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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Carpentras, patatras !</title>
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		<dc:date>2013-01-23T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'&#233;lection de Marion Mar&#233;chal-Le Pen dans la circonscription de Carpentras s'inscrit dans l'histoire peu glorieuse de ce gros bourg rural plut&#244;t traditionnaliste. Entre exutoires misogynes, exploitation de la main d'&#339;uvre immigr&#233;e et surench&#232;res x&#233;nophobes, bonjour l'ambiance&#8230; L'&#233;crivain &#171; maudit &#187; Andr&#233; de Richaud (1907-1968), qui aimait autant sa ville de Carpentras qu'il la d&#233;testait, r&#234;vait de la &#171; mettre &#224; feu et &#224; sang &#187;. Comme on va le voir, le projet trotte encore dans certains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no106-decembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;106 (d&#233;cembre 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;lection de Marion Mar&#233;chal-Le Pen dans la circonscription de Carpentras s'inscrit dans l'histoire peu glorieuse de ce gros bourg rural plut&#244;t traditionnaliste. Entre exutoires misogynes, exploitation de la main d'&#339;uvre immigr&#233;e et surench&#232;res x&#233;nophobes, bonjour l'ambiance&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH456/106-remi-lepen-8cd66.png?1768653991' width='400' height='456' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crivain &#171; maudit &#187; Andr&#233; de Richaud (1907-1968), qui aimait autant sa ville de Carpentras qu'il la d&#233;testait, r&#234;vait de la &lt;i&gt;&#171; mettre &#224; feu et &#224; sang &#187;&lt;/i&gt;. Comme on va le voir, le projet trotte encore dans certains esprits, mais avec d'autres motivations. Cette cit&#233; en forme de c&#339;ur ne l'a pas toujours eu sur la main, et le proverbe proven&#231;al que l'on pr&#234;te aux Carpentrassiens en dit long : &#171; Aqui, aman mai tout que la mita &#187; &#8211; Ici, on pr&#233;f&#232;re avoir tout plut&#244;t que la moiti&#233;. Richaud rappelait qu'on y avait ras&#233; les fortifications du Moyen-&#226;ge pour de bas motifs politico-financiers locaux, relevant de &lt;i&gt;&#171; toute une bassesse paysanne et bourgeoise &#187;&lt;/i&gt; ; mais il reprochait surtout &#224; la ville d'avoir assassin&#233; sa jeunesse en lui offrant, dans les ann&#233;es 1920, un spectacle &#171; particulier &#187; durant la foire de la Saint-Siffrein. R&#233;cit :&lt;i&gt; &#171; Le long du mur on avait tendu une b&#226;che. &#193; quelques m&#232;tres du mur et parall&#232;lement &#224; lui, entre deux piquets, une corde &#233;tait tendue pour emp&#234;cher la foule d'approcher de trop pr&#232;s. &#193; c&#244;t&#233; de la corde, quelques caisses de tomates trop m&#251;res&#8230; Le jeu consistait &#224; enlever la pipe de la bouche de la Gramuse (une pauvre femme) avec une tomate. On y gagnait ainsi un paquet de tabac. Son homme vendait cinq tomates pour 20 sous. Vous n'allez pas me dire que ce n'&#233;tait pas une belle invention et une belle affaire. Le mat&#233;riel &#233;tait r&#233;duit &#224; rien : une corde, une b&#226;che, cinquante kilos de tomates et une femme&#8230; Le succ&#232;s &#233;tait immense et toutes les demi-heures, le patron allait d&#233;verser le contenu de ses poches dans une grande bo&#238;te de conserve&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Part du diable, &#233;ditions Le temps qu'il fait, 1986.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que ce jeu de massacre marqua au fer rouge les esprits du cru. En 1990, la profanation du cimeti&#232;re juif rajouta &#224; la mauvaise r&#233;putation de la ville, mais le Front national saura retourner localement la situation : selon le discours frontiste, celui qui devrait avoir honte de ce qu'il est, ce n'est pas le carpentrassien &#171; de souche &#187;, c'est l'Arabe, &#171; l'envahisseur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans les ann&#233;es 1970-1980, au temps o&#249; la production de primeurs &#233;tait florissante et les serres entouraient Carpentras. D&#232;s l'aube, le long du boulevard de ceinture, venaient s'aligner des centaines de travailleurs immigr&#233;s en attente d'une embauche ; chaque matin, dans leurs camionnettes, les paysans faisaient leur &#171; march&#233; aux esclaves &#187;, comme on osait le qualifier dans le secteur, embarquant les hommes pour la journ&#233;e, sans quasiment jamais les d&#233;clarer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population autochtone, profitant des retomb&#233;es de ce fructueux commerce, eut le d&#233;sir de prendre ses aises : elle quitta peu &#224; peu les quartiers populaires v&#233;tustes du centre-ville pour se faire construire des villas en p&#233;riph&#233;rie. Comme la nature a horreur du vide, les immigr&#233;s, pouvant enfin se loger convenablement, s'y install&#232;rent et firent venir leurs familles du Maroc. Dans le m&#234;me temps, les meilleures terres agricoles, irrigu&#233;es, furent envahies par les villas et leurs jardins privatifs, puis par les zones artisanales et commerciales. All&#233;ch&#233;s par l'app&#226;t du gain, les propri&#233;taires gel&#232;rent les derni&#232;res terres cultivables et attendirent le plan d'occupation des sols qui leur assurerait le jackpot. L'agriculture, fragilis&#233;e par la concurrence europ&#233;enne, s'effondra ; les enfants des familles marocaines n'eurent plus de d&#233;bouch&#233;s. D'autant que, dans les communes voisines, les mara&#238;chers ayant surv&#233;cu avaient remplac&#233; le &#171; march&#233; aux esclaves &#187; par d'avantageux contrats OMI &#8211; contrats au rabais et exempt&#233;s de charges permettant d'embaucher des saisonniers &#233;trangers pour une dur&#233;e de six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, aujourd'hui, les nouveaux habitants du centre-ville glandouillent, quelques-uns traficotent pour survivre, d'autres affichent leurs &#171; revendications identitaires &#187; ; leur &#171; visibilit&#233; &#187; s'accroit au point de servir de repoussoir aux autochtones qui les accusent de tous les maux. La nouvelle municipalit&#233; PS a rachet&#233; des immeubles anciens pour les r&#233;habiliter, mais les appartements ne trouvent pas preneurs. Dans le m&#234;me temps, on ne laisse rien passer aux jeunes Arabes, accus&#233;s par exemple de d&#233;voyer la &#171; tradition &#187; du mariage du samedi o&#249; l'on d&#233;file en bagnole dans un concert de klaxons, pour la transformer en rod&#233;o dangereux. Derni&#232;re saine croisade en date : le d&#233;put&#233; UMP Julien Aubert, d&#233;cid&#233; &#224; galoper sur les plates-bandes du FN, lance une p&#233;tition pour l'interdiction d'une mosqu&#233;e &#171; clandestine &#187; r&#233;put&#233;e salafiste. Et l&#224; o&#249; leurs p&#232;res ouvriers agricoles &#233;taient m&#233;pris&#233;s, les fils et petits-fils d&#233;couvrent qu'ils peuvent aussi faire peur. Tous les ingr&#233;dients sont r&#233;unis pour que triomphent les crispations identitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.letempsquilfait.com/Pages/Pages%20titres%20A-Z/Titres%20P.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Part du diable&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;ditions Le temps qu'il fait, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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