriarcat sont compt&#233;s : le Front pour l'abolition du patriarcat (FAP) monte un programme secret contre la domination masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FAP est un groupe qui agit en souterrain pour arriver &#224; ses fins. Apr&#232;s avoir constat&#233; les d&#233;g&#226;ts de la p&#233;n&#233;tration dans la qualit&#233; des rapports sexuels, sa premi&#232;re action &#171; visible &#187; est la cr&#233;ation de la Journ&#233;e mondiale sans p&#233;n&#233;tration (JMSP), le 19 d&#233;cembre 2020. Mais bien d'autres &#233;tapes sont &#224; pr&#233;voir jusqu'&#224; la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour rejoindre le FAP et comploter contre le patriarcat, envoyer un mail &#224; : &lt;i&gt;journeemondialesanspenetration@gmail.com&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Sinon, rendez-vous sur le site &lt;a href=&#034;http://journeemondialesanspenetration.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;JourneeMondialeSansPenetration.org&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Formes g&#233;om&#233;triques que l'on peut parfois observer dans les plantations de c&#233;r&#233;ales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Par non-mixit&#233; nous entendons ici sans hommes cisgenres, c'est-&#224;-dire entre femmes cisgenres, hommes et femmes trans et personnes non binaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Notre corps, nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;, collectif, Hors d'Atteinte, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon une &#233;tude men&#233;e en 2017 par l'Institut Kinsey (un centre de recherche &#233;tatsunien), 95 % des hommes d&#233;clarent avoir un orgasme &#224; chaque rapport contre 65 % des femmes h&#233;t&#233;rosexuelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous-titr&#233; &#171; En qu&#234;te de l'orgasme f&#233;minin &#187;, La D&#233;couverte, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Au corps pr&#234;t pour la plage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nous utilisons ici le mot &#171; femme &#187; en tant que construction sociale et assignation de genre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cumul du temps de travail effectu&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de la maison et du travail domestique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'ensemble des activit&#233;s et m&#233;tiers li&#233;s au soin de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tous les corps sont d&#233;sirables</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>sexualit&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>Collectif lutte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; qui exclut les corps qu'elle consid&#232;re comme dysfonctionnels, la question de l'assistanat sexuel divise. Entre ceux qui associent ce service &#224; de la prostitution et ceux qui consid&#232;rent qu'il rentre dans le cadre de la compensation du handicap, des voix s'&#233;l&#232;vent et avancent d'autres arguments &#8212; ou affirment que ce d&#233;bat est avant tout un &#233;cran de fum&#233;e. Tour d'horizon. &#171; Force est de constater qu'il n'y a que deux sujets qui passionnent et excitent les personnes valides (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sexuelle" rel="tag"&gt;sexuelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elisa-Rojas" rel="tag"&gt;Elisa Rojas&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-indignait-Elisa" rel="tag"&gt;s'indignait Elisa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Collectif-lutte" rel="tag"&gt;Collectif lutte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; qui exclut les corps qu'elle consid&#232;re comme dysfonctionnels, la question de l'assistanat sexuel divise. Entre ceux qui associent ce service &#224; de la prostitution et ceux qui consid&#232;rent qu'il rentre dans le cadre de la compensation du handicap, des voix s'&#233;l&#232;vent et avancent d'autres arguments &#8212; ou affirment que ce d&#233;bat est avant tout un &#233;cran de fum&#233;e. Tour d'horizon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Force est de constater qu'il n'y a que deux sujets qui passionnent et excitent les personnes valides nous concernant : nous aider &#224; mourir ; nous aider &#224; b*****&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Comment faire diversion : la strat&#233;gie politique du cul &#187;, Elisa Rojas, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;, s'indignait Elisa Rojas, membre du Collectif lutte et handicaps pour l'&#233;galit&#233; et l'&#233;mancipation (CHLEE), en f&#233;vrier dernier. La secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e du handicap, Sophie Cluzel, venait de proposer de l&#233;galiser l'assistance sexuelle pour les personnes handicap&#233;es. Une pratique autoris&#233;e en Suisse et en Allemagne, mais interdite en France car assimil&#233;e &#224; de la prostitution &#8211; ce qui n'emp&#234;che pas qu'elle y existe en dehors de tout cadre l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3404 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH635/-1589-be353.jpg?1782639171' width='400' height='635' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par LMG
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je ne peux &#234;tre ni pour, ni contre l'assistanat sexuel, la probl&#233;matique est complexe, mais il faut bien prendre en compte la question des personnes qui n'ont aucune possibilit&#233; d'acc&#232;s &#224; leur corps&lt;/i&gt; &#187;, expose Milena, militante du Planning familial de Marseille. Intervenante sur les questions de sexualit&#233; et de handicap, Milena n'oublie pas que cette question se pose dans une soci&#233;t&#233; intrins&#232;quement validiste. Le corps valide et en bonne sant&#233; reste le standard, quand ceux qui sont moins norm&#233;s continuent d'&#234;tre stigmatis&#233;s, d&#233;nigr&#233;s. Infantilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certaines personnes concern&#233;es, ce sont les bases m&#234;mes de ce d&#233;bat qui posent probl&#232;me. R&#233;mi Gendarme-Cerquetti, do&#8202;cumentariste et auteur du puissant pamphlet &lt;i&gt;Je n'accepterai aucune assistante sexuelle si lui faire l'amour ne la fait pas elle-m&#234;me trembler de plaisir &lt;/i&gt;(&#233;ditions FLBLB, 2014), s'oppose ainsi &#224; l'id&#233;e &#171; &lt;i&gt;essentialisante&lt;/i&gt; &#187; selon laquelle la sexualit&#233; est &#171; &lt;i&gt;une probl&#233;matique &#224; prendre plus sp&#233;cifiquement pour une personne handicap&#233;e que pour une personne valide&lt;/i&gt; &#187;. Et l'auteur, t&#233;trapl&#233;gique, de pr&#233;ciser son propos : &#171; &lt;i&gt;Amiti&#233;, amour, s&#233;duction, sexualit&#233;... Nous sommes tou&#183;tes confront&#233;.es aux diff&#233;rentes probl&#233;matiques que conna&#238;t le monde, et d'autres personnes l'ont parfois &#233;t&#233; beaucoup plus violemment que moi.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;mi Gendarme-Cerquetti va m&#234;me plus loin, en affirmant que la focalisation m&#233;diatique sur l'accompagnement sexuel d&#233;tourne l'attention d'autres probl&#232;mes essentiels : &#171; &lt;i&gt;Il est facile de faire de jolis reportages France 3 en montrant un.e travailleur.se du sexe qui vient branler un.e gentil.le handicap&#233;.e. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Mais pour l'extr&#234;me pauvret&#233;, l'isolement social absolu, la maltraitance subis par les personnes handicap&#233;es, on fait quoi ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Normaliser la sexualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;mi Gendarme-Cerquetti s'est senti profond&#233;ment bless&#233; lorsqu'il a entendu parler de ce projet, qu'il consid&#232;re comme d&#233;shumanisant : &#171; &lt;i&gt;Dire qu'on va mettre en place de l'accompagnement sexuel &#224; destination des personnes handicap&#233;es, c'est dire que leurs corps, &#224; cause de leur handicap, les disqualifient. Il en r&#233;sulte forc&#233;ment une ode au corps valide comme seul corps valable.&lt;/i&gt; &#187; La logique sur laquelle repose ce type de service serait en quelque sorte la suivante : les personnes handicap&#233;es doivent avoir droit &#224; un assistant sexuel parce qu'elles n'ont plus aucun espoir de s&#233;duire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des opposants &#224; l'assistance sexuelle consid&#232;rent &#233;galement que cette pratique v&#233;hicule l'image du corps valide comme &#233;tant le seul &#224; pouvoir procurer du plaisir. No An&#8202;ger, blogueuse f&#233;ministe et handicap&#233;e physique, trace m&#234;me un pertinent parall&#232;le entre la pr&#233;tendue passivit&#233; du corps f&#233;minin et celle du corps handicap&#233; : &#171; &lt;i&gt;L'activit&#233; du valide ou de l'homme va permettre l'exploration d'un corps passif qui se m&#233;conna&#238;t.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; De la masturbation et autres consid&#233;rations sexuelles &#187;, Amongestedefendant.wo&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique concernant l'assistanat sexuel va encore plus loin. Aux yeux de nombre de ses d&#233;tracteurs, il homog&#233;n&#233;iserait et aseptiserait la sexualit&#233; des personnes handicap&#233;es. Pour R&#233;mi Gendarme-Cerquetti, cet accompagnement v&#233;hicule une moralisation de la sexualit&#233;, l'imposition de &#171; bonnes pratiques &#187; sexuelles, de d&#233;sirs l&#233;gitimes. Autrement dit, une sexualit&#233; s&#233;curis&#233;e qui nie la part de troubles, d'exp&#233;rimentations, d'exc&#232;s que le sexe peut porter : &#171; &lt;i&gt;Ce projet est bas&#233; sur une sexualit&#233; &#233;minemment normative. L'id&#233;e est de &#8220;faire comme&#8221;. Comme les autres, les valides, dans les pubs et les s&#233;ries. J'affirme qu'il en faut plus que &#231;a pour rendre les gens libres et autonomes&lt;/i&gt;. &#187; S'ajoutant &#224; la marginalisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e dont sont victimes les personnes handicap&#233;es, ce service pourrait les enfermer dans une sexualit&#233; de seconde zone. Honteuse et tarif&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un lien ambigu avec la prostitution&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat autour de l'assistanat sexuel a un aspect hypocrite. Il serait en effet paradoxal de l&#233;galiser cette activit&#233; tout en continuant &#224; traquer les prostitu&#233;s et leurs clients. &#171; &lt;i&gt;Si l'assistance sexuelle est du soin, alors la prostitution l'est aussi, &lt;/i&gt;estime Kristin, ex-assistante sexuelle.&lt;i&gt; Et si elle l'est, alors chacun, valide ou non, a le droit de se faire soigner, non&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Alors, les prostitu&#233;s aussi sont des param&#233;dicaux et devraient &#234;tre reconnus.&lt;/i&gt; &#187; Et Kristin de souligner l'&#233;pineuse contradiction que pose cet aspect du d&#233;bat. Selon elle, certains se disent : &#171; &lt;i&gt;J'ai bonne conscience parce que je suis contre la prostitution (l'exploitation du corps de la femme)&lt;/i&gt; &#187; tandis que d'autres raisonnent &#224; partir du handicap : &#171; &lt;i&gt;J'ai bonne conscience parce que je permets aux personnes handicap&#233;es d'avoir une sexualit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des voix s'&#233;l&#232;vent &#233;galement pour d&#233;noncer la misogynie qui accompagne souvent l'id&#233;e de l'assistance sexuelle. Parmi elles, les militants de CHLEE qui, dans leur &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt;, affirment que &#171; &lt;i&gt;comme la prostitution, le syst&#232;me s'adresserait d'abord aux hommes handicap&#233;s qui feraient le m&#234;me raisonnement que les clients de prostitu&#233;s&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : leurs besoins sexuels sont irr&#233;pressibles et vitaux.&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s lors, &#171; &lt;i&gt;ce serait un syst&#232;me archa&#239;que et misogyne de marchandisation du corps&lt;/i&gt; &#187;, mais cette fois-ci l&#233;galis&#233;. Une hypoth&#232;se que Kristin corrobore au vu de son exp&#233;rience de l'assistanat sexuel : &#187; &lt;i&gt;Tous mes clients n'&#233;taient pas des hommes, mais ces derniers &#233;taient tout de m&#234;me la majorit&#233;. Je pense que cette situation est due au fait que les femmes ne songent pas &#224; faire appel &#224; ce service et/ou qu'elles n'y ont pas acc&#232;s financi&#232;rement. De plus, pour les femmes, recevoir un homme peut &#234;tre associ&#233; au danger.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une histoire d'assistante sexuelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Kristin a effectu&#233; des prestations sexuelles de fa&#231;on occasionnelle, quatre fois par mois pendant trois ans. Sa vie sexuelle, avant, &#233;tait faite de rencontres furtives &#171; &lt;i&gt;sur le mode Tinder, mais sans l'application&lt;/i&gt; &#187;. Kristin le dit sans d&#233;tour : &#171; &lt;i&gt;J'ai une addiction au sexe.&lt;/i&gt; &#187; Un jour, elle a d&#233;couvert qu'une association belge proposait une formation &#224; l'accompagnement sexuel des personnes handicap&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Cette formation a constitu&#233; une solution &#224; mon probl&#232;me de libido d&#233;bordante. Une solution ad&#233;quate, c'est-&#224;-dire s&#233;cure et qui pr&#233;serve mon int&#233;grit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Kristin d&#233;crit la profonde lib&#233;ration que cette exp&#233;rience lui a apport&#233;e, notamment sur son rapport aux corps et &#224; la norme : &#171; &lt;i&gt;J'ai acquis la connaissance intime que le plaisir sexuel ne rel&#232;ve pas de l'attirance physique. N'importe qui peut s'av&#233;rer &#234;tre un partenaire sexuel satisfaisant. Petit, ob&#232;se, maigre, chauve, valide ou non, amput&#233;, atrophi&#233;, en chaise, avec des b&#233;quilles, une proth&#232;se&#8230; tout cela n'a aucune importance. Seule la qualit&#233; de la communication compte.&lt;/i&gt; &#187; Ces rencontres l'ont aussi aid&#233;e, en tant que femme, &#224; davantage formuler son consentement et ses d&#233;sirs, tout en &#233;tant &#224; l'&#233;coute de ceux de ses clients : &#171; &lt;i&gt;J'ai appris &#224; verbaliser les actes, &#224; demander, &#224; consentir, &#224; refuser, &#224; mettre des limites.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phanie, d&#233;cid&#233;e &#224; faire la formation d'assistante sexuelle en France, a quant &#224; elle rebrouss&#233; chemin. Elle explique qu'au d&#233;part, le cadre lui semblait rassurant, professionnel, qu'il y avait une r&#233;flexion sur les implications affectives et les motivations du candidat. Mais la rencontre avec R&#233;mi Gendarme-Cerquetti et la lecture de son pamphlet contre l'assistanat sexuel ont profond&#233;ment boulevers&#233; sa vision du handicap : &#171; &lt;i&gt;J'ai compris que la formation et le statut d'assistante sexuelle proposaient une vision aseptis&#233;e et &lt;/i&gt;safe&lt;i&gt; de la sexualit&#233;. Une forme de &#8220;service&#8221; assez jud&#233;o-chr&#233;tien, de sacrifice pour les &#8220;pauvres handicap&#233;s&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;ducation, autonomie et sextoys&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il existe diff&#233;rentes approches de l'accompagnement sexuel. Celle qui est d&#233;fendue en Espagne par le projet &#171; Tus manos, mis manos &#187; (&#171; Tes mains, mes mains &#187;) trace un cadre pr&#233;cis, o&#249; l'accompagnant sexuel n'apporte qu'une aide technique : &#171; &lt;i&gt;Le travail de l'assistant ne consiste ni &#224; exciter la personne assist&#233;e, ni &#224; s'exciter elle-m&#234;me ou &#224; ressentir du plaisir,&lt;/i&gt; lit-on sur le site internet du projet&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Asistenciasexual.org.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Il ne s'agit pas non plus d'&#233;du&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;quer ou de r&#233;aliser une intervention th&#233;rapeutique. L'intervention de l'assistant est purement instrumentale.&lt;/i&gt; &#187; Responsable de &#171; Tus manos, mis manos &#187;, Antonio Centeno ne con&#231;oit ce service qu'&#224; destination des personnes n'ayant pas acc&#232;s &#224; leur propre corps &#8211; ou pour des couples ne pouvant pas avoir de relation sexuelle sans l'aide d'un tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cor&#233;alis&#233; en 2015 par Antonio Centeno, l'excellent documentaire &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/123177395&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yes we fuck !&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; aborde, sans d&#233;tour et de fa&#231;on crue, la question de la sexualit&#233; des personnes handicap&#233;es (dans le film, le handicap est appel&#233; &#171; diversit&#233; fonctionnelle &#187;). Il met en lumi&#232;re le manque profond de repr&#233;sentation &#233;rotique ou pornographique des personnes handicap&#233;es dans notre soci&#233;t&#233;. On y voit, &#224; la fin, une vid&#233;o pr&#233;sentant une s&#233;ance d'accompagnement sexuel. &#171; &lt;i&gt;C'est fondamental qu'il y ait du feeling entre toi et moi&lt;/i&gt; &#187;, explique Soledad &#224; Teo, la personne qui l'assiste. Teo s'empare de la main de Soledad et l'aide &#224; se parcourir. Pour la premi&#232;re fois, Soledad d&#233;couvre la sensation de ses cheveux, de son visage, de ses t&#233;tons. L'&#233;change est beau. Respectueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son pamphlet, R&#233;mi Gendarme-Cerquetti d&#233;fend la cr&#233;ation de &lt;i&gt;sextoys&lt;/i&gt; adapt&#233;s permettant aux personnes handicap&#233;es de se masturber de mani&#232;re autonome : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi un aide m&#233;dico-psychologique ne pourrait-il pas sortir un tel sextoy adapt&#233; d'un tiroir avant que la personne concern&#233;e ne passe une soir&#233;e d'extase&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Il s'agirait alors que le personnel soignant accepte simplement de nettoyer l'objet quelques heures plus tard.&lt;/i&gt; &#187; Une id&#233;e que porte aussi Milena avec le Planning familial, notamment en r&#233;ponse &#224; des cas comme celui de l'adolescent &#171; soulag&#233; &#187; par sa grand-m&#232;re&lt;i&gt; [voir&lt;/i&gt; &lt;i&gt;encadr&#233;]&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Si des sextoys &#233;taient rembours&#233;s par la S&#233;cu pour certaines personnes handicap&#233;es, on pourrait peut-&#234;tre &#233;viter ce genre de situation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re : le d&#233;bat sur l'assistanat sexuel reste et restera &#233;pineux. &#171; &lt;i&gt;En France, on n'est pas m&#251;r pour &#231;a, &lt;/i&gt;opine Milena. &lt;i&gt;Tant qu'on n'aura pas fait de l'&#233;ducation &#224; la sexualit&#233; d&#232;s le plus jeune &#226;ge et qu'on n'aura pas donn&#233; la possibilit&#233; aux gens de choisir ce qui est bon pour eux, d'affirmer ses d&#233;sirs et son consentement, de rep&#233;rer et respecter le consentement de l'autre, de comprendre les questions de contraception et de consentement &#233;clair&#233;, ce sera un faux d&#233;bat.&lt;/i&gt; &#187; L'&#233;ducation sexuelle, notre rapport au sexe, &#224; la pr&#233;tendue normalit&#233;, l'acc&#232;s &#224; son propre corps, la d&#233;couverte de ses envies, ses d&#233;sirs, est affaire de tous, valides comme non-valides : &#171; &lt;i&gt;C'est bien &#224; l'&#233;chelle de toute une soci&#233;t&#233; qu'il faut revendiquer les id&#233;es de libert&#233;s, d'&#233;ducation et de sant&#233; sexuelles&lt;/i&gt; &#187;, nous affirme R&#233;mi Gendarme-Cerquetti. Avant de conclure : &#171; &lt;i&gt;Dans ma vie, mon handicap m'a apport&#233; autant de choses qu'il m'en a emp&#234;ch&#233;es. Sur le plan sexuel, c'est s&#251;rement identique. Aurais-je connu les personnes que j'ai rencontr&#233;es sans mon handicap&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Peut-&#234;tre que sans lui j'aurais &#233;t&#233; un as de la levrette. Je ne sais pas. J'aurais peut-&#234;tre aussi &#233;t&#233; un sale con.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des violences sexuelles pass&#233;es sous silence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si le d&#233;bat sur l'assistanat sexuel est port&#233; par un grand nombre de professionnels du handicap, c'est sans doute en partie parce qu'il leur permet de d&#233;l&#233;guer la question de la sexualit&#233; &#224; d'autres professionnels. Ce constat est dramatique pour Milena, militante au Planning familial et intervenante dans des institutions sp&#233;cialis&#233;es. Selon elle, c'est bien toutes ces structures qu'il faudrait sensibiliser &#224; la sexualit&#233; : &#171; La sexualit&#233; des personnes handicap&#233;es &#8211; mineures et majeures &#8211; reste extr&#234;mement taboue dans les institutions sp&#233;cialis&#233;es et le personnel n'est absolument pas form&#233; &#224; ces questions. Les gens ne nomment pas les parties du corps, n'ont pas int&#233;gr&#233; la question de l'intimit&#233;, du respect de l'autre, du consentement. Quand on leur dit qu'on fait de l'&#233;ducation sexuelle, ils pensent qu'on forme les personnes handicap&#233;es &#224; l'acte sexuel reproductif h&#233;t&#233;ronorm&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque de formation et/ou ce d&#233;ni am&#232;nent aussi parfois &#224; passer sous silence des violences sexuelles : &#171; J'ai re&#231;u un adolescent qui s'est fait masturber par sa grand-m&#232;re quand il &#233;tait en &#233;rection. Les parents ont &#233;t&#233; avertis, il n'est plus en contact avec sa grand-m&#232;re. On lui a expliqu&#233; que cela &#233;tait interdit, mais son d&#233;veloppement psychoaffectif a &#233;t&#233; effract&#233;, et maintenant, c'est difficile de pouvoir l'aider &#224; supporter la frustration, &#233;tant donn&#233; qu'il n'est pas en capacit&#233; de pouvoir se satisfaire tout seul. &#187; Par ailleurs, dans les groupes de parole que Milena anime, les t&#233;moignages de femmes handicap&#233;es victimes de violences sexuelles &#8211; dans leur famille ou au sein des institutions sp&#233;cialis&#233;es &#8211; abondent : &#171; &lt;i&gt;La majorit&#233; te raconte des incestes, des viols, dans la famille ou dans le couple, parfois c'est la premi&#232;re fois qu'elles en parlent. Quand les structures arrivent &#224; porter plainte, ce qui est rare, c'est plut&#244;t exceptionnel qu'un accompagnement adapt&#233; de la victime soit mis en place. Ils essayent plus ou moins d'&#233;loigner l'auteur de la victime, en le transf&#233;rant dans une autre structure. Si l'&#233;ducation au respect de l'autre et au consentement n'a pas &#233;t&#233; faite, il y a de fortes probabilit&#233;s que l'agresseur recommence. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un constat que partagent les militants du CHLEE, qui d&#233;noncent &#233;galement la mainmise des institutions sur la sexualit&#233; des personnes handicap&#233;es : &#171; Les institutions ont de tout temps cadr&#233; la vie intime, sexuelle et reproductive de leurs r&#233;sidents : interdiction d'avoir des relations sexuelles, st&#233;rilisations&#8230; L'assistance leur offre une nouvelle modalit&#233; de contr&#244;le des corps handicap&#233;s et de cadrage de leur sexualit&#233;. Pire encore, en proposant des formations &#8220;certifiantes&#8221; aux personnels du m&#233;dico-social qui y travaillent, en les &#8220;sensibilisant&#8221; &#224; la dimension sexuelle des personnes handicap&#233;es au lieu d'envisager en priorit&#233; une v&#233;ritable &#233;ducation sexuelle des concern&#233;s, on encourt le risque de multiplier les abus sexuels que ces milieux ferm&#233;s favorisent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://auxmarchesdupalais.wordpress.com/2020/02/10/comment-faire-diversion-la-strategie-politique-du-cul/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment faire diversion : la strat&#233;gie politique du cul&lt;/a&gt; &#187;, Elisa Rojas, &lt;i&gt;Auxmarchesdupalais.wordpress.com&lt;/i&gt; (10/02/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://amongestedefendant.wordpress.com/2015/02/24/de-la-masturbation-et-autres-considerations-sexuelles/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De la masturbation et autres consid&#233;rations sexuelles&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Amongestedefendant.wordpress.com&lt;/i&gt; (24/02/2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://asistenciasexual.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Asistenciasexual.org&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des jets de lait puissants</title>
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		<dc:creator>Mathilde Bl&#233;zat</dc:creator>


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&lt;p&gt;Grossesse, accouchement et post-partum modifient tr&#232;s souvent le rapport des femmes &#224; leur sexualit&#233;. Pics ou chutes de libido, plaisir et douleur, fronti&#232;re mouvante entre maternit&#233; et sexualit&#233;... Les questionnements abondent, et les v&#233;cus diff&#232;rent. &#192; travers les paroles de six femmes, plong&#233;e dans une diversit&#233; qui bouscule la figure tut&#233;laire de la m&#232;re &#171; pure &#187; et d&#233;vou&#233;e. &#171; Du cinqui&#232;me au septi&#232;me mois de grossesse, j'ai ressenti un pic de libido comme &#231;a ne m'&#233;tait pas arriv&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Grossesse, accouchement et post-partum modifient tr&#232;s souvent le rapport des femmes &#224; leur sexualit&#233;. Pics ou chutes de libido, plaisir et douleur, fronti&#232;re mouvante entre maternit&#233; et sexualit&#233;... Les questionnements abondent, et les v&#233;cus diff&#232;rent. &#192; travers les paroles de six femmes, plong&#233;e dans une diversit&#233; qui bouscule la figure tut&#233;laire de la m&#232;re &#171; pure &#187; et d&#233;vou&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Du cinqui&#232;me au septi&#232;me mois de grossesse, j'ai ressenti un pic de libido comme &#231;a ne m'&#233;tait pas arriv&#233; depuis longtemps,&lt;/i&gt; raconte Nora&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, enceinte de neuf mois.&lt;i&gt; J'avais tout le temps envie de faire l'amour, mais pas forc&#233;ment &#224; deux : je me masturbais tous les jours, surtout pendant mes insomnies. Mon compagnon m'a fait beaucoup de cunnilingus aussi. La p&#233;n&#233;tration, une fois j'ai eu mal alors on ne l'a plus fait apr&#232;s. Et j'ai eu des orgasmes incroyables avec mes seins&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Comme Nora, de nombreuses femmes t&#233;moignent d'une mont&#233;e du d&#233;sir sexuel pendant une partie de leur grossesse, parfois accompagn&#233;e de fantasmes nouveaux : &#171; &lt;i&gt;&#192; un moment, j'ai fait une fixette sur les vid&#233;os pornos d'hommes gays, &lt;/i&gt;se souvient Pauline. &lt;i&gt;Je n'en avais jamais vu avant et je me suis mise &#224; en regarder plein. Je les trouvais touchants, excitants, j'ai beaucoup joui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres femmes, au contraire, n'ont plus envie de faire l'amour, &#224; cause de la fatigue, des naus&#233;es ; par g&#234;ne vis-&#224;-vis du f&#339;tus ou encore par simple d&#233;sint&#233;r&#234;t. Quant &#224; Oriane, qui a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s en forme&lt;/i&gt; &#187; pendant les neuf mois, elle souligne : &#171; &lt;i&gt;D&#233;sir, pratiques, nombre de rapports... ma grossesse n'a rien chang&#233; du tout. On en rigolait avec ma femme, car on s'&#233;tait pr&#233;par&#233;es &#224; de grands bouleversements !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grossesse, c'est souvent un rapport &#224; son propre corps qui &#233;volue. Les divers maux peuvent &#234;tre franchement d&#233;sagr&#233;ables et il faut composer avec un ventre imposant, des seins plus lourds, une mobilit&#233; ralentie. Pour certaines femmes, il peut &#234;tre important d'apprivoiser ces nouveaut&#233;s avant de se sentir &#224; l'aise dans l'intimit&#233; avec son, sa ou ses partenaires. &#171; &lt;i&gt;Sur les sites pornos, j'ai d&#233;couvert qu'il y avait une cat&#233;gorie &#8220;femme enceinte&#8221;,&lt;/i&gt; poursuit Nora. &lt;i&gt;Malgr&#233; le c&#244;t&#233; f&#233;tichisation, &#231;a m'a fait du bien de voir ces femmes, &#231;a m'a donn&#233; confiance. Un jour, j'avais essay&#233; de cacher mon ventre quand on faisait l'amour...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sexualit&#233; et accouchement, le tabou ultime&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fantasmes, plaisir, pratiques hors du parcours impos&#233; de la p&#233;n&#233;tration vaginale par un p&#233;nis... la sexualit&#233; pendant la grossesse est un sujet peu document&#233;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand on tape &#171; Enqu&#234;te sexualit&#233; grossesse maternit&#233; &#187; sur Internet, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Dans l'imaginaire collectif, la &#171; bonne m&#232;re &#187; doit se tenir &#233;loign&#233;e de ses d&#233;sirs sexuels et d&#233;dier son corps tout entier, de mani&#232;re sacrificielle, &#224; son enfant n&#233;.e ou &#224; na&#238;tre. Mais le tabou ultime, c'est d'envisager que l'accouchement puisse &#234;tre un &#233;v&#233;nement de la sexualit&#233;. Et pourtant : avoir du plaisir, jouir, lib&#232;re de l'ocytocine, une hormone propice au d&#233;clenchement du travail. Quand le terme approche, il n'est pas rare de se passer en douce le mot que faire l'amour, se caresser, &#234;tre mass&#233;e peut mettre en route un accouchement qui se fait attendre. Par ailleurs, quelques femmes racontent s'&#234;tre masturb&#233;es pendant les contractions afin de soulager la douleur, gr&#226;ce &#224; l'action des endorphines&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces endorphines li&#233;es &#224; la jouissance se transmettent aussi au f&#339;tus, au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#8211; il est tout de m&#234;me regrettable que l'interdit moral soit si pesant &#224; ce sujet, surtout quand on conna&#238;t l'intensit&#233; de certaines contractions... Nora, qui devrait accoucher &#224; domicile, a pr&#233;venu sa sage-femme : &#171; &lt;i&gt;Il y a peut-&#234;tre des moments o&#249; j'aurai envie d'&#234;tre seule...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux r&#233;cits d' &#187; accouchement orgasmique &#187;, ils sont rarissimes et discr&#233;dit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Pourtant, en naissant, un b&#233;b&#233; fait pression sur les zones &#233;rog&#232;nes parmi les plus importantes de notre corps (les piliers du clitoris, par exemple),&lt;/i&gt; &#233;crivent les autrices de l'ouvrage &lt;i&gt;Notre corps, nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;d. Hors d'atteinte, 2020.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Il serait donc pour le moins &#233;tonnant qu'aucune femme n'ait jamais joui en accouchant.&lt;/i&gt; &#187; Pauline a v&#233;cu quelque chose de cet ordre &#224; la fin de son deuxi&#232;me accouchement : &#171; &lt;i&gt;La t&#234;te de ma fille est rest&#233;e quelques instants &#224; moiti&#233; sortie de mon vagin, serr&#233;e contre les parois. J'ai trouv&#233; &#231;a tr&#232;s agr&#233;able, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; prise dans une temp&#234;te de contractions tr&#232;s douloureuses. Je n'avais plus cet empressement &#224; ce qu'elle sorte. J'ai vite &#233;t&#233; rattrap&#233;e par la contraction suivante et elle est n&#233;e dans une vague de douceur. Quand je repense &#224; ce moment, &#224; chaque fois, j'ai une excitation qui monte, une &#233;rection &lt;/i&gt;[du clitoris]. &#187; M&#234;me si les raisons pour lesquelles une parturiente&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Femme en train d'accoucher.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; peut ressentir du plaisir sont multiples, et si cela ne doit en aucun cas devenir une &#233;ni&#232;me injonction, trop nombreuses sont celles qui, &#224; l'inverse, ont un v&#233;cu traumatique de leur accouchement &#224; cause de conditions maltraitantes, d&#233;shumanisantes et centr&#233;es sur les besoins des services hospitaliers.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il a fait comme si de rien n'&#233;tait &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la fa&#231;on dont il s'est d&#233;roul&#233;, l'accouchement est un &#233;v&#233;nement qui chamboule beaucoup de choses dans la sexualit&#233;. Et ce, en particulier parce que la p&#233;n&#233;tration vaginale reste quasiment incontournable dans les relations h&#233;t&#233;rosexuelles : &#171; &lt;i&gt;J'ai eu le sentiment de revivre une premi&#232;re fois, j'ai eu mal&lt;/i&gt; &#187; raconte par exemple Sylvie, m&#232;re de deux enfants. Pour son amie Juliette, le premier rapport sexuel, deux mois apr&#232;s la naissance de sa fille il y a sept ans, a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s tr&#232;s compliqu&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Elle raconte : &#171; &lt;i&gt;Je me suis sentie forc&#233;e, j'&#233;tais totalement passive. Mon corps venait de vivre un truc de fou qui te transforme &#224; vie, alors je m'attendais &#224; ce que &#231;a transforme aussi notre sexualit&#233;, que mon compagnon voie mon corps comme ayant port&#233; un enfant et accouch&#233;. Mais lui, il a fait comme si de rien n'&#233;tait, il a fait comme avant.&lt;/i&gt; &#187; Elle ajoute : &#171; &lt;i&gt;J'avais besoin qu'il soit &#224; mon &#233;coute sexuellement. Surtout qu'avant c'est toujours moi qui &#233;tais dans ce r&#244;le. J'ai trouv&#233; &#231;a super violent. &#192; partir de l&#224;, ma sexualit&#233; avec lui est devenue probl&#233;matique. Il avait une forte libido, &#231;a me mettait la pression.&lt;/i&gt; &#187; En parall&#232;le, Juliette d&#233;couvre des &#233;crits f&#233;ministes et se met &#224; questionner la centralit&#233; de la p&#233;n&#233;tration : &#171; &lt;i&gt;On en a beaucoup discut&#233; mais c'est rest&#233; un challenge ind&#233;passable. Si j'avais ouvert les cuisses aussi souvent qu'il le voulait, aujourd'hui on ne serait pas s&#233;par&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un accouchement et en particulier apr&#232;s une &#233;pisiotomie ou une d&#233;chirure p&#233;rin&#233;ale, tout comme dans le reste de la vie, la p&#233;n&#233;tration comme &#171; passage oblig&#233; &#187; pendant les rapports h&#233;t&#233;rosexuels constitue une grande violence pour nombre de femmes, sans &#234;tre jamais questionn&#233;e, ou presque. &#171; &lt;i&gt;Lors d'une visite pour v&#233;rifier comment se portait mon p&#233;rin&#233;e deux mois apr&#232;s l'accouchement, ma sage-femme m'a demand&#233; si on avait repris des rapports sexuels, &lt;/i&gt;explique Asma, qui a accouch&#233; il y a quelques mois. &lt;i&gt;Elle n'a pas pr&#233;cis&#233; &#8220;avec p&#233;n&#233;tration&#8221; tellement c'&#233;tait une &#233;vidence pour elle&#8230; Comme si sans p&#233;n&#233;tration, on ne faisait pas vraiment l'amour. Quand j'ai r&#233;pondu &#8220;oui&#8221;, elle s'est exclam&#233;e &#8220;C'est bien&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&#8221;, avant m&#234;me de me demander si &#231;a m'avait fait mal&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Les femmes sont simplement cens&#233;es s'en accommoder du mieux qu'elles peuvent : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s l'accouchement, si votre corps ne vous le permet pas encore, mieux vaut privil&#233;gier des positions qui offrent une p&#233;n&#233;tration peu intense&lt;/i&gt; &#187;, peut-on ainsi lire dans un article intitul&#233; &#171; Pour une sexualit&#233; &#233;panouie apr&#232;s b&#233;b&#233; &#187; (sic) sur le site &lt;i&gt;MagicMaman.com&lt;/i&gt;. Elles doivent &#233;galement jongler avec l'injonction &#224; ne &#171; reprendre &#187; une sexualit&#233; ni trop tard... ni trop t&#244;t. &#171; &lt;i&gt;&#192; mon initiative, j'ai eu un rapport avec cunni et p&#233;n&#233;tration dix jours apr&#232;s avoir accouch&#233;, &lt;/i&gt;explique Pauline. &lt;i&gt;Lors de la visite un mois apr&#232;s, je n'ai pas os&#233; le dire &#224; la sage-femme. J'avais l'impression que c'&#233;tait honteux, &#231;a faisait un peu la femme obs&#233;d&#233;e par son plaisir sexuel alors qu'elle vient de devenir m&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#199;a brouille la fronti&#232;re maternit&#233;-sexualit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi le rapport &#233;rotique aux seins qui peut changer : &#171; &lt;i&gt;Depuis une op&#233;ration, je ne supportais pas qu'on les touche, qu'on les embrasse,&lt;/i&gt; poursuit Pauline. &lt;i&gt;L'allaitement a compl&#232;tement transform&#233; &#231;a. Les d&#233;buts ont &#233;t&#233; difficiles, j'avais super mal. Mais avec les dix t&#233;t&#233;es par jour, ils se sont &#8220;endurcis&#8221;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Maintenant, mes seins font partie de ma sexualit&#233;, ils me procurent beaucoup de plaisir.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; Asma, elle t&#233;moigne avoir souvent eu, &#224; l'approche d'un orgasme, &#171; &lt;i&gt;les seins qui gonflent, qui durcissent puis des jets de lait puissants qui sortent. La premi&#232;re fois, &#231;a m'a un peu g&#234;n&#233;e vis-&#224;-vis de mon mec. &#199;a brouille la fronti&#232;re maternit&#233;-sexualit&#233;, surtout que dix minutes apr&#232;s j'allaitais &#224; nouveau. Mais c'&#233;tait vraiment tr&#232;s agr&#233;able&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Pour Sylvie, au contraire, &#171; &lt;i&gt;les seins, c'est &#224; mes enfants maintenant. Je ne supporte pas que mon mec en fasse un des organes &#233;rotiques, &#231;a me met en col&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le soir, j'ai juste envie d'&#234;tre enfin seule &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La parentalit&#233; provoque souvent une baisse de libido. Certaines femmes expliquent par exemple que leurs besoins sensuels sont combl&#233;s par leurs enfants, &#224; l'instar d'Asma : &#187; [Mon b&#233;b&#233;]&lt;i&gt; t&#232;te plusieurs fois par jour, tout en caressant mes seins, mon ventre, mon dos avec ses petits doigts.&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi le manque de temps. &#192; cet &#233;gard, les in&#233;galit&#233;s de genre ont une influence consid&#233;rable : &#171; &lt;i&gt;Au-del&#224; de la pression &#224; la p&#233;n&#233;tration, pour moi il y a vraiment une question de disponibilit&#233; diff&#233;rente,&lt;/i&gt; note Sylvie. &lt;i&gt;Mon compagnon, j'ai l'impression qu'il n'est jamais en surcharge cognitive la journ&#233;e, le soir il est dispo pour faire l'amour, passer du temps ensemble, discuter. Alors que moi je suis crev&#233;e, j'ai juste envie d'&#234;tre enfin seule et tranquille.&lt;/i&gt; &#187; Juliette acquiesce, ajoutant que &#171; &lt;i&gt;l'enfer, c'est de se dire que tu ne peux pas l'embrasser sans que &#231;a signifie qu'il faut que &#231;a se termine en rapport sexuel. Parfois, tu as juste envie d'un baiser ou qu'on te l&#232;che le bras. C'est horrible parce que tu te prives d'une sensualit&#233; dont tu as envie et besoin, apr&#232;s avoir donn&#233; tant aux enfants au niveau &#233;motionnel pendant la journ&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire les courses (et pr&#233;parer la liste), cuisiner, faire le m&#233;nage, avoir l'&#339;il sur les horaires ; &#234;tre en lien avec la cr&#232;che, l'&#233;cole et les services sociaux ; suivre les devoirs, changer les couches et donner le bain ; trier les v&#234;tements, organiser les anniversaires&#8230; Dans le couple h&#233;t&#233;rosexuel, si les hommes participaient enfin &#224; hauteur &#233;gale aux t&#226;ches&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'Insee (2010), les femmes accomplissent 72 % des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; et &#224; la charge mentale correspondante, les m&#232;res trouveraient le temps de se tourner vers leurs envies, leurs d&#233;sirs, qu'ils soient sexuels ou autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathilde Bl&#233;zat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Quand on tape &#171; Enqu&#234;te sexualit&#233; grossesse maternit&#233; &#187; sur Internet, le premier r&#233;sultat qui sort est un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Quelle sexualit&#233; pour les hommes pendant la grossesse&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;. Lol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces endorphines li&#233;es &#224; la jouissance se transmettent aussi au f&#339;tus, au cours de la grossesse et de l'accouchement, et le plongent lui aussi dans un &#233;tat de bien-&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;d. Hors d'atteinte, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Femme en train d'accoucher.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon l'Insee (2010), les femmes accomplissent 72 % des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res et 65 % des t&#226;ches parentales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>D&#233;serter le sexe</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Deserter-le-sexe</link>
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		<dc:date>2020-07-20T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>vie</dc:subject>
		<dc:subject>sexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>sexuelle</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
		<dc:subject>j'avais</dc:subject>
		<dc:subject>choix</dc:subject>
		<dc:subject>sexe</dc:subject>
		<dc:subject>vraiment</dc:subject>
		<dc:subject>Alors j'ai</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le sexe est-il un besoin, au m&#234;me titre que boire, manger, respirer ou dormir ? Pourquoi a-t-on si souvent l'impression que notre vie est foutue lorsque l'on n'a plus de sexualit&#233; partag&#233;e pendant un temps ? Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'injonction &#224; baiser est constante, certaines personnes ne ressentent pas ou plus d'attirance sexuelle pour les autres. T&#233;moignage de l'une d'elles. Il y a les personnes qui n'ont jamais eu envie. Celles qui ont renonc&#233;, par lassitude ou &#224; la suite d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le sexe est-il un besoin, au m&#234;me titre que boire, manger, respirer ou dormir&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le psychologue am&#233;ricain Abraham Maslow a th&#233;oris&#233;, dans les ann&#233;es 1940, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? Pourquoi a-t-on si souvent l'impression que notre vie est foutue lorsque l'on n'a plus de sexualit&#233; partag&#233;e pendant un temps ? Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'injonction &#224; baiser est constante, certaines personnes ne ressentent pas ou plus d'attirance sexuelle pour les autres. T&#233;moignage de l'une d'elles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3399 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH621/-1584-85166.jpg?1782639171' width='400' height='621' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pole Ka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a les personnes qui n'ont jamais eu envie. Celles qui ont renonc&#233;, par lassitude ou &#224; la suite d'un traumatisme. Celles qui en ont fait un choix politique. Celles qui...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'&#234;tre &#171; asexuel &#187; ? Il y a, &#233;videmment, autant de mani&#232;res de vivre l'absence de sexualit&#233; partag&#233;e qu'il existe de personnes concern&#233;es. Mais quelques conceptions dominent tout de m&#234;me. &#192; commencer par celle de l'Association pour la visibilit&#233; sexuelle (Ava), qui d&#233;finit l'asexualit&#233; comme &#171; &lt;i&gt;une orientation sexuelle&lt;/i&gt; &#187;, au m&#234;me titre que l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; ou l'homosexualit&#233; par exemple. Selon l'Ava, l'asexualit&#233; est &#171; &lt;i&gt;le fait de ne pas ressentir d'attirance sexuelle&lt;/i&gt; &#187; pour autrui &#8211; un concept &#224; distinguer de l'abstinence qui, elle, serait un choix. D'autres personnes, au contraire, voient clairement leur asexualit&#233; comme le fruit d'une d&#233;cision. Une d&#233;cision parfois motiv&#233;e par le refus du syst&#232;me de valorisation qui accompagne la sexualit&#233; : le triptyque fumeux du &#171; Si tu es baisable, tu es valoris&#233;, donc &#233;panoui &#187;. Un choix politique donc, qui peut aussi reposer sur le rejet des normes physiques et comportementales que v&#233;hicule le sexe, voire sur une critique de l'hypersexualisation publicitaire des corps. Un choix, enfin, qui provient parfois d'une lassitude face &#224; la place d&#233;mesur&#233;e que prend souvent ce sujet dans nos t&#234;tes, dans nos vies et dans nos relations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plong&#233;e dans la trajectoire particuli&#232;re d'une personne asexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un choix ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne sais pas si j'ai compl&#232;tement choisi mon asexualit&#233;. Depuis toute gamine, je n'ai jamais eu de r&#233;el attrait pour le sexe. &#192; neuf ans, j'avais d&#233;j&#224; des formes, des seins et mes r&#232;gles. Surtout, j'avais d'&#233;normes douleurs dans le bas-ventre. J'ai bient&#244;t cinquante ans, et l'ann&#233;e derni&#232;re, on m'a enfin diagnostiqu&#233; une endom&#233;triose&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maladie gyn&#233;cologique caus&#233;e par la pr&#233;sence de cellules de l'endom&#232;tre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le fait de m'&#234;tre construite avec un corps douloureux &#8211; notamment dans la zone p&#233;rin&#233;ale &#8211; a clairement jou&#233; sur ma sexualit&#233;. La p&#233;n&#233;tration me faisait hyper mal. Pendant tr&#232;s longtemps, j'ai pens&#233; que c'&#233;tait juste psychologique, que je n'&#233;tais pas assez excit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, j'ai toujours dissoci&#233; ma sexualit&#233; : je ne pouvais pas coucher avec les personnes dont j'&#233;tais vraiment amoureuse, et il ne m'&#233;tait pas possible de tomber amoureuse de celles avec qui je couchais. La seule fois de ma vie o&#249; les deux ont failli concorder, la personne m'a viol&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai fait comme tout le monde &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#234;me si je m'emmerdais s&#233;v&#232;re dans ma sexualit&#233;, j'ai compris que le sexe &#233;tait un outil de sociabilisation. Alors j'ai fait comme tout le monde. Dans ma vingtaine, je couchais avec plein de gars. Au d&#233;but d'Internet, il y a m&#234;me un moment o&#249; j'ai monnay&#233; &#231;a pour vivre. La mis&#232;re sexuelle que j'ai rencontr&#233;e l&#224;-dedans m'a pas mal d&#233;sesp&#233;r&#233;e. Et puis la sexualit&#233; h&#233;t&#233;ro me paraissait un peu path&#233;tique : ce truc de &#8220;papa dans maman&#8221;, les pr&#233;liminaires qu'on ne consid&#232;re pas comme une sexualit&#233; &#224; part enti&#232;re. J'avais l'impression que certains de mes potes homos avaient une sexualit&#233; bien plus lib&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde parle de sexe tout le temps. Donc, oui, quelque part, j'attendais une r&#233;v&#233;lation. Je pensais qu'il manquait quelque chose &#224; ma vie si je ne connaissais pas de plaisir dans ma sexualit&#233;, et le dit &#8220;orgasme&#8221;. Maintenant, avec le recul, quand j'entends les gens parler de leur vie sexuelle, je me rends compte qu'il y a assez peu de personnes qui se sentent vraiment &#233;panouies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque-l&#224;, j'ai quand m&#234;me continu&#233; &#224; chercher : je me suis mise &#224; partager ma sexualit&#233; avec des filles, plut&#244;t des &lt;i&gt;butches&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les butches sont des lesbiennes qui adoptent des comportements, des allures, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, mais &#231;a ne marchait pas mieux. Et puis j'ai rencontr&#233; des personnes trans, et j'&#233;tais heureuse de pouvoir rencontrer des corps diff&#233;rents. Mais rien n'y faisait, je n'avais toujours pas de r&#233;el plaisir sexuel. Je me suis dit que le probl&#232;me ne venait peut-&#234;tre ni des hommes ni des femmes. Alors je me suis tourn&#233;e vers d'autres pratiques, notamment le BDSM&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bondage, discipline, sadomasochisme.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. En th&#233;orie, c'est int&#233;ressant pour les personnes qui ont v&#233;cu des violences sexuelles, &#231;a permet de travailler le consentement. Mais dans les endroits o&#249; je l'ai pratiqu&#233;, j'en ai vite vu les limites. L'oppression syst&#233;mique dont sont victimes les femmes me semble compliqu&#233;e &#224; d&#233;passer, m&#234;me dans ce genre de pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, rien ne me faisait vraiment monter au plafond. J'avais plus de shoot de plaisir avec du sucre ou de la drogue qu'avec le cul. Je n'ai s&#251;rement pas rencontr&#233; les bonnes personnes au bon moment, notamment &#224; l'adolescence. Et puis je crois que j'aurais aim&#233; qu'on m'explique que la sexualit&#233; n'est pas forc&#233;ment p&#233;n&#233;trative. Finalement, je me suis dit que cette qu&#234;te du plaisir et de l'orgasme n'&#233;tait peut-&#234;tre qu'un fantasme ou que je ne pouvais simplement pas y acc&#233;der. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La pression est retomb&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#234;me si j'ai eu toutes ces exp&#233;riences, je crois que dans le fond, le sexe ne m'a jamais vraiment int&#233;ress&#233;e. Mais je ne trouvais pas le d&#233;clic pour arr&#234;ter. En fait, il n'y a pas un &lt;i&gt;jour&lt;/i&gt; o&#249; j'ai d&#233;cid&#233; d'&#234;tre asexuelle. J'ai juste fait le constat que c'&#233;tait beaucoup trop d'&#233;nergie et de complications, pour trop peu de choses agr&#233;ables. Et il y a clairement une pression qui est retomb&#233;e quand j'ai arr&#234;t&#233; d'avoir une sexualit&#233;. Arriv&#233;e &#224; mon &#226;ge, je sens qu'on est quelques-unes &#224; faire ce choix parce que nos v&#233;cus de femmes n'ont pas &#233;t&#233; tr&#232;s simples. Qu'&#224; presque 50 ans, tu n'es plus sur le &#8220;march&#233;&#8221;, et je n'ai plus envie de jouer avec ces codes. Je consid&#232;re aussi que ce besoin de sexualit&#233; est tr&#232;s culturel, que c'est aussi un instrument patriarcal qui nous ram&#232;ne sans cesse, en tant que femme, sur le terrain de la reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas l'impression d'avoir un manque. Je regrette parfois ce shoot que certaines personnes disent ressentir avec le sexe. Je suis masseuse et j'adore vraiment &#231;a. Pour moi, ce plaisir du massage est finalement bien plus intense que ce que j'ai ressenti quand j'avais une vie sexuelle. Et puis quand je ressens un manque affectif, je me rem&#233;more toutes les complications que mes relations engendraient, et je me sens mieux dans mon choix de couper avec tout &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je voudrais du sexe fluide et simple, sans enjeu affectif. C'est presque comme croire au prince charmant. J'ai bien compris que &#231;a n'existe pas, alors j'ai choisi de d&#233;serter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le psychologue am&#233;ricain Abraham Maslow a th&#233;oris&#233;, dans les ann&#233;es 1940, la fumeuse et d&#233;sormais controvers&#233;e &#171; pyramide des besoins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Maladie gyn&#233;cologique caus&#233;e par la pr&#233;sence de cellules de l'endom&#232;tre (muqueuse de l'ut&#233;rus) en dehors de l'ut&#233;rus. D'apr&#232;s l'Inserm, l'endom&#233;triose touche environ 10 % des femmes et 40 % de celles qui souffrent de douleurs chroniques dans le bas du ventre. Parfois asymptomatique, elle peut aussi provoquer d'intenses douleurs et entra&#238;ner une infertilit&#233;. Elle est souvent diagnostiqu&#233;e tr&#232;s tardivement, des ann&#233;es apr&#232;s l'apparition des premiers sympt&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les &lt;i&gt;butches&lt;/i&gt; sont des lesbiennes qui adoptent des comportements, des allures, des occupations et/ou un habillement associ&#233;s aux hommes dans la culture occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bondage, discipline, sadomasochisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Lib&#233;r&#233;es, d&#233;livr&#233;es, les sexualit&#233;s ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Liberees-delivrees-les-sexualites</link>
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		<dc:date>2020-07-03T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Sarah Fisthole</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>sexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Front homosexuel</dc:subject>
		<dc:subject>d'action r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>homosexuel d'action</dc:subject>
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		<dc:subject>sexualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>FHAR</dc:subject>
		<dc:subject>Front</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Prol&#233;taires de tous les pays, caressez-vous ! &#187; Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le slogan du FHAR, le Front homosexuel d'action r&#233;volutionnaire, affiche en grand l'intention de l'&#233;poque : d&#233;sentraver les corps, d&#233;boulonner les carcans, d&#233;mythifier les tabous autour la sexualit&#233;. L'heure est &#224; la jouissance. Le plaisir f&#233;minin semble enfin obtenir voix au chapitre et les marches revendicatives transpirent la fiert&#233;. On mart&#232;le que l'intime est politique, que nous ne sommes pas seuls dans nos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/proletaires" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Front-homosexuel" rel="tag"&gt;Front homosexuel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-action-revolutionnaire" rel="tag"&gt;d'action r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/homosexuel-d-action" rel="tag"&gt;homosexuel d'action&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grand-l-intention" rel="tag"&gt;grand l'intention&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sexualites" rel="tag"&gt;sexualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/FHAR" rel="tag"&gt;FHAR&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Front" rel="tag"&gt;Front&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/-1574-13219.jpg?1782643834' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Prol&#233;taires de tous les pays, caressez-vous&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, le slogan du FHAR, le Front homosexuel d'action r&#233;volutionnaire, affiche en grand l'intention de l'&#233;poque : d&#233;sentraver les corps, d&#233;boulonner les carcans, d&#233;mythifier les tabous autour la sexualit&#233;. L'heure est &#224; la jouissance. Le plaisir f&#233;minin semble enfin obtenir voix au chapitre et les marches revendicatives transpirent la fiert&#233;. On mart&#232;le que l'intime est politique, que nous ne sommes pas seuls dans nos draps, qu'&#224; coup d'interdit et de prescrit, la soci&#233;t&#233; s'invite dans nos &#233;bats. Si elle a pu &#234;tre v&#233;cue comme une rupture anthropologique majeure, la &#171; r&#233;volution sexuelle &#187; se r&#233;veille, cinq d&#233;cennies plus tard, avec la gueule de bois.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Car si le sexe est sur toutes les l&#232;vres, la fa&#231;on dont il se vit suinte toujours le diktat : transform&#233; en imp&#233;ratif, le droit &#224; s'envoyer en l'air a perdu en route une partie de sa port&#233;e &#233;mancipatrice. C'est que pour acc&#233;der au rang d'individu lib&#233;r&#233;, il y a des cases &#224; cocher : notre d&#233;sir devrait &#234;tre r&#233;gl&#233; comme du papier &#224; musique, nos jouissances parfaitement sym&#233;triques, nos orgasmes syst&#233;matiques. Un programme qui rel&#232;ve du fantasme et ne r&#233;siste pas un instant &#224; l'&#233;preuve de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, &#171; &lt;i&gt;ne pas croire qu'en disant oui au sexe, on dit non au pouvoir&lt;/i&gt; &#187; &#233;crivait d&#233;j&#224; Michel Foucault en 1976. On mesure aujourd'hui la port&#233;e du propos. Penser que la sexualit&#233; est un espace qui peut &#233;chapper aux rapports de dominations qui gangr&#232;nent tous les pans de la vie sociale est, au mieux, une chim&#232;re. &#171; &lt;i&gt;La sexualit&#233; (des femmes, des jeunes, des gays...) a &#233;t&#233; moins lib&#233;r&#233;e ou &#233;mancip&#233;e que soumise &#224; de nouveaux dispositifs de prise en charge et d'encadrement&lt;/i&gt; &#187;, peut-on lire sous la plume des philosophes Alain Bros&#8202;sat et Alain Naze&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ordo Sexualis. R&#233;flexions sur l'ordre (et le d&#233;sordre) sexuel, Eterotopia (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, s'attarder un instant sur la question du d&#233;sir f&#233;minin h&#233;t&#233;ro est &#233;clairant. Puisque les femmes auraient aujourd'hui le droit &#224; une sexualit&#233; lib&#233;r&#233;e, on entend mal qu'elles puissent avoir moins envie de sexe que leurs partenaires. Loin du terrain glissant de l'essentialisation qui laisse penser qu'elles seraient programm&#233;es bio&#8202;lo&#8202;gique&#8202;ment pour moins d&#233;sirer, une part d'explication pragmatique : on l'ou blie souvent, mais pour s'exprimer, ledit d&#233;sir a besoin d'espace. Un imp&#233;ratif difficilement compatible avec la charge mentale qui envahit trop souvent les pens&#233;es des femmes, tuant fr&#233;quemment leurs envies dans l'&#339;uf.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;En bousculant les normes patriarcales, la communaut&#233; &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt; invite quant &#224; elle &#224; d&#233;sali&#233;ner les sexualit&#233;s. Parce que le sexe entre femmes implique de repenser la phallo-centralit&#233; du plaisir ou que les rapports gays remettent en partie en question l'existence d'une &#171; nature masculine &#187; pr&#233;suppos&#233;e, la sexualit&#233; &#224; la sauce &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt; porte en elle une lueur d'espoir r&#233;jouissante. Sauf que les projections se frottent &#224; une r&#233;alit&#233; qui fait tout de suite moins mouiller : parce que s'affranchir des normes int&#233;rioris&#233;es est un chantier, il est illusoire de penser que ces sexualit&#233;s ne sont pas elles aussi travers&#233;es par les rapports de domination et les strat&#233;gies de conqu&#234;te du corps de l'autre. Que la question des violences a &#233;t&#233; compl&#232;tement &#233;vacu&#233;e et l'h&#233;t&#233;ronormativit&#233; balay&#233;e.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des mecs cis&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont le genre ressenti correspond au sexe qui leur a &#233;t&#233; assign&#233; &#224; la naissance.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et h&#233;t&#233;ros, le patriarcat asphyxie aussi. Parce que ces hommes sont pri&#233;s de cultiver la performance et de prendre leur pied dans une sexualit&#233; de pouvoir ; jouir et &#171; faire jouir &#187; sont davantage pens&#233;s comme les garants d'une virilit&#233; fantasm&#233;e que comme une v&#233;ritable invitation aux plaisirs partag&#233;s. Pour ceux qui s'attellent &#224; d&#233;construire ce mythe fumeux de la virilit&#233; et qui sont attentifs &#224; la question du consentement, aborder la sexualit&#233; de mani&#232;re d&#233;complex&#233;e ne va pas forc&#233;ment de soi. Car si la position de dominant a quelque chose de confortable et qu'il n'est pas question de dire ici que certains parviennent &#224; n'en tirer jamais aucun profit, appartenir au camp de l'oppresseur est aussi le terrain fertile &#224; une certaine culpabilit&#233; &#8211; parfaite pour &#233;touffer le d&#233;sir et encha&#238;ner le plaisir.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;En lib&#233;rant la sexualit&#233; de sa dimension procr&#233;ative, la contraception &#233;tait cens&#233;e garantir aux h&#233;t&#233;ros l'acc&#232;s au septi&#232;me ciel. Mais au fil des ann&#233;es, les promesses d'&#233;mancipation se sont peu &#224; peu effiloch&#233;es. Si s'autoriser &#224; jouir sans que plane le risque de grossesse non d&#233;sir&#233;e constitue en soi une lib&#233;ration, cette r&#233;volution restera imparfaite tant que la contraception continuera &#224; n'&#234;tre que l'affaire des femmes : plus de cinquante ans apr&#232;s la loi Neuwirth, c'est toujours &#224; elles que revient cette charge&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En tant que femme, g&#233;rer soi-m&#234;me la contraception est aussi une fa&#231;on de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le d&#233;veloppement de la contraception masculine n'est toujours pas &#224; l'agenda des politiques de sant&#233; publique et les hommes s'emparent globalement peu du sujet. C'est donc aux femmes de gober quotidiennement des pilules qui ravagent leur libido et mettent potentiellement leur sant&#233; en danger, d'accepter les st&#233;rilets, les implants et leurs &lt;i&gt;shoots&lt;/i&gt; d'hormones permanents. Si on leur assigne cette responsabilit&#233;, on leur &#171; conc&#232;de &#187; paradoxalement moins le droit de d&#233;cider par et pour elles-m&#234;mes. Combien se sont vu refuser la pose d'un st&#233;rilet en cuivre parce qu'elles n'avaient jamais &#233;t&#233; enceintes ? Combien ont essuy&#233; le m&#233;pris d'un m&#233;decin apr&#232;s avoir expliqu&#233; utiliser la m&#233;thode du retrait &#8211; en en pesant les risques et en assumant les cons&#233;quences potentielles ?&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;C'est un fait : la lib&#233;ration sexuelle est inachev&#233;e. Le corps des femmes ne leur appartient toujours pas compl&#232;tement : au cours d'une seule ann&#233;e, &#171; &lt;i&gt;le nombre de femmes &#226;g&#233;es de 18 &#224; 75 ans qui sont victimes de viols et de tentatives de viol est de 84 000&lt;/i&gt; &#187;, note Val&#233;rie Rey-Robert dans son livre &lt;i&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise &lt;/i&gt;(Libertalia, 2019). Un ouvrage dans lequel l'autrice rappelle au passage qu'il est temps d'en finir avec la figure du violeur, qui serait forc&#233;ment l'autre, l'&#171; &lt;i&gt;&#233;tranger, en marge de la soci&#233;t&#233;, au sens strict &#8220;en banlieue&#8221;, c'est-&#224;-dire tout autour de nous, en p&#233;riph&#233;rie mais jamais au centre, au c&#339;ur de ce que nous reconnaissons comme un nous collectif acceptable&lt;/i&gt; &#187;. Tabou devant l'&#233;ternel, le viol conjugal peine encore &#224; &#234;tre pens&#233;. Pas &#233;tonnant quand on sait qu'en France, il aura fallu attendre 2006 pour que la pr&#233;somption de consentement au sein du couple ne soit plus inscrite dans le droit&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Devoir conjugal contre viol conjugal : histoire d'une reconnaissance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Parce qu'identifier son consentement et respecter celui des autres s'apprend, s'&#233;duquer mutuellement constitue une partie de la solution. Ouvrir des espaces de paroles, des zones d'autonomie et d'exp&#233;rimentations sont autant de mani&#232;res de poser ensemble les jalons de sexualit&#233;s heureuses. Et puisque le rapport &#224; ces questions se tisse aussi dans l'enfance, l'&#233;ducation des plus jeunes fait partie de ces terrains &#224; ne pas d&#233;serter. Pour ne pas laisser le champ libre aux magnats du porno &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; qui distillent l'id&#233;e qu'une femme ne jouirait que dans la soumission, qui f&#233;tichisent les rapports lesbiens et restreignent les imaginaires masculins. Pour ne pas laisser croire aux ados que la sexualit&#233; n'est qu'affaire de gestion de risques. Pour cultiver et d&#233;fendre l'id&#233;e que le sexe v&#233;cu dans le respect, l'&#233;coute et l'envie de partager, c'est aussi de la balle. Que si la sexualit&#233; &#171; &lt;i&gt;peut &#234;tre le creuset de l'oppression, elle est ce par quoi il &lt;/i&gt;[est] &lt;i&gt;possible de s'&#233;manciper&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Elsa Dorlin : &#8220;Le f&#233;minisme a pour ambition de r&#233;volutionner la soci&#233;t&#233;&#8221; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Qu'elle invite &#224; exploser les cadres et d&#233;jouer les codes, &#224; nourrir des solidarit&#233;s dans les corps entrelac&#233;s, &#224; tutoyer le plaisir sans culpabiliser, &#224; sans cesse (r&#233;)inventer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ordo Sexualis. R&#233;flexions sur l'ordre (et le d&#233;sordre) sexuel&lt;/i&gt;, Eterotopia France, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dont le genre ressenti correspond au sexe qui leur a &#233;t&#233; assign&#233; &#224; la naissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En tant que femme, g&#233;rer soi-m&#234;me la contraception est aussi une fa&#231;on de conserver le pouvoir sur son propre corps.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.franceculture.fr/droit-justice/devoir-conjugal-contre-viol-conjugal-histoire-dune-reconnaissance-laborieuse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Devoir conjugal contre viol conjugal : histoire d'une reconnaissance laborieuse&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;FranceCulture.fr&lt;/i&gt; (03/09/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/societe/elsa-dorlin-le-feminisme-pour-ambition-de-revoluti-547111#:~:text=9%20Ao%C3%BBt%2C%202013-,Elsa%20Dorlin%20%22Le%20f%C3%A9minisme%20a%20pour%20ambition%20de%20r%C3%A9volutionner%20la,id%C3%A9ologie%20lib%C3%A9rale%20et%20au%20racisme.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Elsa Dorlin : &#8220;Le f&#233;minisme a pour ambition de r&#233;volutionner la soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;&#8221; &#187;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; (09/08/2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;189</title>
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		<description>
&lt;p&gt;En couverture : &#171; La sexualit&#233; est un sport de combat &#187; (illustration : Jean Codo &amp; Zam Zam) Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner... &#192; chaud Covid-19 : la Kanaky toujours malade du colonialisme &#8211; La crise sanitaire a rappel&#233; de mauvais souvenirs aux Kanak, qui avaient &#233;t&#233; quasiment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sarah-Fisthole" rel="tag"&gt;Sarah Fisthole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mc-McGill" rel="tag"&gt;Mc McGill&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marion-Jdanoff" rel="tag"&gt;Marion Jdanoff&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences-policieres-1346" rel="tag"&gt;violences polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fred-Hampton" rel="tag"&gt;Fred Hampton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Black-Panthers" rel="tag"&gt;Black Panthers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maurice-Rajsfus" rel="tag"&gt;Maurice Rajsfus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/George-Floyd" rel="tag"&gt;George Floyd&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policieres" rel="tag"&gt;polici&#232;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3164-386db.jpg?1782704131' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; La sexualit&#233; est un sport de combat &#187; (illustration : Jean Codo &amp; Zam Zam)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre kiosquier&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; chaud&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-Kanaky-toujours-malade-du' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Covid-19 : la Kanaky toujours malade du colonialisme&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; La crise sanitaire a rappel&#233; de mauvais souvenirs aux Kanak, qui avaient &#233;t&#233; quasiment d&#233;cim&#233;s &#224; l'arriv&#233;e des colons (et de leurs maladies). Sur fond de n&#233;ocolonisation par la dette, un nouveau r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination se tiendra en octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Violences polici&#232;res : ce que Maurice Rajsfus fut&lt;/strong&gt; &#8211; Rescap&#233; de la rafle du V&#233;l' d'Hiv', Maurice Rajsfus a document&#233; les abus de la police pendant des d&#233;cennies. Il est d&#233;c&#233;d&#233; le 13 juin, jour d'une immense manifestation parisienne contre les violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Violences polici&#232;res &amp; racisme aux &#201;tats-Unis (dossier de 6 pages)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Off the pig !&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis le meurtre de George Floyd, la soci&#233;t&#233; &#233;tatsunienne se trouve &#224; un point de bascule historique. Soit elle conforte la pente fasciste du trumpisme, soit elle lui oppose l'abolition du syst&#232;me p&#233;nal afin d'en finir avec les violences polici&#232;res racistes et l'incarc&#233;ration de masse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L472xH400/-1576-985ad.jpg?1782675212' width='472' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mc McGill
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Incarc&#233;ration de masse : la nouvelle s&#233;gr&#233;gation&lt;/strong&gt; &#8211; De tous les pays du monde, les &#201;tats-Unis sont celui qui emprisonne le plus. Avec pour c&#339;ur de cible les personnes racis&#233;es et pauvres. Apr&#232;s l'esclavage et les lois s&#233;gr&#233;gationnistes, l'incarc&#233;ration de masse est le nouvel avatar des oppressions raciales : telle est l'id&#233;e-force du documentaire &lt;i&gt;13th&lt;/i&gt;. &#192; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Apr&#232;s George Floyd, l'id&#233;e d'abolir la police gagne du terrain&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis le meurtre de George Floyd, la police &#233;tatsunienne est sur la sellette. Sous la pression de la rue, municipalit&#233;s et &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s multiplient les mesures de r&#233;forme. Insuffisant pour une importante partie des manifestants : ne croyant pas &#224; la possibilit&#233; d'une &#171; bonne police &#187;, ils demandent tout simplement son abolition. Professeure assistante en justice criminelle &#224; la California State University, Gwenola Ricordeau milite de longue date pour l'abolition du syst&#232;me p&#233;nal. Elle livre ici son analyse sur ce moment in&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fred Hampton, l'&#233;toile filante des Black Panthers&lt;/strong&gt; &#8211; Californie, 1966. En r&#233;ponse aux violences polici&#232;res se cr&#233;e le parti des Black Panthers. Deux ans plus tard, un jeune leader charismatique &#233;merge &#224; Chicago : Fred Hampton, vite fauch&#233; dans son sommeil par les balles de la police, le 4 d&#233;cembre 1969, &#224; l'&#226;ge de 21 ans. &#192; travers cet assassinat et un long cort&#232;ge d'autres, le message de l'Am&#233;rique blanche est limpide : &#171; &lt;i&gt;Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs mod&#233;r&#233;s que s'ils succombent &#224; l'enseignement r&#233;volutionnaire, ils seront des r&#233;volutionnaires morts&lt;/i&gt; &#187;, disait Edgar Hoover, patron du FBI. R&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH630/-1577-db856.jpg?1782639309' width='400' height='630' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gwen Tomahawk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;meute et au-del&#224; : &#171; Intimer une limite au pouvoir &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Kristian Williams est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la police aux &#201;tats-Unis, dont &lt;i&gt;Our Enemies in Blue : Police and Power in America&lt;/i&gt; (2004). Il commente ici la situation bouillonnante des villes am&#233;ricaines, l'apport des &#233;meutes au rapport de forces et diff&#233;rentes probl&#233;matiques militantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lib&#233;r&#233;es, d&#233;livr&#233;es, les sexualit&#233;s ? (dossier de 17 pages)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt; &#8211; Si elle a pu &#234;tre v&#233;cue comme une rupture anthropologique majeure, la &#171; r&#233;volution sexuelle &#187; se r&#233;veille, cinq d&#233;cennies plus tard, avec la gueule de bois. Car si le sexe est sur toutes les l&#232;vres, la fa&#231;on dont il se vit suinte toujours le diktat : transform&#233; en imp&#233;ratif, le droit &#224; s'envoyer en l'air a perdu en route une partie de sa port&#233;e &#233;mancipatrice...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/-1578-4a5e9.jpg?1782687252' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;F&#233;minisme &amp; soumission &#8211; Jouir : avec ou sans entraves ?&lt;/strong&gt; &#8211; Peut-on monter au cr&#233;neau contre les violences conjugales et grimper aux rideaux &#224; la moindre fess&#233;e ? D&#233;noncer la culture du viol tout en en faisant un objet de fantasme ? Se dresser contre la domination masculine et &#234;tre excit&#233;e &#224; l'id&#233;e de sentir son corps entrav&#233; ? Bref, peut-on &#234;tre f&#233;ministe et &#171; coucher patriarcal &#187; ? La question reste ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Viril &#233;tait une fois dans l'Ouest &#8211; Trouble dans le slip&lt;/strong&gt; &#8211; La question est complexe, n'annulant en rien de rien des si&#232;cles d'oppression masculine. Mais le mod&#232;le viriliste qui impr&#232;gne nos soci&#233;t&#233;s a aussi des cons&#233;quences n&#233;gatives sur les habitants de la plan&#232;te zob. Et sur leur sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Violences sexuelles : penser l'apr&#232;s&lt;/strong&gt; &#8211; Comment continuer &#224; d&#233;sirer, aimer, s'extasier apr&#232;s avoir &#233;t&#233; agress&#233;e ? Si la trace des violences ne s'efface jamais, certaines femmes parviennent &#224; tisser, autour du traumatisme, un nouveau lien avec leur sexualit&#233;. Parmi des milliers d'histoires, toutes diff&#233;rentes, celle de Fanny et celle d'Emma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Contre le patriarcat : carnets de luttes sexuelles&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis pr&#232;s de cinq ans, Nina Faure et Y&#233;l&#233;na Perret travaillent sur la sexualit&#233; comme enjeu f&#233;ministe. Pour l'actualisation du manuel &lt;i&gt;Notre corps, nous-m&#234;mes&lt;/i&gt; et la r&#233;alisation du documentaire &lt;i&gt;Le Plaisir f&#233;minin&lt;/i&gt;, elles ont recueilli des centaines de t&#233;moignages de femmes cisgenres, mais aussi de personnes trans et non binaires. Compilant lectures et enqu&#234;tes, elles ont tent&#233; de tracer une perspective r&#233;volutionnaire pour abolir le patriarcat... dans la sexualit&#233;, pour commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;P&#233;n&#233;tration, j'&#233;cris ton nom&lt;/strong&gt; &#8211; Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Histoire : dans les Pyr&#233;n&#233;es, &#171; la libert&#233; sexuelle existait plus qu'ailleurs &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Sp&#233;cialiste des soci&#233;t&#233;s traditionnelles pyr&#233;n&#233;ennes, la chercheuse Isaure Gratacos estime que la femme y a b&#233;n&#233;fici&#233;, pendant des si&#232;cles, d'un &#171; &lt;i&gt;statut exceptionnel en Europe&lt;/i&gt; &#187;. Si une a&#238;n&#233;e &#233;pousait un cadet, c'est ce dernier qui prenait le nom de la &#171; maison &#187; de sa partenaire. Quant au dogme de la virginit&#233; pr&#233;nuptiale, il n'existait pas. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH529/-1579-bd36c.jpg?1782644164' width='400' height='529' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marion Jdanoff
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Un processus historique inachev&#233; : l'autre r&#233;vo. cul&lt;/strong&gt; &#8211; Rien &#224; voir avec la purge orchestr&#233;e par le Grand Timonier chinois au tournant des ann&#233;es 1960 et 1970 ! La r&#233;volution sexuelle qui a marqu&#233; les pays occidentaux sur deux d&#233;cennies jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1980 avait pour moteur et pour finalit&#233; l'&#233;mancipation individuelle via la promotion du corps et des plaisirs charnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sexualit&#233; &amp; maternit&#233; : des jets de lait puissants&lt;/strong&gt; &#8211; Grossesse, accouchement et post-partum modifient tr&#232;s souvent le rapport des femmes &#224; leur sexualit&#233;. Pics ou chutes de libido, plaisir et douleur, fronti&#232;re mouvante entre maternit&#233; et sexualit&#233;... Les questionnements abondent, et les v&#233;cus diff&#232;rent. &#192; travers les paroles de six femmes, plong&#233;e dans une diversit&#233; qui bouscule la figure tut&#233;laire de la m&#232;re &#171; pure &#187; et d&#233;vou&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Asexualit&#233; : d&#233;serter le sexe&lt;/strong&gt; &#8211; Le sexe est-il un besoin, au m&#234;me titre que boire, manger, respirer ou dormir&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le psychologue am&#233;ricain Abraham Maslow a th&#233;oris&#233;, dans les ann&#233;es 1940, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? Pourquoi a-t-on si souvent l'impression que notre vie est foutue lorsque l'on n'a plus de sexualit&#233; partag&#233;e pendant un temps ? Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'injonction &#224; baiser est constante, certaines personnes ne ressentent pas ou plus d'attirance sexuelle pour les autres. T&#233;moignage de l'une d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sexe &amp; handicap : tous les corps sont d&#233;sirables&lt;/strong&gt; &#8211; Dans une soci&#233;t&#233; qui exclut les corps qu'elle consid&#232;re comme dysfonctionnels, la question de l'assistanat sexuel divise. Entre ceux qui associent ce service &#224; de la prostitution et ceux qui consid&#232;rent qu'il rentre dans le cadre de la compensation du handicap, des voix s'&#233;l&#232;vent et avancent d'autres arguments &#8212; ou affirment que ce d&#233;bat est avant tout un &#233;cran de fum&#233;e. Tour d'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lettre &#224; mes amis p&#233;d&#233;s cisgenres &lt;/strong&gt; &#8211; Mario est un homme trans, assign&#233; au genre f&#233;minin &#224; sa naissance. Sa sexualit&#233; de mec qui aime les hommes est marqu&#233;e par un corps diff&#233;rent. Dans cette lettre qui parle d'amour, de solitude et de violences, Mario aborde son rapport au cruising, l'art de la drague entre hommes dans les lieux publics. Un r&#233;cit intime des bouleversements qui le traversent et de ses questions rest&#233;es pour l'instant sans r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une sous-culture gay, les &#171; ours &#187; &#8211; &#171; Il n'existe pas de &#8220;vrai homme&#8221; &#187; &lt;/strong&gt; &#8211; N&#233;e dans les ann&#233;es 1980 au sein de la communaut&#233; gay californienne, la sous-culture bear (ours) sublime les corps gros et poilus. En jouant avec les codes de la masculinit&#233; traditionnelle, les bears d&#233;boulonnent le mythe de la soi- disant &#171; nature masculine &#187;, qui se veut h&#233;t&#233;rosexuelle et virile. Entretien avec le sociologue Javier S&#225;ez del &#193;lamo, activiste gay espagnol... et bear.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Prostitution : derri&#232;re la porte du club&lt;/strong&gt; &#8211; Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Depuis le nord, Sud Radio &#233;met &#224; l'extr&#234;me droite&lt;/strong&gt; &#8211; Cons&#233;quence de son rachat par la soci&#233;t&#233; Fiducial, mastodonte de l'expertise comptable, &#171; la radio du Sud &#187; est d&#233;sormais enti&#232;rement r&#233;alis&#233;e &#224; Paris. Sans le moindre accent m&#233;ridional mais avec la pr&#233;tention de &#171; parler vrai &#187;, ses dirigeants ont ouvert les micros en grand &#224; la &#171; pol&#233;mique &#187;. Entendez : &#224; la banalisation des id&#233;es d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les clich&#233;s ont la peau dure&lt;/strong&gt; &#8211; Vous avez pu les croiser de-ci de-l&#224; dans les colonnes de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, tant ces chasseurs d'images sont des habitu&#233;s des luttes sociales, qu'ils photographient avec une approche militante revendiqu&#233;e. Et c'est donc avec grand plaisir que l'on parle ici du travail de Serge d'Ignazio, Tomagnetik et Pabloc. D'autant que l'occasion est excellente, puisqu'on peut d&#233;couvrir leur sensibilit&#233; via trois livres bien p&#234;chus tout juste sortis chez Niet ! &#233;ditions : &lt;i&gt;Gilets jaunes &#224; Paris&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;La Bataille de la Plaine&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Col&#232;re jaune (ronds-points en Is&#232;re)&lt;/i&gt;. Pr&#233;sentation et discussion, o&#249; chacun des trois photographes pr&#233;sente un de ses clich&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : &#233;cologie libertaire ou d&#233;solation&lt;/strong&gt; &#8211; Si vous n'avez pas profit&#233; du confinement pour faire le plein de lectures s&#233;ditieuses grisantes invitant &#224; refa&#231;onner le monde, il vous reste les d&#233;rives des mois d'&#233;t&#233; pour vous rattraper, mille marmites ! Avec notamment plein de bouquins de et sur le tribun insurg&#233; Murray Bookchin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fiction : &#171; Cauchemar entrep&#244;t &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Au programme ce soir : une nouvelle d'anticipation o&#249; l'hologramme de Philippe Etchebest, le chef de l'&#233;mission Cauchemar en cuisine, joue le Big Brother harcelant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-a-peur-de-la-police' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tout le monde a peur de la police, m&#234;me Castaner&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;) / &lt;strong&gt;Mots crois&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3384 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH255/-1571-ce0c9.jpg?1782687252' width='180' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;189 de CQFD, illustr&#233;e par Jean Codo &amp; Zam Zam
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Le n&#176;189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est en kiosque du 3 juillet au 3 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ce num&#233;ro est disponible chez pr&#232;s de 3 000 marchands de journaux partout en France. Pour retrouver les points de vente pr&#232;s de chez vous, &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour recevoir les prochains num&#233;ros dans votre bo&#238;te aux lettres, vous avez la possibilit&#233; de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_3385 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-23.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 691.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783456042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;189 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le psychologue am&#233;ricain Abraham Maslow a th&#233;oris&#233;, dans les ann&#233;es 1940, la fumeuse et d&#233;sormais controvers&#233;e &#171; pyramide des besoins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prison pour femmes : cachez ce d&#233;sir que je ne saurais voir</title>
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		<dc:date>2019-08-21T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans son livre La sexualit&#233; en prison de femmes, la sociologue Myriam Jo&#235;l l&#232;ve le voile sur un univers carc&#233;ral au f&#233;minin o&#249; le sexisme r&#232;gne en ma&#238;tre. Trois ans. C'est le temps que Myriam Jo&#235;l a pass&#233; aupr&#232;s des d&#233;tenues et des professionnels de sept &#233;tablissements p&#233;nitenciers fran&#231;ais. Dans le cadre de sa th&#232;se, celle qui est aujourd'hui docteure en sociologie s'est pench&#233;e sur l'&#233;pineuse question de la sexualit&#233; des femmes emprisonn&#233;es. Cet objet de recherche, ill&#233;gitime s'il en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son livre &lt;i&gt;La sexualit&#233; en prison de femmes&lt;/i&gt;, la sociologue Myriam Jo&#235;l l&#232;ve le voile sur un univers carc&#233;ral au f&#233;minin o&#249; le sexisme r&#232;gne en ma&#238;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3016 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH616/-1252-5dafb.jpg?1782641148' width='400' height='616' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nadia Berz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;T&lt;/span&gt;rois ans. C'est le temps que Myriam Jo&#235;l a pass&#233; aupr&#232;s des d&#233;tenues et des professionnels de sept &#233;tablissements p&#233;nitenciers fran&#231;ais. Dans le cadre de sa th&#232;se, celle qui est aujourd'hui docteure en sociologie s'est pench&#233;e sur l'&#233;pineuse question de la sexualit&#233; des femmes emprisonn&#233;es. Cet objet de recherche, ill&#233;gitime s'il en est, s'attaque de front &#224; deux tabous majeurs : le d&#233;sir f&#233;minin et les femmes incarc&#233;r&#233;es. De ces rencontres et de ces r&#233;flexions, Myriam Jo&#235;l a tir&#233; un livre, &lt;i&gt;La Sexualit&#233; en prison de femmes&lt;/i&gt;, paru en 2017 aux Presses de Sciences Po, qui jette un peu de lumi&#232;re sur un syst&#232;me carc&#233;ral agissant comme un &#171; &lt;i&gt;puissant relais des st&#233;r&#233;otypes de genre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une jupe plut&#244;t qu'un jean&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La s&#339;ur d'Alice, je lui ai dit qu'elle pouvait avoir des rapports, je lui ai expliqu&#233;, je lui ai dit les trucs pour pouvoir le faire. La derni&#232;re fois je l'ai vue en jupe et elle avait une montre qui fait chronom&#232;tre.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les t&#233;moignages sont issus des recherches de Myriam Jo&#235;l.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Quand Myriam Jo&#235;l rencontre Lilou, cela fait quatre mois que cette derni&#232;re est incarc&#233;r&#233;e. Assez de temps pour conna&#238;tre les combines et pouvoir rencarder les nouvelles arriv&#233;es. Le but ? D&#233;jouer la vigilance des surveillant.es quand vient l'heure des visites et que le d&#233;sir se fait palpable. Ruser. Porter une jupe plut&#244;t qu'un jean, tenter de se laisser aller au plaisir et d'en donner tout en gardant un &#339;il sur le ou la surveillant.e affair&#233;.e &#224; lire un livre ou r&#233;gler un conflit &#224; quelques m&#232;tres de soi. L'exercice semble ardu et, finalement, peu de femmes bravent l'interdit. Certaines disent botter en touche parce que &#171; &lt;i&gt;les conditions qui leur donnent envie ne sont pas r&#233;unies&lt;/i&gt; &#187;, d'autres ne s'y frottent pas par peur de la sanction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de sexualit&#233; en prison, les r&#232;gles du jeu sont floues. Seule r&#233;f&#233;rence qui vaille, le code de proc&#233;dure p&#233;nale stipule que &#171; &lt;i&gt;le fait, pour une personne d&#233;tenue&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;, d'imposer &#224; la vue d'autrui des actes obsc&#232;nes ou susceptibles d'offenser la pudeur&lt;/i&gt; &#187; constitue une faute disciplinaire. D'apr&#232;s Myriam Jo&#235;l, &#171; &lt;i&gt;la loi est tellement large que chaque surveillant.e s'en saisit un peu &#224; sa mani&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Dans les faits, les sanctions pour atteinte &#224; la pudeur sont rares. Le plus souvent, les maton.nes se contentent de jouer les p&#233;dagogues : &#171; &lt;i&gt;Lors de leurs interventions, &lt;/i&gt;d&#233;crypte la sociologue,&lt;i&gt; les agents incitent non seulement les d&#233;tenues &#224; respecter autrui, mais &#233;galement &#224; se respecter elles-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187; De quoi faire perdurer une image aussi vivace qu'&#233;cul&#233;e qui voudrait qu'une &#171; fille bien &#187; ne se vautre pas publiquement dans la luxure.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La femme peut plus m&#233;caniquement se retenir, les hommes non &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les prisons fran&#231;aises, le seul espace d&#233;volu &#224; l'intimit&#233; des d&#233;tenu.&#8202;es et de leur conjoint.e est celui des UVF, les unit&#233;s de vie familiale. Dans ces petits appartements am&#233;nag&#233;s dans l'enceinte p&#233;nitentiaire, les couples et les familles peuvent se retrouver pour quelques heures ou quelques jours &lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une visite en UVF peut durer de six &#224; soixante-douze heures.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et tenter de recr&#233;er un ersatz de vie familiale. Inaugur&#233;es pour la premi&#232;re fois &#224; Rennes en 2003, ces infrastructures sont encore loin d'&#233;quiper toutes les prisons : en 2016, seules 28 des 188 ge&#244;les fran&#231;aises en &#233;taient pourvues. L'acc&#232;s &#224; ces espaces ne se fait pas non plus sans restrictions : &#171; &lt;i&gt;Seuls les partenaires pouvant attester de la solidit&#233; de leur union en b&#233;n&#233;ficient&lt;/i&gt; &#187;, indique Myriam Jo&#235;l. L'administration p&#233;nitentiaire (AP) n'h&#233;site d'ailleurs pas &#224; mener l'enqu&#234;te. Des v&#233;rifications qui, pour la sociologue, font en substance &#171; &lt;i&gt;la promotion d'une sexualit&#233; f&#233;minine d&#233;pendante d'une relation conjugale exclusive&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque Myriam Jo&#235;l aborde la question de la mise en place de parloirs intimes qui permettraient aux couples de se retrouver quelques heures dans une chambre comme cela se fait d&#233;j&#224; en Espagne, au Mexique ou au Danemark, les r&#233;actions des professionnel.les comme des d&#233;tenues ne se font pas attendre : &#171; &lt;i&gt;d&#233;gradant&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;humiliant&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;sordide&lt;/i&gt; &#187;, le concept est loin de faire l'unanimit&#233;. Pour la chercheuse, ces r&#233;actions sont elles aussi &#224; comprendre &#224; la lumi&#232;re de &#171; &lt;i&gt;l'injonction sociale pour les femmes &#224; inscrire leur sexualit&#233; dans la vie conjugale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains acteurs et certaines actrices de l'AP s'accordent tout de m&#234;me &#224; dire qu'une vie sexuelle &#233;panouie est un droit pour tout &#234;tre humain &lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cens&#233; &#234;tre garanti par la Convention europ&#233;enne des droits de l'homme.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Mais pas pour autant de quoi faire bouger les lignes. En outre, de l'avis quasi g&#233;n&#233;ral, les femmes souffriraient moins du manque sexuel que les hommes. Une infirmi&#232;re psychologue a d'ailleurs expliqu&#233; &#224; Myriam Jo&#235;l que &#171; &lt;i&gt;la femme peut plus m&#233;caniquement se retenir, les hommes non. On le dit souvent, nous c'est plus intellectuel, on en convient tous que c'est comme &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Un constat &#224; l'emporte-pi&#232;ce qui n'assure du reste pas aux hommes incarc&#233;r&#233;s de voir leur libido trait&#233;e avec plus de respect.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un tabou &#224; deux vitesses&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Leur sexualit&#233;, c'est presque leur intimit&#233; ultime. Elles n'en ont plus beaucoup, donc je trouve que c'est un peu d&#233;licat de franchir ce dernier seuil.&lt;/i&gt; &#187; Pour Amandine comme pour la majorit&#233; de ses coll&#232;gues surveillant.&#8202;es, pas question de parler v&#233;ritablement de sexualit&#233; avec les d&#233;tenues. Car quand il s'agit d'autre chose que de d&#233;biter des propos lubriques &lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s la sociologue, en prison pour femmes, le sujet du sexe est sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, les agent.es p&#233;nitentiaires se parent d'une pudeur toute virginale. Myriam Jo&#235;l se souvient que m&#234;me les psychologues et les gyn&#233;cologues qu'elle a rencontr&#233;.es en prison n'abordaient pas cette question avec leurs patientes incarc&#233;r&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Ils ne leur demandaient jamais si elles &#233;prouvaient un manque ou du d&#233;sir, comment s'&#233;taient d&#233;roul&#233;s leurs rapports sexuels avec leur conjoint.e dans les UVF ou pendant les permissions, ou encore si elles angoissaient &#224; l'id&#233;e de renouer &#224; la sortie avec une activit&#233; sexuelle apr&#232;s une longue p&#233;riode d'abstinence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'AP refuse de parler avec les d&#233;tenues de leur sexualit&#233;, elle se fait bien plus loquace quand il s'agit d'en faire le proc&#232;s. Jusqu'&#224; prendre parfois des allures de police des m&#339;urs. Un directeur adjoint de prison a racont&#233; &#224; la sociologue qu'il lui &#233;tait arriv&#233; de fournir aux magistrats des courriers envoy&#233;s par une d&#233;tenue &#224; son compagnon. Dans ses lettres, la femme laissait libre cours &#224; un imaginaire &#233;rotique d&#233;brid&#233; visiblement peu au go&#251;t de l'AP qui avait jug&#233; bon de transmettre ces &#233;crits &#224; la cour d'assises. Laquelle n'avait pas manqu&#233; de les lire &#224; l'audience. Selon Myriam Jo&#235;l, dans l'ensemble, &#171; &lt;i&gt;les d&#233;tenues savent que leur courrier va &#234;tre lu, donc elles s'autocensurent &#8211; notamment les pr&#233;venues, celles qui n'ont pas encore &#233;t&#233; jug&#233;es et qui savent que leur courrier va passer entre les mains du magistrat&lt;/i&gt; &#187;. Elle ajoute : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me quand les infractions n'ont rien &#224; voir avec des crimes sexuels, la sexualit&#233; des femmes est sans cesse mise sur la table lors des jugements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tenue correcte exig&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand l'&#233;t&#233; arrive et que la chaleur se fait &#233;touffante, les jupes raccourcissent, les tee-shirts se font plus l&#233;gers, les d&#233;collet&#233;s plus &#233;chancr&#233;s. L&#224; encore, les surveillant.es sont sur le qui-vive, pr&#234;t.es &#224; rappeler aux femmes que la &#171; tenue correcte &#187; est de rigueur. Pour Myriam Jo&#235;l, ces remontrances n'ont pas vraiment pour but de s'assurer que le r&#232;glement int&#233;rieur &lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la chercheuse, les femmes ne sont pas soumises aux m&#234;mes contraintes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; soit appliqu&#233; mais plut&#244;t de faire int&#233;grer aux femmes &#171; &lt;i&gt;les modalit&#233;s socialement l&#233;gitimes de pr&#233;sentation du corps f&#233;minin&lt;/i&gt; &#187;. Des prescriptions qui valent aussi pour les d&#233;tenues qui &#171; se laissent aller &#187; et ne prennent plus soin de leur apparence physique. Une surveillante a aussi confi&#233; &#224; la sociologue que si ce n'&#233;tait pas elle qui faisait appliquer le r&#232;glement, les autres d&#233;tenues n'h&#233;sitaient pas &#224; s'en charger &#224; sa place : &#171; &lt;i&gt;Une avait une jupe ras-du-cul, elle aimait bien c'est tout, on voyait rien&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ; les premi&#232;res qui ont commenc&#233; &#224; faire des r&#233;flexions, c'est des d&#233;tenues&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les t&#233;moignages sont issus des recherches de Myriam Jo&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une visite en UVF peut durer de six &#224; soixante-douze heures.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cens&#233; &#234;tre garanti par la Convention europ&#233;enne des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s la sociologue, en prison pour femmes, le sujet du sexe est sur toutes les l&#232;vres quand il s'agit d'en rire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon la chercheuse, les femmes ne sont pas soumises aux m&#234;mes contraintes vestimentaires d'une prison &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Telle est prise qui croyait prendre</title>
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		<dc:date>2018-11-20T12:12:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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&lt;p&gt;Soyons franche : si on peut appeler &#171; syndrome Catherine Deneuve &#187; le d&#233;ni consistant &#224; refuser de se consid&#233;rer comme une victime de la domination masculine aux c&#244;t&#233;s des autres femmes afin de simplifier sa vie (qui n'est d&#233;j&#224; pas facile), cette appellation peut tout &#224; fait s'appliquer &#224; ma vie sexuelle. Autrement dit, une sorte de r&#233;flexe de survie orgasmique m'a jusque-l&#224; emp&#234;ch&#233;e de consid&#233;rer en toute d&#233;ontologie les liens qu'y entretiennent le sexe et la violence Ils sont pourtant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/domination-masculine" rel="tag"&gt;domination masculine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soyons franche&lt;/strong&gt; : si on peut appeler &#171; syndrome Catherine Deneuve &#187; &lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette &#233;ni&#232;me pique &#224; propos de la tribune que l'actrice fran&#231;aise a sign&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; le d&#233;ni consistant &#224; refuser de se consid&#233;rer comme une victime de la domination masculine aux c&#244;t&#233;s des autres femmes afin de simplifier sa vie (qui n'est d&#233;j&#224; pas facile), cette appellation peut tout &#224; fait s'appliquer &#224; ma vie sexuelle. Autrement dit, une sorte de r&#233;flexe de survie orgasmique m'a jusque-l&#224; emp&#234;ch&#233;e de consid&#233;rer en toute d&#233;ontologie les liens qu'y entretiennent le sexe et la violence &lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; propos du passage aussi douloureux qu'incontournable par la case &#171; victime (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils sont pourtant universellement li&#233;s&lt;/strong&gt;, dans le porno le plus hard comme dans la culture la plus &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt;, la saga &lt;i&gt;Fifty Shades of Grey&lt;/i&gt; n'&#233;tant qu'un exemple r&#233;cent de l'extr&#234;me banalisation de ce qu'on appelle BDSM &lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bondage, discipline, sadomasochisme.&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Pour ma part, je croyais avoir fait le tour de la question, ayant m&#234;me balay&#233; dans une chronique &lt;a href=&#034;#nb9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Changer la soci&#233;t&#233; sans quitter son lit &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; d'un revers de drap la contradiction apparente qu'il y a &#224; se dire f&#233;ministe et &#224; aimer les fess&#233;es. Jusqu'&#224; ce que, apr&#232;s Weinstein et #metoo, tel un t&#233;l&#233;spectateur du JT du 26 avril 1986 r&#233;alisant que le nuage de Tchernobyl n'a aucune raison rationnelle de s'arr&#234;ter aux Alpes, je prenne brutalement conscience qu'il n'y a aucune raison rationnelle que la domination masculine &#233;pargne mon lit. Et que je me repose cette douloureuse question : si nous, femmes, combattons la violence avec force et d&#233;termination dans tous les domaines de notre vie, pourquoi diable faudrait-il qu'on l'accepte, voire qu'on la d&#233;sire et qu'on en jouisse, dans notre sexualit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au moins 80 % des soumis sont des femmes&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;#nb9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut trouver des chiffres dans &#171; Bondage, sadomasochisme, domination, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et si jolies que soient les fables qu'on se raconte sur la subversion du geste et le bonheur du jeu de r&#244;les, le fait est que tr&#232;s peu d'entre elles sont excit&#233;es &#224; l'id&#233;e de traiter leur partenaire de pute et de salope, de crier qu'il aime &#231;a petite chienne, de lui tirer les cheveux, de lui cracher au visage, de le gifler&#8230; bref, de le violenter. Comme si la sexualit&#233; offrait tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment le m&#234;me spectacle que tous les autres champs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;v&#233;nements de ces derniers mois&lt;/strong&gt; nous obligent sans doute &#224; repenser ce que nous avions int&#233;gr&#233; comme imprescriptible. Avec la sexualit&#233; violente, nous croyions l&#226;cher prise dans une bulle hors du monde, accepter temporairement ce qu'ailleurs nous ne laissions pas passer : mais le patriarcat serait-il si puissant que nous en venions &#224; jouir pr&#233;cis&#233;ment du moment o&#249; nous abdiquons devant lui ? Nous croyions nous sentir fortes parce que nous repoussions nos limites en encaissant les coups aussi dans la sexualit&#233;, alors qu'en tant que femmes nous sommes sans arr&#234;t ramen&#233;es &#224; notre pr&#233;tendue faiblesse, incapables de nous battre et de r&#233;sister &#224; la douleur. Mais la vraie force ne se trouve-t-elle pas plut&#244;t dans la cr&#233;ation et la r&#233;sistance que dans l'endurance ? Nous croyions aimer la douleur, ou ne pas &#234;tre d&#233;rang&#233;es par elle, parce que la fronti&#232;re avec le plaisir est floue : mais ne sommes-nous pas conditionn&#233;es &#224; relier le d&#233;sir et la douleur depuis qu'on nous r&#233;p&#232;te qu'il faut souffrir pour &#234;tre belle et que sans beaut&#233; il n'y a pas de d&#233;sir ? Combien de r&#233;flexions, de discussions, de d&#233;bats autour de cette question avons-nous conclu par un d&#233;finitif &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, on ne peut rien y faire, ce sont nos fantasmes&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a pourtant rien d'&#233;tonnant &#224; ce que ce soient nos fantasmes&lt;/strong&gt; : on ne nous en a pas propos&#233; d'autres. D&#232;s l'enfance, nous avons grandi dans la d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre culture du viol &lt;a href=&#034;#nb9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apparue aux &#201;tats-Unis lors de la vague de f&#233;minisme des ann&#233;es 1970, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; : la litt&#233;rature, le cin&#233;ma, la publicit&#233; n'ont cess&#233; de nous r&#233;p&#233;ter que nous jouirions ligot&#233;es, frapp&#233;es, viol&#233;es, que nous coucherions contraintes, coupables et inconscientes. Et &#231;a ne va pas en s'arrangeant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Or nous ne pouvons plus nous contenter&lt;/strong&gt; de l'argument selon lequel &#171; &lt;i&gt;on n'agit pas sur le d&#233;sir&lt;/i&gt; &#187;. Certes, le d&#233;sir est compliqu&#233;, tordu, foutraque, il m&#234;le du socialement construit et de sales petits secrets de famille, il contient une chose et son contraire&#8230; Mais reformater le d&#233;sir, n'est-ce pas pr&#233;cis&#233;ment ce qu'on demande aux hommes dont on ne veut plus qu'ils nous regardent comme des proies passives et consentantes ? N'avons-nous pas l&#224;, nous aussi, un r&#244;le d&#233;terminant &#224; jouer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, repenser la sexualit&#233;&lt;/strong&gt; en la dissociant de la violence donne le tournis. &#192; tout le monde. Mais rien ne dit que cela emp&#234;che la fougue, les cris, les morsures et les griffures, les petits coups rapides entre deux portes, les levrettes imp&#233;tueuses, les sodomies impulsives et les orgasmes ravageurs. Il y a un monde entre la sexualit&#233; violente et la sexualit&#233; chiante : &#224; nous de l'explorer. Et au diable Catherine Deneuve. &lt;a href=&#034;#nb9-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette chronique doit beaucoup &#224; un long entretien que m'a accord&#233; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette &#233;ni&#232;me pique &#224; propos de &lt;a href=&#034;https://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/01/09/nous-defendons-une-liberte-d-importuner-indispensable-a-la-liberte-sexuelle_5239134_3232.html?&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la tribune&lt;/a&gt; que l'actrice fran&#231;aise a sign&#233;e dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; le 9 janvier, &#171; Nous d&#233;fendons une libert&#233; d'importuner, indispensable &#224; la libert&#233; sexuelle &#187;, pourrait laisser croire &#224; un acharnement de la part de l'auteure de ces lignes &#8211; il n'en est rien, mais que faire quand on a &#233;t&#233; si d&#233;&#231;ue ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; propos du passage aussi douloureux qu'incontournable par la case &#171; victime &#187; sur le chemin pav&#233; de cailloux du f&#233;minisme, lire &lt;a href=&#034;https://lesantifeministessonttoutafaitfascinants.wordpress.com/2018/02/08/devenir-une-victime-devenir-feministe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le billet&lt;/a&gt; &#171; Devenir une victime, devenir f&#233;ministe &#187;, publi&#233; sur le blog Les antif&#233;ministes sont tout &#224; fait fascinants, le 08/02/18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bondage, discipline, sadomasochisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Changer-la-societe-sans-quitter&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Changer la soci&#233;t&#233; sans quitter son lit &#187;&lt;/a&gt;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 113 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet 2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut trouver des chiffres dans &#171; Bondage, sadomasochisme, domination, soumission : est-ce dangereux ? &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.slate.fr/story/75742/sm-bdsm-bondage-domination-soumission-danger&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; publi&#233; sur Slate le 16/08/13. Bien entendu, ceux-ci ne prennent pas en compte les pratiques de BDSM soft, pourtant tr&#232;s r&#233;pandues, ni les femmes ne se consid&#233;rant pas comme soumises mais consentant &#224; des pratiques violentes qui s'apparentent au BDSM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apparue aux &#201;tats-Unis lors de la vague de f&#233;minisme des ann&#233;es 1970, l'expression &#171; culture du viol &#187; d&#233;signe un ensemble de comportements cr&#233;&#233;, organis&#233;, transmis, encourageant l'agression sexuelle et banalisant les violences faites aux femmes, montrant la violence comme &#171; sexy &#187; et la sexualit&#233; comme violente, les hommes comme agressifs et les femmes comme passives. Les discours sur les &#171; pulsions &#187; naturelles et les &#171; besoins &#187; irr&#233;pressibles des hommes, entrent dans cet ensemble. La culture du viol est intimement li&#233;e &#224; la domination masculine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette chronique doit beaucoup &#224; un long entretien que m'a accord&#233; le courageux collectif Elles aiment &#231;a. Pour le suivre, voir sa &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/collectifellesaimentca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Facebook&lt;/a&gt; ainsi que &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/elles-aiment-ca/blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le blog&lt;/a&gt; du m&#234;me nom, h&#233;berg&#233; par Mediapart.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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