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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Bosnie : &#171; Plus jamais &#231;a &#187; (bis repetita)</title>
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		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


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&lt;p&gt;Suite de notre excursion en Bosnie-Herz&#233;govine, o&#249; les nationalistes sont en roue libre. Face au spectre d'une nouvelle guerre, les grandes puissances occidentales, fid&#232;les &#224; elles-m&#234;mes, regardent ailleurs. C'est un bruit de fond, une sorte de rumeur, qui parcourt les r&#233;seaux sociaux et les conversations en Bosnie-Herz&#233;govine. Une inqui&#233;tude un peu incr&#233;dule, qui l'emporte parfois sur la lassitude &#233;norme des Bosniens devant le marasme o&#249; est plong&#233; leur pays . Des graffitis au pochoir : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite de notre excursion en Bosnie-Herz&#233;govine, o&#249; les nationalistes sont en roue libre. Face au spectre d'une nouvelle guerre, les grandes puissances occidentales, fid&#232;les &#224; elles-m&#234;mes, regardent ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;'est un bruit de fond, une sorte de rumeur, qui parcourt les r&#233;seaux sociaux et les conversations en Bosnie-Herz&#233;govine. Une inqui&#233;tude un peu incr&#233;dule, qui l'emporte parfois sur la lassitude &#233;norme des Bosniens devant le marasme o&#249; est plong&#233; leur pays&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article &#171; Sarajevo : rester, r&#233;sister &#187;, CQFD n&#176; 205 (janvier 2022).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Des graffitis au pochoir : &#171; &lt;i&gt;Je suis pour la paix&lt;/i&gt; &#187; sur les murs de Ferhadija, la principale rue commer&#231;ante de Sarajevo. Le niveau de violence des discours politiques qui augmente soudain, et les nationalistes qui passent progressivement des points de non-retour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les touristes qui pi&#233;tinent le pont de Mostar reconstruit, ou zigzaguent d'un pub de Sarajevo &#224; l'autre, en ont peu conscience, mais les progr&#232;s ont &#233;t&#233; maigres depuis la fin de la guerre en 1995. Et la lassitude a peu &#224; peu &#233;teint les espoirs de r&#233;conciliation. Le pays reste en effet soumis &#224; l'usine &#224; gaz ethnocratique n&#233;e des accords de paix de Dayton, qui ent&#233;rinent sur le terrain les conqu&#234;tes de l'agresseur serbe (orthodoxe) et le &#171; nettoyage ethnique &#187; des Bosniaques (musulmans). La Bosnie est ainsi partag&#233;e en deux &#171; entit&#233;s &#187; &lt;i&gt;(voir carte ci-dessous)&lt;/i&gt; : la Republika Srpska, (serbe), et la F&#233;d&#233;ration de Bosnie-Herz&#233;govine (bosniaque et croate). Ennemis jur&#233;s d'une Bosnie multiethnique, les nationalistes &#224; la t&#234;te de la Republika Srpska n'ont pas renonc&#233; &#224; leur but de guerre : l'ind&#233;pendance et le rattachement &#224; la Serbie. Sur cette partie du territoire bosnien, une autre vision du monde s'est mise en place sous l'influence des m&#233;dias &#224; la botte du r&#233;gime, tourn&#233;e vers la Serbie et la Russie, fantasmant les Bosniaques comme une improbable tribu djihadiste. Vingt-cinq ans que la question se pose : combien de temps &#231;a dure, l'apr&#232;s-guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tricoter les accords de Dayton&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis cet automne, le leader nationaliste de la Republika Srpska Milorad Dodik, arriv&#233; au pouvoir en 2006 et habitu&#233; des rodomontades s&#233;cessionnistes, a brusquement chang&#233; de braquet. Il faut dire que l'environnement s'y pr&#234;te&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la crise actuelle et son contexte international, lire le remarquable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Autour du Premier ministre hongrois Viktor Orb&#225;n, une n&#233;buleuse de kleptocrates ultrar&#233;acs se ferait bien les dents sur la Bosnie, petit &#201;tat &#224; majorit&#233; musulmane, faible et sans alli&#233;s. En premi&#232;re ligne, le pr&#233;sident de Serbie Aleksandar Vu&#269;i&#263;, qui s&#232;me la zizanie dans les pays voisins au nom de la d&#233;fense des minorit&#233;s serbes ; la Croatie se tient en embuscade, toujours pr&#234;te &#224; r&#233;cup&#233;rer un os qui tomberait de la table &#8211; quitte &#224; l'aider &#224; tomber.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Autour du Premier ministre hongrois Viktor Orb&#225;n, une n&#233;buleuse de kleptocrates ultrar&#233;acs se ferait bien les dents sur la Bosnie, petit &#201;tat &#224; majorit&#233; musulmane, faible et sans alli&#233;s.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Dodik est aux abois apr&#232;s une gamelle aux &#233;lections municipales de 2020 et une lourde d&#233;faite symbolique, &#224; l'&#233;t&#233; 2021, lorsque le Haut repr&#233;sentant international&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus haute autorit&#233; constitutionnelle en Bosnie-Herz&#233;govine, le Haut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Valentin Inzko a interdit la n&#233;gation du g&#233;nocide de Srebrenica, refrain favori des nationalistes serbes. Le satrape contre-attaque en octobre et r&#233;clame le retour &#224; la lettre de Dayton, c'est-&#224;-dire le d&#233;tricotage de toutes les mesures prises depuis 1995 pour rapprocher les deux &#171; entit&#233;s &#187;. En jeu, la r&#233;cup&#233;ration par la Republika Srpska de son administration fiscale et de ses biens forestiers et agraires (par ici la monnaie...), et surtout de son syst&#232;me judiciaire et de son arm&#233;e. L'inqui&#233;tude est r&#233;elle. Dodik roule des m&#233;caniques, &#233;voque la mise en place de contr&#244;les de police autour de Sarajevo et l'expulsion par la force des troupes f&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre, il passe la seconde. Le parlement de la Republika Srpska ouvre une p&#233;riode de six mois au terme de laquelle le gouvernement devra pr&#233;senter les lois n&#233;cessaires &#224; son projet. La population ne sait pas sur quel pied danser : la rh&#233;torique nationaliste est si routini&#232;re que peu croient &#224; la guerre &#8211; mais beaucoup rappellent qu'en 1992 non plus, personne n'y croyait. Pendant les f&#234;tes du No&#235;l serbe, d&#233;but janvier, la tension explose. Dans le Sand&#382;ak, r&#233;gion &#224; majorit&#233; bosniaque de la Serbie voisine, des bandes d&#233;filent en chantant &#171; &lt;i&gt;Tirons sur les mosqu&#233;es&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; et des flics en vacances sont film&#233;s en train de brailler des chants appelant &#224; infliger aux musulmans locaux le sort des victimes de Srebrenica. Juste apr&#232;s No&#235;l, le 9 janvier, c'est aussi la &#171; f&#234;te nationale &#187; (et ill&#233;gale) de la Republika Srpska. &#171; &lt;i&gt;Pour la plupart des Serbes de Bosnie, ce n'est qu'une f&#234;te populaire, une sorte de 14-Juillet&lt;/i&gt; &#187;, raconte la photographe Jeanne Frank, qui y assistait cette ann&#233;e &lt;i&gt;(voir photo).&lt;/i&gt; Cette fois, cependant, Dodik met en sc&#232;ne dans sa capitale Banja Luka une d&#233;monstration de force, et la t&#233;l&#233; locale retransmet un flippant d&#233;fil&#233; de v&#233;hicules blind&#233;s et d'uniformes rutilants, survol&#233;s par des h&#233;licopt&#232;res. L'&#233;v&#233;nement est abondamment relay&#233; par une multitude de fils Twitter abasourdis. Aux c&#244;t&#233;s des dignitaires locaux, le d&#233;put&#233; europ&#233;en du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani a emmen&#233; une d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise. La nuit venue, une horde de hooligans manifeste bruyamment en hommage au &#171; boucher des Balkans &#187;, Ratko Mladi&#263;. Idem dans la petite ville de Prijedor, dont le nom &#233;voque certaines des pires exactions commises par l'arm&#233;e serbe dans les ann&#233;es 1990, et habit&#233;e par une importante minorit&#233; bosniaque. La guerre est-elle in&#233;luctable ? &#192; cette question, Aline Cateux, correspondante du&lt;i&gt; Courrier des Balkans&lt;/i&gt; &#224; Sarajevo, rappelle volontiers qu'elle n'est pas Madame Irma. Ce que, d'apr&#232;s elle, on peut raisonnablement craindre en revanche, c'est une escalade sporadique, des provocations de la police serbe, surarm&#233;e et compos&#233;e de nombreux v&#233;t&#233;rans de l'arm&#233;e g&#233;nocidaire, et des attaques isol&#233;es de membres de la minorit&#233; bosniaque de Republika Srpska, par exemple dans la r&#233;gion &#233;minemment symbolique de Srebrenica&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;379&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/120020220109_nationalday_pravdazadavida-16_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/120020220109_nationalday_pravdazadavida-16_resultat-81e37.jpg?1782959585' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Banja Luka, 9 janvier 2022. F&#234;te nationale de la Republika Srpska. En 2015, le Tribunal constitutionnel de Bosnie-Herz&#233;govine a d&#233;clar&#233; cette c&#233;l&#233;bration ill&#233;gale, de m&#234;me que le r&#233;f&#233;rendum convoqu&#233; l'ann&#233;e suivante par la RS pour confirmer son organisation. La RS continue d'organiser cette f&#234;te chaque ann&#233;e, en d&#233;pit de son caract&#232;re inconstitutionnel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo de Jeanne Frank
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il y a g&#233;nocide et g&#233;nocide &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Citoyens et commentateurs essaient de d&#233;crypter cette vaste partie de billard &#224; mille bandes, o&#249; les acteurs tiennent leur jeu couvert. La Serbie et la Croatie d&#233;fendent officiellement l'int&#233;grit&#233; territoriale de la Bosnie tout en soutenant les s&#233;cessionnistes sur le terrain. En Serbie, les m&#233;dias proches du r&#233;gime feignent d'observer de loin une situation qui ne les concernerait pas vraiment. En Croatie, le pr&#233;sident Zoran Milanovi&#263; accumule les d&#233;clarations provocatrices (du genre : &#171; &lt;i&gt;Il y a g&#233;nocide et g&#233;nocide&lt;/i&gt; &#187;), dont la presse fait ses choux gras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sarajevo, les Bosniaques livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes esp&#232;rent l'intervention de grandes puissances divis&#233;es et attentistes. Comme aux pires heures de la guerre. Les m&#233;dias et les r&#233;seaux sociaux relaient et d&#233;cryptent les moindres d&#233;clarations des diplomates qui se succ&#232;dent dans les Balkans et soufflent le chaud et le froid. En visite en Bosnie en d&#233;cembre, le copr&#233;sident des Verts au Parlement europ&#233;en, Thomas Waitz, affirme avoir re&#231;u l'assurance de l'Otan qu'en cas de besoin, 6 000 hommes pouvaient &#234;tre d&#233;ploy&#233;s sur le terrain en 24 heures. L'Allemagne et le Royaume-Uni condamnent clairement Dodik et le menacent de sanctions. Mais la France s'en tient au service minimum et l'Union europ&#233;enne persiste &#224; s'appuyer sur les diff&#233;rents leaders nationalistes au nom de la &#171; stabilit&#233; r&#233;gionale &#187;, tandis que son commissaire &#224; l'&#201;largissement, le Hongrois Oliv&#233;r V&#225;rhelyi, soutient Dodik en douce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux observer la situation, on prend un peu de recul dans les mus&#233;es de Sarajevo. &#192; la Vije&#263;nica, l'ancienne biblioth&#232;que nationale incendi&#233;e en 1992 par les Serbes, des aquarelles du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle montrent la vie quotidienne d'une ville cosmopolite, o&#249; les paysans orthodoxes f&#234;tent P&#226;ques sur la place du bazar, sous les yeux placides de bourgeois autrichiens. Dans la salle voisine, d'immenses photos de charniers documentent le travail du tribunal p&#233;nal international de La Haye. Pour relier ces deux s&#233;ries d'images, on se d&#233;place au mus&#233;e historique, o&#249; une photo montre les regards stup&#233;faits de ces manifestants pacifistes, au premier jour de la guerre, qui constatent qu'on est en train de leur tirer dessus. Dans une autre salle, cet appel des Saraj&#233;viens assi&#233;g&#233;s aux Occidentaux : &#171; En 1945, vous disiez &#8220;&lt;i&gt;Plus jamais &#231;a&#8221;. Mais en Bosnie, c'est &#8220;&#231;a&#8221; qui se passe !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &#199;a &#187; menace, &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Laurent Perez&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;div class='spip_document_4358 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200cartebosnie-def_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/1200cartebosnie-def_resultat-62dc7.jpg?1782959585' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Carte de C&#233;cile Kiefer
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sarajevo-rester-resister' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Sarajevo : rester, r&#233;sister &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 205 (janvier 2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur la crise actuelle et son contexte international, lire le remarquable rapport d'Aline Cateux et Lo&#239;c Tr&#233;gour&#232;s&lt;a href=&#034;https://www.jean-jaures.org/publication/bosnie-herzegovine-vers-un-eclatement-du-pays/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Bosnie-Herz&#233;govine : vers un &#233;clatement du pays ? &#187;&lt;/a&gt;, sur le site de la Fondation Jean-Jaur&#232;s (13/01/2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus haute autorit&#233; constitutionnelle en Bosnie-Herz&#233;govine, le Haut repr&#233;sentant international dispose de pouvoirs discr&#233;tionnaires, qui l'autorisent &#224; d&#233;mettre tout responsable et &#224; annuler toute loi qui menacerait la paix ainsi qu'&#224; prendre toute d&#233;cision n&#233;cessaire &#224; sa mise en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sarajevo : rester, r&#233;sister</title>
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		<dc:subject>Jeanne Frank</dc:subject>

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&lt;p&gt;Interminable apr&#232;s-guerre en Bosnie-Herz&#233;govine. Tandis que la population s'exile en masse et que les discours identitaires &#233;crasent la contestation sociale, des collectifs se mobilisent pour d&#233;noncer les potentats qui tiennent le pays, ou pallier leur incurie. Du local d'une association &#233;colo &#224; l'accueil de jour tenu par un collectif de soutien aux exil&#233;s, en passant par un centre culturel autog&#233;r&#233;, balade dans un Sarajevo en r&#233;sistance, solidaire et antifasciste. Le 23 novembre dernier, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no205-janvier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;205 (janvier 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jeanne-Frank-17884" rel="tag"&gt;Jeanne Frank&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Interminable apr&#232;s-guerre en Bosnie-Herz&#233;govine. Tandis que la population s'exile en masse et que les discours identitaires &#233;crasent la contestation sociale, des collectifs se mobilisent pour d&#233;noncer les potentats qui tiennent le pays, ou pallier leur incurie. Du local d'une association &#233;colo &#224; l'accueil de jour tenu par un collectif de soutien aux exil&#233;s, en passant par un centre culturel autog&#233;r&#233;, balade dans un Sarajevo en r&#233;sistance, solidaire et antifasciste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;211&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200bosnie2_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/1200bosnie2_resultat-103b4.jpg?1782959585' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Sarajevo, 14 octobre 2018. Plus de vingt ans apr&#232;s la &#64257;n du con&#64258;it arm&#233; et les accords de Dayton, la guerre reste omnipr&#233;sente dans le paysage : un mur d'immeuble cribl&#233; d'impacts de balles.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Jeanne Frank
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 23 novembre dernier, des milliers de mineurs d&#233;barquent de toute la F&#233;d&#233;ration de Bosnie-Herz&#233;govine pour camper devant le si&#232;ge du gouvernement, &#224; Sarajevo. Couverte de dettes, l'EDF locale, Elektroprivreda BiH, a d&#233;cid&#233; de r&#233;duire leur salaire de 850 &#224; 570 marks convertibles (de 425 &#224; 285 euros) et de supprimer leurs cotisations retraite. Les habitants se relaient pour apporter caf&#233;, th&#233;, nourriture et couvertures aux gr&#233;vistes. Mais dans l'hiver saraj&#233;vien, la nuit est longue : le lendemain, les mineurs plient bagage et poursuivent la gr&#232;ve chez eux. M&#234;me si l'&#233;lectricit&#233; du pays d&#233;pend largement du charbon dont les r&#233;serves sont au plus bas, la population adh&#232;re massivement au mouvement. Et &#231;a marche. Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, l'affaire est pli&#233;e : la quasi-totalit&#233; des revendications des mineurs sont satisfaites&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les articles du Courrier des Balkans, notamment &#171; Bosnie-Herz&#233;govine : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des soutiens dessine une dr&#244;le d'intersectionnalit&#233; en mode spontan&#233;. Revendiquant l'exemple du syndicat Lesbians and Gays Support the Miners, actif durant la gr&#232;ve des mineurs britanniques en 1984-1985 &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le film Pride de Matthew Marcus (2014) retrace cette histoire.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, les militants de la Marche des fiert&#233;s se rangent derri&#232;re les mineurs : en tant que &#171; &lt;i&gt;collectif antifasciste&lt;/i&gt; &#187;, ils estiment &#171; &lt;i&gt;la question des droits des travailleurs indissociable de celles pour lesquelles [ils se] battent&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;(voir encadr&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;2)&lt;/i&gt;. Les membres du squat DKC Sarajevo, centre culturel autog&#233;r&#233;, sont eux aussi de la partie. Ceux de Kompas 071, un collectif de soutien aux migrants, apportent des couvertures aux mineurs. Un peu plus surprenant, l'association &#233;cologiste Eko Akcija soutient &#233;galement le mouvement. Invit&#233;e &#224; la t&#233;l&#233;vision locale, Svjetlana Nedimovi&#263;, chercheuse en sciences politiques et militante de l'association, explique les raisons d'un ralliement pas si paradoxal : &#171; &lt;i&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique est in&#233;vitable, ici comme ailleurs. Mais la question n'est pas seulement de sauver la plan&#232;te, il s'agit aussi que les gens vivent mieux. La cause des probl&#232;mes &#233;cologiques, ce n'est pas l'humanit&#233;, mais ce qu'on appelle le capitalisme, qui a pour but le profit et exploite les gens aussi bien que la nature.&lt;/i&gt; &#187; Au mur du local d'Eko Akcija, le slogan de la r&#233;sistance communiste yougoslave : &#171; &lt;i&gt;Mort au fascisme, libert&#233; pour le peuple&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un slogan f&#233;d&#233;rateur qui a sem&#233; des graines : aujourd'hui, sur les questions sociales et contre les &#233;lites locales, l'union s'impose souvent comme une &#233;vidence. Depuis la fin de la guerre qui a d&#233;chir&#233; le pays de 1992 &#224; 1995, les institutions bosniennes g&#232;rent la mis&#232;re au gr&#233; des int&#233;r&#234;ts des partis nationalistes bosniaque, croate et serbe, qui se partagent le pays comme un morceau de gibier &lt;i&gt;(voir carte et encadr&#233; 1)&lt;/i&gt; et d&#233;tournent la frustration populaire en entretenant la m&#233;fiance et les ranc&#339;urs entre communaut&#233;s. Le salaire minimum n'atteint pas les 200 euros, soit le loyer d'un petit appartement &#224; Sarajevo. Les emplois publics sont mieux pay&#233;s (et plus r&#233;guli&#232;rement), mais inaccessibles sans le piston d'un parti. D&#233;go&#251;t&#233;s, les habitants &#233;migrent en masse, par familles enti&#232;res. Les premiers chiffres viennent de tomber pour 2021 : pas moins de 170 000 personnes, soit plus de 5 % de la population, seraient parties cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; avec les exil&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s regardent leur population partir avec la m&#234;me indiff&#233;rence qu'elles voient les exil&#233;s arriver. Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur du canton de Sarajevo n'a tout simplement jamais r&#233;pondu aux tentatives de prise de contact du collectif Kompas 071, qui a ouvert &#224; l'automne 2020 un accueil de jour pour les migrants. Pas tr&#232;s &#233;tonnant, si l'on consid&#232;re que les deux camps de r&#233;fugi&#233;s de la r&#233;gion de Sarajevo &#8211; de m&#234;me que le camp de Lipa, dans le canton d'Una-Sana, &#224; la fronti&#232;re croate &#8211; sont g&#233;r&#233;s par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence de l'ONU, sans participation gouvernementale. Les besoins sont pourtant &#233;normes, explique Ines Tanovi&#263;, membre de Kompas. En effet, depuis 2018, la route des r&#233;fugi&#233;s traverse fr&#233;quemment la Bosnie-Herz&#233;govine. Sarajevo est devenu un important lieu de transit pour les migrants qui arrivent de Serbie et du Mont&#233;n&#233;gro, dont beaucoup pr&#233;f&#232;rent passer l'hiver en ville avant de reprendre la route vers la Croatie. Ce sont ainsi plusieurs centaines de personnes, venues de partout, &#224; qui Kompas offre la possibilit&#233; de prendre une douche chaude, de faire une lessive, de consulter leurs mails, de recevoir des soins de base voire un soutien psychologique ou de r&#233;cup&#233;rer des v&#234;tements pour l'hiver (et &#171; &lt;i&gt;de les choisir&lt;/i&gt; &#187;, insiste Ines, &#171; &lt;i&gt;c'est important pour la dignit&#233; des personnes&lt;/i&gt; &#187;). Ou tout simplement de prendre un caf&#233; ou un th&#233; au chaud sur fond de coup&#233;-d&#233;cal&#233;. Pour g&#233;rer tout &#231;a, Kompas ne peut compter que sur le temps et l'&#233;nergie d'une poign&#233;e de b&#233;n&#233;voles, sur des dons et soutiens priv&#233;s ainsi que sur l'aide d'organisations militantes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;624&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200bosnie1_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/1200bosnie1_resultat-6c42b.jpg?1782959585' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Vu&#269;jak, 24 septembre 2019. Jusqu'&#224; sa fermeture d&#233;cid&#233;e sous la pression de l'Union europ&#233;enne en d&#233;cembre 2019, le camp de Vu&#269;jak &#233;tait situ&#233; dans le canton d'Una-Sana, au nord-ouest de la Bosnie-Herz&#233;govine, &#224; quelques kilom&#232;tres de la fronti&#232;re croate. Des milliers de migrants se sont retrouv&#233;s coinc&#233;s dans ce camp informel, install&#233; sur une ancienne d&#233;charge chimique, entour&#233; par des champs min&#233;s. Le site &#233;tait jug&#233; &#171; inappropri&#233; &#224; l'accueil d'&#234;tres humains &#187; par les ONG : il n'y avait pas assez de lits et de nourriture ; pas d'eau potable, pas d'&#233;lectricit&#233; et aucune aide m&#233;dicale.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Jeanne Frank
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est peut-&#234;tre une bonne chose que le gouvernement nous ignore&lt;/i&gt; &#187;, lance pourtant Ines. Il y a en effet un avantage : un peu circonspects au d&#233;part, les pandores ne passent plus qu'une fois par jour &#171; &lt;i&gt;pour demander si tout va bien&lt;/i&gt; &#187;. La police aux fronti&#232;res, moins placide, reconduit r&#233;guli&#232;rement les r&#233;fugi&#233;s en vadrouille dans les camps, d'o&#249; ils repartent aussit&#244;t. Malgr&#233; quelques rares t&#233;moignages de violences, un jeune Alg&#233;rien en transit, rencontr&#233; dans le local de Kompas, le reconna&#238;t franchement : &#171; &lt;i&gt;Entrer en Bosnie-Herz&#233;govine, c'est tr&#232;s facile&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revers de la m&#233;daille, l'incurie du gouvernement central laisse libre cours aux pires d&#233;rives locales. En Republika Srpska, l'&#171; entit&#233; &#187; serbe du pays, le potentat ultranationaliste Milorad Dodik a d&#233;clar&#233; les migrants &lt;i&gt;person&#230; non grat&#230;&lt;/i&gt; sur son territoire. Ilma &#268;osi&#263;, b&#233;n&#233;vole de Kompas, raconte que, si leur pr&#233;sence est tol&#233;r&#233;e &#224; la gare de Banja Luka, la capitale, pour changer de bus ou de train, ceux qui se font gauler &#224; la fronti&#232;re sont conduits en bus sur le territoire de la F&#233;d&#233;ration, qui n'a qu'&#224; se d&#233;merder. Probl&#232;me : dans la F&#233;d&#233;ration, les autorit&#233;s locales sont laiss&#233;es sans ressources. D&#233;bord&#233;, le canton d'Una-Sana, principale voie de transit, multiplie les mesures vexatoires contre les r&#233;fugi&#233;s : interdiction de se loger et d'utiliser les transports publics ainsi que d'occuper l'espace public. &#171; &lt;i&gt;Ces mesures sont &#233;videmment ill&#233;gales et contraires &#224; la Constitution, qui garantit la libert&#233; de circulation&lt;/i&gt; &#187;, rappelle Ines. Les habitants solidaires sont pour leur part punis d'amendes, quand d'autres se goinfrent en transportant ou en logeant les migrants &#224; prix d'or. L&#224; encore, le gouvernement central est aux abonn&#233;s absents.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fendre les rivi&#232;res &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les autorit&#233;s n'assurent d&#233;j&#224; pas le minimum pour les humains, elles affichent envers la protection de l'environnement un d&#233;sint&#233;r&#234;t absolu. Lass&#233;s de boxer dans du chewing-gum, les militants &#233;cologistes n'ont donc d'autre recours que d'aller au clash. L'association Eko Akcija, qui a soutenu les mineurs gr&#233;vistes, s'est ainsi fait une sp&#233;cialit&#233; des mobilisations virulentes. Svjetlana Nedimovi&#263; assume sans ciller cette dimension de la lutte : &#171; &lt;i&gt;Le pouvoir ne r&#233;agit que sous le coup de la peur. Tant qu'il ne tremble pas, il ne fait strictement rien.&lt;/i&gt; &#187; Pour preuve, le succ&#232;s d'un combat r&#233;cent contre un fl&#233;au qui ravage les Balkans : un projet d'implantation d'une microcentrale hydro&#233;lectrique sur la rivi&#232;re Neretvica. &#171; &lt;i&gt;Les gens ont dit : &#8220;Pour chaque goutte d'eau que vous prendrez, on vous prendra une goutte de sang.&#8221; Alors &#233;videmment, on nous reproche des menaces de violences. Mais c'est un juste retour des choses&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume la militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les microcentrales sont embl&#233;matiques de la mani&#232;re dont s'articule la question environnementale en Bosnie-Herz&#233;govine. Au pr&#233;texte de la transition &#233;nerg&#233;tique, des centaines de projets de barrages ont &#233;t&#233; lanc&#233;s, concernant potentiellement toutes les rivi&#232;res du pays. &#171; &lt;i&gt;Ce sont de petits investissements, &lt;/i&gt;explique Anes Podi&#263;, d'Eko Akcija, &lt;i&gt;rentables &#224; une &#233;ch&#233;ance de 4, 5 ans seulement, tandis que les concessions sont donn&#233;es pour 30, 50, voire 100 ans, pendant lesquels l'&#201;tat s'engage &#224; racheter l'&#233;lectricit&#233; au tarif maximum.&lt;/i&gt; &#187; Menaces directes sur le bien commun, mais aussi vecteur privil&#233;gi&#233; de corruption, ces centrales ont cristallis&#233; le ressentiment des habitants d'un bout &#224; l'autre des Balkans. Les combats locaux, acharn&#233;s, obtiennent assez souvent gain de cause et font boule de neige. En juin 2020, la F&#233;d&#233;ration de Bosnie-Herz&#233;govine a ainsi vot&#233; un moratoire sur la construction de nouvelles centrales, imit&#233; en f&#233;vrier 2021 par la Republika Srpska. Vigilantes, des associations de tous les Balkans se sont f&#233;d&#233;r&#233;es l'&#233;t&#233; dernier en une organisation transfrontali&#232;re, Odbranimo Ri(je)ke Balkana (&#171; D&#233;fendons les rivi&#232;res des Balkans &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Le pouvoir ne r&#233;agit que sous le coup de la peur. Tant qu'il ne tremble pas, il ne fait strictement rien. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si plus personne ici ne croit &#224; une adh&#233;sion &#224; court ou moyen terme, le m&#233;canisme &#171; de stabilisation et d'association &#187; qui lie la Bosnie-Herz&#233;govine &#224; l'Union europ&#233;enne impose en th&#233;orie au pays le respect d'un certain nombre de normes. Mais la tutelle europ&#233;enne est &#224; double tranchant. Sur le terrain, ses directives vont g&#233;n&#233;ralement dans le sens de la lib&#233;ralisation et de la privatisation des biens communs, et de projets d'infrastructure surdimensionn&#233;s, con&#231;us sur le mode bureaucratique cher aux fonctionnaires bruxellois. &#171; &lt;i&gt;L'Union europ&#233;enne nous a fait construire une autoroute puis impos&#233; une taxe sur le carburant afin de rembourser la dette contract&#233;e pour la financer&#8230; Mais la Bosnie n'avait pas besoin d'autoroute et, entre le p&#233;age et l'essence, les gens n'ont pas les moyens de l'utiliser&lt;/i&gt; &#187;, affirme Anes Podi&#263;, qui ajoute, grin&#231;ant : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;lites locales d&#233;veloppent volontiers ce genre de projets, car ils permettent de d&#233;tourner facilement de l'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Couverte de for&#234;ts (dont la Peru&#263;ica, l'une des derni&#232;res for&#234;ts primaires d'Europe), travers&#233;e de rivi&#232;res somptueuses, la Bosnie-Herz&#233;govine est aussi l'un des pays au monde dont le territoire est le moins prot&#233;g&#233; : seuls 2,6 % de la superficie font l'objet de mesures de sauvegarde. La liste des combats d'Eko Akcija para&#238;t donc sans fin. Un tiers du pays ne conna&#238;t aucune forme de gestion des d&#233;chets, qui s'entassent dans des d&#233;charges sauvages. &#192; cause de la quasi-absence de transports publics et de contr&#244;le des &#233;missions des voitures, la pollution de l'air atteint des niveaux record &#8211; notamment en hiver, une grande partie de la population se chauffant au charbon de bois. Dans la ville industrielle de Zenica, &#224; 70 km au nord de Sarajevo, le nombre de cancers explose &#224; l'ombre de l'immense usine sid&#233;rurgique d'ArcelorMittal. Pourtant, les corps d'inspection (lorsqu'ils existent) et la justice &#8211; soumis au m&#234;me recrutement client&#233;liste que le reste de l'administration &#8211; brillent par leur inaction. Dans ce domaine comme les autres, les potentats locaux se baladent. En novembre 2020, l'&#201;tat central a ainsi assist&#233;, impuissant, &#224; la signature (ill&#233;gale) d'un accord entre la Republika Srpska et la Serbie sur la construction d'un barrage sur la Drina, la rivi&#232;re frontali&#232;re ; et, tout r&#233;cemment, &#224; la mise en service d'un gazoduc (ill&#233;gal aussi) reliant la raffinerie de Brod, &#233;galement en Republika Srpska, &#224; la Croatie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un lieu &#224; soi&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un &#201;tat d&#233;missionnaire et &#224; la n&#233;cessit&#233; de pallier ses manquements, le financement des associations et des ONG par l'Occident g&#234;ne de plus en plus de militants, exasp&#233;r&#233;s de voir des milliards se d&#233;verser en pure perte et nourrir une classe de parasites surentra&#238;n&#233;s &#224; r&#233;pondre aux appels &#224; projet sous l'&#233;gide d'expats donneurs de le&#231;ons. Pas de raisons, pour autant, de refuser l'appui de petites associations europ&#233;ennes. L'&#233;t&#233; dernier, un collectif d'une quinzaine de personnes, &#233;tudiants et jeunes travailleurs s'est ainsi r&#233;uni autour de l'association belge Toestand, qui a d&#233;barqu&#233; avec une centaine de b&#233;n&#233;voles : le centre culturel autog&#233;r&#233; DKC, lui aussi solidaire des mineurs gr&#233;vistes, &#233;tait sur les rails. &#171; &lt;i&gt;J'ai commenc&#233; &#224; aller &#224; l'&#233;cole pendant la guerre, &lt;/i&gt;raconte &#208;ana, du DKC. &lt;i&gt;D&#232;s qu'un projet se pr&#233;sente, les gens de ma g&#233;n&#233;ration voient d'abord les obstacles. L&#224;, on s'est trouv&#233;s face &#224; des personnes qui foncent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soutien tombait d'autant mieux que le besoin d'espaces ind&#233;pendants est vital, le Covid ayant eu raison des derniers lieux culturels que le marasme &#233;conomique n'avait pas essor&#233;s. Apr&#232;s l'arriv&#233;e des b&#233;n&#233;voles de Toestand, en quelques jours, un skatepark est am&#233;nag&#233; &#224; Ilid&#382;a, dans la banlieue de Sarajevo&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article &#171; Sarajevo : des jeunes de tous les Balkans se r&#233;approprient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, et un b&#226;timent du campus de l'universit&#233;, &#224; l'abandon depuis la guerre, est r&#233;quisitionn&#233;. En un rien de temps, ce vaste hangar est nettoy&#233;, retap&#233;, sommairement isol&#233; au moyen de b&#226;ches permettant de r&#233;duire la hauteur sous plafond et donc le volume &#224; chauffer. Depuis, le DKC est ouvert chaque samedi. Le groupe investi dans le squat culturel s'&#233;toffe lentement, mais il s'agit d'abord d'apprendre &#224; se conna&#238;tre et de s'approprier l'endroit. Le 11 d&#233;cembre, un premier concert a attir&#233; 200 &#224; 300 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mi-d&#233;cembre, le rectorat a fait savoir au DKC qu'il fallait &#233;vacuer les lieux dans la semaine, le b&#226;timent devant &#234;tre d&#233;truit d&#233;but 2022 pour laisser place &#224; une nouvelle extension. L'&#233;quipe ne panique pas vraiment : d'ici &#224; ce que les travaux commencent pour de vrai, de l'eau aura coul&#233; sous les ponts. Au niveau du canton de Sarajevo, la victoire en 2018 du parti non nationaliste Na&#353;a Stranka (&#171; Notre parti &#187;), soucieux de donner une image moderne, a sans aucun doute chang&#233; la donne. Si des exp&#233;riences pr&#233;c&#233;dentes avaient &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;es sans m&#233;nagements, d&#233;sormais les flics ne se d&#233;placent plus quand l'universit&#233; appelle, et interviennent au contraire aupr&#232;s des gardiens du campus pour qu' &#187; &lt;i&gt;ils foutent la paix aux jeunes et les laissent s'amuser&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet apr&#232;s-midi de d&#233;cembre, tandis qu'on se r&#233;chauffe les mains sur un gobelet de vin chaud devant un petit chauffage &#224; gaz, tout le monde dit la m&#234;me chose : si on veut que quelque chose existe ici, il faut le faire soi-m&#234;me. Car ceux qui sont l&#224; &#8211; dont certains n&#233;s en exil, ou ont grandi &#224; l'&#233;tranger &#8211; ne veulent pas quitter leur pays, cette Bosnie-Herz&#233;govine h&#233;riti&#232;re d'une tradition multiculturelle et antifasciste, &#224; laquelle les nationalistes du si&#232;cle dernier ont bien failli faire la peau.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Laurent Perez&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1/ La Bosnie-Herz&#233;govine en bref&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_4282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200cartebosnie_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/1200cartebosnie_resultat-b8614.jpg?1782959585' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Carte C&#233;cile Kiefer
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis les accords de paix de Dayton qui ont mis fin &#224; la guerre de 1992-1995, la Bosnie-Herz&#233;govine est un &#201;tat divis&#233; en deux &#171; entit&#233;s &#187; quasi ind&#233;pendantes l'une de l'autre : la F&#233;d&#233;ration de Bosnie-Herz&#233;govine (FBiH), surtout peupl&#233;e de Bosniaques et de Croates, et la Republika Srpska (RS), &#224; majorit&#233; serbe. Ces trois peuples partagent la m&#234;me langue (&#171; serbo-croate &#187;), mais sont de confession diff&#233;rente : les Bosniaques sont musulmans, les Croates catholiques et les Serbes orthodoxes. &#171; Bosnien &#187; d&#233;signe les habitants de la Bosnie-Herz&#233;govine ind&#233;pendamment de leur appartenance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la t&#234;te de l'&#201;tat central, une pr&#233;sidence coll&#233;giale et un parlement, repr&#233;sentatifs des trois &#171; peuples constitutifs &#187;, g&#232;rent la politique ext&#233;rieure, une partie de la fiscalit&#233; et la d&#233;fense. Une discorde chronique entre partis nationalistes condamne ces institutions d&#233;j&#224; peu puissantes &#224; un blocage quasi permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FBiH est divis&#233;e en dix cantons, dont chacun poss&#232;de son propre gouvernement en charge de la police, de l'enseignement, de la culture, du logement, des services publics&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais, au sein m&#234;me de la FBiH, les zones majoritairement croates sont &#233;troitement contr&#244;l&#233;es par le parti ultranationaliste HDZ et son leader Dragan &#268;ovi&#263;, qui exige une r&#233;forme &#233;lectorale en sa faveur et la cr&#233;ation d'une troisi&#232;me &#171; entit&#233; &#187; croate. Sauf pr&#233;cision, il n'est question dans ce texte que des r&#233;gions de la FBiH &#224; majorit&#233; bosniaque, o&#249; r&#232;gne un certain pluralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La RS subit quant &#224; elle le r&#233;gime autoritaire et kleptocratique de l'ultranationaliste Milorad Dodik, qui agite des menaces de s&#233;cession de plus en plus pr&#233;cises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2/ La communaut&#233; LGBTQIA+ brise le silence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autre combat, autres emb&#251;ches : pour les membres de la communaut&#233; LGBTQIA+&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui d&#233;signe les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; en lutte pour leurs droits, et dont une partie a &#233;galement soutenu le mouvement des mineurs de novembre dernier, le quotidien n'est pas rose. L'homosexualit&#233; n'est plus ill&#233;gale en Bosnie-Herz&#233;govine depuis plus de vingt ans, mais les personnes LGBT restent massivement rejet&#233;es par la soci&#233;t&#233;. Imane Bellaadem, du collectif qui organise la Marche des fiert&#233;s, insiste sur la question de la vie quotidienne : &#171; &lt;i&gt;Sortir du placard, &lt;/i&gt;explique-t-elle,&lt;i&gt; c'est courir le risque de subir une th&#233;rapie de conversion, d'&#234;tre exclu de sa famille ou de perdre son emploi ; un geste de tendresse dans l'espace public, c'est s'exposer &#224; celui d'&#234;tre agress&#233; violemment. Aucun lieu, dans le pays, ne permet aux gens de se rencontrer en toute s&#233;curit&#233; &#8211; sans parler de se toucher ou de s'embrasser. &#187;&lt;/i&gt; La situation para&#238;t si d&#233;sesp&#233;r&#233;e que les concern&#233;s l&#226;chent souvent l'affaire et se replient dans la sph&#232;re priv&#233;e, confirmant malgr&#233; eux l'opinion populaire selon laquelle &#171; &#231;a n'existe pas chez nous &#187;. La visibilit&#233; est donc un enjeu &#233;norme, que le gouvernement du canton de Sarajevo commence &#224; entendre. Si pour la premi&#232;re Marche en 2019, le comit&#233; d'organisation avait d&#251; recourir &#224; une entreprise de s&#233;curit&#233; priv&#233;e&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet &#171; Un arc-en-ciel &#224; Sarajevo &#187;, CQFD n&#176; 180 (octobre 2019).&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; (avant que des forces de l'ordre anti-&#233;meutes ne viennent en renfort face &#224; l'ampleur du cort&#232;ge), cette ann&#233;e, le canton s'est r&#233;solu &#224; assurer la s&#233;curit&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir les articles du &lt;i&gt;Courrier des Balkans&lt;/i&gt;, notamment &lt;a href=&#034;https://www.courrierdesbalkans.fr/Bosnie-Herzegovine-la-revolte-des-mineurs-de-charbon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Bosnie-Herz&#233;govine : la r&#233;volte des mineurs de charbon &#187;&lt;/a&gt; (24/11/2021),&lt;a href=&#034;https://www.courrierdesbalkans.fr/Bosnie-Herzegovine-les-citoyens-solidaires-mineurs-en-greve&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Bosnie-Herz&#233;govine : les citoyens solidaires des mineurs en gr&#232;ve &#187;&lt;/a&gt; (29/11/2021) et &lt;a href=&#034;https://www.courrierdesbalkans.fr/Bosnie-Herzegovine-les-mineurs-obtiennent-gain-de-cause&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Bosnie-Herz&#233;govine : les mineurs obtiennent gain de cause et reprennent le travail &#187;&lt;/a&gt; (02/12/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le film &lt;i&gt;Pride&lt;/i&gt; de Matthew Marcus (2014) retrace cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article &lt;a href=&#034;https://www.courrierdesbalkans.fr/A-Sarajevo-des-collectifs-de-jeunes-rehabilitent-des-lieux-abandonnes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Sarajevo : des jeunes de tous les Balkans se r&#233;approprient les friches urbaines &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le Courrier des Balkans &lt;/i&gt;(01/09/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui d&#233;signe les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Un-arc-en-ciel-a-Sarajevo' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Un arc-en-ciel &#224; Sarajevo &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 180 (octobre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;n&#233;ration perdue</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Generation-perdue</link>
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		<dc:date>2012-11-05T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>le Cresadt, Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>pays</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis la fin de la guerre en 1995, la Bosnie-Herz&#233;govine tente de se trouver un avenir entre multiculturalisme, sir&#232;nes du march&#233; et recherche d'une identit&#233; commune. De jeunes Bosniens nous livrent quelques fragments de ce petit bout d'Europe d&#233;chir&#233;. &#171; On n'a aucun imaginaire commun qui nous r&#233;unit &#187;, d&#233;plore Medhi. &#171; Les accords de Dayton ont compl&#232;tement fig&#233; le pays. &#187; Les accords de Dayton, sign&#233;s fin 1995, sont ceux qui ont mis fin au conflit qui ravageait la Bosnie depuis trois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bosnie" rel="tag"&gt;Bosnie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-y" rel="tag"&gt;n'y&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/imaginaire-commun" rel="tag"&gt;imaginaire commun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deplore-Medhi" rel="tag"&gt;d&#233;plore Medhi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dayton" rel="tag"&gt;Dayton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sarajevo" rel="tag"&gt;Sarajevo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin de la guerre en 1995, la Bosnie-Herz&#233;govine tente de se trouver un avenir entre multiculturalisme, sir&#232;nes du march&#233; et recherche d'une identit&#233; commune. De jeunes Bosniens nous livrent quelques fragments de ce petit bout d'Europe d&#233;chir&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On n'a aucun imaginaire commun qui nous r&#233;unit &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Medhi. &lt;i&gt;&#171; Les accords de Dayton ont compl&#232;tement fig&#233; le pays. &#187;&lt;/i&gt; Les accords de Dayton, sign&#233;s fin 1995, sont ceux qui ont mis fin au conflit qui ravageait la Bosnie depuis trois ans. Il fallait arr&#234;ter au plus vite le carnage en donnant le plus d'autonomie possible aux diff&#233;rentes entit&#233;s bosniennes qui composent le pays, poussant l'absurdit&#233; &#224; cr&#233;er un territoire serbe (de religion orthodoxe) et un territoire croato-bosniaque (catholique et musulman) avec chacun sa Constitution, son gouvernement&#8230; &lt;i&gt;&#171; Et pour chapeauter le tout, on a une pr&#233;sidence coll&#233;giale et un repr&#233;sentant des Nations unies qui peut annuler toute d&#233;cision du gouvernement ou du Parlement ! &#187;&lt;/i&gt;, balance Mehdi. Mehdi a 28 ans et habite Biha&#263;, petite ville perdue &#224; l'extr&#234;me ouest du pays, o&#249;, &#224; part se baigner dans la rivi&#232;re Una et boire des pintes au bar, la morosit&#233; est de mise. Mohamed Mevi&#263; et son fr&#232;re Medla, la trentaine chacun, tiennent quant &#224; eux le Leglo, rare rade du coin qui ne balance pas &#224; plein tube de la turbo-folk&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;lange improbable de folklore bosniaque accord&#233;onesque et de techno.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; :&lt;i&gt; &#171; Il n'y a rien &#224; faire dans le pays et je ne te parle pas que du ch&#244;mage ! insiste Medla. On n'arr&#234;te pas de rappeler &#224; notre g&#233;n&#233;ration qu'on &#233;tait adolescents pendant la guerre, qu'on ne peut pas comprendre son lot de sacrifices et de morts et que, du coup, on ne doit pas trop la ramener. Les politiques et les m&#233;dias nous culpabilisent sans cesse pour qu'on n'ouvre pas notre gueule. Il n'y pas de place pour notre g&#233;n&#233;ration en Bosnie, on est cens&#233; baisser la t&#234;te et dire &#8220;on n'a pas souffert et on n'a pas combattu, d&#233;sol&#233;&#8230;'' &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les deux frangins d&#233;ballent vite leurs histoires de fuite dans la for&#234;t,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_458 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/cresadt_yougoslavie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH423/cresadt_yougoslavie-371ec.jpg?1782676161' width='500' height='423' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par le CRESADT
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;d'&#233;changes de populations civiles contre miliciens serbes et autres anecdotes sordides. Pour Mohammed,&lt;i&gt; &#171; on est devenu un anti pays. Regarde ce paquet de clopes, il est marqu&#233; trois fois &#8220;Pu&#353;enje ubija'', &#171; Fumer tue &#187;, parce que c'est en bosniaque, en croate et en serbe, les trois entit&#233;s du pays. C'est ridicule, mais ici on va te dire que ce n'est pas la m&#234;me langue. Notre hymne national, il a &#233;t&#233; compos&#233; par l'Union europ&#233;enne et il n'y pas de paroles, histoire qu'il n'y ait pas d'embrouilles&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En descendant au Leglo, Isan, jeune militant antifasciste raconte que &lt;i&gt;&#171; en tant qu'antifa ici, on a du boulot ! Les politiques jouent sur les clivages communautaires et c'est de plus en plus les partis populistes et nationalistes qui gagnent les &#233;lections. &#187;&lt;/i&gt; En t&#233;moigne le nouveau et tr&#232;s ambitieux ministre de l'Int&#233;rieur, Fahrudin Radon&#269;i&#263;, businessman et magnat de la presse qui flirte avec la mafia&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://balkans.courriers.info/artic....&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et se revendique ouvertement comme un nouveau Berlusconi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Medhi et beaucoup d'autres de sa g&#233;n&#233;ration la solution ne semble pas simple : &lt;i&gt;&#171; Il faudrait qu'on entre dans l'Union europ&#233;enne mais notre &#233;conomie est sous perfusion et ravag&#233;e par la corruption. Et puis je ne sais pas ! Si c'est pour finir comme la Croatie ou le Mont&#233;n&#233;gro, envahis par les complexes h&#244;teliers et les touristes&#8230; Regarde Sarajevo aujourd'hui ! &#187;&lt;/i&gt; En effet, &#224; Sarajevo, l'ancien quartier turc Ba&#353;&#269;ar&#353;ija est constell&#233; d'&#233;choppes vendant souvenirs en toc et balles de 9 millim&#232;tres en porte-cl&#233;s. Les guides touristiques proposent des balades sur l'ancienne &#171; Sniper Alley &#187;, boulevard sinistrement c&#233;l&#232;bre pour ses tireurs embusqu&#233;s pendant le si&#232;ge de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, &#224; la fin du ramadan, l'eau-de-vie et la bi&#232;re coulent &#224; flot dans le garage de Selim, le plus grand des fr&#232;res Mevi&#263;. Il accueille ce soir la famille au complet. Un vieil oncle raconte que &lt;i&gt;&#171; musulmans, croates ou serbes, on vivait tous ensemble et &#231;a depuis des g&#233;n&#233;rations. Regarde ici, devant la mosqu&#233;e, il y a une &#233;glise. Il y avait aussi des mariages mixtes. Tu vas &#224; Sarajevo, il y a des mosqu&#233;es avec en face une synagogue et une &#233;glise orthodoxe. Et &#231;a marchait ! Et &#231;a marche encore ! C'est le go&#251;t du pouvoir des dirigeants qui a entra&#238;n&#233; cette guerre o&#249; ton voisin &#233;tait devenu ton pire ennemi. Mais maintenant c'est trop tard : ou il faudra beaucoup de temps ou on finira en deux pays diff&#233;rents ! &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois religions, trois cultures, deux pays diff&#233;rents&#8230; C'est l'id&#233;e, nagu&#232;re tabou, que certains commencent &#224; envisager comme solution pour que la Bosnie sorte enfin des crises politiques internes. Ce fragment d'Europe o&#249;, malgr&#233; les d&#233;chirements et cons&#233;quences irr&#233;versibles de la guerre, se c&#244;toient dans un joyeux pataqu&#232;s, cultures slave et latine, influences ottomane et austro-hongroise, islam et christianisme, socialisme yougoslave et &#233;conomie de march&#233;, m&#233;riterait un meilleur destin. Paddy Ashdown, lui m&#234;me Nord-Irlandais et ancien haut-repr&#233;sentant des Nations unies en Bosnie-Herz&#233;govine de 2002 &#224; 2006, est plus d&#233;sabus&#233; encore : &lt;i&gt;&#171; Le pays est en train de se transformer en trou noir. C'est tragique, car il aurait pu &#234;tre le symbole de ce que pourrait &#234;tre l'Europe&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#233;lange improbable de folklore bosniaque accord&#233;onesque et de techno.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://balkans.courriers.info/article20144.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://balkans.courriers.info/artic...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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