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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Fume, c'est du belge ! &#187;</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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&lt;p&gt;On l'a oubli&#233; depuis longtemps, mais cette expression nous replonge au c&#339;ur de l'intense contrebande de tabac qui animait la fronti&#232;re franco-belge entre la fin du XIXe si&#232;cle et l'entre-deux-guerres. Une activit&#233; de nouveau en plein essor depuis que l'&#201;tat fran&#231;ais, continuellement d&#233;sargent&#233;, a d&#233;cid&#233; de renflouer ses caisses sur le dos des adeptes de la sucette &#224; cancer. &#171; Voler l'&#201;tat, c'est voler un voleur et le bon Dieu ne fait qu'en rire. &#187; Cet autre dicton, du m&#234;me tonneau, vient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On l'a oubli&#233; depuis longtemps, mais cette expression nous replonge au c&#339;ur de l'intense contrebande de tabac qui animait la fronti&#232;re franco-belge entre la fin du XIXe si&#232;cle et l'entre-deux-guerres. Une activit&#233; de nouveau en plein essor depuis que l'&#201;tat fran&#231;ais, continuellement d&#233;sargent&#233;, a d&#233;cid&#233; de renflouer ses caisses sur le dos des adeptes de la sucette &#224; cancer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Voler l'&#201;tat, c'est voler un voleur et le bon Dieu ne fait qu'en rire. &#187; Cet autre dicton, du m&#234;me tonneau, vient &#224; point nomm&#233; nous rappeler que le ph&#233;nom&#232;ne poss&#232;de des racines historiques profondes. Import&#233; au milieu du XVIe si&#232;cle par Jean Nicot pour soigner les migraines chroniques du roi, le tabac est tr&#232;s rapidement, d'abord par Richelieu puis par Colbert, soumis &#224; des droits de douane exorbitants et &#224; un monopole sourcilleux de la puissance publique. D&#232;s lors, le trafic d'herbe &#224; Nicot se d&#233;veloppe partout en France o&#249; les avantages g&#233;ographiques le favorisent.
En Normandie, la noblesse locale monte de v&#233;ritables soci&#233;t&#233;s de fraudeurs, dans lesquelles se c&#244;toient commer&#231;ants, cabaretiers, braconniers et corsaires, pour alimenter de juteux transbordements entre les &#238;les anglo-normandes et des entrep&#244;ts clandestins situ&#233;s sur le continent. De quoi faire p&#226;lir l'aur&#233;ole du Roi-Soleil ! Au sud de l'estuaire de la Loire, Noirmoutier, Yeu et Bouin b&#233;n&#233;ficient de franchises insulaires sur le sel et le tabac, lequel, achemin&#233; depuis la Virginie, se pla&#238;t &#224; merveille sur ces terres ensoleill&#233;es. Une occasion en or pour nombre de marchands anglais, hollandais et fran&#231;ais peu scrupuleux qui alimentent nuitamment Nantes et sa r&#233;gion jusqu'au XVIIIe si&#232;cle. Les zones de montagne sont elles aussi propices &#224; l'activit&#233; contrebandi&#232;re. Dans le Jura notamment, on pratique, &#233;t&#233; comme hiver, le &lt;i&gt;&#171; grand m&#233;tier &#187;&lt;/i&gt; en trimballant au p&#233;ril de sa vie tabac et allumettes depuis la Suisse voisine. Dans le nord et l'est du pays, les &lt;i&gt;&#171; passeurs du clair de lune &#187;&lt;/i&gt; convoient, certains jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1960, des chargements de dizaines de kilos de tabac belge non tax&#233; &#224; l'aide de chiens dress&#233;s pour couvrir cinquante kilom&#232;tres en un peu plus d'une heure. Albert Capoen, acteur embl&#233;matique, t&#233;moigne de cette &#233;pop&#233;e populaire et clandestine : &lt;i&gt;&#171; Pendant toutes ces ann&#233;es, j'ai pass&#233; toutes sortes de marchandises [&#8230;] le tabac a longtemps &#233;t&#233; roi, comme l'alcool, le geni&#232;vre pur [&#8230;]. Il m'est arriv&#233; de passer des chevaux de trait, des peaux de lapin pour les manteaux, des bas de soie, du grain, des poulets [&#8230;]. &#202;tre fraudeur &#233;tait une mani&#232;re de faire bouillir la marmite [&#8230;] tous les villageois &#233;taient avec nous. Les cur&#233;s en t&#234;te&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Roger, Sur les traces des contrebandiers, &#201;ditions Ouest-France, 2003.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'exercice n'est pas sans danger. Sous l'Ancien R&#233;gime, la fraude, grande ou petite, conduit aux gal&#232;res et m&#234;me &#224; la mort en cas de r&#233;cidive. L'&#201;tat recrute une arm&#233;e de douaniers motiv&#233;s par de substantielles primes &#8211; ils sont 25 000 avant la r&#233;volution, 35 000 au d&#233;but du xix e si&#232;cle, et 20 000 de nos jours &#8211; qui stipendient &#224; leur tour de redoutables &#171; aviseurs &#187;, des balances en langue gabelou. Pour r&#233;sister &#224; la r&#233;pression, certains contrebandiers imaginent d'ing&#233;nieux stratag&#232;mes. Dans le petit village d'Allauch, &#224; quelques kilom&#232;tres de Marseille, entre le d&#233;but du xix e si&#232;cle et 1914, c'est toute la population qui participe au trafic ce qui limite au minimum le risque de d&#233;nonciation. Un jour, c'est dans le corbillard d'un faux enterrement que les petits malins font passer pr&#232;s de trois cents kilos de marchandise. Une autre fois, c'est d&#233;guis&#233;s en gardes r&#233;publicains qu'ils font la nique aux agents charg&#233;s de garder la barri&#232;re de l'octroi s&#233;parant Marseille des communes avoisinantes. Sur les collines autour du village, des guetteurs signalent tout d&#233;placement suspect tandis que, dans chaque maison, des caches ind&#233;celables sont am&#233;nag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1940, la mafia s'empare du trafic de cigarettes am&#233;ricaines, histoire de diversifier ses activit&#233;s d&#233;j&#224; lucratives dans les domaines de la prostitution, des jeux et des stup&#233;fiants. Aux c&#244;t&#233;s de parrains et de seconds couteaux am&#233;ricains, libanais ainsi que marocains, le Marseillais Jo Renucci se distingue par une habilet&#233; qui lui a valu le titre de &#171; roi du non-lieu &#187; : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas un trafiquant. Je suis un commer&#231;ant qui paie des imp&#244;ts et qui est soumis aux lois. Je vends des cigarettes ? D'accord. Mais je vends aussi des filets de p&#234;che. &#193; Tanger, tout est en vente libre. Quand je vends un chargement de blondes, est-ce que j'ai &#224; savoir o&#249; elles vont &#234;tre exp&#233;di&#233;es ? Je suis pay&#233; cash. Cela me suffit. &#187;&lt;/i&gt; Une mainmise octopussienne qui perdure actuellement mais qui n'emp&#234;che pas le quidam moyen d'aller remplir son coffre &#224; la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dominique Roger, &lt;i&gt;Sur les traces des contrebandiers&lt;/i&gt;, &#201;ditions Ouest-France, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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