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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Jusqu'au boss final</title>
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		<dc:date>2026-05-22T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Hilda Ciambarella</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son livre Tout reste &#224; jouer, Marijam Did participe &#224; enfoncer cette porte immense qui s'entrouvre depuis quelques ann&#233;es : celle qui consiste &#224; d&#233;montrer la puissance politique des jeux vid&#233;o. En d&#233;but de partie, le choix du personnage est impos&#233; : c'est Marijam Did&#382;galvyt&#279;, autrice, cr&#233;atrice de contenu, chercheuse et organisatrice d'&#233;v&#233;nements vid&#233;oludiques caritatifs. Si on &#233;tait dans un jeu de r&#244;le, Marijam aurait &#233;norm&#233;ment de points de &#171; skills &#187;. Mais son ouvrage, Tout reste &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son livre &lt;i&gt;Tout reste &#224; jouer&lt;/i&gt;, Marijam Did participe &#224; enfoncer cette porte immense qui s'entrouvre depuis quelques ann&#233;es : celle qui consiste &#224; d&#233;montrer la puissance politique des jeux vid&#233;o.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH668/capture_d_ecran_2026-05-20_173156-81a46.png?1779602684' width='500' height='668' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;but de partie, le choix du personnage est impos&#233; : c'est Marijam Did&#382;galvyt&#279;, autrice, cr&#233;atrice de contenu, chercheuse et organisatrice d'&#233;v&#233;nements vid&#233;oludiques caritatifs. Si on &#233;tait dans un jeu de r&#244;le, Marijam aurait &#233;norm&#233;ment de points de &#171; &lt;i&gt;skills&lt;/i&gt; &#187;. Mais son ouvrage, &lt;i&gt;Tout reste &#224; jouer &lt;/i&gt;(Le Passager clandestin, 2026), se rapproche plut&#244;t d'un jeu de tir &#224; la premi&#232;re personne. L'autrice nous embarque dans son pays d'origine, la Lituanie post-URSS, nous raconte sa jeunesse dans la ville de Kaunas, o&#249; la pauvret&#233; n'est jamais tr&#232;s loin, et ses ann&#233;es de d&#233;brouille dans les rues de son quartier. Quand vient le jour fatidique o&#249; son p&#232;re revient du travail avec un ordinateur &#8211; objet rare &#224; cette &#233;poque dans les foyers lituaniens &#8211;, elle d&#233;couvre un univers qu'elle ne l&#226;chera plus jamais : le jeu vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, Marijam trace deux lignes de narration. La premi&#232;re est celle de l'exploration vid&#233;oludique comme &#233;chappatoire. Brancher la console, passer du temps entre ami&#183;es ou en famille et s'offrir une respiration dans une &#233;poque difficile... Une fuite qui va de la banlieue paisible des &#171; Sims &#187; &#8211; simulation de vie dans lequel le joueur cr&#233;e des personnages, construit leur quotidien et dirige leurs relations &#8211;, jusqu'aux couloirs d&#233;moniaques du jeu de tir &#171; Doom &#187;, en passant par les rues de New York des ann&#233;es 1930 du jeu d'action &#171; Mafia &#187;. L'autrice se confie : &#171; &lt;i&gt;Un univers entier de mondes &#224; inventer, de mouvement et d'&#233;vasion s'est ouvert &#224; moi. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bient&#244;t, une deuxi&#232;me ligne narrative vient s'ajouter : celle de sa politisation. Install&#233;e &#224; Londres &#224; son adolescence, l'autrice int&#232;gre des cercles de gauche radicale, vit en squat, s'engage contre le fascisme. Sa vie militante et sa vie virtuelle s'entrelacent : &#171; &lt;i&gt;J'ai progressivement r&#233;alis&#233; que le jeu vid&#233;o [&#8230;] serait aussi essentiel pour comprendre les forces politiques autour de moi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rassembler celleux qui rejoindront la partie, Marijam Did nous fait d&#233;couvrir le jeu vid&#233;o dans tout ce qu'il a de plus beau. Elle relate des moments de v&#233;ritables po&#233;sies virtuelles cr&#233;&#233;s par &lt;a href=&#034;https://www.cqfd-journal.org/Collectif-Afrogrameuses-Certains&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des communaut&#233;s de joueur&#183;ses d&#233;cid&#233;&#183;es &#224; rendre justice&lt;/a&gt;, d&#233;crit des jeux ind&#233;pendants, inconnus du grand public, qui portent en eux des messages politiques puissants. Mais surtout, elle n'oublie pas de nous rappeler &lt;a href=&#034;https://www.cqfd-journal.org/Un-empire-nomme-Ubi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tout ce que l'industrie a de plus destructeur&lt;/a&gt;. Car le jeu vid&#233;o est aussi un march&#233;, impitoyable, tenu par une poign&#233;e de dirigeants aux dents longues. &#171; &lt;i&gt;Les boutons et les LED [&#8230;] sont tous assembl&#233;s [&#8230;] en une seule machine par des arm&#233;es d'ouvri&#232;res pay&#233;es au lance-pierre. Les appareils sont test&#233;s, emball&#233;s, exp&#233;di&#233;s, transport&#233;s, entrepos&#233;s [&#8230;] par une main-d'&#339;uvre innombrable et ali&#233;n&#233;e, pressuris&#233;e pour emp&#234;cher sa syndicalisation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, Marijam refuse le &lt;i&gt;game over&lt;/i&gt;. Face au Boss final qu'est l'industrie du jeu vid&#233;o, elle d&#233;gaine des pistes de riposte. Parmi elles : les jeux ind&#233;s, la cr&#233;ation low tech sur des terminaux un peu d&#233;suets, ou encore, les syndicats vid&#233;oludiques qui commencent d&#233;j&#224; &#224; &#233;merger partout sur le globe. Car son objectif est clair : &#171; &lt;i&gt;Recruter une arm&#233;e capable de transformer ce secteur immense et d&#233;cisif qui fa&#231;onne le monde autour de nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Hilda Ciambarella&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Zones &#192; D&#233;truire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Zones-A-Detruire</link>
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		<dc:date>2026-03-27T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand tu zieutes un planisph&#232;re, tout semble clair : 197 &#201;tats-nations et beaucoup de flotte. Et puis tu lis Le capitalisme de l'apocalypse, de Quinn Slobodian, et tu comprends que ce n'est pas si simple. Au sein de ces &#171; contenants que sont les nations &#187; se trouvent des &#171; enclaves qui &#233;chappent aux formes ordinaires de r&#233;glementation &#187;. Des zones qui constituent le fantasme des accros au n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;brid&#233; et au sapage de la d&#233;mocratie. Ils veulent tout d&#233;r&#233;guler. Sabrer les imp&#244;ts. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no250-mars-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;250 (mars 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand tu zieutes un planisph&#232;re, tout semble clair : 197 &#201;tats-nations et beaucoup de flotte. Et puis tu lis &lt;i&gt;Le capitalisme de l'apocalypse, &lt;/i&gt;de Quinn Slobodian, et tu comprends que ce n'est pas si simple. Au sein de ces &#171; &lt;i&gt;contenants que sont les nations&lt;/i&gt; &#187; se trouvent des &#171; &lt;i&gt; enclaves qui &#233;chappent aux formes ordinaires de r&#233;glementation&lt;/i&gt; &#187;. Des zones qui constituent le fantasme des accros au n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;brid&#233; et au sapage de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6453 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L395xH600/145140_couverture_hres_0-1770c.jpg?1779602712' width='395' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ils veulent tout d&#233;r&#233;guler. Sabrer les imp&#244;ts. Brider la d&#233;mocratie. Multiplier les zones o&#249; le droit des &#201;tats-nations ne s'applique plus. Bref : faire s&#233;cession avec toute entit&#233; bridant le sacro-saint r&#232;gne du capitalisme effr&#233;n&#233;. Et ils font office de flippant fil rouge du costaud mais tr&#232;s &#233;clairant essai de Quinn Slobodian &#8211; &lt;i&gt;Le capitalisme de l'apocalypse, ou le r&#234;ve d'un monde sans d&#233;mocratie&lt;/i&gt; (Le Seuil, 2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ils &#187;, ce sont les libertariens, mais aussi les fondus de n&#233;olib&#233;ralisme ou les empereurs cingl&#233;s de la Tech. Et selon Mister Slobodian ils ont tellement le vent en poupe que leur utopie s&#233;cessionniste a grandement d&#233;teint sur l'ordonnancement du monde, d&#233;sormais &#171; &lt;i&gt;constell&#233; de trous [&#8230;] et de zones grises, r&#233;sultats de perforations et de d&#233;chirures&lt;/i&gt; &#187;. Au menu : ports francs sans droits de douane, zones &#224; fiscalit&#233; sabr&#233;e, technopoles semi-ind&#233;pendantes &#224; l'image de la future Neom en Arabie Saoudite, paradis fiscaux&#8230; Au total, estime Slobodian, ce sont plus de 5 400 zones de ce type qui pars&#232;ment la plan&#232;te. La &#171; classique &#187; carte du monde ? Totalement &lt;i&gt;has-been&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne date pas d'hier. Prenez cet enfoir&#233; fini de Milton Friedman, &#233;conomiste ultralib&#233;ral qui a pr&#233;cocement soutenu le r&#233;gime de Pinochet au Chili : d&#232;s les ann&#233;es 1970, il encense &#224; gros torrents le mod&#232;le &#233;conomique de Hongkong. La colonie britannique est alors pr&#233;curseuse en mati&#232;re de &#171; zones &#233;conomiques sp&#233;ciales &#187;. Bonus : il n'y a sur ce territoire ni syndicats ni &#233;lections, ces trucs relous qui entravent le capitalisme. Friedman pose donc Hongkong comme &#171; solution &#224; la crise &#187;, prot&#233;g&#233;e qu'elle est de l'enquiquinante &#171; souverainet&#233; populaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor des &#171; zones &#187; d&#233;r&#233;glement&#233;es a depuis explos&#233;, notamment au XXIe si&#232;cle, avec des territoires gonfl&#233;s aux st&#233;ro&#239;des financiers &#8211; comme Duba&#239; o&#249; sont diss&#233;min&#233;es une quarantaine de zones franches au r&#233;gime fiscal d&#233;rogatoire doubl&#233; d'une exemption de taxes. Impossible ici de rentrer dans le d&#233;tail ou de viser l'exhaustivit&#233;. On retiendra juste que les ultra-riches multiplient dans le monde entier les tentatives de s&#233;cession en vue d'accro&#238;tre leur magot et d'effacer tout contre-pouvoir. Processus encourag&#233; par des milliardaires comme le roi des libertariens high-tech Peter Thiel, qui &#233;ructe r&#233;guli&#232;rement contre les pare-feu d&#233;mocratiques. Et Slobodian d'enfoncer le clou : &#171; &lt;i&gt;Nous devons r&#233;aliser que pour les partisans radicaux du march&#233; &lt;/i&gt;[la zone] &lt;i&gt;n'est pas simplement le moyen de parvenir &#224; une fin &#233;conomique, mais une source d'inspiration pour la r&#233;organisation politique de la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi d&#233;cupler notre envie de perforer leurs grosses faces d'exploiteurs. Des p'tits trous, des p'tits trous&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>A travers les yeux des dames de fraises</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-travers-les-yeux-des-dames-de</link>
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		<dc:date>2026-03-27T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec la BD Dames de fraises, doigts de f&#233;e, la dessinatrice Annelise Verdier nous raconte le quotidien de violences et d'entraides des milliers de Marocaines qui, chaque saison, vont travailler dans la production de fraises dans le sud de l'Espagne. Pouss&#233;e par la n&#233;cessit&#233; de nourrir son mari asthmatique et ses deux enfants, et voyant que les petits boulots au Maroc ne lui permettent pas de se projeter plus loin que le lendemain, Farida s'inscrit &#224; l'Anapec pour tenter le coup de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no250-mars-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;250 (mars 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec la BD&lt;i&gt; Dames de fraises, doigts de f&#233;e&lt;/i&gt;, la dessinatrice Annelise Verdier nous raconte le quotidien de violences et d'entraides des milliers de Marocaines qui, chaque saison, vont travailler dans la production de fraises dans le sud de l'Espagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pouss&#233;e par la n&#233;cessit&#233; de nourrir son mari asthmatique et ses deux enfants, et voyant que les petits boulots au Maroc ne lui permettent pas de se projeter plus loin que le lendemain, Farida s'inscrit &#224; l'Anapec&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence nationale de promotion de l'emploi et des comp&#233;tences, au Maroc.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour tenter le coup de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e. Elle embarque sur un ferry direction les productions de fraises de la province de la Huelva, dans le sud de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur place, les serres s'&#233;talent &#224; perte de vue, entrecoup&#233;es d'exploitations agricoles aux cl&#244;tures barbel&#233;es et de bidonvilles. D&#232;s le premier jour, elle d&#233;couvre la chaleur &#233;touffante, le rythme effr&#233;n&#233; de la r&#233;colte, les nuages de pesticides, les violences (sociales, racistes, sexistes et sexuelles) et, surtout, le d&#233;nuement : aucun mat&#233;riel de protection n'est fourni, l'eau vient souvent &#224; manquer &#8211; &#171; &lt;i&gt;les fraises boivent avant les humains&lt;/i&gt; &#187; &#8211; la nourriture s'ach&#232;te&#8230; &#192; plusieurs kilom&#232;tres de marche au milieu de terres d&#233;vast&#233;es par l'agro-industrie. Heureusement, la sororit&#233;, la d&#233;brouille et la r&#233;sistance aident &#224; la survie, et mettent &#224; jour toute une exploitation organis&#233;e qui concerne &#171; &lt;i&gt;chaque ann&#233;e entre janvier et juin, environ 15 000 femmes [&#8230;] venant souvent des zones rurales et marginalis&#233;es du Maroc profond&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser &lt;i&gt;Dames de fraises, doigts de f&#233;e&lt;/i&gt; (Alifbata, 2025), la dessinatrice Annelise Verdier s'est librement appuy&#233;e sur plusieurs recherches sur le sujet, en particulier celle de Chadia Arab&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dames de fraises, doigts de f&#233;e. Les invisibles de la migration saisonni&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui, dans la pr&#233;face, pose l'importance d'une &#339;uvre qui donne enfin un visage aux &#171; &lt;i&gt;travailleuses marocaines, invisibles d'un monde globalis&#233;, recrut&#233;es pour leurs mains agiles et leurs doigts de f&#233;e, mais aux voix &#233;touff&#233;es&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Agence nationale de promotion de l'emploi et des comp&#233;tences, au Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dames de fraises, doigts de f&#233;e. Les invisibles de la migration saisonni&#232;re marocaine en Espagne&lt;/i&gt;, En toutes lettres, 2018, r&#233;&#233;dit&#233;e en 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;cathlon K.O. par abandon face &#224; Oxyg&#232;ne</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Decathlon-K-O-par-abandon-face-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Decathlon-K-O-par-abandon-face-a</guid>
		<dc:date>2026-03-16T15:26:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Emp&#234;cher la construction d'un m&#233;ga centre commercial port&#233; par D&#233;cathlon, mission impossible ? Apr&#232;s sept ans de lutte, de r&#233;unions, de mobilisations, de recours judiciaire, le collectif Oxyg&#232;ne a r&#233;ussi &#224; faire plier le g&#233;ant du sport &#224; Saint-Cl&#233;ment-de-Rivi&#232;re. La BD Une victoire sur le b&#233;ton (Le Passager clandestin) raconte leur combat acharn&#233;. C'est une histoire qui commence par une balade et qui s'ach&#232;ve par une victoire. En 2014, &#224; Saint-Cl&#233;ment-de-Rivi&#232;re, dans l'H&#233;rault, un couple (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no246-novembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;246 (novembre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Emp&#234;cher la construction d'un m&#233;ga centre commercial port&#233; par D&#233;cathlon, mission impossible ? Apr&#232;s sept ans de lutte, de r&#233;unions, de mobilisations, de recours judiciaire, le collectif Oxyg&#232;ne a r&#233;ussi &#224; faire plier le g&#233;ant du sport &#224; Saint-Cl&#233;ment-de-Rivi&#232;re. La BD &lt;i&gt;Une victoire sur le b&#233;ton&lt;/i&gt; (Le Passager clandestin) raconte leur combat acharn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6446 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH650/capture_d_ecran_2026-03-16_162257-3bd04.png?1779607325' width='500' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;'est une histoire qui commence par une balade et qui s'ach&#232;ve par une victoire. En 2014, &#224; Saint-Cl&#233;ment-de-Rivi&#232;re, dans l'H&#233;rault, un couple d&#233;couvre un panneau d'enqu&#234;te publique. Le promoteur ? D&#233;cathlon, bien d&#233;cid&#233; &#224; b&#233;tonner 24 hectares de terres agricoles pour construire un &#171; village du sport et du bien-&#234;tre &#187;. De quoi provoquer de l'urticaire &#224; plus d'un voisin. Tr&#232;s vite, l'inqui&#233;tude se transforme en col&#232;re, puis en organisation. Le collectif Oxyg&#232;ne voit le jour : tracts, r&#233;unions, recours juridiques, p&#233;titions, alliances avec les associations et la Conf&#233;d&#233;ration paysanne&#8230; Les d&#233;ceptions s'encha&#238;nent, mais les militant&#183;es ne l&#226;chent pas l'affaire. Pendant sept ans, la r&#233;sistance s'invente, se consolide, se transmet. En 2021, coup de th&#233;&#226;tre ! Apr&#232;s des ann&#233;es d'attente, le dernier espoir du collectif se r&#233;alise : les terres sont reconnues comme agricoles, et surprise, D&#233;cathlon jette l'&#233;ponge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte, Laure Lavigne Delville et Aur&#233;lien Pascal Commeiras la racontent dans &lt;i&gt;Une victoire sur le b&#233;ton&lt;/i&gt; (Le Passager clandestin, 2025), une bande dessin&#233;e document&#233;e et joyeuse. Les deux auteur&#183;ices, enfants du coin, connaissent le terrain et ses paysages. Leur r&#233;cit restitue avec pr&#233;cision l'&#233;paisseur d'une bataille locale : ses r&#233;unions de cuisine, ses moments de d&#233;couragement, mais aussi ses &#233;clats de rire et sa solidarit&#233;. Le dessin rond et color&#233; d'Aur&#233;lien Pascal Commeiras offre un ton chaleureux &#224; cette &#233;pop&#233;e du quotidien. Laure Lavigne Delville, form&#233;e aux politiques environnementales, apporte une rigueur pr&#233;cieuse dans le traitement des enjeux d'am&#233;nagement du territoire. Le r&#233;sultat : un r&#233;cit accessible, p&#233;dagogique et vivant, o&#249; l'humour all&#232;ge la technicit&#233; des d&#233;marches juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe surtout, c'est la transformation collective que produit la lutte. On y voit des voisin&#183;es devenus militant&#183;es, des familles qui d&#233;couvrent le pouvoir de dire non, et une intelligence collective qui se tisse au fil des r&#233;unions et des recours. Loin des clich&#233;s du militantisme h&#233;ro&#239;que, le livre c&#233;l&#232;bre la pers&#233;v&#233;rance : celle qui finit, &#224; force de patience, par faire plier un g&#233;ant &#233;conomique. En ces temps de r&#233;signation forc&#233;e et de reculs &#233;cologiques, cette victoire rappelle une &#233;vidence : les luttes locales peuvent gagner. Et qu'&#224; d&#233;faut d'arr&#234;ter toutes les b&#233;tonneuses du monde, on peut commencer par un champ pr&#232;s de chez soi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Dans ton cul l'espoir &#187; </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dans-ton-cul-l-espoir</link>
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		<dc:date>2026-02-27T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; neuf ans, tu n'es pas grand-chose. En revanche, si t'es noir, tu peux &#234;tre un criminel. C'est l'histoire que raconte Laur&#232;ne Marx dans Portrait de Rita (Blast, 2025). Un texte court, &#233;crit pour &#234;tre entendu, qui raconte l'histoire d'une femme venue du Cameroun et qui se heurte au racisme, au patriarcat et &#224; la violence de l'&#201;tat. &#171; Mathis a fait des b&#234;tises. &#187; Vite, apr&#232;s un appel de l'&#233;cole, Rita se presse. Derri&#232;re ce dr&#244;le d'euph&#233;misme, cette m&#232;re se heurte &#224; la violence raciste. &#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no249-fevrier-2026-251" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;249 (f&#233;vrier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; neuf ans, tu n'es pas grand-chose. En revanche, si t'es noir, tu peux &#234;tre un criminel. C'est l'histoire que raconte Laur&#232;ne Marx dans &lt;i&gt;Portrait de Rita&lt;/i&gt; (Blast, 2025). Un texte court, &#233;crit pour &#234;tre entendu, qui raconte l'histoire d'une femme venue du Cameroun et qui se heurte au racisme, au patriarcat et &#224; la violence de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6414 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/capture_d_ecran_2026-02-16_125054.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH734/capture_d_ecran_2026-02-16_125054-32bf1.png?1779607463' width='500' height='734' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&lt;i&gt;athis a fait des b&#234;tises. &lt;/i&gt; &#187; Vite, apr&#232;s un appel de l'&#233;cole, Rita se presse. Derri&#232;re ce dr&#244;le d'euph&#233;misme, cette m&#232;re se heurte &#224; la violence raciste. &#192; Charleroi, un enfant noir de neuf ans est &#233;cras&#233; au sol par la police. Plaquage ventral. Le m&#234;me geste que celui qui a tu&#233; George Floyd. Un enfant &#233;trangl&#233;, parce qu'il a jet&#233; un objet sur un camarade qui l'insultait. Parce qu'on l'appelait &#171; &lt;i&gt;chocolat &lt;/i&gt; &#187;. Parce qu'il est noir. Dans &lt;i&gt;Portrait de Rita (Blast 2025)&lt;/i&gt;, l'autrice, com&#233;dienne et metteuse en sc&#232;ne Laur&#232;ne Marx choisit de se faire chambre d'&#233;cho. Elle donne alors &#224; entendre l'histoire de Rita, la m&#232;re de Mathis, en commen&#231;ant par son arriv&#233;e en Europe depuis Yaound&#233;, o&#249; elle avait pourtant une affaire florissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rita rencontre un homme sur un site de rencontres. Un Belge blanc. Hors de question pour elle de quitter le Cameroun. Mais apr&#232;s la mort de son p&#232;re, la pression de Christian s'accentue. Il la harc&#232;le &#224; propos de son visa et appelle m&#234;me l'ambassade pour savoir o&#249; en est le dossier. La jeune femme finit par c&#233;der. En Belgique, Rita se retrouve enferm&#233;e dans une vie de campagne, assign&#233;e au soin d'une belle-m&#232;re raciste, somm&#233;e de satisfaire sexuellement son compagnon plusieurs fois par jour. &#171; &lt;i&gt;C'est aux femmes de payer pour apaiser toute la frustration accumul&#233;e des hommes. &lt;/i&gt; &#187; Le jour o&#249; elle se refuse &#224; lui, il la frappe. La grossesse devient un pi&#232;ge. Rita comprend que son corps ne lui appartient plus, que son enfant &#171; &lt;i&gt;appartient d&#233;sormais plus &#224; l'&#201;tat belge qu'&#224; son ventre &lt;/i&gt; &#187;. Elle est coinc&#233;e chez les Blancs. Apr&#232;s avoir quitt&#233; le conjoint violent, Rita se retrouve en foyer. Et surtout, seule. Dans un pays qui ne l'a jamais accueillie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit revient alors &#224; la sc&#232;ne fondatrice. Rita arrive &#224; l'&#233;cole et voit son fils &#224; terre, un genou de flic sur son dos. Elle tente de comprendre. Que s'est-il pass&#233; pour que la police s'acharne ainsi ? La directrice parle d'un &#171; parpaing &#187;. Ce n'&#233;tait qu'un caillou. Les insultes racistes, elles, ne semblent pas m&#233;riter d'enqu&#234;te. &#192; neuf ans, Mathis n'est d&#233;j&#224; plus un enfant : il est noir. &#171; &lt;i&gt;On ne le traite pas comme un criminel, il EST un criminel &lt;/i&gt; &#187;, lui lance l'un des charmants keufs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laur&#232;ne Marx &#233;crit &#224; la troisi&#232;me personne, &#224; partir du r&#233;cit de Rita. La langue est oralis&#233;e, rythm&#233;e, faite pour &#234;tre dite et perform&#233;e au sens th&#233;&#226;tral, puisque le texte est &#233;crit pour &#234;tre incarn&#233; sur sc&#232;ne. Et pourtant, le livre se lit d'une traite. L'autrice partage son point de vue : elle commente, interpelle, ironise parfois, injectant une rage lucide et salutaire. Ici, pas de neutralit&#233; journalistique : &lt;i&gt;Portrait de Rita&lt;/i&gt; est un texte &#224; charge, contre les Blancs colonisateurs, contre les hommes, contre les institutions violentes. Court, efficace et teint&#233; de po&#233;sie, ce r&#233;cit met en lumi&#232;re ce que certains voudraient maintenir dans l'ombre. &#171; &lt;i&gt;Ils m'ont tout fait, mais je suis encore l&#224;&lt;/i&gt; &#187;, dit Rita. &#171; &lt;i&gt;Cette Rita-l&#224; n'est pas tuable. &lt;/i&gt; &#187; Laur&#232;ne Marx conclut son r&#233;cit avec un appel : &#171; &lt;i&gt;Il faut que le jour se l&#232;ve. &lt;/i&gt; &#187; Une urgence qui s'impose d'autant plus en refermant le livre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; De quoi le ruisseau est-il la m&#233;moire ? &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/De-quoi-le-ruisseau-est-il-la</link>
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		<dc:date>2026-02-27T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Jallot</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Remonter un fleuve &#224; demi b&#233;tonn&#233; qui traverse le nord de Marseille, c'est la balade que donne &#224; voir le photographe F&#233;lix Colardelle dans son le livre photo La Caravelle. On suit un ruisseau malmen&#233; par les activit&#233;s industrielles et l'urbanisme d&#233;jant&#233;, hier comme aujourd'hui. &#171; De quoi le ruisseau est-il la m&#233;moire ? A-t-il r&#233;sist&#233; &#224; n'&#234;tre plus qu'un &#233;l&#233;ment d'une technostructure industrielle ? &#187; C'est la question que pose le photographe marseillais F&#233;lix Colardelle dans le livre photo (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no249-fevrier-2026-251" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;249 (f&#233;vrier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_3_-6-9f27b.png?1779603549' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Remonter un fleuve &#224; demi b&#233;tonn&#233; qui traverse le nord de Marseille, c'est la balade que donne &#224; voir le photographe F&#233;lix Colardelle dans son le livre photo &lt;i&gt;La Caravelle. &lt;/i&gt;On suit un ruisseau malmen&#233; par les activit&#233;s industrielles et l'urbanisme d&#233;jant&#233;, hier comme aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6416 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/photo_3-1769170496471.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH625/photo_3-1769170496471-2dd4d.jpg?1779603550' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&lt;i&gt;e quoi le ruisseau est-il la m&#233;moire ? A-t-il r&#233;sist&#233; &#224; n'&#234;tre plus qu'un &#233;l&#233;ment d'une technostructure industrielle ?&lt;/i&gt; &#187; C'est la question que pose le photographe marseillais F&#233;lix Colardelle dans le livre photo &lt;i&gt;La Caravelle&lt;/i&gt; (&#201;ditions Charbon&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouvelle maison d'&#233;dition Marseillaise ind&#233;pendante. Vous pouvez trouver des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, 2025), l&#233;gend&#233; par le philosophe Antoine Devillet. C'est l'histoire d'un fleuve marseillais, la Caravelle, aussi appel&#233; &#171; ruisseau des Aygalades &#187;. Long de 17 kilom&#232;tres, en grande partie b&#233;tonn&#233; et pollu&#233; par les industries depuis le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, il ruisselle dans des galeries sous la ville et surgit par endroits.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6417 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/photo_2-1769170495819.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH625/photo_2-1769170495819-6d0f2.jpg?1779603551' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_6418 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/photo_1-1769170494993.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH625/photo_1-1769170494993-5a784.jpg?1779603552' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le photographe le remonte, depuis son embouchure dans le quartier portuaire d'Arenc au nord-ouest de la ville. Il suit ensuite les eaux qui sillonnent les sous-sols du quartier Eurom&#233;dit&#233;rann&#233;e (1), quartier embl&#233;matique de la folie des adeptes de la &#171; fast-construction &#187;. Plus loin, en amont du m&#233;tro G&#232;ze, le fleuve recueille les d&#233;chets dans l'indiff&#233;rence des riverain&#183;es (2). &#192; Bougainville, F&#233;lix Colardelle croise les plus pr&#233;caires, qui vivent parfois sous des ponts et respirent au quotidien la poussi&#232;re des chantiers. (4). Son cours se poursuit au nord et longe l'ancienne raffinerie de sucre Saint-Louis, qui employait &#224; la pelle dans les ann&#233;es 50 et est abandonn&#233;e aujourd'hui. Le photographe y croise les montagnes de boue rouge, r&#233;sidus de bauxite, laiss&#233;s l&#226;chement ici par les anciennes usines d'alumine qui le broyaient pr&#232;s du fleuve. L&#224;, le sol est intoxiqu&#233; : interdit de construire. Plus loin, &#224; la Cit&#233; des arts de la rue, l'eau jaillit en une belle cascade, soign&#233;e par le collectif des Gammares, qui organise aussi des visites pour les &#233;coles (3). Plus au nord encore, le photographe traverse Sept&#232;me-les-Vallons. Dans cette ancienne ville ouvri&#232;re, les habitant&#183;es ont vu le fleuve se faire enterrer et la v&#233;g&#233;tation dense et historique subir les ravages de l'industrie. &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-revolution-comme-l-eau-ne-peut' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les usines de soudes au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle polluaient la terre et les eaux&lt;/a&gt; ; aujourd'hui, SPI pharma, une entreprise de pansements, continue le boulot. Aux endroits o&#249; le ruisseau se montre, on ne sait plus si l'eau est bleue, mauve, grise ou verte. Au-dessus de Sept&#232;me, le photographe longe le bassin versant, l&#224; o&#249; les eaux convergent vers le fleuve. L'affreuse usine Lafarge capte les eaux pures avant qu'elles ne rejoignent le ruisseau des Aygalades. Plus en amont encore, l'usine d&#233;verse ses poussi&#232;res de calcaire dans trois lacs aux eaux turquoises. Cons&#233;quence : interdit de s'y baigner. Devant ce paysage urbain ab&#238;m&#233;, le photographe se demande : &#171; &lt;i&gt;Quelles organisations collectives arrive-t-on &#224; maintenir autour de nos merdes ?&lt;/i&gt; &#187; Et on peine parfois &#224; trouver la r&#233;ponse. En derni&#232;re page, l'auteur a choisi une photo d'archive. On y voit un moustachu fl&#226;ner sur un tronc au-dessus du ruisseau. C'&#233;tait il y a deux cents ans (5). Na&#239;f, on esp&#233;rerait presque que demain ressemble &#224; hier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6415 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/photo_4-1769170498987.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH625/photo_4-1769170498987-d544a.jpg?1779603553' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tienne Jallot&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nouvelle maison d'&#233;dition Marseillaise ind&#233;pendante. Vous pouvez trouver des exemplaires de &lt;i&gt;La Caravelle&lt;/i&gt; au librairies l'Hydre aux milles t&#234;tes, Histoire de l'oeil et Zoem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Creuser la folie de l'Am&#233;rique trumpiste en mettant en sc&#232;ne mes propres doutes &#187; </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Creuser-la-folie-de-l-Amerique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Creuser-la-folie-de-l-Amerique</guid>
		<dc:date>2026-02-20T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard, Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2024, &#201;milien Bernard est parti couvrir l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine &#224; la fronti&#232;re mexicaine, pour le compte de CQFD. Il en a tir&#233; un livre, La t&#234;te dans le mur, dans lequel il raconte &#224; la premi&#232;re personne la violence des politiques migratoires, la folie trumpiste et ses doutes face &#224; un monde qui d&#233;raille. &#192; l'automne 2024, pendant que les &#201;tats-Unis rejouaient leur trag&#233;die &#233;lectorale, CQFD d&#233;p&#234;chait deux envoy&#233;s sp&#233;ciaux chevronn&#233;s longer l'une des lignes les plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no249-fevrier-2026-251" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;249 (f&#233;vrier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd-6-3795a.png?1779607464' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2024, &#201;milien Bernard est parti couvrir l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine &#224; la fronti&#232;re mexicaine, pour le compte de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Il en a tir&#233; un livre, &lt;i&gt;La t&#234;te dans le mur&lt;/i&gt;, dans lequel il raconte &#224; la premi&#232;re personne la violence des politiques migratoires, la folie trumpiste et ses doutes face &#224; un monde qui d&#233;raille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/la_tete_dans_le_mur_illus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/la_tete_dans_le_mur_illus-1c7de.jpg?1779607464' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2024, pendant que les &#201;tats-Unis rejouaient leur trag&#233;die &#233;lectorale, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d&#233;p&#234;chait deux envoy&#233;s sp&#233;ciaux chevronn&#233;s longer l'une des lignes les plus mortif&#232;res du monde occidental : la fronti&#232;re entre les &#201;tats-Unis et le Mexique. De San Diego &#224; Ciudad Ju&#225;rez, &#201;milien Bernard et Pauline Laplace sont all&#233;s documenter ce que le trumpisme fait aux corps, aux t&#234;tes et aux r&#233;cits. De cette travers&#233;e est n&#233; un dossier, publi&#233; dans notre num&#233;ro de d&#233;cembre 2024. Puis &#201;milien Bernard en a tir&#233; un livre : &lt;i&gt;La t&#234;te dans le mur. Un journaliste en d&#233;route au Trumpistan&lt;/i&gt; (Lux, 2026). Un r&#233;cit qui emprunte ses codes au gonzo, o&#249; le journaliste l&#226;che les garde-fous du reportage classique pour mieux raconter un monde devenu fou. Rassemblements trumpistes, d&#233;sert cribl&#233; de cadavres, centres de r&#233;tention, San Diego ravag&#233;e par le fentanyl&#8230; Pendant que Trump promet un &#171; &lt;i&gt;very very big wall &lt;/i&gt; &#187; pour sauver l'Am&#233;rique. Le d&#233;cor est absurde, sordide, inf&#226;me. Dans ce chaos, &#201;milien Bernard se cogne au mur, au sens propre comme au figur&#233; : celui de la fronti&#232;re, celui de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine, celui d'un journalisme confront&#233; aux fantasmes s&#233;curitaires et au fascisme d&#233;complex&#233;. On a discut&#233; avec lui de ce choix du gonzo, de ses doutes de journaliste face &#224; la d&#233;tresse des exil&#233;s, de son passage par une ge&#244;le de la police des fronti&#232;res, et de ce qu'il reste, ou non, comme horizon d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrairement &#224; ton livre pr&#233;c&#233;dent, un r&#233;cit journalistique plus &#171; froid &#187;, tu as pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;crire celui-ci en mode gonzo. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Forteresse Europe&lt;/i&gt; &#233;tait consacr&#233;e &#224; un sujet dont globalement personne ne parle : la mani&#232;re dont les pays de l'Union europ&#233;enne se barricadent face &#224; un pr&#233;tendu p&#233;ril migratoire. Son contenu : des reportages dans des lieux embl&#233;matiques de ce repli sur soi x&#233;nophobe et criminel, comme Lampedusa. Si j'ai essay&#233; de rendre ce livre le plus &#8220;vivant&#8221; possible, il restait dans les clous journalistiques.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &#192; ma tr&#232;s petite &#233;chelle, j'ai tent&#233; d'aborder cet univers de post-v&#233;rit&#233; de mani&#232;re beaucoup plus libre &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En m'attaquant &#224; la fronti&#232;re USA-Mexique, je savais que le sujet &#233;tait extr&#234;mement m&#233;diatis&#233;. Trump ne cessait de crier en tr&#233;pignant qu'il allait construire son &#8220;beau et magnifique&#8221; mur et les m&#233;dias occidentaux &#233;taient totalement fascin&#233;s par ce discours. C'&#233;tait l'ogre Trump, l'antith&#232;se de nos soci&#233;t&#233;s soi-disant &#8220;civilis&#233;es&#8221;. Mon objectif &#233;tait donc d'aller scruter cette fronti&#232;re, pour ensuite clamer : &#8220;&lt;i&gt;Mais on fait exactement la m&#234;me chose en Europe !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me c'est que le narratif trumpien sur cette question (comme sur les autres) est compl&#232;tement hors-sol et d&#233;lirant. Lors de son premier mandat, les m&#233;dias am&#233;ricains &#8220;de r&#233;f&#233;rence&#8221; se sont cass&#233;s les dents sur cette question. Quand ils publiaient un &lt;i&gt;fact checking&lt;/i&gt;, le champion des MAGA &#233;tait d&#233;j&#224; pass&#233; &#224; un autre mensonge, puis un autre... &#192; ma tr&#232;s petite &#233;chelle, j'ai donc tent&#233; d'aborder cet univers de post-v&#233;rit&#233; de mani&#232;re beaucoup plus libre. Ce que le pape du gonzo Hunter S. Thompson avait pratiqu&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1960, insufflant une grande part de subjectivit&#233; et de d&#233;lires narcotiques dans ses &#233;crits. Pour moi, c'&#233;tait davantage li&#233; aux m&#233;docs ou &#224; l'alcool, deux moyens plus ou moins efficaces d'att&#233;nuer mon angoisse... L'objectif : creuser la folie de l'Am&#233;rique trumpiste en mettant en sc&#232;ne mes propres doutes et les murs heurt&#233;s, dans ce territoire o&#249; plus rien ne semble avoir de sens. C'est ainsi que ma camarade de voyage Pauline Laplace appara&#238;t dans le r&#233;cit sous le nom d'Alicia, r&#233;f&#233;rence au terrier d&#233;routant d'&lt;i&gt;Alice au pays des merveilles&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au cours du r&#233;cit, tu &#233;voques tes doutes en tant que journaliste, notamment sur la situation des personnes exil&#233;es... Comment agir face &#224; la d&#233;tresse des gens quand on est dans cette position d'observateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est compliqu&#233;. &#192; Melilla comme dans le d&#233;sert d'Arizona, j'ai rencontr&#233; les m&#234;mes destins broy&#233;s par la fronti&#232;re. Et toujours cette m&#234;me question : pourquoi nous traite-t-on ainsi ? Terrible... C'est ici que le d&#233;lire gonzo de mon reportage s'arr&#234;te totalement. Face &#224; cette d&#233;tresse, l'id&#233;e d'exag&#233;rer ou d&#233;former ce type de paroles est impensable. Idem pour les personnes les aidant dans le d&#233;sert, ou pour les militants mexicains. Le doute d&#233;coule de la certitude que documenter ce genre de situations n'a aucun impact. Imposer un r&#233;cit objectif face &#224; une d&#233;ferlante politique et m&#233;diatique ultra mensong&#232;re semble vou&#233; &#224; l'&#233;chec. C'est une impasse absolue et terrifiante, un vide dans lequel s'engouffrent aussi bien le complotisme que l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif italien Wu Ming a creus&#233; ces questions, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no242-en-kiosque' class=&#034;spip_in&#034;&gt;abord&#233;es dans un dossier de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; que j'ai coordonn&#233;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le dossier &#171; Combattre l'imaginaire complotiste &#187; CQFD num&#233;ro 242&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Selon eux, la gauche doit recr&#233;er un r&#233;cit collectif d&#233;sirable, aux antipodes de ses errances actuelles. Mais par o&#249; commencer ? Comment d&#233;sarmer la broyeuse de cerveaux, qui d&#233;sormais s'&#233;tend aux r&#233;seaux sociaux ? Des interrogations qui surgissent &#224; plusieurs reprises dans le livre &#8211; c'est mon obsession. Et l'approche gonzo, r&#233;serv&#233;e aux manifestions trumpistes que j'ai crois&#233;es (meeting de Trump &#224; Albuquerque, r&#233;union de notables trumpistes &#224; San Diego, etc.), permet de compenser ce d&#233;s&#233;quilibre : &#339;il pour &#339;il, moumoute pour moumoute. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne veux pas divulg&#226;cher, mais tu as finalement &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; une semaine dans un centre de r&#233;tention, o&#249; tu d&#233;couvres que la plupart de tes compagnons de chambr&#233;e soutiennent Trump...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela rejoint par la bande la force du r&#233;cit mensonger trumpiste. Alors que Trump avait pass&#233; son temps &#224; clamer qu'il allait construire le mur et endiguer l'immigration clandestine, au d&#233;but, c'&#233;tait plus ou moins du pipeau. Durant son premier mandat, il avait encore les mains li&#233;es. Et les personnes exil&#233;es enferm&#233;es avec moi, en grande majorit&#233; latinos, savaient que Biden avait construit davantage de portions de mur, ou qu'Obama (surnomm&#233; &#8220;l'expulseur en chef&#8221;) avait men&#233; une politique migratoire plus rude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; cette ambiance surr&#233;aliste devant la t&#233;l&#233; retranscrivant la soir&#233;e &#233;lectorale du 5 novembre 2024, avec des consid&#233;rations telles que &#8220;&lt;i&gt;avec lui, on ne pas croupira pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt;trop longtemps ici&lt;/i&gt;&#8221;. &#201;trange mais logique. Mes 60 camarades de chambr&#233;e s'appuyaient simplement sur ce qui &#224; leurs yeux semblait le moins pire. Et ils ne pouvaient pas anticiper la radicalisation monstrueuse de son deuxi&#232;me mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarroi de ces exil&#233;s enferm&#233;s est en certains points similaire &#224; celui des classes populaires &#233;tatsuniennes. Ici, il faut se d&#233;partir d'une forme de m&#233;pris, qu'on retrouve g&#233;n&#233;ralement dans le discours europ&#233;en : pourquoi les ricains votent-ils Trump ? Ils sont d&#233;biles ou quoi ? Non, c'est le r&#233;sultat logique d'un abandon des classes populaires par le parti d&#233;mocrate depuis 50 ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on voit les meurtres commis par l'ICE ces derni&#232;res semaines, est-ce qu'on peut encore avoir de l'espoir pour la soci&#233;t&#233; &#233;tatsunienne ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il me semble (ou je veux croire) que la situation n'est pas totalement d&#233;sesp&#233;r&#233;e. D'abord parce que nombre de personnes se battent pour contrecarrer les politiques migratoires assassines, aux USA comme au Mexique. J'en ai rencontr&#233; beaucoup, de celles et ceux qui d&#233;posent des bidons d'eau dans le d&#233;sert, aux combattantes mexicaines qui s'organisent &#224; Tijuana pour fonder des centres sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mobilisation collective massive est la seule forme de r&#233;sistance qui a du poids. On en a un exemple saisissant avec la situation &#224; Minneapolis &#224; l'heure actuelle. La milice ICE reste en place, mais il y a une micro-d&#233;faite trumpiste qui a force de symbole, car elle tient &#224; une solidarit&#233; collective. Comme me le disait &lt;a href='https://cqfd-journal.org/8-millions-dans-la-rue-et-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;un camarade de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;install&#233; dans le Vermont au sujet des manifestations &#8220;No King&#8221;&lt;/a&gt; : &#8220;&lt;i&gt;Il y a une r&#233;sistance collective plus importante qu'on ne le croit en Europe !&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire le dossier &#171; Combattre l'imaginaire complotiste &#187; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; num&#233;ro 242&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Finie la bamboche pour les gauchistes ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Finie-la-bamboche-pour-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Finie-la-bamboche-pour-les</guid>
		<dc:date>2026-02-06T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#212; lord, on parcourt un livre verre de pif &#224; port&#233;e de main, et voil&#224; qu'au fil des pages on se surprend &#224; regarder ledit verre d'un &#339;il suspicieux. Ne serait-il pas un frein &#224; nos vell&#233;it&#233;s d'insurrection ? C'est en tout cas ce que pensaient pl&#233;thore de th&#233;oriciens anars de la fin du XIXe si&#232;cle et du d&#233;but du XXe. Avec de solides arguments. Le point de d&#233;part du passionnant livre de Mathieu L&#233;onard, Sobres pour la r&#233;volution. Cela peut sembler contre-intuitif. Voire rabat-joie. On (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#212; lord, on parcourt un livre verre de pif &#224; port&#233;e de main, et voil&#224; qu'au fil des pages on se surprend &#224; regarder ledit verre d'un &#339;il suspicieux. Ne serait-il pas un frein &#224; nos vell&#233;it&#233;s d'insurrection ? C'est en tout cas ce que pensaient pl&#233;thore de th&#233;oriciens anars de la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. Avec de solides arguments. Le point de d&#233;part du passionnant livre de Mathieu L&#233;onard, &lt;i&gt;Sobres pour la r&#233;volution&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela peut sembler contre-intuitif. Voire rabat-joie. On pensait que tout le monde r&#234;vait de trinquer au champagne sur une barricade enflamm&#233;e dans les jardins de l'&#201;lys&#233;e. Eh bien non. Dans le pass&#233; tout du moins. Ce que montre &lt;i&gt;Sobres pour la r&#233;volution &#8211; les anarchistes contre l'alcool&lt;/i&gt; (Nada, 2026), de l'ami et camarade CQFDien Mathieu L&#233;onard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remontons le temps en titubant. Le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle a vu l'alcoolisme exploser, avec des chiffres vertigineux : de 1830 &#224; 1900, la consommation d'alcool annuelle est pass&#233;e de 15 &#224; 35 litres d'alcool pur par personne. Pour principaux soiffards, les classes populaires. Et les penseurs libertaires de faire un constat : la &#171; pieuvre alcool &#187; n'est plus seulement le &#171; sympt&#244;me des maux sociaux &#187; (exploitation par les patrons = refuge dans la boutanche), mais &#171; &lt;i&gt;cause profonde du frein &#224; la marche vers la libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Mathieu L&#233;onard. Jusqu'&#224; l'anarchiste ill&#233;galiste &#201;tienne Monier, membre de la bande &#224; Bonnot, qui au moment de monter sur l'&#233;chafaud refuse le verre de rhum habituellement offert au condamn&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas m'alcooliser&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Prophylaxie ultime !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tendance qui n'est pas du go&#251;t de tout le monde. Les discours portant sur &#171; le d&#233;terminisme biologique &#187; de l'alcoolisme ou relevant du camp n&#233;o-malthusien (pas de prog&#233;niture pour les adeptes de la picole) prennent vite du plomb dans l'aile. Il faut dire que la prohibition en terre ricaine, impos&#233;e par des ligues de vertu r&#233;acs, montre qu'interdire l'alcool ne fait que le rendre plus attirant &#8211; &#171; &lt;i&gt;Nulle part ailleurs on ne rencontre autant d'ivrognes que dans les villes acquises &#224; la prohibition&lt;/i&gt; &#187;, souligne Emma Goldman, militante anarchiste russe. Dans le m&#234;me temps, nombre d'anars s'insurgent face au mode de vie pr&#244;n&#233; : &#171; &lt;i&gt;[Les anarchistes individualistes] veulent l'ivresse, non point la tristesse de la vie&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;crie Lucien Ernest Juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Seconde Guerre mondiale et &#171; &lt;i&gt;l'extermination de groupes jug&#233;s inf&#233;rieurs par la biopolitique nazie&lt;/i&gt; &#187; mettent un point quasi final aux id&#233;aux de lutte libertaire sobre. Hormis dans quelques territoires &#171; lib&#233;r&#233;s &#187;, &#224; l'image du Chiapas n&#233;ozapatiste o&#249; r&#232;gne une &#171; loi s&#232;che &#187; en partie propuls&#233;e par des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morale de l'histoire : si lib&#233;ration de la bouteille il y a, ce sera en s'attaquant aux causes profondes de l'alcoolisme, &#224; savoir l'exploitation de la main-d'&#339;uvre sous la houlette du capitalisme vampire. Quant &#224; ma propre conviction, elle est limpide : la r&#233;volution sera anis&#233;e ou ne sera pas. Avec mod&#233;ration&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Des textes in&#233;dits, &#224; l'os et percutants &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-textes-inedits-a-l-os-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Des-textes-inedits-a-l-os-et</guid>
		<dc:date>2026-01-30T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis cet &#233;t&#233;, on peut retrouver dans les bacs les premiers ouvrages publi&#233;s par la maison d'&#233;dition marseillaise Esquif. Un tout nouveau projet qui fait le pari de publier des r&#233;cits courts aussi exigeants que diversifi&#233;s. Quel plaisir d'avoir entre les mains les derniers n&#233;s de la toute nouvelle maison d'&#233;dition marseillaise Esquif. Avec son format &#233;troit mais allong&#233;, l'objet intrigue, les couvertures claquent et, alors qu'elle n'en est qu'&#224; ses premiers mois d'existence, la diversit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no248-janvier-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;248 (janvier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis cet &#233;t&#233;, on peut retrouver dans les bacs les premiers ouvrages publi&#233;s par la maison d'&#233;dition marseillaise Esquif. Un tout nouveau projet qui fait le pari de publier des r&#233;cits courts aussi exigeants que diversifi&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6358 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/mona_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH949/mona_couverture-85896.jpg?1779606021' width='500' height='949' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uel plaisir d'avoir entre les mains les derniers n&#233;s de la toute nouvelle maison d'&#233;dition marseillaise Esquif&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'informations sur leur histoire et leur catalogue : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Avec son format &#233;troit mais allong&#233;, l'objet intrigue, les couvertures claquent et, alors qu'elle n'en est qu'&#224; ses premiers mois d'existence, la diversit&#233; des styles de r&#233;cits fait saliver tout pareil qu'un d&#233;licieux &lt;i&gt;mezz&#233; &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Mais par quoi je vais bien pouvoir commencer ? ! &lt;/i&gt; &#187; Discussion avec Pierrick Starsky, &#233;diteur de longue date &#8211; notamment du d&#233;funt magazine de bande dessin&#233;e &lt;i&gt;AAARG !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour retrouver leurs archives, voir leur profil Facebook : AAARG &#8211; Al Dente&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; et un des tauliers principaux d'Esquif, aux c&#244;t&#233;s de notre ador&#233; &#201;tienne Savoye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; t'est venue l'envie de lancer une nouvelle maison d'&#233;dition &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis dans l'&#233;dition depuis une vingtaine d'ann&#233;es et cela faisait un moment qu'on discutait avec &#201;tienne Savoye &#8211; qui g&#232;re le graphisme et la maquette &#8211; de l'id&#233;e de publier des formats courts (moins de cent pages) en travaillant &#224; chaque fois avec des personnes diff&#233;rentes sur des textes originaux.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; En France, la nouvelle est consid&#233;r&#233;e comme un mauvais genre litt&#233;raire &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression qu'on a plus forc&#233;ment le temps de lire, que certaines personnes veulent s'y remettre quand d'autres ne s'autorisent simplement pas &#224; bouquiner. Le format court est moins intimidant et c'est parfait comme parenth&#232;se pour exp&#233;rimenter pour pas trop cher. Et on l'a appel&#233;e Esquif [petite embarcation l&#233;g&#232;re] parce qu'en vrai, on n'a pas toujours forc&#233;ment &lt;i&gt;besoin d'un plus gros bateau&lt;/i&gt; &#8211; si t'as la r&#233;f &lt;i&gt;[rires]&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et si comme moi, tu ne l'as pas, &#231;a vient d'un vieux film avec un requin.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il fallait oser se mettre &#224; &#233;diter des formats courts.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a un c&#244;t&#233; exp&#233;rimental, qui illustre notre &#233;tat d'esprit. En France, la nouvelle est consid&#233;r&#233;e comme un mauvais genre litt&#233;raire. On nous dit que les nouvelles, &#231;a ne se vend pas. C'est une tradition anglo-saxonne qui n'a jamais pris en France. Mais c'est le serpent qui se mord la queue. On n'&#233;dite quasi que des recueils d'auteurs &#8220;valeurs s&#251;res&#8221; dont on publie m&#234;me les fonds de tiroir.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Le but c'est de se creuser la t&#234;te pour donner du plaisir, surprendre et pousser &#224; sortir de ses zones de confort &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il y a des livres courts fondateurs, comme &lt;i&gt;La solitude du coureur de fond&lt;/i&gt; de l'&#233;crivain britannique Alan Sillitoe. &#199;a nous a donn&#233; envie de tenter, de travailler avec des auteurs qu'on conna&#238;t sur des textes in&#233;dits, courts, &#224; l'os et percutants. Reste que c'est un format mal-aim&#233; des journalistes, qui parlent peu de nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le format physique est aussi particulier. C'est de poche mais pas trop.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On voulait aussi &#233;viter le format classique du livre de poche, proposer un joli livre-objet en longueur, mais transportable et permettant le confort de lecture. C'est inhabituel mais il y en a pour tous les go&#251;ts et, pour les lecteur&#183;ices, le format court facilite l'exp&#233;rimentation : la prise de risque est moins grande au cas o&#249; vous n'aimeriez pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous commencez fort avec un texte original de l'auteur d&#233;sormais star Fab Caro !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit de &lt;i&gt;Rumba Mariachi&lt;/i&gt;, de Fabrice Caro. Une nouvelle assez courte qui raconte une histoire absurde, pied au plancher, &#224; l'incipit marquant : &#8220;&lt;i&gt;Quand le t&#233;l&#233;phone a sonn&#233;, j'&#233;tais en train de me pendre&lt;/i&gt;&#8221;. Le personnage d&#233;cide de r&#233;pondre et passera la journ&#233;e la plus &#233;trange de sa vie. &#199;a a l'air l&#233;ger, mais &#231;a ne l'est jamais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez quoi d'autre dans les bacs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans &lt;i&gt;Mona&lt;/i&gt;, Aur&#233;lie Champagne nous propose un r&#233;cit percutant et sensible &#224; la Thelma et Louise sur les &lt;i&gt;bullshit job&lt;/i&gt; dans un parc &#224; jeux, la parentalit&#233; et l'enfance. C'est &#224; la fois sensible, incisif, f&#233;ministe. Un texte parfois dur, mais plein d'espoir et de tendresse. Il r&#233;ussit la gageure d'apporter une grosse palette d'&#233;motions aux lecteur&#183;ices en tr&#232;s peu de pages. Avec &lt;i&gt;Dans ma maison sous-terre&lt;/i&gt;, Nicolas Martin &#233;crit une sorte d'hommage &#224; l'&#233;crivain am&#233;ricain Lovecraft, m&#234;lant horreur cosmique et luttes des classes. C'est le journal d'un jeune homme qui recueille les derniers mots de son grand-p&#232;re qui a travaill&#233; dans une mine &#233;trange qui rec&#232;le de nombreux secrets.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Notre objectif est clair : &#234;tre paritaire dans notre catalogue &#8211; et dans les illustrations &#8211; apr&#232;s une ann&#233;e d'activit&#233; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Finalement, notre nouvelle la plus longue, &lt;i&gt;Comme un malpropre&lt;/i&gt; de Richard Gaitet, est un trip autofictionnel. Un quarantenaire fait le m&#233;nage tout le livre... Alors que son histoire d'amour bat de l'aile, le rangement intensif de son appartement est le pr&#233;texte &#224; un voyage introspectif, &#224; une r&#233;flexion sur les injonctions d'une soci&#233;t&#233; patriarcale, sur l'&#233;ducation des hommes. Un genre d'&#233;tat des lieux personnel et g&#233;n&#233;rationnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a reste tr&#232;s masculin pour l'instant...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre objectif est clair : &#234;tre paritaire dans notre catalogue &#8211; et dans les illustrations &#8211; apr&#232;s une ann&#233;e d'activit&#233;. On a engag&#233; plusieurs livres avec &#231;a en t&#234;te. Pour l'instant, il y a plus de sorties d'auteurs, mais nous aurons un pic d'autrices ensuite. C'est une histoire de disponibilit&#233;s&#8230; On est un peu en retard mais c'est vraiment important pour nous. Printemps 2026, on va notamment publier &lt;i&gt;L&#224; o&#249; le ciel tombe&lt;/i&gt;. Ava Weissmann va nous proposer un texte d'une rare puissance qu'on lit d'un seul souffle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vous d&#233;cidez de ce que vous publiez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'un livre &#224; l'autre, on change de sujet, de style et d'auteur&#183;ices. Notre ligne &#233;ditoriale, c'est le format court. Du coup, on peut se permettre d'aller dans plein de directions. C&#244;t&#233; m&#233;thode, tous les livres ne sont pas dirig&#233;s par les m&#234;mes personnes, ce qui am&#232;ne des points de vue diff&#233;rents, et on &#233;labore chaque projet collectivement, au gr&#233; des &#233;changes, des rencontres et des envies. On assume de ne pas accepter les manuscrits, mais on en re&#231;oit quand m&#234;me 50 par semaine&#8230; On essaie de leur dire qu'en vrai tout le monde peut cr&#233;er une maison d'&#233;dition, allez-y, c'est &lt;i&gt;do it yourself&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est bien beau le DIY, mais il faut encore passer l'ann&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bon, on est un peu surmen&#233;s parce que c'&#233;tait le lancement, il y a un &#233;quilibre &#224; trouver &#224; plus long terme. On n'a pas de salari&#233;s et pas de charges fixes pour pouvoir faire ce qu'on a envie sans avoir le couteau sous la gorge. On veut garder cette libert&#233; de prendre des risques, m&#234;me si c'est &#233;norm&#233;ment de travail r&#233;tribu&#233; par un petit pourcentage sur les ventes. Mais le but c'est de se creuser la t&#234;te pour donner du plaisir, surprendre et pousser &#224; sortir de ses zones de confort. Alors la prochaine fois que t'es invit&#233;&#183;e pour l'ap&#233;ro, ne prends pas une &#233;ni&#232;me bouteille de vin, am&#232;ne un livre ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6359 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/dansmamaison_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH952/dansmamaison_couverture-f22a4.jpg?1779606021' width='500' height='952' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_6360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/commeunmalpropre_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH954/commeunmalpropre_couverture-13073.jpg?1779606022' width='500' height='954' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_6361 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/rumba_mariachi_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH949/rumba_mariachi_couverture-e368c.jpg?1779606023' width='500' height='949' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'informations sur leur histoire et leur catalogue : esquif-editions.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour retrouver leurs archives, voir leur profil Facebook : AAARG &#8211; Al Dente&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et si comme moi, tu ne l'as pas, &#231;a vient d'un vieux film avec un requin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lobotomie wokiste</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Lobotomie-wokiste</link>
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		<dc:date>2026-01-23T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Manif, robocops, molotov et laboratoire clandestin : avec Elsa &amp; Haters, &#233;pisode 1 : Not All Cops, Elsa Kl&#233;e signe une bande dessin&#233;e furieusement r&#233;volutionnaire. Un premier &#233;pisode qui dynamite la police, le patriarcat et la biens&#233;ance. Boum ! &#199;a commence en pleine action, comme un coup de matraque. En pleine manifestation f&#233;ministe &#224; Paris, Neylan et Maria se font gazer par les cowboys de la street. R&#233;ponse imm&#233;diate : elles lancent un cocktail molotov. Un robocop s'effondre. Plut&#244;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no248-janvier-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;248 (janvier 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Manif, robocops, molotov et laboratoire clandestin : avec &lt;i&gt;Elsa &amp; Haters, &#233;pisode 1 : Not All Cops&lt;/i&gt;, Elsa Kl&#233;e signe une bande dessin&#233;e furieusement r&#233;volutionnaire. Un premier &#233;pisode qui dynamite la police, le patriarcat et la biens&#233;ance. &lt;i&gt;Boum !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6356 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/elsa-et-les-haters1_couve-680x1020.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH750/elsa-et-les-haters1_couve-680x1020-d56b4.png?1779607466' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#199;&lt;/span&gt;a commence en pleine action, comme un coup de matraque. En pleine manifestation f&#233;ministe &#224; Paris, Neylan et Maria se font gazer par les cowboys de la &lt;i&gt;street&lt;/i&gt;. R&#233;ponse imm&#233;diate : elles lancent un cocktail molotov. Un robocop s'effondre. Plut&#244;t que de fuir, elles l'embarquent. Mais ce qui ressemble &#224; un d&#233;bordement improvis&#233; fait en r&#233;alit&#233; partie d'un plan bien huil&#233;. Direction le Planning familial, quartier g&#233;n&#233;ral discret o&#249; trois autres militantes les attendent. Tout a &#233;t&#233; calcul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux r&#233;seaux sociaux, l'identification est rapide : Cl&#233;ment Wurtz, grad&#233; de police. &#171; &lt;i&gt;On a tir&#233; le gros lot !&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s une course-poursuite digne de &lt;i&gt;Thelma et Louise&lt;/i&gt;, Neylan et Maria prennent la route vers le Sud, le poulet dans le coffre, et rejoignent le reste du groupe. Elles sont cinq au total &#8211; Neylan, Bru, Elsa, Garbo et Maria &#8211; unies par une certitude : il faut s'attaquer au premier rempart du syst&#232;me patriarcal et raciste, la police. Et ce n'est que le d&#233;but !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &lt;i&gt;Elsa &amp; Haters, &#233;pisode 1 : Not All Cops&lt;/i&gt; (Cambourakis, 2026) ne se contente pas de fantasmer une vengeance brute. Dans leur labo souterrain, ces super-h&#233;ro&#239;nes version punk exp&#233;rimentent une autre piste : p&#233;n&#233;trer le cerveau de ces m&#226;les blancs en uniforme pour leur infliger un petit lavage de cerveau wokiste. R&#233;&#233;duquer plut&#244;t que punir ? M&#234;me l&#224;, le doute s'invite, et la BD se permet de questionner ses propres &#233;lans r&#233;volutionnaires. &#171; &lt;i&gt;Je croyais qu'on avait dit que c'est pas en butant deux ou trois keufs qu'on renverserait le syst&#232;me patriarcal et raciste&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che l'une d'elles, rappelant que la radicalit&#233; n'exclut pas le d&#233;bat strat&#233;gique ni une certaine &#233;thique de l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graphiquement, l'autrice Elsa Kl&#233;e opte pour un noir et blanc sec, efficace, sans fioritures. Le trait est fin, tendu, r&#233;solument moderne. L'esth&#233;tique &lt;i&gt;underground&lt;/i&gt; irrigue chaque page, sans jamais sombrer dans le glauque. Oui, &#231;a tape du flic, parfois de mani&#232;re gore, mais toujours avec un sens du rythme et du d&#233;coupage qui maintient une distance ironique. L'humour est grin&#231;ant et salvateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce premier &#233;pisode est volontairement court, mais il va droit au but. Il pose un univers, un collectif, une col&#232;re, et surtout une promesse : celle d'une s&#233;rie aussi jubilatoire que subversive. &lt;i&gt;Elsa &amp; Haters&lt;/i&gt; s'annonce comme une BD r&#233;volutionnaire, qui refuse la ti&#233;deur, assume la provocation et redonne &#224; la fiction politique un go&#251;t de poudre et de libert&#233;. Une entr&#233;e en mati&#232;re particuli&#232;rement savoureuse, qui donne terriblement envie de lire la suite.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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