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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Pedro&#8230; On ne veut plus de vous. &#187;</title>
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		<dc:date>2012-01-04T06:31:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro de CQFD, je vous racontais la derni&#232;re catastrophe qui a secou&#233; l'usine, cette explosion qui a provoqu&#233; un incendie et pas mal de casse. Heureusement, il n'y avait personne dans les parages, et les coll&#232;gues ont r&#233;ussi &#224; ma&#238;triser le feu et &#224; stopper les installations &#224; temps. Encore un vrai coup de chance. Le quatri&#232;me en deux ans, &#231;a commence &#224; bien faire. &#192; l'heure o&#249; j'&#233;cris cet article, on ne conna&#238;t toujours pas l'&#233;tendue des d&#233;g&#226;ts, d'autant que l'explosion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no94-novembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;94 (novembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/precedent-numero" rel="tag"&gt;pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/derniere-catastrophe" rel="tag"&gt;derni&#232;re catastrophe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secoue-l-usine" rel="tag"&gt;secou&#233; l'usine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, je vous racontais la derni&#232;re catastrophe qui a secou&#233; l'usine, cette explosion qui a provoqu&#233; un incendie et pas mal de casse. Heureusement, il n'y avait personne dans les parages, et les coll&#232;gues ont r&#233;ussi &#224; ma&#238;triser le feu et &#224; stopper les installations &#224; temps. Encore un vrai coup de chance. Le quatri&#232;me en deux ans, &#231;a commence &#224; bien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; j'&#233;cris cet article, on ne conna&#238;t toujours pas l'&#233;tendue des d&#233;g&#226;ts, d'autant que l'explosion a lib&#233;r&#233; de l'amiante. Du coup, l'atelier a &#233;t&#233; mis sous &#171; cocon &#187; pour d&#233;samiantage, et l'expertise de la casse n'est pas termin&#233;e. La direction parle d'au moins quatre mois de travaux de r&#233;paration, s'il n'y a pas trop de mat&#233;riel bousill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH535/94efix-bc95c.png?1768655813' width='400' height='535' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si c'est plus grave, il est question &#8211; &#224; mots couverts &#8211; de l'arr&#234;t d&#233;finitif de l'installation, voire de toute l'usine. Mais il semble que l'incident soit arriv&#233; trop t&#244;t dans la strat&#233;gie de d&#233;sengagement de Total, le proprio : il y a un d&#233;ficit d'ammoniac sur le march&#233;, et les unit&#233;s du Moyen-Orient ne sont pas encore op&#233;rationnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'emp&#234;che qu'&#224; l'usine, on se pose des questions. Un plan de pr&#233;retraites en satisferait plus d'un, mais en termes d'emplois, se serait catastrophique. Dans la r&#233;gion, le papetier M-real vient d'annoncer la fermeture de son site normand et la mise sur le carreau de 330 salari&#233;s. Et nos voisins de P&#233;troplus viennent d'apprendre la restructuration de leur raffinerie avec 120 suppressions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; notre dernier incident, il y a eu quand m&#234;me des d&#233;g&#226;ts collat&#233;raux, comme ce pompier qui a perdu de l'acuit&#233; auditive pour avoir man&#339;uvr&#233; dans le barouf caus&#233; par la fuite de gaz (et &#224; deux cents bars, c'est une vraie torture fa&#231;on Guantanamo). Quatre personnes ont &#233;galement &#233;t&#233; choqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi elles, Pedro. Il est int&#233;rimaire et travaille au poste de chargement d'acide. Un poste isol&#233; o&#249; sont utilis&#233;s du mat&#233;riel et des produits dangereux. Un poste o&#249; devrait &#234;tre plac&#233; du personnel &#224; statut de l'usine, avec une formation ad&#233;quate, notamment en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;. Pedro y travaille pourtant depuis treize mois. Tout seul, dans son coin.
Au moment de l'explosion, il charge un wagon d'acide nitrique juste &#224; c&#244;t&#233; de l'atelier d'ammoniac. Il entend un &#171; boum &#187; et voit un &#233;norme panache de fum&#233;e noire. Un coll&#232;gue lui hurle &#224; la radio : &lt;i&gt;&#171; Reviens vite en salle de contr&#244;le ! &#187;&lt;/i&gt; Ni une ni deux, Pedro arr&#234;te la pompe, ferme la vanne de chargement et monte sur son v&#233;lo pour rejoindre la salle bunkeris&#233;e qui se trouve &#224; deux cents m&#232;tres. Malgr&#233; son encombrante combinaison anti-acide, il p&#233;dale le plus vite possible, d'autant qu'il voit les flammes surgir du toit de l'atelier. Arriv&#233; en zone de repli, il n'est pas bien du tout. Voil&#224; qu'il fait un malaise et des coll&#232;gues s'occupent de lui. Lorsque d&#233;barque la responsable de la cellule psychologique, il passe en premier. Pedro a &#233;t&#233; tr&#232;s choqu&#233;. Peut-&#234;tre la peur de sa vie. La psy le d&#233;clare en &#171; premiers soins &#187; puis en &#171; accident du travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine suivante, Pedro reprend son poste, mais &#231;a ne va toujours pas. L'isolement favorise rarement la joie de vivre, surtout au boulot. &#192; un moment, imaginant ce &#224; quoi il a &#233;chapp&#233;, il &#233;clate en sanglots. Ces pleurs arrivent &#224; l'oreille du chef de service, et Pedro est convoqu&#233;. Le contrema&#238;tre lui annonce directement que, pour sa s&#233;curit&#233; et celle de ses coll&#232;gues, sa mission &#224; l'usine est termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pedro croit comprendre qu'on lui offre une pause, et qu'il reviendra d'ici quelques semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Non, c'est termin&#233;&lt;/i&gt;, lui dit le contrema&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8211; Je pourrais revenir dans un autre secteur de l'usine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Non, c'est termin&#233;, on ne veut plus de vous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans autre forme de proc&#232;s, Pedro se retrouve &#224; devoir vider son casier &lt;i&gt;&#171; dans les plus brefs d&#233;lais &#187;&lt;/i&gt;. Quelques coll&#232;gues s'en &#233;meuvent, d'autant que certains ont eu aussi peur que lui, mais qu'ils ne sont pas sanctionn&#233;s pour autant. Encore heureux ! Le syndicat intervient, mais rien n'y fait, et Pedro se retrouve jet&#233; comme un malpropre. Dans l'usine, la plupart des copains sont d&#233;go&#251;t&#233;s de la fa&#231;on dont est trait&#233; cet int&#233;rimaire, mais comment r&#233;agir dans une bo&#238;te totalement arr&#234;t&#233;e ?
C'est tout, pour aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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