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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Des m&#232;res col&#232;res</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat. &#171; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200front_de_ma_res_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH297/1200front_de_ma_res_resultat-f8b08.jpg?1768731507' width='500' height='297' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de La Force N&#233;e
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des parents, quelle que soit leur origine sociale. &#187; Cela a beau &#234;tre inscrit dans les textes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la r&#233;alit&#233; est parfois tr&#232;s diff&#233;rente. Fatima Ouassak le dit cash : &#171; Dans les &#233;coles des quartiers populaires, on attend des parents qu'ils rasent les murs. &#187; Politologue de son &#233;tat, elle se tient pourtant &#224; bonne distance des consid&#233;rations hors-sol : c'est de son v&#233;cu qu'elle parle &#8211; celui d'une femme, d'une m&#232;re arabe, habitante de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), o&#249; ses enfants sont scolaris&#233;s. Ces rapports compliqu&#233;s avec l'&#233;cole, elle les raconte et les analyse dans son livre &lt;i&gt;La Puissance des m&#232;res &#8211; Pour un nouveau sujet r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, paru &#224; La D&#233;couverte en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque sa fille entre &#224; l'&#233;cole, Fatima Ouassak se retrouve face &#224; une institution qui lui fait vite comprendre qu'elle ne la reconna&#238;t pas comme une interlocutrice valable. Sauf que faire profil bas n'est pas vraiment le genre de la maison. Alors en 2016, avec plusieurs autres femmes, elle cr&#233;e le Front de m&#232;res, premier syndicat de parents des quartiers populaires. L'enjeu est clair : instaurer un vrai rapport de force avec l'&#233;cole et revendiquer le droit des parents de ces quartiers &#224; co-construire, avec les acteurs et actrices de l'institution, &#171; un plan d'actions concr&#232;tes en mati&#232;re d'&#233;ducation &#187;, lequel foulerait au pied le racisme syst&#233;mique et donnerait &#224; chaque gamin les m&#234;mes chances de r&#233;ussite scolaire. Des objectifs qui ont amen&#233; le Front de m&#232;res &#224; &#233;laborer des projets avec l'institution, tout en soutenant les lyc&#233;ens en lutte contre des r&#233;formes iniques ou en d&#233;fendant le droit des accompagnatrices de sorties scolaires &#224; porter le foulard. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les quartiers populaires, quelle place l'&#233;cole r&#233;serve-t-elle aux parents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une place h&#233;rit&#233;e du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#233;poque &#224; laquelle l'&#233;cole r&#233;publicaine a &#233;t&#233; pens&#233;e pour extraire les enfants de leurs familles : d'abord paysannes, puis ouvri&#232;res et aujourd'hui des quartiers populaires, issues de l'immigration. L'institution continue de batailler pour &#233;manciper les enfants et les sortir de leur condition de classe avec, en toile de fond, l'id&#233;e que l'&#233;cole serait forc&#233;ment lib&#233;ratrice face au parent qui serait enfermant. D&#232;s lors, ce dernier n'a pas sa place &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime. Un exemple : quand ma fille est entr&#233;e en maternelle, je me suis &#233;tonn&#233;e de ne pas voir proposer d'alternative v&#233;g&#233;tarienne au repas &#224; base de viande servi chaque jour. D'autant que cette alternative existait dans la cr&#232;che d&#233;partementale que mon enfant fr&#233;quentait l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Lorsque j'ai soumis l'id&#233;e &#224; la directrice de l'&#233;cole, puis &#224; la mairie et enfin &#224; la FCPE&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on m'a r&#233;torqu&#233; que ce n'&#233;tait pas envisageable pour des questions de la&#239;cit&#233;. Je n'avais pourtant jamais &#233;voqu&#233; la question de la religion, le mot &lt;i&gt;halal&lt;/i&gt; n'&#233;tait jamais sorti de ma bouche. Sauf que je suis une femme arabe consid&#233;r&#233;e comme musulmane : on m'a reproch&#233; de me servir de la question de l'alternative v&#233;g&#233;tarienne comme cheval de Troie pour islamiser l'&#233;cole. Dans un autre quartier, et si je n'avais pas &#233;t&#233; arabe, on m'aurait certainement d&#233;cern&#233; le prix de la m&#232;re &#233;colo de l'ann&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxalement, l'institution sait aussi faire appel &#224; vous quand elle en a besoin, par exemple en vous demandant d'accompagner les sorties scolaires...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un fait : sans la pr&#233;sence des m&#232;res, il n'y aurait pas de sorties scolaires. Sauf que dans les quartiers populaires, beaucoup d'entre elles sont musulmanes et portent le foulard, qui se retrouve r&#233;guli&#232;rement au centre de pol&#233;miques&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. J'estime que le probl&#232;me n'est pas tant le fait que ces sorties puissent ou non avoir lieu &#8211; dans nos quartiers, il y a tellement peu de moyens qu'il s'agit souvent de sorties &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; qui, &#224; mes yeux, apportent peu aux enfants &#8211; mais qu'il y a en revanche un vrai enjeu politique &#224; dire que chaque parent doit &#234;tre consid&#233;r&#233; et que les enfants n'ont pas &#224; &#234;tre humili&#233;s parce que leur m&#232;re porte un foulard. En 2017, avec le Front de m&#232;res, on avait publi&#233; un texte dans lequel on demandait en quoi interdire le port du foulard aux m&#232;res accompagnatrices &#8211; une mesure d&#233;battue &#224; l'&#233;poque &#8211; allait &#234;tre positif pour l'&#201;ducation nationale ? En quoi provoquer de nouvelles tensions entre &#233;cole et parents des quartiers populaires, mais surtout entre ces parents et leurs enfants, ou entre l'&#233;cole et ces enfants, allait arranger les difficult&#233;s existantes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un autre registre, plus tard, quand vos enfants entrent au lyc&#233;e, l'institution compte sur vous pour r&#233;guler d'autres tensions&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, on nous demande d'&#234;tre l&#224; pour calmer le jeu, par exemple quand nos enfants lyc&#233;ens manifestent. &#192; Garges-l&#232;s-Gonesse (Val-d'Oise), le 5 d&#233;cembre 2018, la police avait tir&#233; au flash-ball sur les jeunes. C'&#233;tait dans le contexte des manifestations Gilets jaunes et des mobilisations lyc&#233;ennes contre la r&#233;forme du bac et Parcoursup. Ce jour-l&#224;, un jeune a eu la m&#226;choire fractur&#233;e par un tir de flash-ball. Le soir m&#234;me, le lyc&#233;e avait envoy&#233; un mail aux parents en leur demandant de ne pas envoyer leurs enfants en cours le lendemain pour &#233;viter les troubles. Il avait anticip&#233; la solidarit&#233; entre les lyc&#233;ens et demand&#233; aux parents de les garder bien au chaud &#224; la maison. Aller chercher la &#8220;m&#232;re tampon&#8221;, celle qui va apaiser les tensions entre l'enfant et l'institution, chez les m&#232;res que nous sommes est un bon calcul de leur part puisqu'on veut prot&#233;ger nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Faire en sorte qu'il ne leur arrive rien ne nous a par contre pas emp&#234;ch&#233;es de nous mobiliser pour les soutenir. Au lendemain de l'affaire de Garges, il y a eu celle de Mantes-la-Jolie (Yvelines) o&#249; 150 lyc&#233;ens avaient &#233;t&#233; interpell&#233;s, mis &#224; genoux, les mains sur la t&#234;te. Le soir m&#234;me, on organisait une r&#233;union d'urgence &#224; laquelle &#233;taient invit&#233;s le Comit&#233; Adama, le MIB&lt;i&gt; [Mouvement de l'immigration et des banlieues]&lt;/i&gt;, des avocats, etc., pour r&#233;fl&#233;chir ensemble &#224; la fa&#231;on de prot&#233;ger nos enfants et aux strat&#233;gies pour les soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le Front de m&#232;res avait publi&#233; avec d'autres m&#232;res de lyc&#233;ens un texte pour d&#233;noncer les violences polici&#232;res subies par nos enfants. On y &#233;crivait que la police n'avait rien &#224; faire &#224; l'&#233;cole ni autour, tout en d&#233;non&#231;ant la complicit&#233; de l'institution dans la r&#233;pression, puisqu'elle excluait les lyc&#233;ens qui bloquaient les &#233;tablissements et collaborait avec la police. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq ans apr&#232;s la cr&#233;ation du Front de m&#232;res, votre organisation a sem&#233; ses graines : des collectifs locaux sont n&#233;s &#224; Rennes, &#224; Strasbourg et m&#234;me en Belgique, pour ne citer que ceux-l&#224;. O&#249; en sont vos rapports avec l'institution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a toujours &#233;t&#233; en lien avec l'&#201;ducation nationale. Goundo Diawara, secr&#233;taire du syndicat depuis ses d&#233;buts, est par exemple CPE &lt;i&gt;[Conseill&#232;re principale d'&#233;ducation]&lt;/i&gt; dans un coll&#232;ge de banlieue. Aujourd'hui, on est parvenues &#224; programmer un temps mensuel entre parents et personnels de l'&#201;ducation nationale pour &#233;voquer ensemble les probl&#232;mes existants. Par exemple, on travaille sur le harc&#232;lement scolaire avec Questions de classe(s), un collectif de profs. On souhaite poser la question de la responsabilit&#233; institutionnelle, avec l'id&#233;e d'&#233;changer ensemble et de cr&#233;er une coop&#233;ration entre les personnels de l'&#201;ducation nationale, les parents et les enfants, afin de mieux comprendre et pr&#233;venir ces violences. Loin du discours du gouvernement et de Jean-Michel Blanquer qui consid&#232;re les enfants comme seuls responsables de leurs actes en les criminalisant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole de la R&#233;publique &#187;, qui date de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; d'inscrire dans la &#171; loi S&#233;paratisme &#187; adopt&#233;e en ao&#251;t dernier l'obligation de neutralit&#233; religieuse pour les accompagnateurs et accompagnatrices de sorties scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Abandon et fraude nourrici&#232;re</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Abandon-et-fraude-nourriciere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Abandon-et-fraude-nourriciere</guid>
		<dc:date>2012-02-10T06:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>XIXe si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>pays occidentaux</dc:subject>
		<dc:subject>violentes transformations</dc:subject>
		<dc:subject>transformations &#233;conomiques</dc:subject>
		<dc:subject>radicalement chang&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>paysage social</dc:subject>
		<dc:subject>enfants trouv&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>m&#232;res</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les violentes transformations &#233;conomiques du XIXe si&#232;cle ont radicalement chang&#233; le paysage social des pays occidentaux. L'exode rural qui les accompagne a introduit un nombre consid&#233;rable de &#171; sauvages &#187; dans les cit&#233;s. Face &#224; cette d&#233;sorganisation sociale sans &#233;quivalent, les classes dirigeantes, effray&#233;es, ont essay&#233; &#224; la fin du si&#232;cle de recr&#233;er une morale, un lien social que leurs r&#233;volutions technologiques successives &#233;taient en train d'an&#233;antir. L'id&#233;e d'une solidarit&#233; organis&#233;e par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;95 (d&#233;cembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/siecle" rel="tag"&gt;si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/XIXe-siecle" rel="tag"&gt;XIXe si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-occidentaux" rel="tag"&gt;pays occidentaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violentes-transformations" rel="tag"&gt;violentes transformations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/transformations-economiques" rel="tag"&gt;transformations &#233;conomiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/radicalement-change" rel="tag"&gt;radicalement chang&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paysage-social" rel="tag"&gt;paysage social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants-trouves" rel="tag"&gt;enfants trouv&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/meres" rel="tag"&gt;m&#232;res&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les violentes transformations&lt;/strong&gt; &#233;conomiques du XIXe si&#232;cle ont radicalement chang&#233; le paysage social des pays occidentaux. L'exode rural qui les accompagne a introduit un nombre consid&#233;rable de &#171; sauvages &#187; dans les cit&#233;s. Face &#224; cette d&#233;sorganisation sociale sans &#233;quivalent, les classes dirigeantes, effray&#233;es, ont essay&#233; &#224; la fin du si&#232;cle de recr&#233;er une morale, un lien social que leurs r&#233;volutions technologiques successives &#233;taient en train d'an&#233;antir. L'id&#233;e d'une solidarit&#233; organis&#233;e par l'&#201;tat, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e en 1789, ressurgit. Celle-ci va s'appuyer sur une Administration obsessionnelle qui n'aura de cesse de distinguer les m&#233;ritants des &#171; parasites &#187;. En voici un exemple, &#224; travers une petite histoire des enfants trouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XVIIIe si&#232;cle, la mort hantait le perron des &#233;glises dans des bassins en marbre ou en pierres, dans des couchettes de bois recouvertes de paille &#8211; humbles berceaux o&#249; l'on d&#233;posait les enfants que les familles ne pouvaient pas assumer. Le nouveau-n&#233; abandonn&#233; l&#224; p&#233;rissait de l'action funeste de l'air et des intemp&#233;ries avant que quiconque ne vienne le recueillir. Pratique anonyme de l'abandon que ne permettaient pas les hospices, o&#249; on laissait l'enfant au vu et au su de tous. Afin de rem&#233;dier &#224; ces &#171; morts honteuses &#187;, un d&#233;cret imp&#233;rial &#171; concernant les enfants trouv&#233;s ou abandonn&#233;s et les orphelins pauvres &#187; est promulgu&#233; en 1811. Il impose la g&#233;n&#233;ralisation, dans chaque hospice, d'un dispositif technique, le &#171; tour &#187; : cylindre en bois vertical, tournant sur lui-m&#234;me, ferm&#233; d'un c&#244;t&#233; et creux de l'autre. On d&#233;pose ainsi l'enfant en toute discr&#233;tion, sans aucun contact avec le personnel de l'hospice. Lamartine en parlait comme d'une &lt;i&gt;&#171; ing&#233;nieuse invention de la charit&#233; chr&#233;tienne, qui a des mains pour recevoir, et qui n'a point d'yeux pour voir, point de bouche pour r&#233;v&#233;ler ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-F. Terme, J.-B. Montfalcon, Histoire des enfants trouv&#233;s, Paris, Paulin, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Les femmes qui nourrissaient les enfants des hospices recevaient un salaire, et avec cette anonymisation de l'abandon, un usage populaire important se d&#233;veloppe tout au long du xix e si&#232;cle. De nombreuses m&#232;res parviennent, par divers contacts, &#224; suivre la trace de leur enfant et &#224; le r&#233;cup&#233;rer tout en se faisant payer en tant que nourrice. Ce ph&#233;nom&#232;ne se r&#233;pand si intens&#233;ment que l'Administration d&#233;cide de s'en pr&#233;occuper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re digue pr&#233;ventive arriva du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur en 1827 pour emp&#234;cher toute connivence entre les &#171; messagers &#187; et les nourrices. Car c'est l'arrangement avec les messagers (responsables du transfert des enfants de l'hospice aux nourrices) qui permettaient aux m&#232;res de r&#233;cup&#233;rer leurs enfants. La circulaire pr&#233;conise l'&#233;change des enfants d'un hospice avec celui d'un autre d&#233;partement. &#192; certains endroits, &#224; l'annonce de cette mesure, des m&#232;res viennent rechercher leurs enfants &#224; l'hospice, tandis que le nombre d'abandons baisse. La lourdeur logistique et financi&#232;re de l'op&#233;ration met rapidement un terme &#224; cette mesure. Une id&#233;e germe alors chez les administrateurs de l'assistance publique : mettre en place des bureaux ouverts, au lieu des &#171; tours &#187;. Apr&#232;s une gestion aveugle des entr&#233;es et des sorties des enfants, un patient travail de consignation des enfants d&#233;pos&#233;s dans les hospices est amorc&#233;. Les bureaux ouverts ne feront pas d'autre publicit&#233; que l'inscription muette sur un registre (consigner le nom des personnes venant d&#233;poser les nouveau-n&#233;s, et celui de la m&#232;re). Cette mesure permit de r&#233;duire le nombre d'usages &#171; frauduleux &#187; qu'avait introduit le &#171; tour &#187;, et d'organiser un syst&#232;me de secours aux familles les plus d&#233;munies : apr&#232;s enqu&#234;te administrative, les m&#232;res peuvent recevoir une aide financi&#232;re pour au moins un an. Pour conjurer la fraude, on passe d'un syst&#232;me d'assistance &#171; aveugle &#187; qui s'exerce dans des lieux sp&#233;cialis&#233;s, &#224; une aide financi&#232;re et m&#233;dicale accord&#233;e directement aux familles. La question se pose alors de savoir &#224; qui l'attribuer. Cette mesure ne va pas sans un contr&#244;le individualis&#233; et entra&#238;ne une immixtion de l'&#201;tat dans les foyers. D&#232;s lors que cette aide est institu&#233;e, elle est en droit de s'&#233;tendre &#224; toutes les m&#232;res en grande difficult&#233; &#8211; qui n'avaient pour autant pas toutes recours &#224; l'abandon d'enfants. Mise en place chaotique de ce qui donnera naissance, au d&#233;but du XXe si&#232;cle, aux allocations familiales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;J.-F. Terme, J.-B. Montfalcon, &lt;i&gt;Histoire des enfants trouv&#233;s&lt;/i&gt;, Paris, Paulin, 1840. Voir aussi Jacques Donzelot, &lt;i&gt;La Police des familles&lt;/i&gt;, Paris, Les &#201;ditions de Minuit, coll. &#171; Critique &#187;, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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