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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Vive la rentr&#233;e !!!</title>
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		<dc:date>2012-10-31T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Lundi 3 septembre, 9 h 30, r&#233;fectoire de l'atelier de fabrication d'ammoniac. Les cadres et les ing&#233;nieurs sont partis assister &#224; la r&#233;union hebdomadaire avec le directeur qui leur annonce son d&#233;part pour les hautes sph&#232;res de la hi&#233;rarchie de Total. Il n'aura pas fait long feu, &#224; peine deux ans. Bref, on est tranquille jusqu'&#224; midi. Aujourd'hui, c'est le calme plat. Silence des machines et des ouvriers pendant que les cuill&#232;res tournent dans les tasses de caf&#233;. Les copains sont plut&#244;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lundi 3 septembre, 9 h 30, r&#233;fectoire de l'atelier de fabrication d'ammoniac. Les cadres et les ing&#233;nieurs sont partis assister &#224; la r&#233;union hebdomadaire avec le directeur qui leur annonce son d&#233;part pour les hautes sph&#232;res de la hi&#233;rarchie de Total. Il n'aura pas fait long feu, &#224; peine deux ans. Bref, on est tranquille jusqu'&#224; midi. Aujourd'hui, c'est le calme plat. Silence des machines et des ouvriers pendant que les cuill&#232;res tournent dans les tasses de caf&#233;. Les copains sont plut&#244;t abattus. Parce qu'il a fallu se lever &#224; 4 heures ce matin, mais aussi parce que l'atelier est encore cass&#233; et que &#231;a devient plus que grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bient&#244;t un an, une fuite d'hydrog&#232;ne entra&#238;nait un incendie qui aurait pu &#234;tre catastrophique et qui aurait pu rayer l'usine, ainsi sans doute qu'une partie de la ville, de la carte. Heureusement, les coll&#232;gues ont &#233;t&#233; plus qu'efficaces et le d&#233;sastre a &#233;t&#233; circonscrit &#224; une partie de l'atelier (cf. &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Dix-ans-plus-tard'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;93&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les prolos, pensions que s'en &#233;tait fini de la bo&#238;te, le coup de gr&#226;ce apr&#232;s toutes ces ann&#233;es de pannes et de tergiversations. Mais non. Total a sorti 16 millions d'euros pour reconstruire le b&#226;timent endommag&#233; et s&#233;curiser le reste sous la pression de l'administration. Ces travaux ont &#233;t&#233; faits au d&#233;triment des autres ateliers du site, qui ne sont pas en grande forme non plus. Il faut aussi relativiser la somme, ces millions seraient rembours&#233;s en un ou deux mois d'exploitation, si l'atelier fonctionnait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_460 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH465/103efix-9351a.jpg?1782652586' width='400' height='465' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;paration et s&#233;curisation se sont &#233;tal&#233;es sur huit mois parce que les entreprises sous-traitantes &#233;taient occup&#233;es sur d'autres chantiers, parce que certains intervenants ne voulaient plus venir dans cette usine dangereuse&#8230; Mais aussi par manque de personnel qualifi&#233; : les plans de suppression d'emplois pr&#233;c&#233;dents ayant entra&#238;n&#233; une perte d'exp&#233;rience, il a fallu que tout le monde se forme ou forme les autres. Du coup, on n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; mis au ch&#244;mage technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, en mai, l'atelier, &#171; r&#233;par&#233; &#187;, pouvait &#171; red&#233;marrer &#187;. Sauf que, depuis, les probl&#232;mes s'accumulent. Lors de chaque essai, il y a quelque chose qui casse, qui fuit, qui s'enflamme. Pompes, chaudi&#232;re, four&#8230; Lors de chaque avanc&#233;e des man&#339;uvres de d&#233;marrage, c'est un nouvel &#233;l&#233;ment qui l&#226;che. Derni&#232;rement, une fuite sur le r&#233;acteur d'hydrog&#232;ne aurait pu tr&#232;s mal se terminer notamment pour un peintre qui se trouvait juste &#224; c&#244;t&#233;. C'&#233;tait le quatri&#232;me d&#233;part de feu sur l'atelier en deux ans. Nouvel arr&#234;t, nouveaux travaux agr&#233;ment&#233;s de l'habituel discours du directeur pour dire que l'atelier doit &#224; tout prix d&#233;marrer, mais en toute s&#233;curit&#233;, et de la non moins habituelle langue de bois des ing&#233;nieurs comme quoi tout est sous contr&#244;le en attente de la r&#233;alisation des &#171; bonnes &#187; r&#233;parations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production doit reprendre, entend-on, parce que l'engrais qui sortirait de l'usine a une tr&#232;s forte valeur ajout&#233;e, que les carnets de commandes &#171; explosent &#187;, et que les clients sont des agriculteurs particuli&#232;rement solvables, m&#234;me &#224; des prix tr&#232;s &#233;lev&#233;s, puisque profitant des sp&#233;culations sur le bl&#233; et le ma&#239;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en est l&#224;. Les copains sont dans un genre de d&#233;sarroi. Il y en a m&#234;me de plus en plus qui ont peur de retourner dans l'atelier. Red&#233;marrer les machines implique d'&#234;tre sur le terrain et l'on a beau informatiser le mat&#233;riel, il y a toujours des man&#339;uvres &#224; faire. La prochaine mise en route, pour certains, c'est comme jouer &#224; la roulette russe. En plus, on sait tr&#232;s bien que si cet atelier plante, c'est la fin de l'usine, puisqu'il en constitue le c&#339;ur. Mais on n'a pas d'&#233;ch&#233;ance. Juste des menaces voil&#233;es du c&#244;t&#233; de la direction g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une v&#233;ritable ambivalence qui se cr&#233;e parmi les coll&#232;gues. Souvent on se dit qu'il faudrait achever cet atelier en fin de vie avant qu'il ne nous ach&#232;ve nous. Ce qui fait que l'annonce d'un plan de restructuration ou d'une fermeture pure et simple est &#224; la fois crainte et souhait&#233;e. D'autant qu'on vient d'apprendre, lors du bilan social, qu'il y aurait, au 31 d&#233;cembre, pr&#232;s de 150 salari&#233;s ayant plus de 55 ans sur le site (sur 350). Situation jamais vue dans l'usine o&#249; l'on partait au pire &#224; 56 ans &#224; cause des plans pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, c'est la rentr&#233;e, et c'est comme d'hab. &#199;a fait juste dix ans qu'on est dans cet &#233;tat d'esprit. &#199;a devient juste de plus en plus p&#233;nible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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