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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Engagez-vous ! &#187; qu'ils disaient&#8230;</title>
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		<dc:creator>Ettore Fontana</dc:creator>


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&lt;p&gt;Les effets de manche sur la &#171; d&#233;mocratie participative &#187; sont devenus un rituel du discours politique. Mais sur le terrain, pour les associations et les collectifs qui l'ouvrent un peu trop, c'est tout l'inverse : stigmatisation, coupe de subventions, voire proc&#232;s et interventions polici&#232;res. Dans son premier rapport, l'Observatoire des libert&#233;s associatives pr&#233;sente un panorama des techniques du pouvoir pour mettre au pas les oppositions qui le d&#233;rangent. Le constat est violent, sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no192-novembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;192 (novembre 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les effets de manche sur la &#171; d&#233;mocratie participative &#187; sont devenus un rituel du discours politique. Mais sur le terrain, pour les associations et les collectifs qui l'ouvrent un peu trop, c'est tout l'inverse : stigmatisation, coupe de subventions, voire proc&#232;s et interventions polici&#232;res. Dans son premier rapport, l'Observatoire des libert&#233;s associatives pr&#233;sente un panorama des techniques du pouvoir pour mettre au pas les oppositions qui le d&#233;rangent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3475 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH273/-1639-25c97.jpg?1782752464' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Victor
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le constat est violent, sans appel : en France, associations et collectifs militants subissent des entraves &#224; leurs libert&#233;s d&#232;s lors qu'ils s'opposent un peu trop frontalement au pouvoir, &#224; l'&#233;chelle nationale comme locale. D&#233;but octobre, l'Observatoire des libert&#233;s associatives&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'une coalition d'associations (parmi lesquelles la coordination (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a publi&#233; son premier rapport. Intitul&#233; &#171; Une citoyennet&#233; r&#233;prim&#233;e &#187;, il s'appuie sur le recueil de 100 exp&#233;riences de r&#233;pressions class&#233;es en quatre grandes cat&#233;gories.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Calomnier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re rel&#232;ve de la disqualification ou du d&#233;nigrement. On se souvient de G&#233;rard Chenoz, &#233;lu marseillais en charge de la requalification de la place Jean-Jaur&#232;s qui, en 2018, traitait les opposants &#224; cette r&#233;nova&#8202;tion de &lt;i&gt;&#171; professionnels de la subversion&lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt;zadistes&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; pleins de chichon&lt;/i&gt; &#187;. Mais c'est aussi le maire d'Al&#232;s (Gard) qui qualifie les m&#233;thodes de l'association de d&#233;fense des animaux L214 de &#171; &lt;i&gt;terroristes&lt;/i&gt; &#187; apr&#232;s qu'elle a publi&#233; une vid&#233;o tourn&#233;e dans un abat&#8202;toir de sa ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces attaques peuvent avoir d'importantes r&#233;percussions sur les collectifs. Ainsi de l'Assembl&#233;e citoyenne des originaires de Turquie (Acort) accus&#233;e de &#171; &lt;i&gt;communautarisme&lt;/i&gt; &#187; par un &#233;lu du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris en janvier 2019. Ce dernier &#233;crit au pr&#233;fet pour lui demander de couper ses subventions. &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; embraye : &#171; &lt;i&gt;Aussi outrancier et dangereux pour la coh&#233;sion nationale que soit son discours, l'association touche 5 000 &#8364; par an de subventions pay&#233;es par la ville de Paris.&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, quant &#224; lui, s'interroge : &#171; &lt;i&gt;L'argent public peut-il servir &#224; financer des associations qui entretiennent la d&#233;testation de la France et de ses forces de l'ordre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; L'Acort aura beau se d&#233;fendre en expliquant qu'elle se mobilise &#171; &lt;i&gt;contre toutes les formes de racisme, dont l'islamophobie&lt;/i&gt; &#187;, le mal est fait. Que vaut le communiqu&#233; d'une association perdu sur son site internet face &#224; une d&#233;claration publique d'&#233;lu reprise en ch&#339;ur par la presse ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Couper les subventions&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me cat&#233;gorie concerne les entraves financi&#232;res et mat&#233;rielles. Ou quand un ministre, un maire ou un conseiller d&#233;partemental, m&#233;content d'une parole ou d'une action, prive un collectif d'habitants d'acc&#232;s &#224; des locaux de r&#233;union ou menace de lui couper toute subvention. Sans surprise, on retrouve ici beaucoup d'associations des quartiers populaires, o&#249; l'argent manque tellement qu'il est un moyen de pression facile pour les pouvoirs locaux. C'est ce qu'a subi, par exemple, l'Association nouveau regard sur la jeunesse (ANRJ) &#224; Roubaix (Nord) quand elle s'est engag&#233;e au c&#244;t&#233; d'habitants dans la contestation d'un projet de r&#233;novation urbaine en 2016 : quelques mois plus tard, elle s'est retrouv&#233;e expuls&#233;e de ses locaux et priv&#233;e de ses subventions par la Ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'une des plus retentissantes affaires est sans doute celle du Genepi. En 2018, cette association &#233;tudiante qui accompagne les d&#233;tenus s'est vu couper ses subventions et emp&#234;cher d'acc&#232;s aux prisons en raison de ses prises de positions sur la politique p&#233;nitentiaire. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Le Genepi d&#233;veloppait des th&#232;ses qui sont tr&#232;s hostiles &#224; la politique publique que nous conduisons&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;. Donc ce n'&#233;tait plus une politique partenariale sur les ambitions que nous avions, mais une politique au contraire d'opposition quasiment frontale et permanente. Donc j'ai pris une d&#233;cision qui est de supprimer la subvention.&lt;/i&gt; &#187; Une mani&#232;re de s'adresser &#224; l'ensemble des associations avec un message clair : on ne mord pas la main qui vous nourrit.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Harceler en justice&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me cat&#233;gorie englobe tous les proc&#232;s intent&#233;s par l'&#201;tat ou les collectivit&#233;s locales. En premi&#232;re ligne, on retrouve de nombreux collectifs &#233;cologistes. On pense &#233;videmment aux opposants au projet d'enfouissement de d&#233;chets nucl&#233;aires &#224; Bure (Meuse) vis&#233;s par une enqu&#234;te judiciaire pour &#171; association de malfaiteurs &#187; qui a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; plus d'un million d'euros et donn&#233; lieu &#224; au moins 50 proc&#232;s, 28 inter&#8202;dictions de territoire, deux ann&#233;es de prison ferme et des centaines de mois de sursis cumul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'autres mobilisations de moindre &#233;cho m&#233;diatique sont aussi concern&#233;es. Citons l'association Danger Montpertuis, qui s'oppose &#224; l'implantation d'une raffinerie d'&#233;thanol-bois pr&#232;s de Vichy (Allier). D&#232;s sa cr&#233;ation en 2016, ce qui n'est encore qu'un collectif informel subit des intimidations. Le maire de la commune de Bellerive &#233;crit m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;La bonne nouvelle est que ce groupuscule est en train de se constituer en association. Ce qui va naturellement conduire ses responsables &#224; ma&#238;triser &#224; la fois leur communication et leurs agissements, faute de quoi ils s'exposent tr&#232;s rapidement &#224; voir leurs responsabilit&#233;s civile et p&#233;nale engag&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; En septembre 2018, les menaces sont mises &#224; ex&#233;cution : Vichy Communaut&#233; d&#233;pose trois plaintes pour diffamation, diffusion de fausses nouvelles et affichage sauvage. Peu importe aux autorit&#233;s que ces plaintes soient toutes class&#233;es sans suite. L'objectif semble surtout de d&#233;tourner l'association de son objectif premier en la cantonnant &#224; des actions d&#233;fensives : un proc&#232;s suppose de d&#233;penser du temps et de l'argent pour &#233;viter toute condamnation.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Envoyer les flics&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re cat&#233;gorie rassemble les r&#233;pressions polici&#232;res. On pense, entre autres, &#224; la sc&#232;ne surr&#233;aliste qui s'est d&#233;roul&#233;e le 17 juin 2018 sur les quais de Seine devant l'Institut du monde arabe. Alors que plus de 300 personnes, dont des &#233;lus de la Ville de Paris et l'ambassadeur de Palestine, attendent l'inoffensive Flottille de la Libert&#233; pour Gaza &#8211; deux voiliers partis de Su&#232;de &#224; destination de la cit&#233; palestinienne &#8211;, le comit&#233; d'accueil est nass&#233; par les CRS, tandis que les navires sont vigoureusement emp&#234;ch&#233;s d'accoster par des Zodiacs de la pr&#233;fecture de police qui les repoussent loin du quai. Le tout sous les yeux &#233;bahis des militants et officiels. Ni la mairie, ni la pr&#233;fecture de police ne donneront d'explications &#224; cette incroyable censure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pense aussi &#224; l'association Utopia 56 qui vient en aide aux migrants &#224; Calais. Durant le confinement, entre le 19 mars et le 8 avril 2020, les b&#233;n&#233;voles de l'association ont fait l'objet de 18 amendes dans le cadre de leurs activit&#233;s de maraudes et de distributions de mat&#233;riel (tentes, duvets, etc.) et alimentaires (repas, eau). L'association diffuse la vid&#233;o d'un &#233;change entre un b&#233;n&#233;vole et un CRS grad&#233; qui exprime explicitement son intention d' &#187; &lt;i&gt;user&lt;/i&gt; &#187; les militants sur le terrain en multipliant les contr&#244;les et les amendes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comment se d&#233;fendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus que la simple r&#233;pression polici&#232;re, par ailleurs bien document&#233;e par d'autres collectifs, c'est ce &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; de b&#226;tons dans les roues fait de stigmatisation et de chantages &#224; la subvention qui ressort de la lecture de ce rapport. Une r&#233;pression de basse intensit&#233; bas&#233;e sur l'in&#233;galit&#233; de moyens : les pouvoirs publics ont de l'argent et du temps, les associations en manquent cruellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comment r&#233;pliquer ? Les auteurs mettent en avant douze propositions concr&#232;tes pour r&#233;&#233;quilibrer le rapport de forces. Sur le chantage aux subventions, par exemple, l'objectif &lt;i&gt;a minima &lt;/i&gt;serait d'obliger les politiques &#224; justifier leurs coupures. Au-del&#224;, il s'agirait de retirer aux seuls &#233;lus le pouvoir d'attribution des enveloppes en cr&#233;ant des commissions mixtes repr&#233;sentant une pluralit&#233; d'int&#233;r&#234;ts. M&#234;me ordre d'id&#233;e concernant la question polici&#232;re : retirer &#224; l'IGPN les enqu&#234;tes sur les violences pour les remettre au centre du d&#233;bat public. Mais au-del&#224; des mesures cibl&#233;es, l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale peut se r&#233;sumer par une analogie avec le monde du travail : &#224; l'image des outils construits historiquement par les syndicats pour faire face aux dirigeants des entreprises, le monde associatif doit aujourd'hui construire ses propres d&#233;fenses face aux potentielles attaques de l'&#201;tat. Un objectif qui passe, certes, par des dispositifs institutionnels, mais &#233;galement par l'auto-organisation. Si dix collectifs se l&#232;vent d&#232;s qu'une association est attaqu&#233;e, les &#233;lus y r&#233;fl&#233;chiront &#224; deux fois avant de se l&#226;cher.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ettore Fontana&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agit d'une coalition d'associations (parmi lesquelles la coordination nationale Pas Sans Nous, France nature environnement, la Ligue des droits de l'Homme, etc.) ayant travaill&#233; avec des chercheurs en sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hors de Calais mais pas tout seuls</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Hors-de-Calais-mais-pas-tout-seuls</link>
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		<dc:date>2019-11-13T12:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maryse Chebbi</dc:creator>


		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;Entre le 24 octobre et le 4 novembre, l'&#201;tat fran&#231;ais a vid&#233; la jungle de Calais &#224; coups de bulldozers, de CRS et&#8230; de bus. Les quelque 8 000 personnes venues l&#224; dans l'espoir de rejoindre le Royaume-Uni ont tout &#224; coup disparu des &#233;crans. L'op&#233;ration est un succ&#232;s : la crise des migrants, c'est fini, Calais est vid&#233;. En r&#233;alit&#233;, on a juste cach&#233; la mis&#232;re sous le tapis, aux quatre coins de la France. Environ 300 Centres d'accueil et d'orientation (CAO) ont &#233;t&#233; ouverts pour accueillir plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Royaume-Uni" rel="tag"&gt;Royaume-Uni&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3088 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1322.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-1322-16714.jpg?1782752464' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Tomagnetik / Bon Pied Bon &#338;il
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;ntre le 24 octobre et le 4 novembre, l'&#201;tat fran&#231;ais a vid&#233; la jungle de Calais &#224; coups de bulldozers, de CRS et&#8230; de bus. Les quelque 8 000 personnes venues l&#224; dans l'espoir de rejoindre le Royaume-Uni ont tout &#224; coup disparu des &#233;crans. L'op&#233;ration est un succ&#232;s : la crise des migrants, c'est fini, Calais est vid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, on a juste cach&#233; la mis&#232;re sous le tapis, aux quatre coins de la France. Environ 300 Centres d'accueil et d'orientation (CAO) ont &#233;t&#233; ouverts pour accueillir plus de 7 000 personnes. Tant&#244;t en pleine for&#234;t, tant&#244;t dans des campagnes profondes, des centres de vacances de la Poste ou de la SNCF sont mis &#224; disposition jusqu'en mars (a priori) pour reloger les migrants. Mais cette tentative de les &#233;loigner du Royaume-Uni et de tout lien social a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout en France, des comit&#233;s ou des individus sont all&#233;s &#224; la rencontre de ces &#233;trangers parachut&#233;s pr&#232;s de chez eux. Lors d'une r&#233;union de l'un de ces collectifs, Bienvenue Sud Luberon, &#224; la Tour d'Aigues &#8211; cinquante-et-un mineurs &#233;rythr&#233;ens ont &#233;t&#233; relog&#233;s dans un centre de vacances de la Poste &#224; Grambois, &#224; quelques kilom&#232;tres &#8211;, la voix douce mais d&#233;cid&#233;e d'une jeune militante de El Manba (Collectif de soutien aux &#233;trangers &#224; Marseille) a r&#233;sonn&#233; : &#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat a voulu les diviser, diviser les assos qui les aidaient &#224; Calais. Mais nous pouvons aussi saisir cette opportunit&#233; pour nous r&#233;unir, cr&#233;er de la solidarit&#233; et de l'humanit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien ce qui est en train de se passer un peu partout. L'association Utopia 56, bas&#233;e &#224; Calais, est en contact avec de nombreux salari&#233;s de CAO et t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Il y a environ 5 000 personnes impliqu&#233;es aupr&#232;s des h&#233;berg&#233;s en CAO partout en France. Et ce ne sont que ceux qu'on conna&#238;t&#8230; Il y en a certainement dont on ignore l'existence.&lt;/i&gt; &#187; Ces collectifs sont compos&#233;s de militants de la premi&#232;re heure, mais pas seulement. &#192; la Tour d'Aigues, &#231;a va de la directrice d'&#233;cole &#224; l'&#233;ducateur jeunesse et aux retrait&#233;s. Au d&#233;but, la mobilisation a commenc&#233; gentiment. Contact avec les jeunes h&#233;berg&#233;s, pique-nique g&#233;ant dans un parc, l'&#233;quipe de foot des jeunes du village qui les invite aux entra&#238;nements... Puis un loto r&#233;colte plusieurs milliers d'euro et finance l'achat de bons sacs &#224; dos et de portables pour ces gamins qui n'aspirent qu'&#224; une chose : repartir de ce village perdu du Vaucluse, sans desserte de bus ni de train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un jeune quitte le centre, c'est le d&#233;chirement, surtout lorsqu'on sait que les promesses de regroupement familial au Royaume-Uni ont &#233;t&#233; vaines pour quarante d'entre eux. Certains jeunes bient&#244;t majeurs risquent une expulsion vers le premier pays d'entr&#233;e dans l'Union europ&#233;enne, l'Italie, la Gr&#232;ce ou la Hongrie et des cas de maltraitance ont &#233;t&#233; document&#233;s par Amnesty International dans ces trois pays. Alors les gens se f&#226;chent. &#192; Marseille, Toulouse, la Tour d'Aigues et ailleurs, on interpelle le pr&#233;fet, la presse, sur la situation de ces gamins &#224; l'abandon. On fait du bruit avec des p&#233;titions, des manifestations devant les pr&#233;fectures pour les faire r&#233;gulariser. La proximit&#233; a chang&#233; la donne. L'injustice vue de pr&#232;s est encore plus insupportable. Alors, en ville comme &#224; la campagne, ils sont des milliers &#224; se politiser et parfois m&#234;me &#224; se mettre hors la loi pour un peu d'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Maryse Chebbi&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'infos sur l'actu des collectifs et des CAO sur le blog &#171; &lt;a href=&#034;https://passeursdhospitalites.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Passeurs d'hospitalit&#233;s&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>F&#233;minisme alg&#233;rien : &#171; Il faut s'organiser tout de suite &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Feminisme-algerien-Il-faut-s</link>
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&lt;p&gt;La r&#233;volution d'abord, l'&#233;mancipation f&#233;minine ensuite ? Dans les cort&#232;ges qui continuent de secouer l'Alg&#233;rie, bien des femmes refusent cet ordre de priorit&#233;. Entretien avec Wissem Zizi, jeune militante en Kabylie. Le 8 mars dernier, au troisi&#232;me acte du soul&#232;vement alg&#233;rien, Wissem et ses camarades avaient d&#233;ploy&#233; une grande banderole : &#171; Abrogation du code de la famille &#187;. Un message applaudi par certain&#183;es, mais pas forc&#233;ment compris par tout le monde. &#171; On a encore du travail &#187;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Margaux-Wartelle-331" rel="tag"&gt;Margaux Wartelle&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Wissem" rel="tag"&gt;Wissem&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;volution d'abord, l'&#233;mancipation f&#233;minine ensuite ? Dans les cort&#232;ges qui continuent de secouer l'Alg&#233;rie, bien des femmes refusent cet ordre de priorit&#233;. Entretien avec Wissem Zizi, jeune militante en Kabylie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3013 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1249-dee34.jpg?1782752464' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Margaux Wartelle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 8 mars dernier, au troisi&#232;me acte du soul&#232;vement alg&#233;rien, Wissem et ses camarades avaient d&#233;ploy&#233; une grande banderole : &#171; &lt;i&gt;Abrogation du code de la famille&lt;/i&gt; &#187;. Un message applaudi par certain&#183;es, mais pas forc&#233;ment compris par tout le monde. &#171; &lt;i&gt;On a encore du travail&lt;/i&gt; &#187;, soupirait la fondatrice du Collectif libre et ind&#233;pendant des femmes de B&#233;ja&#239;a, en petite Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 25 ans, Wissem Zizi milite au PST (Parti socialiste des travailleurs, organisation trotskyste) tout en participant au collectif des Femmes d'Aokas, le village de ses parents situ&#233; &#224; 30 km. Trois mois apr&#232;s notre premi&#232;re rencontre&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notre dossier &#171; Printemps alg&#233;rien &#187;, CQFD n&#176; 175 (avril 2019).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, elle nous a donn&#233;, par t&#233;l&#233;phone, des nouvelles du mouvement f&#233;ministe alg&#233;rien. Interview.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu viens de prendre part &#224; deux journ&#233;es de rencontres nationales organis&#233;es par des collectifs de femmes. Qu'en ressort-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le rassemblement s'est tenu &#224; la fronti&#232;re de la wilaya de B&#233;ja&#239;a. Il y avait dix-sept collectifs venus de tout le pays, dont une majorit&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e apr&#232;s le 8 mars 2019. Il y avait bien s&#251;r des femmes d'Alger, d'Oran et de Constantine. De nouveaux collectifs du Sud (Ouargla, Gharda&#239;a, Tamanrasset) devaient venir, mais &#231;a n'a pas &#233;t&#233; possible pour des questions logistiques. C'est dommage car les femmes du Sud sont longtemps rest&#233;es invisibles et ces collectifs incarnent un vrai changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e &#233;tait surtout de se rencontrer, tisser des liens. On a essay&#233; d'identifier nos points d'accords. C'&#233;tait compliqu&#233; car c'est un peu une grande ratatouille : il y a des femmes de droite, de gauche, diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations, des femmes qui militent en France, des collectifs LGBT qui travaillent dans la clandestinit&#233;... Quand on dit qu'on veut une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, il faut se mettre d'accord. Certaines ne dissocient pas la religion de l'&#201;tat par exemple, et toutes n'&#233;voquent pas la pr&#233;carit&#233; des femmes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quoi avez-vous abouti ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette fois-ci, les militantes de gauche ont un peu gagn&#233; ! &lt;i&gt;(Rires)&lt;/i&gt; Nous sommes parvenues &#224; &#233;crire une d&#233;claration commune qui servira de base &#224; un futur manifeste. Les dix-sept collectifs ont sign&#233;, et trois vont nous rejoindre. La lutte contre le travail pr&#233;caire et l'abrogation du code de la famille sont inscrits dans cette d&#233;claration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment per&#231;ois-tu l'&#233;volution du mouvement de contestation alg&#233;rien sur la question du droit des femmes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s le 22 f&#233;vrier, des femmes sont sorties dans la rue. Depuis le 8 mars, il y a des revendications plus sp&#233;cifiquement f&#233;ministes. Chaque vendredi &#224; Alger, des femmes organisent leur propre carr&#233; au sein de la manifestation, avec leurs propres mots d'ordre. Elles ont d'ailleurs &#233;t&#233; agress&#233;es&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Vague d'indignation apr&#232;s l'agression du &#8220;carr&#233; f&#233;ministe&#8221; ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#192; la t&#233;l&#233;vision, certains disent que le f&#233;minisme n'a jamais exist&#233; en Alg&#233;rie, que ces femmes sont manipul&#233;es de l'ext&#233;rieur, qu'elles veulent rompre avec les traditions. Comme si les f&#233;ministes n'&#233;taient pas vraiment des Alg&#233;riennes ! Il y a m&#234;me eu des appels au viol. Heureusement, &#231;a s'est calm&#233;. Notamment parce que tous les collectifs se sont unis contre ces violences. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les partis politiques s'emparent-ils de ces questions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certains se les approprient, mais pas forc&#233;ment de la bonne mani&#232;re. Par exemple, un nouveau collectif s'est cr&#233;&#233; : &#8220;La soci&#233;t&#233; civile&#8221;. S'y retrouvent notamment quelques personnes du FFS (Front des forces socialistes), l'association RAJ (Rassemblement actions jeunesse), mais aussi des islamistes. Des gens tr&#232;s diff&#233;rents, qui peuvent commencer une r&#233;union par une pri&#232;re, puis refuser de faire une minute de silence pour Kamel Eddine Fekhar, militant mort d'une gr&#232;ve de la faim&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Militant des droits humains et d&#233;fenseur de la cause mozabite (minorit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, alors m&#234;me que le RAJ avait fait un rassemblement pour lui rendre hommage. Sur la question des femmes, ils disent oui &#224; l'&#233;galit&#233; mais avec toutes leurs contradictions internes, je ne vois pas bien de quoi il est question. Il n'y a rien de concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, parmi les partis qui se disent d&#233;mocrates, tous appellent &#224; une r&#233;volution dans un premier temps, en consid&#233;rant que c'est seulement apr&#232;s que se posera la question de l'&#233;galit&#233; hommes-femmes. Nous on dit : &#8220;&lt;i&gt;Il faut s'organiser tout de suite !&lt;/i&gt;&#8221; Maintenant que les &#233;lections sont annul&#233;es, s'il y a une Conf&#233;rence nationale ou une Assembl&#233;e constituante&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;but juin, faute de candidats, le Conseil constitutionnel a annul&#233; les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, on veut que les femmes affirment leurs probl&#233;matiques, et surtout qu'elles soient repr&#233;sent&#233;es. Et pas par des hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel sens donnes-tu &#224; ton combat f&#233;ministe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand on parle de soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, il faut savoir de quoi on parle. Dans la loi, on a l'&#233;galit&#233; des salaires, mais les postes principaux sont occup&#233;s par des hommes. Ici, le droit &#224; l'avortement n'existe pas, et le simple fait d'en parler nous expose &#224; la prison. Apr&#232;s, bien s&#251;r, il y a la question de la position de la femme dans un syst&#232;me capitaliste : elle subit la pr&#233;carit&#233;, la discrimination dans le travail domestique, qui est non r&#233;mun&#233;r&#233;. J'ai un point de vue marxiste, bien loin de positions plus bourgeoises qui existent ici aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le d&#233;bat sur l'h&#233;ritage : je suis &#233;videmment pour une plus grande &#233;galit&#233; entre hommes et femmes, mais ce n'est pas une fin en soi &#8211; l'h&#233;ritage concerne assez peu de personnes en Alg&#233;rie. Pour la question du code de la famille ou des violences, il faut changer les lois, mais aussi les mentalit&#233;s. Certains collectifs ne font aucun travail avec les femmes des milieux populaires. Ici, on fait des ateliers dans des villages, on parle du travail domestique, on &#233;voque la question des cr&#232;ches dans les usines ou dans les entreprises &#233;tatiques &#8211; pour l'instant, la seule qui a une cr&#232;che, c'est Sonatrach, les hydrocarbures. Et les cr&#232;ches priv&#233;es sont tr&#232;s ch&#232;res : 70 % du salaire de la femme peut y passer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au sein des collectifs dont tu fais partie, les diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations trouvent-elles un terrain d'entente ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas un conflit entre g&#233;n&#233;rations mais il est vrai que la nouvelle accuse l'ancienne de ne pas vouloir passer le flambeau. Ce qui n'est pas compl&#232;tement faux. Cela dit, il est important de regarder le chemin parcouru : le mouvement des ann&#233;es 1970, o&#249; des femmes ont cr&#233;&#233; un cin&#233;-club clandestin &#224; Alger, puis celui des ann&#233;es 1980, qui a remis en question le code de la famille, ont &#233;t&#233; tr&#232;s importants. Dans les ann&#233;es 1990, pendant la d&#233;cennie noire, beaucoup de militantes ont &#233;t&#233; assassin&#233;es ou ont d&#251; fuir. Puis, en 2001, il y a eu aussi le mouvement berb&#232;re. Sans oublier, bien s&#251;r, l'engagement pendant la r&#233;volution pour l'ind&#233;pendance. Il y a eu des acquis. Une militante plus &#226;g&#233;e m'a un jour dit que le fait qu'on ose parler aujourd'hui des violences, du harc&#232;lement, c'&#233;tait d&#233;j&#224; quelque chose d'&#233;norme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le code de la famille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;I&lt;/petitelettrine&gt;nstaur&#233; en 1984, le code de la famille est intens&#233;ment critiqu&#233; par de nombreuses associations f&#233;ministes alg&#233;riennes. Surnomm&#233; &#171; code de l'infamie &#187;, il maintient la femme dans une position de mineure &#224; vie, passant de la tutelle du p&#232;re &#224; celle du mari. En 2005, une r&#233;forme a permis quelques am&#233;nagements : la polygamie est soumise au &#171; consentement pr&#233;alable &#187; de la premi&#232;re &#233;pouse, le mariage par procuration (qui permettait des mariages forc&#233;s) a &#233;t&#233; aboli et la femme peut d&#233;sormais rester dans le logement familial avec les enfants en cas de s&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire notre dossier &#171; Printemps alg&#233;rien &#187;, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no175' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 175&lt;/a&gt; (avril 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;https://www.elwatan.com/edition/actualite/vague-dindignation-apres-lagression-du-carre-feministe-ce-vendredi-la-democratie-se-fera-avec-les-femmes-ou-ne-se-fera-pas-31-03-2019&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vague d'indignation apr&#232;s l'agression du &#8220;carr&#233; f&#233;ministe&#8221; ce vendredi : &#8220;La d&#233;mocratie se fera avec les femmes ou ne se fera pas !&lt;/a&gt;&#8221; &#187;, &lt;i&gt;El Watan &lt;/i&gt;(31/03/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Militant des droits humains et d&#233;fenseur de la cause mozabite (minorit&#233; berb&#233;rophone), il avait d&#233;j&#224; purg&#233;, de 2015 &#224; 2017, une peine de deux ans de prison, notamment pour &#187; &lt;i&gt;atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat &#187;&lt;/i&gt; et &#187; &lt;i&gt;trouble &#224; l'ordre public&lt;/i&gt; &#187;. Le 31 mars dernier, il &#233;tait incarc&#233;r&#233; pour &#171; &lt;i&gt;atteinte aux institutions&lt;/i&gt; &#187;. Amnesty International avait jug&#233; son emprisonnement &#171; &lt;i&gt;arbitraire et ill&#233;gal &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;but juin, faute de candidats, le Conseil constitutionnel a annul&#233; les &#233;lections pr&#233;sidentielles, pr&#233;vues le 4 juillet suite &#224; la d&#233;mission de Bouteflika. Le mandat du pr&#233;sident par int&#233;rim a &#233;t&#233; prolong&#233; pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Une conf&#233;rence nationale pour une sortie de crise &#187;&lt;/i&gt; a eu lieu en juin, organis&#233;e par associations et syndicats. Ils pr&#233;conisent, entre autres, une p&#233;riode de transition, une commission ind&#233;pendante pour diriger les &#233;lections et un &#171; dialogue national &#187; avec les acteurs politiques, qui devrait se finir par une &#171; conf&#233;rence nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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