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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Roms, vils &#233;ternels ?</title>
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		<dc:date>2013-01-02T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Citoyens europ&#233;ens depuis l'int&#233;gration de la Roumanie et de la Bulgarie en janvier 2007, les Roms sont soumis &#224; d'infinies contraintes destin&#233;es &#224; freiner leurs d&#233;placements sur ce territoire &#171; communautaire &#187; o&#249; il vaut mieux &#234;tre une marchandise pour circuler librement. Le 15 octobre, dans les trav&#233;es du S&#233;nat, seule une vingtaine de parlementaires &#8211; sur 348 &#8211; avaient trouv&#233; une fen&#234;tre dans leur agenda pour assister au d&#233;bat suscit&#233; par Aline Archimbaud, s&#233;natrice &#233;cologiste de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Citoyens europ&#233;ens depuis l'int&#233;gration de la Roumanie et de la Bulgarie en janvier 2007, les Roms sont soumis &#224; d'infinies contraintes destin&#233;es &#224; freiner leurs d&#233;placements sur ce territoire &#171; communautaire &#187; o&#249; il vaut mieux &#234;tre une marchandise pour circuler librement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 15 octobre, dans les trav&#233;es du S&#233;nat, seule une vingtaine de parlementaires &#8211; sur 348 &#8211; avaient trouv&#233; une fen&#234;tre dans leur agenda pour assister au d&#233;bat suscit&#233; par Aline Archimbaud, s&#233;natrice &#233;cologiste de Seine-Saint-Denis, &#224; propos de &lt;i&gt;&#171; la proposition de r&#233;solution relative &#224; la lev&#233;e imm&#233;diate des dispositions transitoires pour les ressortissants de nationalit&#233; roumaine et bulgare &#187;&lt;/i&gt;. Proposition rejet&#233;e par 173 s&#233;nateurs qui auront vot&#233; par procuration. Rejet favoris&#233; par l'abstention des parlementaires du Rassemblement d&#233;mocratique et social europ&#233;en (RDSE), qui d&#233;tient une des cl&#233;s de la majorit&#233; dans cette haute assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mutualisant morgue politique, fantasmes racistes &#224; peine mod&#233;r&#233;s et classiques mensonges d&#233;guis&#233;s en humanisme, Jacques M&#233;zard, membre du Parti radical de gauche et pr&#233;sident du RDSE, a justifi&#233; ainsi la position de son groupe : &lt;i&gt;&#171; Ce qui s'est pass&#233; &#224; Marseille le 28 septembre devrait faire r&#233;fl&#233;chir ceux qui consid&#232;rent l'ang&#233;lisme comme la solution et une politique d'immigration sans aucun filtre comme le meilleur chemin vers un monde en paix. [&#8230;] Cela se reproduira s'il n'est pas mis fin &#224; ces occupations illicites de terrains, dans des conditions inacceptables pour les riverains et, la plupart du temps, pour les occupants eux-m&#234;mes, marginalis&#233;s, au contact d'une d&#233;linquance contagieuse constituant la seule &#233;cole de vie pour les enfants, sans parler des conditions de sant&#233; d&#233;plorables, de l'absence d'&#233;cole, de formation, d'int&#233;gration dans la r&#233;publique quasi impossible&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; mesures transitoires &#187;, mises en place pour une dur&#233;e d'au moins sept ann&#233;es apr&#232;s la date d'adh&#233;sion &#224; la CE, interdisent aux citoyens bulgares et roumains un s&#233;jour sur le territoire fran&#231;ais de plus de trois mois. En cas de contr&#244;le policier, ils tombent sous le coup d'une reconduite &#224; la fronti&#232;re. Les emplois en tension auxquels ils pourraient avoir acc&#232;s sont soumis &#224; plusieurs entraves : outre le fait que les employeurs doivent r&#233;aliser des d&#233;marches pouvant durer plusieurs mois aupr&#232;s des administrations, ces ressortissants europ&#233;ens de seconde zone ne peuvent s'inscrire &#224; P&#244;le emploi, ni avoir acc&#232;s au statut d'auto-entrepreneur. Si le 22 ao&#251;t, le gouvernement d&#233;cidait de lever une des mesures les plus grossi&#232;res contre l'embauche des Roms, celle contraignant leur patron &#224; payer &#224; l'Office fran&#231;ais de l'immigration et de l'int&#233;gration une taxe de plusieurs centaines d'euros, l'indispensable &#171; autorisation de travail &#187;, dont le traitement demande plus de temps que la dur&#233;e l&#233;gale de libre circulation, n'a insidieusement pas &#233;t&#233; lev&#233;e. Et pour cause, cette derni&#232;re est d&#233;livr&#233;e par la m&#234;me administration &#8211; la pr&#233;fecture &#8211; qui ordonne l'expulsion des Roms install&#233;s sur des espaces sordides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cabanes pos&#233;es loin des regards sur des terrains vagues ; absence de point d'eau ; refuge sous des ponts ; installation sur des trottoirs apr&#232;s des expulsions et des traques polici&#232;res incessantes ; menaces, insultes, coups et incendies&#8230; La mis&#232;re serait-elle le biotope naturel &#8211; ou culturel &#8211; de ces populations ? Ou plut&#244;t, stigmatis&#233;es par des &#201;tats qui les jettent en p&#226;ture &#224; leurs propres citoyens, ne sont-elles pas juste le dernier maillon dans la cha&#238;ne sans fin de l'exclusion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cibles d'un peu moins pauvres qu'eux qui voient dans leur d&#233;tresse le souvenir mal assum&#233; de ce qu'ont souvent souffert leurs propres a&#239;euls, et qui les regardent comme une menace ou une concurrence, les Roms subissent un sort d&#233;termin&#233; par des raisons bien plus profondes que les multiples calomnies diffus&#233;es &#224; leur &#233;gard. Les &#171; mesures transitoires &#187; sont un outil derri&#232;re lequel se cache la d&#233;fiance s&#233;culaire des autorit&#233;s &#224; l'&#233;gard de populations jug&#233;es inassimilables. Ces populations itin&#233;rantes, et non nomades quoi qu'en dise le folklore, participaient depuis des si&#232;cles au commerce dans les campagnes. Lorsque l'&#233;conomie capitaliste s'est impos&#233;e, elles sont apparues comme une entrave &#224; cette modernit&#233; qui allait d&#233;grader les liens sociaux et familiaux et d&#233;finir l'acquisition de marchandises produites et distribu&#233;es industriellement comme le but essentiel de la vie &#8211; mutations inscrites dans le cadre d'un &#201;tat national aux fronti&#232;res formalis&#233;es &#8211; &#201;tat s'estimant propri&#233;taire d'une population d&#251;ment recens&#233;e et sous contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des statistiques pr&#233;cisent que le nombre de Roms n'a pas vari&#233; en France depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es, avec une pr&#233;sence moyenne &#233;valu&#233;e &#224; environ 15 000 personnes. Arriv&#233;es dans les ann&#233;es 1990 de Yougoslavie, alors que la guerre y faisait rage, des milliers de ces personnes disposent aujourd'hui de logement, de travail, d'acc&#232;s aux aides sociales et m&#233;dicales, et elles scolarisent leurs enfants. C'&#233;tait &#224; une &#233;poque o&#249; la libre circulation en Europe n'&#233;tait pas brandie comme une menace, avec cette feinte &#233;motion dans les discours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, malgr&#233; et avec la haine raciste exprim&#233;e contre les Roms, c'est toujours un air &#8211; souvent caricatur&#233; &#8211; d'indocilit&#233; qui r&#232;gne autour de leur culture. Le 28 septembre, dans la foul&#233;e du vernissage d'une exposition au Grand Palais de Paris rassemblant des artistes inspir&#233;s &#8211; depuis la Renaissance &#8211; par ces symboles de libert&#233; que sont les boh&#233;miens, il e&#251;t &#233;t&#233; instructif pour madame la ministre de la Culture, accompagn&#233;e de quelques parlementaires, d'aller voir sans tambours ni gardes du corps les lieux o&#249; se cachent les Roms. Touch&#233;e par la mis&#232;re et la panique dans lesquelles vivent ces parias, elle aurait peut-&#234;tre pris conscience d'une r&#233;alit&#233; honteuse dont elle et ses coll&#232;gues du gouvernement sont les principaux responsables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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