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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; L'espoir, c'est de d&#233;manteler l'infrastructure de vid&#233;osurveillance &#187;</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Au nom de 15 248 personnes, La Quadrature du Net vient de d&#233;poser trois plaintes contre le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur aupr&#232;s de la Cnil. L'audacieux objectif ? Obtenir le d&#233;montage des syst&#232;mes de vid&#233;osurveillance qui prosp&#232;rent aux quatre coins de la France et interdire &#224; la police de recourir &#224; la reconnaissance faciale. Entretien avec F&#233;lix Tr&#233;guer, membre de l'association. Le mail est parti samedi 24 septembre dans la soir&#233;e, de Marseille, en conclusion d'un festival de lutte contre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no213-octobre-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;213 (octobre 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au nom de 15 248 personnes, La Quadrature du Net vient de d&#233;poser trois plaintes contre le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur aupr&#232;s de la Cnil. L'audacieux objectif ? Obtenir le d&#233;montage des syst&#232;mes de vid&#233;osurveillance qui prosp&#232;rent aux quatre coins de la France et interdire &#224; la police de recourir &#224; la reconnaissance faciale. Entretien avec F&#233;lix Tr&#233;guer, membre de l'association.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/213_savoye.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH490/213_savoye-0c929.jpg?1768816230' width='500' height='490' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par &#201;tienne Savoye
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e mail est parti samedi 24 septembre dans la soir&#233;e, de Marseille, en conclusion d'un festival de lutte contre la &#171; technopolice &#187;. La destinataire : la Commission nationale de l'informatique et des libert&#233;s (Cnil)&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autorit&#233; administrative ind&#233;pendante cens&#233;e jouer les garde-fous en termes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. L'exp&#233;ditrice ? La principale association de d&#233;fense des libert&#233;s num&#233;riques, La Quadrature du Net&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est elle qui, il y a trois ans, a lanc&#233; la campagne intitul&#233;e &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. En pi&#232;ce jointe : les mandats de 15 248 personnes, missionnant ladite association pour agir en leur nom. L'objet du mail : trois plaintes visant le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambition ? Obtenir de la Cnil qu'elle ordonne &#224; la place Beauvau de mettre un grand stop au d&#233;ploiement sans limite des technologies de surveillance num&#233;rique. Parmi les dispositifs vis&#233;s, on retrouve la reconnaissance faciale (d&#233;j&#224; largement utilis&#233;e au quotidien par les forces de l'ordre) et la vid&#233;osurveillance, qu'il s'agit tout bonnement de faire dispara&#238;tre &#8211; ou presque &#8211; des rues de l'Hexagone !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quinze ans qu'elle ferraille contre l'&#201;tat sur le plan juridique, La Quadrature du Net a connu trop de cuisantes d&#233;faites pour attendre de purs miracles du droit. Mais l'association a aussi remport&#233; plusieurs retentissantes victoires. Alors qui sait ? &#171; &lt;i&gt;Si on continue de jouer ce jeu-l&#224;, c'est parce qu'on pense qu'articul&#233; &#224; d'autres modes d'action, cet outil peut encore avoir son efficacit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, juge en tout cas F&#233;lix Tr&#233;guer, l'un des piliers de l'association. On en parle plus en d&#233;tail avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Quadrature du Net vient de d&#233;poser une s&#233;rie de plaintes collectives contre la &#171; technopolice &#187; aupr&#232;s de la Cnil, en ciblant en particulier la vid&#233;osurveillance. Politiquement, quel est votre objectif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#171; Ces derni&#232;res ann&#233;es, on a remport&#233; quelques combats sur le plan juridique. Il y a eu, par exemple, l'affaire de la reconnaissance faciale dans les lyc&#233;es &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2018, la r&#233;gion Paca a voulu lancer une exp&#233;rimentation de portiques &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, qu'on peut consid&#233;rer comme une r&#233;ussite de long terme. Mais le plus souvent, ce sont des victoires temporaires. &#199;a a &#233;t&#233; le cas, typiquement, pour l'usage des drones par la police. On a obtenu, &#224; l'arrach&#233;, plusieurs d&#233;cisions tr&#232;s favorables devant le Conseil d'&#201;tat, ce qui a fortement d&#233;rang&#233; le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur &#8211; la police venait de commander des centaines de drones et de former des pilotes. Mais finalement, &#231;a n'a retard&#233; le processus que d'une douzaine de mois, le temps que le gouvernement fasse adopter par sa majorit&#233; parlementaire aux ordres une loi qui l&#233;galise cet usage technopolicier (bien que l'utilisation des drones par les polices municipales reste pour l'heure interdite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le meilleur des cas, on r&#233;ussit &#224; cr&#233;er un rapport de forces politique qui fait peur au gouvernement et il d&#233;cide en cons&#233;quence de ne pas tenter de faire adopter telle ou telle disposition, du moins pas dans l'imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette plainte collective, il s'agit d'adopter une approche un peu plus offensive : l'espoir, c'est de d&#233;manteler l'infrastructure de vid&#233;osurveillance qui s'est d&#233;velopp&#233;e depuis quinze ans &#224; coups de centaines de millions d'euros d'argent public, si ce n'est de milliards (il n'existe pas de chiffrage global).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Aucune &#233;valuation officielle du rapport co&#251;t/efficacit&#233; de la vid&#233;osurveillance n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en France, ce qui est en soi scandaleux quand on voit le prix que &#231;a co&#251;te &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une sc&#232;ne m'a marqu&#233; lors de ma visite au salon Milipol &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Salon professionnel de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, organis&#233; tous les deux ans &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; l'an dernier : l'un des commerciaux de Genetec, une entreprise canadienne qui vend des syst&#232;mes de visionnage des flux de vid&#233;osurveillance, a expliqu&#233; que la cam&#233;ra est le capteur n&lt;sup&gt;o&lt;/sup&gt;1 de la &#171; &lt;i&gt;smart city&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mod&#232;le cauchemardesque de la ville &#171; intelligente &#187; de demain, o&#249; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et il est vrai qu'il y a plein d'applications qui se greffent &#224; la vid&#233;osurveillance. On le voit bien aujourd'hui avec le d&#233;veloppement de la vid&#233;osurveillance automatis&#233;e, et on le pressent pour demain avec la reconnaissance faciale en direct, coupl&#233;e &#224; des syst&#232;mes de gestion des foules. Tous ces dispositifs s'appuient sur les capteurs vid&#233;o. S'attaquer &#224; ces capteurs-l&#224;, c'est s'attaquer &#224; l'ensemble, ou presque, de la technopolice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233; se porterait mieux sans les cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, parce qu'elles monopolisent beaucoup d'argent public qui pourrait aller &#224; la recherche de solutions alternatives pour g&#233;rer les probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; et les conflits qui traversent la soci&#233;t&#233; &#8211; on pourrait peut-&#234;tre commencer par se poser la question de comment les r&#233;gler sans la police ? Cet argent pourrait aussi &#234;tre consacr&#233; aux &#233;coles et &#224; plein d'autres choses importantes sous-financ&#233;es dans cette &#233;poque de n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire d&#233;brid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, la soci&#233;t&#233; n'irait pas plus mal : si on en croit les quelques rares &#233;tudes ind&#233;pendantes sur la question, la vid&#233;osurveillance ne joue un r&#244;le significatif que dans la r&#233;solution d'un tr&#232;s petit nombre d'affaires (1,2 % &#224; 3 % des affaires selon les &#233;tudes). Quant &#224; son r&#244;le pr&#233;ventif, il est &#224; peu pr&#232;s nul. Pourtant, comme l'a rappel&#233; la Cour des comptes en 2020, aucune &#233;valuation officielle du rapport co&#251;t/efficacit&#233; de la vid&#233;osurveillance n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en France, ce qui est en soi scandaleux quand on voit le prix que &#231;a co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe, c'est que les policiers et les responsables politiques continuent de proclamer l'importance de cet outil dans la lutte contre la d&#233;linquance et la criminalit&#233;. Il y a un attachement visc&#233;ral &#224; cette technologie. Et ils trouvent plein d'anecdotes pour la justifier, des cas o&#249; elle a sauv&#233; des gens, o&#249; elle a permis d'&#233;lucider des crimes affreux, etc. Et ce, alors m&#234;me que les quelques rares donn&#233;es impartiales, ind&#233;pendantes, objectives qui ont &#233;t&#233; r&#233;unies sur le sujet am&#232;nent au plus grand scepticisme quant &#224; ces all&#233;gations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4747 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/zzz213_elias.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/zzz213_elias-647bb.jpg?1768816231' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par &#201;lias
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la premi&#232;re des trois plaintes d&#233;pos&#233;es le 24 septembre, La Quadrature du Net demande, en substance, le d&#233;mant&#232;lement de toutes les cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance install&#233;es par les communes de France. Par quel truchement juridique comptez-vous obtenir gain de cause aupr&#232;s de la Cnil ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#171; En droit, toute mesure de surveillance mise en place par les autorit&#233;s publiques doit &#234;tre proportionn&#233;e &#224; l'objectif qui lui est assign&#233; ; c'est-&#224;-dire qu'il ne doit pas exister une autre mesure qui permette d'atteindre le m&#234;me objectif tout en &#233;tant moins attentatoire aux libert&#233;s. Chaque mesure de surveillance doit donc &#234;tre clairement justifi&#233;e. Or, les autorisations pr&#233;fectorales d'installation de cam&#233;ras ne font jamais &#233;tat du lien pr&#233;cis entre les futures cam&#233;ras et la finalit&#233; qui justifie leur autorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce titre qu'en 2018, la cour administrative d'appel de Nantes a jug&#233; disproportionn&#233; le dispositif de vid&#233;osurveillance mis en place &#224; Plo&#235;rmel (Morbihan) : la commune n'avait pas d&#233;montr&#233; en quoi les lieux o&#249; les cam&#233;ras &#233;taient implant&#233;es seraient &#8220;&lt;i&gt;particuli&#232;rement expos&#233;s &#224; des risques d'agression, de vol ou de trafic de stup&#233;fiants&lt;/i&gt;&#8221;, dixit la cour. Par extension, il y a dans cette jurisprudence le rappel fondamental qu'il revient &#224; l'&#201;tat de d&#233;montrer la pertinence et l'efficacit&#233; de la vid&#233;osurveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un raisonnement parfaitement logique sur le plan juridique, mais assez subversif du point de vue politique. Notre id&#233;e &#224; travers cette plainte, c'est donc d'essayer de g&#233;n&#233;raliser cette jurisprudence &#224; l'ensemble du territoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vos deux autres plaintes concernent, plus ou moins directement, la reconnaissance faciale. Vous y contestez en particulier la l&#233;galit&#233; du fichier TAJ (Traitement d'ant&#233;c&#233;dents judiciaires) et du fichier TES (Titres &#233;lectroniques s&#233;curis&#233;s). En quoi sont-ils probl&#233;matiques ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le TAJ, c'est un fichier dont la police se sert pour tout et n'importe quoi. On y trouve non seulement des personnes suspect&#233;es puis condamn&#233;es, mais aussi des personnes innocent&#233;es, de simples t&#233;moins et des victimes. Ce qu'on attaque &#224; travers cette plainte, c'est &#224; la fois le caract&#232;re fourre-tout du fichier et le fait que la police s'en serve pour faire de la reconnaissance faciale de mani&#232;re massive, hors de tout cadre l&#233;gislatif. Il contient plus de 8 millions de photographies. La police peut donc y faire mouliner ses algorithmes, par exemple pour identifier des fiches en lien avec des personnes suspect&#233;es ou dont le visage est apparu sur des images de vid&#233;osurveillance.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Il n'y avait aucun besoin de cr&#233;er une telle base de donn&#233;es centralis&#233;e avec les empreintes faciales, si ce n'&#233;tait pour faire, &#224; terme, de la reconnaissance faciale d'&#201;tat &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quant au fichier TES, cr&#233;&#233; en 2016, il consigne toutes les donn&#233;es, notamment biom&#233;triques, des demandeurs de cartes d'identit&#233; et de passeports. &#192; terme, il va donc contenir les empreintes faciales et digitales de l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plainte, on l'attaque en arguant qu'il n'y a plus besoin de centraliser toutes ces donn&#233;es parce qu'il y a maintenant des puces biom&#233;triques sur les cartes d'identit&#233;. Comme nous le disions d&#233;j&#224; au moment de la cr&#233;ation du TES, il n'y avait aucun besoin de cr&#233;er une telle base de donn&#233;es centralis&#233;e avec les empreintes faciales, si ce n'&#233;tait pour faire, &#224; terme, de la reconnaissance faciale d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; La Quadrature, nous ne sommes pas pour autant favorables &#224; la carte d'identit&#233; biom&#233;trique, loin de l&#224;. On voit aussi tous les dangers qui d&#233;coulent du fait d'avoir notre empreinte faciale sur une carte d'identit&#233; pouvant &#234;tre utilis&#233;e pour nous identifier par authentification faciale &#8211; raison pour laquelle on a par exemple attaqu&#233; l'exp&#233;rimentation Alicem (le Conseil d'&#201;tat a rejet&#233; notre recours) &lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alicem, acronyme de &#171; Authentification en ligne certifi&#233;e sur mobile &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Mais au moins, d'un point de vue juridique, l'existence de la carte d'identit&#233; biom&#233;trique nous permet de contester le fichier TES en pointant sa disproportion. En l'occurrence, il existe bien une mesure alternative au fichier TES &#8211; un syst&#232;me d&#233;centralis&#233; est moins attentatoire aux libert&#233;s qu'un fichier centralis&#233; &#8211; qui permet de remplir l'objectif de lutte contre la fraude &#224; l'identit&#233;, ce qui &#233;tait le grand argument ayant pr&#233;sid&#233; &#224; la cr&#233;ation du fichier TES en 2016. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Il y a des technologies de surveillance si dangereuses qu'une d&#233;mocratie qui se respecte doit simplement y renoncer, et se refuser &#224; les d&#233;ployer &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis un rapport s&#233;natorial publi&#233; en mai dernier, on sait qu'au cours de l'ann&#233;e 2021, la police et la gendarmerie ont utilis&#233; la reconnaissance faciale plus de 1 680 fois par jour en moyenne. &#192; La Quadrature du Net, vous demandez l'interdiction de cette technique&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, de fait. La reconnaissance faciale fait partie d'une myriade de technologies extr&#234;mement dangereuses et nous savons d'exp&#233;rience que le syst&#232;me juridique sera incapable d'en r&#233;guler v&#233;ritablement les usages. Ce qu'on dit depuis le d&#233;but avec cette campagne &#8220;Technopolice&#8221;, c'est qu'il y a des technologies de surveillance &#8211; et des technologies de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale &#8211; qui sont tellement dangereuses qu'une d&#233;mocratie qui se respecte doit simplement y renoncer, et se refuser &#224; les d&#233;ployer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Autorit&#233; administrative ind&#233;pendante cens&#233;e jouer les garde-fous en termes de respect de la vie priv&#233;e et d'atteinte aux libert&#233;s dans le domaine num&#233;rique, elle fait g&#233;n&#233;ralement preuve d'attentisme quand il s'agit de s'opposer aux vell&#233;it&#233;s de surveillance de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est elle qui, il y a trois ans, a lanc&#233; la campagne intitul&#233;e &#171; Technopolice &#187; (dans laquelle s'inscrivait le festival marseillais), qui vise &#224; alerter sur le d&#233;veloppement tous azimuts des outils de surveillance technologique, notamment dans la gestion de l'environnement urbain. &#192; l'&#233;poque d&#233;j&#224;, nous avions interview&#233; F&#233;lix Tr&#233;guer &#224; ce sujet : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Felix-Treguer-La-technopolice' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La technopolice progresse partout&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;183 (janvier 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2018, la r&#233;gion Paca a voulu lancer une exp&#233;rimentation de portiques &#224; reconnaissance faciale &#224; l'entr&#233;e de deux lyc&#233;es. La Cnil et le tribunal administratif de Marseille (saisi par La Quadrature du Net et plusieurs autres organisations) s'y sont finalement oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Salon professionnel de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, organis&#233; tous les deux ans &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mod&#232;le cauchemardesque de la ville &#171; intelligente &#187; de demain, o&#249; la multiplication de capteurs et autres outils technologiques est cens&#233;e faciliter la vie quotidienne (l'automobiliste sera inform&#233; &#224; l'avance de la localisation des places de stationnement libre)&#8230; mais aussi la surveillance et le contr&#244;le des foules.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alicem, acronyme de &#171; Authentification en ligne certifi&#233;e sur mobile &#187;, &#233;tait une application pour smartphone permettant &#224; l'utilisateur de prouver son identit&#233; en ligne par reconnaissance faciale. Apr&#232;s une phase d'exp&#233;rimentation, sa g&#233;n&#233;ralisation, annonc&#233;e pour fin 2020, a finalement &#233;t&#233; abandonn&#233;e. En mati&#232;re d'authentification de l'identit&#233; en ligne, les plans du gouvernement et des industriels se concentrent d&#233;sormais sur la carte d'identit&#233; &#233;lectronique, lanc&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 2021, en lien avec des initiatives en cours au niveau de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'article 24 qui cache la for&#234;t autoritaire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-article-24-qui-cache-la-foret</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/L-article-24-qui-cache-la-foret</guid>
		<dc:date>2020-12-05T01:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re, &#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Serge D'Ignazio</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>policiers</dc:subject>
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		<dc:subject>reconnaissance faciale</dc:subject>
		<dc:subject>reconnaissance</dc:subject>
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		<dc:subject>c'est l'article</dc:subject>
		<dc:subject>article</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La loi &#171; S&#233;curit&#233; globale &#187; va bien au-del&#224; de l'interdiction de diffuser des images &#171; malveillantes &#187; de policiers. Entre autres joyeuset&#233;s, elle autorise les pandores &#224; utiliser des drones. Un basculement d&#233;cisif vers la soci&#233;t&#233; de contr&#244;le technologique r&#234;v&#233;e par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur dans son tout r&#233;cent Livre blanc de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure. Dans les rues de Marseille et d'ailleurs, ce samedi 21 novembre, c'est manif contre la loi &#171; S&#233;curit&#233; globale &#187;. Et sur les banderoles, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no193-decembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;193 (d&#233;cembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Serge-D-Ignazio" rel="tag"&gt;Serge D'Ignazio&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi" rel="tag"&gt;loi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Securite" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reconnaissance-faciale" rel="tag"&gt;reconnaissance faciale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reconnaissance" rel="tag"&gt;reconnaissance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-article" rel="tag"&gt;l'article&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-l-article" rel="tag"&gt;c'est l'article&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/article" rel="tag"&gt;article&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La loi &#171; S&#233;curit&#233; globale &#187; va bien au-del&#224; de l'interdiction de diffuser des images &#171; malveillantes &#187; de policiers. Entre autres joyeuset&#233;s, elle autorise les pandores &#224; utiliser des drones. Un basculement d&#233;cisif vers la soci&#233;t&#233; de contr&#244;le technologique r&#234;v&#233;e par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur dans son tout r&#233;cent &lt;i&gt;Livre blanc de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3504 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1660.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH678/-1660-f6174.jpg?1768731248' width='500' height='678' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Paris, manifestation du 28 novembre 2020
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Serge d'Ignazio
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues de Marseille et d'ailleurs, ce samedi 21 novembre, c'est manif contre la loi &#171; S&#233;curit&#233; globale &#187;. Et sur les banderoles, les slogans se concentrent contre le fameux article 24 : &#171; &lt;i&gt;Votre loi c'est du floutage de gueule&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Police flout&#233;e justice aveugle&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Laisse-moi filmer la peau lisse de mes fesses&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Une semaine plus tard, rebelote, avec un cort&#232;ge beaucoup plus massif et agit&#233;. Cette fois-ci, la gla&#231;ante vid&#233;o du tabassage policier de Michel Zecler, producteur de musique parisien noir, est dans toutes les pens&#233;es. L'onde de choc a forc&#233; Emmanuel Macron &#224; exprimer fort hypocritement sa &#171; &lt;i&gt;honte&lt;/i&gt; &#187; sur Facebook, tandis qu'au micro de France Info, le d&#233;put&#233; LREM Jean-Michel Fauvergue &#233;voque les faits avec des tr&#233;molos dans la voix. Mais si l'ancien patron du Raid d&#233;nonce opportun&#233;ment &#171; &lt;i&gt;les barbares en uniforme&lt;/i&gt; &#187;, il n'envisage pas un instant de renoncer &#224; la &#171; &lt;i&gt;belle loi&lt;/i&gt; &#187; dont il est le co-rapporteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Textuellement, dans sa version vot&#233;e en premi&#232;re lecture par l'Assembl&#233;e le 24 novembre, le fumeux article 24 consiste &#224; interdire la diffusion d'images de policiers, quand ceux-ci sont identifiables et que cette diffusion est effectu&#233;e &#171; &lt;i&gt;dans le but manifeste qu'il soit port&#233; atteinte&lt;/i&gt; &#187; &#224; l' &#187; &lt;i&gt;int&#233;grit&#233; physique ou psychique&lt;/i&gt; &#187; des agents. Dans les faits, cette disposition donnera aux flics un pr&#233;texte magnifique pour emp&#234;cher quiconque de filmer des violences polici&#232;res. Car en France, qui est charg&#233; de constater les infractions ? Les policiers. Qui peut interpeller et placer en garde &#224; vue ? Les policiers, qui seront donc juge et partie. S&#251;r, &#224; la fin de la proc&#233;dure, c'est bien un vrai magistrat qui d&#233;cidera de condamner ou non le vid&#233;aste &#8211; au maximum &#224; un an de prison et 45 000 &#8364; d'amende. Mais m&#234;me si l'affaire s'ach&#232;ve par une relaxe, le mal sera d&#233;j&#224; fait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article 24 est aussi probl&#233;matique juridiquement, notamment &#224; cause du flou qui entoure les notions d'intentionnalit&#233; de nuire et d'int&#233;grit&#233; psychique. Nonobstant l'acharnement du ministre de l'Int&#233;rieur, rien n'assure qu'il survivra &#224; son passage au S&#233;nat (&lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; en janvier) puis &#224; son examen par le Conseil constitutionnel. C'est en tout cas l'intuition d'un membre actif de La Quadrature du Net, association de d&#233;fense des libert&#233;s &#224; la pointe de la lutte contre la surveillance de masse : &#171; &lt;i&gt;Pour moi, l'article 24 finira par &#234;tre retoqu&#233; &#224; un moment ou &#224; un autre. &#199;a me rappelle l'article le plus controvers&#233; de la loi anti-casseurs de 2019, celui par lequel le pr&#233;fet pouvait interdire &#224; certaines personnes de manifester, qui a finalement &#233;t&#233; cass&#233; par le Conseil constitutionnel. Cet article faisait office de chiffon rouge, et tous les autres sont pass&#233;s cr&#232;me. C'est pareil cette fois-ci. L'article 24 est un truc &#224; l&#226;cher s'il y a une forte mobilisation&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'heure o&#249; nous mettons sous presse, nous apprenons d'ailleurs que le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, mais tout le reste sera valid&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des espions dans le ciel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le reste ? Citons d'abord l'article 25, qui autorise les policiers hors service &#224; p&#233;n&#233;trer avec leur arme dans les &#233;tablissements recevant du public, sans que le g&#233;rant puisse s'y opposer. Voir des flics bourr&#233;s sortir leur flingue dans les discoth&#232;ques et restaurants &#224; la moindre algarade, on a h&#226;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, revenons aux premiers articles de la loi, qui &#233;tendent les pr&#233;rogatives de la police municipale. D&#233;sormais, celle-ci pourra verbaliser la vente &#224; la sauvette, la conduite sans permis ou sans assurance, l'occupation de halls d'immeuble, l'usage de stup&#233;fiants, la r&#233;alisation de tags... Un outil de plus dans la main de maires r&#233;actionnaires d&#233;sireux d'imprimer une marque s&#233;curitaire &#8211; nul doute qu'Estrosi fr&#233;tille, &lt;i&gt;Nice job&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivent plusieurs articles encadrant et renfor&#231;ant le secteur de la s&#233;curit&#233; priv&#233;e, puis on en arrive aux outils de vid&#233;osurveillance. Une avalanche. D'abord, c'est l'article 20 &lt;i&gt;bis&lt;/i&gt; qui facilite &#224; la police l'acc&#232;s aux images des cam&#233;ras des halls d'immeubles. Jusqu'ici, ces vid&#233;os ne pouvaient &#234;tre transmises aux forces de l'ordre que &#171; &lt;i&gt;lors de circonstances faisant redouter la commission imminente d'une atteinte grave aux biens et aux personnes&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;sormais, ce sera notamment possible &#171; &lt;i&gt;en cas d'occupation par des personnes qui &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;nuisent &#224; la tranquillit&#233; des lieux&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite l'article 21, qui se penche sur les cam&#233;ras-pi&#233;tons des policiers, autorisant la transmission de leurs images en temps r&#233;el au poste de commandement. D'ici quelques ann&#233;es, quand les technologies de reconnaissance faciale seront au point et que les fichiers biom&#233;triques auront fini de recenser les visages de la population tout enti&#232;re, n'importe quel pr&#233;fet de police pourra conna&#238;tre en direct le nom de chaque manifestant crois&#233; par un pandore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis c'est l'article 22 et la l&#233;galisation de l'usage des drones&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La pr&#233;fecture de police de Paris a d&#233;j&#224; pris l'habitude de les utiliser, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; pour la surveillance de l'espace public et la traque de suspects. Un vrai changement de paradigme, vu les prouesses techniques de ces engins, capables de filmer &#224; grande distance en toute discr&#233;tion. D&#233;sormais, plus un centim&#232;tre carr&#233; du territoire ne pourra &#233;chapper &#224; l'&#339;il inquisiteur de la police &#8211; sauf les espaces invisibles du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jusqu'&#224; la reconnaissance d'odeur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par tous ces am&#233;nagements juridico-technologiques, r&#233;sume La Quadrature du Net&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un article publi&#233; sur son site : &#171; &#8220;S&#233;curit&#233; globale&#8221; : l'Assembl&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, la loi de &#171; S&#233;curit&#233; globale &#187; vise &#224; &#171; &lt;i&gt;faire entrer la surveillance dans une nouvelle &#232;re : celle de la multiplication des dispositifs de captation d'images (cam&#233;ras fixes, cam&#233;ras sur les uniformes, cam&#233;ras dans le ciel), de leur croisement afin de couvrir toutes nos villes (espaces publics ou priv&#233;s) et de leur analyse massive par des algorithmes, avec en t&#234;te la reconnaissance faciale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape d'un futur dystopique d'ores et d&#233;j&#224; esquiss&#233; dans le &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Livre-blanc-de-la-securite-interieure&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Livre blanc de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, publi&#233; le 16 novembre par la place Beauvau&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, lire l'analyse publi&#233;e par La Quadrature du Net sur son site : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, qui fantasme des milliards d'euros d'augmentation de budget d'ici 2030. Entre autres d&#233;lires technologiques, ce document programmatique r&#234;ve d'une analyse automatis&#233;e des r&#233;seaux sociaux &#8211; &#171; &lt;i&gt;La s&#233;curit&#233; civile et la gendarmerie nationale ont d&#233;j&#224; particip&#233; &#224; de premiers partenariats prometteurs avec des chercheurs sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Il s'enjaille &#233;galement sur les lunettes et casques &#224; r&#233;alit&#233; augment&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Plusieurs cas d'usages en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; sont &#224; explorer&lt;/i&gt; &#187;, qu'il s'agisse de reconnaissance du visage ou de &#171; &lt;i&gt;lecture automatis&#233;e&lt;/i&gt; &#187; des plaques d'immatriculation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Long de 332 pages, le texte envisage aussi le d&#233;veloppement de lecteurs d'empreintes digitales sans contact &#8211; et l'utilisation de ces empreintes comme outil d'identification lors des contr&#244;les d'identit&#233;. Il propose de multiplier les recherches sur la reconnaissance vocale (en cr&#233;ant notamment une premi&#232;re base de donn&#233;es de voix) et m&#234;me sur&#8230; la reconnaissance d'odeur. &#171; &lt;i&gt;L'odorologie repose sur le principe scientifiquement valid&#233; de l'unicit&#233; et de la stabilit&#233; de l'odeur humaine&lt;/i&gt; &#187;, explique le document en un jargon fort po&#233;tique, nous apprenant aussi que &#171; &lt;i&gt;le contact direct avec un objet &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;n'est pas indispensable au d&#233;p&#244;t de l'odeur individuelle sur cet objet&lt;/i&gt; &#187;. En deux mots : &#231;a pue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce &#171; livre blanc &#187;, qui entend notamment pr&#233;parer la s&#233;curisation des Jeux olympiques de Paris 2024, n'oublie pas de plaider pour des exp&#233;rimentations de reconnaissance faciale dans l'espace public, rappelant au passage que &#171; &lt;i&gt;les performances de&lt;/i&gt; [cette] &lt;i&gt;technologie progressent tr&#232;s vite&lt;/i&gt; &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;dacteurs de ce programme s&#233;curitaire en ont conscience : la mise en place de ces technologies de rupture soul&#232;ve d'importantes questions, juridiques comme &#233;thiques, et ne manquera pas de susciter &#171; &lt;i&gt;de r&#233;elles r&#233;sistances&lt;/i&gt; &#187;. Des oppositions qui &#171; &lt;i&gt;ne pourront &#234;tre r&#233;duites que par une p&#233;dagogie soutenue et une progressivit&#233; compatible avec l'&#233;laboration de compromis sociaux&lt;/i&gt; &#187; &#8211; autrement dit : la propagande et la technique de la grenouille dans la marmite d'eau. Nous voil&#224; pr&#233;venus.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re &amp; Emilien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'heure o&#249; nous mettons sous presse, nous apprenons d'ailleurs que le patron des d&#233;put&#233;s marcheurs, un certain Christophe Castaner, plaide pour une &#171; r&#233;&#233;criture compl&#232;te &#187; de l'article 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La pr&#233;fecture de police de Paris a d&#233;j&#224; pris l'habitude de les utiliser, en l'absence de tout cadre r&#233;glementaire et en d&#233;pit de l'interdiction temporaire &#233;dict&#233;e par le Conseil d'&#201;tat en mai dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans un article publi&#233; sur son site : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/2020/11/24/securite-globale-lassemblee-nationale-vote-pour-la-technopolice/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;S&#233;curit&#233; globale&#8221; : l'Assembl&#233;e nationale vote pour la technopolice&lt;/a&gt; &#187;, 24/11/2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, lire l'analyse publi&#233;e par La Quadrature du Net sur son site : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/2020/11/19/la-technopolice-moteur-de-la-securite-globale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La technopolice, moteur de la s&#233;curit&#233; globale&lt;/a&gt; &#187;, 19/11/2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Face au virus, &#171; un arsenal techno-s&#233;curitaire d&#233;mesur&#233; et absurde &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Face-au-virus-un-arsenal-techno</link>
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		<dc:date>2020-05-02T20:24:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re, &#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation en 2008, l'association La Quadrature du Net joue un r&#244;le essentiel dans la d&#233;nonciation des d&#233;rives en mati&#232;re de technologie &#8211; sur Internet et ailleurs. Elle a r&#233;cemment lanc&#233; une campagne intitul&#233;e Technopolice, visant &#224; documenter les visages inqui&#233;tants de la ville dite &#171; intelligente &#187;, o&#249; tous les comportements sont scrut&#233;s, enregistr&#233;s, fliqu&#233;s [[Voir l'entretien avec F&#233;lix Tr&#233;guer publi&#233; dans CQFD n&#176; 183 (janvier 2020) : &#171; La technopolice progresse partout &#187; ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surveillance-numerique" rel="tag"&gt;surveillance num&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation en 2008, l'association La Quadrature du Net joue un r&#244;le essentiel dans la d&#233;nonciation des d&#233;rives en mati&#232;re de technologie &#8211; sur Internet et ailleurs. Elle a r&#233;cemment lanc&#233; une campagne intitul&#233;e Technopolice, visant &#224; documenter les visages inqui&#233;tants de la ville dite &#171; intelligente &#187;, o&#249; tous les comportements sont scrut&#233;s, enregistr&#233;s, fliqu&#233;s&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'entretien avec F&#233;lix Tr&#233;guer publi&#233; dans CQFD n&#176; 183 (janvier 2020) : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le contexte actuel formant une parfaite rampe de lancement pour de nouvelles technologies invasives, nous avons demand&#233; &#224; des militants de l'association ce qu'ils pensaient de l'emballement en cours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3342 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH379/-1532-3b5d1.jpg?1768832155' width='500' height='379' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Citation : Emmanuel Macron, 13 avril 2020 / Illustration : Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, &#201;tats et grosses entreprises d&#233;veloppent des syst&#232;mes de surveillance num&#233;rique &#224; m&#234;me d'&#233;pier chaque citoyen jusque dans ses espaces les plus intimes. Pour faire passer la pilule, le risque terroriste a longtemps &#233;t&#233; le pr&#233;texte id&#233;al. L'arriv&#233;e du coronavirus est pour les tenants de la surveillance et de la r&#233;pression une chance inesp&#233;r&#233;e d'acc&#233;l&#233;rer le mouvement et d'empi&#233;ter fermement sur les libert&#233;s. Il y a fort &#224; parier que les mesures et outils d&#233;velopp&#233;s pendant la crise sanitaire resteront en place &#224; la fin de l'&#233;pid&#233;mie. Le p&#233;ril &#171; coronavirus &#187; pass&#233;, ils pourront servir &#224; maintes basses besognes, comme le fichage politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques semaines en tout cas, pas un jour ne passe sans qu'une nouvelle fronti&#232;re ne soit all&#232;grement franchie. Du tra&#231;age num&#233;rique aux cam&#233;ras thermiques, des drones policiers &#224; la reconnaissance faciale, se d&#233;veloppe &#224; une vitesse affolante un maillage de surveillance de plus en plus dense. Pour les militants de &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Quadrature du Net&lt;/a&gt;, il est plus que temps de mettre le hol&#224; &#224; cette course en avant men&#233;e sous pr&#233;texte sanitaire. Et de &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; interroger, voire d&#233;truire, les soubassements de l'emballement technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien collectif.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kenneth Roth, le directeur g&#233;n&#233;ral de Human Rights Watch, &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/the-day-in-human-rights/2020/04/07&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;a d&#233;clar&#233;&lt;/a&gt; le 7 avril : &#171; Le coronavirus est le nouveau terrorisme. C'est le dernier pr&#233;texte en date pour des violations de droits qui persisteront [...] longtemps apr&#232;s la fin de la crise. &#187; Partagez-vous cette analyse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le constat est av&#233;r&#233; : quelle que soit leur forme, les crises pass&#233;es ont souvent &#233;t&#233; propices &#224; l'&#233;tablissement de nouvelles mesures liberticides et de violations des droits humains. Elles induisent en effet une situation d'urgence qui permet aux autorit&#233;s de prendre des mesures de restriction des libert&#233;s individuelles au nom de la gestion de crise. Il y a donc forc&#233;ment des d&#233;rives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; le cas aux &#201;tats-Unis apr&#232;s les attentats du 11 septembre 2001, qui ont non seulement engendr&#233; des guerres bas&#233;es sur des mensonges, mais &#233;galement le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/USA_PATRIOT_Act&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Patriot Act&lt;/a&gt;, loi qui a permis aux autorit&#233;s d'acc&#233;der sans restriction &#224; toutes sortes de fichiers de donn&#233;es personnelles (m&#233;dicales ou bancaires, par exemple) et de placer sans mandat tout citoyen sur &#233;coute. Initialement mis en place pour quatre ans, le Patriot Act est toujours en vigueur dix-huit ans apr&#232;s. Les pr&#233;sidents successifs n'ont fait qu'&#233;tendre son champ d'application, institutionnalisant les abus et les d&#233;rives s&#233;curitaires en toute opacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, en France, les attentats terroristes de 2015 ont permis le vote de la loi Renseignement. Ils ont aussi entra&#238;n&#233; la mise en place de l'&#233;tat d'urgence, lequel a &#233;t&#233; utilis&#233; pour interpeller des militants et manifestants n'ayant aucun rapport avec le terrorisme... avant que certaines de ses mesures liberticides ne soient introduites dans le droit commun en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle et l'&#233;tat d'urgence sanitaire ne semblent pas &#233;chapper &#224; la r&#232;gle. L'application des mesures anti-coronavirus ne va pas sans abus : interpellations violentes non justifi&#233;es, caract&#232;re flou des interdictions, interpr&#233;tations hasardeuses et abusives des r&#232;gles &#224; suivre de la part des forces de l'ordre&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment la lettre ouverte au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur sign&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, etc. En parall&#232;le, la population est surveill&#233;e via des drones dont l'utilisation est peu (voire pas) encadr&#233;e l&#233;galement&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet le r&#233;cent article de La Quadrature du Net (www.laquadrature.net)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, tandis que des h&#233;licopt&#232;res et des avions&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le cas &#224; Marseille, o&#249; la police utilise un petit avion pour d&#233;tecter (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; survolent les airs et veillent au confinement. Dans le m&#234;me temps, des dispositifs crois&#233;s m&#234;lant policiers, cam&#233;ras de surveillance et drones servent &#224; interpeller des individus qui ont omis de remplir une attestation de sortie. Et puis il y a cette application de &#8220;backtracking&#8221; que l'&#201;tat aimerait qu'on installe sur nos smartphones pour s'autotracer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; cette acc&#233;l&#233;ration de la surveillance technologique, on a l'impression que la sid&#233;ration est de mise...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors m&#234;me que la situation sanitaire perturbe notre quotidien et suscite notre inqui&#233;tude, pour nous et nos proches, nous voyons se d&#233;ployer un arsenal techno-s&#233;curitaire d&#233;mesur&#233; et absurde. Or, &#224; aucun moment on ne discute de son impact social, ni du climat de peur et de d&#233;shumanisation qu'il g&#233;n&#232;re. Comme si la pand&#233;mie n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; en soi suffisamment traumatisante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, on constate dans les h&#244;pitaux le manque d'&#233;quipements, de protections pour le personnel soignant, de lits, de tests de d&#233;pistages et de moyens. Pire : on regarde les plus d&#233;munis, les plus pauvres, les plus &#226;g&#233;s, souffrir et p&#226;tir d'une crise sanitaire et sociale, sans r&#233;ponse claire et coordonn&#233;e de la part des autorit&#233;s, avec comme rares r&#233;confort et soutien la solidarit&#233; collective admirable qu'on voit &#233;merger sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble en tout cas que l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral de sid&#233;ration du d&#233;but a laiss&#233; la place &#224; une prise de conscience croissante de ce fait &#233;vident : la principale r&#233;ponse de l'&#201;tat &#224; cette crise est s&#233;curitaire et tout bonnement inhumaine. Les d&#233;nonciations en la mati&#232;re se multiplient, m&#234;me si ce travail militant se d&#233;ploie dans des conditions tr&#232;s contraintes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Pologne, les personnes en quarantaine sont contraintes d'envoyer via une application mobile des selfies prouvant qu'elles sont chez elles, sous peine de voir la police d&#233;barquer pour contr&#244;ler. En France, le projet d'application &#171; Stop-Covid &#187; port&#233; par le gouvernement semble un peu moins intrusif. Quel est, d'apr&#232;s vous, son degr&#233; de dangerosit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'application Stop-Covid, telle qu'elle est pr&#233;sent&#233;e, semble collecter et traiter les donn&#233;es en &lt;i&gt;pseudonymat&lt;/i&gt; &#8211; il n'y a pas d'anonymat pur&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment le travail men&#233; sur la plateforme Risques-tracage.fr par des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Pour se garantir contre les d&#233;rives, il faudrait &lt;i&gt;a minima &lt;/i&gt;que le code source de l'application soit publi&#233; sous licence libre et disponible suffisamment &#224; l'avance pour permettre un audit technique pr&#233;alable. Mais m&#234;me avec ces garanties, tout laisse penser que cette application sera non seulement inefficace, mais aussi qu'elle fera courir le risque de d&#233;rives s&#233;curitaires ou sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Tout d'abord, parce qu'il est probable que le gouvernement souhaite un jour la rendre obligatoire. En effet, les mod&#232;les th&#233;oriques de l'algorithme derri&#232;re une telle application demandent, pour &#234;tre efficaces, une participation massive (en France le chiffre minimum de 60 % est souvent &#233;voqu&#233;, mais en r&#233;alit&#233; il s'approcherait davantage des 70 % de la population). Ceci en supposant que les personnes soup&#231;onn&#233;es d'&#234;tre malades puissent &#234;tre test&#233;es rapidement et efficacement, ce qui ne semble pas d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, une fois l'application d&#233;ploy&#233;e, il sera facile pour le gouvernement de lui adjoindre des fonctions coercitives comme en Pologne &#8211; avec contr&#244;le individuel du confinement, v&#233;rifications et alertes r&#233;guli&#232;res si non-connexion &#224; la base de donn&#233;es centrale li&#233;e &#224; l'application, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect dangereux de cette application est le sentiment de fausse s&#233;curit&#233; sanitaire qu'elle peut cr&#233;er. C'est un effet connu des solutions technologiques qui offrent une illusion de ma&#238;trise et de contr&#244;le : son usage pourrait inciter &#224; r&#233;duire les gestes barri&#232;res, tout en &#233;chouant &#224; lancer des alertes suffisamment fiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, l'application renforce la croyance aveugle dans la technologie et la surveillance comme principales r&#233;ponses aux crises sanitaires, &#233;cologiques ou &#233;conomiques, alors qu'elles d&#233;tournent au contraire l'attention des r&#233;flexions profondes sur nos politiques et des solutions de bon sens &#8211; la recherche scientifique, le financement du service public ainsi que la pr&#233;servation des syst&#232;mes de sant&#233; solidaires et des biens communs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ditocrate Christophe Barbier a sugg&#233;r&#233; que les personnes ayant install&#233; l'appli aient prioritairement acc&#232;s aux tests s&#233;rologiques &#8211; quand ils seront disponibles. Va-t-on vers un mod&#232;le o&#249; des outils de surveillance num&#233;rique seront de facto obligatoires ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, ce danger est bien r&#233;el. M&#234;me si l'application n'est pas formellement obligatoire, une pression sociale trop importante pourrait entra&#238;ner de graves formes de discriminations envers les personnes qui ne l'utilisent pas. L'application deviendrait ainsi une sorte de socle de &#8220;cr&#233;dit social&#8221; tel qu'on le voit exp&#233;riment&#233; en Chine : des employeurs pourraient exiger que l'application soit install&#233;e sur notre t&#233;l&#233;phone et qu'elle montre que &#8220;nous allons bien&#8221;. De m&#234;me, l'entr&#233;e dans certains lieux pourrait &#234;tre conditionn&#233;e par le recours &#224; cette application et &#224; des informations sur notre &#233;tat de sant&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Estrosi, le maire de Nice, a demand&#233; &#224; ce qu'Enedis fournisse les donn&#233;es d'utilisation du compteur &#233;lectrique Linky pour pouvoir d&#233;noncer les gens partis dans leur r&#233;sidence secondaire en violation du confinement. Le coronavirus montre &#224; quel point sans m&#234;me avoir besoin d'aller plus loin, l'&#201;tat et les entreprises disposent d&#233;j&#224; de nombreuses donn&#233;es permettant de nous fliquer. Quels en sont les exemples les plus marquants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le croisement du fichier TAJ (Traitement des ant&#233;c&#233;dents judiciaires) et du fichier TES (Titres &#233;lectroniques s&#233;curis&#233;s) ainsi que des dispositions de la loi Renseignement rendent d&#233;j&#224; possible la reconnaissance faciale des manifestants en toute opacit&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur son site, La Quadrature du Net a publi&#233; un article d&#233;taillant cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Si on ajoute &#224; cela les cam&#233;ras de surveillance &#8220;intelligentes&#8221; de nos villes et les drones, nous pouvons toutes et tous potentiellement subir une identification et surveillance individuelle importante. Linky n'est qu'une pi&#232;ce de plus dans le maillage d&#233;j&#224; tr&#232;s dense de la surveillance aujourd'hui et Estrosi rappelle par sa provocation bravache les possibilit&#233;s qu'offrent les compteurs dits &#8220;intelligents&#8221; en termes de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des entreprises, les grandes multinationales du num&#233;rique comme Google ou Facebook utilisent d&#233;j&#224; largement nos donn&#233;es de localisation : nos d&#233;placements n'ont plus aucun secret pour elles, nos attitudes et affinit&#233;s sociales sont pass&#233;es au crible, nos photos et vid&#233;os nourrissent leurs algorithmes d'intelligence artificielle et de reconnaissance faciale. Et depuis les r&#233;v&#233;lations d'Edward Snowden en 2013, nous savons que les &#201;tats et ces entreprises travaillent main dans la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Particuli&#232;rement juteux, le march&#233; de la s&#233;curit&#233; est souvent tributaire de projets fonctionnant sur la base de partenariats public-priv&#233;. Les Jeux olympiques de Paris 2024 seront ainsi une occasion en or pour les entreprises du secteur de travailler avec l'&#201;tat pour faire prolif&#233;rer les dispositifs techno-s&#233;curitaires. &#199;a a &#233;t&#233; le cas &#224; P&#233;kin en 2008 et &#224; Londres en 2012. Paris est la prochaine sur la liste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans des dizaines de villes de France, la police s'est mise &#224; utiliser des drones dans la rue pour intimer aux gens l'ordre de rentrer chez eux. Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur vient d'ailleurs de passer commande de plusieurs centaines de nouveaux drones. Dans quel but et selon quelles modalit&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s le d&#233;but, le confinement a &#233;t&#233; pour le gouvernement une occasion en or de d&#233;ployer ces nouveaux gadgets de surveillance, imitant ainsi les usages qu'en faisaient les autorit&#233;s chinoises d&#232;s le tout d&#233;but de cette ann&#233;e. Le 10 avril dernier, un appel d'offres a &#233;t&#233; publi&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur : il porte sur l'acquisition de plus de 650 drones. D'apr&#232;s nos estimations, cela correspondrait &#224; un doublement du nombre de drones actuellement disponibles pour les forces de police. Alors qu'une r&#233;cession sans pr&#233;c&#233;dent est annonc&#233;e et que notre syst&#232;me de sant&#233; est exsangue, ce sont 4 millions d'euros qui vont &#234;tre d&#233;pens&#233;s par l'&#201;tat pour surveiller la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur de cette commande porte sur 565 &#8220;&lt;i&gt;micro-drones du quotidien&lt;/i&gt;&#8221;. Le nom m&#234;me de ces derniers trahit la volont&#233; politique de banaliser la surveillance a&#233;rienne et de l'inscrire dans la dur&#233;e. Leurs capacit&#233;s techniques laissent pourtant entrevoir leur potentiel liberticide. L'appel d'offres explique par exemple que ces engins devront permettre une &#8220;&lt;i&gt;discr&#233;tion visuelle et sonore&lt;/i&gt;&#8221; tout en assurant une capacit&#233; de &#8220;&lt;i&gt;reconnaissance humaine &#224; une hauteur de vol de cent m&#232;tres&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, 66 &#8220;&lt;i&gt;drones de capacit&#233; nationale&lt;/i&gt;&#8221; et 20 &#8220;&lt;i&gt;nano-drones&lt;/i&gt;&#8221; seront aussi fournis aux autorit&#233;s. Les premiers doivent permettre de suivre une cible situ&#233;e &#224; 500 m&#232;tres, tandis que les seconds p&#232;seront moins de 50 grammes et seront encore plus difficilement d&#233;tectables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une phase d'utilisation exceptionnelle suivie d'une exp&#233;rimentation &#224; grande &#233;chelle &#224; l'occasion du confinement, l'&#201;tat est en train de profiter d'un vide juridique pour les d&#233;ployer massivement et les imposer sur le long terme. La France n'est &#233;videmment pas la seule dans ce cas : on voit des processus similaires &#224; l'&#339;uvre au Royaume-Uni, au Portugal, en Italie... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant la &#171; crise &#187;, il semblait y avoir acc&#233;l&#233;ration du processus d' &#187; acceptation &#187; concernant la reconnaissance faciale en France. C'est la prochaine &#233;tape ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, dans l'ombre du Covid-19 la reconnaissance faciale continue &#224; avancer. Au mois de mars, C&#233;dric O, le secr&#233;taire d'&#201;tat au num&#233;rique, &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/direct/element/reconnaissance-faciale-la-bonne-idee-du-gouvernement-contre-le-coronavirus_110386/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;expliquait&lt;/a&gt; que &#8220;&lt;i&gt;la reconnaissance faciale peut apporter un certain nombre de b&#233;n&#233;fices &#224; la fois dans l'ordre public mais &#233;galement dans la gestion de maladies&lt;/i&gt;&#8221;. Aux &#201;tats-Unis, la police explique qu'il s'agit d'une solution plus hygi&#233;nique que les papiers d'identit&#233; pour identifier les gens, car &#8220;&lt;i&gt;sans contact&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette technologie progresse &#233;galement dans le cadre d'utilisations en apparence moins polici&#232;res. Dans plusieurs universit&#233;s par exemple, des dispositifs de surveillance d'examens par vid&#233;o et reconnaissance faciale sont envisag&#233;s. Plus largement, d'autres applications de la &#8220;&lt;i&gt;vid&#233;osurveillance automatis&#233;e&lt;/i&gt;&#8221; prolif&#232;rent &#224; l'occasion de cette crise, par exemple dans l'utilisation d'images issues de la vid&#233;osurveillance afin de d&#233;tecter automatiquement les attroupements, le non-respect de la distanciation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, on a aussi remarqu&#233; une explosion d'offres de certaines entreprises pour des cam&#233;ras thermiques qui seraient capables de d&#233;tecter &#224; une certaine distance les personnes fi&#233;vreuses. Des a&#233;roports commencent d&#233;j&#224; &#224; en installer. &#192; Cannes, la mairie a &#233;quip&#233; des commerces de thermom&#232;tres laser qui conditionnent l'entr&#233;e. Ces dispositifs pr&#233;sentent des incertitudes significatives, mais encore une fois leur efficacit&#233; r&#233;elle n'est pas discut&#233;e, ni les cons&#233;quences humaines de leur utilisation. C'est la surench&#232;re techno-sanitaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a l'impression d'une forme de &#171; strat&#233;gie du choc &#187; appliqu&#233;e &#224; la surveillance de masse. Comme si au moindre &#233;v&#233;nement majeur (terrorisme, &#233;pid&#233;mie...), plus aucune remise en cause ne pouvait &#234;tre &#233;nonc&#233;e. Comment r&#233;sister &#224; cette fuite en avant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous devons plus que jamais rester lucides et vigilants, nous informer, questionner les mesures qu'on nous impose. Il est vrai qu'en temps de confinement, alors que les manifestations classiques ne sont pas possibles et que nos d&#233;placements physiques sont drastiquement r&#233;duits, il appara&#238;t difficile de s'opposer, hormis via quelques moyens limit&#233;s, comme les banderoles aux fen&#234;tres. La solidarit&#233; associative envers les plus d&#233;munis, alors que l'aide des autorit&#233;s fait cruellement d&#233;faut, est &#233;galement remarquable et t&#233;moigne de notre capacit&#233; &#224; g&#233;rer les urgences de fa&#231;on collective, organis&#233;e et humaine. Profitons &#233;galement de ce moment de confinement pour r&#233;fl&#233;chir autant que possible &#224; mieux organiser et pr&#233;parer notre r&#233;ponse d&#232;s que nous retrouverons un peu de marge de man&#339;uvre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard &amp; Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'entretien avec F&#233;lix Tr&#233;guer publi&#233; dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 183 (janvier 2020) : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Felix-Treguer-La-technopolice' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La technopolice progresse partout &#187;&lt;/a&gt; ou encore notre article de f&#233;vrier (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 184) : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Videosurveillance-automatisee-on' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Vid&#233;osurveillance automatis&#233;e : on ne pourra plus faire un pet de travers&lt;/a&gt;. Le site de la campagne, fortement recommand&#233; : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://technopolice.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Technopolice.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire notamment la lettre ouverte au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur sign&#233;e notamment par la Ligue des droits de l'homme : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ldh-france.org/pour-un-respect-de-letat-de-droit-en-matiere-de-verbalisations-amendes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour un respect de l'&#233;tat de droit en mati&#232;re de verbalisations/amendes&lt;/a&gt; &#187; (10/04/2020). Voir aussi en page 6 du pr&#233;sent journal l'article sur les incarc&#233;rations li&#233;es au non-respect du confinement : &#171; La prison sans attestation &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;187 (mai 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet le r&#233;cent article de La Quadrature du Net (&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.laquadrature.net&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/2020/04/01/covid-19-lattaque-des-drones/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Covid-19, l'attaque des drones&lt;/a&gt; &#187; (01/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est le cas &#224; Marseille, o&#249; la police utilise un petit avion pour d&#233;tecter d'&#233;ventuels attroupements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment le travail men&#233; sur la plateforme &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://risques-tracage.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Risques-tracage.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; par des chercheurs s'inqui&#233;tant des risques sociaux engendr&#233;s par l'application.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur son site, La Quadrature du Net a publi&#233; un article d&#233;taillant cette question : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/2019/11/18/la-reconnaissance-faciale-des-manifestants-est-deja-autorisee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La reconnaissance faciale des manifestant&#183;e&#183;s est d&#233;j&#224; autoris&#233;e&lt;/a&gt; &#187; (18/11/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>F&#233;lix Tr&#233;guer : &#171; La technopolice progresse partout &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Felix-Treguer-La-technopolice</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<dc:subject>Big Data</dc:subject>

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&lt;p&gt;La &#171; Smart City &#187;, nouvelle coqueluche des municipalit&#233;s avides de gestion d&#233;shumanis&#233;e de l'espace public, n'est en rien intelligente. C'est avant tout un terrain id&#233;al de surveillance et de gestion des populations par des &#233;diles obs&#233;d&#233;s par le tout-s&#233;curitaire. Alors que ce mod&#232;le se d&#233;veloppe un peu partout dans l'Hexagone, &#233;tat des lieux avec F&#233;lix Tr&#233;guer, l'un des soutiers de la campagne Technopolice, qui vise &#224; alerter et mobiliser sur la question. En mati&#232;re de luttes concr&#232;tes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reconnaissance-faciale" rel="tag"&gt;reconnaissance faciale&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Big-Data" rel="tag"&gt;Big Data&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La &#171; Smart City &#187;, nouvelle coqueluche des municipalit&#233;s avides de gestion d&#233;shumanis&#233;e de l'espace public, n'est en rien intelligente. C'est avant tout un terrain id&#233;al de surveillance et de gestion des populations par des &#233;diles obs&#233;d&#233;s par le tout-s&#233;curitaire. Alors que ce mod&#232;le se d&#233;veloppe un peu partout dans l'Hexagone, &#233;tat des lieux avec F&#233;lix Tr&#233;guer, l'un des soutiers de la campagne Technopolice, qui vise &#224; alerter et mobiliser sur la question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1411-2b239.jpg?1768907610' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n mati&#232;re de luttes concr&#232;tes pour un Internet libre, La Quadrature du Net a &#233;t&#233; et reste un acteur essentiel. Fond&#233;e en 2008, cette association a bataill&#233; sur les terrains l&#233;gislatifs et m&#233;diatiques pour que la Toile ne devienne pas le terrain de jeu d'int&#233;r&#234;ts &#233;tatiques ou commerciaux. Ni surveillance ni r&#233;cup&#233;ration, clamaient ses animateurs, place au libre, &#224; l'utopie d'un espace virtuel &#233;mancipateur. C'est toujours leur position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les membres du collectif estiment d&#233;sormais que d'autres terrains que la Toile sont menac&#233;s par la surveillance version Big Data&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Litt&#233;ralement : m&#233;gadonn&#233;es. Terme d&#233;signant l'inflation d&#233;mente des donn&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et algorithmes, notamment l'espace public. C'est pourquoi ils ont lanc&#233; la campagne Technopolice, qui vise &#224; provoquer le d&#233;bat et passe notamment par un site (&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://technopolice.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Technopolice.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) qui recense et documente les projets les plus avanc&#233;s en mati&#232;re de Smart City et de gestion automatis&#233;e des villes. Parmi les concern&#233;es : Toulouse, Nice, Marseille, mais aussi Valenciennes ou Istres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en parle avec F&#233;lix Tr&#233;guer, cofondateur de la Quadrature du Net tr&#232;s impliqu&#233; dans cette campagne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Quadrature du Net&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; sa fondation en 2008, La Quadrature du Net portait la vision d'un Internet &#233;mancipateur. C'&#233;tait &#224; nos yeux une v&#233;ritable utopie &#224; d&#233;fendre, un terrain id&#233;al &#224; prospecter pour faire avancer nos id&#233;aux. On se voulait garde-fous en la mati&#232;re, d&#233;non&#231;ant les d&#233;rives et r&#233;cup&#233;rations, mais avec l'id&#233;e d'une avanc&#233;e globalement positive. C'est quelque chose dont on est plusieurs &#224; &#234;tre largement revenus, m&#234;me si chacun &#224; la Quadrature a sa trajectoire, sa vision des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je pense que ces utopies fondatrices &#8211; par exemple celle du logiciel libre, et plus largement d'Internet comme technologie d'essence d&#233;mocratique &#8211; ont perdu la bataille. On a assist&#233; &#224; une reprise en main d'Internet par les &#201;tats et le capitalisme. C'est ce que je raconte dans mon livre, &lt;i&gt;L'utopie d&#233;chue, une contre-histoire d'Internet, XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;- XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fayard, 2019.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, en revenant sur les politiques de contr&#244;le de l'information depuis l'imprimerie. Cette reprise en main, c'est une &#233;volution qu'on a clairement v&#233;cue &#224; la Quadrature : un d&#233;senchantement face &#224; la mani&#232;re dont &#233;voluait le champ num&#233;rique, le triomphe des GAFAM, le r&#232;gne du Big Data et de la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la censure automatis&#233;e qui se d&#233;veloppe aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul, j'ai l'impression qu'&#224; certains moments on a pu contribuer &#224; vendre une soupe technophile. Mais &#224; partir du &lt;i&gt;Cablegate &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Divulgation en 2010 par Wikileaks et ses partenaires m&#233;diatiques d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et des d&#233;boires de Julian Assange, puis lors de l'affaire Snowden en 2013, on a commenc&#233; &#224; se d&#233;faire de certaines &#339;ill&#232;res. Notre discours et nos modes d'action refl&#232;tent en partie ce processus. On pense toujours qu'il est important d'occuper les terrains l&#233;gislatif et m&#233;diatique pour entraver les projets s&#233;curitaires et les strat&#233;gies &#233;conomiques des multinationales du num&#233;rique, parce que c'est notre r&#244;le d'&#234;tre au contact des institutions. Mais on mesure aussi que &#231;a ne suffit plus face au d&#233;ferlement num&#233;rique. Au point que d&#233;sormais, on souhaite aussi s'investir dans des luttes de terrain, sur le local, parce que c'est l&#224; qu'on retrouve un peu du sens et de la joie, essentiels &#224; tout projet militant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Technopolice&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; La campagne Technopolice, lanc&#233;e en septembre dernier, est un peu le fruit de cette &#233;volution, de cette envie d'aller au plus pr&#232;s du terrain. C'est aussi quelque chose que nous impose l'&#233;tape de l'informatisation &#224; laquelle nous sommes rendus. Le projet est n&#233; quand on a d&#233;couvert le programme &#8220;Big Data de la tranquillit&#233; publique&#8221;, un outil de police pr&#233;dictive lanc&#233; &#224; Marseille, il y a pr&#232;s de deux ans &lt;i&gt;(lire aussi p. IV)&lt;/i&gt;. En &#233;tudiant les documents administratifs li&#233;s au projet, on est tomb&#233;s des nues. Plus on les &#233;pluchait, plus on comprenait qu'il y avait en cours une ambition d&#233;lirante. En clair : appliquer des m&#233;thodes d'analyse Big Data &#224; un maximum de donn&#233;es, issues aussi bien de la police que des h&#244;pitaux, des r&#233;seaux sociaux ou des r&#233;gies de transports. C'est l'id&#233;e de base de la &#8220;Smart City&#8221; : mobiliser toutes les informations disponibles pour g&#233;rer le quotidien de la ville, des manifestations &#224; la voirie. En la mati&#232;re, Marseille et Nice sont clairement des pr&#233;curseurs : m&#234;me si la Commission nationale de l'informatique et des libert&#233;s (Cnil) vient de retoquer le projet d'installer des portiques de reconnaissance faciale &#224; l'entr&#233;e de deux lyc&#233;es de ces villes, elles n'en restent pas moins des laboratoires revendiqu&#233;s en mati&#232;re de police pr&#233;dictive et de vid&#233;osurveillance automatis&#233;e. D'ailleurs, la premi&#232;re v&#233;ritable exp&#233;rimentation fran&#231;aise de la reconnaissance faciale en temps r&#233;el, dans l'espace public, pour retrouver un cobaye volontaire noy&#233; dans la foule, s'est d&#233;roul&#233;e &#224; Nice &#224; l'occasion du dernier carnaval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle prend des formes parfois diff&#233;rentes, la technopolice progresse partout sur le territoire : &#224; Toulouse, Paris, Marseille, mais aussi &#224; Istres, Valenciennes ou Lannion, il s'agit de mettre la ville sous contr&#244;le num&#233;rique en collectant les donn&#233;es disponibles afin de contr&#244;ler les foules, g&#233;rer les flux, s'appuyer sur le Big Data pour l&#233;gitimer des politiques de segmentation spatiale. Apr&#232;s les discours marketing sur la &#8220;Smart City&#8221;, ce sont les applications s&#233;curitaires qui sont les plus avanc&#233;es. D'o&#249; le terme de &#8220;Safe City&#8221; vant&#233; par les industriels, qui constatent que c'est pour les politiques de s&#233;curit&#233; que les mairies sont les plus enclines &#224; d&#233;bloquer des budgets. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Reconnaissance faciale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour l'instant, en dehors d'exp&#233;rimentations, il n'y a pas &#224; proprement parler de reconnaissance faciale en &#8220;live&#8221;. Mais on s'en approche de plus en plus. D&#232;s 2014, la pr&#233;fecture de Paris a lanc&#233; des projets de recherche en lien avec des industriels. Il s'agissait alors d'&#234;tre dans la comparaison faciale : &#224; partir d'une image, tir&#233;e d'un film ou d'une simple photo, on cherche &#224; savoir si la personne est fich&#233;e. Aujourd'hui, la comparaison faciale est l&#233;gale, et les agents ayant acc&#232;s au fichier TAJ (Traitement d'ant&#233;c&#233;dents judiciaires) disposent d'une fonctionnalit&#233; d&#233;di&#233;e pour faire remonter des fiches &#224; partir de la photo d'un suspect qu'on pr&#233;sente &#224; l'algorithme. Or, le fichier TAJ est une esp&#232;ce de tout-venant, o&#249; l'on met tout le monde et n'importe qui. Les proc&#233;dures et les garde-fous, par exemple ceux pr&#233;vus pour faire effacer les donn&#233;es des personnes qui n'ont rien &#224; y faire, ne sont pas respect&#233;s. Et lorsqu'on a cherch&#233; &#224; mieux comprendre la mani&#232;re dont les images vid&#233;os des manifestations de Gilets jaunes pouvaient &#234;tre utilis&#233;es pour armer la r&#233;pression contre ce mouvement, on a compris qu'un autre fichier pouvait &#234;tre mobilis&#233;, le TES (Titres &#233;lectroniques s&#233;curis&#233;s), dans lequel seront &#224; terme fich&#233;s tous les demandeurs de carte d'identit&#233; et de passeports. Bref, toute personne film&#233;e sur le lieu d'une manifestation peut &#234;tre identifi&#233;e par la comparaison faciale, fich&#233;e, voire poursuivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'usage s'est impos&#233; dans les pratiques polici&#232;res, sans qu'aucune transparence ne soit faite, sans qu'aucun d&#233;bat n'ait eu lieu. La reconnaissance faciale en direct dans l'espace public semble &#234;tre la prochaine &#233;tape. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Outils de r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour enrayer la donne, on essaye de sortir de notre milieu, de parler au plus de gens possible. &#199;a passe notamment par notre site &lt;i&gt;Technopolice.fr&lt;/i&gt;, lanc&#233; en septembre &#224; Nice, avec des partenaires comme la Ligue des droits de l'Homme. Il s'agit de documenter, d'informer, d'offrir des outils de diffusion et d'organisation des luttes. Par ailleurs, on essaye de mobiliser d'autres acteurs, de faire des recours juridiques, de mettre la pression sur des organismes comme la Cnil. Sachant qu'il n'y a que cinq salari&#233;s &#224; La Quadrature du Net, c'est un boulot de fou. On souhaite donc aider des groupes locaux &#224; s'organiser et &#224; travailler avec nous dans le cadre de cette campagne. Parfois, on a de bonnes surprises : quand on est all&#233;s tracter devant le lyc&#233;e Amp&#232;re &#224; Marseille, alors sous la menace du portique de reconnaissance faciale pour g&#233;rer les entr&#233;es et sorties des &#233;l&#232;ves, on s'est rendus compte que beaucoup de gamins se sentaient concern&#233;s, qu'ils n'&#233;taient pas apathiques face &#224; la situation et faisaient le lien avec d'autres formes de contr&#244;le dont ils font l'objet au sein du syst&#232;me &#233;ducatif. Les jeunes g&#233;n&#233;rations ne sont pas forc&#233;ment aussi intoxiqu&#233;es qu'on l'imagine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on s'aper&#231;oit qu'il y a certains sujets o&#249; les &#233;volutions technologiques ne passent pas. On peut prendre le cas des compteurs Linky, par exemple, contre lesquels il y a une forte mobilisation populaire. Et on esp&#232;re que ce sera le cas aussi non seulement contre la reconnaissance faciale, mais aussi contre les autres formes de vid&#233;osurveillance automatis&#233;e ou encore les solutions de police pr&#233;dictive qui commencent &#224; se mettre en place. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Horizons&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a une forme de retour &#224; une critique de la technologie qui avait disparu &#224; un moment. &#201;videmment, cela reste limit&#233;. Quand on pense au large front contestataire qui s'&#233;tait constitu&#233; contre les d&#233;buts de l'informatisation, dans les ann&#233;es 1970 et 1980, avec par exemple le collectif Clodo&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; pour la liquidation ou la destruction des ordinateurs, groupe de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; en France, on se dit qu'il y a pas mal de travail. On a perdu beaucoup de temps avec cette focalisation sur l'utopie Internet, cette id&#233;e que &#231;a allait r&#233;soudre tous les probl&#232;mes. L&#224;, on est pass&#233;s &#224; autre chose. Il faut dire que l'informatique change de visage : le Big Data, l'intelligence artificielle, ce sont des machines aux mains des grandes bureaucraties qui s'en servent pour s'automatiser, et donc se d&#233;shumaniser encore plus. Cette informatique-l&#224;, on ne va pas pouvoir la distribuer &#224; travers la soci&#233;t&#233; comme on a pu le faire dans les ann&#233;es 1980 et 1990 avec l'ordinateur personnel et Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette phase de retour en force de l'informatique de contr&#244;le, qui va se d&#233;ployer sur des ann&#233;es, il faut r&#233;agir vite tout en sachant tenir la distance. Cette lutte est un marathon. Si on prend le sujet de la vid&#233;osurveillance automatis&#233;e, on les voit avancer leurs pions, mais il est encore temps de r&#233;agir, au niveau local comme national : les technologies ne sont pas encore tout &#224; fait m&#251;res, les march&#233;s non plus, l'acquiescement de la population n'est en rien garanti. D'o&#249; des discours comme celui que le secr&#233;taire d'&#201;tat au num&#233;rique C&#233;dric O a tenu en octobre, quand il d&#233;clare &#224; ce sujet : &#8220;&lt;i&gt;Il faut exp&#233;rimenter pour que nos industries progressent.&lt;/i&gt;&#8221; Les technocrates mettent en avant les gains de rapidit&#233;, d'efficacit&#233;, les enjeux &#233;conomiques et industriels, un surcro&#238;t de s&#233;curit&#233;, et pensent que de cette mani&#232;re, ils pourront assurer &#8220;l'acceptabilit&#233; sociale&#8221; de leurs machines et les banaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si leurs discours grandiloquents sur les &#8220;promesses&#8221; de la technologie rel&#232;vent encore en grande partie du marketing, je pense qu'il faut aussi garder &#224; l'esprit que tout cela n'est pas juste du fantasme. Vu les &#8220;progr&#232;s&#8221; rapides de l'intelligence artificielle, il serait irresponsable de s'en tenir &#224; une d&#233;nonciation sur le manque d'efficacit&#233; de ces technologies, en pensant que c'est juste de la soupe technophile vendue en bo&#238;tes aux &#233;lus et que rien de concret n'en sortira. Ce n'est parce qu'on n'en est pas encore &#224; &lt;i&gt;Black Mirror &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;rie d&#233;non&#231;ant avec brio certaines d&#233;rives liberticides li&#233;es aux avanc&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; qu'on doit rester les bras crois&#233;s. Les m&#233;dias aiment souvent faire le parall&#232;le avec la Chine et la notation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la population, en disant &#8220;&lt;i&gt;On n'en est pas encore l&#224;&lt;/i&gt;&#8221;. C'est &#224; la fois irresponsable et aussi un peu raciste, car on postule que l&#224;-bas, la population accepterait tout comme des moutons. Eh bien non : il y a des formes de r&#233;sistance qui s'y d&#233;ploient, malgr&#233; les risques de r&#233;pression. Et la Chine, ce n'est pas un &#233;pouvantail. C'est juste qu'ils ont dix ans d'avance. Leur exemple montre ce qui nous attend si on ne r&#233;agit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit d'ailleurs que de Hong-Kong au Chili en passant par la France des Gilets jaunes, l'inventivit&#233; en mati&#232;re de r&#233;sistance &#224; la surveillance ne manque pas. Qu'il s'agisse d'aveugler les cam&#233;ras, d'&#233;blouir les drones avec des lasers, de se masquer pour &#233;chapper &#224; la surveillance, quelque chose se d&#233;ploie. Et c'est fondamental. Face &#224; la fuite en avant actuelle, il est temps d'ouvrir nos imaginaires, nos discours et nos modes d'action. Non seulement pour refuser l'informatique s&#233;curitaire et l'automatisation bureaucratique, mais aussi plus largement pour rendre possible et d&#233;sirable une vie avec moins de technologie. C'est la condition de l'autonomie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cet entretien est issu du dossier &#171; R&#233;sister &#224; la surveillance &#187;, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 183 de CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Litt&#233;ralement : m&#233;gadonn&#233;es. Terme d&#233;signant l'inflation d&#233;mente des donn&#233;es personnelles collect&#233;es par les acteurs &#233;conomiques ou institutionnels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fayard, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Divulgation en 2010 par Wikileaks et ses partenaires m&#233;diatiques d'une multitude de documents relatifs &#224; des &#233;changes diplomatiques vari&#233;s et pour certains tr&#232;s sensibles. L'&#233;v&#233;nement fut un pr&#233;lude aux ennuis judiciaires de Julian Assange (fondateur de Wikileaks) et d'Edward Snowden (qui a divulgu&#233; de nombreux documents li&#233;s &#224; des projets de surveillance de masse am&#233;ricains et britanniques).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comit&#233; pour la liquidation ou la destruction des ordinateurs, groupe de sabotage actif dans la r&#233;gion toulousaine pendant les ann&#233;es 1980. Lire &#171; La balade incendiaire du Clodo &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 157 (septembre 2017), disponible sur notre site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;S&#233;rie d&#233;non&#231;ant avec brio certaines d&#233;rives liberticides li&#233;es aux avanc&#233;es technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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