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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Mitterrand et l'Alg&#233;rie</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
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&lt;p&gt;En ce temps-l&#224;, la prison situ&#233;e dans la partie haute de la casbah d'Alger s'appelait Barberousse, souvenir du c&#233;l&#232;bre corsaire &#224; la botte de l'empire ottoman. On imagine l'effroi qu'un tel nom pouvait provoquer chez les prisonniers... En cette nuit du 19 juin 1956, Abdelkader Ferradj et Mohamed Ben Zabana marinent eux aussi s&#251;rement dans l'effroi : au premi&#232;res lueurs de l'aube, ce seront les deux premiers militants du Front de lib&#233;ration nationale (FLN) &#224; &#234;tre guillotin&#233;s. Leur ex&#233;cution a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce temps-l&#224;, la prison situ&#233;e dans la partie haute de la casbah d'Alger s'appelait Barberousse, souvenir du c&#233;l&#232;bre corsaire &#224; la botte de l'empire ottoman. On imagine l'effroi qu'un tel nom pouvait provoquer chez les prisonniers... En cette nuit du 19 juin 1956, Abdelkader Ferradj et Mohamed Ben Zabana marinent eux aussi s&#251;rement dans l'effroi : au premi&#232;res lueurs de l'aube, ce seront les deux premiers militants du Front de lib&#233;ration nationale (FLN) &#224; &#234;tre guillotin&#233;s. Leur ex&#233;cution a &#233;t&#233; act&#233;e deux semaines auparavant par la chancellerie fran&#231;aise. Le ministre de la Justice, un certain Fran&#231;ois Mitterrand, a refus&#233; le recours en gr&#226;ce des deux condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mitterrand est d&#233;j&#224; aux manettes du pouvoir quand l'insurrection alg&#233;rienne d&#233;marre, le premier novembre 1954. Mend&#232;s France, Pr&#233;sident du Conseil &#8211; nous sommes sous la IVe R&#233;publique &#8211; en a fait son ministre de l'Int&#233;rieur. En r&#233;ponse &#224; la Toussaint Rouge, le premier flic de France fait dissoudre le Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques de l'ind&#233;pendantiste Messali Hadj. Quelques jours plus tard, Mitterrand tient un discours de fermet&#233; devant les d&#233;put&#233;s de l'Assembl&#233;e nationale. &lt;i&gt;&#171; L'Alg&#233;rie, c'est la France &#187;&lt;/i&gt; sera suivi par un : &lt;i&gt;&#171; Je n'admets pas de n&#233;gociations avec les ennemis de la patrie. La seule n&#233;gociation, c'est la guerre. &#187;&lt;/i&gt; L'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie ? Id&#233;e inconcevable &#224; l'&#233;poque, m&#234;me dans le camp de l'Union d&#233;mocratique et socialiste de la R&#233;sistance, petite formation politique de mod&#233;r&#233;s gaullistes et socialistes, que pr&#233;side Mitterrand. Ce dernier est plut&#244;t partisan d'un colonialisme fran&#231;ais &#224; visage humain. La brutalit&#233; de la police tricolore en Alg&#233;rie le taraude : il missionne Germaine Tillion, la c&#233;l&#232;bre r&#233;sistante, pour investiguer sur des exactions commises par la flicaille outre-M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1955, le gouvernement de Mend&#232;s France tombe. Guy Mollet lui succ&#232;de, et offre &#224; Mitterrand un maroquin de choix, celui du minist&#232;re de la Justice. En mars de l'ann&#233;e suivante, le Parti communiste fran&#231;ais se joint &#224; la meute pour accorder au gouvernement Mollet les pouvoirs sp&#233;ciaux : &lt;i&gt;&#171; Le gouvernement disposera en Alg&#233;rie des pouvoirs les plus &#233;tendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles command&#233;es par les circonstances, en vue du r&#233;tablissement de l'ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire. &#187;&lt;/i&gt; Mitterrand apposera sa signature au d&#233;cret donnant les pleins pouvoirs &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise en Alg&#233;rie. Ce texte va sceller la mise en place d'une v&#233;ritable justice d'exception permettant aux tribunaux militaires de se substituer aux tribunaux civils et de prononcer, sans instruction pr&#233;alable, la condamnation &#224; mort de militants accus&#233;s de terrorisme. Dans la foul&#233;e, notre ministre de la Justice donne son aval &#224; l'envoi du contingent : de 200 000 auparavant, les troupes pr&#233;sentes en Alg&#233;rie atteignent 450 000 soldats en juillet 1956.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ministres en d&#233;saccord avec la politique men&#233;e en Alg&#233;rie, Mend&#232;s France et Alain Savary, claqueront dans l'ann&#233;e la porte du gouvernement Mollet. Mitterrand l'ambitieux s'accroche. L'abolition de la peine de mort pouvant attendre encore vingt-cinq ans, il fera du z&#232;le : sur quarante-cinq dossiers de condamnation &#224; mort qui lui seront soumis durant les seize mois de son mandat place Vend&#244;me, il n'accordera que sept avis favorables &#224; la gr&#226;ce. La torture, industrialis&#233;e par les bidasses fran&#231;ais, et que Mitterrand ne pouvait pas ignorer, nourrit la veuve de Barberousse : du 3 au 12 f&#233;vrier 1957, seize ex&#233;cutions capitales ont lieu. Le 11 f&#233;vrier, pour la premi&#232;re fois, c'est un Europ&#233;en qui est guillotin&#233;. Fernand Iveton, prolo &#224; l'usine de gaz d'Alger et militant du Parti communiste alg&#233;rien, a d&#233;pos&#233; une bombe qui n'a pas explos&#233;. Pas de victime, pas de d&#233;g&#226;ts : qu'importe, l'homme aura la t&#234;te coup&#233;e avec l'aval minist&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1957, le gouvernement Mollet est balay&#233;. Mitterrand aussi. Pugnace et patient, l'homme acc&#232;dera &#224; l'&#201;lys&#233;e en 1981. Il est de notori&#233;t&#233; publique que le vote pied-noir n'a pas &#233;t&#233; pour rien dans son &#233;lection... Un satisfecit pour le remercier de ses bons offices durant les trois premi&#232;res ann&#233;es des &#171; &#233;v&#232;nements &#187; d'Alg&#233;rie ? Bien possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un toubib impatient</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-toubib-impatient</link>
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		<dc:date>2010-01-16T14:58:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Franck Dragonetti</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Emp&#234;cheur de saborder la S&#233;cu rondement, le docteur Poupardin, en refusant de tron&#231;onner ses patients en abats &#224; tarifs variables, est devenu le grain de sable que la machine voudrait broyer. Trop tard ! Ce carabin sauvage a d&#233;j&#224; suscit&#233; une saine solidarit&#233; et un d&#233;bat fringant. INSATIABLES, les doryphores de l'&#201;lys&#233;e et du Palais-Bourbon dans leur acharnement &#224; grignoter la vieille poutre de la S&#233;cu. &#192; l'instar des parasites, les attaques politiques contre notre syst&#232;me de soins, issu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Emp&#234;cheur de saborder la S&#233;cu rondement, le docteur Poupardin, en refusant de tron&#231;onner ses patients en abats &#224; tarifs variables, est devenu le grain de sable que la machine voudrait broyer. Trop tard ! Ce carabin sauvage a d&#233;j&#224; suscit&#233; une saine solidarit&#233; et un d&#233;bat fringant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;INSATIABLES, les doryphores de l'&#201;lys&#233;e et du Palais-Bourbon dans leur acharnement &#224; grignoter la vieille poutre de la S&#233;cu. &#192; l'instar des parasites, les attaques politiques contre notre syst&#232;me de soins, issu du compromis gaullo-communiste d'apr&#232;s-guerre, fusent de toutes parts. Et dans le collimateur de nos cravat&#233;s, on retrouve notamment les gros postes de d&#233;pense de sant&#233;. Au premier rang d'entre eux : les affections de longue dur&#233;e (ALD). Ce dispositif permet aux personnes souffrant de maladies graves d'avoir leurs soins pris en charge &#224; 100 %. Mais il y a un hic : avec l'explosion des diab&#232;tes, cancers, hypertensions et autres joyeuset&#233;s de nos temps modernes sur-pollu&#233;s, le poste des ALD explose : 60% des d&#233;penses lui sont consacr&#233;es pour un peu plus de sept millions de malades. On comprend ais&#233;ment qu'en cette &#233;poque de ma&#238;trise m&#233;dicalis&#233;e des d&#233;penses (novlangue signifiant mise &#224; mort d'une protection sociale solidaire), la pression soit mise autant sur les (salauds de) malades que sur les (inconscients de) m&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prescrire leurs m&#233;docs &#224; leurs patients en ALD, les toubibs ont &#224; leur disposition une ordonnance ad hoc : le bizone. Comme son nom l'indique, le papelard est divis&#233; en deux parties : une partie haute, cens&#233;e contenir les m&#233;dicaments en rapport avec la maladie grave et pris en charge &#224; 100 %, et une partie basse pour les autres m&#233;docs&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L309xH310/felder73-55653.jpg?1782656062' width='309' height='310' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Felder
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;qui seront, eux, rembours&#233;s au tarif classique, c'est-&#224;-dire de moins en moins, quand on consid&#232;re la vitesse avec laquelle le l&#233;gislateur multiplie les mesures de d&#233;remboursement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mauvais &#233;l&#232;ve, le docteur Poupardin, g&#233;n&#233;raliste &#224; Vitry (Val-de- Marne), a d&#233;cid&#233; de ne pas jouer le jeu. En effet, ce dernier a pris la f&#226;cheuse habitude d'inscrire syst&#233;matiquement tous les m&#233;dicaments de ses patients dans la partie haute de l'ordonnance. Son raisonnement est simple : &lt;i&gt;&#171; Le d&#233;coupage symbolis&#233; par le bizone est absurde et pr&#233;judiciable &#224; la sant&#233; du malade. Pourquoi ? Parce qu'il est stupide de morceler les gens en tranches en fonction de leur maladie. C'est une forme de marchandisation du corps humain. Or, le m&#233;decin ne soigne pas un organe isol&#233; mais un individu pris dans son int&#233;gralit&#233; et dans son environnement. &#187;&lt;/i&gt; Raisonnement sympathique mais qui n'a pas su lui attirer les gr&#226;ces bienveillantes de la Caisse primaire d'assurance maladie. D&#233;but octobre 2009, elle a convoqu&#233; dare-dare le m&#233;dicastre et l'a somm&#233; de s'expliquer. Ayant procur&#233; &#224; ses patients des avantages indus, elle l'a menac&#233; de le convoquer devant une commission des p&#233;nalit&#233;s, avec sanction financi&#232;re &#224; la cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224; que l'affaire s'est &#233;bruit&#233;e et en a &#233;mu plus d'un. Confr&#232;res, politiques, syndicalistes, malades, ils sont plusieurs &#224; &#234;tre mont&#233;s au cr&#233;neau pour prendre la d&#233;fense de ce Doc-la-Fronde. Comit&#233; de soutien, p&#233;tition nationale, Poupardin a m&#234;me donn&#233; dans la conf&#233;rence de presse. Avant d'avouer &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; surpris par l'ampleur du soutien. Maintenant, je veux &#233;largir le d&#233;bat et demander la suppression des franchises m&#233;dicales. Il faut que plus aucun m&#233;decin ne soit poursuivi pour le non-respect du bizone. Les m&#233;dicaments de la partie basse sont aussi importants que ceux de la haute. Or, certains malades ne peuvent pas se les payer. &#187;&lt;/i&gt; Et d'ajouter, un brin malicieux : &lt;i&gt;&#171; D'ailleurs, j'appelle la partie basse : zone d'attente de m&#233;dicaments chez les pharmaciens, un peu comme les zones d'attente pour immigr&#233;s dans les a&#233;roports. &#187; &#171; Ce que fait Poupardin, c'est de leur mettre le nez dans le caca &#187;&lt;/i&gt;, commente le docteur Lehmann, infatigable agitateur pour une S&#233;cu solidaire. &lt;i&gt;&#171; Il y a une dame qui m'&#233;crit souvent, elle a &#233;t&#233; op&#233;r&#233;e d'un cancer du c&#244;lon et si elle ne prend pas les produits compl&#233;mentaires, les pr&#233;tendus m&#233;dicaments de confort qu'on met dans la partie basse de l'ordonnance, pardonne- moi d'&#234;tre cru, mais elle se chie dessus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, un sondage Ipsos- Secours Populaire r&#233;v&#233;lait que deux fran&#231;ais sur cinq avaient renonc&#233; &#224; se soigner. &#199;a n'a pas emp&#234;ch&#233; nos &#233;lites de continuer &#224; stigmatiser les patients en ALD. Exemples r&#233;cents : en 2008, un certain Fr&#233;d&#233;ric Van Roekeghem, polytechnicien et patron des caisses de S&#233;cu &#8211; form&#233; chez AXA &#8211;, propose de ne prendre en charge les ALD qu'au stade des complications. En clair, vous &#234;tes diab&#233;tique, faut attendre la premi&#232;re amputation pour b&#233;n&#233;ficier du 100 %. Toll&#233; g&#233;n&#233;ral. Rebelote peu de temps apr&#232;s avec un &#233;ni&#232;me plan d'&#233;conomie comprenant entre autres une r&#233;duction de la liste des ALD et un passage du taux de remboursement des m&#233;dicaments dits &#171; de confort &#187; de 100 &#224; 35 %. Toll&#233; g&#233;n&#233;ral. La m&#234;me ann&#233;e, Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarit&#233;s actives contre la pauvret&#233; (sic), d&#233;gaine son bouclier sanitaire : fini les ALD, dor&#233;navant les malades paieront leurs soins &#224; concurrence d'un plafond fix&#233; par la loi. Toll&#233; g&#233;n&#233;ral. 2009, Sarkozy revient &#224; la charge &#224; la faveur de son plan cancer : les canc&#233;reux &#171; gu&#233;ris &#187; au bout de cinq ans de traitement sortiraient automatiquement du r&#233;gime des ALD. Des doryphores, disions-nous. De la pire esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus d'infos ici : &lt;a href=&#034;http://didierpoupardin.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://didierpoupardin.wordpress.com/&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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