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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Th&#233;&#226;tre de l'ombre</title>
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		<dc:date>2012-05-09T06:58:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Nono Kadaver</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Naples, pendant dix ans, la compagnie Liberanti, form&#233;e par des taulards et des ex-taulards, a port&#233; son th&#233;&#226;tre jusqu'au-dehors des prisons. Une &#233;vasion par la culture ? Non, quelque chose de beaucoup plus enthousiasmant, sanglant et amer. Alessandra, qui fut &#224; l'origine du projet, a racont&#233; l'intense exp&#233;rience &#224; CQFD. Sacr&#233;e ambiance dans la petite salle du Teatro Nuovo, le jour de la cl&#244;ture du festival Chi racconta la citt&#224;, organis&#233; par le journal ind&#233;pendant Napoli Monitor. On y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no98-mars-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;98 (mars 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Naples, pendant dix ans, la compagnie Liberanti, form&#233;e par des taulards et des ex-taulards, a port&#233; son th&#233;&#226;tre jusqu'au-dehors des prisons. Une &#233;vasion par la culture ? Non, quelque chose de beaucoup plus enthousiasmant, sanglant et amer. Alessandra, qui fut &#224; l'origine du projet, a racont&#233; l'intense exp&#233;rience &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sacr&#233;e ambiance dans la petite salle du Teatro Nuovo, le jour de la cl&#244;ture du festival Chi racconta la citt&#224;, organis&#233; par le journal ind&#233;pendant Napoli Monitor. On y a vu quatre courts-m&#233;trages : le premier sur une gla&#231;ante prison psychiatrique en voie de fermeture, le deuxi&#232;me sur une troupe de transsexuels du Quartieri Spagnoli (pr&#233;sents dans la salle), le troisi&#232;me d'Alessandra Cutolo sur trois femmes du quartier chaud de Forcella (pr&#233;sentes aussi) et le dernier &#233;tait un documentaire de l'ex-taulard Gaetano Di Vaio sur trois familles de ferrailleurs de la p&#233;riph&#233;rie napolitaine. Entre chaque projection, Antonella Monetti, accord&#233;on sur le ventre, poussait la chansonnette. Au r&#233;pertoire, les vieux succ&#232;s de Sergio Bruni, le cabaret de Raffaele Viviani&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alessandra, Gaetano et Antonella ont en commun une exp&#233;rience exceptionnelle : avoir tenu &#224; bout de bras pendant dix ans une compagnie de th&#233;&#226;tre, Liberanti&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Liberanti : lib&#233;rables.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, compos&#233;e presque exclusivement de taulards. &#201;tudiante &#224; Aix-en-Provence (Bouches-du-Rh&#244;ne) dans les ann&#233;es 1990, Alessandra a enseign&#233; l'italien &#224; la maison d'arr&#234;t de Luynes. &lt;i&gt;&#171; J'avais &#233;t&#233; embauch&#233;e par l'association G&#233;n&#233;pi, apr&#232;s une &#233;meute dans la taule. On me laissait seule, enferm&#233;e dans une cellule avec six ou sept d&#233;tenus, fils ou petits-fils d'immigr&#233;s, qui parlaient un dr&#244;le de m&#233;lange de marseillais et de dialectes de l'Italie m&#233;ridionale. &#187;&lt;/i&gt; De retour &#224; Naples, au centre social Diego Armando Maradona du quartier de Montesanto, elle est contact&#233;e par des ex-militants des Brigades rouges pour faire du &lt;i&gt;&#171; travail politique &#187;&lt;/i&gt; dans les prisons. En 2002, elle finira par se d&#233;tacher de ces parrains trop envahissants et lancera une troupe qui jouait du Beckett en dialecte&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/98-nono-478f5.png?1782647680' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nono Kadaver
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;napolitain devant les familles de d&#233;tenus&#8230; &lt;i&gt;&#171; La directrice de la prison &#233;tait fi&#232;re, elle se sentait comme une reine. &#187;&lt;/i&gt; Le succ&#232;s fut tel que l'administration p&#233;nitentiaire se laissa convaincre de donner des permis de sortie pour que les d&#233;tenus-acteurs puissent r&#233;p&#233;ter et jouer en ville, puis dans la r&#233;gion. Les familles, et ensuite un public plus large, en redemandaient.&lt;i&gt; &#171; Les p&#232;res &#233;taient fiers de jouer devant leurs fils, et que les gens payent pour venir voir ce qu'ils avaient cuisin&#233; in galera&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In galera : en prison.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;pour venir voir ce qu'ils avaient &#224; dire &#224; la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Les matons de l'escorte s'asseyaient dans l'obscurit&#233; de la salle, non loin des familles.&lt;i&gt; &#171; Mais certains spectateurs venaient un peu voir les b&#234;tes sauvages, comme au cirque&#8230; Oui, c'&#233;tait comme un cirque intellectualis&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Puis, de fil en aiguille, on a eu des permis de sortie sans gardiens. Situation bancale : Antonella et moi &#233;tions cens&#233;es d&#233;noncer les incartades. Les &#233;pouses louaient des chambres d'h&#244;tel &#224; proximit&#233; des th&#233;&#226;tres pour pouvoir baiser avec leur compagnon. On fermait bien s&#251;r les yeux. Mais malgr&#233; nous, et &#224; l'encontre de notre projet initial qui visait un processus de lib&#233;ration progressive, on devenait peu &#224; peu leurs gardiens. &#187; &lt;/i&gt; Il y a eu une &#233;vasion, o&#249; on a vu la troupe se lancer &#224; la poursuite du fugueur jusque dans la gare centrale, parce qu'il compromettait toute l'exp&#233;rience. &lt;i&gt;&#171; &#201;trange chasse &#224; l'homme&#8230; La loi de la prison veut que tous payent pour la faute d'un seul. &#187;&lt;/i&gt; Finalement, l'&#233;vad&#233; fut arr&#234;t&#233; par les carabinieri chez lui, dans son village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour suppl&#233;er certains prisonniers &#224; qui le juge refusait le permis de sortie, on a fait appel &#224; des ex-taulards, lib&#233;r&#233;s entre-temps. &#199;a a vite g&#233;n&#233;r&#233; des conflits. Un soir, en 2004, il y a eu une baston ultra-violente dans une loge. &#192; coup de tessons de bouteille. Avec Gaetano, on a r&#233;ussi &#224; les s&#233;parer. &#187; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Les copains disaient que le trac leur rappelait l'adr&#233;naline qui pousse au ventre quand tu montes sur un braquage. Mais c'&#233;tait dur, beaucoup de chagrin. Ramener les d&#233;tenus en prison &#224; trois heures du matin, apr&#232;s leur petite heure de gloire, apr&#232;s une repr&#233;sentation o&#249; ils avaient &#233;t&#233; applaudis, apr&#232;s le repas arros&#233; dans une pizz&#233;ria, c'&#233;tait un cr&#232;ve-c&#339;ur&#8230; Ils s'enivraient rapidement : double exp&#233;rience dionysiaque&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Alessandra, les acteurs professionnels ont une exp&#233;rience de la vie assez pauvre, ils vivent en vase clos. Les voyous, eux, ont leurs tripes et leurs douleurs &#224; mettre sur la table. &lt;i&gt;&#171; Des compagnies de th&#233;&#226;tre, puis des producteurs de cin&#233;ma m'ont contact&#233;e pour organiser des castings et trouver des acteurs qui aient &#8220;une gueule&#8221;. J'ai gagn&#233; ma vie comme &#231;a pendant ces derni&#232;res ann&#233;es, jusqu'&#224; la crise actuelle. Il n'y a plus d'argent&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Certains des taulards-acteurs sont devenus c&#233;l&#232;bres. Carmine Paternoster a jou&#233; dans La Temp&#234;te de Shakespeare pour un grand th&#233;&#226;tre public, et le r&#244;le de Saviano dans Gomorra. Gaetano est devenu producteur de documentaires pour la t&#233;l&#233;, il a m&#234;me produit Napoli, Napoli, Napoli, d'Abel Ferrara. Salvatore Striano vient de recevoir un prix &#224; Berlin avec les fr&#232;res Taviani. &lt;i&gt;&#171; Il est du quartier, il a fait partie d'une bande de braqueurs tr&#232;s c&#233;l&#232;bre et aim&#233;e jusque dans le stade du Napoli : les Teste Matte, les t&#234;tes folles&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'histoire a aussi sa face obscure.&lt;i&gt; &#171; Un de nos acteurs principaux est mort d'une balle dans la t&#234;te lors d'un r&#232;glement de comptes, un autre est retomb&#233; pour braquage&#8230; Il y a eu aussi plusieurs morts par overdose : apr&#232;s un long sevrage, le premier shoot est souvent fatal. &#187;&lt;/i&gt; Sans compter les d&#233;pressions, les &#233;pouses abandonn&#233;es, les familles explos&#233;es. &lt;i&gt;&#171; L'exp&#233;rience a &#233;t&#233; intense, &#233;puisante. J'ai vu partir le p&#232;re de mes enfants, il n'en pouvait plus, il est &#224; Rome maintenant. Trop de morts, trop de souffrance. Au bout de dix ans, on a raccroch&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Nicolas Arraitz, dit &lt;i&gt;Il Polacco&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Liberanti&lt;/i&gt; : lib&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;In galera&lt;/i&gt; : en prison.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La famille napolitaine</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-famille-napolitaine</link>
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		<dc:date>2011-05-25T07:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;CQFD a un petit cousin &#224; Naples, un mensuel nomm&#233; Napoli Monitor. Ce canard examine la ville et la culture, et pr&#244;ne l'ind&#233;pendance et l'autonomie comme exp&#233;rience. La rencontre s'imposait&#8230; L&#8216;escalier qui rejoint la via Bartolomeo Carracolio &#224; la via Fontanelle descend en pente douce entre les immeubles et maisonnettes abusives. Luca attend en bas des marches. Quelques m&#232;tres dans cette vall&#233;e au c&#339;ur de la ville, et la rue devient volcan. Sir&#232;nes de flics et d'ambulances, foule sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Carracolio" rel="tag"&gt;Carracolio&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a un petit cousin &#224; Naples, un mensuel nomm&#233; &lt;a href=&#034;http://www.napolimonitor.it/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Napoli Monitor&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Ce canard examine la ville et la culture, et pr&#244;ne l'ind&#233;pendance et l'autonomie comme exp&#233;rience. La rencontre s'imposait&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#8216;escalier qui rejoint&lt;/strong&gt; la via Bartolomeo Carracolio &#224; la via Fontanelle descend en pente douce entre les immeubles et maisonnettes abusives. Luca attend en bas des marches. Quelques m&#232;tres dans cette vall&#233;e au c&#339;ur de la ville, et la rue devient volcan. Sir&#232;nes de flics et d'ambulances, foule sur les trottoirs &#233;troits, bousculades motoris&#233;es, bavards immobiles obstruant le passage, observateurs statiques perdus dans leurs pens&#233;es, boutiques d&#233;bordant sur la rue&#8230; &lt;i&gt;&#171; J'habite ici. C'est le quartier de La Sanit&#224; &#187;&lt;/i&gt;, dit Luca, un des initiateurs du mensuel ind&#233;pendant &lt;i&gt;Napoli Monitor&lt;/i&gt;. Entre les 14 et 19 mars, l'&#233;quipe de ce journal napolitain a organis&#233; une s&#233;rie de rencontres, expositions et projections sur la ville autour des th&#232;mes &#171; &#233;couter, observer et se souvenir &#187;. Et pour l'occasion a choisi d'inviter &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, afin d'&#233;changer et de partager nos exp&#233;riences respectives, et aussi, &#233;videmment, bi&#232;res et l'&#233;prouvante pizza fritta&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En 2006, nous avons publi&#233; deux num&#233;ros z&#233;ro avant de nous lancer v&#233;ritablement en 2007 &#187;&lt;/i&gt;, explique Luca, en feuilletant ce canard de seize pages, imprim&#233; en bichromie et publiant quantit&#233; d'illustrations. Viola, une des participantes de la r&#233;daction, raconte : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes environ dix personnes. Aucun d'entre nous ne se reconna&#238;t dans les groupes politiques existants. Chacun, selon ses comp&#233;tences, a un r&#244;le essentiel. Nous sommes tous tr&#232;s diff&#233;rents. Il y a des personnes qui ont une exp&#233;rience journalistique et d'autres plus tourn&#233;es vers la litt&#233;rature. Certaines participent &#224; des associations actives sur le terrain politique et social. D'autres sont des &#233;tudiants curieux et ouverts. Mais notre intention est de pouvoir &#234;tre capables de tout faire, depuis la r&#233;daction &#224; la maquette en passant par la gestion du site qui depuis septembre n'est plus seulement destin&#233; &#224; mettre en ligne les anciens num&#233;ros. &#187; &#171; La r&#233;union de r&#233;daction que l'on fait une fois par mois est assez informelle. On se parle, on se croise tous les jours&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, continue Luca. Chaque mois, le journal &#8211; qui compte cent cinquante abonn&#233;s &#8211; est imprim&#233; &#224; 1 000 exemplaires et est distribu&#233; dans une trentaine de lieux &#224; Naples et sa province, mais aussi dans quelques librairies &#224; Rome, Florence, Bologne et Milan. &lt;i&gt;&#171; Ce qui fait notre point v&#233;ritablement commun, c'est le Monitor &#187;&lt;/i&gt;, reprend Viola. Luca : &lt;i&gt;&#171; C'est un moyen et une occasion de changer un mod&#232;le de penser, pour nous et pour nos lecteurs. Pour moi, c'est un instrument politique destin&#233; &#224; la transformation des rapports sociaux. On y parle de la ville, des immigr&#233;s, de l'urbanisme, de la rue, d'exp&#233;riences culturelles&#8230; M&#234;me si je ne suis pas tr&#232;s optimiste sur ce qu'on peut apporter&#8230; C'est vrai que parfois j'ai le sentiment que pour les lecteurs, ce journal est un luxe qu'ils ach&#232;tent comme des collectionneurs, parce qu'ils le trouvent beau&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Il continue : &lt;i&gt;&#171; On n'a pas de vis&#233;es explicites. Je pense que la militance politique part du local et que, pour nous qui vivons &#224; Naples, parler d'ici et depuis ici est essentiel. &#187;&lt;/i&gt; Viola : &lt;i&gt;&#171; On veut donner une image plus r&#233;elle de Naples, ce mouton noir pr&#233;sent&#233; partout. Pour nous, Naples est bien s&#251;r le centre du monde. C'est notre r&#233;f&#233;rence. Mais on ne fait pas que le dire, on veut casser les images, parler de la vie et des humains, en se battant contre les caricatures qui sont donn&#233;es de cette ville. &#187; &#171; Si la criminalit&#233; organis&#233;e et la Camorra sont des questions importantes, pas question pour nous de participer au cirque dont se r&#233;galent les m&#233;dias &#187;&lt;/i&gt;, dit Luca qui s'occupe aussi de gamins dans les quartiers. Il rappelle toutes ces fois o&#249; des journalistes lui ont demand&#233; de leur faire rencontrer des baby killers, jeunes proches de la Camorra, pour faire un article pittoresque et vendeur sur la ville&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'immense place du Pl&#233;biscite, une voiture de carabiniers s'avance au milieu des pi&#233;tons dispers&#233;s. Un imposant chien noir, paisiblement allong&#233; sur le pav&#233;, se dresse, aboie vigoureusement et se rue &#224; l'avant du v&#233;hicule bleu qui ne peut plus avancer au risque de le bousculer. Les passants s'amusent de la situation. Andrea, autre participant du Napoli Monitor, d&#233;signe le cerb&#232;re courrouc&#233; : &lt;i&gt;&#171; Nous aussi, on a un chien &#233;nerv&#233; &#224; Naples. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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