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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La chute d'un nabab du pinard</title>
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		<dc:date>2012-12-06T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'id&#233;e coop&#233;rative, fond&#233;e sur la solidarit&#233; entre les producteurs, a progressivement &#233;t&#233; circonvenue par les lois d'airain de l'&#233;conomie de march&#233;. Mais, l&#224; aussi, les effets de la crise ont fait appara&#238;tre les v&#233;ritables rouages d'une implacable m&#233;canique de pr&#233;dation au seul profit de quelques-uns. La coop&#233;rative vinicole dont je fais partie a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1925 par les &#171; anciens &#187; ; ils ne voulaient plus &#234;tre &#224; la merci des marchands de vendanges qui fournissaient les caisses et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil" rel="tag"&gt;Conseil&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e coop&#233;rative, fond&#233;e sur la solidarit&#233; entre les producteurs, a progressivement &#233;t&#233; circonvenue par les lois d'airain de l'&#233;conomie de march&#233;. Mais, l&#224; aussi, les effets de la crise ont fait appara&#238;tre les v&#233;ritables rouages d'une implacable m&#233;canique de pr&#233;dation au seul profit de quelques-uns.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La coop&#233;rative vinicole dont je fais partie a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1925 par les &#171; anciens &#187; ; ils ne voulaient plus &#234;tre &#224; la merci des marchands de vendanges qui fournissaient les caisses et d&#233;cidaient donc du d&#233;but de la r&#233;colte et de la quantit&#233;. Mon grand-p&#232;re, membre fondateur, avait un id&#233;al socialisant : &lt;i&gt;&#171; r&#233;aliser par l'union et la solidarit&#233; une &#339;uvre en commun &#187;&lt;/i&gt;. Mais le monde bouge, la viticulture est devenue monoculture, la production locale est pass&#233;e de cinq cents hectolitres au d&#233;but du XXe si&#232;cle &#224; cinquante mille hectolitres aujourd'hui ; entre la capacit&#233; d'enivrer une petite ville de province et celle de so&#251;ler une capitale, il y a un changement d'&#233;chelle, et l'association, avec ses cinq millions de bouteilles, a chang&#233; de nature. L'id&#233;alisme a &#233;t&#233; abandonn&#233; pour une d&#233;finition plus r&#233;aliste de la coop&#233;rative : groupement de producteurs visant &#224; r&#233;duire les prix de revient. La plupart des coop&#233;rateurs croyaient que cela correspondait &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale semblait le confirmer : paroles d'expert-comptable et m&#234;me de commissaire aux comptes, tout allait bien. Et puis patatras ! On apprend qu'il y a un trou financier de trois millions, que le pr&#233;sident et le directeur sont vir&#233;s par le conseil d'administration, que les soldes de r&#233;colte ne pourront pas &#234;tre pay&#233;s, qu'il&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH623/104sury-f42e1.jpg?1782638346' width='400' height='623' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Caroline Sury
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;faut n&#233;gocier un emprunt aupr&#232;s du Cr&#233;dit agricole pour continuer &#224; fonctionner. O&#249; aller chercher les responsabilit&#233;s de cet effondrement ? Un peu partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout du c&#244;t&#233; du directeur : Jean-Christophe est un commercial de haut niveau, issu de la bourgeoisie d'affaires bordelaise ; un grand s&#233;ducteur qui a su convaincre les coop&#233;rateurs que l'argent attire l'argent, que, pour le faire entrer &#224; flots dans les caisses, il fallait mener grand train. Comme un monarque qui veut s'attacher son peuple, et s&#233;duire ses clients, il multipliait les d&#233;penses somptuaires : un nouveau caveau de d&#233;gustation &#233;difi&#233; &#224; grands frais, des chais high-tech, des voyages en Chine et partout dans le monde, des r&#233;ceptions o&#249; l'on arrose les journalistes&#8230; Le coop&#233;rateur de base n'y voyait aucun inconv&#233;nient du moment qu'il touchait fid&#232;lement des acomptes substantiels, il admirait m&#234;me secr&#232;tement le flambeur, et se d&#233;chargeait de toute responsabilit&#233; sur ses repr&#233;sentants au conseil d'administration. Ceux-ci appartiennent aux familles locales influentes et ils b&#233;n&#233;ficient r&#233;ellement de ce syst&#232;me, par exemple en se r&#233;servant un droit d'entr&#233;e dans la conception d'une cuv&#233;e haut de gamme, ou dans l'actionnariat d'un domaine achet&#233; par la coop&#233;&#8230; Quant au pr&#233;sident, ses indemnit&#233;s suffisant &#224; payer un chef de culture qui faisait tout le boulot dans ses vignes, il avait fait sien le slogan de mai 68 &#8211; &#171; Ne travaillez jamais ! &#187; &#8211; et passait tout son temps &#224; communiquer.
Puis notre directeur, l'&#226;ge avan&#231;ant, s'est transform&#233; jouisseur : il s'est fait payer une grosse BMW 4X4 de luxe &#224; cent mille euros pi&#232;ce, il a multipli&#233; les d&#233;jeuners d'affaires en d&#233;gustant des bouteilles hors de prix et pris l'avion plusieurs fois par semaine pour Bordeaux (qui lui manquait tant) pour des parties fines &#224; la DSK. Ceci dit, il n'&#233;tait pas chien, il en faisait profiter les copains comme cet &#339;nologue bordelais de renom recrut&#233; pour assembler une cuv&#233;e &#171; Ic&#244;ne &#187; et pay&#233; vingt-cinq mille euros la consultation. Jean-Christophe pla&#231;ait aussi, plus modestement, ses copines comme h&#244;tesses d'accueil &#224; l'entr&#233;e des bureaux et du caveau&#8230; Mais la fuite en avant, permise par des combines comptables telles que l'allongement du calendrier des amortissements, a enfin &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e par certains cadres sup&#233;rieurs qui, voyant qu'on allait droit dans le mur, ont voulu sauver in extremis leurs emplois. C'est &#231;a, la crise ! Le conseil d'administration, qui jusque-l&#224; n'avait jamais exerc&#233; son contr&#244;le, a d&#251; r&#233;agir et licencier &#224; tour de bras, &#233;conomisant partout o&#249; c'&#233;tait possible. Mais, aujourd'hui, la r&#233;volte gagne les coop&#233;rateurs indign&#233;s qui r&#233;clament une remise &#224; plat et de nouvelles &#233;lections. Au nom d'un renouveau de l'esprit coop&#233;ratif ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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