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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; C'est compliqu&#233; ! &#187;</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;Rien n'est simple. Et tout est compliqu&#233;. Et r&#233;ciproquement. Quand, le 1er d&#233;cembre, &#224; Toulon, le tandem Sarkozy-Guaino nous brosse un tableau synth&#233;tique des &#233;volutions du monde depuis quelques d&#233;cennies : &#171; La globalisation financi&#232;re s'est install&#233;e pour compenser artificiellement les ravages que la mondialisation sans r&#232;gle provoquait dans les &#233;conomies des pays d&#233;velopp&#233;s [afin] que les exc&#233;dents des uns puissent financer les d&#233;ficits des autres, [&#8230;] pour que l'endettement puisse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Warren-Buffet" rel="tag"&gt;Warren Buffet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rien n'est simple. Et tout est compliqu&#233;. Et r&#233;ciproquement. Quand, le 1er d&#233;cembre, &#224; Toulon, le tandem Sarkozy-Guaino nous brosse un tableau synth&#233;tique des &#233;volutions du monde depuis quelques d&#233;cennies : &lt;i&gt;&#171; La globalisation financi&#232;re s'est install&#233;e pour compenser artificiellement les ravages que la mondialisation sans r&#232;gle provoquait dans les &#233;conomies des pays d&#233;velopp&#233;s [afin] que les exc&#233;dents des uns puissent financer les d&#233;ficits des autres, [&#8230;] pour que l'endettement puisse compenser la baisse inacceptable du niveau de vie des m&#233;nages dans les pays d&#233;velopp&#233;s [et] pour financer un mod&#232;le social qui croulait sous les d&#233;ficits &#187;&lt;/i&gt;, on ne peut douter un instant que la complexit&#233; de ces &#233;volutions nous contraignent aux politiques d'aust&#233;rit&#233; actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par o&#249; le prendre, ce monde ? Qui en fabrique les rouages ? Comment en d&#233;m&#234;ler les fils ? O&#249; sont les failles de ce bloc monolithique g&#233;n&#233;rant une dynamique &#224; laquelle l'on ne peut que s'adapter ? &lt;i&gt;&#171; Vous ne pouvez pas comprendre, les questions sont tellement complexes &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;p&#232;tent, &#224; l'envi, hommes politiques, dirigeants d'entreprises et de banques, gens de pouvoir et m&#233;dias aux ordres. La complexit&#233; de l'organisation moderne des soci&#233;t&#233;s ne serait-elle pas l'&#233;cran de fum&#233;e qui garantit le pouvoir des puissants tout en imposant le silence &#224; ceux qui le subissent ? Et pourtant, ce labyrinthe dont, seules, les autorit&#233;s d&#233;tiennent les plans, s'av&#232;re souvent d'une banalit&#233; d&#233;concertante. C'est s&#251;r que si l'on &#233;coute le milliardaire &#233;tats-unien Warren Buffet &#8211; &lt;i&gt;&#171; Il y a une lutte des classes, bien s&#251;r, mais c'est ma classe, la classe des riches qui m&#232;ne la lutte. Et nous gagnons &#187;&lt;/i&gt; &#8211; les choses sont beaucoup plus limpides. N&#233;anmoins, cet &#233;claircissement-l&#224;, peut rester &#224; son tour sans effet. Car, &lt;i&gt;&#171; C'est compliqu&#233; ! &#187;&lt;/i&gt; ou bien &#171; C'est bien plus compliqu&#233; que &#231;a ! &#187; ou encore &lt;i&gt;&#171; C'est pas si simple ! &#187;&lt;/i&gt; On peut prendre, alors, un air p&#233;n&#233;tr&#233;. Se frotter le menton ou l'appuyer dans sa main. Regarder vers le lointain. Manifester de l'agacement. Hausser les &#233;paules, et &#233;ventuellement soupirer en levant les yeux au ciel. &#201;mettre un l&#233;ger ricanement r&#233;ussit fr&#233;quemment &#224; d&#233;stabiliser l'interlocuteur. Ce verdict p&#233;remptoire demande le silence en prenant l'apparence hautaine d'une r&#233;flexion approfondie. Et voil&#224; l'adversaire du &#171; simplisme &#187; qui, en voulant &#233;clairer les esprits sommaires, d&#233;marre une logorrh&#233;e rh&#233;torique o&#249; plus personne ne reconna&#238;t les siens, y compris le conf&#233;rencier lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir de ce d&#233;dale, pourrait-on alors se tourner vers les professionnels de la r&#233;flexion ? Edgar Morin, peut-&#234;tre ? Ne lui a-t-il pas fallu vingt-sept ans pour sortir six livres qui pr&#233;tendent expliquer sa pens&#233;e complexe de la complexit&#233; de la r&#233;alit&#233;&#8230; forc&#233;ment complexe ? Assez d&#233;cevant en fait puisque le r&#233;sultat de son remue-m&#233;ninges serait : il faut r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'on dit avant de se prononcer, et savoir &#233;valuer les retomb&#233;es de nos actions. Tel Sisyphe, nous voil&#224; donc condamn&#233;s &#224; rouler &#233;ternellement le rocher de la complexit&#233; du monde pour le plus grand int&#233;r&#234;t de ceux qui en vivent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On l'a encore &#233;chapp&#233; belle !</title>
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		<dc:date>2010-10-25T19:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;C'EST UN PEU COMPLIQUE, en septembre, de vous parler de ce qui est arriv&#233; &#224; l'usine durant l'&#233;t&#233;, parce qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Si je vous dis que l'ambiance n'est pas au beau fixe dans les ateliers, vous me r&#233;pondrez que &#231;a ne change pas. J'ajouterai que &#231;a empire : &#233;tat des ateliers, heures sup, changements de rythmes de travail, hi&#233;rarchie de plus en plus autoritaire, bruits de couloir sur la future construction d'un hangar permettant de stocker des engrais achet&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-y-passe" rel="tag"&gt;s'y passe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'EST UN PEU COMPLIQUE, en septembre, de vous parler de ce qui est arriv&#233; &#224; l'usine durant l'&#233;t&#233;, parce qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Si je vous dis que l'ambiance n'est pas au beau fixe dans les ateliers, vous me r&#233;pondrez que &#231;a ne change pas. J'ajouterai que &#231;a empire : &#233;tat des ateliers, heures sup, changements de rythmes de travail, hi&#233;rarchie de plus en plus autoritaire, bruits de couloir sur la future construction d'un hangar permettant de stocker des engrais achet&#233;s sur le march&#233; et non plus fabriqu&#233;s sur le site, nouveau plan de pr&#233;vention des risques avec, peut-&#234;tre, d&#233;molition d'habitations trop proches de l'usine, offensive de la direction, appuy&#233;e par la CFDT, contre la CGT, etc. &#199;a n'arr&#234;te pas. Reste que deux faits peuvent vous int&#233;resser. Il y a encore eu un mort sur un chantier de mon atelier. Un mort &#171; naturel &#187; comme on nous dit. Un int&#233;rimaire de 52 ans, venu l&#224; pour une mission de trois mois. Il &#233;tait en train de retirer des calorifugeages en inox, par un apr&#232;s-midi orageux. Il a eu un malaise et s'est &#233;croul&#233;. Mort. Infarctus foudroyant. A priori, il n'avait pas fait d'heures suppl&#233;mentaires, ni forc&#233; sur le boulot. Mort. Mais son d&#233;c&#232;s a choqu&#233; tout le monde, ceux qui &#233;taient &#224; ses c&#244;t&#233;s et ceux qui se sont &#233;vertu&#233;s &#224; essayer de le ranimer. Cet accident a rappel&#233; le souvenir d'un autre qui s'est d&#233;roul&#233; dix ans, jour pour jour, auparavant et qui touchait un salari&#233; de la m&#234;me entreprise. J'en avais parl&#233; dans Putain d'usine (2002, r&#233;&#233;dition Agone, 2007) : un mec avait travers&#233; une verri&#232;re et s'&#233;tait &#233;cras&#233; 15 m&#232;tres plus bas. Ce n'est pas qu'on soit superstitieux, mais &#231;a fait un dr&#244;le d'effet. Dix ans apr&#232;s, tu parles d'un anniversaire ! Apprenant la mort du coll&#232;gue, tous les ouvriers ont arr&#234;t&#233; de travailler et ont laiss&#233; le chantier en plan. Les chefs d'&#233;quipe et les contrema&#238;tres n'ont m&#234;me pas cherch&#233; &#224; les retenir. C'est un d&#233;go&#251;t face &#224; la mort au travail que j'avais d&#233;j&#224; remarqu&#233; lors d'autres accidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire sur mon atelier fait suite &#224; un nouvel incident qui s'est produit le 28 juin. Et l&#224; on a, une fois de plus, fr&#244;l&#233; la catastrophe. Vingt-trois heures, les copains de l'&#233;quipe de nuit font leur premi&#232;re tourn&#233;e &#224; l'int&#233;rieur des b&#226;timents, notent l'&#233;tat des machines, les temp&#233;ratures et pressions. Soudain une d&#233;flagration terrible. Puis les mises &#224; l'air et le d&#233;clenchement de l'atelier. Enfin la course pour arr&#234;ter les machines et limiter les risques. Au d&#233;but, on ne sait pas trop ce qui se passe, et puis on voit. Une tuyauterie de vapeur &#224; 120 bars a explos&#233;, propulsant un &#171; caps &#187; (une t&#234;te m&#233;tallique) de 45 kilos &#224; 150 m&#232;tres de l'atelier. Raconter ainsi, &#231;a ne para&#238;t pas trop grave, sauf que ce boulet de canon a fr&#244;l&#233; un compresseur charg&#233; d'hydrog&#232;ne et un r&#233;acteur contenant le m&#234;me gaz &#224; tr&#232;s haute pression, avant de ricocher sur l'atelier de fabrication d'acide nitrique et de passer au-dessus du stockage d'ammonitrates, pour finir sa trajectoire &#224; quelques m&#232;tres d'un wagon d'am- moniac. Bref, autant de possibilit&#233;s d'explosions et de catastrophes dignes de celle d'AZF. Mais on a eu, encore une fois, un vrai coup de pot (sauf pour les pigeons dont les copains ont ramass&#233; 200 cadavres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette explosion est due &#224; une mauvaise conception d'origine (l'atelier a 32 ans !) qui ne s'est r&#233;v&#233;l&#233;e que l&#224;. C'est comme un cancer, il faut du temps pour qu'il se d&#233;veloppe. Des &#233;preuves hydrauliques avaient pourtant &#233;t&#233; effectu&#233;es sur cette tuyauterie lors du dernier arr&#234;t, c'est &#224; croire qu'elles ne sont pas efficaces !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu l'&#233;tat de l'atelier, apr&#232;s cet &#171; incident &#187;, on pensait qu'il serait d&#233;finitivement arr&#234;t&#233;, avec plan de suppression d'emplois &#224; la cl&#233;. Mais non, la direction a d&#233;cid&#233; de lancer un chantier de r&#233;parations de plusieurs millions d'euros, toujours en cours &#224; l'heure o&#249; paraissent ces lignes. Sans doute que &#231;a co&#251;te moins cher qu'un d&#233;montage d'atelier entra&#238;nant la d&#233;pollution du site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; on en est et &#231;a influe vraiment sur le moral des coll&#232;gues qui attendent ce fameux plan de restructuration qui ne vient toujours pas&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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