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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Marseille sur basse-cour</title>
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		<dc:date>2012-09-05T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Aristide Bostan</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'appart' leur a tap&#233; dans l'&#339;il d&#232;s la premi&#232;re visite : immense, bien situ&#233; et dot&#233; &#8211; mazette ! &#8211; d'une terrasse de cent m&#232;tres carr&#233;s&#8230; &#192; cinq, le loyer ind&#233;cent passant un tantinet mieux, ils se sont vite retrouv&#233;s &#224; imaginer les usages collectifs de ce vaste espace en plein air. Cooot, cot, cot, codec ! L'agence charg&#233;e de la location a la particularit&#233; d'avoir en gestion les biens d'un seul et unique propri&#233;taire : un richissime industriel, auparavant directeur d'une huilerie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'appart' leur a tap&#233; dans l'&#339;il d&#232;s la premi&#232;re visite : immense, bien situ&#233; et dot&#233; &#8211; mazette ! &#8211; d'une terrasse de cent m&#232;tres carr&#233;s&#8230; &#192; cinq, le loyer ind&#233;cent passant un tantinet mieux, ils se sont vite retrouv&#233;s &#224; imaginer les usages collectifs de ce vaste espace en plein air. Cooot, cot, cot, codec !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_446 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH292/102cattelain-56525.png?1768658624' width='400' height='292' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;my Cattelain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'agence charg&#233;e de la location a la particularit&#233; d'avoir en gestion les biens d'un seul et unique propri&#233;taire : un richissime industriel, auparavant directeur d'une huilerie marseillaise, au sujet duquel ils ont appris de la bouche d'une &#233;missaire blas&#233;e de l'agence qu'il poss&#233;dait une soixantaine d'immeubles &#224; Marseille et autant dans d'autres villes. De patron &#224; rentier, la d&#233;sindustrialisation n'a pas fait que des malheureux&#8230; Les premiers rapports avec les tauliers ont &#233;t&#233; plut&#244;t fluides et corrects. Tandis que, petit &#224; petit, cette immense terrasse, un peu trop min&#233;rale et entour&#233;e de hauts murs, &#233;tait verdie et agr&#233;ment&#233;e d'un mobilier des plus divers : fauteuils, tables basses, tourets de c&#226;ble, la rue marseillaise est g&#233;n&#233;reuse pour qui y glane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'immeuble r&#232;gne une atmosph&#232;re d'ignorance cordiale : des voisins aimables mais fuyants, &#224; l'exception d'une famille amicale, bruyante et toujours partante pour une tchatche &#224; la fen&#234;tre, et d'une dame s&#233;v&#232;rement hyst&#233;rique juste au-dessus, qui donne dans l'&#233;gosillement perp&#233;tuel. Tout &#231;a leur convenait plut&#244;t, les haricots et le tabac poussaient, les ap&#233;ros se multipliaient quand le temps le permettait, et ils commen&#231;aient presque &#224; se sentir chez eux. Un beau jour, ils ont r&#233;cup&#233;r&#233; deux poules &#8211; des pondeuses, of course &#8211; gr&#226;ce &#224; l'entremise d'un coll&#232;gue c&#233;venol. &#192; part quelques r&#233;serves sur les nuisances &#224; attendre, l'id&#233;e d'accueillir des gallinac&#233;s les a bien emball&#233;s, et ils ont vite mis sur pied un poulailler avec les mat&#233;riaux de r&#233;cup' qui s'accumulaient, en prenant soin de prot&#233;ger largement le sol. Si la production en &#339;ufs s'est av&#233;r&#233;e d&#233;cevante, tout le monde a bien d&#251; convenir que Poule Up et Poul&#232;gue &#233;taient du genre silencieuses et inodores. Bien &#233;lev&#233;es, quoi.
Au printemps, les ennuis leur sont tomb&#233;s dessus sans pr&#233;venir : les sbires de l'huilier leur ont envoy&#233; l'huissier pour un retard de dix jours dans le loyer. Apr&#232;s discussions et tergiversations, l'un d'entre eux a rendu visite &#224; l'agence pour leur faire part d'une l&#233;gitime surprise &#8211; et surtout, leur faire comprendre qu'il n'&#233;tait pas question de payer la facture de six cents euros. Les rires sous cape qui l'ont accueilli l'ont laiss&#233; perplexe, jusqu'&#224; ce qu'un employ&#233;, amus&#233;, lui l&#226;che : &lt;i&gt;&#171; La gestionnaire veut vous voir, par rapport aux poules ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agence a d&#233;couvert la volaille lors d'une visite de l'appartement du-dessus, et s'est mis en t&#234;te que c'&#233;tait &lt;i&gt;&#171; compl&#232;tement d&#233;pass&#233; &#187;&lt;/i&gt;, sale, non hygi&#233;nique et source de nuisances. Ils ont eu beau leur expliquer qu'aux dires de l'Agence d&#233;partementale d'information sur le logement, il n'existe aucune norme sanitaire contraignante &#224; ce sujet, rien &#224; faire : ordre leur a &#233;t&#233; donn&#233; de retirer les poules de la terrasse. Apr&#232;s v&#233;rification, ils ont d&#233;couvert que seuls trois &#233;l&#233;ments seraient en mesure de faire s'envoler les poules : une plainte dans le voisinage, un r&#232;glement de copropri&#233;t&#233; &#8211; difficile &#224; trouver quand le m&#234;me gus poss&#232;de tous les logements, le bail enfin, qui stipule, quant &#224; lui, que les animaux domestiques sont accept&#233;s dans la mesure o&#249; il s'agit d'animaux de compagnie. Expression bien subjective que m&#234;me le code rural ne d&#233;finit pas tr&#232;s clairement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les poules n'ont donc pas boug&#233; de la terrasse pendant encore quelques semaines. Et puis l'agence est revenue et a remis le couvert, quand c&#244;t&#233; huissier, rien n'a vraiment avanc&#233;. Ils ont alors opt&#233; pour la strat&#233;gie du bambou : plier pour mieux se redresser. Les poules sont parties en stage dans une friche industrielle des quartiers nord de la ville, confi&#233;es aux soins bienveillants des camarades gardiens. Il y a quelques jours, l'un d'eux s'inqui&#232;te de quelque chien vorace. &#192; l'appart', ils ont r&#233;fl&#233;chi quatre secondes avant d'acter le retour de Poule Up et Poul&#232;gue. Au diable, la bureaucratie z&#233;l&#233;e ! Et s'ils veulent causer &lt;i&gt;&#171; textes de loi &#187;&lt;/i&gt;, ils pourront toujours leur r&#233;pondre &lt;i&gt;&#171; omelette &#187;&lt;/i&gt; et s'amuser un peu&#8230; Amis huiliers, d&#233;sinfectez-vous : la volaille pondeuse n'a pas dit son dernier mot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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