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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Quand t'es dans le d&#233;sert&#8230;</title>
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		<dc:date>2012-03-29T07:04:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans le Sud alg&#233;rien, les hommes et les dieux ont d&#233;laiss&#233; les sabres au profit des arrosoirs. Sous le regard n&#233;anmoins vigilant de l'arm&#233;e. On ne sait jamais&#8230; &#171; Vous voyez, sur ce socle en argile au milieu de la cour, il y avait une croix. Le temps, le vent&#8230; l'ont fait tomber &#187;, dit Bernard, un des trois fr&#232;res de la Confr&#233;rie de Charles de Foucault. Depuis huit ans maintenant, il a rejoint, dans la ville saharienne de Beni-Abb&#232;s, l'ermitage construit en 1901 par Charles de Foucault (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no97-fevrier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;97 (f&#233;vrier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Comment" rel="tag"&gt;R&#233;my Comment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le Sud alg&#233;rien, les hommes et les dieux ont d&#233;laiss&#233; les sabres au profit des arrosoirs. Sous le regard n&#233;anmoins vigilant de l'arm&#233;e. On ne sait jamais&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_273 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH260/97_comment_Beni-Abbes-7bccb.png?1782641307' width='400' height='260' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;my Comment
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Vous voyez, sur ce socle en argile au milieu de la cour, il y avait une croix. Le temps, le vent&#8230; l'ont fait tomber &#187;&lt;/i&gt;, dit Bernard, un des trois fr&#232;res de la Confr&#233;rie de Charles de Foucault. Depuis huit ans maintenant, il a rejoint, dans la ville saharienne de Beni-Abb&#232;s, l'ermitage construit en 1901 par Charles de Foucault alors pris d'une irr&#233;pressible et mystique envie &lt;i&gt;&#171; d'un retour au d&#233;sert &#187;&lt;/i&gt;, &#224; l'image de son h&#233;ros J&#233;sus de Nazareth.&lt;i&gt; &#171; Cette croix, on ne la remettra pas. C'est mieux ainsi&#8230; Et comme pour balayer d'un sourire deux mille ans d'histoire : parce, quand m&#234;me, cet objet-symbole est avant tout un instrument de torture&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Et lentement d'expliquer, avec une malice quasi-blasph&#233;matoire : &lt;i&gt;&#171; On attachait les gens par les bras et l'on posait leurs pieds en appui sur une cale afin qu'ils aient les jambes fl&#233;chies. Leur corps partait alors en avant et la tension provoquait une compression pulmonaire que les supplici&#233;s devaient compenser en poussant sur les jambes jusqu'&#224; ce que la fatigue les prenne. Et ainsi de suite&#8230; La mort venait par asphyxie. Le calvaire pouvait durer une semaine&#8230; Et c'est cet objet-l&#224; que l'on v&#233;n&#232;re ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus d'un si&#232;cle, la distance qui s&#233;parait la ville de Beni-Abb&#232;s de ce b&#226;timent d'argile et de troncs fibreux de palmiers, a &#233;t&#233; r&#233;duite &#224; peau de chagrin. &lt;i&gt;&#171; Quand Charles de Foucault s'est install&#233; sur le plateau, le ksar&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1957, alors que se d&#233;veloppe la r&#233;sistance arm&#233;e contre l'occupant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;&#8211; l'ancienne ville fortifi&#233;e &#8211; &#233;tait dans la vall&#233;e, au bord de l'oued de la Saoura&lt;/i&gt;, explique Bernard. &lt;i&gt;Nous, les trois fr&#232;res qui vivons ici, avons de tr&#232;s bonnes relations avec tous les habitants. Souvent des touristes occidentaux de passage nous demandent avec un air de connivence si on &#8220;a r&#233;ussi&#8221; &#224; en convertir quelques-uns ! Nous leur r&#233;pondons que ce n'est pas du tout notre intention, que nous ne sommes pas l&#224; pour &#233;vang&#233;liser qui que ce soit. &#187;&lt;/i&gt; Il poursuit sur un ton tr&#232;s monoth&#233;iste : &lt;i&gt;&#171; La religion, ce n'est pas qu'une question de foi. C'est une histoire de culture. Je suis chr&#233;tien parce que je suis n&#233; en France &#224; une certaine &#233;poque. Je serais, sans aucun doute, musulman si j'&#233;tais n&#233; en Alg&#233;rie&#8230; &#187;&lt;/i&gt; De l'arri&#232;re du b&#226;timent, un bruissement d'eau s'&#233;l&#232;ve de la palmeraie qui, en arc de cercle, s'&#233;tire en direction du sud. &lt;i&gt;&#171; Nous vivons au milieu des gens. Ceux qui m'ont pr&#233;c&#233;d&#233; ici ont toujours travaill&#233;. Ils ont &#233;t&#233; ma&#231;ons, instituteurs, ou encore ouvriers dans une usine locale aujourd'hui ferm&#233;e. Quand je suis arriv&#233;, il n'y avait m&#234;me plus de travail pour les gens du coin ; nous avons alors plant&#233; des l&#233;gumes et des fruits et &#233;lev&#233; quelques poules dans la palmeraie. &#187;&lt;/i&gt; L'eau puis&#233;e &#224; une dizaine de m&#232;tres irrigue des plants de pommes de terre, d'oignons, de salades ou de carottes, au milieu des orangers, figuiers, grenadiers et dattiers. &lt;i&gt;&#171; Avec ce que nous produisons, nous avons largement de quoi vivre. Les exc&#233;dents, on les donne ou on les vend &#224; tr&#232;s petits prix aux habitants. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques dizaines de m&#232;tres au nord de l'ermitage, un petit baraquement m&#233;tallique est pos&#233; sur un promontoire. Depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es, deux militaires s'y relaient pour prot&#233;ger, disent-ils, ces fr&#232;res contre d'autres fr&#232;res au syst&#232;me pileux affirm&#233;. Le temps passant, un mur de briques et quelques arbustes fam&#233;liques sont venus agr&#233;menter les contours de cet abri soumis aux violences du climat saharien, et duquel sortent de puissants d&#233;cibels d'un rythme gnawa. &lt;i&gt;&#171; S'ennuyer ? On fait notre travail, c'est tout&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, dit le galonn&#233;, laissant pendre nonchalamment au bout de son bras une kalachnikov. Silence et immensit&#233; qui semblent dissoudre le sabre et le goupillon&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 1957, alors que se d&#233;veloppe la r&#233;sistance arm&#233;e contre l'occupant fran&#231;ais, les troupes coloniales tournent leurs armes lourdes sur ce village traditionnel fortifi&#233; et exigent son &#233;vacuation dans les vingt-quatre heures. Les habitants reconstruiront la cit&#233; sur les hauteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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