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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les racines du terreaurisme</title>
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		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Nicolas de la Casini&#232;re</dc:subject>
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&lt;p&gt;D&#232;s 1972, les paysans du cru ont &#233;t&#233; les premiers &#224; se bagarrer contre le projet d'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes. Expropriations, r&#233;pression et solidarit&#233;s ont raviv&#233; leur engagement, dans un d&#233;partement au paysage model&#233; par les luttes paysannes les plus politiques. Enracin&#233;s ou radicaux, tous sont &#224; &#233;radiquer, pour Vinci et les petits soldats de l'&#201;tat. Curieux d'ailleurs comme l'&#233;tymologie rapproche les diff&#233;rentes cultures mobilis&#233;es contre l'a&#233;roport &#224; Notre-Dame-des-Landes. Ici, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paysans-ici" rel="tag"&gt;paysans ici&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s 1972, les paysans du cru ont &#233;t&#233; les premiers &#224; se bagarrer contre le projet d'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes. Expropriations, r&#233;pression et solidarit&#233;s ont raviv&#233; leur engagement, dans un d&#233;partement au paysage model&#233; par les luttes paysannes les plus politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_526 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH301/107casiniere-tracteur_baricade-1df15.png?1779630838' width='400' height='301' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nicolas de la Casini&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enracin&#233;s ou radicaux, tous sont &#224; &#233;radiquer, pour Vinci et les petits soldats de l'&#201;tat. Curieux d'ailleurs comme l'&#233;tymologie rapproche les diff&#233;rentes cultures mobilis&#233;es contre l'a&#233;roport &#224; Notre-Dame-des-Landes. Ici, certains paysans ont quarante ans de luttes au compteur. Comme Michel Tarin, 65 ans, ancien de la mobilisation du Larzac. Sept ans dans la ferme de ses parents, quarante-quatre en exploitant agricole avec sept associ&#233;s, retrait&#233;, petit propri&#233;taire en indivision, cinqui&#232;me g&#233;n&#233;ration sur ces terres. Ses a&#239;eux ont &#233;t&#233; paysans ici &#224; partir de 1838 : &lt;i&gt;&#171; Mon arri&#232;re arri&#232;re-grand-p&#232;re &#233;tait employ&#233; dans une grande m&#233;tairie, il a obtenu trois hectares de terres. &#187;&lt;/i&gt; Enracin&#233;, on vous dit. En avril 2012, Michel a men&#233; vingt-huit jours d'une gr&#232;ve de la faim qui a permis d'obtenir un sursis, mais uniquement pour les occupants l&#233;gaux. Un classique de la non-violence dont il se r&#233;clame : &lt;i&gt;&#171; En 1966, j'ai fait trois jours de je&#251;ne en soutien aux condamn&#233;s &#224; mort par Franco. J'avais dix-neuf ans, je n'ai jamais oubli&#233;. &#187;&lt;/i&gt; C'est l'ann&#233;e o&#249; Michel, qui milite depuis cinq ans &#224; la Jeunesse agricole chr&#233;tienne (Jac), rencontre Bernard Lambert, grande figure des luttes paysannes des ann&#233;es 1970 et d&#233;put&#233;. Michel participe au groupe de r&#233;flexion &#171; Paysans en lutte &#187;, en rupture avec un catholicisme social tr&#232;s pr&#233;gnant dans l'Ouest. Puis il int&#232;gre les Paysans travailleurs, qui pr&#233;f&#232;rent la lutte de classes au corporatisme et bataillent ferme contre le productivisme, les banques, la main mise des firmes. Et contre les expropriations. D&#233;j&#224;. &lt;i&gt;&#171; On &#233;tait contre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre&#8230; De toute ma vie, je n'ai jamais achet&#233; un m&#232;tre carr&#233; : on payait nos fermages tous les ans. Je suis propri&#233;taire malgr&#233; moi, de trois hectares h&#233;rit&#233;s de mes parents. Pour moi, la terre est nourrici&#232;re, elle n'a pas de valeur mon&#233;taire. &#187;&lt;/i&gt; En 1968, il est de l'alliance paysans&#8211;ouvriers qui livre patates et bidons de lait aux m&#233;tallos de la SNIAS &#8211; &#224; Bouguenais, au sud de Nantes. C'&#233;tait la premi&#232;re usine occup&#233;e en France, ce qui lancera les ouvriers dans Mai 68. Aujourd'hui, on y fabrique encore des morceaux d'Airbus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e en 1987, la Conf&#233;d&#233;ration paysanne est l'h&#233;riti&#232;re de ce mouvement qui a connu en Loire-Atlantique un terreau fertile, actif, puissant, engag&#233; au Larzac, puis contre les deux projets de centrales nucl&#233;aires du Pellerin et du Carnet, ou celui de Plogoff &#8211; et tous ces projets ont finalement &#233;t&#233; abandonn&#233;s. De 2001 &#224; 2007, le d&#233;partement sera le seul en France &#224; &#233;lire des gars de la Conf' &#224; la t&#234;te de la chambre d'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le bocage nantais est cibl&#233; par les technocrates pour un nouvel a&#233;roport, &lt;i&gt;&#171; le bourg &#233;tait pour, la campagne &#233;tait contre &#187;&lt;/i&gt;, confie Julien Durand, initiateur il y a quarante ans, avec Michel Tarin, de l'Association de d&#233;fense des exploitants concern&#233;s par l'a&#233;roport (Ad&#233;ca). &lt;i&gt;&#171; Les travaux devaient d&#233;buter en 1975, pour l'ouvrir dix ans apr&#232;s&#8230; Apr&#232;s cinq ann&#233;es de bagarre, le dossier s'est enlis&#233;. Il a &#233;t&#233; ressorti des tiroirs en 2000 &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Michel Tarin. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'ils ont &#233;largi le comit&#233; de d&#233;fense en cr&#233;ant l'association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le projet d'a&#233;roport (Acipa) &#8211; au nom pas tr&#232;s combattif, pour drainer large. Lors de la gr&#232;ve de la faim d'avril 2012, Michel Tarin d&#233;clarait : &lt;i&gt;&#171; J'ai re&#231;u plein de messages [de solidarit&#233;]. Avec les premi&#232;res pelleteuses de Vinci, des paysans d&#233;barqueront de la r&#233;gion lilloise, du Larzac, de toute la France. &#187;&lt;/i&gt; Depuis, l'op&#233;ration C&#233;sar, en expulsant les cabanes des Zadistes, a boost&#233; le soutien comme jamais. Et si fin novembre les paysans ont encha&#238;n&#233; quarante-cinq tracteurs &#8211; leur outil de travail &#8211; pour encercler les cabanes de la clairi&#232;re de ch&#226;taigniers et emp&#234;cher leur d&#233;molition, c'est que la mobilisation a &#233;t&#233; crescendo depuis le printemps. Lors d'une manif dans le bourg de Notre-Dame-des-Landes le 21 juin 2012, l'anodine man&#339;uvre d'un tracteur sous le nez de la flicaille sert de pr&#233;texte &#224; mettre en garde &#224; vue son conducteur, Sylvain Fresneau, &#233;leveur laitier expropriable sous six mois. &#171; Mouvement mena&#231;ant &#187;, &#171; arme par destination &#187;, r&#233;crimine la&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_525 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH443/107casiniere-paul_blineau-81ff2.png?1779630838' width='400' height='443' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nicolas de la Casini&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;justice, qui saisit le tracteur pendant quasi un mois. Du jamais-vu pour les paysans du cru, d'autant plus remont&#233;s que depuis le printemps, Vinci a coll&#233; au tribunal six exploitants pour leur faire payer le refus d'un accord &#224; l'amiable et les exproprier. Deux fois, plus de deux cents tracteurs ont envahi Nantes, en manif et pour soutenir la gr&#232;ve de la faim, en pleine p&#233;riode d'ensilage et de semis de ma&#239;s, et ce malgr&#233; un appel improvis&#233; deux jours avant. L'&#233;pisode a aussi resserr&#233; les liens avec les &lt;a href=&#034;http://zad.nadir.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zadistes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, apr&#232;s le Camp climat de 2009, les premiers &#171; jeunes &#187; ont d&#233;barqu&#233; pour occuper le terrain de la ZAD, les paysans et les associations de d&#233;fense &#171; institutionnelles &#187; &#8211; comme dit le pr&#233;fet &#8211; les ont regard&#233;s avec une certaine m&#233;fiance. R&#233;flexe de gens de la terre, habitu&#233;s &#224; se fier aux actes plus qu'aux discours. Au d&#233;but, la cohabitation n'a pas toujours &#233;t&#233; facile. &lt;i&gt;&#171; Leurs chiens se baladaient librement, alors qu'il y a du b&#233;tail partout. Il a fallu passer le message, faire comprendre que des barri&#232;res, &#231;a se referme &#187;&lt;/i&gt;, se souvient Julien Durand. Depuis, les nouveaux venus ont montr&#233; leur d&#233;termination, capables de rester trois hivers dans les froidures de ce bocage humide, pas manchots pour s'organiser, faire du pain, lancer des cultures vivri&#232;res. Les poireaux, les patates et les courges nourrissant pendant deux ans et demi les quelque deux cents Zadistes, il fallait les produire. Ils et elles l'ont fait. Des militants capables aussi de donner des coups de main &#224; la traite journali&#232;re des vaches, quand certains paysans sont absents pour une manif en tracteur &#224; Paris, ou lors de la gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tous les gens qui viennent dans le coin pour s'installer, c'est une bonne chose&lt;/i&gt;, souligne Alain Gaudin, paysan converti en bio dans les ann&#233;es 1990. &lt;i&gt;La diff&#233;rence entre aujourd'hui et les luttes des ann&#233;es 1970, c'est que le monde paysan a &#233;volu&#233;, et que la communaut&#233; sociale n'est plus organis&#233;e autour de lui, mais en dehors de lui, avec l'arriv&#233;e des rurbains&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans C'est quoi c'tarmac ? Profits, mensonges et r&#233;sistances, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'initiative du mouvement &lt;a href=&#034;http://www.reclaimthefields.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reclaim the fields&lt;/a&gt;, une manifestation de d&#233;broussaillage a install&#233;, le 7 mai 2011, ce qui sera la ferme potag&#232;re du Sabot, aujourd'hui d&#233;truite par les gendarmes mobiles. Pour l'occasion, les paysans ont renou&#233; avec les manifs d'installation de jeunes agriculteurs d'il y a quarante ans, pr&#234;tant leurs tracteurs, donnant du purin et des conseils pour les cultures. Et quand les expulsions ont commenc&#233;, &#224; la mi-novembre, ils ont fourni &#224; manger aux barricades. &lt;i&gt;&#171; La veille, on a dormi avec les jeunes dans les maisons, et on &#233;tait l&#224; tous les jours, les vieux paysans, avec nos cheveux blancs &#187;&lt;/i&gt;, pour &#233;viter que la r&#233;pression ne soit des plus violentes, sans t&#233;moins, au coin du bois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, le coin du bois est fort de ces entraides. La r&#233;occupation, qui a r&#233;install&#233; des cabanes en un geste ill&#233;gal assum&#233; collectivement, a raviv&#233; les ardeurs. Dopant le rapport de force favorable aux opposants. &lt;i&gt;&#171; Avec ses 40 000 participants, cette manif a &#233;t&#233; une grosse bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne ! &#187;&lt;/i&gt;, se r&#233;jouit Michel Tarin. Et les paysans savent quelle fi&#232;re chandelle ils doivent aux Zadistes, sans qui la r&#233;sistance aux expulsions et le formidable &#233;lan de sympathie n'aurait pas d&#233;coll&#233;. Et ici, c'est tout ce qu'on a envie de voir d&#233;coller.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &lt;a href=&#034;http://atheles.org/nopasaran/cestquoictarmac&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;C'est quoi c'tarmac ? Profits, mensonges et r&#233;sistances&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, collectif, &#233;ditions No Pasaran, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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