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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La justice ou la mort</title>
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		<dc:date>2012-06-27T04:55:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J&#8216;aurais pu vous parler de trois (ex)coll&#232;gues qui viennent de passer l'arme &#224; gauche durant le mois &#233;coul&#233;, pour cause de cancer ou d'amiante, et dont deux n'avaient m&#234;me pas atteint l'&#226;ge de la retraite. Mais vous diriez que je fais dans la sinistrose, que je plombe l'ambiance, alors laissons le pessimisme pour des jours meilleurs et regardons un de ces (trop) rares moments positifs que nous pouvons vivre &#224; l'usine. Jadis (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no80-juillet-aout-2010'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;80&lt;/a&gt;) je vous avais fait un topo sur des affaires que mon syndicat avait port&#233;es devant le tribunal des prud'hommes. Cinq au total. On sait qu'avoir recours &#224; la justice intervient toujours lorsque la combativit&#233; n'est pas au summum, d'autant que la justice, &#231;a dure des ann&#233;es. N'emp&#234;che que le dossier le plus ancien vient enfin d'aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire concerne un Plan de &#171; sauvegarde &#187; de l'emploi (PSE) qui a donn&#233; lieu &#224; des d&#233;parts en pr&#233;retraite ou &#224; des mutations dans plusieurs usines de la r&#233;gion. Certains ont atterri chez P&#233;troplus ou M-Real, actuellement en cours de liquidation, ou dans ma bo&#238;te. Sur les dix gars arriv&#233;s ici, sept, &#226;g&#233;s de 50 ans &#224; l'&#233;poque mais n&#233;s avant mars 1956, &#233;taient &#233;ligibles au d&#233;part en pr&#233;retraite &#224; 52 ans, comme le PSE le stipulait. Ils ont donc sign&#233; une clause &#224; l'embauche afin de profiter, lorsque l'&#226;ge viendrait, de ces mesures avantageuses du plan de restructuration. Lorsqu'ils ont atteint l'&#226;ge requis, ils ont fait valoir leurs droits. Sauf que la direction n'a pas voulu en entendre parler. Pis, l'un d'eux a m&#234;me &#233;t&#233; licenci&#233; pour inaptitude (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Parcours-du-combattant'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;64&lt;/a&gt;), comme &#231;a c'est le P&#244;le emploi qui le paie jusqu'&#224; la retraite. Une autre affaire qui tra&#238;ne toujours aux prud'hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pouvant donc partir en 2008, les autres se sont tourn&#233;s vers la justice qui, en janvier 2009, leur a donn&#233; raison en les d&#233;clarant &lt;i&gt;&#171; &#233;ligibles au b&#233;n&#233;fice de ce protocole &#187;&lt;/i&gt;. Bien s&#251;r, la direction a fait appel, histoire de faire durer le plaisir. Le second proc&#232;s ne s'est tenu qu'un an et demi apr&#232;s, en mai 2010, et a donn&#233; une nouvelle fois raison aux copains. Rien n'y fit, car nous avons le triste privil&#232;ge d'&#234;tre dirig&#233;s par de tr&#232;s mauvais perdants. Pour ne rien arranger, la cour d'appel a omis de pr&#233;voir une quelconque astreinte financi&#232;re au cas o&#249; la direction obligerait les coll&#232;gues &#224; continuer de bosser. Comme si &#231;a ne suffisait pas, la direction a demand&#233; l'arbitrage d'un juge d'ex&#233;cution des peines pour avoir une &lt;i&gt;&#171; meilleure compr&#233;hension du jugement &#187;&lt;/i&gt; (sic), ce qui a eu pour effet de repousser encore l'&#233;ch&#233;ance &#224; juillet 2011, date &#224; laquelle le juge, plut&#244;t tendance Medef, s'est d&#233;clar&#233; incomp&#233;tent et a renvoy&#233; l'affaire devant un juge de proximit&#233;. Ce dernier, plut&#244;t en col&#232;re vis-&#224;-vis de la direction de la bo&#238;te et de son confr&#232;re, trop timor&#233; &#224; son go&#251;t, a r&#233;affirm&#233; le 5 avril dernier que les salari&#233;s devaient partir. Pronon&#231;ant par l&#224; m&#234;me une demande de d&#233;dommagement de quelques milliers d'euros pour les plaignants et une astreinte de mille euros par jour et par salari&#233; &#224; partir du 15 mai, aux frais de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, la direction ne peut plus se soustraire &#224; ses obligations et, &#224; l'heure o&#249; vous lirez ces lignes, les copains auront quitt&#233; le boulot dans d'assez bonnes conditions. Bon, on ne va pas dire que c'est une grande victoire des travailleurs, d'autant que les copains ont d&#251; attendre pr&#232;s de quatre ann&#233;es et qu'il y a eu de longs moments de d&#233;couragement. N'emp&#234;che qu'ils partent quand m&#234;me &#224; 56 ans. Un fait plut&#244;t rare qui a r&#233;joui tout le monde dans l'usine. Les voir d&#233;carrer avant l'&#226;ge l&#233;gal actuel, c'est comme un sacr&#233; pied de nez aux dirigeants de Total ainsi qu'&#224; Fran&#231;ois Fillon et consorts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde est content ? Pas tout &#224; fait : la direction n'avait ni envisag&#233; ni pr&#233;vu leurs d&#233;parts. Elle savait qu'elle perdrait un jour, mais semblait se satisfaire du temps gagn&#233;, sans envisager le futur. Le remplacement de certains de ces jeunes retrait&#233;s va se faire &#224; l'arrache, sans que soient organis&#233;s formation et passage de connaissances &#224; ceux ou celles qui seront embauch&#233;s ou mut&#233;s &#224; leurs places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'hab'.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH456/100efix-6b329.png?1768655378' width='500' height='456' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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