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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Perpignan, ville en morceaux</title>
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		<dc:creator>Mathilde Offroy</dc:creator>


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&lt;p&gt;Aux derni&#232;res municipales, Perpignan est devenue, vingt-cinq ans apr&#232;s Toulon, la premi&#232;re ville de plus de 100 000 habitant.es &#224; basculer dans l'escarcelle du Rassemblement national. Sit&#244;t &#233;lu, le nouveau maire a commenc&#233; &#224; imprimer sa marque s&#233;curitaire. Comment le candidat frontiste est-il parvenu &#224; s'imposer dans la cit&#233; catalane, territoire de passages et d'&#233;changes, qui en font une ville cosmopolite ? Quels espoirs de r&#233;sistance aujourd'hui ? Tentative de r&#233;ponses, &#224; l'issue de cinq (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux derni&#232;res municipales, Perpignan est devenue, vingt-cinq ans apr&#232;s Toulon, la premi&#232;re ville de plus de 100 000 habitant.es &#224; basculer dans l'escarcelle du Rassemblement national. Sit&#244;t &#233;lu, le nouveau maire a commenc&#233; &#224; imprimer sa marque s&#233;curitaire. Comment le candidat frontiste est-il parvenu &#224; s'imposer dans la cit&#233; catalane, territoire de passages et d'&#233;changes, qui en font une ville cosmopolite ? Quels espoirs de r&#233;sistance aujourd'hui ? Tentative de r&#233;ponses, &#224; l'issue de cinq jours sur place &#224; parcourir la ville et rencontrer des militant.es associatifs et anticapitalistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3499 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1655-74c5d.jpg?1780144449' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Quartier Saint-Jacques, Perpignan, &#233;t&#233; 2016.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Denis Meyer
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 28 juin dernier, Louis Aliot a remport&#233; le second tour des municipales avec 59,03 % des suffrages face au maire sortant Les R&#233;publicains (LR) Jean-Marc Pujol. Cette victoire n'est pas une surprise : en 2014 d&#233;j&#224;, le frontiste &#233;tait arriv&#233; en t&#234;te au premier tour, et Pujol n'avait d&#251; sa r&#233;&#233;lection qu'au ralliement des autres listes et &#224; la mobilisation d'une partie des abstentionnistes. Cette fois, le &#171; barrage r&#233;publicain &#187; n'a pas suffi.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entre cloisonnement et effritement&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le centre de Perpignan a toujours &#233;t&#233; un myst&#232;re pour moi. Impossible, pour la visiteuse que je suis, d'en dessiner une carte mentale claire. Hors des axes familiers, je t&#226;tonne dans les rues &#233;troites et m'&#233;tonne de mes trajectoires. Au premier abord, on peut &#234;tre frapp&#233;&#183;e par l'image d'un centre-ville en d&#233;sh&#233;rence, dans lequel s'&#233;tirent d'anciennes rues commerciales d&#233;sertes, jalonn&#233;es de devantures ferm&#233;es. Sur certaines, la m&#233;tropole a coll&#233; des photos d'int&#233;rieurs marchands t&#233;moins, mais cette tentative de redynamisation par le papier peint ne fait qu'ajouter &#224; une impression de tristesse fig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, le centre n'est pas le lieu de la bourgeoisie. En dehors de quelques rues cossues et de la place de la R&#233;publique r&#233;nov&#233;e sur laquelle s'&#233;talent des terrasses proprettes autour d'un march&#233; de producteurs, elle demeure invisible. Les classes ais&#233;es se concentrent dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques, se repliant dans des r&#233;sidences ferm&#233;es ou se d&#233;pliant dans un confortable p&#233;riurbain choisi. Elles laissent les pauvres entre eux, dans les quartiers populaires centraux ou rel&#233;gu&#233;s en proche bordure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perpignan est, aussi, une ville qui s'effondre. En 2006, 2009 et 2014, plusieurs immeubles se sont &#233;croul&#233;s dans les quartiers de Saint-Jacques et Saint-Mathieu. Un d&#233;faut d'entretien du b&#226;ti par des proprios prompts &#224; empocher des loyers, conjugu&#233; &#224; une inaction de la Ville, font du mal-logement une probl&#233;matique pr&#233;gnante &#8211; on estime &#224; 4 000 le nombre de logements insalubres dans le centre. Les rues portent les stigmates de l'effritement : &#233;tais de sout&#232;nement, d&#233;moli&#8202;tions en cours, immeubles dont ne subsistent que les fa&#231;ades, &#238;lots parsem&#233;s de dents creuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le centre, certains quartiers ne se traversent pas ; ils se contournent le long de fronti&#232;res, invisibles pour des yeux non initi&#233;s. Toutes les personnes rencontr&#233;es durant mon s&#233;jour affirment que ce cloisonnement s'est renforc&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Les quartiers se ferment.&lt;/i&gt; &#187; Perpignan est une ville marqu&#233;e par une forte s&#233;gr&#233;gation spatiale et les habitant.es s'y fr&#244;lent sans toujours se rencontrer. Cette image de populations fragment&#233;es, captives de territoires communautaris&#233;s, est omnipr&#233;sente dans les discours politiques et m&#233;diatiques : les Gitan.es de Saint-Jacques face aux Arabes de Saint-Mathieu, comme durant les &#233;meutes du printemps 2005 &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 29 mai 2005, &#224; la suite du meurtre d'un habitant de Saint-Mathieu, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un livre-dialogue&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Perpignan, laboratoire social et urbain, &#233;ditions de l'Aube, 2018.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; avec Jean-Paul Alduy, qui fut maire UMP de la ville de 1993 &#224; 2009, le sociologue Alain Tarrius nuance ces repr&#233;sentations. Il explique que, pour que le syst&#232;me client&#233;liste local fonctionne, les politiques ont besoin d'induire une immobilisation et un fractionnement des populations, celles-ci devenant alors le jouet de la concurrence entre la Ville et le conseil d&#233;partemental, historiquement &#224; gauche. Or, les habitant.es d&#233;veloppent des strat&#233;gies de contournement et de retournement de ces assignations. D'apr&#232;s Tarrius, si les &#233;changes entre populations semblent diminuer, cela ne dit pas grand-chose de leurs mobilit&#233;s r&#233;elles. Perpignan est une ville-&#233;tape, &#224; la fronti&#232;re de nombreux flux d'&#233;changes plus ou moins informels, une m&#233;tropole de la mondialisation entre pauvres, centrale dans les &#233;conomies souterraines.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une mairie bleu marine&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Territoire extr&#234;mement in&#233;galitaire, Perpignan se hisse au cinqui&#232;me rang des villes les plus pauvres de France. 32 % de ses habitant.es vivent sous le seuil de pauvret&#233; et le taux de ch&#244;mage atteint 85 % dans certains quartiers. Les associations, bien que nombreuses, sont d&#233;bord&#233;es, et font le constat d'une paup&#233;risation grandissante. Ornella, membre du Secours populaire, me confie que les demandes d'aide alimentaire ont augment&#233; de 30 % en 2019 et de 45 % cette ann&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Maintenant on voit m&#234;me des artisans venir chercher &#224; manger.&lt;/i&gt; &#187; Un appauvrissement d&#233;j&#224; visible avant la pand&#233;mie, et qui n'a fait qu'augmenter depuis le confinement. Les militantes associatives que je rencontre font le m&#234;me r&#233;cit d'une mis&#232;re sociale omnipr&#233;sente, et encha&#238;nent les histoires sordides dessinant la guerre entre pauvres qui fait rage. La situation &#233;tait d&#233;j&#224; au bord de l'implosion, et l'&#233;lection de Louis Aliot &#224; la mairie ne laisse rien pr&#233;sager de bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le vote Front national est historiquement fort &#224; Perpignan et dans la r&#233;gion, son candidat a d&#251;, pour se faire &#233;lire, nouer des alliances et conqu&#233;rir de nouveaux &#233;lectorats. Se pr&#233;sentant sans &#233;tiquette pour se distancier du RN, Louis Aliot s'est construit une image de notable du coin, figure respectable et pond&#233;r&#233;e. Tout en soignant son implantation locale, Aliot est parvenu &#224; se pr&#233;senter comme ext&#233;rieur aux pratiques vernaculaires de n&#233;potisme et de client&#233;lisme&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est une des raisons qui pourraient expliquer qu'il a r&#233;ussi &#224; capter une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Son programme, tr&#232;s ax&#233; sur la s&#233;cu&#8202;rit&#233;, diff&#233;rait peu de celui de Jean-Marc Pujol, le maire LR sortant. Son discours lib&#233;ral et rassembleur a su rassurer la bourgeoisie locale, de droite plut&#244;t r&#233;publicaine, lui permettant de rafler le vote des classes ais&#233;es p&#233;riph&#233;riques. Affichant volontiers sa proximit&#233; avec Robert M&#233;nard, le maire d'extr&#234;me droite de B&#233;ziers dont il prend l'action comme mod&#232;le, Aliot a n&#233;anmoins pris garde &#224; ne pas tomber dans la suren&#8202;ch&#232;re. Raciste, oui, mais pas outrancier. &#171; &lt;i&gt;Il n'a pas int&#233;r&#234;t &#224; ce que &#231;a se passe mal, pour ne pas ternir l'image de la ville&lt;/i&gt; &#187;, conjecture Sarah, membre du lieu associatif La Locale. &#171; &lt;i&gt;Mais il y a les effets d'annonce, et puis ce qui ne se voit pas dans les m&#233;dias. On a peur que l'&#233;lection d'Aliot empire ce qui se faisait d&#233;j&#224; ; c'est sur les populations fragiles qu'il va taper.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, les arr&#234;t&#233;s pleuvent d&#232;s les premi&#232;res semaines, interdisant p&#234;le-&#8202;m&#234;le : mendicit&#233;, occupation abusive de l'espace public, regroupement d'individus perturbateurs, tenue ind&#233;cente, divagation de chien ou m&#234;me jeux de boules sur le domaine public. Aliot ordonne &#233;galement la fermeture &#224; 22 heures des alimentations g&#233;n&#233;rales, arguant lors d'une conf&#233;rence de presse que &#171; &lt;i&gt;l'origine &lt;/i&gt;[de l'ins&#233;curit&#233;] &lt;i&gt;vient de l'ouverture de commerces illicites, d'&#233;piceries de nuit, qui occasionnent tapages nocturnes, ivresses publiques et des faits plus graves comme les trafics de cigarettes ou de stup&#233;fiants&lt;/i&gt; &#187;. Pour faire appliquer ces mesures, il augmente les effectifs de la police municipale (PM). Une &#233;volution qui se double, constatent les militant. es, d'une collaboration marqu&#233;e entre la mairie et la pr&#233;fecture. Si les populations fragiles &#233;taient loin d'&#234;tre m&#233;nag&#233;es sous l'an&#8202;cienne &#233;quipe municipale, le tour de vis annonc&#233; commence &#224; se faire sentir.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le maire et sa flicaille&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi midi, place Cassanyes. Sur cette place entour&#233;e de petits commerces et de terrasses de caf&#233;, se tient un march&#233; quotidien o&#249; l'on trouve de tout. Tandis que les forains replient leurs stands &#224; la vitesse de l'&#233;clair, les cantonniers entrent en action et leurs machines prennent possession des lieux dans un bruit d'enfer. Malgr&#233; cette routine apparente, le quartier n'est pas tranquille : dans la matin&#233;e, la Bac (Brigade anti-criminalit&#233;) a fait une descente dans le four&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Point de deal.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; tout proche. Soudain, les &lt;i&gt;arah&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cri utilis&#233; par les guetteurs pour pr&#233;venir de l'arriv&#233;e des flics.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; retentissent : une voiture de police fait son entr&#233;e sur la place, avant de s'enfoncer &#224; faible allure dans une ruelle. Depuis les &#233;lections, la PM et son maire ne m&#233;nagent pas leurs efforts. &#171; &lt;i&gt;On a senti le changement d&#232;s le premier jour&lt;/i&gt; &#187;, me raconte Emma, une amie com&#233;dienne. &#171; &lt;i&gt;Le lendemain des &#233;lections, les flics paradaient, gyrophares allum&#233;s, et jouaient les cow-boys quand on les approchait de trop pr&#232;s. Ils avaient l'air de f&#234;ter quelque chose et &#233;taient clairement en confiance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;galement dans le viseur d'Aliot, les squats d'exil&#233;&#183;es, qui subissaient d&#233;j&#224; une pression importante sous la mandature de Pujol. Roger Hillel, militant commu&#8202;niste, conserve la m&#233;moire de la longue campagne de r&#233;quisitions, port&#233;e par le collectif Bouge Toit. Si la premi&#232;re occupation, en 2011, s'&#233;tait plut&#244;t bien pass&#233;e &#8211; Pujol &#233;tant m&#234;me venu visiter l'ancienne &#233;cole occup&#233;e en promet&#8202;tant qu'il n'y aurait pas expulsion &#8211;, l'atti&#8202;tude de la municipalit&#233; s'&#233;tait rapidement durcie. Ces derni&#232;res ann&#233;es, les &#233;vacuations se sont succ&#233;d&#233;, et l'arriv&#233;e d'Aliot empire encore les choses. La derni&#232;re expulsion date du 12 ao&#251;t dernier &#8211; un ancien h&#244;tel appartenant &#224; la mairie et occup&#233; depuis d&#233;cembre 2018. La proc&#233;dure arrivant &#224; son terme au moment du confinement, un recours avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; afin de repousser l'&#233;ch&#233;ance. Mais la mairie, contrairement &#224; la pratique en vigueur, a demand&#233; &#224; la pr&#233;fecture d'ordonner l'expulsion avant l'audience. Pour Roger, &#171; &lt;i&gt;cette intervention est une provocation et une tentative d'intimidation&lt;/i&gt; &#187;. Autre d&#233;cision &#233;loquente selon lui : l'affaire de l'h&#244;tel de la Cigale, un b&#226;timent pr&#233;empt&#233; par le conseil d&#233;partemental des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales pour en faire une plate-forme d'accueil pour les mineur.es non accompagn&#233;. es. L'ancienne municipalit&#233; s'&#233;tait d&#233;j&#224; oppos&#233;e au projet, r&#233;pliquant vouloir y installer un commissariat de quartier. Louis Aliot, alors conseiller municipal, s'&#233;tait fendu d'une lettre ouverte dans laquelle il associait les migrant.&#8202;es &#224; &#171; [la] &lt;i&gt;toxicomanie,&lt;/i&gt; [les] &lt;i&gt;agressions de&lt;/i&gt; femmes, [l']&lt;i&gt;insalubrit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;sormais au pouvoir, et bien qu'une d&#233;cision du tribunal administratif ait donn&#233; raison au D&#233;partement, il passe en force et vient de lancer les travaux du futur commissariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le nouveau maire et ses forces de l'ordre ne se donnent pas toujours la peine d'&#234;tre aussi proc&#233;duriers. Sous une pluie battante, je rejoins Fatouma, mili&#8202;tante associative tr&#232;s impliqu&#233;e aupr&#232;s des personnes &#224; la rue, et Mohammed, sans-&#8202;abri, dont le campement a &#233;t&#233; bruta&#8202;lement expuls&#233; quelques jours auparavant. Avec deux autres personnes, il &#233;tait install&#233; sous un pont depuis presque un an, pr&#232;s de la Croix-Rouge et des Restos du c&#339;ur. Le matin du 30 septembre, ces derniers leur ont refus&#233; un caf&#233;, le ton est mont&#233; et la directrice a appel&#233; le 17. Les policiers municipaux sont arriv&#233;s en un clin d'&#339;il et ont &#233;vacu&#233; sans m&#233;nagement les occu&#8202;pant.es et leurs affaires. &#171; &lt;i&gt;Les pauvres, on ne veut plus vous voir &#224; Perpignan&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, ont-ils dit &#224; Mohammed, tout en mena&#8202;&#231;ant Fatouma qui tentait de filmer la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Locale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le soir des &#233;lections, pendant qu'Aliot f&#234;tait sa victoire dans un immeuble cossu du centre historique, seules quelques dizaines de personnes se sont rassembl&#233;es spontan&#233;ment pour protester. Roger me d&#233;crit &#171; &lt;i&gt;un v&#233;ritable coup de bambou. Les camarades sont sonn&#233;s. On est dans l'expectative, il va nous falloir un peu de temps pour sortir de la sid&#233;ration et r&#233;agir.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, entre fatigue de l'urgence sociale et incertitude des temps &#224; venir, malgr&#233; le tableau noir qu'ils dressent de la situation, les militant.es rencontr&#233;s ne l&#226;chent rien. Si certaines structures subissent des pressions et craignent pour leurs subventions, le tissu associatif local reste solide. Surtout, tous et toutes le disent, la solidarit&#233; tient bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce brouillard profond, une petite &#233;claircie : La Locale, lieu associatif, s'appr&#234;te &#224; ouvrir ses portes dans le centre, &#224; deux pas de la place Rigaud. L'id&#233;e a germ&#233; peu apr&#232;s l'&#233;lection. Face au constat d'une ambiance cloisonn&#233;e et de l'absence d'un r&#233;seau d'organisation efficace pour faire face aux situations d'urgence &#8211; en-dehors de celui des associations satur&#233;es &#8211;, la n&#233;cessit&#233; d'un lieu pour s'organiser s'est impos&#233;e. Est alors n&#233; le projet d'un local de luttes et d'activit&#233;s. Une base arri&#232;re, pour permettre &#224; celles et ceux qui agissent de se rencontrer, et aux solidarit&#233;s de se renforcer. Le tout sur des bases politiques claires : antiautoritaires et autogestionnaires. Cr&#233;&#233; &#224; l'origine par quelques-uns, le collectif s'est depuis &#233;largi, agr&#233;geant des personnes mues par une m&#234;me volont&#233; de recoller les morceaux. Une premi&#232;re r&#233;union publique a eu lieu en septembre, afin de pr&#233;senter le projet et lancer une souscription. Celle-ci a port&#233; ses fruits et l'ouverture est proche. Au programme : une cantine r&#233;guli&#232;re, des cycles de conf&#233;rences et de projections, des permanences juridiques pour les saisonnier.es, un atelier couture. Les r&#233;p&#233;titions de deux chorales f&#233;ministes et des r&#233;unions de Gilets jaunes devraient &#233;galement s'y tenir. Perpignan, ville morcel&#233;e ? Ne reste qu'&#224; tisser des ponts.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathilde Offroy&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 29 mai 2005, &#224; la suite du meurtre d'un habitant de Saint-Mathieu, Perpignan connaissait une nuit d'&#233;meutes, suivie d'une semaine de tensions entre les deux quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Perpignan, laboratoire social et urbain&lt;/i&gt;, &#233;ditions de l'Aube, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est une des raisons qui pourraient expliquer qu'il a r&#233;ussi &#224; capter une part importante du &#171; vote gitan &#187; dans le quartier Saint-Jacques : entre porte-&#224;-porte et rencontres avec les grandes familles du quartier, il a su se pr&#233;senter comme &#233;tant hors du syst&#232;me client&#233;liste et des magouilles d'instrumentalisation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Point de deal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cri utilis&#233; par les guetteurs pour pr&#233;venir de l'arriv&#233;e des flics.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Picasso &#224; Perpignan</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ville pauvre, Perpignan a d&#233;cid&#233; de jouer dans la cour des grandes et s'offre (temporairement) Picasso pour gagner en attractivit&#233; touristique. En attendant de virer un jour ces gueux dont la pr&#233;sence reste une insulte &#224; son centre historique. Place Rigaud &#224; Perpignan. 40&#176; &#224; l'ombre, le b&#233;ton pr&#234;t &#224; bouillir. La terrasse de la Brasserie Rigaud d&#233;serte ; tout autour, les derniers bars ont baiss&#233; le rideau depuis des lustres. Place Rigaud, zone grise. D'un c&#244;t&#233;, les rues de l'Argenterie et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/musee-Rigaud" rel="tag"&gt;mus&#233;e Rigaud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ville pauvre, Perpignan a d&#233;cid&#233; de jouer dans la cour des grandes et s'offre (temporairement) Picasso pour gagner en attractivit&#233; touristique. En attendant de virer un jour ces gueux dont la pr&#233;sence reste une insulte &#224; son centre historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH517/-1430-381d9.jpg?1779603130' width='400' height='517' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;lace Rigaud &#224; Perpignan. 40&#176; &#224; l'ombre, le b&#233;ton pr&#234;t &#224; bouillir. La terrasse de la Brasserie Rigaud d&#233;serte ; tout autour, les derniers bars ont baiss&#233; le rideau depuis des lustres. Place Rigaud, zone grise. D'un c&#244;t&#233;, les rues de l'Argenterie et du Th&#233;&#226;tre, qui descendent vers les quartiers bourgeois o&#249; touristes et chalands font chauffer la carte bleue. De l'autre, les rues Petite la Real, de la Fusterie et &#201;mile-Zola, qui s'enfoncent dans les quartiers populaires o&#249; une pl&#232;be bigarr&#233;e bricole sa d&#232;che au jour le jour. Pour comprendre Perpignan, il faut se repr&#233;senter un territoire o&#249; la s&#233;gr&#233;gation spatiale a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e par chacun. Gitans, Arabes, blancos, zonards, rupins, bobos. Chacun sait o&#249; est son quartier, sa zone de vie. Nul besoin de p&#233;riph' ou de mur pour d&#233;limiter les fronti&#232;res : la cartographie sociale s'exp&#233;rimente d'elle-m&#234;me en parcourant la ville. Il suffit d'une rue, d'un carrefour pour passer d'une zone ais&#233;e &#224; une friche aux vitrines condamn&#233;es et aux fades odeurs de pisse. Bien s&#251;r, le processus de ghetto&#239;sation n'a rien d'&#233;tanche : des vell&#233;it&#233;s de mixit&#233; sociale bourgeonnent &#231;&#224; et l&#224;. Mais les fondations d'un violent parcage humain demeurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la mairie, le d&#233;fi est l&#224; : virer cette masse de pauvres qui squattent une partie de la vieille ville. On sait combien les touristes sont friands de ruelles moyen&#226;geuses et d'immeubles trapus. La patrimonialisation des centres historiques est ce nouveau su-sucre dans laquelle les villes investissent pour attirer les devises &#233;trang&#232;res : le moindre bout de rempart, la moindre vieille pierre est mise en valeur pour r&#233;-ancrer la ville dans un pass&#233; prestigieux o&#249; se r&#233;invente quelque gloriole locale. Une &#171; mise en art &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sujet, lire Enrichissement. Une critique de la marchandise de Luc (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; assur&#233;e par am&#233;nageurs et d&#233;cideurs politiques.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gitans vs &#233;tudiants&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Place Rigaud, on y revient. Le collectif &#171; Citoyennes et citoyens solidaires &#187; a bard&#233; les lieux de calicots o&#249; se lisent des dol&#233;ances. Exemple : &#171; Le centre-ville est en train de mourir car il n'y a pas assez de lieux sociaux &#187;. Un restaurateur agripp&#233; &#224; son micro met en garde : &#171; &lt;i&gt;Si &#231;a continue, on va tous crever !&lt;/i&gt; &#187; Depuis des ann&#233;es, l'&#233;pid&#233;mie continue : boutiques et enseignes ferment les unes apr&#232;s les autres dans le c&#339;ur de ville. En cause, la paup&#233;risation de la population et la densit&#233; des grandes surfaces en p&#233;riph&#233;rie urbaine. Infatigable militante, St&#233;phanie parle du dernier hochet en date de la municipalit&#233; pour ressusciter le cadavre perpignanais : &#171; &lt;i&gt;La mairie a le projet de faire venir 1 500 &#233;tudiants en centre-ville. Plut&#244;t que de r&#233;habiliter le vieux centre pour que les gens y vivent dans des conditions d&#233;centes avec des commerces &#224; taille humaine et des infrastructures sociales, on pousse les classes populaires vers la sortie.&lt;/i&gt; &#187; Le quartier Saint-Jacques, o&#249; r&#233;side la communaut&#233; gitane, voit d'un &#339;il assez inquiet la future arriv&#233;e d'&#233;tudiants aux portes de son &lt;i&gt;home sweet home&lt;/i&gt; d&#233;labr&#233;. &#171; &lt;i&gt;Les Gitans sont conscients du risque d'embourgeoisement de leur quartier. Ils sont chez eux et pr&#233;viennent que &#231;a risque de mal se passer. On sait qu'au nom d'une pr&#233;tendue mixit&#233; sociale, on chasse les pauvres hors de la ville&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Josiane, enseignante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la manne &#233;tudiante est un atout non n&#233;gligeable dans la reconqu&#234;te des quartiers populaires, l'autre m&#226;choire de l'&#233;tau &#171; gentrificateur &#187; est plus sournoise. Depuis quelques mois, des panneaux munis de pictogrammes &#224; forme de pi&#233;ton farcissent la ville, indiquant en minutes les temps de trajet pour rejoindre tel site digne d'int&#233;r&#234;t touristique : la Casa Xanxo, la cath&#233;drale, le Castillet, etc. Un processus de mus&#233;ification se dessine sous nos yeux : des grappes de touristes, le nez coll&#233; &#224; leur plan, arpentent des venelles typiques (et authentiquement mis&#233;reuses !) sous l'&#339;il apaisant de presque 200 cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance. La ville offerte aux sucs gastriques des tour-op&#233;rateurs. Un ph&#233;nom&#232;ne qui n'a rien de nouveau, mais qui conna&#238;t ces derni&#232;res ann&#233;es un inqui&#233;tant processus d'acc&#233;l&#233;ration. Le 24 juin, le mus&#233;e Rigaud rouvrait ses portes apr&#232;s un lifting &#224; plus de 9 millions d'euros. En guise de &lt;i&gt;guest-star&lt;/i&gt; : une cinquantaine de tableaux de Picasso &lt;i&gt;himself&lt;/i&gt;. Avant d'&#234;tre recycl&#233; en monospace Citro&#235;n, le peintre a s&#233;journ&#233; dans la cit&#233; catalane au d&#233;tour des ann&#233;es 1950. Voil&#224; pour l'alibi. Il n'en fallait pas plus pour r&#233;cup&#233;rer l'aura du peintre andalou et saturer l'espace public d'affiches annon&#231;ant cet incontournable ramdam artistico-publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant un &#233;ni&#232;me caoua, le journaliste Nicolas Caudeville&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Animateur du site l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; prend un air d&#233;licieusement narquois : &#171; &lt;i&gt;Tout &#231;a n'est qu'une grossi&#232;re affaire de &lt;/i&gt;merchandising. &lt;i&gt;La mairie a ferm&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re l'&#233;cole des Beaux-Arts, qui aurait eu 200 ans cette ann&#233;e, car elle ne rapportait rien. Perpignan est une ville pauvre &#233;conomiquement, parce qu'il n'y a pas d'industrie et de commerce. Donc la seule solution, comme pour tout pays du tiers-monde, c'est le tourisme. Pourquoi le patrimoine ? Ben d&#233;j&#224;, parce qu'il y en a un ! Et puis le patrimoine, c'est contr&#244;lable : c'est pas une vieille pierre qui va manifester ou prendre position. Au contraire, &#231;a fait tourner le BTP. &#192; Perpignan, quand on leur parle de culture, ils ne sortent pas leur revolver mais leur b&#233;tonni&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une vaccine de culture &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2011 sortait de terre le th&#233;&#226;tre de l'Archipel. Ensemble architectural imagin&#233; par Jean Nouvel &#8211; vu de loin, le machin ressemble &#224; une grosse couille de mammouth et d&#233;lire m&#233;galomaniaque du maire pr&#233;c&#233;dent, Jean-Paul Alduy. &#171; &lt;i&gt;C'est un investissement pour les g&#233;n&#233;rations futures. Pour r&#233;ussir, il faut &#234;tre ambitieux. Ce th&#233;&#226;tre sera &#224; Perpignan ce que le Guggenheim est &#224; Bilbao &#187;&lt;/i&gt;, s'enflammait l'&#233;dile de centre droit&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Le Point du 10/10/2011.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Parlons-en, des g&#233;n&#233;rations futures : un partenariat public-priv&#233; sur trente ans, chiffr&#233; &#224; quelque 44 millions d'euros, avec un montage financier tellement limpide que la Cour des comptes est venue tirer la sonnette d'alarme en 2013... Mais pour la baronnie perpignanaise, la captation touristique impliquait de &lt;i&gt;booster&lt;/i&gt; l'image de l'indolente pr&#233;fecture des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales. Chez la voisine Barcelone, la manne touristique p&#232;serait dans les 2 milliards d'euros. On pourrait pas s'offrir le luxe de quelques miettes ? &#171; &lt;i&gt;Ici, la culture, c'est du folklore,&lt;/i&gt; poursuit un Caudeville en grande forme caustique. &lt;i&gt;Le folklore, c'est la culture sans le danger de la culture. C'est une vaccine de culture. C'est pas Picasso qui va leur cracher &#224; la gueule. Y a aucun risque. Picasso, on sait que &#231;a rapporte, on fait comme toutes les grandes villes. Et on organise &#231;a au mus&#233;e Rigaud alors qu'on aurait pu faire une expo Rigaud ! Ce n'&#233;tait pas n'importe qui, Rigaud. D&#233;but XVIIIe si&#232;cle, le portraitiste a mis en majest&#233; l'absolutisme royal. Rigaud nous a fait le portrait en pied de Louis XIV alors qu'il &#233;tait Roi-Soleil. C'&#233;tait un propagandiste, c'&#233;tait le Goeb-bels catalan !&lt;/i&gt; &#187; Rires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place Rigaud, derni&#232;re. Fich&#233;e &#224; c&#244;t&#233; d'une agence immobili&#232;re, la galerie d'art Artrial. Local discret et &#233;troit qui a inaugur&#233; le 20 juin l'accrochage de &#171; deux artistes exceptionnels et internationaux : Philippe Dequesne, peintre, est pr&#233;sent en permanence &#224; New York City, &#224; Paris et Bruxelles, tandis que le sculpteur Philippe Gauberti arpente les tapis rouges de Cannes et Meg&#232;ve &#187;. La galerie Artrial ne s'adresse pas aux bourses plates du coin. Au sein d'un environnement de mis&#232;re, elle est un abc&#232;s bourgeois qui fait le pari d'une future mont&#233;e en gamme du quartier. Pas du go&#251;t de Pierre Guyot. Chapeau noir et voix ravaud&#233;e &#224; la Gauldo, l'artiste-peintre tra&#238;ne sa mauvaise humeur. Mais se marre quand m&#234;me : il d&#233;tient une lettre o&#249; Picasso avoue s'&#234;tre foutu de la gueule du monde avec le cubisme. Guyot vit de ses &#339;uvres. Difficilement. Pendant des ann&#233;es, il a &#233;t&#233; &#224; la man&#339;uvre pour faire vivre des galeries ind&#233;pendantes avec des artistes locaux. Il l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;La peinture est maqu&#233;e par le syst&#232;me bancaire. Je me bats dans mon coin et les emmerde superbement. Je leur dois rien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Tentative-de-putsch-a-la-place-du' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tentative de putsch &#224; la place du Puig&lt;/a&gt; &#187; : comment la mairie de Perpignan tente de faire main basse sur le quartier gitan, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;168 (septembre 2018).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le sujet, lire &lt;i&gt;Enrichissement. Une critique de la marchandise&lt;/i&gt; de Luc Boltanski et Arnaud Esquerre (Gallimard, f&#233;vrier 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Animateur du site &lt;a href=&#034;http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; du 10/10/2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tentative de putsch &#224; la place du Puig *</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'affaire a d&#233;fray&#233; la chronique jusqu'aux colonnes du New York Times. Perpignan abrite dans son centre ancien une importante communaut&#233; gitane. Pour d&#233;loger ces ind&#233;sirables, la ville envoie r&#233;guli&#232;rement les pelleteuses d&#233;truire des &#238;lots d'immeubles. *** Quartier Saint-Jacques, centre ancien de Perpignan. Son exotisme de favela : ses rues m&#233;di&#233;vales en pente jonch&#233;es de d&#233;tritus, son linge aux fen&#234;tres, ses gosses qui jouent dans les eaux du caniveau. Par endroits, des immeubles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'affaire a d&#233;fray&#233; la chronique jusqu'aux colonnes du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;. Perpignan abrite dans son centre ancien une importante communaut&#233; gitane. Pour d&#233;loger ces ind&#233;sirables, la ville envoie r&#233;guli&#232;rement les pelleteuses d&#233;truire des &#238;lots d'immeubles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2676 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH689/-936-68a62.jpg?1779603298' width='400' height='689' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quartier Saint-Jacques&lt;/strong&gt;, centre ancien de Perpignan. Son exotisme de favela : ses rues m&#233;di&#233;vales en pente jonch&#233;es de d&#233;tritus, son linge aux fen&#234;tres, ses gosses qui jouent dans les eaux du caniveau. Par endroits, des immeubles menacent de s'effondrer, alors on a mis des &#233;tais. Comme dans la rue Joseph-Denis ou dans celle des Quinze-Degr&#233;s, o&#249; des poutres en bois cors&#232;tent les fa&#231;ades. Le bas de la rue des Farines est condamn&#233; par un mikado en acier. La rumeur publique, nourrie d'un racisme anti-gitan d&#233;complex&#233;, accuse ces derniers de laisser s'&#233;crouler leurs baraques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Place du Puig&lt;/strong&gt;, centre n&#233;vralgique du quartier. C'est ici que chaque soir, les Gitans tissent et retissent leur liant communautaire. On dirait que l'immeuble jouxtant la rue de l'Anguille s'est pris un obus sur la tronche. Un morceau d'escalier colima&#231;onne dans le vide. Des murs de fa&#239;ence saillent &#224; travers les &#233;ventrations. Des grilles de protection portant l'inscription &#171; Risque d'effondrement &#187; interdisent tout acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 27 juillet&lt;/strong&gt;, les pelleteuses stipendi&#233;es par la mairie entament la destruction de cet &#233;ni&#232;me &#238;lot jug&#233; insalubre. La goutte d'eau. Exc&#233;d&#233;s de voir leur quartier partir en poussi&#232;re, une soixante d'habitants du quartier bloquent le chantier. Quelques jours plus tard, une d&#233;l&#233;gation est re&#231;ue par le pr&#233;fet. Furax, Pierre Parrat, premier adjoint en charge de l'urbanisme, exige la reprise des travaux. &#171; &lt;i&gt;On a dit : pas question,&lt;/i&gt; r&#233;sume Jean-Jean-Bernard Mathon, pr&#233;sident de l'ASPAHR &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique et historique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Les &#233;changes &#233;taient houleux. La semaine suivante, le pr&#233;fet organise une seconde r&#233;union, sans les &#233;lus cette fois. La mairie est hors jeu ; le pr&#233;fet plaide &#224; son tour pour la d&#233;molition. On lui r&#233;p&#232;te : pas question. Notre position est simple : pour cet &#238;lot, il faut r&#233;habiliter ce qui n'a pas &#233;t&#233; d&#233;truit et reconstruire la partie d&#233;molie.&lt;/i&gt; &#187; Face au risque de trouble &#224; l'ordre public, le pr&#233;fet maintient la suspension des travaux en attendant un &#233;ni&#232;me round de pseudo-concertations pr&#233;vu en septembre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Haussmann revient&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 20 juin d&#233;j&#224;&lt;/strong&gt;, la mairie catalane ordonnait la mise &#224; bas d'un &#238;lot de 13 immeubles. &#192; la place : un carr&#233; de goudron born&#233; de plots. Les autorit&#233;s d&#233;truisent en promettant de reconstruire. Mais comme les autorit&#233;s mentent, elles ne reconstruisent que dalle. Saint-Jacques ressemble &#224; un gruy&#232;re. Les ravages d'une guerre sociale dont le but affich&#233; est de chasser d&#233;finitivement ce morceau de pl&#232;be bigarr&#233;e de son c&#339;ur historique. Gentrifier enfin ce quartier au parcellaire m&#233;di&#233;val dont sont friands les touristes. &#171; &lt;i&gt;On a fait le compte,&lt;/i&gt; explique Jean-Bernard. &lt;i&gt;Depuis 2015, 82 immeubles ont &#233;t&#233; d&#233;molis dans le centre ancien, dont 59 rien que sur Saint-Jacques. Sur ces 59, 18 auraient absolument d&#251; &#234;tre conserv&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Le quartier a beau avoir &#233;t&#233; class&#233; en secteur sauvegard&#233;, les bulldozers de la mairie ne font pas dans les d&#233;tails. On parle bien ici de reconqu&#234;te. &#171; &lt;i&gt;La mairie contourne la loi en prenant des arr&#234;t&#233;s d'insalubrit&#233; qui ne sont pas justifi&#233;s. Elle fait appel &#224; des experts totalement incomp&#233;tents.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fa&#231;on de proc&#233;der&lt;/strong&gt; est souvent la m&#234;me : des &#233;quipes municipales estiment que tel immeuble pr&#233;sente un risque d'effondrement &#224; cause, par exemple, d'infiltrations ou d'une poutre trop faible. Comme les familles sont pauvres, elles s'endettent pour faire les r&#233;parations. Mais fr&#233;quemment, les experts repassent et estiment que les travaux ne sont pas suffisants. Les propri&#233;taires sont alors oblig&#233;s de vendre. Une aubaine pour la mairie, qui acquiert le bien immobilier &#224; prix cass&#233;. Et le laisse d&#233;p&#233;rir. Le maire prononce alors un arr&#234;t&#233; de p&#233;ril, pr&#233;misse &#224; la d&#233;molition. Jean-Bernard d&#233;crypte : &#171; &lt;i&gt;En g&#233;n&#233;ral, la mairie se d&#233;brouille pour acheter des &#238;lots entiers. Il s'agit de trac&#233;s m&#233;di&#233;vaux des XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. &#201;videmment, les b&#226;timents ne datent pas de cette &#233;poque, il y a eu des reconstructions depuis. Mais souvent, les soubassements sont m&#233;di&#233;vaux. D&#233;molir pour faire des places, relier les rues entre elles : c'est une perception de l'urbanisme qui ne respecte pas l'histoire et chasse la population locale. Au fond, Pierre Parrat se prend pour le baron Haussmann. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soir&#233;e du 23 ao&#251;t&lt;/strong&gt;, on grimpe place du Puig. Les familles occupent les trottoirs et d&#233;ambulent dans les rues. Les Gitans sont &#224; la fra&#238;che. Dehors. Ensemble. Nick revient sur ces articles accusant les Gitans d'&#234;tre le jouet d'ambitions politicardes &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article paru sur Mediapart le 20/08/18, &#171; &#192; Perpignan, un d&#233;put&#233; LREM (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Aucun politique ne nous a manipul&#233;s, on n'a besoin de personne pour s'organiser. Mais aujourd'hui, on a peur. &lt;/i&gt; &#187; Peur d'&#234;tre chass&#233;s et &#233;parpill&#233;s. Les familles relog&#233;es le sont souvent &#224; l'ext&#233;rieur du quartier. Coup dur pour une culture qui tient surtout par sa coh&#233;sion communautaire. &#171; &lt;i&gt;On ne veut pas &#234;tre s&#233;par&#233;s,&lt;/i&gt; explique Nick.&lt;i&gt; Ils cherchent &#224; nous diviser parce qu'ils savent qu'unis, on est fort. On veut rester ici. C'est le quartier de nos grand-parents, de nos parents. M&#234;me si c'est un ghetto compl&#232;tement laiss&#233; &#224; l'abandon. Nous sommes un patrimoine vivant...&lt;/i&gt; &#187; Patrimoine vivant : l'expression suinte le sursis anxiog&#232;ne. Le danger en maraude. Nick le r&#233;p&#232;te : la confiance est rompue. Le bla-bla des politiques, leurs brass&#233;es de promesses &#8211; des logements dignes, un gymnase, un stade de foot, des vraies places &#8211;, tout &#231;a ne vaut plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouille toute en douceur&lt;/strong&gt;, Jonathan est pasteur. Il montre les d&#233;combres qui bordent la place : &#171; &lt;i&gt; Ils cassent, et apr&#232;s ils veulent discuter ! On est des poissons, eux des requins. Pour moi, c'est une mafia. Les maisons sur le point de s'&#233;crouler leur appartiennent. On a &#233;t&#233; oblig&#233;s de leur vendre, parce qu'on ne pouvait pas faire les travaux. Certaines b&#226;tisses valaient 60 000 &#8364;, mais on a d&#251; les l&#226;cher &#224; 30 000. Et une fois achet&#233;es, ils les laissent pourrir... C'est un cercle vicieux.&lt;/i&gt; &#187; Jonathan plaide le d&#233;senclavement. Il &#233;voque la fac de droit r&#233;implant&#233;e en p&#233;riph&#233;rie du quartier. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas uniquement notre quartier, c'est celui de tout le monde. Ils pourraient construire des logements &#233;tudiants, mais ils ne font rien sinon d&#233;truire. Comme on ne sait pas ce qu'ils ont derri&#232;re la t&#234;te, on n'est pas rassur&#233;s. Le doute nous fait p&#233;ter les plombs. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phane Bern, &#171; my hero &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'&#233;tait l'hiver dernier.&lt;/strong&gt; Un restaurant aux abords du quartier. Une table r&#233;serv&#233;e en fond de salle. Face &#224; une demi-douzaine de p&#232;res de famille gitans, Olivier Amiel, adjoint en charge de la politique de la ville. Le brouhaha ambiant ne permet pas &#224; l'auteur de ces lignes de comprendre l'enti&#232;ret&#233; des &#233;changes, mais quelques bribes donnent un aper&#231;u de la tractation en cours. Un homme l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;C'est termin&#233;, l'&#233;poque o&#249; un patriarche d&#233;cidait pour toute la communaut&#233;. &lt;/i&gt; &#187; En face, l'&#233;lu tente de d&#233;miner le terrain, admet des &#171; &lt;i&gt;conneries pass&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. La paix sociale se n&#233;gocie au prix de quelques engagements de relogements, sur un coin de table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Las, quelques mois plus tard&lt;/strong&gt;, le p&#233;tard explose avec une force impr&#233;vue dans les doigts de l'ambitieux adjoint. Fin juin, les d&#233;molitions du quartier Saint-Jacques &#233;lectrisent jusqu'&#224; la permanente du royaliste St&#233;phane Bern, en charge d'une mission de sauvegarde du patrimoine. &#171; &lt;i&gt;Quel scandale, monsieur le maire !&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;gosille l'animateur vedette sur les r&#233;seaux sociaux. Piqu&#233; au vif, Amiel d&#233;gaine un tweet bernicide, qualifiant ce dernier de &#171; &lt;i&gt;bouffon du roi Macron&lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt; pitre cathodique&lt;/i&gt; &#187;. Et de d&#233;noncer &#171; &lt;i&gt; une attaque injuste et infond&#233;e contre Jean-Marc Pujol&lt;/i&gt; [maire LR de Perpignan] &lt;i&gt;et la municipalit&#233; du fait d'une m&#233;connaissance du projet co-construit avec les habitants depuis quatre ans &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concertation.&lt;/strong&gt; Le ma&#238;tre-mot qui fait marrer Jean-Bernard Mathon : &#171; &lt;i&gt;Nous avons particip&#233; aux r&#233;unions avec la municipalit&#233;. Mais contrairement &#224; ce que pr&#233;tend l'&#233;lu &#224; la ville, il n'y a jamais eu de concertation !&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Les familles gitanes n'ont jamais &#233;t&#233; inform&#233;es des projets en cours. Quand les gens ont bloqu&#233; le chantier la presse a parl&#233; de manipulation politique. Que dalle ! Ce sont vraiment les habitants qui se sont r&#233;volt&#233;s. Et pas que les Gitans. Des maghr&#233;bins, des riverains, des amoureux du quartier. C'&#233;tait spontan&#233;. L'expression d'un vrai ras-le-bol. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* En catalan, &#171; Puig &#187; (colline) se prononce &#171; poutch &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Picasso-a-Perpignan' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Picasso &#224; Perpignan&lt;/a&gt; &#187; &#8211; Ville pauvre, Perpignan a d&#233;cid&#233; de jouer dans la cour des grandes et s'offre (temporairement) Picasso pour gagner en attractivit&#233; touristique. En attendant de virer un jour ces gueux dont la pr&#233;sence reste une insulte &#224; son centre historique (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;156, juillet-ao&#251;t 2017).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique et historique roussillonnais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article paru sur &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; le 20/08/18, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/200818/perpignan-un-depute-lrem-pousse-des-gitans-troubler-l-ordre-public?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; Perpignan, un d&#233;put&#233; LREM pousse des gitans &#224; troubler l'ordre public&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>&#171; La loi Travail XXL n'est qu'un hors-d'&#339;uvre &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-loi-Travail-XXL-n-est-qu-un</link>
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		<dc:date>2017-12-26T07:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>
		<dc:subject>social</dc:subject>
		<dc:subject>Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Perpignan</dc:subject>
		<dc:subject>Front</dc:subject>
		<dc:subject>mobilisation</dc:subject>
		<dc:subject>Septembre</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>
		<dc:subject>loi Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Front social</dc:subject>
		<dc:subject>Lluis Llach</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis que Macron a sign&#233; les ordonnances de la loi Travail, le mouvement social tente de se r&#233;inventer. Essoufflement, division, fatalisme : il y a les pi&#232;ges &#224; &#233;viter. Et de nouvelles strat&#233;gies de lutte &#224; d&#233;finir. Jeudi 21 septembre, place de Catalogne &#224; Perpignan. Le camion de la C&#233;g&#232;te &#224; fond les baffles. Immarcescible playlist : &#171; Motiv&#233;s &#187;, &#171; Antisocial &#187;, &#171; L'Estaca &#187; de Lluis Llach. Quelques grappes de militants qui devisent, s'&#233;valuent, se pronostiquent. Un peu de f&#233;brilit&#233; pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis que Macron a sign&#233; les ordonnances de la loi Travail, le mouvement social tente de se r&#233;inventer. Essoufflement, division, fatalisme : il y a les pi&#232;ges &#224; &#233;viter. Et de nouvelles strat&#233;gies de lutte &#224; d&#233;finir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 21 septembre, place de Catalogne &#224; Perpignan. Le camion de la C&#233;g&#232;te &#224; fond les baffles. Immarcescible playlist : &#171; Motiv&#233;s &#187;, &#171; Antisocial &#187;, &#171; L'Estaca &#187; de Lluis Llach. Quelques grappes de militants qui devisent, s'&#233;valuent, se pronostiquent. Un peu de f&#233;brilit&#233; pour ce second round, apr&#232;s le succ&#232;s inattendu de la mobilisation du 12 septembre. On recroise Charles, sculpteur qui travaille dans le quartier de la gare. Il y a deux jours, l'artiste avait pronostiqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Y'a une nouvelle manif jeudi. Elle servira s&#251;rement &#224; pas grand&#8209;-chose, mais c'est quand m&#234;me important d'y &#234;tre. Et puis, c'est l'occasion de revoir les copains.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1931 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-224-037f9.jpg?1780009922' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;miettement des forces&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division syndicale et l'art de la guerre sociale macronienne laissent perplexes bon nombre de militants, m&#234;me des plus aguerris. Marc, avec son drapeau rose aux armoiries de Sud &#201;ducation, grimace. Chez les lyc&#233;ens et les &#233;tudiants, la mobilisation fr&#244;le l'enc&#233;phalogramme plat. Quant aux profs : &#171; &lt;i&gt; Tant qu'ils ne sont pas directement concern&#233;s, ils ne bougent pas.&lt;/i&gt; &#187; Guillaume, c&#233;g&#233;tiste trimant &#224; la Caisse primaire, reste circonspect mais positif : &#171; &lt;i&gt;Chez nous, il y a eu 47 % de gr&#233;vistes mardi dernier !&lt;/i&gt; &#187; Ind&#233;crottable anar et membre d'un collectif anti&#8209;Linky, Flor&#233;al se montre moins optimiste. Il pointe l'&#233;miettement des forces et la pusillanimit&#233; de ces journ&#233;es nationales : &#171; &lt;i&gt;Tant que n'aura pas &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, on ne cr&#233;era pas de rapport de force efficace contre ce gouvernement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ensemble, tous ensemble : le mantra incantatoire semble plus que jamais hors de port&#233;e. M&#234;me les gueulantes dans les m&#233;gaphones font semblant d'y croire. Il n'y a qu'&#224; voir le peu d'&#233;chos chez les batteurs de pav&#233;, qui pr&#233;f&#232;rent taper la discute que de s'&#233;poumoner en slogan anticapitaliste. &#171; &lt;i&gt;Macron En Marche&#8230; vers la r&#233;gression sociale et d&#233;mocratique &#8211; R&#233;sistons !&lt;/i&gt; &#187;, titre un tract unitaire sign&#233;, entre autre, par Alternative libertaire, le NPA, le PCF et&#8230; les Jeunes Socialistes ! Une brochette de jeunes pousses socialos a d'ailleurs fait le d&#233;placement et attend de rejoindre le cort&#232;ge. Un voisin l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;Ils ont pas honte, quand m&#234;me !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui &#233;taient aux manettes de la Loi El Khomri se trouvent &#224; pr&#233;sent en plein exercice de contrition r&#233;publicaine. En t&#234;te de cort&#232;ge, une d&#233;clinaison locale du Front social tente de jouer l'unit&#233; en d&#233;passant partis et syndicats sur leur gauche. Vaste ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Propagande par l'exemple &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 26 septembre. Les ordonnances sont sign&#233;es, mais Laurent garde la niaque. Encart&#233; &#224; Sud Commerce, l'homme est l'un des animateurs du Front social sur Paris. En quelques mots, il d&#233;crypte la gen&#232;se du mouvement : &#171; &lt;i&gt;Le Front social est le pr&#233;cipit&#233; de la mobilisation contre la loi Travail de l'an dernier. On est parti d'un constat, partag&#233; par des militants SUD et CGT : peu importait le vainqueur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, on allait de toute fa&#231;on en prendre plein la gueule. Il fallait donc s'organiser en amont avec ceux qui &#233;taient d&#233;j&#224; pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre.&lt;/i&gt; &#187; Las de l'habituel exercice de figuration du troisi&#232;me tour &#233;lectoral, ils organisent le premier tour social, &#224; la veille de celui des pr&#233;sidentielles. 2 000 personnes r&#233;pondent &#224; l'appel. Puis le 8 mai, ce sont 8 000 p&#233;kins qui se d&#233;placent. Et l'a&#239;oli continue de monter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique compte aujourd'hui 150 organisations. Syndicats d'entreprise, unions locales, les Goodyear, des comit&#233;s Attac, la compagnie Jolie M&#244;me, G&#233;n&#233;ration ingouvernable, etc. Face au pi&#232;ge de la concertation macronienne, Laurent d&#233;nonce &#171; &lt;i&gt;une neurasth&#233;nie compl&#232;te&lt;/i&gt; &#187; des centrales. Pr&#244;nant &#171; &lt;i&gt;une propagande par le fait et l'exemple&lt;/i&gt; &#187;, il refuse pour autant que le Front social joue le r&#244;le d'aiguillon du mouvement social. &#171; &lt;i&gt;On est en train de revivre ce qui s'est pass&#233; en 2016, avec des &#233;ch&#233;ances &#8211; les deux journ&#233;es d'action, les routiers, les retrait&#233;s, etc. &#8211; qui se pr&#233;cipitent les unes derri&#232;re les autres,&lt;/i&gt; poursuit le syndicaliste. &lt;i&gt;Alors que si on veut gagner et bloquer l'&#233;conomie, il faut faire les uns avec les autres. Tous ensemble, le m&#234;me jour. Car m&#234;me si Macron a sign&#233; les ordonnances, on n'en a pas fini avec sa politique. La loi Travail XXL n'est qu'un hors&#8211;-d'&#339;uvre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie se pense alors sur un tripode : les gr&#232;ves, la jeunesse (le Front social a pouss&#233; &#224; la roue pour que des jeunes battent le pav&#233; avec les retrait&#233;s lors de la journ&#233;e du 28 septembre) et l'unit&#233;. Laurent encore : &#171; &lt;i&gt;On est l&#224; pour cr&#233;er du liant, de la convergence.&lt;/i&gt; &#187; Anticipant la journ&#233;e de mobilisation des fonctionnaires du 10 octobre, le syndicaliste plaide pour un m&#233;lange des genres public/priv&#233;. Et si on a le malheur de lui susurrer que les choses sont quand m&#234;me assez mal barr&#233;es, il d&#233;gaine du Gramsci sur le quai du m&#233;tro : &#171; I&lt;i&gt;l faut allier le pessimisme de la raison &#224; l'optimisme de la volont&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; On ne mendie pas le droit &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-ne-mendie-pas-le-droit</link>
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		<dc:date>2014-09-09T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Soulci&#233;</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Avec ses 150 lieux d'information, le planning familial proc&#232;de &#224; un maillage du territoire. Sexualit&#233;, IVG, homophobie, violences conjugales : la crise &#233;conomique met &#224; vif les rouages d'une soci&#233;t&#233; patriarcale. Aux premi&#232;res loges, les femmes du Planning racontent. Badou et Sabine sont deux salari&#233;es du planning familial de Perpignan. Pour mener &#224; bien les missions de l'association, elles sont appuy&#233;es par une &#233;quipe de b&#233;n&#233;voles dont Jeanne-Louise fait partie. Badou : &#171; Tout le monde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sigrid" rel="tag"&gt;Sigrid&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec ses 150 lieux d'information, le planning familial proc&#232;de &#224; un maillage du territoire. Sexualit&#233;, IVG, homophobie, violences conjugales : la crise &#233;conomique met &#224; vif les rouages d'une soci&#233;t&#233; patriarcale. Aux premi&#232;res loges, les femmes du Planning racontent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH329/p15-cqfd_planning_fam_ogre_sorciere-c30c5.jpg?1779604202' width='400' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Badou et Sabine sont deux salari&#233;es du planning familial de Perpignan. Pour mener &#224; bien les missions de l'association, elles sont appuy&#233;es par une &#233;quipe de b&#233;n&#233;voles dont Jeanne-Louise fait partie. Badou : &#171; &lt;i&gt;Tout le monde pense que les centres du planning familial seront toujours l&#224;, qu'il n'y a plus besoin de lutter, de se battre.&lt;/i&gt; &#187; Sabine : &#171; &lt;i&gt;C'est un peu comme le droit &#224; l'avortement, les gens pensent que depuis 1975 il n'y pas plus de probl&#232;me.&lt;/i&gt; &#187; Jeanne-Louise : &#171; &lt;i&gt; Et puis il y a eu l'Espagne et l&#224; on a eu tr&#232;s peur parce qu'on s'est dit que &#231;a pouvait nous arriver aussi.&lt;/i&gt; &#187; Le 20 d&#233;cembre 2013, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (Parti populaire) adoptait un projet de loi de criminalisation de l'avortement&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hormis deux cas de mise en danger de la vie de la m&#232;re ou de grossesse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. L'onde de choc atteint l'Hexagone o&#249;, apr&#232;s les manifestations anti-mariage pour tous et contre la th&#233;orie du genre, on redoute ce retour &#224; l'ordre moral. Badou : &#171; &lt;i&gt;Quand on a appris pour l'Espagne, on a r&#233;agi tr&#232;s vite. On a organis&#233; une manifestation devant le consulat d'Espagne entre midi et deux o&#249; il y a eu pas mal de monde. Apr&#232;s le Collectif droit des femmes du d&#233;partement a pris le relais.&lt;/i&gt; &#187; A moins de 100 kilom&#232;tres de Perpignan, c&#244;t&#233; espagnol, se situe la ville de G&#233;rone. L&#224;, des cliniques priv&#233;es proposent &#224; des femmes ayant d&#233;pass&#233; le d&#233;lai l&#233;gal d'avortement fran&#231;ais des IVG jusqu'&#224; la 22e semaine de grossesse, pour des tarifs oscillant entre 580 et 3 000 euros. Plus avanc&#233;e est la grossesse, plus sal&#233;e est la facture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux demi-journ&#233;es par semaine, le planning de Perpignan tient des permanences d'&#233;coute et de conseil, anonymes et gratuites autour de la sexualit&#233;, contraception, avortement, violences conjugales, pr&#233;vention. Parall&#232;lement, l'association organise des interventions dans le milieu scolaire et de la formation professionnelle. Dans un des bureaux du planning perpignanais, on peut voir une affiche du Mouvement pour la libert&#233; de l'avortement et de la contraception (Mlac) sur laquelle des femmes, poing lev&#233;, exigent : &#171; &lt;i&gt;On ne mendie pas juste un droit, on se bat pour lui.&lt;/i&gt; &#187; Actif de 1973 &#224; 1975, le Mlac a fait partie de cette conjugaison de forces militantes ayant abouti &#224; l'adoption de la loi sur l'IVG de 1975. Une loi qui, si elle n'est pas ouvertement attaqu&#233;e en France aujourd'hui, s'inscrit dans un contexte de r&#233;gression sociale pas vraiment rassurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La majorit&#233; des demandes qu'on re&#231;oit concerne l'acc&#232;s &#224; l'IVG&lt;/i&gt;, explique Sigrid du planning de Toulouse. &lt;i&gt;Ce qui n'est pas anodin quand tu vois la complexit&#233; des d&#233;marches : par quoi je commence ?, qui je peux aller voir ? &#8211; tu peux tomber sur un professionnel de la sant&#233; anti-IVG, ce qui arrive assez souvent, qui ne va pas te filer les renseignements demand&#233;s. Jusqu'&#224; peu, quand tu faisais une recherche sur Internet, le premier site r&#233;f&#233;renc&#233; &#233;tait ivg.net : un site &#224; l'air tout &#224; fait anodin mais qui ne filait aucune information et &#233;tait en fait un site anti-IVG. Les anti-IVG sont tr&#232;s actifs sur Internet, on re&#231;oit des femmes qui ont essay&#233; d'avoir des infos sur des forums o&#249; les t&#233;moignages sont l&#224; pour les dissuader, en parlant du risque &#233;lev&#233; de l'intervention, le tout nourri de t&#233;moignages horribles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre &#171; &lt;i&gt;l'avortement de confort&lt;/i&gt; &#187; &#233;ruct&#233; par Le Pen et consorts et les psalmodies b&#234;l&#233;es par les bigots des &#171; marches pour la vie &#187;, les messes &#171; pro-vie &#187; et les kermesses de rue labellis&#233;es &#171; manif pour tous &#187;, on ne peut qu'acquiescer lorsque Sabine r&#233;sume : &#171; &lt;i&gt; Dans un contexte de crise g&#233;n&#233;rale, les premi&#232;res personnes &#224; qui on s'en prend, ce sont les femmes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre constat fait dans les accueils des centres du planning : les derni&#232;res saillies des opposants au &#171; mariage pour tous &#187; ont fait sauter les digues d'une homophobie jusque l&#224; plus contenue. Sigrid : &#171; &lt;i&gt;Dans les classes, on a une s&#233;ance autour du genre. Cette ann&#233;e, il a fallu bien expliquer notre d&#233;marche vu le contexte produit par les anti-mariage pour tous et les anti-gender&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opposants &#224; l'enseignement de &#034;la th&#233;orie du genre&#034;.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Le corps enseignant flippe des r&#233;actions des parents, tout le monde devient frileux. Quant &#224; l'homophobie, elle s'est d&#233;complex&#233;e. On peut dire tout et n'importe quoi, que c'est pas naturel, qu'on va les cramer.&lt;/i&gt; &#187; Et Sabine d'ajouter, la voix un peu blanche : &#171; &lt;i&gt;Dans les classes, il y a de moins en moins de retenue de la part des gar&#231;ons. L'homophobie et le sexisme, tout ce qui a trait au culte de la virilit&#233;, explosent. On entend des propos hyper haineux du style si j'ai une fille plus tard, ben &#224; 14 ans je l'enferme.&lt;/i&gt; &#187; Ailleurs, c'est le prof de sport qui motive ses &#233;l&#232;ves en beuglant le toujours d&#233;licat : &#171; &lt;i&gt; Allez, on n'est pas des tapettes !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement f&#233;ministe, le planning a d&#251; faire face &#224; ces deux br&#251;lots, savamment entretenus par la &lt;i&gt;task force&lt;/i&gt; politico-m&#233;diatique : la prostitution et le voile islamique. On sait &#224; quel point ces deux lames de fond ont fractur&#233; les milieux f&#233;ministes. De son c&#244;t&#233;, le planning &lt;a href=&#034;http://www.planning-familial.org/articles/le-planning-et-la-prostitution-00389&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'est prononc&#233;&lt;/a&gt;, au niveau national, contre le projet de loi de p&#233;nalisation des clients, estimant que ce dispositif &#171; &lt;i&gt;p&#233;nalise les personnes prostitu&#233;es en priorit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et a insist&#233; pour que les actions &#224; mener se fassent avec les associations de terrain et en prenant en compte la parole des prostitu&#233;es. A l'int&#233;rieur des plannings, cette position ne fait pas l'unanimit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Ce qui ne pose pas de probl&#232;me vu qu'on n'est pas dans un mouvement sectaire&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Sabine. Quant au voile islamique, Sigrid accueille r&#233;guli&#232;rement des femmes, &#171; &lt;i&gt;qu'elles gardent ou enl&#232;vent leur foulard. On prend en compte les personnes dans leur globalit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Sachant que pour arriver jusqu'au planning, ces derni&#232;res racontent les brimades ou remarques vexatoires qu'elles auront entendu le long du chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Structures fragiles et &#233;minemment politiques, les centres du planning familial ne doivent leur survie qu'&#224; des subventions qui peuvent fluctuer au gr&#233; des diff&#233;rentes mandatures nationales ou locales. On se souvient qu'en 2009, Fillon avait voulu affaiblir l'association en l'amputant de 40 % de ses cr&#233;dits. Ce n'est qu'apr&#232;s une &#233;nergique mobilisation que le Premier ministre sarkozyste avait recul&#233;. &#171; &lt;i&gt;Chaque ann&#233;e on ne sait pas ce qu'on va recevoir. On fait les dossiers de subvention en d&#233;cembre, on a les r&#233;ponses dans l'&#233;t&#233; et on touche l'argent en fin d'ann&#233;e. Chaque association d&#233;partementale est ind&#233;pendante et doit trouver ses propres financements. Ce qui est nouveau, c'est qu'on a &#233;t&#233; oblig&#233;es d'aller chercher de l'argent dans le priv&#233;, vers la Fondation de France. Bon, on n'est pas all&#233;es voir Vinci mais on a d&#251; se replier vers le priv&#233;&lt;/i&gt; &#187;, constate Sigrid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hormis deux cas de mise en danger de la vie de la m&#232;re ou de grossesse r&#233;sultant d'un viol. Le projet de loi est toujours en discussion aujourd'hui au sommet de l'&#233;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Opposants &#224; l'enseignement de &#034;la th&#233;orie du genre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Esclavage patrimonial</title>
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		<dc:date>2013-03-08T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le 31 d&#233;cembre 2012, un rassemblement &#233;tait pr&#233;vu &#224; Perpignan (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) pour soutenir Badia plac&#233;e sous le coup d'une OQTF . Puis tout fut annul&#233;. &#201;puis&#233;e, elle venait d'&#234;tre hospitalis&#233;e. Quelques jours auparavant, elles &#233;taient cinq clandestines &#224; sortir au grand jour pour raconter leur histoire : Badia, Nadia, Kenza, Jamila et Fatima. Cinq femmes sans-papiers ayant en commun, outre leur origine marocaine, de s'&#234;tre &#233;chapp&#233;es d'un enfer conjugal. Fatima : &#171; Je suis rentr&#233;e en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 31 d&#233;cembre 2012, un rassemblement &#233;tait pr&#233;vu &#224; Perpignan (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) pour soutenir Badia plac&#233;e sous le coup d'une OQTF&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais &#8211; Depuis Badia est sortie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Puis tout fut annul&#233;. &#201;puis&#233;e, elle venait d'&#234;tre hospitalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours auparavant, elles &#233;taient cinq clandestines &#224; sortir au grand jour pour raconter leur histoire : Badia, Nadia, Kenza, Jamila et Fatima. Cinq femmes sans-papiers ayant en commun, outre leur origine marocaine, de s'&#234;tre &#233;chapp&#233;es d'un enfer conjugal. Fatima : &lt;i&gt;&#171; Je suis rentr&#233;e en France le 30 avril 2011. Je n'avais jamais eu l'id&#233;e de vivre ici. J'&#233;tais la seule fille de mes parents, j'&#233;tais inscrite &#224; la fac de droit. Mon mari &#233;tait fran&#231;ais et m'avait promis que je pourrais poursuivre mes &#233;tudes en France, qu'on allait faire notre maison mais on est rest&#233;s dans sa famille. On est huit &#224; la maison, je suis la derni&#232;re &#224; manger. Il m'a interdit la fac, de regarder la t&#233;l&#233; ou de parler &#224; mes parents au Maroc. C'est mon beau-p&#232;re qui est m&#233;chant : si je casse quelque chose dans la cuisine, il le dit &#224; son fils et il me tape et m'insulte. &#187;&lt;/i&gt; &#193; bout de forces, Fatima a appel&#233; un cousin &#224; l'aide qui a fait intervenir une association : &lt;i&gt;&#171; Ils ont constat&#233; les bleus sur mon corps. Mais les gendarmes du village ont dit que j'&#233;tais une menteuse. Qu'est-ce qu'on peut faire ? On ne sait rien de la loi fran&#231;aise. &#187;&lt;/i&gt; Fatima s'est enfuie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques nuances pr&#232;s, la m&#234;me histoire sera d&#233;clin&#233;e par les autres femmes. Jamila : &lt;i&gt;&#171; En arrivant en France, j'ai compris que mon mari m'avait menti. Il m'avait dit qu'il avait une seule fille alors qu'il avait neuf enfants ! Personne ne m'a accept&#233;e dans la belle-famille : ni les enfants, ni la belle-m&#232;re. On m'a trait&#233;e de sale &#233;trang&#232;re, de sale Marocaine. Quand j'appelais ma m&#232;re au bled, on m'obligeait &#224; parler en fran&#231;ais. Mon mari a commenc&#233; &#224; m'insulter, &#224; me taper, &#224; me cracher au visage. Un jour, il a appel&#233; l'assistante sociale : il a dit que je l'avais &#233;pous&#233; uniquement pour les papiers, que j'avais traumatis&#233; ses enfants. Alors que moi, tous les jours, de 6 heures du matin &#224; 11 heures du soir, je m'occupe d'eux et du m&#233;nage. &#187;&lt;/i&gt; La suite ? La fuite l&#224; aussi, l'h&#233;bergement dans un&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH638/107-lindingre-7fb87.png?1779602977' width='400' height='638' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lindingre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;foyer, l'errance dans une ville qu'elle ne conna&#238;t pas. &lt;i&gt;&#171; Depuis le 20 ao&#251;t je suis sans papiers. Mon mari est parti &#224; Calais et je dois aller l&#224;-bas si je veux divorcer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la nasse dans laquelle sont pi&#233;g&#233;es ces femmes, il faut se r&#233;f&#233;rer au Code de l'entr&#233;e et du s&#233;jour des &#233;trangers et du droit d'asile, notamment &#224; son article L314-9, alin&#233;a 3, qui accorde une carte de r&#233;sident de dix ans au conjoint &#233;tranger d'un ressortissant fran&#231;ais &#224; condition que le mariage ait plus de trois ans et surtout que la communaut&#233; de vie entre les &#233;poux n'ait pas cess&#233;. En quittant le domicile conjugal avant le d&#233;lai requis, ces femmes ont rompu avec cette disposition et ne peuvent plus pr&#233;tendre &#224; un quelconque droit de s&#233;jour. Cette r&#233;glementation, adopt&#233;e en 2003, vise &#224; lutter contre ces mariages dits &#171; gris &#187; : sorte d'escroquerie sentimentale o&#249; le ressortissant fran&#231;ais se fait duper par son conjoint &#233;tranger uniquement m&#251; par le dessein de se procurer des papiers. On se souvient qu'&#201;ric Besson, alors ministre de l'Immigration sous Sarkozy, en avait fait sa marotte. En 2009, il avait nomm&#233; l'UMP Claude Greff &#224; la t&#234;te d'un groupe de travail sur la question. Co&#239;ncidence, la m&#234;me Greff fait partie de l'Anvi&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association nationale des victimes de l'ins&#233;curit&#233;.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, association connue pour son lobbying sur le mariage gris et soutenue par des pointures radicales de l'UMP tels &#201;tienne Mourrut (un temps partisan du r&#233;tablissement de la peine de mort) et Jean-Marc Roubaud (favorable au d&#233;lit de blasph&#232;me). Leur credo : punir celles et ceux qui d&#233;tournent le mariage &#224; des fins migratoires. Et tant pis si le dispositif finit de pi&#233;tiner les pr&#233;tendues coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Badia se souvient de son arrestation alors qu'elle avait fui le domicile conjugal : &lt;i&gt;&#171; Un jour, j'&#233;tais dans le bus, ma belle-s&#339;ur m'a reconnue. Elle a fait un scandale et pass&#233; des coups de fil. Trois voitures de police ont d&#233;boul&#233;. Plus de vingt policiers, comme si j'avais tu&#233; quelqu'un ! La police a gard&#233; mon permis de conduire. Heureusement que je ne leur ai pas donn&#233; mon passeport, sinon je ne serais d&#233;j&#224; plus l&#224;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour au bled alors comme unique solution ? Fatima : &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas retourner au Maroc. Chez nous, c'est la honte, les femmes qui divorcent. &#187;&lt;/i&gt; Et Badia de conclure : &lt;i&gt;&#171; Au Maroc on avait fait des &#233;tudes, on &#233;tait prot&#233;g&#233;es par la famille, on pouvait sortir. On imaginait qu'en France, la femme avait des droits mais c'est que des paroles. Les hommes qui partent chercher des femmes au Maghreb, ils savent qu'ils vont trouver une esclave. Personne n'accepterait cette souffrance. Il y avait ma mort contre les papiers. Il faut qu'on supprime cette loi qui nous attache aux hommes. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais &#8211; Depuis Badia est sortie de l'h&#244;pital et l'OQTF a &#233;t&#233; momentan&#233;ment suspendue par le pr&#233;fet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association nationale des victimes de l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mauvaise m&#233;moire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Mauvaise-memoire</link>
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		<dc:date>2012-03-26T04:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Aurel</dc:subject>
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		<dc:subject>Cercle alg&#233;rianiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 19 mars 2012, l'Alg&#233;rie f&#234;tera le cinquantenaire de son ind&#233;pendance. Une pilule que n'a toujours pas dig&#233;r&#233;e une partie de la communaut&#233; pied-noire. &#192; Perpignan, un mus&#233;e revisite cent trente ans d'Alg&#233;rie fran&#231;aise selon le prisme colonial. Visite guid&#233;e. Un petit groupe a fait le trajet depuis B&#233;ziers et s'arr&#234;te devant un tableau, une sc&#232;ne de torture ou d'ex&#233;cution sommaire, orn&#233; d'une mise en garde : &#171; Vous serez tous liquid&#233;s, c'est la terreur, le FLN a lanc&#233; son mot d'ordre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no97-fevrier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;97 (f&#233;vrier 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aurel" rel="tag"&gt;Aurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mot-d-ordre" rel="tag"&gt;Mot d'ordre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Perpignan" rel="tag"&gt;Perpignan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicole-Guiraud" rel="tag"&gt;Nicole Guiraud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-un-dit" rel="tag"&gt;L'un dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-autre-ajoute" rel="tag"&gt;L'autre ajoute&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-appelle-Nicole" rel="tag"&gt;s'appelle Nicole&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petit-groupe" rel="tag"&gt;petit groupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peintre-s-appelle" rel="tag"&gt;peintre s'appelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cercle-algerianiste" rel="tag"&gt;Cercle alg&#233;rianiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 19 mars 2012, l'Alg&#233;rie f&#234;tera le cinquantenaire de son ind&#233;pendance. Une pilule que n'a toujours pas dig&#233;r&#233;e une partie de la communaut&#233; pied-noire. &#192; Perpignan, un mus&#233;e revisite cent trente ans d'Alg&#233;rie fran&#231;aise selon le prisme colonial. Visite guid&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un petit groupe a fait le trajet depuis B&#233;ziers et s'arr&#234;te devant un tableau, une sc&#232;ne de torture ou d'ex&#233;cution sommaire, orn&#233; d'une mise en garde : &lt;i&gt;&#171; Vous serez tous liquid&#233;s, c'est la terreur, le FLN a lanc&#233; son mot d'ordre de guerre totale et sans merci. &#187;&lt;/i&gt; L'un dit : &lt;i&gt;&#171; Je crois que le peintre s'appelle Nicole Guiraud, c'est une franco-alg&#233;rienne. &#187;&lt;/i&gt; L'autre ajoute : &lt;i&gt;&#171; Elle a perdu un bras. C'&#233;tait au Milk-Bar d'Alger en 1956. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; &#201;videmment, tout &#231;a est marqu&#233; dans sa chair &#187;&lt;/i&gt;, conclut un dernier en d&#233;signant l'ensemble des tableaux. L'accent est pied-noir. Normal, ce lieu leur est d&#233;di&#233;. Bienvenue au Centre de documentation des Fran&#231;ais d'Alg&#233;rie de Perpignan, inaugur&#233; en grande pompe le 29 janvier 2012 par le maire UMP de la ville, Jean-Marc Pujol (lui-m&#234;me rapatri&#233;), et le ministre de la D&#233;fense, G&#233;rard Longuet, bien connu pour ses flirts de jeunesse avec l'extr&#234;me droite radicale. Une inauguration o&#249; l'&#233;missaire &#233;lys&#233;en a eu du mal avec un public toujours aussi allergique &#224; la moindre r&#233;f&#233;rence gaullienne. Heureusement, il a su coller au texte de ses antis&#232;ches sarkozystes : &lt;i&gt;&#171; Je vous affirme que cette ann&#233;e 2012, cinquantenaire de la fin de la guerre d'Alg&#233;rie, sera l'ann&#233;e du souvenir et du recueillement, et s&#251;rement pas celle de la repentance. &#187;&lt;/i&gt; Cent trente ans de colonisation ?&lt;i&gt; &#171; Une formidable aventure. &#187;&lt;/i&gt; Les colons fran&#231;ais ? &lt;i&gt;&#171; Des hommes et des femmes &#187;&lt;/i&gt; qui auront &lt;i&gt;&#171; &#339;uvr&#233; &#224; la grandeur de la France &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; pour la grille de lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hasards du calendrier : la fille Le Pen tenait meeting &#224; Perpignan ce m&#234;me jour et le Cercle alg&#233;rianiste y cl&#244;turait son congr&#232;s national devant pas moins de deux mille fid&#232;les. &#192; ceux qui s'&#233;tonneraient d'une telle ferveur patriotique dans la pr&#233;fecture des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, il convient de rappeler que sur les trente mille pieds-noirs qui d&#233;barqu&#232;rent en 1962 dans le d&#233;partement, une bonne moiti&#233; se fix&#232;rent &#224; Perpignan. &lt;i&gt;&#171; D&#232;s leur arriv&#233;e, les rapatri&#233;s d'Alg&#233;rie se sont regroup&#233;s dans des associations &#224; caract&#232;re revendicatif concernant notamment l'indemnisation des biens perdus, le reclassement professionnel et le logement. Ces associations ont &#233;galement jou&#233; un r&#244;le politique afin d'essayer de se comporter en &#8220;lobby&#8221; &#187;&lt;/i&gt;, explique Philippe Bouba, auteur d'un bouquin sur la question&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Bouba, L'Arriv&#233;e des pieds-noirs en Roussillon en 1962, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Depuis, le vote pied-noir,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH472/97aurel-la-valise-ou-le-cercueil-9dfd0.png?1779609179' width='400' height='472' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Aurel
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;majoritairement ancr&#233; &#224; droite, n'a eu de cesse de se faire courtiser par les divers bords politiques de la cit&#233; catalane. Pas &#233;tonnant donc que le d&#233;partement regorge de stigmates de la pr&#233;sence fran&#231;aise outre-M&#233;diterran&#233;e : la st&#232;le Sidi Ferruch&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1830, la presqu'&#238;le de Sidi-Ferruch vit d&#233;barquer l'arm&#233;e fran&#231;aise en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#224; Port-Vendres, le rond-point Marcel Bigeard &#224; Banyuls, la st&#232;le OAS&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organisation arm&#233;e secr&#232;te, structure politico-militaire clandestine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, le Mur des disparus&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;morial contenant une liste de 2 619 disparus au nom de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#224; Perpignan&#8230; Dans la commune du Barcar&#232;s se tient annuellement un Salon du savoir-faire pied-noir. Seule invit&#233;e politique de l'&#233;dition 2011, la Le Pen y d&#233;clara son intention de bannir la date du 19 mars 1962 de l'histoire fran&#231;aise. En guise de r&#233;compense, les organisateurs lui remirent un &#171; Pied-noir &#187; d'or avant d'enfoncer le clou : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes rentr&#233;s un million, nous sommes aujourd'hui trois millions de votants. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On ne peut pas dire que tous les pieds-noirs se retrouvent au sein des id&#233;es du Front national m&#234;me s'il est vrai que pas mal de leaders de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise ont &#233;t&#233; ou sont au FN &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Philippe. Jacky Mall&#233;a est responsable r&#233;gional de l'&lt;a href=&#034;http://www.anpnpa.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Association nationale des pieds-noirs progressistes&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes oppos&#233;s aux pieds-noirs purs et durs, revanchards et racistes. On n'est pas contre un centre de documentation, &#224; condition qu'il soit pilot&#233; par des historiens et des scientifiques, ce qui &#233;tait pr&#233;vu par la municipalit&#233; pr&#233;c&#233;dente. On ne peut pas &#233;crire l'histoire de la pr&#233;sence fran&#231;aise en Alg&#233;rie uniquement avec des documents de source pied-noire. Il faut expliquer comment la France est arriv&#233;e l&#224;-bas, comment elle a spoli&#233; les terres des Arabes et pressur&#233; les populations locales. &#187;&lt;/i&gt; Un objectif qui semble &#224; des ann&#233;es-lumi&#232;re du Cercle alg&#233;rianiste, association de rapatri&#233;s &#224; laquelle a &#233;t&#233; confi&#233; le pilotage du centre. Et accessoirement un budget de 1,8 million d'euros. Pr&#233;cisons que Thierry Rolando, pr&#233;sident national du Cercle alg&#233;rianiste, est un chaud partisan de l'enseignement du &lt;i&gt;&#171; r&#244;le positif &#187;&lt;/i&gt; de la colonisation fran&#231;aise&#8230; &lt;i&gt;&#171; Il ne faut pas oublier que ce centre sera ouvert aux &#233;coles : quelle vision du colonialisme fran&#231;ais vont avoir les enfants ? &#187;&lt;/i&gt; s'interroge Jacky. La r&#233;ponse est peut-&#234;tre au premier &#233;tage du mus&#233;e o&#249;, au milieu des reliques militaires fran&#231;aises, un panneau p&#233;dagogique annonce la couleur : &lt;i&gt;&#171; Coloniser, c'est peupler et mettre en valeur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Philippe Bouba, &lt;a href=&#034;http://www.trabucaire.com/index.php?page=shop.product_details&amp;flypage=bookshop-flypage.tpl&amp;product_id=32&amp;category_id=4&amp;writer_id=12&amp;option=com_virtuemart&amp;Itemid=5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Arriv&#233;e des pieds-noirs en Roussillon en 1962&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;ditions Trabucaire, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 1830, la presqu'&#238;le de Sidi-Ferruch vit d&#233;barquer l'arm&#233;e fran&#231;aise en route pour la conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Organisation arm&#233;e secr&#232;te, structure politico-militaire clandestine militant pour l'Alg&#233;rie fran&#231;aise de 1961 &#224; 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#233;morial contenant une liste de 2 619 disparus au nom de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise entre 1954 et 1963 dont 400 militaires du contingent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De trop gentils Chibanis</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il n'y a pas que la canicule qui d&#233;zingue nos vieux. Les organismes sociaux aussi. Les Chibanis, ces &#171; hommes aux cheveux blancs &#187; venus jusqu'ici manier la truelle pendant les Trente Glorieuses, sont somm&#233;&#233;s de passer leur retraite miteuse loin du Maroc et des leurs. Sinon ?&#8230; &#171; &#199;a a commenc&#233; en d&#233;cembre 2009&#8230; En rentrant du bled, j'ai trouv&#233; une lettre de la CAF. Elle disait que, pendant mon absence, le contr&#244;leur &#233;tait pass&#233;, qu'il ne m'avait pas trouv&#233; et que je devais rembourser 9 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no90-juin-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;90 (juin 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Perpignan" rel="tag"&gt;Perpignan&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/organismes" rel="tag"&gt;organismes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a pas que la canicule qui d&#233;zingue nos vieux. Les organismes sociaux aussi. Les Chibanis, ces &#171; hommes aux cheveux blancs &#187; venus jusqu'ici manier la truelle pendant les Trente Glorieuses, sont somm&#233;&#233;s de passer leur retraite miteuse loin du Maroc et des leurs. Sinon ?&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH559/nardochibanis-20bd1.png?1779604498' width='400' height='559' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; &#199;a a commenc&#233;&lt;/strong&gt; en d&#233;cembre 2009&#8230; En rentrant du bled, j'ai trouv&#233; une lettre de la CAF. Elle disait que, pendant mon absence, le contr&#244;leur &#233;tait pass&#233;, qu'il ne m'avait pas trouv&#233; et que je devais rembourser 9 000 euros. Voil&#224; comment elle nous traite, la France ! On a perdu notre vie pour construire ce pays et maintenant il ne nous reste rien ! &#187;&lt;/i&gt; Un m&#233;lange de lassitude, d'amertume et de col&#232;re se lit sur le visage creus&#233; de Mohamed&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour pr&#233;server leur anonymat, les pr&#233;noms des Chibanis ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce vieux Marocain est arriv&#233; en France en 1965, laissant femme et enfants au pays. Ouvrier dans le b&#226;timent, il a &#233;cum&#233; les chantiers &#224; Pau, Saint-&#201;tienne, Toulouse puis Perpignan. D&#233;clar&#233;, le travail ? &lt;i&gt;&#171; Des fois oui, des fois non. Y avait des patrons qui ne t'embauchaient que si tu acceptais de travailler au noir. &#187;&lt;/i&gt; Une piaule en location, et de l'argent envoy&#233; au bled r&#233;guli&#232;rement pour faire vivre les siens. Une affaire qui va durer 45 ans avec, en bout de course, une retraite qui ne p&#232;se pas bien lourd. Qui finit m&#234;me par ne plus rien peser du tout, quand les organismes sociaux d&#233;cident de couper les allocs !
Le 7 avril dernier, le tribunal correctionnel de Perpignan a d&#233;clar&#233; coupables trois Chibanis de fraude et fausse d&#233;claration aux organismes sociaux. La douloureuse est sal&#233;e : une amende de 1 000 euros assortie d'un remboursement des aides sociales (APL, minimum vieillesse, etc.) ind&#251;ment per&#231;ues, aides dont le montant peut atteindre des milliers d'euros ! Pfff, une bricole, quand on sait que le revenu mensuel des Chibanis les plus fortun&#233;s atteint royalement les deux cents euros par mois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petite explication : pour b&#233;n&#233;ficier des prestations sociales, il faut r&#233;sider en France, et les s&#233;jours &#224; l'&#233;tranger ne sont autoris&#233;s qu'en de&#231;&#224; d'une certaine dur&#233;e &#8211; trois mois pour la CAF, six mois pour la Caisse d'assurance retraite et de la sant&#233; au travail (Carsat)&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organisme qui verse, entre autres, l'allocation de solidarit&#233; aux personnes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. De fait, chaque allocataire est tenu de d&#233;clarer aux caisses ses dates de d&#233;part et de retour. Une obligation r&#233;glementaire dont les Chibanis n'ont jamais &#233;t&#233; inform&#233;s&#8230; Et comment l'auraient-ils &#233;t&#233;, la majorit&#233; d'entre eux parlant et lisant mal le fran&#231;ais ? Hassan l'a mauvaise : &lt;i&gt;&#171; On pensait qu'arriv&#233;s &#224; la retraite, on pourrait rentrer un peu plus chez nous, passer du temps avec la famille. On ne savait pas qu'on ne devait pas rester plus de tant de mois au bled. On n'est pas des escrocs ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le pass&#233;, il n'&#233;tait pas rare que les agents de la CAF exigent les passeports des retrait&#233;s marocains pour leur verser leurs allocations. En 2009, la Haute autorit&#233; de lutte contre les discriminations et pour l'&#233;galit&#233; (la Halde) s'est prononc&#233;e contre ces pratiques jug&#233;es discriminatoires. Qu'importe, les caisses ont trouv&#233; de nouveaux moyens pour conna&#238;tre les dates pr&#233;cises des escapades chibanesques, notamment en nouant un partenariat efficace avec la police marocaine. &lt;i&gt;
&#171; Lors du proc&#232;s, les organismes sociaux ont fait valoir des documents de la police aux fronti&#232;res fran&#231;aises &#233;tablis en concertation avec la police marocaine&lt;/i&gt;, explique &#224; &#171; CQFD &#187; Me Chninif, avocat des Chibanis. &lt;i&gt;Ces papiers, recensant les entr&#233;es et sorties du territoire marocain des pr&#233;venus, sont sans tampon ni signature, donc d&#233;nu&#233;s de toute valeur juridique. Ce d'autant plus qu'il n'existe aucune convention entre le Maroc et la France permettant la production de tels documents. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Perpignan, plus de cent cinquante Chibanis seraient dans le collimateur des organismes sociaux. Certains ont &#233;t&#233; vir&#233;s de leur logement, les proprios ne touchant plus d'APL. D'autres ont &#233;t&#233; mis en demeure par la S&#233;cu de rembourser des m&#233;dicaments alors qu'ils b&#233;n&#233;ficiaient de la CMU. Une v&#233;ritable nasse administrative. Mohamed s'&#233;nerve : &lt;i&gt;&#171; Rien que pour envoyer une lettre &#224; Montpellier, entre l'&#233;crivain public, les photocopies et les timbres, il te faut vingt euros ! Tu fais comment quand tu ne touches plus que quinze euros de retraite par mois ? J'en connais une dizaine qui ont craqu&#233;, qui sont rentr&#233;s au Maroc. &#187;&lt;/i&gt; Mais peut-&#234;tre est-ce le but&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hortensia, membre du comit&#233; SOS Chibanis, les choses sont claires : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes en contact avec d'autres collectifs mais c'est ici, &#224; Perpignan, que les situations sont le plus dramatiques. Ces personnes n'ont m&#234;me plus de quoi manger. Encore une fois, nous servons de laboratoire : les autorit&#233;s frappent fort, et attendent de voir les r&#233;actions. Si leur strat&#233;gie passe, elles &#233;tendront le dispositif &#224; toute la France. &#187; &lt;/i&gt; Le 20 juin, les collectifs de soutien de Toulouse, Montpellier, Marseille et Perpignan se retrouvent devant la Carsat de Montpellier. Il y a urgence, Amine n'a pas revu sa l&#233;gitime depuis un an et demi. Il conclut, dans un &#233;clat de rire : &lt;i&gt;&#171; Faut faire vite maintenant, hein, parce que sinon nos femmes vont nous foutre dehors ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour pr&#233;server leur anonymat, les pr&#233;noms des Chibanis ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Organisme qui verse, entre autres, l'allocation de solidarit&#233; aux personnes &#226;g&#233;es. Depuis 2006, il faut r&#233;sider en France pour la percevoir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>L'ADN sans-g&#234;ne</title>
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		<dc:date>2011-05-02T05:29:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>B&#233;r&#233;nice Kalo</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le 17 mars, Philippe Galano, de la CGT, passait pour la troisi&#232;me fois en jugement pour refus de pr&#233;l&#232;vement d'ADN &#224; Perpignan. Ce maniaque avait s&#233;questr&#233; la direction d'Autoroutes du Sud de la France (ASF), en 2003, pour protester contre des licenciements abusifs. Le 31 mars, Alain Mosconi et F&#233;lix Da Gregorio, deux militants du syndicat des Travailleurs corses marins, passaient en appel &#224; Bastia pour avoir aussi refus&#233; de cracher dans le buvard. Ces deux pirates avaient d&#233;tourn&#233; le navire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 17 mars, Philippe Galano, de la CGT, passait pour la troisi&#232;me fois en jugement pour refus de pr&#233;l&#232;vement d'ADN &#224; Perpignan. Ce maniaque avait s&#233;questr&#233; la direction d'Autoroutes du Sud de la France (ASF), en 2003, pour protester contre des licenciements abusifs. Le 31 mars, Alain Mosconi et F&#233;lix Da Gregorio, deux militants du syndicat des Travailleurs corses marins, passaient en appel &#224; Bastia pour avoir aussi refus&#233; de cracher dans le buvard. Ces deux pirates avaient d&#233;tourn&#233; le navire Pascal Paoli de la SNCM, contestant la privatisation de la flotte au profit de la soci&#233;t&#233; Veolia (ex-Vivendi). Le 3 mai prochain, ce sera au tour de Xavier Mathieu &#8211; de Continental &#8211;, pour le m&#234;me refus de se plier aux lois divines de la police scientifique&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rassemblement le 3 mai &#224; 13 h 30 au TGI de Compi&#232;gne (Oise).&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le sauvage avait particip&#233; au saccage de la pr&#233;fecture de Compi&#232;gne pour lutter contre le licenciement des 1 120 salari&#233;s de l'usine. &lt;i&gt;&#171; En nous soumettant au fichage ADN, on veut faire passer les syndicalistes qui imposent un rapport de force muscl&#233; aux dirigeants pour des criminels&lt;/i&gt;, explique Xavier Mathieu. &lt;i&gt;Non seulement les patrons et l'&#201;tat bafouent les int&#233;r&#234;ts des gens ordinaires, mais il faudrait qu'on grossisse les fichiers liberticides qui se multiplient. On se bat contre les OGM, contre le clonage, et contre tout type de manipulation g&#233;n&#233;tique. Le vivant, et a fortiori mon corps, ne sont pas des chiffres ! &#187; &lt;/i&gt; Et y a pas d'arrangement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Rassemblement le 3 mai &#224; 13 h 30 au TGI de Compi&#232;gne (Oise).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vos oranges, vous les aimez sanguines ? </title>
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		<dc:date>2010-11-23T16:15:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;Boycott &#8211; D&#233;sinvestissement &#8211; Sanction (BDS), tel est le nom de la campagne internationale visant &#224; frapper Isra&#235;l au porte-monnaie. En France, la machine judiciaire a &#233;t &#233; r&#233;quisitionn&#233;e pour r&#233;primer tout appel &#224; la mobilisation des &#171; citoyens-consommateurs &#187; . LE 15 MAI 2010, trente-cinq militants du &#171; Collectif 66 paix et justice en Palestine &#187; s'invitent au supermarch&#233; Carrefour de Perpignan. Le titre des tracts distribu&#233;s annonce la couleur : &#171; Carrefour complice de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/complice" rel="tag"&gt;complice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.bdsfrance.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boycott &#8211; D&#233;sinvestissement &#8211; Sanction (BDS)&lt;/a&gt;, tel est le nom de la campagne internationale visant &#224; frapper Isra&#235;l au porte-monnaie. En France, la machine judiciaire a &#233;t &#233; r&#233;quisitionn&#233;e pour r&#233;primer tout appel &#224; la mobilisation des &#171; citoyens-consommateurs &#187; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE 15 MAI 2010, trente-cinq militants du &#171; Collectif 66 paix et justice en Palestine &#187; s'invitent au supermarch&#233; Carrefour de Perpignan. Le titre des tracts distribu&#233;s annonce la couleur :&lt;i&gt; &#171; Carrefour complice de la colonisation en Palestine ! Carrefour complice de l'apartheid isra&#233;lien ! &#187;&lt;/i&gt; Au rayon fruits et l&#233;gumes, Yamina, arm&#233;e de deux paquets de poivrons bio, donne de la voix : &lt;i&gt;&#171; Mesdames et messieurs, ne soyez pas complice d'un Etat criminel, d'un Etat voleur de terre, d'un &#201;tat assassin de civils ! N'achetez pas des produits qui sont marqu&#233;s venant d'Isra&#235;l alors qu'ils viennent en fait de terres palestiniennes, de terres vol&#233;es ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ligne de mire des manifestants, le juteux business entre Carrefour et Agrexco&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article consacr&#233; &#224; cette honorable soci&#233;t&#233; dans CQFD n&#176;72.&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; , soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne d'exportation de produits agricoles. Agrexco est connu pour
commercialiser des fruits et l&#233;gumes issus des colonies dont l'exportation est contraire au droit international. Cerise sur le g&#226;teau, le groupe Carrefour s'enorgueillit d'avoir adopt&#233; depuis 2000 une charte d'engagement pour la protection des droits de l'homme. Membre du collectif, Bernard explique :&lt;i&gt;&#171; On voulait montrer &#224; l'encadrement du magasin qu'entre ce qui est &#233;crit dans leur charte et leur pratique, il y a un monde. Sauf que, bien &#233;videmment, aucun cadre du magasin n'avait entendu parler de la fameuse charte. Ce truc est compl&#232;tement pipeau, c'est de la pure com'. Parmi nous, il y avait un tiers de jeunes d'origine maghr&#233;bine et une femme voil&#233;e, et l&#224;, en face de nous, on a vu les chefs de rayons s'&#233;nerver : c'est pas les Arabes qui vont venir faire la loi dans le magasin ! On a film&#233; notre action, et c'est d'ailleurs le film qui nous a mis dedans. &#187;&lt;/i&gt; Durant l'&#233;t&#233;, trois membres du collectif apprennent qu'ils sont poursuivis pour provocation &#224; la discrimination, haine et violence raciale. M&#234;me sc&#233;nario pour des actions similaires dans d'autres villes comme &#224; Bordeaux, Mulhouse et Pontoise. Peine encourue : 45 000 euros d'amende et trois ans de prison. Alliot-Marie avait pourtant pr&#233;venu. Invit&#233;e &#224; un d&#238;ner du Crif en f&#233;vrier 2010, la garde des Sceaux avait menac&#233; : &lt;i&gt;&#171; Je n'accepte pas que des personnes, responsables associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au boycott de produits au motif qu'ils sont kasher ou qu'ils proviennent d'Isra&#235;l. [...] J'ai donc adress&#233; une circulaire aux parquets g&#233;n&#233;raux,leur demandant d'identifier et de signaler tous les actes de provocation &#224; la discrimination. &#187;&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, Bernard, lui aussi inculp&#233;, de commenter : &lt;i&gt;&#171; Au fond, cette campagne BDS participe &#224; l'isolement d'Isra&#235;l, et &#231;a les emmerde. Notre avocat nous expliquait qu'en g&#233;n&#233;ral les procureurs ne se mouillaient pas trop sur les affaires de discrimination parce que c'est tr&#232;s d&#233;licat &#224; prouver mais l&#224;, ils sont harcel&#233;s jusqu'&#224; ce qu'ils fassent suivre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de la plainte, un homme bien connu des services de police mais pas pour les raisons habituelles. Lui est un ancien de la maison poulaga. Sammy Ghozlan, pr&#233;sident du Bureau national de vigilance contre l'antis&#233;mitisme&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Bnvca s'est rendu c&#233;l&#232;bre en 2004 pour avoir m&#233;diatis&#233; &#224; outrance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et membre du comit&#233; directeur du Crif,traque les antis&#233;mites partout, y compris sur Internet. C'est lors d'un de ces preux surfs qu'il est tomb&#233; sur la vid&#233;o mettant en sc&#232;ne les militants perpignanais. &#192; lui seul, il est &#224; l'origine de quatre-vingt plaintes du m&#234;me acabit. C'est s&#251;rement pour ces hauts faits que Hortefeux lui a remis les insignes de chevalier de la L&#233;gion d'honneur en juillet dernier. St&#233;phane Hessel, 93 ans,derni&#232;re victime en date de Ghozlan, est bien s&#251;r un antis&#233;mite de la pire esp&#232;ce : ancien r&#233;sistant d&#233;port&#233; &#224; Buchenwald, ancien ambassadeur, notamment en Isra&#235;l, cor&#233;dacteur de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme de 1948. C'est pour avoir vu en la campagne BDS &#171; une strat&#233;gie morale qui a d&#233;montr&#233; son potentiel de r&#233;ussite &#187;&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.ldh-toulon.net/spip.php?article3936.&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; que le v&#233;n&#233;rable humaniste est &#224; son tour poursuivi en justice.&lt;i&gt; &#171; Le but de Ghozlan,&lt;/i&gt; d&#233;taille Bernard, &lt;i&gt;est de saper cette campagne. On est dans la logique des faucheurs volontaires avec d'un c&#244;t&#233; cette criminalisation du mouvement social et de l'autre une volont&#233; de mettre les militants sur la paille. La premi&#232;re instance du proc&#232;s nous co&#251;te d&#233;j&#224; 8 000 euros. Ce qu'on esp&#232;re, c'est retourner l'affaire et s'en servir pour faire conna&#238;tre notre action. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conna&#238;tre ? Le 1er novembre, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; publiait un appel justifiant la r&#233;pression de la campagne de boycott, &lt;i&gt;&#171; arme indigne &#187;&lt;/i&gt; selon les p&#233;titionnaires. Bruckner, Finkielkraut et BHL , figuraient, entre autres, parmi les courageux signataires. Si nos plus brillants intellectuels montent au cr&#233;neau, c'est que la chose doit commencer &#224; agacer s&#233;v&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article consacr&#233; &#224; cette honorable soci&#233;t&#233; dans &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Agrobusiness-colonial'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;72&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Bnvca s'est rendu c&#233;l&#232;bre en 2004 pour avoir m&#233;diatis&#233; &#224; outrance l'affaire de la fausse agression antis&#233;mite du RER D.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3936&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.ldh-toulon.net/spip.php?article3936&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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