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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Pays de merde &#187;</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<dc:subject>gr&#232;ve alors</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 9 octobre &#233;tait une journ&#233;e de gr&#232;ves et de manifestations &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, pour l'industrie et l'emploi. Il faudrait sans doute discuter de l'industrie, mais ce n'est pas le jour. Dans l'usine o&#249; je bosse, la CGT, relayant l'appel national, appelait &#224; la gr&#232;ve et &#224; manifester &#224; Paris. La veille de cette journ&#233;e, alors que les salari&#233;s de l'usine se prononcent en nombre sur leur participation &#224; la gr&#232;ve, le nouveau directeur a convoqu&#233; s&#233;par&#233;ment les organisations syndicales pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no105-novembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;105 (novembre 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 9 octobre &#233;tait une journ&#233;e de gr&#232;ves et de manifestations &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, pour l'industrie et l'emploi. Il faudrait sans doute discuter de l'industrie, mais ce n'est pas le jour. Dans l'usine o&#249; je bosse, la CGT, relayant l'appel national, appelait &#224; la gr&#232;ve et &#224; manifester &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille de cette journ&#233;e, alors que les salari&#233;s de l'usine se prononcent en nombre sur leur participation &#224; la gr&#232;ve, le nouveau directeur a convoqu&#233; s&#233;par&#233;ment les organisations syndicales pour leur expliquer que ce n'est pas le moment de faire gr&#232;ve, vu la situation de la bo&#238;te. D'autant qu'apr&#232;s une ann&#233;e chaotique&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir CQFD n&#176;103.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, l'ensemble des ateliers fonctionnent enfin. Si l'usine s'arr&#234;te totalement, ce sera donc la faute des gr&#233;vistes (un peu le but d'une gr&#232;ve, non ?). Le m&#234;me discours au mot pr&#232;s tenu par l'ancien directeur, l'an dernier, la veille d'une pr&#233;c&#233;dente journ&#233;e nationale de gr&#232;ve.
Et l'usine s'est arr&#234;t&#233;e pendant 24 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de la gr&#232;ve, alors que r&#232;gne le silence des machines &#224; l'arr&#234;t et qu'une quinzaine de gr&#233;vistes sont partis au salon de l'Auto, pour soutenir les PSA, Goodyear, Arcelor et autres, avant la manif de l'apr&#232;s-midi, le directeur g&#233;n&#233;ral a fait le d&#233;placement entre sa tour de La D&#233;fense et l'usine. Il est arriv&#233; en furie, jouant le r&#244;le du p&#232;re fouettard, auquel il n'aurait plus manqu&#233; que la schlague. Il faut dire que ce type n'a rien pour lui. M&#234;me si c'est un peu emb&#234;tant de s'en prendre au physique, tout le monde en le voyant pense &#224; la caricature de chef nazi imagin&#233; par Tarantino dans &lt;i&gt;Inglorious Basterds&lt;/i&gt;, surtout lorsqu'il porte son long manteau de cuir&#8230;
En fait, il n'a pas que le physique, il est autoritaire et &lt;i&gt;&#171; droit dans ses bottes &#187;&lt;/i&gt;, comme il aime &#224; le r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se rendant dans les services et les ateliers, il s'en est pris &#224; tous les salari&#233;s requis pour la s&#233;curit&#233;, gr&#233;vistes ou non. Agressif, injurieux, survolt&#233;, il a trait&#233; les uns de &lt;i&gt;&#171; cons &#187;&lt;/i&gt;, les autres de &lt;i&gt;&#171; criminels &#187;&lt;/i&gt;. Il a tenu les propos des plus mensongers sur les militants syndicaux, sur ceux qui se mettent en gr&#232;ve alors qu'ils partent bient&#244;t en retraite, sur les pompiers, &lt;i&gt;&#171; pay&#233;s &#224; rien foutre &#187;&lt;/i&gt;, sur la &lt;i&gt;&#171; France, pays de merde &#187;&lt;/i&gt;, sur le bon vieux temps o&#249; il faisait travailler des quasi-esclaves au Qatar, etc. Il a &#233;galement fait du chantage sur l'avenir, a prof&#233;r&#233; des menaces personnelles et s'est fendu d'une note de service contre la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de comportement n'est, h&#233;las, pas nouveau, les &#233;lus et d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux qui vont aux r&#233;unions du si&#232;ge &#224; La D&#233;fense ont d&#233;j&#224; vu ce type &#224; l'&#339;uvre. N'emp&#234;che que, cette fois, les salari&#233;s l'ont v&#233;cu in vivo et ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement outr&#233;s et agress&#233;s. Surtout de la part d'un type grassement pay&#233; et qui doit avoir les moyens de se fournir en bonnes pilules pour se calmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que si cela s'&#233;tait pass&#233; dans l'autre sens, qu'un salari&#233; dise merde au patron, il aurait &#233;t&#233; renvoy&#233; sur-le-champ. Certains salari&#233;s ont essay&#233; de r&#233;agir et de lui r&#233;pondre, mais &#231;a semblait impossible. Le boss en a rajout&#233; dans la surench&#232;re. Alors qu'un copain tente de discuter sur la l&#233;gitimit&#233; de la gr&#232;ve, le directeur a vu sur le mur du r&#233;fectoire un calendrier &#171; Pirelli &#187;, avec fille en petite tenue, du coup il a coup&#233; court au &#171; dialogue &#187;, est parti arracher le calendrier pour le r&#233;duire en miettes, en gueulant encore, mais cette fois contre la pornographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, une seule attitude s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#171; tenable &#187; : attendre que la temp&#234;te passe.
Il y a quelques ann&#233;es, un taulier n'aurait pas pu dire le quart de ce qui a &#233;t&#233; dit ce matin-l&#224;. Il se serait pris un pain vite fait. En repartant, il se serait sans doute aussi ramass&#233; le contenu d'un seau ou d'un sac d'engrais sur la tronche, comme c'est d&#233;j&#224; arriv&#233;. Il aurait m&#234;me pu glisser malencontreusement dans les escaliers. Mais &#231;a, c'&#233;tait le bon temps, ma brave dame ! Aujourd'hui, dans l'usine, avec ces ateliers en mauvais &#233;tat, le personnel est fragilis&#233; et h&#233;site &#224; se rebiffer. Jusqu'&#224; quand ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Vive-la-rentree'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;103&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D&#233;mocratie patronale</title>
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		<dc:date>2009-06-15T09:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est parce</dc:subject>
		<dc:subject>d'&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>bo&#238;te</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>Direction g&#233;n&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>directeur</dc:subject>
		<dc:subject>c'est juste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J&#8216;sais pas comment vous dire. C'est au sujet des relations sociales dans ma bo&#238;te. Y a quelque chose qui a chang&#233; au cours des derniers mois. C'est pas pour dire que c'&#233;tait mieux avant, loin s'en faut, mais d&#233;sormais, c'est &#224; couteaux tir&#233;s. Les rapports sont houleux, presque violents et &#231;a n'&#233;tonne plus personne dans l'usine, toute cette s&#233;rie de s&#233;questrations et autres. Apr&#232;s avoir eu des patrons paternalistes, ou gestionnaires, l&#224; on a droit &#224; un directeur plut&#244;t patriarcal. Il semble (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-juste" rel="tag"&gt;c'est juste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J&#8216;sais pas comment vous dire. C'est au sujet des relations sociales dans ma bo&#238;te. Y a quelque chose qui a chang&#233; au cours des derniers mois. C'est pas pour dire que c'&#233;tait mieux avant, loin s'en faut, mais d&#233;sormais, c'est &#224; couteaux tir&#233;s. Les rapports sont houleux, presque violents et &#231;a n'&#233;tonne plus personne dans l'usine, toute cette s&#233;rie de s&#233;questrations et autres. Apr&#232;s avoir eu des patrons paternalistes, ou gestionnaires, l&#224; on a droit &#224; un directeur plut&#244;t patriarcal. Il semble croire que lui seul d&#233;tient la v&#233;rit&#233; et que nous ne sommes que des boeufs. Le &#171; dialogue social &#187;, pour lui, c'est juste assener ses v&#233;rit&#233;s et que nous appliquions sans broncher. Une s&#233;ance de &#171; n&#233;gociations &#187; consiste &#224; ce qu'il entende les revendications et dise ensuite : &lt;i&gt;&#171; Bon, maintenant, voil&#224; ce que vous devrez dire aux salari&#233;s : c'est ma volont&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Et il n'y a aucune r&#233;ponse concr&#232;te, juste des infos pseudo-&#233;conomiques &#226;nonn&#233;es. On sait qu'au jeu des n&#233;gociations, on est toujours un peu perdant, mais l&#224;, c'est le bouquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un type &#171; droit dans ses bottes &#187; qui applique sans r&#233;fl&#233;chir les directives de la direction g&#233;n&#233;rale. Je ne sais pas si c'est comme &#231;a que sont form&#233;s les nouveaux directeurs dans les stages de management, si c'est parce que la DG veut nous casser (le site de Rouen &#233;tant plus revendicatif que les autres), ou si c'est une fa&#231;on d'&#234;tre naturelle chez Total, dont notre groupe est une fili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur, le doigt sur la couture du pantalon, applique sans se pr&#233;occuper du comment et du pourquoi, ni de comment nous, prolos, acceptons ou pas. &lt;i&gt;&#171; C'est comme &#231;a &#187;&lt;/i&gt;, semble &#234;tre sa philosophie. Il n'est plus qu'une bo&#238;te aux lettres qui n'a aucun pouvoir. &#201;videmment, pour un cadre de ce niveau, ne plus &#234;tre qu'un appliquant cr&#233;e des probl&#232;mes d'ordre psychologique qui le rendent encore plus rigide. Cette fa&#231;on d'&#234;tre s'est impos&#233;e petit &#224; petit, avec une direction g&#233;n&#233;rale parisienne particuli&#232;rement r&#233;ac. Le PDG disant quasiment &#224; chaque r&#233;union :&lt;i&gt; &#171; La d&#233;mocratie s'arr&#234;te aux bornes de l'entreprise &#187;&lt;/i&gt;, ce qui n'est pas une information, mais qui, &#224; force d'&#234;tre assen&#233;, donne une id&#233;e des gens qui nous dirigent. Les autres patrons la jouent un peu plus hypocrites et pousseraient des cris d'orfraie si on leur disait qu'ils ne sont pas d&#233;mocrates. L&#224;, au moins, les choses sont claires et &#231;a met dans l'ambiance. Du coup,le climat dans la bo&#238;te est &#224; la col&#232;re. Partout, dans tous les secteurs, &#231;a grogne et il y a quasi quotidiennement des mouvements sporadiques de gr&#232;ve ou de refus de travail. M&#234;me les cadres et les contrema&#238;tres s'en m&#234;lent et s'&#233;nervent face au directeur, sentant bien que &#231;a va devenir de plus en plus difficile de tenir les gars et de se faire respecter. &#199;a grogne d'autant plus que le dernier conflit de d&#233;cembre (voir les num&#233;ros de CQFD de d&#233;cembre et janvier dernier) a &#233;t&#233; mat&#233; durement et qu'aujourd'hui la direction se trouve avec trois proc&#232;s devant les prud'hommes sur le dos, ainsi qu'une plainte de l'inspection du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer de calmer le jeu, le directeur a instaur&#233; une politique de primes octroy&#233;es suivant de tels crit&#232;res qu'elles aggravent encore davantage les choses.Il a voulu pousser au bout la logique du lib&#233;ralisme,mais,c'est b&#234;te pour lui, il s'est encore fourvoy&#233; et ce n'est pas tendance actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, vous passez dans n'importe quel secteur, bureau et atelier de l'usine et vous tombez sur des gens qui veulent faire la peau du dirlo.Il y en a qui parlent de coup de boule,d'autres qui sont plus radicaux. On parle aussi de goudron et de plumes.&lt;i&gt; &#171; Comment se d&#233;barrasser de son patron ? &#187;&lt;/i&gt; est devenu le questionnement r&#233;current. Reste &#224; franchir le pas. C'&#233;tait l'ambiance dans l'usine ce mois-ci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Touch&#233; par la gr&#226;ce</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Touche-par-la-grace</link>
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		<dc:date>2007-12-17T10:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>voir</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;part</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>cadres</dc:subject>
		<dc:subject>directeur</dc:subject>
		<dc:subject>comit&#233; d'&#233;tablissement</dc:subject>
		<dc:subject>voyage organis&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LES AUTRES FOIS, lorsqu'il y a un car qui attend devant l'usine, c'est soit pour un voyage organis&#233; par le comit&#233; d'&#233;tablissement, soit pour un d&#233;part de manif &#224; Paris. Aujourd'hui, &#231;a n'a rien &#224; voir. Le car stationne devant les b&#226;timents de la direction et pr&#232;s d'une trentaine de cadres et chefs de service de l'usine s'y engouffrent. En guise d'accompagnateurs : le directeur flanqu&#233; de la charg&#233;e de communication, qui n'a pas l'air dans son assiette. Le car a &#233;t&#233; affr&#233;t&#233; pour que tout ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voir" rel="tag"&gt;voir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/depart" rel="tag"&gt;d&#233;part&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cadres" rel="tag"&gt;cadres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/directeur" rel="tag"&gt;directeur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comite-d-etablissement" rel="tag"&gt;comit&#233; d'&#233;tablissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voyage-organise" rel="tag"&gt;voyage organis&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LES AUTRES FOIS, lorsqu'il y a un car qui attend devant l'usine, c'est soit pour un voyage organis&#233; par le comit&#233; d'&#233;tablissement, soit pour un d&#233;part de manif &#224; Paris. Aujourd'hui, &#231;a n'a rien &#224; voir. Le car stationne devant les b&#226;timents de la direction et pr&#232;s d'une trentaine de cadres et chefs de service de l'usine s'y engouffrent. En guise d'accompagnateurs : le directeur flanqu&#233; de la charg&#233;e de communication, qui n'a pas l'air dans son assiette. Le car a &#233;t&#233; affr&#233;t&#233; pour que tout ce beau monde assiste &#224; la messe bisannuelle organis&#233;e par la direction g&#233;n&#233;rale. Une r&#233;union de cadres, pour les motiver et les booster, parce que, m&#234;me &#224; leur niveau, on ne sent pas d'enthousiasme ni de confiance dans l'avenir de la bo&#238;te. Le directeur g&#233;n&#233;ral va leur faire une piq&#251;re de rappel en soulignant les objectifs et en citant les deux mois &#233;coul&#233;s o&#249; il y a eu (enfin) des b&#233;n&#233;fices affich&#233;s&#8230; Tout cela sera accompagn&#233; de petits-fours et de champagne, ce qui explique l'emploi du transport en commun, des fois que quelques-uns se jettent sur les coupes de champ'. Il n'y a pas que les prolos qui abusent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les vitres teint&#233;es des b&#226;timents de la direction, &#231;a ne se voit pas de l'ext&#233;rieur,mais tout le personnel administratif est &#224; l'aff&#251;t, observant ce d&#233;part d'un oeil s&#233;v&#232;re. Rien &#224; voir avec des parents sur le trottoir en train de regarder partir leurs gamins en classe verte. Chaque cadre qui passe est soumis &#224; critique : celui-l&#224; harcelait son personnel f&#233;minin ; aujourd'hui, m&#234;me s'il essaie de la jouer vieux beau, il est d&#233;cati. L'une des observatrices lance qu'il ferait presque peine &#224; voir s'il n'avait &#233;t&#233; aussi puant auparavant. Une autre de lui r&#233;pondre que, de toute fa&#231;on, m&#234;me avec le Viagra, &#231;a ne marche plus et qu'elles sont enfin tranquilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ce chef de service qui passe. Lui est plus jeune,mais les secr&#233;taires ne l'aiment pas : il fait trop de courbettes au directeur, a toujours le doigt sur la couture du pantalon et ne contredit jamais les directives. Les filles l'observent. Il monte dans le car, puis redescend rapidement, revient vers les bureaux, dispara&#238;t puis ressort en se boutonnant la braguette. Il court de peur que le convoi parte sans lui. Les rires et les moqueries fusent. Tout est &#224; l'avenant. Tous les cadres sont install&#233;s. C'est l'heure du d&#233;part. L'autocar s'&#233;broue et s'en va : direction La D&#233;fense. Lorsqu'il d&#233;passe les barri&#232;res de l'usine et dispara&#238;t, tout le personnel reprend son poste, dans les bureaux, &#224; l'informatique ou ailleurs. Et c'est l&#224; qu'on voit qu'il y a quelque chose de chang&#233; : les secr&#233;taires et les comptables se font plus sereines. L'atmosph&#232;re est d&#233;tendue. C'est tout &#224; fait remarquable. Elles font leur boulot, mais &#224; leur rythme, sans la crainte de voir un cador d&#233;bouler. Et puis quand le boulot est fini, ou sur le point de l'&#234;tre, tout le monde se rassemble pour un th&#233;, un caf&#233;, un g&#226;teau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ateliers, c'est pareil. M&#234;me si les contrema&#238;tres et les pousse-culs sont rest&#233;s, l'atmosph&#232;re a chang&#233;. &#199;a ronronne.&lt;i&gt; &#171; T'as vu&lt;/i&gt;, dit Laurent, &lt;i&gt;ils ne sont pas l&#224; et &#231;a marche quand m&#234;me. &#187;&lt;/i&gt; L&#224; aussi, il y a moins de stress. Savoir que les chefs ne vont pas leur faire faire des man&#339;uvres risqu&#233;es, qu'ils ne vont pas venir les engueuler parce que telle machine ne fonctionne pas &#224; son nominal, et l'ambiance change. C&#233;dric surveille ses &#233;crans de contr&#244;le, les pieds sur le bureau, d&#233;tendu. Andr&#233; &#233;pluche d&#233;licatement une orange, prenant son temps, le regard ailleurs, cool. Peut-&#234;tre r&#234;ve-t-il &#224; de futures vacances. J'aimerais croire qu'il imagine un avenir sans patron&#8230; Voil&#224;, c'est tout. Un moment de gr&#226;ce quasiment, comme il en existe si peu dans une usine, mais je tenais &#224; en rendre compte, pour partager.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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