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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Amazon apocalypse</title>
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		<dc:date>2020-12-06T18:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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&lt;p&gt;Face au colosse de la vente en ligne, une partie de l'&#233;dition fran&#231;aise a d&#233;cid&#233; d'entrer en r&#233;sistance : elle ne distribuera plus ses livres sur Amazon. Plus qu'un conflit purement mercantile, un choix de soci&#233;t&#233;. Une brise de r&#233;volte souffle sur l'&#233;dition fran&#231;aise. &#171; Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. Son monde est &#224; l'oppos&#233; de celui que nous d&#233;fendons. Nous ne voulons pas voir les villes se vider pour devenir des cit&#233;s-dortoirs hyperconnect&#233;es. Amazon est le fer de lance du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no193-decembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;193 (d&#233;cembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Juliette-Iturralde" rel="tag"&gt;Juliette Iturralde&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face au colosse de la vente en ligne, une partie de l'&#233;dition fran&#231;aise a d&#233;cid&#233; d'entrer en r&#233;sistance : elle ne distribuera plus ses livres sur Amazon. Plus qu'un conflit purement mercantile, un choix de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1662.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH309/-1662-ea8bc.jpg?1782688726' width='500' height='309' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Juliette Iturralde
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une brise de r&#233;volte souffle sur l'&#233;dition fran&#231;aise. &#171; &lt;i&gt;Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon. Son monde est &#224; l'oppos&#233; de celui que nous d&#233;fendons. Nous ne voulons pas voir les villes se vider pour devenir des cit&#233;s-dortoirs hyperconnect&#233;es. Amazon est le fer de lance du saccage des rapports humains et de l'artificialisation de la vie.&lt;/i&gt; &#187; Ainsi commence &lt;a href=&#034;https://www.millebabords.org/spip.php?article34867&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'appel&lt;/a&gt; lanc&#233; le 11 novembre dernier par plus de cinquante petites maisons d'&#233;dition et leurs structures de diffusion-distribution.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En France, les grands de la distribution de livres se comptent sur les doigts d'une main. Et d&#232;s son apparition sur le march&#233;, Amazon fut accueilli en &lt;i&gt;star&lt;/i&gt; dans leur bergerie, sans que les maisons d'&#233;dition aient de droit de regard sur les marges n&#233;goci&#233;es : chasse gard&#233;e des distributeurs, avec pour pr&#233;textes le secret commercial et la l&#233;gislation interdisant le refus de vente. Pas grave, pari&#232;rent nombre d'&#233;diteur&#183;trices &#8211; un revendeur de plus pour leur marchandise. Depuis, Internet est devenu la premi&#232;re librairie du monde. Les deux tiers des livres y sont vendus, &#224; 70 % par Amazon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dur&#233;e de vie d'un livre est de seulement quelques mois en librairie g&#233;n&#233;raliste et le retour des invendus au distributeur, en &#233;change d'un avoir sur une prochaine commande, doit &#234;tre effectu&#233; sous un an : pass&#233; ce d&#233;lai, le ou la libraire garde les ouvrages et les ach&#232;te en ferme. Pari risqu&#233; vu le nombre exponentiel de nouveaut&#233;s publi&#233;es. Dans ces conditions, seule une entreprise avec de grandes capacit&#233;s de stockage, qui fait son beurre sur l'&#233;lectrom&#233;nager et ose vendre du bouquin &#224; perte&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Si Amazon a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1994 pour vendre des livres, ces derniers ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, peut fournir n'importe quel titre sans devoir passer par la case &#171; attendre que votre commande arrive en librairie &#187;. Fr&#233;d&#233;ric Duval, PDG d'Amazon France, le confirme : &#171; &lt;i&gt;Nous vendons plut&#244;t du fonds de catalogue et les libraires sont dans la nouveaut&#233;. Je sch&#233;matise, mais 70 %&lt;/i&gt; &lt;i&gt;des livres vendus par Amazon ont plus de deux ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview&#224; LSA-conso.fr, 6/11/2020.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de quasi-monopole dont jouit le g&#233;ant a enferm&#233; le monde de l'&#233;dition dans une inqui&#233;tante d&#233;pendance : le choix de publier un livre pourrait ne plus &#234;tre fonction de son contenu mais de sa rentabilit&#233; escompt&#233;e&#8230; via les algorithmes d'Amazon. C'est donc le mod&#232;le &#233;conomique de la firme qui dicterait les parutions. Le groupe des 451, &#233;ph&#233;m&#232;re f&#233;d&#233;ration militante des divers m&#233;tiers du livre, alertait d&#233;j&#224; sur de tels risques en 2014 : &#171; &lt;i&gt;Un point de non-retour a &#233;t&#233; franchi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : la cr&#233;ation litt&#233;raire et la critique se retrouvent dans une situation in&#233;dite d'all&#233;geance vis-&#224;-vis d'un seul et unique vendeur, lequel peut d&#233;sormais, selon son bon vouloir, augmenter ses marges et infl&#233;chir les choix des diffuseurs et des &#233;diteurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tribune publi&#233;e par Le Monde, 21/03/2014.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hobo Diffusion, signataire de l'appel du 11 novembre dernier, en a fait les frais : &#171; &lt;i&gt;Nous avons soutenu notre distributeur, Makassar, quand, en juin 2019, Amazon a voulu lui imposer une nouvelle remise d'achat, bien sup&#233;rieure &#224; celle propos&#233;e aux libraires ind&#233;pendants avec lesquels nous travaillons. C'&#233;tait la goutte de trop. Nous avons donc d&#233;cid&#233; ensemble de ne plus mettre en vente sur cette plateforme les ouvrages que nous diffusons.&lt;/i&gt; &#187; Il aura fallu attendre la crise du Covid et les pleins phares sur la vente &#224; distance pour que cette situation soit rendue publique. &#171; &lt;i&gt;Les librairies prennent aujourd'hui la mesure de la tornade Amazon. Les petites &#233;ditions ont avec elles cet ennemi en commun. Affirmer notre opposition au diktat de la firme, c'est ouvrir la possibilit&#233; de faire front commun.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre diffuseur-distributeur &#224; signer cet appel, Serendip : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons jamais vendu sur Amazon, et les &#233;ditions que nous repr&#233;sentons approuvent. Comme nous sommes modestes, on est pass&#233;s entre les mailles du filet : nous n'avons jamais eu de contact avec la firme. En montant notre bo&#238;te, nous voulions nous inscrire dans la cha&#238;ne du livre, ses m&#233;tiers et savoir-faire. N&#233;gocier avec Amazon, c'est d'embl&#233;e d&#233;truire &#231;a : les liens humains avec libraires, &#233;diteur&#183;trices, livreur&#183;euses, etc.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le ver semble n'avoir laiss&#233; que le trognon aux ind&#233;pendant&#183;es, l'&#233;diteur Zones sensibles a imagin&#233; une r&#233;sistance &#224; coups de p&#233;pins. Cette petite structure belge a trouv&#233; la malice : mettre le code-barres &#224; l'int&#233;rieur de la couverture des livres. Ce simple geste demanderait trop de manipulations aux scanneurs de Jeff Bezos, et rend impossible le r&#233;f&#233;rencement des produits. &#171; &lt;i&gt;Je me voyais mal publier des livres qui fustigent le monde propos&#233; par Amazon et continuer &#224; l'alimenter. Mais je ne suis pas le chevalier blanc qui apporte la solution magique. Je peux me permettre cette astuce car Zones sensibles est une petite maison. Les plus grosses, qui ont beaucoup de salari&#233;&#183;es, sont coinc&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les g&#233;ants du num&#233;rique, ce sont aujourd'hui les adversaires des &#201;tats&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait le ministre de l'&#201;conomie Bruno Le Maire d&#233;but novembre. Peut-&#234;tre. Mais l'&#201;tat n'est pas l'ennemi d'Amazon. Depuis 2007, le libertarien Jeff Bezos a ouvert 25 sites en France (le plus grand fait 142 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;) en b&#233;n&#233;ficiant souvent de plusieurs dizaines de millions d'euros d'aides publiques pour leur implantation. En 2021, 11 nouveaux projets sont en cours &#8211; acc&#233;l&#233;ration vertigineuse. Les &#233;lu&#183;es se targuent &#224; l'occasion d'apporter de l'emploi dans leur r&#233;gion, niant l'avalanche de rapports d&#233;montrant le contraire, comme celui de l'ancien secr&#233;taire d'&#201;tat au num&#233;rique, Mounir Mahjoubi, qui avance qu'&#224; chiffre d'affaires &#233;quivalent, les entrep&#244;ts Amazon embauchent 2,2 fois moins de salari&#233;&#183;es que les autres entreprises de logistique. En France, ce sont entre 10 400 et 20 200 postes en moins&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La plupart des chiffres &#233;nonc&#233;s dans cet article proviennent des rapports (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; du fait de l'expansion de l'entreprise, qui en 2017 ne comptait plus que 4,7 salari&#233;&#183;es pour 1 robot, contre 7,7 en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, l'expression consacr&#233;e est &#171; &lt;i&gt;Retail Apocalypse&lt;/i&gt; &#187; : le mastodonte est responsable de la fermeture de 9 000 magasins en 2019 et de la suppression de 300 000 emplois nets depuis 2010. S'ajoutent au massacre les d&#233;g&#226;ts sur l'environnement, l'ub&#233;risation de l'emploi, mais surtout la d&#233;fiscalisation du gros des b&#233;n&#233;fices de ce GAFAM, dont la taxation promise par l'Europe ne ponctionnera qu'une infime partie. Ce type d'&#233;conomie surassist&#233;e par les budgets publics, sans r&#233;elle redistribution vers les services publics via la fiscalit&#233;, c'est bien la &lt;i&gt;start-up nation&lt;/i&gt; en marche, au d&#233;triment de la sant&#233; et de la culture. Un mod&#232;le qui mise tout sur le progr&#232;s technique, assez&lt;i&gt; swag &lt;/i&gt;pour para&#238;tre ind&#233;tr&#244;nable en pleine pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les confinements se suivent mais ne se ressemblent pas : Amazon avait d&#251; fermer en avril ; en novembre, c'est &lt;i&gt;open-bar&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;click-and-collect&lt;/i&gt; devenant la norme, c'est le monde de Bezos qui est consacr&#233;. Loin de contrer cette logique, les voix politiciennes se multiplient pour d&#233;velopper des &#171; Amazon locaux &#187;. &#171; &lt;i&gt;La psychose fran&#231;aise sur Amazon n'a aucun sens,&lt;/i&gt; &#226;nonnait le secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la Transition num&#233;rique, C&#233;dric O, &#224; l'Assembl&#233;e nationale ce 4 novembre. [&#8230;] &lt;i&gt;Le fond du sujet sur lequel&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;nous travaillons avec les collectivit&#233;s territoriales, c'est de num&#233;riser les petits commerces.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;serv&#233;, le patronat de l'&#233;dition joue quand m&#234;me le jeu, et les salari&#233;&#183;es des librairies se retrouvent &#224; g&#233;rer de la commande, sans conseils ni sourires, dans les flammes d'une amazonisation&lt;i&gt; soft&lt;/i&gt;. Les outils de vente en ligne aujourd'hui enracin&#233;s gr&#226;ce aux subventions r&#233;duiront encore le nombre et la qualit&#233; des emplois une fois la crise pass&#233;e. Seule la grande distribution, principale concurrente des librairies de centre-ville et d'Amazon, se frotte les mains au gel hydroalcoolique, en rang derri&#232;re Michel-&#201;douard Leclerc : &#171; &lt;i&gt;Les contraintes Covid-19 vont faire acc&#233;l&#233;rer la digitalisation et faire gagner deux ans aux commer&#231;ants. Aujourd'hui, je dis : Amazon m&#234;me pas peur&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Figaro, 6/11/2020.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel du 11 novembre, lui, d&#233;clare la gu&#233;rilla au Goliath &lt;i&gt;online&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Nous devons, sans attendre, boycotter et saboter son monopole.&lt;/i&gt; &#187; Gageons que mille autres fleuriront et que la notion d'&#171; &#233;dition de gauche &#187; y gagnera en consistance. Mais avec la persistance de la crise, esp&#233;rons surtout que d'autres acteurs et actrices du livre embo&#238;teront le pas aux signataires de l'appel. Et que de nouveaux mod&#232;les seront imagin&#233;s, comme les &lt;i&gt;Punti rossi&lt;/i&gt; dans l'Italie des ann&#233;es 1970 : un r&#233;seau autonome de distribution de l'&#233;dition critique &#224; travers le maillage engag&#233; de lieux camarades...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Cet article a &#233;t&#233; conjointement publi&#233; en langue catalane par le journal &lt;i&gt;La Directa&lt;/i&gt;, dans &lt;a href=&#034;https://directa.cat/la-rebellio-contra-lapocalipsi-amazon-sesten-a-lestat-frances/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une traduction&lt;/a&gt; de Dolors Serra.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Si Amazon a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1994 pour vendre des livres, ces derniers ne repr&#233;sentent plus que 5 % de son chiffre d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lsa-conso.fr/le-patron-d-amzon-france-repond-aux-critiques-interview,364058&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Interview&lt;/a&gt;&#224; &lt;i&gt;LSA-conso.fr&lt;/i&gt;, 6/11/2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2014/03/21/la-loi-anti-amazon-ne-regle-rien_4387187_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tribune&lt;/a&gt; publi&#233;e par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 21/03/2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La plupart des chiffres &#233;nonc&#233;s dans cet article proviennent des rapports &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amisdelaterre.org/wp-content/uploads/2019/12/immersion-dans-le-modele-amazon.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Immersion dans le mod&#232;le Amazon&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2019) et &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://cdn.ilsr.org/wp-content/uploads/2020/04/ILSR_AmazonReport_final.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Amazon's Stranglehold&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/conso/monsieur-castex-vous-etes-le-meilleur-employe-d-amazon-en-france-denonce-michel-edouard-leclerc-20201106&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Figaro&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, 6/11/2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Le moment est arriv&#233;... &#187;</title>
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&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de d&#233;cembre 1995 ont fait plier le gouvernement, dit-on. Le plan Jupp&#233; cherchait &#224; imposer l'alignement du r&#233;gime des retraites de la fonction publique sur celui du priv&#233;, une cure d'aust&#233;rit&#233; &#224; la SNCF et une remise en cause de la gestion paritaire de la S&#233;cu... Une &#171; contre-r&#233;forme &#187; brutale qui annon&#231;ait d&#233;j&#224; le nivellement par le bas des r&#233;gimes sp&#233;ciaux et la voie de la capitalisation des retraites et des soins au d&#233;triment du syst&#232;me de r&#233;partition. Toute ressemblance avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de d&#233;cembre 1995 ont fait plier le gouvernement, dit-on. Le plan Jupp&#233; cherchait &#224; imposer l'alignement du r&#233;gime des retraites de la fonction publique sur celui du priv&#233;, une cure d'aust&#233;rit&#233; &#224; la SNCF et une remise en cause de la gestion paritaire de la S&#233;cu... Une &#171; contre-r&#233;forme &#187; brutale qui annon&#231;ait d&#233;j&#224; le nivellement par le bas des r&#233;gimes sp&#233;ciaux et la voie de la capitalisation des retraites et des soins au d&#233;triment du syst&#232;me de r&#233;partition. Toute ressemblance avec des situations existantes ne saurait &#234;tre fortuite...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L491xH400/-1447-e44c6.jpg?1782646830' width='491' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Popeulz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e moment est arriv&#233;&#8230; S'il nous &#233;chappe, nous ne le retrouverons pas de sit&#244;t. (Placard anonyme relev&#233; sur les murs de Toulon le 23 mars 1789)&lt;/i&gt; &#187;. Sans autre forme d'explication, le myst&#233;rieux tract format A5 est distribu&#233; &#224; la vol&#233;e durant la manif anti-Jupp&#233; du mardi 5 d&#233;cembre 1995 &#224; Montpellier. La r&#233;f&#233;rence &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise rencontre un franc succ&#232;s aupr&#232;s des manifestants. 1789, &#231;a parle encore &#224; beaucoup de monde : Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233;, abolition des privil&#232;ges&#8230; tout cela garde un parfum d'inachev&#233;. Il faut dire qu'en 1995, le gouvernement des poss&#233;dants et ses m&#233;dias avaient d&#233;j&#224; recours &#224; un tour de passe-passe s&#233;mantique visant &#224; faire croire que les &#171; privil&#233;gi&#233;s &#187; se trouvaient du c&#244;t&#233; des b&#233;n&#233;ficiaires des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un autre usage de la vie... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de 1995 ont incontestablement marqu&#233; la renaissance du mouvement social, apr&#232;s plus d'une d&#233;cennie d'an&#233;mie li&#233;e &#224; l'hypnose de l'&#232;re mitterrandienne et &#224; l'emprise du n&#233;olib&#233;ralisme. Sous la pression de leur base, les syndicats partent presque tous (la CFDT se &lt;i&gt;distingue&lt;/i&gt; en soutenant la &#171; r&#233;forme &#187; de la S&#233;cu) en ordre de bataille contre le projet Jupp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit du plan Vigipirate, r&#233;activ&#233; &#224; la suite des attentats du GIA (Groupe islamique arm&#233;) alg&#233;rien dans les stations de m&#233;tro parisiennes (notamment), le mouvement se d&#233;veloppe dans les facs, dans la fonction publique, puis dans les transports, puis... presque partout. Le 10 octobre, ce sont 500 000 personnes qui participent &#224; la premi&#232;re journ&#233;e d'action des fonctionnaires. Dans la manif parisienne du 24 novembre 1995, Nicole Notat, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CFDT, peut &#224; peine annoncer devant les cam&#233;ras qu'elle est satisfaite &#171; &lt;i&gt;&#224; 85&lt;/i&gt; &lt;i&gt;%&lt;/i&gt; &#187; des n&#233;gociations avec le gouvernement qu'elle doit &#234;tre exfiltr&#233;e, pourchass&#233;e par une centaine de militants de son propre syndicat &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cr&#233;&#233; cette ann&#233;e-l&#224;, Sud-Rail est issu de la s&#233;cession de syndicalistes CFDT (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui la conspuent au cri de &#171; &lt;i&gt;Notat, d&#233;mission&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un air de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'&#233;tend &#224; l'ensemble du pays. Le 28 novembre, la gr&#232;ve est quasi totale &#224; la RATP et la SNCF. Elle commence &#224; essaimer dans le priv&#233;, mais faiblement &#8211; on parlera d'une &#171; gr&#232;ve par procuration &#187;, c'est-&#224;-dire soutenue indirectement par une large population, qui laisse n&#233;anmoins certaines cat&#233;gories aller au charbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des revendications syndicales, les assembl&#233;es de gr&#233;vistes et de pr&#233;caires fleurissent, les gens se parlent sans filtre m&#233;diatique, loin des repr&#233;sentations politiques, esquissant parfois une critique en r&#232;gle du travail. &#171; &lt;i&gt;Un peu partout dans le pays, des gr&#233;vistes EDF font passer la tarification au tarif de nuit, des postiers bloquent le courrier des entreprises mais distribuent celui des allocataires, des dockers de S&#232;te apportent crustac&#233;s et coquillages aux traminots marseillais en gr&#232;ve, des paysans ravitaillent les gr&#233;vistes du pays nantais,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;dans nombre de bo&#238;tes les photocopieurs impriment autre chose que des factures, les gens se prennent en autostop...&lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on lire dans la revue participative et itin&#233;rante &lt;i&gt;Tic Tac&lt;/i&gt; de mars 1996, qui offrait un riche panorama sur la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sortie de crise n&#233;goci&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de blocage et la multiplication des journ&#233;es d'action s'av&#232;rent payantes et Alain Jupp&#233; finira par reculer. &#171; &lt;i&gt;Nous allons r&#233;ussir ce qu'on n'a pas os&#233; entreprendre depuis trente ans.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Il faut le faire maintenant&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, avait pourtant fanfaronn&#233; le Premier ministre, sous un faux masque d'intransigeance, le 15 novembre &#224; l'Assembl&#233;e. Mais une phrase prononc&#233;e le lendemain dans le journal &lt;i&gt;Sud Ouest&lt;/i&gt; mettait &#224; nu le fond de sa pens&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Si deux millions de personnes descendent dans la rue, mon gouvernement n'y r&#233;sisterait pas&lt;/i&gt;. &#187; Grave erreur ! Depuis, tous les gouvernements ont bien appris la le&#231;on &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'exception du retrait du Contrat premi&#232;re embauche sous Villepin en 2006.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : ne jamais montrer sa peur et jouer le pourrissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 d&#233;cembre, la rue gagne le pari du &#171; Jupp&#233;thon &#187; avec deux millions de personnes dans les cort&#232;ges. Jupp&#233; c&#232;de sur les retraites, mais pas sur la S&#233;cu, et convoque un sommet social &#224; Matignon pour le 21 d&#233;cembre. Acteur de premier rang dans la n&#233;gociation sur les r&#233;gimes sp&#233;ciaux, Bernard Thibault, alors secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration CGT-cheminots, annonce, le 14, la reprise du travail, sans consulter les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes. Il faut savoir terminer une gr&#232;ve, comme dirait l'autre &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a peu, l'ancien leader CGT estimait que &#171; le m&#233;contentement social (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ! Le mouvement s'&#233;tiole, l'unit&#233; s'effrite, les f&#234;tes approchent... Il faudra tout de m&#234;me attendre 2003 pour que Fran&#231;ois Fillon revienne &#224; la charge sur les retraites et obtienne l'alignement du public sur le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Peines cruelles&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Montpellier, les lendemains de cette &#171; victoire en demi-teinte &#187; ont un arri&#232;re-go&#251;t &#226;cre comme la lacrymo. Le 30 janvier, neuf manifestants sont pr&#233;sent&#233;s devant le tribunal pour un jugement en appel, &#171; &lt;i&gt;menott&#233;s six heures durant comme des gaillards d'Action directe&lt;/i&gt; &#187;, note le journaliste de &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;. Arr&#234;t&#233;s lors de l'&#233;meute du 5 d&#233;cembre, ils sont jeunes, &#233;tudiants, pr&#233;caires, zonards, arabes. Pour la plupart d&#233;j&#224; jug&#233;s en comparution imm&#233;diate le 6 d&#233;cembre, ils avaient pour certains &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; des peines de prison de trois mois &#224; un an ferme ! Les magistrats se d&#233;cha&#238;nent : ce ne sont pas des manifestants, mais des &#171; &lt;i&gt;marginaux volontaires&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;incapables&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;fain&#233;ants&lt;/i&gt; &#187;. La pr&#233;sidente du tribunal, Josiane Espana, leur lance : &#171; &lt;i&gt;Vous saccagez les revendications des gens. Des manifestants dont les buts sont &#233;minemment honorables n'ont pas &#224; &#234;tre d&#233;voy&#233;s par des petits jean-foutre comme vous, m&#234;me s'ils s'emmerdent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des charges d&#233;risoires, les jugements en appel confirmeront ou aggraveront les peines. Le cas d'Omar, 23 ans, est &#224; ce titre &#233;difiant. Alors qu'il venait s'informer des horaires de train &#224; la gare Saint-Roch &#8211; loin des lieux de la manifestation &#224; laquelle il ne participait aucunement &#8211;, il subit un contr&#244;le d'identit&#233; avec fouille au cours de laquelle les policiers trouvent un petit canif. Preuve suffisante pour le condamner &#224; huit mois ferme pour... &#171; &lt;i&gt;attroupement arm&#233;&lt;/i&gt; &#187; ! Las, Omar renoncera &#224; se pourvoir en cassation en raison du co&#251;t et de la lourdeur de la proc&#233;dure. Malgr&#233; la cr&#233;ation d'un comit&#233; de soutien aux emprisonn&#233;s, la solidarit&#233; syndicale &#224; l'&#233;gard de ces vies ab&#238;m&#233;es par l'arbitraire judiciaire s'est longtemps fait attendre. Le &#171; &lt;i&gt;Tous ensemble tous ensemble h&#232; ! h&#232; !&lt;/i&gt; &#187; n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus qu'un lointain &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cr&#233;&#233; cette ann&#233;e-l&#224;, Sud-Rail est issu de la s&#233;cession de syndicalistes CFDT qui contestaient la ligne carpette-r&#233;formiste de la centrale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'exception du retrait du Contrat premi&#232;re embauche sous Villepin en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il y a peu, l'ancien leader CGT estimait que &#171; &lt;i&gt;le m&#233;contentement social&lt;/i&gt; [&#233;tait] &lt;i&gt;plus fort qu'en 1995&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;L'Obs&lt;/i&gt;, 1/12/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marseille, derri&#232;re la carte postale</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Cela fait un bail que la mairie de Marseille cherche &#224; gommer l'image d'une ville canaille, populeuse et populaire, pour en faire une m&#233;tropole business friendly, attirer entreprises, cadres dynamiques et touristes. Quitte &#224; employer des m&#233;thodes douteuses, &#224; verser dans l'&#233;puration sociale et &#224; refuser de traiter les vrais probl&#232;mes, comme celui de l'habitat indigne. Il y a un an, huit personnes l'ont pay&#233; de leur vie dans l'effondrement de leur immeuble. Dossier de dix pages. Quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers-Nord" rel="tag"&gt;quartiers Nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lire" rel="tag"&gt;lire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait un bail que la mairie de Marseille cherche &#224; gommer l'image d'une ville canaille, populeuse et populaire, pour en faire une m&#233;tropole &lt;i&gt;business friendly&lt;/i&gt;, attirer entreprises, cadres dynamiques et touristes. Quitte &#224; employer des m&#233;thodes douteuses, &#224; verser dans l'&#233;puration sociale et &#224; refuser de traiter les vrais probl&#232;mes, comme celui de l'habitat indigne. Il y a un an, huit personnes l'ont pay&#233; de leur vie dans l'effondrement de leur immeuble. Dossier de dix pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1355-85c1c.jpg?1782640442' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uelques tas de gravats, entass&#233;s sur un terrain vague. Fin novembre 2018, des camions sont venus les d&#233;poser dans ce coin perdu du chemin de la Madrague-Ville, &#224; l'entr&#233;e des quartiers Nord de Marseille. La sc&#232;ne semble anodine. Elle ne l'est pas : ces d&#233;bris, photographi&#233;s par la camarade Yohanne Lamoul&#232;re (par ailleurs principale illustratrice de ce dossier), ce sont ceux des deux immeubles effondr&#233;s le 5 novembre 2018 &#224; Marseille, au 63 et au 65 de la rue d'Aubagne. Des tas puant la mort, l'incurie municipale et la dislocation g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'une ville qui n'en finit plus de sombrer, entre chasse aux pauvres et modernisation foir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vingt-cinq ans de Jean-Claude Gaudin&lt;/strong&gt;, &#231;a p&#232;se. Certes, l'ogre LR et son &#233;quipe de soudard(e)s ne sont pas responsables &#224; eux seuls de tous les maux de la ville (quoique&#8230;). Mais l'&#233;dile symbolise &#224; la perfection les errements d'une &#233;lite d&#233;cid&#233;e &#224; faire de cette cit&#233; ce qu'elle n'est pas, quitte &#224; employer des m&#233;thodes douteuses &lt;i&gt;(comme c'est le cas sur la Plaine, lire p. VII)&lt;/i&gt;. Car cela fait un bail que la mairie cherche &#224; gommer l'image d'une ville canaille, populeuse et populaire, pour en faire une m&#233;tropole &lt;i&gt;business friendly&lt;/i&gt;, attirer entreprises, cadres dynamiques et touristes. On construit d'inutiles gratte-ciels, tandis que les op&#233;rations de r&#233;novation urbaine se succ&#232;dent, assorties d'une &#233;puration sociale &#8211; &#224; l'image de celle qui se d&#233;roule dans l'ancien quartier ouvrier des Crottes &lt;i&gt;(lire pp. VIII et IX)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le fric coule &#224; flots&lt;/strong&gt;, la lutte contre la d&#233;gradation du b&#226;ti &lt;i&gt;(lire notre reportage &#224; la cit&#233; Air Bel, p. VI)&lt;/i&gt; n'est apparemment pas un secteur suffisamment porteur pour mobiliser des fonds. Le 5 novembre 2018, dans le quartier de Noailles, en plein centre-ville, huit personnes ont ainsi pay&#233; de leur vie des d&#233;cennies d'inaction municipale contre l'habitat indigne (et la rapacit&#233; de marchands de sommeil). Dans tout Marseille, des milliers de personnes ont ensuite d&#251; quitter leur logement, frapp&#233;s d'arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril pris dans la panique par une municipalit&#233; d&#233;pass&#233;e. Ces &#233;vacu&#233;s ont vite compris qu'ils &#233;taient abandonn&#233;s &#224; eux-m&#234;mes &lt;i&gt;(lire pp. II et III).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais &#224; Marseille&lt;/strong&gt;, si on bout de rage, on ne s'&#233;tonne plus. Il y a belle lurette que cette mairie clapote dans l'absurdit&#233; et la b&#234;tise crasse : entre autres perles, elle a d&#233;couvert cet &#233;t&#233; qu'elle g&#233;rait 470 &#233;coles et non pas 446. &#192; celle du Cours Julien, les parents ont appris une semaine avant la rentr&#233;e que les &#233;l&#232;ves seraient d&#233;localis&#233;s pour l'ann&#233;e &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224; pour cause de retard de travaux (bonus : les enseignants ont &#233;t&#233; mis au courant... par les parents !). Autre anecdote &#233;pique : la d&#233;couverte cet &#233;t&#233; par le journal &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt; d'un bus fant&#244;me, dont l'existence n'&#233;tait indiqu&#233;e par aucune fiche horaires, ce qui permettait aux riverains de quartiers cossus de se d&#233;placer en toute tranquillit&#233;, sans afflux de touristes ou de pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; ce magma de m&#233;pris et d'incomp&#233;tence&lt;/strong&gt;, les habitants des quartiers populaires savent fort heureusement r&#233;sister. C'est le cas des employ&#233;s du McDo de Saint-Barth&#233;lemy (14&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement) qui se battent depuis plus d'un an contre un patron v&#233;reux qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; acheter un faux t&#233;moignage 25 000 &#8364; pour d&#233;cr&#233;dibiliser un responsable syndical&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; Marseille, McDo ach&#232;te un faux t&#233;moignage 25 000 euros pour &#233;carter un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt; (lire p. X)&lt;/i&gt;. Et pas question de compter sur la justice, aussi soumise au pouvoir ex&#233;cutif ici qu'ailleurs dans le pays, comme le d&#233;montre le peu de z&#232;le mis par le procureur pour faire la lumi&#232;re sur la mort de Zineb Redouane, atteinte en pleine figure par une grenade tir&#233;e par la police le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille est une ville &#233;minemment complexe&lt;/strong&gt;, contradictoire : vue comme malfam&#233;e par les m&#233;dias nationaux qui se jettent sur la premi&#232;re fusillade venue comme la v&#233;role sur le bas-clerg&#233;, vant&#233;e par d'autres comme la reine de l'int&#233;gration, de la mixit&#233; sociale et ethnique, d&#233;test&#233;e ou ador&#233;e pour son c&#244;t&#233; bord&#233;lique o&#249; certains ne voient que chienlit quand d'autres y lisent un suppl&#233;ment d'&#226;me &lt;i&gt;(lire notre entretien avec le sociologue Michel Peraldi, pp. IV et V)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;vidence&lt;/strong&gt; : les touristes d&#233;barqu&#233;s en bateau de croisi&#232;re et promen&#233;s du Mucem &#224; la Bonne-M&#232;re ne peuvent rien comprendre aux tensions qui traversent cette ville. Comme &#224; Barcelone ou Paris, les espaces qui leur sont d&#233;di&#233;s se r&#233;v&#232;lent purement hors-sol, d&#233;connect&#233;s de tout &#8211; m&#234;me du pastis. Ainsi de l'h&#244;tel de luxe-brasserie chic des Feuillants, r&#233;cemment inaugur&#233; pr&#232;s du march&#233; de Noailles, &#224; c&#244;t&#233; des jeunes gal&#233;riens qui vendent de clopes de contrebande et &#224; quelques centaines de m&#232;tres des immeubles effondr&#233;s de la rue d'Aubagne. Les privil&#233;gi&#233;s qui y viennent ne savent rien de cette triste histoire : ils vaquent de boutiques en restaurants en toc(que), loin des soubresauts d'une ville tendue comme un ressort. De m&#234;me que les &#233;lus, les urbanistes, les promoteurs, les tenants de la ville morte, ils ont oubli&#233; que Marseille ne se dompte pas. Et qu'elle pourrait bien leur p&#233;ter &#224; la gueule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quipe de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PS :&lt;/strong&gt; Et puis, Marseille, c'est aussi notre ville. Le Chien Rouge y est n&#233; et, malgr&#233; ses fureurs &#224; r&#233;p&#233;tition, continue de s'y plaire. De penser qu'ici subsiste quelque chose qu'on ne trouve quasiment plus dans les grandes m&#233;tropoles europ&#233;ennes. Quand on a abus&#233; sur les substances prohib&#233;es, on parle d' &#171; &#226;me &#187;. Quand on se balade dans les rues de Noailles ou de Belsunce, on utilise plut&#244;t le terme &#171; vie &#187;. Quand on se baque &#224; Malmousque ou &#224; l'Estaque, c'est &#171; beaut&#233; &#187; qui jaillit du chapeau. En manif ou en tribunes, boum, on opte pour &#171; rebelle &#187;. Et parfois m&#234;me, les critiques sont de sortie : &#171; crade &#187;, &#171; cingl&#233;e &#187;, &#171; violente &#187;. Mais quand on passe devant l'h&#244;tel de ville, bizarrement, les mots ne suffisent plus. Juste : on l&#226;che un gros crachat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/a-marseille-mcdo-achete-un-faux-temoignage-25-000-euros-pour-ecarter-un-syndicaliste/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; Marseille, McDo ach&#232;te un faux t&#233;moignage 25 000 euros pour &#233;carter un syndicaliste&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt; (20/08/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Noailles sans toit ni loi</title>
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		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 5 novembre 2018, rue d'Aubagne, deux immeubles s'effondrent, emportant huit vies. La suite : des mois de faillite politique et d'&#233;vacuations un peu partout en ville. Et pour les milliers de d&#233;log&#233;s, le d&#233;but d'une gal&#232;re sans nom. Aper&#231;u. &#171; Il va s'effondrer et emporter tout Marseille dans son trou. &#187; Parmi les habitants du 65 rue d'Aubagne, la blague avait fait sourire. Entre les fuites, les fissures b&#233;antes, les portes qui ne fermaient plus, la situation d&#233;plorable de l'immeuble &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-hotel" rel="tag"&gt;l'h&#244;tel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 novembre 2018, rue d'Aubagne, deux immeubles s'effondrent, emportant huit vies. La suite : des mois de faillite politique et d'&#233;vacuations un peu partout en ville. Et pour les milliers de d&#233;log&#233;s, le d&#233;but d'une gal&#232;re sans nom. Aper&#231;u.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/-1358-981d0.jpg?1782763781' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; I&lt;/span&gt;&lt;i&gt;l va s'effondrer et emporter tout Marseille dans son trou.&lt;/i&gt; &#187; Parmi les habitants du 65 rue d'Aubagne, la blague avait fait sourire. Entre les fuites, les fissures b&#233;antes, les portes qui ne fermaient plus, la situation d&#233;plorable de l'immeuble &#233;tait bien connue &#8211; et l'agence immobili&#232;re maintes fois pr&#233;venue, via des coups de fils, des mails, et m&#234;me des vid&#233;os. Le 18 octobre 2018, une &#233;vacuation en urgence avait &#233;t&#233; assur&#233;e par les pompiers suite &#224; une expertise de la mairie. Elle ne durera que quelques heures, le syndic assurant avoir fait les travaux n&#233;cessaires. Le 26, une salari&#233;e de l'agence laisse un message vocal &#224; Sophie, une locataire : &#171; &lt;i&gt;Vous pouvez rester dans l'appartement.&lt;/i&gt; &#187; Par la suite, Sophie l'a &#233;cout&#233; en boucle, ce message. Le ton est l&#233;ger : &#171; &lt;i&gt;Restez tranquille&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Dix jours apr&#232;s, l'immeuble s'&#233;croulait un peu avant 10 h du matin. Huit personnes meurent, la blague est loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, Sophie avait dormi chez ses parents, de peur de ne pas pouvoir sortir de son studio &#8211; les murs, instables, risquaient de bloquer la porte. La jeune femme avait pris l'habitude d'aider sa voisine de palier, Marie, souvent coinc&#233;e chez elle. Depuis l'effondrement, Sophie croit parfois apercevoir son amie d&#233;c&#233;d&#233;e dans la rue. &#201;tudiante en master de philosophie, elle raconte un traumatisme persistant, des gal&#232;res administratives ubuesques et surtout un m&#233;pris constant de la part de la mairie. &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; ma vie rue Beauvau&lt;/i&gt; &#187; &#8211; l'espace d'accueil mis en place par la municipalit&#233;, l&#224; o&#249; les victimes puis les d&#233;log&#233;s d&#233;filent depuis un an pour chercher informations et solutions de relogement. Pendant quatre mois, Sophie et son mari se retrouvent &#224; l'h&#244;tel. Hasard ou destin, Julien, l'un de ses voisins disparus, travaillait dans l'&#233;tablissement. &#171; &lt;i&gt;Avec ses coll&#232;gues, on s'est parl&#233;, soud&#233;s par le malheur.&lt;/i&gt; &#187; Quatre mois, puis arrive une proposition de relogement &#224; Noailles, o&#249; le couple vit &#224; l'heure actuelle, m&#234;me si l'envie de quitter la ville le taraude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin novembre 2018, une information judiciaire pour &#171; &lt;i&gt;homicides involontaires&lt;/i&gt; &#187; aggrav&#233;s d'une &#171; &lt;i&gt;violation manifestement d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une obligation de prudence ou de s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; ouverte. Et le 18 octobre dernier, aux c&#244;t&#233;s des autres parties civiles&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec les autres survivants, les familles des victimes et des associations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Sophie avait rendez-vous devant le juge d'instruction, qui a fait le point sur l'enqu&#234;te. Verdict : elle sera longue. L'expertise devrait se terminer en mars 2020, le temps de constituer un dossier solide afin de proc&#233;der &#224; des mises en examen. Sophie s'y attendait. Elle qui assure &#234;tre contre le syst&#232;me r&#233;pressif n'arrive pas &#224; trouver d'excuses &#224; ceux qui agissent &#171; &lt;i&gt;par app&#226;t du gain&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un &#233;tat catastrophique bien connu&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour qui ne vit pas &#224; Marseille, il est bon de rappeler le coup au cr&#226;ne et au c&#339;ur que fut ce mois de novembre 2018. Il faut dire le choc, l'&#233;motion, l'incompr&#233;hension, et aussi la lucidit&#233;, une col&#232;re bien orient&#233;e &#8211; vers la mairie et ses &#233;diles. Car l'&#233;tat catastrophique du parc immobilier &#233;tait connu. En 2015, le constat du rapport Nicol est &#233;difiant : 100 000 habitants vivraient dans des habitations pr&#233;sentant un risque pour la sant&#233; ou la s&#233;curit&#233;. Cela concerne 40 000 logements, principalement dans le centre et le nord de la ville. Parmi d'autres r&#233;jouissances, deux phrases retiennent l'attention : &#171; &lt;i&gt;Les moyens humains et le savoir-faire sont insuffisants dans les diff&#233;rents services (Ville et &#201;tat)&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;aucune hi&#233;rarchisation commune de l'urgence n'a &#233;t&#233; d&#233;finie face &#224; l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne&lt;/i&gt; &#187;. Avant le 5 novembre, il y avait chaque ann&#233;e entre 2 000 et 2 500 signalements pour cause d'hygi&#232;ne. Pour moins de dix arr&#234;t&#233;s d'insalubrit&#233;. D'o&#249; cette certitude : la situation du logement indigne &#233;tait bel et bien de notori&#233;t&#233; municipale. Apr&#232;s des ann&#233;es d'incomp&#233;tence et d'inaction, le tragique s'est produit. Et au drame des victimes s'est ajout&#233;e la gal&#232;re des d&#233;log&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moins d'un an, pr&#232;s de 4 000 personnes ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es de leur appartement. Chiffre aberrant, incroyable, que l'on peine &#224; expliquer. D'un c&#244;t&#233;, il y a eu la peur justifi&#233;e. Des habitants, qui depuis des ann&#233;es avaient vu leur logement se d&#233;grader, ont appel&#233; le num&#233;ro d'urgence mis en place par la mairie. La proc&#233;dure : un expert vient, juge le logement dangereux, les habitants sont d&#233;log&#233;s puis l'immeuble est soumis &#224; un arr&#234;t&#233; de p&#233;ril (il est m&#234;me arriv&#233; que l'arr&#234;t&#233; de p&#233;ril n'arrive jamais et que l'&#233;vacuation reste ainsi sans base l&#233;gale). Parfois, c'est la mairie qui a pris les devants. Probl&#232;me : depuis le 5 novembre, elle n'a &#233;tabli que des arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril &#171; imminent &#187;, qui induisent forc&#233;ment l'&#233;vacuation de tous les habitants&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il existe &#233;galement des arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril simple, moins contraignants et ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Les services municipaux auraient-ils fait des exc&#232;s de z&#232;le, dans la panique des effondrements ? Beaucoup le pensent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les bourgeois des d&#233;log&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Valentin et Lucie habitaient depuis quelques mois dans un appartement &#224; la Joliette. En d&#233;cembre 2018, alors qu'ils sont en week-end, un voisin les appelle : leur immeuble est barricad&#233;. Sur l'&#233;tat de leur logement, ils racontent des portes qui ne ferment plus, des cafards, de l'amiante, un compteur &#233;lectrique dangereux et de grandes fissures chez leurs voisins du rez-de-chauss&#233;e &#8211; &#171; &lt;i&gt;On pouvait y passer les deux mains.&lt;/i&gt; &#187; Bref, pas l'id&#233;al, loin de l&#224;, mais ils ne se sentaient pas en ins&#233;curit&#233;. &#171; &lt;i&gt;On habitait &#224; Noailles avant, on &#233;tait habitu&#233; aux fissures,&lt;/i&gt; raconte Valentin. &lt;i&gt;Et puis quand je loue, je pars du principe qu'on ne me propose pas un appartement qui va tomber.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cauchemar ne fait que commencer. Apr&#232;s le choc, ils se retrouvent d&#233;munis. Le num&#233;ro d'urgence mis en place ne leur est d'aucune aide. Par chance, ils tombent sur le &lt;i&gt;Guide de survie aux &#233;vacuations&lt;/i&gt; r&#233;dig&#233; dans l'urgence par un groupe d'habitants, le Collectif du 5 novembre, mont&#233; &#224; la suite du drame. Comme beaucoup d'autres d&#233;log&#233;s, ils seront h&#233;berg&#233;s &#224; l'h&#244;tel pendant deux semaines. Ils mesurent leur chance, presque g&#234;n&#233;s quand ils pensent &#224; ceux qui y sont rest&#233;s des mois, ceux aussi qui ont moins de ressources qu'eux. Eux qui parlent fran&#231;ais, travaillent, comprennent les rouages administratifs, ont des amis qui ont pu les aider. Th&#233;sard pour lui, producteurs de musique pour les deux. &#171; &lt;i&gt;On est les bourgeois des d&#233;log&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, leur r&#233;cit est accablant de gal&#232;res. Leurs affaires coinc&#233;es chez eux, leur vie &#224; l'&#233;troit dans un (re)logement (trop) petit qu'ils ont d&#251; trouver par eux-m&#234;mes, les rendez-vous et le stress qui empi&#232;tent sur leur vie personnelle et professionnelle, la peur que leur appartement soit &#171; visit&#233; &#187;, les frais suppl&#233;mentaires ; se nourrir &#224; l'ext&#233;rieur quand on est &#224; l'h&#244;tel, mais aussi continuer &#224; payer des factures en double (travaux pratiques : comment r&#233;silier un abonnement Internet quand la foutue box est coinc&#233;e derri&#232;re un scell&#233; ou l'&#233;lectricit&#233; quand on ne peut pas relever le compteur ? Vous avez un an).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, il y a l'attente. Quand pourront-ils regagner leur logement originel ? Dix mois plus tard, Lucie et Valentin n'ont toujours pas de date pr&#233;cise. Alors que les travaux de mise en s&#233;curit&#233; s'&#233;ternisent, le couple n'a que tr&#232;s peu d'informations, malgr&#233; des appels r&#233;guliers. Et garde encore en t&#234;te l'accueil qui lui a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; rue Beauvau. Valentin : &#171; &lt;i&gt;Le premier contact, &#231;a a &#233;t&#233; : &#8220;Monsieur, enlevez votre capuche, Madame, faites voir votre sac.&#8221; Non content d'&#234;tre un indigent car tu n'as plus de toit, tu es per&#231;u comme une menace. Et si tu souhaites une aide juridique, tu dois &#234;tre escort&#233; par un agent de s&#233;curit&#233; jusqu'au service en question, o&#249; on te dit qu'il y a un vide, qu'il n'y a pas de fautif.&lt;/i&gt; &#187; Le seul soutien qu'ils ont re&#231;u, disent-ils, vient de la soci&#233;t&#233; civile, Collectif du 5 novembre en t&#234;te. &#171; &lt;i&gt;On est beaucoup all&#233;s aux r&#233;unions, mais on n'osait pas parler de nous tellement certains cas &#233;taient catastrophiques, &#231;a d&#233;fiait totalement le bon sens. On sait que le monde marche sur la t&#234;te, mais c'est diff&#233;rent de le savoir et d'en faire l'exp&#233;rience&lt;/i&gt; &#187;, assure-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nomades par n&#233;cessit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Valentin et Lucie se sont rapproch&#233;s d'un avocat. Leur seul recours pour &#234;tre indemnis&#233;s ? Se retourner contre leur propri&#233;taire qui, lui, pourrait par la suite incriminer le syndic ou l'agence. Dans leur cas comme dans beaucoup d'autres, porter plainte contre le propri&#233;taire n'est pas &#233;vident. Il y a parfois le sentiment qu'il n'est pas le vrai coupable, que cela le mettrait lui-m&#234;me dans une situation d&#233;licate. Pourtant, c'est bien le propri&#233;taire qui est responsable de la s&#233;curit&#233; de son logement. Lui aussi qui doit assurer un relogement &#224; ses locataires en cas d'&#233;vacuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que les preuves sont difficiles &#224; regrouper. L'avocat Antonin Sopena, membre d'un cabinet qui a pris en charge un grand nombre de d&#233;log&#233;s, &#233;num&#232;re les difficult&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Il y a dans un premier temps toutes les personnes qui ne viennent pas. Parmi celles qui sont all&#233;es voir un avocat, beaucoup n'osent pas aller jusqu'au bout de la proc&#233;dure. Elles peuvent avoir des ressources limit&#233;es, se sentir ill&#233;gitimes &#224; mener une action en justice. Et puis beaucoup ont &#233;norm&#233;ment d'autres soucis, tr&#232;s imm&#233;diats, compar&#233;s &#224; une proc&#233;dure qui prend des mois.&lt;/i&gt; &#187; Dans le cas o&#249; une action est lanc&#233;e, il faut d&#233;montrer les pr&#233;judices subis &#224; la fois avant&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le fait d'avoir v&#233;cu des mois ou des ann&#233;es dans un logement insalubre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et apr&#232;s l'&#233;vacuation. Les preuves peuvent manquer, par exemple quand les r&#233;clamations li&#233;es &#224; l'&#233;tat du logement ont &#233;t&#233; faites &#224; l'oral. Autre casse-t&#234;te : les pr&#233;judices li&#233;s &#224; une &#233;vacuation peuvent &#234;tre &#224; la fois tr&#232;s concrets, comme des affaires d&#233;t&#233;rior&#233;es ou vol&#233;es, mais aussi plus diffus, comme des surco&#251;ts li&#233;s &#224; une vie &#224; l'h&#244;tel, des dommages sur la sant&#233; physique ou psychique, une vie professionnelle et personnelle qui se complique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d&#233;log&#233;s, comme Valentin et Lucie, souhaitent r&#233;int&#233;grer au plus vite leur logement. C'est aussi le cas de Djamil, d&#233;log&#233; avec sa compagne et leur fille en d&#233;cembre dernier &#224; Noailles. Dix mois de vie par &#224;-coups, &#171; &lt;i&gt;nomades par n&#233;cessit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. D'autres, raconte Antonin Sopena, avaient un appartement si insalubre qu'ils ne souhaitent plus y retourner, sans parler du traumatisme et de la peur de voir le toit s'effondrer sur soi.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;336 personnes encore &#224; l'h&#244;tel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le drame est venue la col&#232;re. Puis l'auto-organisation. Impliqu&#233; dans le Collectif du 5 novembre, Emmanuel Patris nous raconte des mois de n&#233;gociations pour aboutir &#224; la signature par l'&#201;tat et la Ville d'une charte du relogement. M&#233;pris et incomp&#233;tence au programme, avec de nombreux points de frictions, comme la prise en compte des occupants sans droits ni titres (pourtant une obligation l&#233;gale), ou la prise en charge des repas quand il n'est pas possible de cuisiner &#224; l'h&#244;tel. La signature est arrach&#233;e de haute lutte en juillet, pour une application jusqu'ici d&#233;cevante, la mairie passant outre dans bien des cas. Ce fut le cas pour une soixantaine d'habitants de la cit&#233; Maison-Blanche, dans le nord de la ville, qui n'ont pas &#233;t&#233; relog&#233;s apr&#232;s un incendie cet &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir et informer les &#233;vacu&#233;s, le collectif tient encore aujourd'hui des permanences hebdomadaires. &#192; ce jour, 336 personnes sont toujours &#224; l'h&#244;tel. Et par-del&#224; les d&#233;sastres et les particularit&#233;s de chaque situation individuelle, une interrogation pointe : &#224; qui profite la d&#233;route ? Certains locataires pourraient ne jamais rejoindre leurs immeubles du centre-ville, dont la sociologie pourrait ainsi tranquillement changer. En haut de la rue d'Aubagne, devenue si embl&#233;matique, la mairie a rachet&#233; des immeubles. La menace des promoteurs n'est pas loin. Djamil, &#171; &lt;i&gt;noailleux dans l'&#226;me&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;La ville est en train d'&#234;tre b&#226;tie pour des touristes, moins pour les Marseillais. Ou bien : pour un certain type de Marseillais&lt;/i&gt; &#187;. Sous-titre s'il en faut un : blancs et riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des solutions propos&#233;es par le Collectif du 5 novembre : la construction de logements sociaux. Emmanuel Patris : &#171; &lt;i&gt;Il y a des disparit&#233;s &#233;normes. Dans les quartiers Nord, on trouve jusqu'&#224; 50 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; de logements sociaux, pour moins de 10 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; dans le Sud. &#192; Noailles, c'est seulement 4 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; alors que 80 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; de la population pourrait avoir acc&#232;s &#224; des logements tr&#232;s sociaux&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le logement &#171; tr&#232;s social &#187; concerne les personnes en grande pr&#233;carit&#233;. Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Ce manque, &#231;a conduit les gens qui n'ont pas de moyens &#224; accepter des logements insalubres propos&#233;s par des marchands de sommeil.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;res nouvelles sur le front de la d&#233;b&#226;cle : en bas de la rue Curiol, au num&#233;ro 36, en plein centre-ville, a eu lieu en septembre une expulsion tr&#232;s controvers&#233;e. Une vingtaine de personnes ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;es. Le bailleur social li&#233; &#224; la mairie, Marseille Habitat&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le journal La Marseillaise a r&#233;v&#233;l&#233; qu'un autre de ses biens a fait l'objet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, n'avait dans un premier temps aucune intention de reloger les habitants. Tr&#232;s vite, des hommes envoy&#233;s par le bailleur ont d&#233;truit &#224; grands coups de marteaux les sanitaires &#8211; pour &#171; &lt;i&gt;s&#233;curiser l'immeuble&lt;/i&gt; &#187; a apr&#232;s coup d&#233;clar&#233; Arlette Fructus, &#233;lue de la majorit&#233; municipale et pr&#233;sidente de Marseille Habitat. L'&#233;vacuation par les forces de l'ordre est muscl&#233;e. Le lendemain, une action est men&#233;e au si&#232;ge du bailleur. Les militants du Collectif du 5 novembre y participent. L'un d'entre eux, une figure m&#233;diatique, est arr&#234;t&#233;, accus&#233; d'avoir bless&#233; le doigt d'une employ&#233;e. Sa garde &#224; vue choquera, &#224; juste titre : apr&#232;s huit morts rue d'Aubagne, le d&#233;c&#232;s de Zineb Redouane&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Zineb Redouane, notre d(r)ame &#187;, CQFD n&#176; 176 (mai 2019).&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; (touch&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne en marge d'une manifestation), pr&#232;s de 4 000 d&#233;log&#233;s, la premi&#232;re garde &#224; vue est celle d'un militant contre le logement indigne &#8211; finalement rel&#226;ch&#233;. Un exemple parmi tant d'autres d'une ann&#233;e dingue sous le soleil marseillais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure sur un peu de beaut&#233;, il faudrait relater les engagements, nouveaux pour beaucoup, raconter qu'ils soudent les gens et font bouger les lignes. Ou finir par une date : rendez-vous est donn&#233; samedi 9 novembre, 15 h, pour une manifestation d'hommage et de revendication. Un an apr&#232;s, les Marseillais marchent toujours.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cet article est extrait du dossier &#171; Bons baisers de Marseille &#187; (habitat indigne, incurie municipale, chasse aux pauvres et r&#233;sistances populaires), publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 181 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avec les autres survivants, les familles des victimes et des associations comme la Fondation Abb&#233;-Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il existe &#233;galement des arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril simple, moins contraignants et ne n&#233;cessitant pas forc&#233;ment l'&#233;vacuation imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme le fait d'avoir v&#233;cu des mois ou des ann&#233;es dans un logement insalubre ou dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le logement &#171; tr&#232;s social &#187; concerne les personnes en grande pr&#233;carit&#233;. Les seuils d'accessibilit&#233; sont plus bas que pour le logement social classique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le journal &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; a r&#233;v&#233;l&#233; qu'un autre de ses biens a fait l'objet d'une interdiction d&#233;finitive d'habiter pour insalubrit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Zineb-Redouane-notre-d-r-ame' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Zineb Redouane, notre d(r)ame&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 176 (mai 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#192; Marseille, la mairie s'effondre et la ville se soul&#232;ve</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;Huit morts sous les d&#233;combres. Pourtant, pas de bombardier am&#233;ricain &#224; l'horizon, ni de dynamiteur allemand&#8230; Juste des sp&#233;culateurs, publics et priv&#233;s. Mais qu'on &#233;rige un mur de b&#233;ton autour de la Plaine pour imposer un chantier hostile ou qu'on laisse pourrir un quartier jusqu'&#224; l'effondrement de deux immeubles sur ses habitants, c'est d'une m&#234;me guerre qu'il s'agit. Celle que m&#232;ne la mairie au Marseille populaire. &#192; Noailles, huit personnes en sont mortes, &#233;cras&#233;es sous les gravats et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patxi-Beltzaiz-118" rel="tag"&gt;Patxi Beltzaiz&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cassandre" rel="tag"&gt;Cassandre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Huit morts sous les d&#233;combres. Pourtant, pas de bombardier am&#233;ricain &#224; l'horizon, ni de dynamiteur allemand&#8230; Juste des sp&#233;culateurs, publics et priv&#233;s. Mais qu'on &#233;rige un mur de b&#233;ton autour de la Plaine pour imposer un chantier hostile ou qu'on laisse pourrir un quartier jusqu'&#224; l'effondrement de deux immeubles sur ses habitants, c'est d'une m&#234;me guerre qu'il s'agit. Celle que m&#232;ne la mairie au Marseille populaire. &#192; Noailles, huit personnes en sont mortes, &#233;cras&#233;es sous les gravats et le m&#233;pris. &#192; l'effroi a succ&#233;d&#233; la col&#232;re. Et un constat qui se propage : l'injustice n'a que trop dur&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-942-88d52.jpg?1783298723' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure du caf&#233;, Cassandre a l&#226;ch&#233; la nouvelle par-dessus le comptoir avant de r&#233;clamer un pastis ballon. Et la bande roulante des &lt;i&gt;breaking news&lt;/i&gt; de BFM n'a pas tard&#233; &#224; confirmer ses dires : &#171; &lt;i&gt;Marseille : 2 immeubles s'effondrent.&lt;/i&gt; &#187; &#192; 500 m&#232;tres de l&#224;, le 63 et le 65 de la rue d'Aubagne, quartier Noailles, venaient de s'affaisser sur eux-m&#234;mes. Comme r&#233;duits en poussi&#232;re. &#171; &lt;i&gt;La faute &#224; la pluie&lt;/i&gt; &#187;, communiquera la mairie. Le procureur et le ministre de l'Int&#233;rieur auront beau assurer pendant plusieurs jours qu'ils reste peut-&#234;tre des &#171; poches de survie &#187;, qui a vu cet amas compact parsem&#233; de briques, de poutres et de pierres d'angle ne pouvait croire qu'on y trouverait des survivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente va &#234;tre longue. On parle de dix personnes port&#233;es disparues. Des voisins racontent que le 63, vide, &#233;tait parfois squatt&#233; par de jeunes vendeurs de cigarettes &#224; la sauvette. Un trentenaire, propri&#233;taire au 65, est venu constater les d&#233;g&#226;ts. Devant la montagne de gravats, il a le cran de d&#233;clarer aux journalistes que &#171; &lt;i&gt; tout avait &#233;t&#233; mis aux normes&lt;/i&gt; &#187;. Un voisin l'invective : &#171; &lt;i&gt;Sale marchand de sommeil&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Assassin&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; On apprend qu'un expert avait signifi&#233; un &#233;tat de p&#233;ril imminent le 18 octobre, mais que les locataires avaient ensuite &#233;t&#233; autoris&#233;s &#224; r&#233;int&#233;grer les lieux&#8230; Sous le choc, des dizaines de voisins s'agglutinent contre les barri&#232;res, gard&#233;es par des flics harnach&#233;s comme pour une &#233;meute. La col&#232;re se m&#234;le vite &#224; l'angoisse. Dans le quartier, on savait que &#231;a allait arriver. &#171; &lt;i&gt;Arr&#234;tez de parler de squatteurs, vous n'avez pas honte ?&lt;/i&gt;, lance un homme face cam&#233;ra. &lt;i&gt;Au 65, on payait tous des loyers.&lt;/i&gt; &#187; Depuis 9 h 07 ce matin, Rachid est dans un &#233;tat second. Sorti acheter des clopes, il a entendu son immeuble s'effondrer derri&#232;re lui. Sur ses copains Taher et Ch&#233;rif &#224; qui, au bout d'une nuit de bringue, il avait propos&#233; de dormir chez lui.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dire les noms&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La rue bruisse de rumeurs et de tristes nouvelles. Chaque histoire vient ajouter son lot d'absurdit&#233;s au fragile &lt;i&gt;mektoub &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formule fataliste : &#171; c'&#233;tait &#233;crit &#187;, en arabe.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Si Abdelghani l'informaticien, apr&#232;s avoir film&#233; les fissures apparues en quelques heures et le son lugubre de l'immeuble qui craquait afin d'alerter le syndic, a eu le temps de quitter l'immeuble dix minutes avant sa chute, d'autres n'ont pas eu cette chance. Ouloume, maman comorienne, venait de laisser son fils El Amine &#224; l'&#233;cole. Fabien, dit Fausto, avait assist&#233; l'avant-veille au concert hommage &#224; Lux B, MC du Massilia Sound System, avec la cr&#232;me de la sc&#232;ne musicale locale. Simona, &#233;tudiante italienne au sourire bien connu du voisinage, avait rendez-vous &#224; 10 h pour signer un nouveau bail et quitter cet immeuble qui puait la mort. Elle avait offert le g&#238;te &#224; Niass&#233;, un ami italo-s&#233;n&#233;galais, pi&#233;g&#233; lui aussi. Marie-Madeleine, plus &#226;g&#233;e, ne sortait presque plus de son T2 du quatri&#232;me &#233;tage. Julien, veilleur de nuit franco-p&#233;ruvien, a sans doute lui aussi &#233;t&#233; surpris dans son sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;num&#233;rer ces noms ne rel&#232;ve en rien de l'exercice macabre. Il s'agit au contraire de dresser le portrait d'un Marseille populaire que la mairie ne veut plus voir en ville. Dans le m&#234;me temps, il faut &#233;galement mettre des noms sur les responsables. &#171; &lt;i&gt;Le Marseille populaire, ce n'est pas le Marseille maghr&#233;bin, ce n'est pas le Marseille comorien, &lt;/i&gt;martelait le maire (LR) Jean-Claude Gaudin au d&#233;but de son second mandat&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Claude Gaudin, dans La Tribune, 5 d&#233;cembre 2001. Cit&#233; dans La Ville (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Le centre a &#233;t&#233; envahi par la population &#233;trang&#232;re. Moi, je r&#233;nove, je lutte contre les marchands de sommeil et je fais revenir des habitants qui payent des imp&#244;ts. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence du m&#233;pris a fini par tuer. Le pire, c'est que cet homme, qui aura pass&#233; sa vie le cul assis sur les si&#232;ges du pouvoir, disait cela juste pour flatter l'&#233;lectorat frontiste. Sa v&#233;ritable obsession ? Chasser les classes populaires loin du centre. Voil&#224; trois si&#232;cles au moins qu'elles y habitent et que, malgr&#233; la pr&#233;carit&#233; et l'abandon, elles y insufflent un dynamisme, des liens, des activit&#233;s et des identit&#233;s fortes. En face, c'est l'arm&#233;e suisse : une fois &#171; reconquis &#187; par les &#171; &#233;lites &#187;, le territoire urbain devient un d&#233;sert sem&#233; de coquilles vides. Personne ou presque pour repeupler la rue de la R&#233;publique, les docks de la Joliette ou le quartier du Rouet&#8230; Et Gaudin le sait bien : il pr&#233;sidait d&#233;j&#224; la commission de l'urbanisme en 1965, &#224; l'&#233;poque du maire &#171; socialiste &#187; Gaston Defferre. Qu'importe si ces op&#233;rations se contentent de d&#233;truire l'existant : les cr&#233;anciers d'une ville surendett&#233;e y trouvent leur compte en faisant de la plus-value sur le b&#233;ton, les trottoirs, le littoral, l'espace public. Avant de partir investir ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Broadway de Marseille&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques heures apr&#232;s l'&#233;croulement de la rue d'Aubagne, Yves Moraine, maire (LR) des 6&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 8&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements, se pavane en compagnie de Laure-Agn&#232;s Caradec, adjointe &#224; l'urbanisme. On d&#233;guste des monceaux de chocolat fin lors d'une r&#233;ception &#224; la mairie Bagatelle &#8211; la bien nomm&#233;e. Sur les r&#233;seaux sociaux, &#231;a circule et &#231;a pique. On retire la photo, mais trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sabine Bernasconi, maire des 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; et 7&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements, r&#234;ve de faire de la Canebi&#232;re le Broadway de Marseille. Ses Dimanches de la Canebi&#232;re, avec pi&#233;tonnisation &#233;ph&#233;m&#232;re et animations culturelles b&#233;n&#233;voles, pr&#233;tendent attirer &#224; peu de frais une classe moyenne bien blanchie. Depuis le 5 novembre, la dame se fait discr&#232;te. Elle a m&#234;me annul&#233; le dernier &#171; Dimanche &#187; de l'ann&#233;e de peur de le voir envahi par les familles sinistr&#233;es en col&#232;re. En attendant, profitant d'un arr&#234;t&#233; de p&#233;ril sur un immeuble appartenant &#224;&#8230; la Soleam&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soci&#233;t&#233; publique charg&#233;e de l'am&#233;nagement urbain de la m&#233;tropole.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, on expulse quatre bouibouis &#224; couscous, une boulangerie et quelques dizaines d'habitants de la rue de la Fare, dans le quartier Belsunce qui d&#233;p&#233;rit depuis l'&#233;radication de son florissant bazar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette r&#233;publique des &lt;i&gt;chapacans&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Bras cass&#233; &#187;, en marseillais.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, la brutalit&#233; se veut badine. G&#233;rard Chenoz, &#233;lu aux Grands Projets d'attractivit&#233; et pr&#233;sident de la Soleam, d&#233;clare avec d&#233;sinvolture &#224; des commer&#231;ants de la Plaine inquiets des effets du chantier de requalification : &#171; &lt;i&gt;Les touristes, ils veulent pas qu'on enl&#232;ve les Arabes, ils veulent qu'on balaye plus souvent. Mais avec les voitures, c'est pas possible. Alors je vais pi&#233;tonniser la rue d'Aubagne et &#231;a va devenir un quartier branch&#233; ! &lt;/i&gt; &#187; Il est le seul &#224; en rire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-943-bd922.jpg?1783298723' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Violation manifestement d&#233;lib&#233;r&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Solange Biaggi, &#233;lue d&#233;l&#233;gu&#233;e au commerce, elle se vante de faire venir des boutiques et des concept-stores aux prix prohibitifs sur le bas de cette m&#234;me rue d'Aubagne. Et Martine Vassal, pr&#233;sidente du D&#233;partement et de la M&#233;tropole, sous pr&#233;texte de guerre aux kebabs, avoue financer des baux pr&#233;f&#233;rentiels pour ces commerces hors-sol, alors que les restos tunisiens ou les salons de coiffure guin&#233;ens payent leur loyer plein pot&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une circulaire, Jean-Claude Gondard, directeur des services de la Ville, menace ses agents de sanctions disciplinaires s'ils entrent en contact avec la presse et critiquent leur hi&#233;rarchie. Sans doute pour &#233;viter que la v&#233;rit&#233; ne s'&#233;bruite : au service de gestion des risques b&#226;timentaires, il n'y a qu'une dizaine de techniciens pour traiter l'avalanche de signalements depuis le 5 novembre et assurer les visites de proc&#233;dure de p&#233;ril. On estime &#224; 40 000 les logements insalubres &#224; Marseille. Et &#224; 100 000 les mal log&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arlette Fructus, adjointe au logement et pr&#233;sidente de Marseille Habitat, &#233;tait en mesure de s&#233;curiser au moins le n&#176; 63, pr&#233;empt&#233; en partie en 2012, puis en 2017 dans sa totalit&#233;. En 2014, dans une &#171; &#233;tude urbaine &#187;, la Soleam pr&#233;sente m&#234;me la r&#233;habilitation comme chose faite. Troublante vantardise vite retir&#233;e du site apr&#232;s le 5 novembre : &#171; Programme de sortie : 4 grands T3 (80 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; hab.) + local commercial en RdC. Co&#251;t des travaux : 608 500 &#8364; HT. Soit 1 850 &#8364; / m&#178; hab. &#187; Sauf qu'ils n'ont jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s et que les fen&#234;tres &#8211; et sans doute une partie du toit &#8211; &#233;taient ouvertes &#224; tous les vents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Fructus se d&#233;fausse : l'habitat indigne est surtout priv&#233;. Justement : Xavier Cachard, vice-pr&#233;sident LR du Conseil r&#233;gional et avocat sp&#233;cialis&#233; dans l'immobilier, ayant vot&#233; des coupes franches dans le budget r&#233;serv&#233; &#224; la lutte contre l'habitat insalubre et&#8230; propri&#233;taire d'un appartement au 65 rue d'Aubagne, vient de s'effondrer. Suspendu de ses fonctions par son ami et client Renaud Muselier. Cachard est aussi l'avocat de la copropri&#233;t&#233; du 65. Il savait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 novembre 2018, trois semaines apr&#232;s la catastrophe, le procureur de la R&#233;publique annonce l'ouverture d'une information judiciaire pour &#171; &lt;i&gt;homicides involontaires&lt;/i&gt; &#187; aggrav&#233;s &#171; &lt;i&gt;par violation manifestement d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une obligation de prudence ou de s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Et l&#224;, il ne faut rien s'interdire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis il y a les anonymes du quartier et d'ailleurs. Les d&#233;log&#233;s, les proches de victimes, les voisines, les amis. Vite, quelques militantes convoquent une r&#233;union dans un local de la rue de l'Arc, o&#249; sera fond&#233; le Collectif du 5 novembre &#8211; Noailles en col&#232;re. Il y a aussi l'association Destination familles, qui fait office de centre social sans en avoir ni le statut, ni les moyens. Tout un tissu social, &#224; la fois dense et pr&#233;caire, qui se serre encore un peu plus les coudes aujourd'hui en substituant l'entraide &#224; l'imp&#233;ritie des &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centaines de personnes &#233;vacu&#233;es, souvent sans arr&#234;t&#233; de p&#233;ril act&#233;, sont log&#233;es dans des h&#244;tels dispers&#233;s aux quatre coins de la ville, loin de l'&#233;cole des enfants. Des propri&#233;taires ind&#233;licats leur r&#233;clament encore le loyer. Les assurances rechignent &#224; couvrir un sinistre mal d&#233;fini. Et les d&#233;marches se heurtent &#224; l'improvisation d'un guichet unique mont&#233; en urgence pr&#232;s du Vieux-Port. &#171; &lt;i&gt; On a l'impression qu'on veut se d&#233;barrasser de nous &lt;/i&gt; &#187;, tr&#233;pigne une femme enceinte expuls&#233;e de chez elle en dix minutes chrono. Sur la porte d'entr&#233;e, un simple avis &#233;crit &#224; la main : &#171; &lt;i&gt;Immeuble &#233;vacu&#233; &#224; titre conservatoire. Appeler All&#244; Mairie. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; ce chaos, une revendication a &#233;merg&#233; : la r&#233;quisition de logements vides en centre-ville. En particulier sur la rue de la R&#233;publique, cette vitrine de l'op&#233;ration sp&#233;culative Eurom&#233;diterran&#233;e, o&#249; pr&#232;s de mille appartements r&#233;nov&#233;s restent inoccup&#233;s, comme 60 % des locaux de commerce en pied d'immeubles. Si les locataires, les propri&#233;taires occupants et les tailleurs s&#233;n&#233;galais de la rue d'Aubagne repeuplaient ce d&#233;sert d'o&#249; les fonds de pension ont expuls&#233; les classes populaires, ce ne serait que justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 6 novembre, un coup de godet de pelleteuse a suffi &#224; faire s'effondrer tout un pan du n&#176; 67. On parle de ch&#226;teau de carte, d'effet domino &#8211; ces immeubles du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle s'appuyant les uns sur les autres. Le procureur ordonne alors la &#171; d&#233;construction &#187; du 69, mais interrompt l'engin quand on d&#233;couvre que la charpente est saine. Trop tard : de la rue, Ma&#235;l d&#233;couvre les placards de sa cuisine et les sacs &#224; dos accroch&#233;s au porte-manteau suspendus dans le vide. Les orbites noircies par l'insomnie, il d&#233;clare dans une assembl&#233;e que m&#234;me s'ils ont plus de ressources que la plupart de leurs voisins, sa compagne et lui ont d&#233;cid&#233; de rester et de se battre avec le quartier pour que justice soit faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La toute jeune Amel, foulard nou&#233; &#224; l'antillaise, prend cr&#226;nement la parole lors d'une agora de quartier : &#171; &lt;i&gt;Il ne faut pas avoir peur, vous avez le droit de porter plainte, vous avez le droit de vivre dans un endroit s&#251;r, sans craindre que le plafond vous tombe sur la t&#234;te. &lt;/i&gt; &#187; Kaouther, elle, s'appuie sur son exp&#233;rience tunisienne : &#171; &lt;i&gt;Il y a l'urgence, la solidarit&#233; avec les sinistr&#233;s, les d&#233;log&#233;s. Et puis il y a nos revendications. Et l&#224;, il ne faut rien s'interdire. On peut parler de tout, pas seulement de logement. On peut dire la ville dans laquelle on veut vivre. On est l&#224; pour &#231;a, tout le monde a droit &#224; une belle vie, &#224; une vie digne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;La col&#232;re et la r&#233;pression &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Gaudin-assassin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Gaudin, assassin ! &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s les effondrements d'immeubles, la rue marseillaise a march&#233; trois fois pour rendre hommage aux morts et demander la d&#233;mission du maire. En face, ce ne fut que sadisme, matraques et grenades lacrymog&#232;nes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Vent-de-panique-effet-d-aubaine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Vent de panique, effet d'aubaine&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Et si la catastrophe de Noailles permettait &#224; la mairie de Marseille de r&#233;aliser enfin la gentrification massive dont elle r&#234;ve ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Formule fataliste : &#171; c'&#233;tait &#233;crit &#187;, en arabe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Claude Gaudin, dans &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;, 5 d&#233;cembre 2001. Cit&#233; dans &lt;i&gt;La Ville sans nom &#8211; Marseille dans la bouche de ceux qui l'assassinent&lt;/i&gt;, &#233;ditions Le Chien rouge, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soci&#233;t&#233; publique charg&#233;e de l'am&#233;nagement urbain de la m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Bras cass&#233; &#187;, en marseillais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Gaudin, assassin ! &#187;</title>
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		<dc:date>2018-12-06T20:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<dc:subject>foule</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s les effondrements d'immeubles, la rue marseillaise a march&#233; trois fois pour rendre hommage aux morts et demander la d&#233;mission du maire. En face, ce ne fut que sadisme, matraques et grenades lacrymog&#232;nes. Samedi 10 novembre, cinq jours apr&#232;s les effondrements de la rue d'Aubagne, 10 000 personnes ont march&#233; en silence jusqu'&#224; la mairie centrale. Sans slogans, ni drapeaux. Juste une sobre banderole brandie en marge par deux voisines : &#171; Non, ce n'est pas la pluie &#187;. Signe des temps, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s les effondrements d'immeubles, la rue marseillaise a march&#233; trois fois pour rendre hommage aux morts et demander la d&#233;mission du maire. En face, ce ne fut que sadisme, matraques et grenades lacrymog&#232;nes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2685 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-945-0246d.jpg?1783298723' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tomagn&#233;tik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi 10 novembre, cinq jours apr&#232;s les effondrements de la rue d'Aubagne, 10 000 personnes ont march&#233; en silence jusqu'&#224; la mairie centrale. Sans slogans, ni drapeaux. Juste une sobre banderole brandie en marge par deux voisines : &#171; &lt;i&gt;Non, ce n'est pas la pluie&lt;/i&gt; &#187;. Signe des temps, cours Garibaldi, la corniche d'un balcon s'est bris&#233;e sous le poids d'une grand-m&#232;re et son petit-fils qui regardaient passer le cort&#232;ge, occasionnant trois bless&#233;s l&#233;gers. Depuis, les blocs de pierre sont toujours sur le trottoir et les barri&#232;res de s&#233;curisation entrouvertes pour laisser passer les clientes du salon de coiffure install&#233; au rez-de-chauss&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Je ne peux pas me permettre d'arr&#234;ter de travailler,&lt;/i&gt; explique la patronne. &lt;i&gt;L'assurance ne me couvre pas, vu qu'il n'y a pas d'arr&#234;t&#233; de p&#233;ril.&lt;/i&gt; &#187; Arriv&#233;e sous le balcon du maire, une dame ouvre son parapluie. &#171; &lt;i&gt; Gaudin, cr&#232;ve &lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle griffonn&#233; dessus. Des cris fusent : &#171; &lt;i&gt;Gaudin assassin ! &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Gaudin d&#233;mission !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192; qui profite le crime ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quatre jours plus tard, mercredi 14 novembre, c'est la marche de la Col&#232;re. Les portraits des huit morts se fraient un passage pour prendre la t&#234;te du cort&#232;ge. Mass&#233;e rue d'Aubagne, la foule s'&#233;carte et applaudit. Puis on se dirige en rangs compacts vers la mairie. Il y a encore plus de monde que samedi, pas loin de 15 000 personnes. Les quartiers Nord sont pr&#233;sents. L'habitat d&#233;grad&#233; y cause parfois des morts, mais &#231;a n'attire que rarement l'attention. Beaucoup parmi la population des cit&#233;s ont habit&#233; dans les logements insalubres du centre avant d'obtenir un HLM. Et le lien est encore fort, maintenu vivace par la fr&#233;quentation des march&#233;s de Noailles et de La Plaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers jours, une affiche siamoise a &#233;t&#233; placard&#233;e : &#171; &lt;i&gt;La mairie renvers&#233;e &#8211; Renversez la mairie&lt;/i&gt; &#187;, avec deux photos de l'&#233;difice &#224; l'endroit, puis &#224; l'envers. Le cort&#232;ge est plus nerveux. Une immense banderole noire clame une v&#233;rit&#233; qui fait scandale : &#171; &lt;i&gt; 20 millions pour d&#233;truire La Plaine, pas une thune pour sauver Noailles. &#192; qui profite le crime ? &lt;/i&gt; &#187; Une femme propose de peindre le nom des victimes en rouge sur la mairie.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Exp&#233;dition punitive&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais l'esplanade est barricad&#233;e derri&#232;re un entrelacs de barri&#232;res Vauban. Rapidement, des jeunes bousculent ce cordon de s&#233;curit&#233;. Des fumig&#232;nes, comme au stade. Deux ou trois fus&#233;es sont tir&#233;es contre la fa&#231;ade. Il n'en faut pas plus pour que les CRS inondent le quai de lacrymo. Dans les rues adjacentes, la Bac (brigade anti-criminalit&#233;) matraque tout ce qui bouge, de l'adolescent &#224; la dame charg&#233;e de courses. Malgr&#233; ce d&#233;cha&#238;nement aveugle, la foule reste soud&#233;e. Hors de question de c&#233;der le terrain aussi vite. On se prot&#232;ge le nez et on tient le pav&#233;, on lance des impr&#233;cations contre Gaudin et sa clique. Alors quand, deux heures plus tard, la manif reflue et se disperse, c'est l'exp&#233;dition punitive. Des hordes de baqueux ratissent les ruelles et s'en prennent aux passants autant qu'&#224; ceux qui fuient. Ils tabassent au hasard et gazent jusque dans la rue d'Aubagne, &#224; deux pas des maisons effondr&#233;es. Leurs chefs les ont l&#226;ch&#233;s en meute au c&#339;ur d'un territoire ennemi, ill&#233;gitime, &#224; conqu&#233;rir. Le Collectif du 5 novembre &#8211; Noailles en col&#232;re recueillera plus de 60 t&#233;moignages, dont 29 de personnes agress&#233;es. On d&#233;plore au moins huit fractures cr&#226;niennes, dont une op&#233;ration en urgence pour une fracture maxillo-cr&#226;nienne provoqu&#233;e par un &#233;clat de grenade de d&#233;sencerclement. Lors d'un rendez-vous avec le collectif, un commissaire aurait d&#233;clar&#233; qu'il est &#171; &lt;i&gt;quasiment impossible&lt;/i&gt; &#187; de &#171; &lt;i&gt;tenir&lt;/i&gt; &#187; la Bac, corps de police d'inspiration coloniale&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Les racines du mal &#187;, dans le dossier &#171; La police tue &#187;, CQFD n&#176; 153, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui n'a pas vocation &#224; maintenir l'ordre dans une manif, ni m&#234;me dans les quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On y arrivera tous ensemble &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, ce sont quelque 20 000 manifestants pour le droit &#224; un logement digne qui descendent le boulevard Salvator vers la pr&#233;fecture. L&#224;, des parents des victimes prennent la parole. &#171; &lt;i&gt;On est la famille de Ch&#233;rif, on revient de son enterrement en Alg&#233;rie. &#199;a fait chaud au c&#339;ur de voir autant de Marseillais r&#233;unis pour cette cause. Pour nous, c'est trop tard, il est parti, mais on vous accompagnera jusqu'au bout. Il a fallu malheureusement du temps &#224; Marseille pour se r&#233;veiller. Ne l&#226;chez rien, huit familles sont en deuil et ne s'en remettront jamais, mais il faut se battre. En 2018, c'est pas normal qu'on en arrive l&#224;. Soyez solidaires, on gagnera tous ensemble. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;bouch&#233; de la rue Saint-Ferr&#233;ol, un cort&#232;ge de la CGT et des gilets jaunes embo&#238;tent le pas &#224; cette troisi&#232;me marche de Noailles jusqu'&#224; la mairie. Mais l&#224;-bas, &#224; peine la dispersion annonc&#233;e, la foule est gaz&#233;e, provoquant encore une fois une bouff&#233;e de rage. M&#234;me si beaucoup manifestent pour la premi&#232;re fois, on ne c&#232;de pas &#224; la panique. Personne ne veut partir, ni les gens des quartiers Nord venus en nombre, ni les McDo en lutte, ni les chasubles rouges ou jaunes, ni les supporters et leur tambour, ni les profs et les parents d'&#233;l&#232;ves des &#233;coles d&#233;labr&#233;es, ni les lyc&#233;ens&#8230; Plusieurs sapins de la foire aux santons s'enflamment, tandis que des barri&#232;res de chantier sont jet&#233;es sur la chauss&#233;e pour entraver la charge des CRS. Comme le 14, des grenades de d&#233;sencerclement sont tir&#233;es dans la foule.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;meute en centre-ville&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une boutique Orange est pill&#233;e sur la Canebi&#232;re. Une premi&#232;re barricade se dresse, faite de poutres, d'un transformateur &#233;lectrique et d'&#233;chafaudages sortis du chantier des Feuillants &#8211; l&#224; o&#249; le promoteur Fondeville construit un h&#244;tel 4 &#233;toiles aux portes de Noailles, non sans avoir d&#233;clar&#233; que &#171; &lt;i&gt;le haut de gamme cohabite difficilement avec le bon march&#233;&lt;/i&gt; &#187;&#8230; De nombreux foyers de tension obligent les flics &#224; courir comme des poulets sans t&#234;te. Les jeunes &#233;meutiers essaiment de Noailles &#224; Belsunce, de La Plaine aux R&#233;form&#233;s, et jusqu'&#224; la gare Saint-Charles, o&#249; la Fnac est d&#233;valis&#233;e. Mais le point d'orgue des &#233;chauffour&#233;es, c'est la construction d'une imposante barricade de trente m&#232;tres de large coupant le haut de la Canebi&#232;re. Si on y ajoute celle dress&#233;e entre le chantier des Feuillants et le si&#232;ge de la Soleam &lt;i&gt;[lire la note au bas de la double page pr&#233;d&#233;dente]&lt;/i&gt;, plus les conteneurs en flamme sur les boulevards Dugommier et Garibaldi, le commissariat de Noailles se trouve virtuellement encercl&#233;. Atteint par une fus&#233;e &#233;clairante, un v&#233;hicule-patrouille est d'ailleurs incendi&#233; devant sa porte. Des feux de poubelle &#233;clairent la nuit pendant plusieurs heures. La nervosit&#233; de la police&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : C'est cette m&#234;me &#171; nervosit&#233; &#187; qui est sans doute responsable de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui semble en sous-effectif, a clairement attis&#233; ce coup de nerf collectif, qu'on n'avait sans doute pas vu ici depuis les gr&#232;ves de 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1947 : la droite municipale, qui a chass&#233; le communiste Jean Cristofol de la mairie avec l'aide de la SFIO de Gaston Defferre, impose une hausse des tarifs de transport. La population, asphyxi&#233;e par les privations de l'apr&#232;s-guerre, proteste. Des jeunes renversent un tram. Arr&#234;t&#233;s, ils sont pr&#233;sent&#233;s aux juges. Mais la foule envahit le tribunal et les lib&#232;re. Puis, en masse, on se rend &#224; la mairie, o&#249; le bureau du maire est saccag&#233;. Est-ce ce souvenir qui hante le vieux Gaudin et son alli&#233; le pr&#233;fet ? En tout cas, la d&#233;fense hi&#233;ratique de la &#171; maison commune &#187; contre une population qui fait corps contre l'injustice, ce n'&#233;tait pas une bonne id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mur de la Plaine, lui, tombera sous les vivats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt; Une poign&#233;e d'agitateurs souvent avin&#233;s et vivant aux crochets de la soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;. Voil&#224; comment G&#233;rard Chenoz, adjoint au maire de Marseille et pr&#233;sident de la Soleam, a d&#233;fini les opposants au projet de requalification de La Plaine&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 16 novembre 2018.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le bougre ne l'emportera pas au paradis : quand on s'enferre dans le d&#233;ni et le d&#233;nigrement, on finit mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sinistre mat&#233;rialisation de la psychose s&#233;curitaire&lt;/strong&gt; sauce Chenoz, un mur de mille tonnes de b&#233;ton &#233;touffe La Plaine depuis le 28 octobre. Mais le quartier ne baisse pas les bras. 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre : grandioses fun&#233;railles de la pseudo-concertation, avec cercueil incin&#233;r&#233; devant le si&#232;ge de la Soleam. Puis, &#224; deux reprises, de joyeux lutins feront basculer plusieurs pans de la vilaine enceinte. Souvent, &#224; l'aube, de pr&#233;venantes &#233;quipes offrent le d&#233;jeuner aux ouvriers tout en les informant sur leur droit de retrait &#8211; ce qui a plusieurs fois port&#233; ses fruits. Samedi 24 novembre, un &lt;i&gt;Appel aux masses &lt;/i&gt;est lanc&#233;, rassemblant une mascarade de plus de 1 000 drilles totalement marteaux. Un mur de parpaings est &#233;rig&#233; devant le si&#232;ge de la Soleam. Et, depuis le 5 novembre, les liens entre La Plaine et Noailles se sont renforc&#233;s : quand on a un carnaval ind&#233;pendant en commun, on sait se serrer les coudes dans les moments difficiles. Est n&#233;e, avec la col&#232;re, une conscience partag&#233;e : c'est tout le Marseille populaire qui est entr&#233; en r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Urbanisme et catastrophe &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-Marseille-la-mairie-s-effondre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; Marseille, la mairie s'effondre et la ville se soul&#232;ve&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Huit morts sous les d&#233;combres. Pourtant, pas de bombardier am&#233;ricain &#224; l'horizon, ni de dynamiteur allemand&#8230; Juste des sp&#233;culateurs, publics et priv&#233;s. Mais qu'on &#233;rige un mur de b&#233;ton autour de la Plaine pour imposer un chantier hostile ou qu'on laisse pourrir un quartier jusqu'&#224; l'effondrement de deux immeubles sur ses habitants, c'est d'une m&#234;me guerre qu'il s'agit. Celle que m&#232;ne la mairie au Marseille populaire. &#192; Noailles, huit personnes en sont mortes, &#233;cras&#233;es sous les gravats et le m&#233;pris. &#192; l'effroi a succ&#233;d&#233; la col&#232;re. Et un constat qui se propage : l'injustice n'a que trop dur&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Vent-de-panique-effet-d-aubaine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Vent de panique, effet d'aubaine&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Et si la catastrophe de Noailles permettait &#224; la mairie de Marseille de r&#233;aliser enfin la gentrification massive dont elle r&#234;ve ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Les racines du mal &#187;, dans le dossier &#171; La police tue &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 153, avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : C'est cette m&#234;me &#171; nervosit&#233; &#187; qui est sans doute responsable de la mort d'une octog&#233;naire, d&#233;c&#233;d&#233;e &#224; l'h&#244;pital apr&#232;s avoir re&#231;u une grenade lacrymog&#232;ne &#224; la fen&#234;tre de son appartement du 4e &#233;tage lors de la manif du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 16 novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;tau d'urgence</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-etau-d-urgence</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/L-etau-d-urgence</guid>
		<dc:date>2018-07-03T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Soulci&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas de la Casini&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
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		<dc:subject>juridique fran&#231;ais</dc:subject>
		<dc:subject>l'arsenal juridique</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gimes d'exception</dc:subject>
		<dc:subject>perquisitions administratives</dc:subject>
		<dc:subject>Giorgio Agamben</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes en guerre. &#187; Cette ritournelle, on l'a entendue jusqu'&#224; la naus&#233;e depuis le vendredi 13 dernier, jour o&#249; l'on a essay&#233; de nous faire comprendre que guerre et paix ne se conjuguaient plus. Pourtant, ce n'&#233;tait pas une nouvelle, la France en guerre. Puis, &#224; peine le temps d'un coup de fil aux potos qui habitent l&#224;-haut&#8200;&#8211; &#224; Paris&#8200;&#8211;, de souffler quelques instants, et nous nous sommes tous retrouv&#233;s en &#233;tat d'urgence&#8200;&#8211; Vlan ! double sanction. &#199;a s'est pass&#233; au pas de charge, sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/novembre" rel="tag"&gt;novembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat-d-urgence" rel="tag"&gt;l'&#233;tat d'urgence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-urgence" rel="tag"&gt;d'urgence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juridique-francais" rel="tag"&gt;juridique fran&#231;ais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-arsenal-juridique" rel="tag"&gt;l'arsenal juridique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regimes-d-exception" rel="tag"&gt;r&#233;gimes d'exception&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/perquisitions-administratives" rel="tag"&gt;perquisitions administratives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Giorgio-Agamben" rel="tag"&gt;Giorgio Agamben&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous sommes en guerre.&lt;/i&gt; &#187; Cette ritournelle, on l'a entendue jusqu'&#224; la naus&#233;e depuis le vendredi 13 dernier, jour o&#249; l'on a essay&#233; de nous faire comprendre que guerre et paix ne se conjuguaient plus. Pourtant, ce n'&#233;tait pas une nouvelle, la France en guerre. Puis, &#224; peine le temps d'un coup de fil aux potos qui habitent l&#224;-haut&#8200;&#8211; &#224; Paris&#8200;&#8211;, de souffler quelques instants, et nous nous sommes tous retrouv&#233;s en &#233;tat d'urgence&#8200;&#8211; Vlan ! double sanction. &#199;a s'est pass&#233; au pas de charge, sous perfusion martiale : proclam&#233; le 13 au soir, entr&#233; en vigueur le lendemain matin, prolong&#233; le 19 pour trois mois apr&#232;s un vote express &#224; l'Assembl&#233;e nationale et une adoption au S&#233;nat&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;tat d'urgence, un des r&#233;gimes d'exception de l'arsenal juridique fran&#231;ais, a &#233;t&#233; institu&#233; par la loi du 3&#8200;avril 1955. Cr&#233;&#233; sur mesure pour la guerre d'Alg&#233;rie&#8200;&#8211;&#8200;et d&#233;cr&#233;t&#233; trois fois &#224; cette occasion (1955, 1958 et 1961)&#8200;&#8211;,&#8200;utilis&#233; contre les Kanaks en 1985 sur leur &#238;le, et vingt ans apr&#232;s pour mater les &#233;meutes en banlieue. On se rappellera, outre l'augmentation hallucinante de l'arbitraire policier, le massacre des Alg&#233;riens d&#233;fiant le couvre-feu le 17 octobre 1961 &#224; Paris, et les meurtres policiers du 8&#8200;f&#233;vrier 1962 au m&#233;tro Charonne. Outil de gestion coloniale, l'&#233;tat d'urgence a &#233;t&#233; un facteur d'acc&#233;l&#233;ration du processus de militarisation de la police. Accentuant &#233;galement la confusion entre &#171; &#201;tat de droit &#187; et &#201;tat s&#233;curitaire : &#171; &lt;i&gt;C'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; o&#249; la vie politique devient de fait impossible et o&#249; il ne s'agit que de g&#233;rer l'&#233;conomie de la vie reproductive&lt;/i&gt; &#187;, comme le pr&#233;cise le philosophe Giorgio Agamben dans une interview accord&#233;e &#224; &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; en janvier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH431/-443-1d237.jpg?1782678804' width='500' height='431' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de la possibilit&#233; donn&#233;e aux pr&#233;fets d'instituer des zones de s&#233;curit&#233; (couvre-feu), aux perquisitions administratives (sans autorisation judiciaire) et assignations &#224; r&#233;sidence, on retrouve &#233;galement celle de la dissolution des associations et groupements &#171; portant une atteinte grave &#224; l'ordre public &#187;. Autrement dit : on l&#226;che la bride. Le message est pass&#233;, la mise &#224; jour des fichiers de police est lanc&#233;e et la chasse aux contestataires ouverte. Apr&#232;s deux semaines d'&#233;tat d'exception, on comprend rapidement que le principe &#171; &lt;i&gt;est de taper large&lt;/i&gt; &#187;, comme le souffle le pr&#233;fet du Val-d'Oise apr&#232;s une descente muscl&#233;e dans un restaurant de Saint-Ouen-l'Aum&#244;ne. Le 27 novembre, on d&#233;nombrait 1 836 perquisitions administratives, 305 personnes assign&#233;es &#224; r&#233;sidence et 200 gardes &#224; vue. Des chiffres au devenir exponentiel. Au moindre soup&#231;on : Paf ! Service de renseignement, d&#233;lation, rumeur de comptoir&#8230; Personne n'est &#224; l'abri de l'&#233;tau qui se resserre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On exag&#232;re ? Voici les faits de ces derni&#232;res semaines : le Raid qui se trompe d'appart' en pleine nuit et blesse une fillette de 6 ans &#224; Nice ; deux jeunes au comportement pr&#233;tendument suspect sont arr&#234;t&#233;s &#224; bord d'un TGV ; perquisition de squats ; perquisition chez des mara&#238;chers, en Dordogne, soup&#231;onn&#233;s d'avoir particip&#233; il y a trois ans (!) &#224; une manifestation de soutien &#224; la Zone &#224; d&#233;fendre de Notre-Dame-des-Landes, etc&#8230; L'argument est toujours le m&#234;me : recherche de &#171; &lt;i&gt;personnes, armes ou objets susceptibles d'&#234;tre li&#233;s &#224; des activit&#233;s &#224; caract&#232;re terroriste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horreur des attentats de Paris a conduit &#224; occulter le drame des r&#233;fugi&#233;s, qui fuient pour la plupart des situations de guerre quotidiennes dont le vendredi 13 nous a donn&#233; un aper&#231;u. Manuel Valls l'a dit clairement : &#171; &lt;i&gt;L'Europe doit dire qu'elle ne peut plus accueillir autant de migrants, ce n'est pas possible&#8202;.&lt;/i&gt; &#187; Le 22 novembre, lors d'une manifestation appel&#233;e en soutien aux r&#233;fugi&#233;s &#224; Paris, 58 personnes ont &#233;t&#233; identifi&#233;es par les flics et balanc&#233;es au Parquet pour &#171; &lt;i&gt;violation d'une interdiction de manifestation prise en vertu de l'&#233;tat d'urgence&lt;/i&gt; &#187;. La derni&#232;re vague de perquisitions et d'assignations &#224; r&#233;sidence en date, &#224; la fin du mois de novembre, concerne les opposants &#224; la Conf&#233;rence de Paris sur le climat (COP21). Alors que la grande marche pour le climat du 29&#8200;novembre a &#233;t&#233; annul&#233;e, certains militants se retrouvent maintenus chez eux et oblig&#233;s de pointer au commissariat trois fois par jour. La raison ? Ils pourraient &#8211; pourraient ! &#8211;&#8200;manifester contre la COP21 et, par cons&#233;quent, constituer &#171; &lt;i&gt;une menace pour la s&#233;curit&#233; et l'ordre publics&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur injonction &#224; ne pas bouger red&#233;finit la vieille rengaine polici&#232;re : &#171; Rentrez chez vous, y a rien &#224; voir. &#187; Mani&#232;re de lutter contre leur peur s&#233;culaire de la foule et du peuple. Mani&#232;re surtout de tenir la rue, espace &#233;minemment politique. C'est d'ailleurs pour &#231;a qu'elle est aussi bien tenue, la rue, aujourd'hui plus qu'hier. L'antiterrorisme comme &#233;l&#233;ment stable des gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH346/-444-16de1.jpg?1782642416' width='400' height='346' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les br&#232;ves du n&#176;138</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-breves-du-no138</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-breves-du-no138</guid>
		<dc:date>2018-03-16T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Chien m&#233;chant</dc:subject>
		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
		<dc:subject>Soulci&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas de la Casini&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Tawfiq Omrane</dc:subject>
		<dc:subject>Mickomix</dc:subject>
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		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
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		<dc:subject>novembre</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat d'urgence</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tat d'urgence</dc:subject>
		<dc:subject>novembre dernier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;tat d'urgence dans la sous-traitance 20 novembre 2015, neuf heures du matin, h&#244;tel Adagio &#224; Marseille. Une dizaine de femmes de chambre et leurs soutiens tapent sur des casseroles, chantent des slogans &#171; Il faut payer, frottez, frottez ! &#187; et tiennent le si&#232;ge pour obtenir qu'on requalifie leurs emplois en CDI. Les bougresses ne s'en tiennent pas l&#224;, elles veulent qu'on leur paye leurs heures travaill&#233;es. Une chorale militante chante en mouvement comme l'adagio, mais ce n'est pas du go&#251;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no138-decembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;138 (d&#233;cembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etat-d-urgence" rel="tag"&gt;&#233;tat d'urgence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/novembre-dernier" rel="tag"&gt;novembre dernier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;tat d'urgence dans la sous-traitance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;20 novembre 2015, neuf heures du matin, h&#244;tel Adagio &#224; Marseille. Une dizaine de femmes de chambre et leurs soutiens tapent sur des casseroles, chantent des slogans &#171; &lt;i&gt;Il faut payer, frottez, frottez !&lt;/i&gt; &#187; et tiennent le si&#232;ge pour obtenir qu'on requalifie leurs emplois en CDI. Les bougresses ne s'en tiennent pas l&#224;, elles veulent qu'on leur paye leurs heures travaill&#233;es. Une chorale militante chante en mouvement comme l'adagio, mais ce n'est pas du go&#251;t de l'h&#244;tel. Le raffut, &#231;a fait fuir les clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patricia Gomes, Portugaise employ&#233;e au Massilia, un h&#244;tel du 8e arrondissement, et syndiqu&#233;e CNT SO, raconte son combat de l'ann&#233;e pass&#233;e (voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, n&#176; 123 juin 2014). &#171; &lt;i&gt;Je ne suis plus harcel&#233;e. Je l'&#233;tais physiquement et moralement&lt;/i&gt;. &#187; Ses heures de travail ont &#233;t&#233; augment&#233;es &#224; sa demande et &#171; &lt;i&gt;ils ont commenc&#233; &#224; payer des heures effectu&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Les managers maltraitants, v&#233;ritables chiens de garde, ont &#233;t&#233; mut&#233;s dans un autre chenil. &#171; &lt;i&gt;Il faut quand m&#234;me surveiller le patron.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille, la juriste du syndicat, avant de se f&#226;cher avec le directeur d'Onet, soci&#233;t&#233; de nettoyage bien connue, raconte que les femmes de chambre sont en fait employ&#233;es par la bo&#238;te d'int&#233;rim Axxis qui est sous traitante d'Onet, lui m&#234;me sous-traitant d'Adagio. Cocasse et pratique : Onet s'est d&#233;charg&#233;e de la gestion de ses salari&#233;s en int&#233;rim par le biais d'une d&#233;l&#233;gation des ressources humaines au b&#233;n&#233;fice d'Axxis. Une parfaite organisation de la pr&#233;carit&#233; qui plairait aux Macrons et aux autres farcis. Axxis fait aussi dans le nucl&#233;aire, m&#233;tier &#224; forte tension. Fran&#231;oise, CNT, lit au m&#233;gaphone le r&#233;cit de cette pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Onet malhonn&#234;te, Adagio c'est chaud&lt;/i&gt; &#187;, a r&#233;sonn&#233; durant deux bonnes heures aux oreilles des clients. Les femmes promettent de revenir car la lutte a pay&#233; dans les autres h&#244;tels de Marseille. Leur gr&#232;ve est suspendue le soir m&#234;me, apr&#232;s que la direction a accept&#233; de n&#233;gocier. Chantez, les patrons n'aiment que le silence des coffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bobo de comptoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 13 novembre au soir, enferm&#233;s dans un bar de M&#233;nilmontant, rideaux baiss&#233;s, des photographes g&#232;rent leur angoisse en continuant &#224; boire des coups, et les discussions vont bon train. Une jeune femme r&#233;alise soudain la gravit&#233; de la situation : &#171; &lt;i&gt;Putain, mon appartement va plus rien valoir du tout.&lt;/i&gt; &#187; Paris outrag&#233; ! Paris bris&#233; ! La bulle immobili&#232;re assassin&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Otan pour moi&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-456-17054.jpg?1782671639' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une dr&#244;le de blague&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Zemmour a visiblement un s&#233;rieux go&#251;t pour la d&#233;conne. Il d&#233;clarait sur RTL le mardi 17 novembre qu'&#171; &lt;i&gt;au lieu de bombarder Raqqa, la France devrait bombarder Molenbeek&lt;/i&gt; &#187;, quartier de Bruxelles d'o&#249; sont originaires certains des terroristes du 13 novembre. La station a tenu &#224; indiquer que c'&#233;tait du &#171; &lt;i&gt;second degr&#233;&lt;/i&gt; &#187;, et a pr&#233;cis&#233; que &#171; &lt;i&gt;l'objet de la chronique d'&#201;ric Zemmour &#233;tait de montrer que les bombardements fran&#231;ais en Syrie ne servaient &#224; rien tant que les fronti&#232;res intra-europ&#233;ennes ne seraient pas r&#233;tablies&lt;/i&gt; &#187;. Merci pour la traduction, m&#234;me &#224; force, on ne parle pas encore le Zemmour couramment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Wauquiez rouvre les camps&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je propose qu'on r&#233;tablisse &#224; Cayenne un centre de d&#233;tention qui permette d'isoler ces fous furieux&lt;/i&gt; &#187;, s'excite le tr&#232;s droitier Nicolas Dupont-Aignan apr&#232;s les attentats du 13 novembre. Placer les individus fich&#233;s S &#8211; c'est-&#224;-dire ceux qui repr&#233;senteraient un danger pour la s&#251;ret&#233; de l'&#233;tat &#8211; dans &#171; &lt;i&gt;des centres d'internement anti-terroristes sp&#233;cifiquement d&#233;di&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;conise Laurent Wauquiez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Les R&#233;publicains, avant d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Ce ne sera pas Guantanamo, car on ne torturera pas&lt;/i&gt; &#187;. Ou peu. Ou pas expr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH540/-457-53602.jpg?1782640592' width='400' height='540' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#232;re Beno&#238;t, gros ben&#234;t&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re Herv&#233; Beno&#238;t, un cur&#233; de la basilique de Fourvi&#232;re, &#224; Lyon, a &#233;t&#233; d&#233;mis de ses fonctions pour avoir mis dans le m&#234;me sac bourreaux et victimes quelques jours apr&#232;s les attentats de Paris : &#171; &lt;i&gt;Regardez les photos des spectateurs quelques instants avant le drame. Ces pauvres enfants de la g&#233;n&#233;ration bobo en transe extatique&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;ce sont des morts vivants. Leurs assassins, ces zombis-haschischins sont leurs fr&#232;res siamois.&lt;/i&gt; &#187; L'enfer, ce n'est pas les autres. L'enfer, c'est lui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Clin d'&#339;il de Tunisie&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH715/-458-10650.jpg?1782671639' width='400' height='715' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tawfik Omrane.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Guillotine format 4x3&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le message, inscrit en lettres blanches sur fond noir sur un panneau de 4x3&#8200;m&#232;tres situ&#233; entre La Seyne-sur-Mer et Six-Fours-les-Plages (Var), est des plus clairs : &#171; &lt;i&gt;Monsieur le Pr&#233;sident, changeons la loi, la mort pour les terroristes et leurs complices.&lt;/i&gt; &#187; Cette revendication d'un autre temps &#8211;&#8200;pourtant affich&#233;e le 19&#8200;novembre dernier &#8211;, on la doit au taulier de la soci&#233;t&#233; Maci Publicit&#233;, propri&#233;taire du panneau. Mais nous ne tomberons pas dedans, et contiendrons cette furieuse envie de pendre les publicitaires avec leurs cravates.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sweat terroriste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;lio, 21 ans, portait le 14 novembre dernier (2015) un sweat &#224; &#233;toile rouge o&#249; &#233;tait &#233;crit &#171; Contre le capitalisme et le racisme &#187;. Ce qui n'eut pas l'heur de plaire aux flics qui l'ont contr&#244;l&#233; &#224; la station de m&#233;tro Gallieni, &#224; Bagnolet (Seine-Saint-Denis), d'apr&#232;s &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; du 23 novembre. &#171; &lt;i&gt;Il ne faut pas porter &#231;a en ce moment.&lt;/i&gt; [&#8230;] L&lt;i&gt;'&#233;tat, c'est le capitalisme, donc c'est un message contre l'&#233;tat&lt;/i&gt; &#187;, aurait d&#233;clar&#233; un g&#233;nie &#224; k&#233;pi. Se frottant &#224; la verve polici&#232;re, D&#233;lio aurait recueilli ceci : &#171; &lt;i&gt;Les petites faces de merde comme toi, on a h&#226;te de pouvoir les arr&#234;ter sans raison, les petites faces de pine, les petites faces de shiteux comme toi.&lt;/i&gt; &#187; Et qu'est-ce qui est sorti de la lampe ? L'&#233;tat d'urgence, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#231;a s'en va et &#231;a...&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH329/-459-2fa2b.jpg?1782671639' width='400' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pelloux, docteur &#232;s s&#233;curit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand on voit des pays qui vivent avec le terrorisme larv&#233;, les &#201;tats-Unis ou Isra&#235;l, ces pays ont chang&#233; leur fa&#231;on d'&#234;tre&lt;/i&gt;, d&#233;clarait Patrick Pelloux, m&#233;decin urgentiste et ex-collaborateur de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; sur RMC le 15 novembre dernier. &lt;i&gt;&#192; New York, il y a des num&#233;ros d'urgence partout dans le m&#233;tro. Il faut avoir les m&#234;mes pratiques en France. Nous avons trop laiss&#233; faire. Il faut changer beaucoup d'habitudes. Nous avons une certaine lassitude de la s&#233;curit&#233; mais il va falloir faire passer &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Devinette : si, pour la s&#233;curit&#233;, on applique les techniques isra&#233;liennes, qui fera les Palestiniens ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Application de la charia&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans un souci de perfectionner l'application de l'&#233;tat d'urgence, la pr&#233;fecture du Nord a interdit la vente d'alcool &#224; emporter apr&#232;s 20 heures dans toute la r&#233;gion et sa consommation sur la voie publique la nuit sous peine d'une amende d'un montant de 150 euros. Heu biloute, c'est p&#244; comme &#231;a qu'on va d&#233;fendre notre art de vivre et nos valeurs civilisationnelles, hiin !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la tourn&#233;e ! hips... France g&#233;n&#233;ral ! hips !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH545/-460-b3fa8.jpg?1782671639' width='400' height='545' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Je suis juste barbu &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'exprimait, dans &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt; du 27&#8200;novembre dernier, un libraire musulman d'Argenteuil ayant subi une perquisition muscl&#233;e. Apr&#232;s &#171; Je suis Charlie &#187; et &#171; Je suis Paris &#187;, cette parole forte et universel est appel&#233;e &#224; devenir le nouveau slogan en vogue sur les r&#233;seaux sociaux contre la multiplication des actes islamophobes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortez avec vos flingues !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lundi 30 novembre dernier, Bernard Cazeneuve, lors d'un comit&#233; technique exceptionnel rassemblant les syndicats, a ent&#233;rin&#233; l'autorisation de port d'arme par les flics en dehors de leurs heures de service, en allant chercher les gosses &#224; l'&#233;cole comme sur la plage en vacances. Ils devront quand m&#234;me porter un brassard les identifiant, &#234;tre &#224; jour de leurs s&#233;ances obligatoires d'entra&#238;nement au tir et se d&#233;clarer &#224; leur hi&#233;rarchie. On imagine d&#233;j&#224; les affres de certains grad&#233;s dans les comicos : comment subtilement &#233;carter de la liste les cow-boys notoires, les d&#233;fenseurs av&#233;r&#233;s de la race blanche ou les d&#233;pressifs chroniques ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH542/-455-604b6.jpg?1782671639' width='400' height='542' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Climat d'urgence : Carnet de COP</title>
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		<dc:date>2018-03-10T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu Brier</dc:creator>


		<dc:subject>Mickomix</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
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		<dc:subject>Grand Palais</dc:subject>
		<dc:subject>maison qu'ils</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mois dernier (D&#233;cembre 2015), la 21e Conf&#233;rence des parties (COP21) a r&#233;uni les &#201;tats du monde entier pour discuter changement climatique. Un raout m&#233;diatique plac&#233; sous le signe de l'&#233;tat d'urgence d&#233;clar&#233; quelques jours plus t&#244;t. Mais le climat policier n'a pas su rendre inaudible toute contestation. Jeudi 26 novembre, 9h15. Squat du Massicot, Ivry-sur-Seine. D&#233;j&#224; plus d'une heure qu'ils sont l&#224;, cherchant d'hypoth&#233;tiques armes qu'ils ne trouveront jamais. Vingt Robocops (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no139-janvier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;139 (janvier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/maison-qu-ils" rel="tag"&gt;maison qu'ils&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mois dernier (D&#233;cembre 2015), la 21e Conf&#233;rence des parties (COP21) a r&#233;uni les &#201;tats du monde entier pour discuter changement climatique. Un raout m&#233;diatique plac&#233; sous le signe de l'&#233;tat d'urgence d&#233;clar&#233; quelques jours plus t&#244;t. Mais le climat policier n'a pas su rendre inaudible toute contestation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 26 novembre, 9h15. Squat du Massicot, Ivry-sur-Seine. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; plus d'une heure qu'ils sont l&#224;, cherchant d'hypoth&#233;tiques armes qu'ils ne trouveront jamais. Vingt Robocops accompagn&#233;s par autant de policiers en civil ex&#233;cutent une perquisition administrative &#171; &lt;i&gt;au vu de l'&#233;tat d'urgence&lt;/i&gt; &#187; dans cette maison qu'ils supposent habit&#233;e par des &#171; &lt;i&gt;membres de la mouvance contestataire radicale&lt;/i&gt; &#187;. R&#233;unies dans le salon, les personnes habitant la maison sont convoqu&#233;es une par une pour assister &#224; la fouille de leurs chambres respectives. Une polici&#232;re demande qu'on lui apporte les cl&#233;s du camping-car gar&#233; devant le b&#226;timent, quand son coll&#232;gue vient lui taper sur l'&#233;paule : &#171; &lt;i&gt;Pas la peine, le camping-car, on l'a d&#233;j&#224; fait&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Une entr&#233;e par effraction qui vient s'ajouter aux deux portails de la maison &#233;ventr&#233;s, aux &#233;crans bris&#233;s et aux quelques coups distribu&#233;s au r&#233;veil par les forces de l'ordre. La troupe en uniforme repartira fi&#232;rement apr&#232;s avoir saisi&#8230; des affiches critiquant la COP21.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH572/-498-10dc1.jpg?1782641300' width='400' height='572' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 27 novembre, 11h. Boulevard Saint-Michel, Paris 5e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dirait des int&#233;rimaires embauch&#233;s par le g&#233;ant de la publicit&#233; J.-C. Decaux, un peu maladroits avec leur grandes affiches entre les mains. Un passant &#233;tonn&#233; par le poster qu'ils viennent de placer dans un abribus les interpelle : &#171; &lt;i&gt;Gucci lance une campagne montrant les d&#233;chets produits par la mode ? Bizarre&#8230;&lt;/i&gt; &#187; H&#233;sitants, les deux gilets orange tentent un : &#171; &lt;i&gt; Peut-&#234;tre que c'est pas vraiment Gucci qui s'exprime&lt;/i&gt;. &#187; Alors qu'ils s'&#233;loignent d'un pas press&#233;, le passant leur lance d'un air maintenant entendu : &#171; &lt;i&gt;Ah, je vois. Bravo, continuez !&lt;/i&gt; &#187; Le lendemain, le collectif Brandalism revendiquera le remplacement de 600 affiches publicitaires dans tout Paris : &#171; &lt;i&gt;Des &#339;uvres d'art d&#233;non&#231;ant la mainmise des multinationales sur la COP21.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 28 novembre, 15h. Esplanade du Ch&#226;teau, Versailles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une immense banderole est tendue devant les gendarmes. &#171; &lt;i&gt;Gardez Le Bourget, on prend Versailles. Vive la Commune !&lt;/i&gt; &#187; Les convois partis de territoires en lutte n'iront pas jusqu'au site de la COP21 pour r&#233;p&#233;ter que construire un nouvel a&#233;roport au moment o&#249; l'on convoque la plan&#232;te enti&#232;re pour parler du climat rel&#232;ve du scandale, ou du foutage de gueule absolu. Question de vocabulaire. La police aura eu beau proclamer que les v&#233;los et tracteurs venus de Notre-Dame-des-Landes n'entreraient pas en &#206;le-de-France, les voil&#224; bien aux portes de Paris. Dans la foule, &#231;a discute. &#171; &lt;i&gt;Depuis les attentats, la police a d'autres chats &#224; fouetter&lt;/i&gt; &#187;, pronostique un habitant de la ZAD. &#171; &lt;i&gt;Tu parles ! Ils vont profiter de l'&#233;tat d'urgence pour essayer d'attaquer d&#232;s le mois de janvier&lt;/i&gt; &#187;, lui r&#233;pond une Parisienne. Personne ne sait quand C&#233;sar reviendra&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2012, l'op&#233;ration polici&#232;re tentant d'expulser la ZAD avait pris le joli (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, mais tout le monde s'y pr&#233;pare : la r&#233;sistance sera farouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 29 novembre, 14h30. Place de la R&#233;publique, Paris 11e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les policiers lancent leurs premiers gaz lacrymog&#232;nes sur la foule. Depuis plus de deux heures, les manifestants se heurtent &#224; un mur de boucliers &#224; chaque coin de rue. Alors ils tournent en rond. Le gouvernement avait annonc&#233; son intention : personne ne manifestera du tout. C'est rat&#233;, les slogans fusent de partout. &#171; &lt;i&gt;&#201;tat d'urgence, &#201;tat policier&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Verte ou pas, la croissance on n'en veut pas !&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt; Fermons les usines et les supermarch&#233;s, une mini-&#233;olienne dans chaque potager.&lt;/i&gt; &#187; Quelques projectiles volent vers les pandores, mais les nombreuses vitrines alentour ne subissent aucun affront. Ce n'est pas l'envie qui manque chez certains manifestants. Plut&#244;t le fameux &#171; rapport de forces &#187; qui n'est pas tout &#224; fait &#224; leur avantage. On comptera 317 gardes &#224; vue, pour &#234;tre rest&#233; sur une place qu'il &#233;tait impossible de quitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 4 d&#233;cembre, 13h45. Grand Palais, Paris 8e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suez, Vinci, Coca-Cola et compagnie se partagent le Grand Palais pour exposer leurs merveilleuses &#171; solutions &#187; pour la plan&#232;te. O&#249; l'on peut croiser une Formule-1 &#233;lectrique, les tout derniers casques de r&#233;alit&#233; virtuelle ou encore de jolis tournesols symbolisant l'expansion des agrocarburants. Voil&#224; qui va nous sortir d'affaire. Les perturbateurs qui ont eu le mauvais go&#251;t d'appeler &#231;a du &#171; &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; &#187; lors de la journ&#233;e d'ouverture sont vir&#233;s un par un, empoign&#233;s par des policiers en civil. &#171; &lt;i&gt;Faites-moi une zone propre&lt;/i&gt; &#187;, ordonne l'un d'entre eux &#224; ses coll&#232;gues. Ils s'emparent alors de panneaux d'exposition sur lesquels figurent de jolies photos de la plan&#232;te, et tentent de les placer entre les manifestants et les journalistes, pour emp&#234;cher toute prise d'image de l'exfiltration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 6 d&#233;cembre, 11h30. Village mondial des alternatives. Montreuil-sous-Bois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les attentats, les autorit&#233;s avaient annonc&#233; l'interdiction de tous les &#233;v&#233;nements pr&#233;vus dans l'espace public pendant la COP21. Le mouvement Alternatiba a pourtant maintenu son week-end citoyen dans le centre-ville de Montreuil. Autoris&#233;e au dernier moment, la grande foire aux alternatives r&#233;unit presse &#233;colo, march&#233; paysan, lutte contre le nucl&#233;aire ou solidarit&#233; internationale. Dans les couloirs du lyc&#233;e r&#233;quisitionn&#233; pour l'occasion, un prof qu&#233;b&#233;cois venu tout expr&#232;s avec quelques &#233;l&#232;ves interviewe une dame coiff&#233;e de plumes, calme et d&#233;termin&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Le gouvernement de l'&#201;quateur nous vole notre for&#234;t pour exploiter le p&#233;trole et menace de nous mettre en prison si nous r&#233;agissons. Mais nous n'avons pas peur, nous ne c&#233;derons pas. Nous avons march&#233; sur la capitale et nous recommencerons, avec le soutien des peuples du monde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 7 d&#233;cembre, 17h. Espace &#171; G&#233;n&#233;rations Climat &#187;, Le Bourget.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, tout est vert : la bouffe d&#233;gage la m&#234;me odeur d&#233;gueulasse qu'&#224; la cantine, mais elle est bio. L'horrible musique d'ambiance sort d'un ampli aliment&#233; par des visiteurs p&#233;dalant aimablement au &#171; Cyclo-bar &#187;. Des stands d'ONG bidon soutenues par la Banque mondiale d&#233;sesp&#233;r&#233;ment vides, mais avec cloisons en bois. La vitrine &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; de la conf&#233;rence climat s'&#233;tend sur quatre immenses halls ouverts au public. L'ONU y pr&#233;sente la compensation carbone &#224; c&#244;t&#233; des peuples indig&#232;nes qui s'y opposent ; la r&#233;duction des d&#233;chets y est d&#233;fendue &#224; quelques pas d'un industriel qui vit de leur multiplication. Devant les toilettes, un homme en costard en aborde un autre. &#171; &lt;i&gt;Le Colorado sera bient&#244;t le centre du monde du renouvelable.&lt;/i&gt; &#187; L'autre lui r&#233;pond dans un anglais approximatif &#171; &lt;i&gt;Ah, vous &#234;tes dans le energy business ? Prenez donc ma carte, ma bo&#238;te expose au Grand Palais. Vous devriez venir voir !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 11 d&#233;cembre, 14h30. Conseil d'&#201;tat, Paris 1er.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'&#201;tat se pose des questions. Est-il bien l&#233;gal d'obliger des gens &#224; rester coinc&#233;s dans leur ville et &#224; pointer trois fois par jour au commissariat ? Sur la base de simples pr&#233;monitions polici&#232;res ? Sans l'avis d'un quelconque juge ? C'est le principe de l'assignation &#224; r&#233;sidence pendant l'&#233;tat d'urgence, qui concerne des centaines de personnes, la plupart soup&#231;onn&#233;es d'&#234;tre musulmanes et potentiellement terroristes. Au milieu, quelques-unes ont un autre profil, avec en commun un int&#233;r&#234;t pour la critique de la COP21. Aujourd'hui, quelques-uns de ces atypiques assign&#233;s soumettent leur cas &#224; une des plus hautes juridictions administratives du pays. Alors le Conseil r&#233;fl&#233;chit, puis tranche : oui, tout compte fait, tout est normal. Enfermer les gens chez eux sur la base de notes anonymes fournies par les services de renseignement est tout &#224; fait l&#233;gal. Circulez, y a rien &#224; voir. Enfin, circulez&#8230; chez vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 12 d&#233;cembre, 11h40. Caf&#233; Lacombe, Paris 17e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bar, personne ne regarde la t&#233;l&#233; o&#249; d&#233;filent les pronostics sur l'&#171; Accord de Paris &#187; que Fabius s'appr&#234;te &#224; annoncer fi&#232;rement. Au comptoir, &#231;a r&#226;le contre &#171; &lt;i&gt;ces &#233;colos qui font encore chier dans la rue&lt;/i&gt; &#187;. Dehors, costumes d'ours blancs, fanfares et &#233;charpes rouges cherchent &#224; rejoindre plus ou moins discr&#232;tement le rendez-vous du D12. D12 comme le douzi&#232;me jour du mois de d&#233;cembre, date coch&#233;e depuis longtemps par quelques activistes du monde entier afin de marquer la fin de la mascarade &#171; COP21 &#187;. De l'avenue qu'il &#233;tait pr&#233;vu de bloquer, ce sont finalement plusieurs milliers de personnes qui d&#233;borderont dans les beaux quartiers de Paris, parmi les habitants interloqu&#233;s qu'une manifestation sauvage soit encore possible dans cette ville. &#171; &lt;i&gt; A ! Anti, anticapitalista, a !&lt;/i&gt; &#187; reprennent en ch&#339;ur les internationaux pendant qu'un petit groupe entonne joyeusement : &#171; &lt;i&gt;Pour No&#235;l, pas de foie gras, on mange des bourgeois !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2012, l'op&#233;ration polici&#232;re tentant d'expulser la ZAD avait pris le joli nom de &#171; C&#233;sar &#187;. Ils sont venus, ils ont vu,&#8230; et ils ont &#233;t&#233; vaincus. Rebelote en 2016 ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le film d'une garde &#224; vue de masse</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans 317, un documentaire collectif, des victimes d'humiliations polici&#232;res t&#233;moignent. Leur point commun ? Avoir particip&#233; &#224; la manifestation interdite du 29 novembre 2015 &#224; Paris, la veille de l'ouverture de la COP21. Cette manifestation pour le climat &#233;tait pr&#233;vue de longue date. Mais les attentats du 13 novembre sont pass&#233;s par l&#224; : deux semaines apr&#232;s le carnage du Bataclan, la France a bascul&#233; dans l'&#233;tat d'urgence. Ce 29 novembre 2015, le rassemblement est interdit. Quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;317&lt;/i&gt;, un documentaire collectif, des victimes d'humiliations polici&#232;res t&#233;moignent. Leur point commun ? Avoir particip&#233; &#224; la manifestation interdite du 29 novembre 2015 &#224; Paris, la veille de l'ouverture de la COP21.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2073 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH589/-352-17cb6.jpg?1782647403' width='400' height='589' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par JMB (Bertoyas).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette manifestation pour le climat &#233;tait pr&#233;vue de longue date. Mais les attentats du 13 novembre sont pass&#233;s par l&#224; : deux semaines apr&#232;s le carnage du Bataclan, la France a bascul&#233; dans l'&#233;tat d'urgence. Ce 29 novembre 2015, le rassemblement est interdit. Quelques milliers de personnes se retrouvent quand m&#234;me &#224; Paris, place de la R&#233;publique, pour rappeler notamment que &#171; &lt;i&gt; le v&#233;ritable &#233;tat d'urgence est climatique&lt;/i&gt; &#187;. Mais elles sont nass&#233;es par les CRS. Grenades lacrymog&#232;nes : &#171; &lt;i&gt;D'un coup, &#231;a br&#251;le tr&#232;s fort les yeux, la gorge, &#231;a arrache&lt;/i&gt; &#187;, se rappelle une militante. &#171; &lt;i&gt; Je n'ai rien vu venir ; je n'ai pas compris que m&#234;me dans l'immobilit&#233; cela pouvait surgir&lt;/i&gt; &#187;, confesse un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce sont de petits groupes violents qui s'en sont pris aux forces de l'ordre avec des projectiles&lt;/i&gt; &#187;, dira le pr&#233;fet de police de Paris, photos &#224; l'appui. Chez les manifestants qui t&#233;moignent dans le film, soit directement, soit par le truchement de com&#233;diens, on se souvient surtout de violences polici&#232;res gratuites. Une f&#233;rocit&#233; dans les gestes &#8211; &#171; &lt;i&gt;Un vieux bonhomme de plus de 70 ans, maigre, les cheveux blancs, se fait tabasser par les CRS parce qu'il ne reculait pas assez vite ; plus tard, il se retrouvera dans ma cellule, incapable de marcher.&lt;/i&gt; &#187; Un d&#233;cha&#238;nement dans les mots &#8211; &#171; &lt;i&gt; Il n'y a plus de cam&#233;ras, ferme ta gueule parce que sinon je vais te saigner comme un cochon&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Mongols&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Connards de gauchistes&lt;/i&gt; &#187;... &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;317 personnes se retrouvent en garde &#224; vue. L'exp&#233;rience, in&#233;dite pour beaucoup, est brutale. Une personne est menott&#233;e, rapporte une manifestante, et les policiers &#171; &lt;i&gt;s'amusent&lt;/i&gt; &#187; &#224; lui tordre les poignets. Dans un panier &#224; salade, se rappelle un autre protestataire, &#171; &lt;i&gt; un camarade&lt;/i&gt; &#187; se retrouve braqu&#233; avec un fusil mitrailleur &#224; dix centim&#232;tres de sa bouche : &#171; &lt;i&gt;Alors, t'as peur ?&lt;/i&gt; &#187;, rigole le policier. &#171; &lt;i&gt;C'est quoi, ton probl&#232;me avec la COP21 ? Je suis s&#251;r que tu ne sais m&#234;me pas pourquoi t'es l&#224;...&lt;/i&gt; &#187;, balance un autre agent. Au bout de quelques heures de garde &#224; vue, une militante veut contacter un proche et un avocat : trop tard, lui r&#233;pond-on. &#171; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; d'une violence que je n'avais jamais vue et que je n'ai pas envie de revoir&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; tellement fort qu'on a franchement cette peur de se dire qu'ils peuvent nous arr&#234;ter &#224; tout moment&#8230; Que tout est autoris&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L461xH614/-353-c8937.jpg?1782647403' width='461' height='614' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alis&#233; par un collectif issu de la manifestation, le film, d'une dur&#233;e d'une heure, ne s'arr&#234;te pas &#224; ces r&#233;cits poignants. Il propose aussi une analyse de la r&#233;pression en p&#233;riode d'&#233;tat d'urgence et de grands raouts diplomatiques, ces &#171; &lt;i&gt; moments de pouvoir tr&#232;s importants&lt;/i&gt; &#187; o&#249; &#171; &lt;i&gt;on applique &#224; des militants l'arsenal antiterroriste&lt;/i&gt; &#187;, comme l'explique la politologue Vanessa Codaccioni. Et puis, il y a Samir Baaloudj, militant des quartiers populaires, pour rappeler salutairement que dans les coins o&#249; il a grandi, la brutalit&#233; polici&#232;re s'applique depuis longtemps : &#171; &lt;i&gt;Moi, je vis l'&#233;tat d'urgence depuis l'&#226;ge de treize ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;https://les317.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;film 317&lt;/a&gt; est disponible en ligne gratuitement !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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