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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; L'arr&#234;t de la gr&#232;ve n'est pas la fin de la lutte &#187;</title>
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		<dc:date>2022-11-04T15:57:21Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le 13 octobre dernier, alors que la gr&#232;ve s'est &#233;tendue &#224; presque toutes les raffineries de France, les travailleurs d'Esso-ExxonMobil, &#224; Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rh&#244;ne), suspendent leur mouvement. Lionel Arbiol, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical CGT, revient sur ce choix qui, &#224; premi&#232;re vue, semble &#224; contretemps. C'est que face &#224; l'emballement m&#233;diatico-politique, explique-t-il, il &#233;tait urgent de changer de strat&#233;gie. Entretien. La gr&#232;ve presque g&#233;n&#233;rale des raffineries fran&#231;aises est assur&#233;ment un des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no214-novembre-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;214 (novembre 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/raffineries" rel="tag"&gt;raffineries&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/negociations-salariales" rel="tag"&gt;n&#233;gociations salariales&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH113/web_2211_cqfd_essence_fos_-2-ac3bf-e769c.jpg?1782945320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 13 octobre dernier, alors que la gr&#232;ve s'est &#233;tendue &#224; presque toutes les raffineries de France, les travailleurs d'Esso-ExxonMobil, &#224; Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rh&#244;ne), suspendent leur mouvement. Lionel Arbiol, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical CGT, revient sur ce choix qui, &#224; premi&#232;re vue, semble &#224; contretemps. C'est que face &#224; l'emballement m&#233;diatico-politique, explique-t-il, il &#233;tait urgent de changer de strat&#233;gie. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4814 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_2211_cqfd_essence_fos_-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/web_2211_cqfd_essence_fos_-2-8036f.jpg?1782945320' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Mickomix
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a gr&#232;ve presque g&#233;n&#233;rale des raffineries fran&#231;aises est assur&#233;ment un des &#233;v&#233;nements marquants de cette rentr&#233;e sociale. Premier acte : face &#224; la crise inflationniste, les syndicats tentent d'imposer des n&#233;gociations salariales aux directions des entreprises, celles du d&#233;but de l'ann&#233;e &#233;tant d&#233;j&#224; compl&#232;tement obsol&#232;tes. L&#224;-dessus arrive le d&#233;bat public sur les ind&#233;cents superprofits de multinationales si peu promptes au partage. Le cocktail d'indignation est d&#233;tonnant : d&#232;s la fin septembre, plusieurs raffineries se mettent en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beau conna&#238;tre la musique, la suite est particuli&#232;rement violente, entre un gouvernement alternant m&#233;pris paternaliste et menace de r&#233;quisition des gr&#233;vistes ; et cha&#238;nes d'information d&#233;ballant les sempiternelles images de files d'attente, d'embrouilles &#224; la pompe et de micro-trottoirs plaintifs. &#192; Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rh&#244;ne), c'est d&#232;s mars dernier que les syndicats avaient interpell&#233; leur direction afin de rouvrir les n&#233;gociations salariales pour 2022. En face : silence radio. Mi-juin, les syndicats posent un premier ultimatum : des discussions ou la gr&#232;ve. Lionel Arbiol, ancien op&#233;rateur &#224; la raffinerie et d&#233;l&#233;gu&#233; syndical CGT, nous raconte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s plusieurs mois de silence, la direction a finalement accept&#233; de s'asseoir &#224; la table des n&#233;gociations. Que vous a-t-elle propos&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On nous a propos&#233;, non pas de rouvrir les n&#233;gociations salariales de 2022, mais d'avancer &#224; septembre les n&#233;gociations pour 2023, tout en fournissant quelques compensations. Nos revendications &#233;taient claires, et cela n'y r&#233;pondait pas du tout. On avait d&#233;j&#224; fait une semaine de gr&#232;ve fin juin, mais comme nous &#233;tions seuls &#224; Fos, on avait d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter, tout en r&#233;p&#233;tant &#224; la direction que ses propositions unilat&#233;rales ne nous convenaient pas, qu'on ne leur faisait pas confiance et qu'on serait au rendez-vous en septembre ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez tout de m&#234;me accept&#233; de participer aux n&#233;gociations salariales pour 2023 organis&#233;es en septembre...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, mais les quatre syndicats (CFDT, FO, CGT et le syndicat de cadres CFE-CGC) avaient un message commun : on voulait compenser les salaires de 2022 face &#224; l'inflation, augmenter la prime de partage de la valeur&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Instaur&#233;e en ao&#251;t 2022 en remplacement de la prime exceptionnelle de pouvoir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et pr&#233;voir 2023 sur la base de l'&#233;volution de l'inflation. Cela n'a pas dur&#233; longtemps et on est tous sortis avec le m&#234;me constat : alors que l'entreprise fait du pognon &#224; pas savoir quoi en faire, annonce un chiffre d'affaires historique, le pouvoir d'achat diminue et la direction refuse nos demandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste apr&#232;s cette r&#233;union, un premier mouvement de gr&#232;ve est lanc&#233; le 20 septembre sur le site ExxonMobil de Port-J&#233;r&#244;me-sur-Seine (Seine-Maritime). Nous les avons rejoints d&#232;s le lendemain. Cette gr&#232;ve &#233;tait in&#233;dite pour deux raisons : c'&#233;tait la premi&#232;re fois que les deux sites ExxonMobil de France &#233;taient en gr&#232;ve en m&#234;me temps, et aussi la premi&#232;re fois que les quatre syndicats se d&#233;claraient non signataires des n&#233;gociations salariales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; ce moment-l&#224; que d'autres raffineries ont rejoint le mouvement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 27 septembre ont eu lieu les n&#233;gociations salariales de branche, organis&#233;es par l'Union fran&#231;aise des industries p&#233;troli&#232;res (Ufip). Les entreprises voulaient vraiment trouver un accord pour &#233;viter que d'autres entrent en gr&#232;ve. Mais les propositions n'&#233;taient pas &#224; la hauteur et leur message &#233;tait clair : si on refusait, ils nous proposeraient encore moins ! Le chantage fait partie de leur vision du dialogue social. La gr&#232;ve s'est progressivement &#233;tendue &#224; d'autres sites. Dans les semaines qui ont suivi, six des sept raffineries de France m&#233;tropolitaine en activit&#233; se mettaient &#224; l'arr&#234;t, auxquelles s'ajoute l'ancienne raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) qui fait aujourd'hui office de d&#233;p&#244;t de carburant.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Le chantage fait partie de leur vision du dialogue social... &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'&#201;tat, d'un c&#244;t&#233; il a tent&#233; de se rassurer comme il pouvait alors que c'&#233;tait le d&#233;but des probl&#232;mes d'approvisionnement et que tout le monde commen&#231;ait &#224; gal&#233;rer, nous y compris. De l'autre, le gouvernement a commenc&#233; &#224; interpeller les entreprises pour trouver une issue. La direction nous r&#233;invite donc d&#233;but octobre pour nous faire une nouvelle proposition. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement de gr&#232;ve s'&#233;tend et les n&#233;gociations reprennent&#8230; Le rapport de force porte ses fruits ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au-del&#224; de l'effet d'annonce, dans les faits les entreprises proposaient une augmentation qui aurait favoris&#233; les cadres au d&#233;triment des bas salaires. C'&#233;tait leur mani&#232;re d'essayer d'obtenir la signature de la CFE-CGC. On a appris apr&#232;s coup que la CGC s'&#233;tait fait taper sur les doigts par la direction et que la CFDT avait re&#231;u des pressions d'en haut. En c&#233;dant, ils ont permis &#224; la direction d'obtenir un accord majoritaire l&#233;galement valable, mais qui ne correspondait pas aux attentes du personnel gr&#233;viste. De nombreux travailleurs se sont sentis trahis et la plupart ont continu&#233; la gr&#232;ve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est l&#224; que le conflit devient majeur...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; ce moment-l&#224;, la Premi&#232;re ministre &#201;lisabeth Borne commence &#224; parler de r&#233;quisitionner les gr&#233;vistes. C'&#233;tait un appel &#224; la guerre : le droit de gr&#232;ve est inscrit dans la Constitution ! Il n'y a pas eu de r&#233;quisitions &#224; Fos, on est trop petits, mais plusieurs en Normandie, dans les raffineries dont d&#233;pendent Paris et les a&#233;roports. L'emballement m&#233;diatique a &#233;t&#233; pire que d'habitude. M&#233;dias et politiques parlaient de moins en moins de nos revendications et de plus en plus des questions juridiques autour des r&#233;quisitions et des cons&#233;quences des p&#233;nuries. Or, nous, on s'en foutait des r&#233;quisitions, on &#233;tait l&#224; pour parler superprofits, augmentation des salaires et inflation ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 13 octobre, alors que d'autres sites sont toujours en gr&#232;ve, vous d&#233;cidez d'arr&#234;ter. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entre le tapage m&#233;diatique, des propos d&#233;natur&#233;s et des mensonges &#233;hont&#233;s, on passait notre temps &#224; &#233;viter la r&#233;cup&#233;ration politique et &#224; tenter de rectifier le discours m&#233;diatique. Nos revendications n'existaient plus. Apr&#232;s 23 jours de gr&#232;ve, les travailleurs ont pr&#233;f&#233;r&#233; sortir de la gr&#232;ve pour continuer les n&#233;gociations en interne. On ne s'est pas arr&#234;t&#233;s parce qu'on &#233;tait satisfaits : c'&#233;tait un choix strat&#233;gique. L'arr&#234;t de la gr&#232;ve n'est pas la fin de la lutte. Except&#233; &#224; Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime) et &#224; Feyzin (Rh&#244;ne), les autres raffineries ont fait de m&#234;me, et pour les m&#234;mes raisons, dans les semaines qui ont suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas obtenu ce qu'on voulait, mais aujourd'hui [24 octobre] la raffinerie n'a pas encore red&#233;marr&#233;. Sous-effectifs, absence d'investissements, manque de moyens&#8230; Des sites industriels comme celui-ci ne tiennent que gr&#226;ce aux efforts des travailleurs. Apr&#232;s cette gr&#232;ve, les esprits sont devenus vindicatifs et on ne sera plus forc&#233;ment l&#224; &#224; bricoler au quotidien pour compenser les lacunes r&#233;sultant des choix de la direction. La conflictualit&#233; sociale va in&#233;vitablement empirer, et pas que sur notre site. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vous voyez votre combat &#224; plus long terme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On sait tr&#232;s bien que le secteur p&#233;trolier n'a pas vraiment d'avenir et qu'il faudra se r&#233;orienter. On subit &#224; la fois une ins&#233;curit&#233; au pr&#233;sent en termes de salaires, de s&#233;curit&#233; et de sant&#233;, et une ins&#233;curit&#233; par rapport &#224; la p&#233;rennit&#233; du site et des emplois. Comment imaginer se projeter quand le pr&#233;sent lui-m&#234;me se d&#233;labre ? On fait face &#224; l'indiff&#233;rence d'un patronat avide de superprofits, &#224; un gouvernement m&#233;prisant et &#224; des m&#233;dias d&#233;connect&#233;s de nos r&#233;alit&#233;s. Le mouvement continue d'une autre mani&#232;re. Il y aura un avant et un apr&#232;s cet &#233;pisode de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, on est fiers d'avoir pu participer &#224; d&#233;clencher un mouvement de gr&#232;ve qui d&#233;passe le secteur p&#233;trolier, tout en mettant en avant l'absence de partage des richesses et les superprofits. M&#234;me si on n'a pas les m&#234;mes revendications et les m&#234;mes passifs au sein des diff&#233;rentes entreprises, on est en contact avec d'autres secteurs toujours en gr&#232;ve. Notre objectif : aboutir &#224; des manifestations interprofessionnelles d'ampleur sur la question des salaires. Rendez-vous le 10 novembre dans la rue ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Instaur&#233;e en ao&#251;t 2022 en remplacement de la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat (Pepa), la prime de partage de la valeur (PPV) est une prime facultative vers&#233;e par les entreprises aux salari&#233;s et exon&#233;r&#233;e de cotisations sociales (et d'imp&#244;t sur le revenu pour les salari&#233;s gagnant jusqu'&#224; trois fois le Smic). Son montant net est de 3 000 euros maximum pour 2023 et 2024 (6 000 euros dans certains cas tr&#232;s sp&#233;cifiques).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Nettoyage &#224; sec pour les salari&#233;es d'Onet</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Nettoyage-a-sec-pour-les-salariees</link>
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		<dc:date>2020-12-10T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Camille La Force N&#233;e</dc:subject>
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		<dc:subject>salari&#233;es d'Onet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, les femmes de m&#233;nage de l'h&#244;pital de Valenciennes se sont mises en gr&#232;ve. Dans leur viseur, le montant d&#233;risoire de la prime &#171; Covid &#187; promise par Onet, l'entreprise qui les emploie pour le compte de l'&#233;tablissement public. Cinq mois apr&#232;s leur mobilisation, &#224; quoi ressemble leur quotidien ? &#171; Nos vies valent 150 &#8364; &#187;. Accroch&#233;e &#224; la rubalise entre deux arbres, au beau milieu d'un parterre de rhododendron, la banderole a attir&#233; les cam&#233;ras et les micros des m&#233;dias. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no193-decembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;193 (d&#233;cembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camille-La-Force-Nee" rel="tag"&gt;Camille La Force N&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Melanie-Dinato" rel="tag"&gt;M&#233;lanie Dinato&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Valenciennes" rel="tag"&gt;Valenciennes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Severine-Ladriere" rel="tag"&gt;S&#233;verine Ladri&#232;re&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, les femmes de m&#233;nage de l'h&#244;pital de Valenciennes se sont mises en gr&#232;ve. Dans leur viseur, le montant d&#233;risoire de la prime &#171; Covid &#187; promise par Onet, l'entreprise qui les emploie pour le compte de l'&#233;tablissement public. Cinq mois apr&#232;s leur mobilisation, &#224; quoi ressemble leur quotidien ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3505 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1661.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH371/-1661-3b81e.jpg?1783189223' width='500' height='371' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par La Force N&#233;e
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nos vies valent 150 &#8364;&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Accroch&#233;e &#224; la rubalise entre deux arbres, au beau milieu d'un parterre de rhododendron, la banderole a attir&#233; les cam&#233;ras et les micros des m&#233;dias. La sc&#232;ne se passe fin juin, devant l'h&#244;pital de Valenciennes (Nord). Autour du calicot, des dizaines de femmes, quelques hommes ; des chasubles &#171; CGT &#187; et des chariots de nettoyage sigl&#233;s &#171; Onet &#187; : un piquet de gr&#232;ve tenu par les salari&#233;es charg&#233;es du nettoyage du centre hospitalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Valenciennes comme dans beaucoup d'h&#244;pitaux de France, ce ne sont plus les ASH, ces &#171; agents de service hospitalier &#187; de la fonction publique, qui font la majeure partie du m&#233;nage, mais les employ&#233;es d'une entreprise priv&#233;e. Et &#224; Valenciennes, comme dans beaucoup d'h&#244;pitaux de France, c'est Onet qui a remport&#233; le march&#233;. Si le nom de l'entreprise est si souvent cit&#233; dans la presse, ce n'est pas pour sa qualit&#233; de leader du secteur de la propret&#233;, mais plut&#244;t parce que chez Onet, les gr&#232;ves se suivent et se ressemblent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars dernier, ce sont les personnes en charge du nettoyage du CHU de Nantes qui ont d&#233;bray&#233;. En octobre, c'&#233;taient les nettoyeurs et nettoyeuses des cha&#238;nes de production d'Airbus &#224; Toulouse. Quant aux femmes de m&#233;nage de l'h&#244;tel parisien Ibis Batignolles, en gr&#232;ve depuis juillet 2019, elles n'ont toujours pas repris le travail &#224; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Valenciennes comme ailleurs donc, si les salari&#233;es d'Onet se sont mobilis&#233;es, c'est avant tout pour d&#233;fendre leur droit au respect.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un z&#233;ro de moins&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au centre hospitalier, en cette fin juin, c'est la d&#233;crue : la premi&#232;re vague de l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19 est pass&#233;e et l'heure est aux comptes. Pour le personnel soignant, la prime a &#233;t&#233; fix&#233;e &#224; 1 500 &#8364;. Pour les employ&#233;es d'Onet, une rallonge est &#233;galement pr&#233;vue. Mais avec un z&#233;ro de moins : 150 &#8364; donc qui, cinq mois apr&#232;s, ne passent toujours pas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Comme tout le monde, on n'a pas l&#233;sin&#233; sur nos heures, on a recul&#233; nos cong&#233;s, etc. Alors quand la direction d'Onet nous a dit qu'on allait recevoir cette somme, pour nous c'&#233;tait vraiment la prime de la honte.&lt;/i&gt; &#187; Au t&#233;l&#233;phone, M&#233;lanie Dinato, salari&#233;e de l'entreprise et d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale CGT, revient sur ces sept jours pendant lesquels 98 % des salari&#233;es en CDI ont d&#233;bray&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les femmes de m&#233;nage de l'h&#244;pital de Valenciennes salari&#233;es d'Onet en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;On y &#233;tait d&#232;s 5 heures du matin, quand on n'y dormait pas. Devant la direction de l'h&#244;pital et devant celle d'Onet-Valenciennes aussi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au premier &lt;i&gt;round&lt;/i&gt; des n&#233;gociations avec l'entreprise, les choses ne se sont pas pass&#233;es comme esp&#233;r&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je suis entr&#233;e dans le bureau et le directeur d'Onet m'a dit : &#8220;On a quelque chose pour vous, vous n'allez pas en croire vos yeux&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&#8221; R&#233;sultat des courses : on nous a sorti un Pass' piscine et un bon essence de 30 &#8364;.&lt;/i&gt; &#187; Autant dire que les chariots de M&#233;lanie Dinato et de ses coll&#232;gues n'ont pas recommenc&#233; &#224; arpenter les couloirs de l'h&#244;pital l'apr&#232;s-midi m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes ont finalement arrach&#233; de haute lutte 400 &#8364;, assortis de 100 &#8364; suppl&#233;mentaires vers&#233;s en trois fois. D'apr&#232;s M&#233;lanie Dinato, &#171; &lt;i&gt;ces 100 &#8364;, c'&#233;tait seulement si on ne bougeait pas, si on ne faisait plus gr&#232;ve&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contact&#233;e, l'entreprise Onet n'a pas donn&#233; suite &#224; nos nombreuses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Manque de moyens humains&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour des nanas comme nous, beaucoup de mamans c&#233;libataires avec des petits salaires, sept jours de gr&#232;ve, c'est bal&#232;ze&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, s'enthousiasme la syndicaliste avec fiert&#233;. Avant de temp&#233;rer : &#171; &lt;i&gt;Mais dans le porte-monnaie, &#231;a n'a pas chang&#233; grand-chose : les jours de gr&#232;ve n'ont pas &#233;t&#233; pay&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; la reconnaissance et au confort de travail, ni l'une ni l'autre ne semblent avoir progress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans compter que d&#233;but novembre, les cadences se sont &#224; nouveau emball&#233;es : &#171; &lt;i&gt;On accueille de plus en plus de malades du Covid et ces chambres-l&#224; demandent plus de temps pour &#234;tre nettoy&#233;es : on les fait en trois fois, avec des produits diff&#233;rents et avec un temps de s&#233;chage. Il faudrait une heure et demie par chambre pour respecter le protocole sans stresser. Nous, on nous demande de boucler &#231;a en une heure.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les salari&#233;&#183;es de la fonction publique hospitali&#232;re r&#233;clament &#233;galement plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Et les choses pourraient encore empirer : &#171; &lt;i&gt;Si demain une des salari&#233;es en CDI &#224; 35 heures s'en va, on proposera &#224; celle qui la remplace un contrat &#224; 28 ou 30 heures&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce M&#233;lanie Dinato, en insistant sur le fait que plus de la moiti&#233; de l'&#233;quipe est compos&#233;e de salari&#233;es en CDD &#224; temps partiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de ces travailleuses&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les personnes charg&#233;es du nettoyage de l'h&#244;pital sont tr&#232;s majoritairement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, &#201;mile Vendeville ne la conna&#238;t que trop bien. Secr&#233;taire de l'union locale CGT de Valenciennes, il faisait d&#233;j&#224; partie du monde syndical en 2011, quand l'h&#244;pital a d&#233;cid&#233; d'externaliser les t&#226;ches de nettoyage des chambres. &#171; &lt;i&gt;Lorsqu'on fait appel &#224; la sous-traitance, c'est la loi du march&#233; qui prend le relais. Les contrats sont rafl&#233;s par le moins-disant, donc les entreprises pressurisent et rabotent tout ce qu'elles peuvent. L'&#233;conomie effectu&#233;e par le donneur d'ordres, ici l'h&#244;pital public, est r&#233;alis&#233;e sur le dos des salari&#233;es : si une chambre peut &#234;tre faite en 15 minutes, alors c'est qu'elle peut &#234;tre faite en 12.&lt;/i&gt; &#187; Le syndicaliste poursuit : &#171; &lt;i&gt;C'est pour cette raison qu'Onet a refus&#233; aux salari&#233;es de Valenciennes la reconnaissance de &#8220;travail en milieu sensible&#8221; qu'elles revendiquent depuis longtemps : &#231;a aurait un peu augment&#233; les salaires et Onet n'aurait plus &#233;t&#233; aussi concurrentielle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gants trop grands et mise en danger&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode de crise sanitaire, la reconnaissance des risques auxquels ces travailleuses sont expos&#233;es prendrait pourtant tout son sens. &#201;galement salari&#233;e d'Onet, et secr&#233;taire du CSE&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; social et &#233;conomique d'une entreprise.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, S&#233;verine Ladri&#232;re arpente chaque jour, d&#232;s 5 heures du matin, le hall et les couloirs de l'h&#244;pital de Valenciennes, juch&#233;e sur sa machine autolaveuse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je nettoie partout o&#249; passe le Covid.&lt;/i&gt; &#187; Pour elle, la plupart des journ&#233;es de travail commencent par un combat : &#171; &lt;i&gt;C'est rare que j'arrive le matin et qu'il y ait tout ce qu'il faut. Une fois ce sont des gants qui manquent ou qui ne sont pas &#224; la bonne taille, la fois d'apr&#232;s c'est un produit qui n'est pas l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; S&#233;verine Ladri&#232;re relate aussi que si les femmes de m&#233;nage charg&#233;es des chambres &#233;taient correctement &#233;quip&#233;es au d&#233;but de la crise sanitaire, celles qui s'occupent des bureaux des cadres et des secr&#233;taires ont d&#251; batailler pour obtenir des masques : &#171; &lt;i&gt;Onet nous disait que ce n'&#233;tait pas n&#233;cessaire. &#199;a a dur&#233; parce que l'entreprise et l'h&#244;pital se renvoyaient la balle pour savoir qui devait fournir le mat&#233;riel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre d&#233;faillance du syst&#232;me de sous-traitance sur laquelle la crise sanitaire a mis un coup de projecteur : la transmission des informations. Entre le donneur d'ordres et l'entreprise, le canal semble parfois brouill&#233;. &#171; &lt;i&gt;Il y a quelques jours, une de mes coll&#232;gues &#233;tait sur le point de nettoyer un bureau infect&#233; sans le savoir, &lt;/i&gt;raconte S&#233;verine Ladri&#232;re. &lt;i&gt;Heureusement, la secr&#233;taire d'en face l'a arr&#234;t&#233;e en lui disant de ne pas entrer sans protections compl&#232;tes parce que la personne qui occupait le bureau n'&#233;tait pas l&#224; : elle avait attrap&#233; le Covid. Tout le monde &#233;tait au courant sauf nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un caillou dans la chaussure d'Onet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En revanche, s'il y a une ligne sur laquelle le courant passe, c'est bien celle qui relie les employ&#233;es d'Onet : &#171; &lt;i&gt;Cette gr&#232;ve n'a pas chang&#233; le fond des choses, mais elle nous a permis de cr&#233;er de la solidarit&#233; avec des salari&#233;es d'Onet dans d'autres h&#244;pitaux qui &#233;taient en gr&#232;ve pour les m&#234;mes raisons. Avec les filles de Montpellier par exemple, on s'appelait pour se dire ce que chacune avait obtenu et on demandait les m&#234;mes avantages.&lt;/i&gt; &#187; S&#233;verine Ladri&#232;re conclut : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me entre nous &#231;a a cr&#233;&#233; des liens : comme certaines commencent &#224; 5 heures tandis que d'autres finissent tard le soir, avant la gr&#232;ve on ne se connaissait pas toutes. Aujourd'hui, c'est bien diff&#233;rent...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/les-femmes-de-menage-de-l-hopital-de-valenciennes-salariees-d-onet-en-greve-contre-la-prime-covid-de-1593440003&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les femmes de m&#233;nage de l'h&#244;pital de Valenciennes salari&#233;es d'Onet en gr&#232;ve contre la prime Covid de 150 euros&lt;/a&gt; &#187;, site de France Bleu, 29/06/2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contact&#233;e, l'entreprise Onet n'a pas donn&#233; suite &#224; nos nombreuses sollicitations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les salari&#233;&#183;es de la fonction publique hospitali&#232;re r&#233;clament &#233;galement plus de moyens humains.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les personnes charg&#233;es du nettoyage de l'h&#244;pital sont tr&#232;s majoritairement des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comit&#233; social et &#233;conomique d'une entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tous ensemble, tous ensemble, gr&#232;ve des loyers !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise sanitaire, il y a eu des millions de licenciements aux &#201;tats-Unis. Face &#224; la pr&#233;carisation extr&#234;me de nombreux habitants, les appels &#224; la gr&#232;ve des loyers se multiplient. Des initiatives bienvenues, dans des villes o&#249; la gentrification progresse tandis que beaucoup de logements sont insalubres. En cette fin avril aux &#201;tats-Unis, il y a foule de propri&#233;taires inquiets : leur locataire versera-t-il son loyer d&#233;but mai ? Depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais" rel="tag"&gt;Mais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise sanitaire, il y a eu des millions de licenciements aux &#201;tats-Unis. Face &#224; la pr&#233;carisation extr&#234;me de nombreux habitants, les appels &#224; la gr&#232;ve des loyers se multiplient. Des initiatives bienvenues, dans des villes o&#249; la gentrification progresse tandis que beaucoup de logements sont insalubres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3332 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH326/-1525-55e8b.jpg?1782744718' width='500' height='326' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En cette fin avril aux &#201;tats-Unis, il y a foule de propri&#233;taires inquiets : leur locataire versera-t-il son loyer d&#233;but mai ? Depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie de coronavirus, de nombreux appels &#224; une gr&#232;ve des loyers circulent sur internet, sous le mot d'ordre &lt;i&gt;#RentStrike2020&lt;/i&gt;. Ils suscitent une importante sympathie en ligne : une p&#233;tition demandant le gel des loyers, des cr&#233;dits immobiliers et des factures domestiques courantes a recueilli pr&#232;s de 1,8 million de signatures. Le mouvement fait &#233;galement flor&#232;s dans les rues, o&#249; de nombreux habitants ont &#233;tendu un drap blanc &#224; leur fen&#234;tre en signe de soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de personnes passeront de l'intention &#224; l'acte ? Impossible de le dire, mais la participation &#224; cette gr&#232;ve pourrait bien &#234;tre massive, tout simplement parce qu'&#224; cause du ralentissement &#233;conomique caus&#233; par la crise sanitaire, des millions de travailleurs ont perdu leur emploi. Ils ne peuvent donc plus payer leur loyer. Cons&#233;quence plut&#244;t r&#233;jouissante : des associations ou des collectifs cr&#233;&#233;s &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; s'organisent pour annuler ce versement et survivre socialement et &#233;conomiquement &#224; la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Damn ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre-Atlantique, la question du mal-logement et du prix &#233;lev&#233; des locations ne date pas d'hier. Alors que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est &#233;rig&#233;e en valeur cardinale, les locataires ne b&#233;n&#233;ficient que de peu d'aides financi&#232;res de la part du gouvernement f&#233;d&#233;ral. Le parc locatif priv&#233;, aux mains de multimilliardaires dans les plus grandes villes, se distingue r&#233;guli&#232;rement par les mauvaises conditions dans lesquelles il accueille ses habitants. Sans surprise, dans les villes-monde, o&#249; la sp&#233;culation immobili&#232;re fait sa loi, les logements sont hors de prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; New York, le Brooklyn Anti-Gentrification Network (BAN), un collectif principalement compos&#233; de personnes racis&#233;es, lutte contre l'expulsion des habitants les plus pauvres dans le quartier de Brooklyn. Lors de ses manifestations, il ne manque pas de rappeler ce constat : &#171; &lt;i&gt;Once I've paid my rent, damn&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;All my money's spent&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;(&#171; Une fois pay&#233; mon loyer, bordel ! / J'ai plus un rond &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des luttes en h&#233;ritage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne est m&#233;connu, mais le concept de gr&#232;ve des loyers s'inscrit dans le temps long de l'histoire am&#233;ricaine. Au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on peut noter deux vagues importantes : la premi&#232;re, dans les ann&#233;es 1930 &#233;tait en partie li&#233;e aux cons&#233;quences de la Grande D&#233;pression ; la seconde, dans les ann&#233;es 1960, a largement d&#233;bord&#233; les fronti&#232;res des &#201;tats-Unis. Mais qu'on ne n'y trompe pas : &#224; l'exception de quelques mouvements sp&#233;cifiques, toutes ces gr&#232;ves visaient principalement &#224; am&#233;liorer les conditions de l'habitat. Des groupements de locataires d&#233;cidaient ensemble de ne pas payer leur loyer pour faire pression sur le propri&#233;taire &#8211; afin qu'il fasse des travaux, assainisse les espaces ou baisse les tarifs. Dans les ann&#233;es 1930, les autorit&#233;s avaient m&#234;me fini par consid&#233;rer qu'il s'agissait d'un moyen d'action l&#233;gitime dans les cas de mal-logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement actuel est diff&#233;rent : cette fois-ci, il s'agit purement et simplement de faire annuler les versements &#8211; pendant et &#233;ventuellement apr&#232;s la crise. La gr&#232;ve des loyers n'est donc plus seulement un moyen de pression : elle est elle-m&#234;me sa propre fin. &#171; &lt;i&gt;D'ordinaire, une telle gr&#232;ve signifie que vous pouvez payer, mais que vous choisissez de ne pas le faire pour obtenir quelque chose de la part de votre propri&#233;taire. C'est une tactique de n&#233;gociation,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Rob Wohl, militant de la campagne Stomp Out Slumlords (&#171; Virons les marchands de sommeil &#187;), une &#233;manation du parti des Socialistes d&#233;mocrates d'Am&#233;rique (DSA) &#224; Washington. &lt;i&gt;Aujourd'hui, les propri&#233;taires savent tr&#232;s bien que leurs locataires ne peuvent pas payer, donc ils essaient de leur faire signer des papiers pour &#233;chelonner ou retarder les paiements. On encourage les locataires &#224; ne rien signer de la sorte. M&#234;me dans le contexte du confinement, ils ont le pouvoir de renverser le rapport de force avec leur propri&#233;taire : certes ils d&#233;pendent de lui pour leur logement, mais lui aussi est d&#233;pendant de leurs loyers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Qui veut avoir affaire &#224; son propri&#233;taire en ce moment ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines, de nombreux &#201;tats du pays ont mis en place des moratoires interdisant les expulsions pendant la pand&#233;mie. Cette suspension des &#233;victions, &#233;galement d&#233;cid&#233;e par l'Espagne sous la pression des associations de locataires et par le Portugal (o&#249; plusieurs municipalit&#233;s ont par ailleurs suspendu les loyers des logements sociaux), permet de soulager les foyers affect&#233;s par la crise actuelle. Mais elle ne fait que retarder le probl&#232;me : &#224; la fin du moratoire, il faudra bien payer les arri&#233;r&#233;s, sous peine de se retrouver &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela inqui&#232;te et &#233;nerve Corine, une habitante du Bronx, le quartier le plus pauvre de New York. Cette quadrag&#233;naire, coiffeuse ind&#233;pendante, vit aux &#201;tats-Unis depuis plus de quinze ans. Dans son immeuble, les locataires ont d&#233;j&#224; d&#251; s'organiser collectivement pour lutter contre les expulsions, mais aussi les abus, le racisme et le harc&#232;lement du propri&#233;taire et de ses sbires. Avant m&#234;me la crise sanitaire, plusieurs habitants avaient engag&#233; un contentieux pour forcer le &lt;i&gt;landlord&lt;/i&gt; &#224; effectuer les r&#233;parations n&#233;cessaires dans le b&#226;timent, d&#233;grad&#233; : &#171; &lt;i&gt;Le proc&#232;s devait commencer en juin, mais avec la pand&#233;mie les tribunaux sont arr&#234;t&#233;s. L'audience va &#234;tre repouss&#233;e &#224; cet &#233;t&#233;, ou &#224; septembre&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Corine. Avant d'en venir au probl&#232;me des loyers : &#171; &lt;i&gt;Le gouverneur de New York nous a donn&#233; &#8220;90 jours&#8221;, c'est-&#224;-dire trois mois pendant lesquels le propri&#233;taire ne peut pas nous expulser. Mais &#231;a veut dire aussi que d&#232;s le mois de juillet, si on n'a pas pay&#233;, il pourra nous tra&#238;ner au tribunal.&lt;/i&gt; &#187; un bel &#233;t&#233; en perspective : &#171; &lt;i&gt;En plus, comme la hausse des loyers est d&#233;cid&#233;e en juin, on va se retrouver &#224; devoir payer encore plus d'argent pour continuer &#224; vivre dans de mauvaises conditions. En ce moment on n'a pas de chauffage, et il fait encore froid. Dans cet immeuble, on est en train d'essayer de se coordonner. Mais c'est pas facile. Et les locataires ont peur : qui veut avoir affaire &#224; son propri&#233;taire en ce moment&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Personne&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ne pas payer son loyer par solidarit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'engouement de ces derni&#232;res ann&#233;es autour de la question du logement autorise toutefois un peu d'espoir : le nombre d'associations de locataires, sous la forme de &lt;i&gt;councils&lt;/i&gt; (conseils) ou d'&lt;i&gt;unions &lt;/i&gt;(syndicats) &#8211; la plupart du temps autonomes vis-&#224;-vis des grandes organisations politiques &#8211; a augment&#233; dans le sillage de la campagne de Bernie Sanders pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2016. Les victoires remport&#233;es par le L. A. Tenants Union, le syndicat de locataires de Los Angeles, ont largement contribu&#233; &#224; cette dynamique &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour une gr&#232;ve permanente des loyers &#187;, Jefklak.org (31/01/2020).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La d&#233;gradation massive des conditions de logement, notamment apr&#232;s la crise financi&#232;re de 2008 et le scandale des saisies immobili&#232;res qu'elle a entra&#238;n&#233;, a bien s&#251;r nourri cette mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, les &#233;chos qui nous parviennent de Washington sont encourageants : des locataires s'organisent en masse, parfois dans des complexes immobiliers regroupant plusieurs milliers de personnes. &#192; Oakland, pr&#232;s de San Francisco, les responsables des associations indiquent qu'ils ont vu le nombre de membres grimper en fl&#232;che au cours des derniers mois. Les appels &#224; l'annulation des loyers sont relay&#233;s par de grosses coalitions d'associations de locataires et des parlementaires de la gauche du Parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans plusieurs cas, des locataires en capacit&#233; de payer acceptent de participer &#224; la gr&#232;ve en solidarit&#233; avec leurs voisins. Et le plus souvent, dans le contexte de la crise, les mobilisations autour du logement sont aussi un important lieu d'entraide et de solidarit&#233; : on ne se croise pas en r&#233;union uniquement pour parler loyer, mais aussi pour &#233;changer des masques, proposer de faire des courses ou maintenir des liens de sociabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; de la r&#233;ussite de ce mouvement ? La circulation de l'information. Sur le campus de Columbia, haut-lieu de la mobilisation &#224; New York &lt;i&gt;(lire ci-dessous)&lt;/i&gt;, on apprend sur le tas. &#171; &lt;i&gt;Aucun d'entre nous n'avait vraiment d'exp&#233;rience sur les questions de logement ou les mobilisations de locataires,&lt;/i&gt; confie Lexie Cook, une doctorante impliqu&#233;e dans le mouvement.&lt;i&gt; Mais en ce moment, il y a une tonne de formations en ligne, de brochures propos&#233;es par les organisations, de groupes de discussion. On essaie de suivre tout cela du mieux qu'on peut.&lt;/i&gt; &#187; Corine, la coiffeuse du Bronx qui a elle aussi d&#251; apprendre &#224; se d&#233;fendre aupr&#232;s d'associations, insiste sur cette n&#233;cessit&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est un combat de tous les jours. &#199;a prend beaucoup de temps, mais on n'a pas le choix si on ne veut pas se retrouver dehors, parce que l'information ne circule pas. Si tu ne connais pas tes droits, ici, t'es mort. C'est ce que r&#233;sume une expression tr&#232;s simple : &lt;/i&gt;knowledge is power. &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que l'on peut traduire par &#171; le savoir est une arme &#187;.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; l'universit&#233; : &#171; Nous avons ajout&#233; une gr&#232;ve des enseignements &#224; la gr&#232;ve des loyers &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; New York, l'universit&#233; de Columbia est l'un des plus gros propri&#233;taires fonciers de la ville &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Time To Evict The Landlord University &#187;, TheFileMag.org (26/03/2020).&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Cons&#233;quence ? La facult&#233; est &#224; la fois l'employeur et le propri&#233;taire d'une bonne partie du personnel (charg&#233;s de cours, &#233;tudiants en th&#232;se, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la pand&#233;mie, la direction de l'universit&#233; a invit&#233; tous les r&#233;sidents du campus &#224; quitter leur logement, sous pr&#233;texte d'urgence sanitaire. Ce faisant, elle a mis un grand nombre d'&#233;tudiants dans des situations intenables. &#171; &lt;i&gt;Ils n'ont jamais clairement expuls&#233; les &#233;tudiants, &lt;/i&gt;explique une doctorante mobilis&#233;e, &lt;i&gt;mais ils leur ont mis suffisamment de pression pour les faire partir. Et ce au beau milieu d'un confinement g&#233;n&#233;ral de la population. Ils ont pr&#233;tendu que tous avaient un autre endroit o&#249; aller, alors que ce n'est pas le cas. En plus de cela, l'universit&#233; a menac&#233; de mettre un terme au contrat de travail de certains charg&#233;s de cours pr&#233;caires qui avaient du mal &#224; payer leur loyer. Cela signifie qu'ils perdraient leur emploi, leur assurance maladie, et devraient en plus payer des frais d'inscription exorbitants pour terminer leur th&#232;se&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La riposte ne s'est pas fait attendre : &#171; &lt;i&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; d'ajouter une gr&#232;ve des enseignements &#224; la gr&#232;ve des loyers. L'id&#233;e de la mobilisation, c'est aussi de coordonner la gr&#232;ve des loyers sur le campus avec les appels &#224; la gr&#232;ve de loyers qui circulent en ce moment ailleurs &#224; New York.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Pour une gr&#232;ve permanente des loyers &#187;,&lt;i&gt; Jefklak.org&lt;/i&gt; (31/01/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Que l'on peut traduire par &#171; le savoir est une arme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Time To Evict The Landlord University &#187;, &lt;i&gt;TheFileMag.org &lt;/i&gt;(26/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Le moment est arriv&#233;... &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-moment-est-arrive</link>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de d&#233;cembre 1995 ont fait plier le gouvernement, dit-on. Le plan Jupp&#233; cherchait &#224; imposer l'alignement du r&#233;gime des retraites de la fonction publique sur celui du priv&#233;, une cure d'aust&#233;rit&#233; &#224; la SNCF et une remise en cause de la gestion paritaire de la S&#233;cu... Une &#171; contre-r&#233;forme &#187; brutale qui annon&#231;ait d&#233;j&#224; le nivellement par le bas des r&#233;gimes sp&#233;ciaux et la voie de la capitalisation des retraites et des soins au d&#233;triment du syst&#232;me de r&#233;partition. Toute ressemblance avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Juppe" rel="tag"&gt;Jupp&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de d&#233;cembre 1995 ont fait plier le gouvernement, dit-on. Le plan Jupp&#233; cherchait &#224; imposer l'alignement du r&#233;gime des retraites de la fonction publique sur celui du priv&#233;, une cure d'aust&#233;rit&#233; &#224; la SNCF et une remise en cause de la gestion paritaire de la S&#233;cu... Une &#171; contre-r&#233;forme &#187; brutale qui annon&#231;ait d&#233;j&#224; le nivellement par le bas des r&#233;gimes sp&#233;ciaux et la voie de la capitalisation des retraites et des soins au d&#233;triment du syst&#232;me de r&#233;partition. Toute ressemblance avec des situations existantes ne saurait &#234;tre fortuite...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L491xH400/-1447-e44c6.jpg?1782646830' width='491' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Popeulz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e moment est arriv&#233;&#8230; S'il nous &#233;chappe, nous ne le retrouverons pas de sit&#244;t. (Placard anonyme relev&#233; sur les murs de Toulon le 23 mars 1789)&lt;/i&gt; &#187;. Sans autre forme d'explication, le myst&#233;rieux tract format A5 est distribu&#233; &#224; la vol&#233;e durant la manif anti-Jupp&#233; du mardi 5 d&#233;cembre 1995 &#224; Montpellier. La r&#233;f&#233;rence &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise rencontre un franc succ&#232;s aupr&#232;s des manifestants. 1789, &#231;a parle encore &#224; beaucoup de monde : Libert&#233;, &#201;galit&#233;, Fraternit&#233;, abolition des privil&#232;ges&#8230; tout cela garde un parfum d'inachev&#233;. Il faut dire qu'en 1995, le gouvernement des poss&#233;dants et ses m&#233;dias avaient d&#233;j&#224; recours &#224; un tour de passe-passe s&#233;mantique visant &#224; faire croire que les &#171; privil&#233;gi&#233;s &#187; se trouvaient du c&#244;t&#233; des b&#233;n&#233;ficiaires des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un autre usage de la vie... &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de 1995 ont incontestablement marqu&#233; la renaissance du mouvement social, apr&#232;s plus d'une d&#233;cennie d'an&#233;mie li&#233;e &#224; l'hypnose de l'&#232;re mitterrandienne et &#224; l'emprise du n&#233;olib&#233;ralisme. Sous la pression de leur base, les syndicats partent presque tous (la CFDT se &lt;i&gt;distingue&lt;/i&gt; en soutenant la &#171; r&#233;forme &#187; de la S&#233;cu) en ordre de bataille contre le projet Jupp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit du plan Vigipirate, r&#233;activ&#233; &#224; la suite des attentats du GIA (Groupe islamique arm&#233;) alg&#233;rien dans les stations de m&#233;tro parisiennes (notamment), le mouvement se d&#233;veloppe dans les facs, dans la fonction publique, puis dans les transports, puis... presque partout. Le 10 octobre, ce sont 500 000 personnes qui participent &#224; la premi&#232;re journ&#233;e d'action des fonctionnaires. Dans la manif parisienne du 24 novembre 1995, Nicole Notat, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CFDT, peut &#224; peine annoncer devant les cam&#233;ras qu'elle est satisfaite &#171; &lt;i&gt;&#224; 85&lt;/i&gt; &lt;i&gt;%&lt;/i&gt; &#187; des n&#233;gociations avec le gouvernement qu'elle doit &#234;tre exfiltr&#233;e, pourchass&#233;e par une centaine de militants de son propre syndicat &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cr&#233;&#233; cette ann&#233;e-l&#224;, Sud-Rail est issu de la s&#233;cession de syndicalistes CFDT (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui la conspuent au cri de &#171; &lt;i&gt;Notat, d&#233;mission&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un air de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'&#233;tend &#224; l'ensemble du pays. Le 28 novembre, la gr&#232;ve est quasi totale &#224; la RATP et la SNCF. Elle commence &#224; essaimer dans le priv&#233;, mais faiblement &#8211; on parlera d'une &#171; gr&#232;ve par procuration &#187;, c'est-&#224;-dire soutenue indirectement par une large population, qui laisse n&#233;anmoins certaines cat&#233;gories aller au charbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des revendications syndicales, les assembl&#233;es de gr&#233;vistes et de pr&#233;caires fleurissent, les gens se parlent sans filtre m&#233;diatique, loin des repr&#233;sentations politiques, esquissant parfois une critique en r&#232;gle du travail. &#171; &lt;i&gt;Un peu partout dans le pays, des gr&#233;vistes EDF font passer la tarification au tarif de nuit, des postiers bloquent le courrier des entreprises mais distribuent celui des allocataires, des dockers de S&#232;te apportent crustac&#233;s et coquillages aux traminots marseillais en gr&#232;ve, des paysans ravitaillent les gr&#233;vistes du pays nantais,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;dans nombre de bo&#238;tes les photocopieurs impriment autre chose que des factures, les gens se prennent en autostop...&lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on lire dans la revue participative et itin&#233;rante &lt;i&gt;Tic Tac&lt;/i&gt; de mars 1996, qui offrait un riche panorama sur la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sortie de crise n&#233;goci&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de blocage et la multiplication des journ&#233;es d'action s'av&#232;rent payantes et Alain Jupp&#233; finira par reculer. &#171; &lt;i&gt;Nous allons r&#233;ussir ce qu'on n'a pas os&#233; entreprendre depuis trente ans.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Il faut le faire maintenant&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, avait pourtant fanfaronn&#233; le Premier ministre, sous un faux masque d'intransigeance, le 15 novembre &#224; l'Assembl&#233;e. Mais une phrase prononc&#233;e le lendemain dans le journal &lt;i&gt;Sud Ouest&lt;/i&gt; mettait &#224; nu le fond de sa pens&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Si deux millions de personnes descendent dans la rue, mon gouvernement n'y r&#233;sisterait pas&lt;/i&gt;. &#187; Grave erreur ! Depuis, tous les gouvernements ont bien appris la le&#231;on &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'exception du retrait du Contrat premi&#232;re embauche sous Villepin en 2006.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : ne jamais montrer sa peur et jouer le pourrissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 d&#233;cembre, la rue gagne le pari du &#171; Jupp&#233;thon &#187; avec deux millions de personnes dans les cort&#232;ges. Jupp&#233; c&#232;de sur les retraites, mais pas sur la S&#233;cu, et convoque un sommet social &#224; Matignon pour le 21 d&#233;cembre. Acteur de premier rang dans la n&#233;gociation sur les r&#233;gimes sp&#233;ciaux, Bernard Thibault, alors secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration CGT-cheminots, annonce, le 14, la reprise du travail, sans consulter les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes. Il faut savoir terminer une gr&#232;ve, comme dirait l'autre &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a peu, l'ancien leader CGT estimait que &#171; le m&#233;contentement social (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ! Le mouvement s'&#233;tiole, l'unit&#233; s'effrite, les f&#234;tes approchent... Il faudra tout de m&#234;me attendre 2003 pour que Fran&#231;ois Fillon revienne &#224; la charge sur les retraites et obtienne l'alignement du public sur le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Peines cruelles&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Montpellier, les lendemains de cette &#171; victoire en demi-teinte &#187; ont un arri&#232;re-go&#251;t &#226;cre comme la lacrymo. Le 30 janvier, neuf manifestants sont pr&#233;sent&#233;s devant le tribunal pour un jugement en appel, &#171; &lt;i&gt;menott&#233;s six heures durant comme des gaillards d'Action directe&lt;/i&gt; &#187;, note le journaliste de &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;. Arr&#234;t&#233;s lors de l'&#233;meute du 5 d&#233;cembre, ils sont jeunes, &#233;tudiants, pr&#233;caires, zonards, arabes. Pour la plupart d&#233;j&#224; jug&#233;s en comparution imm&#233;diate le 6 d&#233;cembre, ils avaient pour certains &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; des peines de prison de trois mois &#224; un an ferme ! Les magistrats se d&#233;cha&#238;nent : ce ne sont pas des manifestants, mais des &#171; &lt;i&gt;marginaux volontaires&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;incapables&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;fain&#233;ants&lt;/i&gt; &#187;. La pr&#233;sidente du tribunal, Josiane Espana, leur lance : &#171; &lt;i&gt;Vous saccagez les revendications des gens. Des manifestants dont les buts sont &#233;minemment honorables n'ont pas &#224; &#234;tre d&#233;voy&#233;s par des petits jean-foutre comme vous, m&#234;me s'ils s'emmerdent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des charges d&#233;risoires, les jugements en appel confirmeront ou aggraveront les peines. Le cas d'Omar, 23 ans, est &#224; ce titre &#233;difiant. Alors qu'il venait s'informer des horaires de train &#224; la gare Saint-Roch &#8211; loin des lieux de la manifestation &#224; laquelle il ne participait aucunement &#8211;, il subit un contr&#244;le d'identit&#233; avec fouille au cours de laquelle les policiers trouvent un petit canif. Preuve suffisante pour le condamner &#224; huit mois ferme pour... &#171; &lt;i&gt;attroupement arm&#233;&lt;/i&gt; &#187; ! Las, Omar renoncera &#224; se pourvoir en cassation en raison du co&#251;t et de la lourdeur de la proc&#233;dure. Malgr&#233; la cr&#233;ation d'un comit&#233; de soutien aux emprisonn&#233;s, la solidarit&#233; syndicale &#224; l'&#233;gard de ces vies ab&#238;m&#233;es par l'arbitraire judiciaire s'est longtemps fait attendre. Le &#171; &lt;i&gt;Tous ensemble tous ensemble h&#232; ! h&#232; !&lt;/i&gt; &#187; n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus qu'un lointain &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cr&#233;&#233; cette ann&#233;e-l&#224;, Sud-Rail est issu de la s&#233;cession de syndicalistes CFDT qui contestaient la ligne carpette-r&#233;formiste de la centrale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'exception du retrait du Contrat premi&#232;re embauche sous Villepin en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il y a peu, l'ancien leader CGT estimait que &#171; &lt;i&gt;le m&#233;contentement social&lt;/i&gt; [&#233;tait] &lt;i&gt;plus fort qu'en 1995&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;L'Obs&lt;/i&gt;, 1/12/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Wild Wild Capitalism</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Entre la fin de la guerre de S&#233;cession et l'aube du XXe si&#232;cle, les &#201;tats-Unis vont conna&#238;tre la plus fulgurante p&#233;riode de d&#233;veloppement &#233;conomique (jusqu'au boom chinois des ann&#233;es 1990). Pour le plus grand profit d'une petite &#233;lite politico-industrielle entr&#233;e dans la post&#233;rit&#233; sous le nom de &#171; barons voleurs &#187;. Les blases sont connus et renvoient &#224; un &#226;ge d'or du capitalisme &#233;tatsunien : Rockefeller, Morgan, Carnegie, Vanderbilt. Un syst&#232;me magique qui aurait transform&#233; les loqueteux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-vieux-dossiers" rel="tag"&gt;Les vieux dossiers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/age-d-or" rel="tag"&gt;&#226;ge d'or&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre la fin de la guerre de S&#233;cession et l'aube du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les &#201;tats-Unis vont conna&#238;tre la plus fulgurante p&#233;riode de d&#233;veloppement &#233;conomique (jusqu'au boom chinois des ann&#233;es 1990). Pour le plus grand profit d'une petite &#233;lite politico-industrielle entr&#233;e dans la post&#233;rit&#233; sous le nom de &#171; barons voleurs &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/-1404-05a62.jpg?1782700239' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;es blases sont connus et renvoient &#224; un &#226;ge d'or du capitalisme &#233;tatsunien : Rockefeller, Morgan, Carnegie, Vanderbilt. Un syst&#232;me magique qui aurait transform&#233; les loqueteux en milliardaires. Illusion ! Ils sont issus &#224; 90 % des petite et grande bourgeoisies comme l'a montr&#233; &#171; &lt;i&gt;une &#233;tude portant sur les origines de 300 dirigeants de l'industrie textile, des chemins de fer et de l'aci&#233;rie des ann&#233;es 1870 &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les r&#233;f&#233;rences et citations sont tir&#233;es de : une histoire populaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Au vrai : des voleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La collusion et la corruption&lt;/strong&gt; furent en effet monnaie courante chez ces industriels et leurs complices : membres des gouvernements, parlements, tribunaux et... pr&#233;sidents. Ainsi la ligne ferroviaire reliant la c&#244;te Ouest &#224; la c&#244;te Est s'est construite au prix de centaines de milliers de dollars de pots-de-vin et de dizaines de millions de d&#233;tournements de fonds publics. Si on leur accole le titre de baron, c'est parce qu'ils font payer leur r&#233;ussite &#224; des arm&#233;es de lumpenprol&#233;taires r&#233;cemment d&#233;barqu&#233;s sur le sol am&#233;ricain : des milliers d'Irlandais et de Chinois se tuent &#224; la t&#226;che (litt&#233;ralement, &#224; cause des conditions climatiques extr&#234;mes et des attaques des Indiens) pendant quatre ans pour construire des milliers de kilom&#232;tres de voies avec un ou deux dollars par jour en guise de r&#233;mun&#233;ration. Pour mettre d&#233;finitivement le pays en coupe r&#233;gl&#233;e, ces barons voleurs constitu&#232;rent de puissantes ententes regroupant compagnies ferroviaires, banques et compagnies d'assurance pour commencer. Puis vint le tour de la m&#233;tallurgie, du p&#233;trole et des r&#233;seaux de communication. &#171; &lt;i&gt;Ces industries furent en fait les premiers b&#233;n&#233;ficiaires de cette sorte d' &#8220;&#201;tat providence&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour mater les r&#233;voltes&lt;/strong&gt; qui ne manqu&#232;rent pas d'&#233;clater, la caste au pouvoir d&#233;ploya l'arsenal classique. Elle stipendia une classe intellectuelle d&#233;versant des flots de propagande dans toutes sortes de feuilles de chou, joua sur les divisions ethniques au sein des ouvriers (enr&#244;lant les Irlandais dans la police notamment) et eut recours &#224; diverses milices quand le contr&#244;le des &#233;v&#233;nements fut pr&#232;s de lui &#233;chapper. On pr&#234;te m&#234;me &#224; Jay Gould, patron de quatre compagnies de chemin de fer, une sentence pour le moins explicite : &#171; &lt;i&gt;Je peux embaucher la moiti&#233; de la classe ouvri&#232;re pour tuer l'autre moiti&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vraie ou fausse&lt;/strong&gt;, la phrase traduit la mentalit&#233; de ces barons voleurs : il n'y a rien que l'argent ne puisse acheter. De la parole aux actes, Gould r&#233;gla un contentieux commercial avec Vanderbilt en envoyant une bande de nervis, le Hell's Kitchen Mob, tabasser les soutiens de son rival. &#192; plusieurs reprises, ce furent de v&#233;ritables batailles rang&#233;es qui oppos&#232;rent les ouvriers en gr&#232;ve et les sicaires de l'agence Pinkerton (pour laquelle Dashiell Hammet, l'auteur du Faucon maltais et surtout de La Moisson rouge, a travaill&#233; pendant cinq ans). Dans les ann&#233;es 1880, les &#201;tats-Unis connurent une situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire avec de multiples appels &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale voire &#224; l'insurrection arm&#233;e lanc&#233;s par des syndicats naissants. De 1881 &#224; 1885, le pays enregistra pas moins de 500 gr&#232;ves par an et le mouvement gagna toutes les cat&#233;gories sociales, y compris la population noire et les d&#233;tenus, d&#233;j&#224; nombreux &#224; l'&#233;poque. 1886 constitua un point culminant avec le grand appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai et la r&#233;pression f&#233;roce qui s'ensuivit. Sonn&#233;s par la grande crise &#233;conomique de 1893, les prolos ricains cherch&#232;rent une issue politique &#224; travers l'&#233;mergence d'un mouvement &#171; populiste &#187;. Mais c'est l&#224; une autre histoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Toutes les r&#233;f&#233;rences et citations sont tir&#233;es de : une &lt;i&gt;histoire populaire des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt;, Howard Zinn, Agone.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Syndicalistes dans la tourmente</title>
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		<dc:subject>livres turques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite au coup d'&#201;tat manqu&#233; du 15 juillet 2016, des purges ont touch&#233; tous les secteurs de la soci&#233;t&#233; turque. L'&#201;tat tente de b&#226;illonner les opposants, dont les syndicats qui ne suivent pas sa ligne &#8211; leurs membres sont licenci&#233;s en masse. Sans salaire, ces derniers peuvent heureusement s'appuyer sur la solidarit&#233; syndicale. En Turquie, le mouvement syndical est divis&#233;. D'un c&#244;t&#233;, les syndicats nationaux, directement inf&#233;od&#233;s au r&#233;gime turc, ou au moins complices par leur silence. De (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/livres-turques" rel="tag"&gt;livres turques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite au coup d'&#201;tat manqu&#233; du 15 juillet 2016, des purges ont touch&#233; tous les secteurs de la soci&#233;t&#233; turque. L'&#201;tat tente de b&#226;illonner les opposants, dont les syndicats qui ne suivent pas sa ligne &#8211; leurs membres sont licenci&#233;s en masse. Sans salaire, ces derniers peuvent heureusement s'appuyer sur la solidarit&#233; syndicale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3103 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-1334-6f312.jpg?1782650880' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n Turquie, le mouvement syndical est divis&#233;. D'un c&#244;t&#233;, les syndicats nationaux, directement inf&#233;od&#233;s au r&#233;gime turc, ou au moins complices par leur silence. De l'autre, les conf&#233;d&#233;rations syndicales de gauche, comme KESK (fonction publique) et DISK (priv&#233;). Celles-ci soutiennent les revendications des Kurdes et se sont oppos&#233;es au r&#233;f&#233;rendum d'avril par lequel Erdogan a renforc&#233; son hyper-pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des purges qui ont suivi le coup d'&#201;tat avort&#233; de juillet 2016, pr&#232;s de 130 000 fonctionnaires ont &#233;t&#233; licenci&#233;s. Parmi eux, 3 130 membres de KESK (dont 1 600 enseignants adh&#233;rents du syndicat Egitim-Sen). La plupart ont &#233;t&#233; mis &#224; pied au pr&#233;texte d'avoir particip&#233; aux gr&#232;ves et manifestations de soutien &#224; la population kurde pendant la &#171; guerre des villes &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De l'&#233;t&#233; &#224; d&#233;cembre 2015, l'&#201;tat turc a men&#233; de meurtri&#232;res op&#233;rations dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Chez DISK, environ 1 300 syndiqu&#233;s ont aussi perdu leur emploi. Les r&#233;gions kurdes, o&#249; la syndicalisation est importante, ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement touch&#233;es par cette r&#233;pression. Pour premi&#232;res victimes : les enseignants et les travailleurs des mairies sous l'&#233;tiquette de la coalition de gauche HDP, qui d&#233;fend l'autonomie r&#233;gionale. Dans la seule ville de Diyarbakir, 132 enseignants syndicalistes ont ainsi perdu leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; et gr&#232;ve de la faim&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais face &#224; cette r&#233;pression, les organisations syndicales ne restent pas inactives. Elles fournissent notamment une aide financi&#232;re &#224; leurs membres mis &#224; pied. Chez Egitim-Sen, chaque adh&#233;rent doit ainsi verser une cotisation mensuelle de solidarit&#233; d'au moins 30 livres turques (environ 8 &#8364;). Cet effort collectif permet &#224; la caisse du syndicat de verser une compensation aux personnes licenci&#233;es &#8211; &#224; l'origine, celle-ci &#233;tait de 2 000 livres par mois, mais elle est descendue &#224; 1 700 livres puis 1 200 livres &#224; cause de l'ampleur des licenciements&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le salaire moyen d'un enseignant oscille en g&#233;n&#233;ral entre 2 700 et 3 600 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Elle va sans doute encore baisser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pas moyen d'en appeler &#224; la justice. Les cours d'appel sont engorg&#233;es (de nombreux juges ont aussi &#233;t&#233; licenci&#233;s). R&#233;sultat : les demandes de r&#233;int&#233;gration restent en suspens &lt;i&gt;sine die&lt;/i&gt;. Une commission sp&#233;ciale a bien &#233;t&#233; mise en place par le gouvernement pour acc&#233;l&#233;rer l'examen des 130 000 cas de licenciement, mais elle n'a d&#233;but&#233; ses travaux qu'en mai, au lieu de janvier. Elle prend depuis tout son temps pour statuer. Et aucun autre recours, y compris devant la Cour europ&#233;enne des droits de l'Homme, n'est possible avant que cette commission n'ait rendu son verdict. Autant dire que le processus peut encore durer des ann&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de quoi d&#233;courager les syndiqu&#233;s, pourtant. Au contraire, m&#234;me : ils ont d&#233;cid&#233; de se battre. &#192; l'image de Nuriye G&#252;lmen et Semih &#214;zak&#231;a, &#224; Ankara, qui ont d&#233;but&#233; en mars une gr&#232;ve de la faim pour r&#233;clamer leur r&#233;int&#233;gration. La r&#233;ponse de l'&#201;tat a &#233;t&#233; brutale : les rassemblements de soutien ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s, les participants gaz&#233;s et arr&#234;t&#233;s. Le 23 mai, au 75&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; jour de leur gr&#232;ve de la faim, le procureur a demand&#233; la condamnation des deux gr&#233;vistes &#224; vingt ans de prison pour une pr&#233;tendue appartenance &#224; une organisation terroriste. &#192; cette heure, ils sont toujours embastill&#233;s &#8211; chaque jour qui passe augmente le risque d'une issue fatale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Papeterie en coop&#233;rative&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'autres syndiqu&#233;s licenci&#233;s choisissent de construire des alternatives. &#192; DiyarbakIr, une trentaine d'enseignants victimes des purges ont ainsi ouvert ensemble une librairie-papeterie, &#171; Emek kirtasiye &#187;. L'enseigne vend des fournitures de papeterie, des manuels scolaires, des livres en turc et en kurde, et propose un service de photocopies. &#171; &lt;i&gt;Nous avons d'abord appel&#233; toutes les personnes licenci&#233;es &#224; se r&#233;unir pour r&#233;fl&#233;chir &#224; des projets,&lt;/i&gt; explique Sadrettin, l'un des salari&#233;s. &lt;i&gt;Puis nous avons cr&#233;&#233; plusieurs groupes de travail ; la librairie-papeterie est le premier &#224; aboutir, son ouverture a eu lieu le 13 mai. Nos ressources &#233;tant limit&#233;es, nous avons utilis&#233; nos contacts pour trouver des fournisseurs sympathisants acceptant de livrer &#224; cr&#233;dit.&lt;/i&gt; &#187; Et Sadrettin d'ajouter en riant : &#171; &lt;i&gt;Une grosse partie de ce que nous vendons aujourd'hui n'a pas encore &#233;t&#233; pay&#233;e&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe compte sur ses contacts dans le monde de l'&#233;ducation pour &#233;couler ses produits. Des d&#233;buts encourageants confortent sa motivation. &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas des vendeurs, c'est tr&#232;s nouveau pour nous. Nous en sommes encore &#224; essayer de comprendre comment fonctionne le capitalisme&lt;/i&gt; &#187;, plaisante Sadrettin. Avant d'encha&#238;ner, beaucoup plus s&#233;rieusement : &#171; &lt;i&gt;Nous devons garder nos valeurs. C'est indispensable pour accepter de travailler sans savoir combien nous allons gagner.&lt;/i&gt; &#187; L&#224; aussi, l'argent est nerf de la guerre. Chaque participant s'est ainsi engag&#233; &#224; investir 5 000 livres turques dans la coop&#233;rative. Et des groupes ont &#233;t&#233; constitu&#233;s pour d&#233;terminer l'&#233;chelle de r&#233;mun&#233;ration de chaque membre selon ses besoins. Cinq personnes seulement sont devenues employ&#233;es &#224; temps plein ; les autres participent sur leur temps libre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sister a l'intimidation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout le fonctionnement de la structure repose sur le collectif. Afin d'&#233;viter les conflits, il a &#233;t&#233; clairement pos&#233; que la participation au projet devait se faire sur des bases &#233;thiques, et pas simplement pour la recherche d'une source de revenus. Les principales orientations sont discut&#233;es lors d'une r&#233;union trimestrielle. Et si un responsable est mandat&#233; dans chacun des secteurs d'activit&#233; de l'enseigne, les d&#233;cisions sont prises coll&#233;gialement. Enfin, les participants se sont donn&#233; pour objectif d'investir les b&#233;n&#233;fices dans quatre autres projets : une &#233;cole priv&#233;e, un service de restauration, une soci&#233;t&#233; de nettoyage et une entreprise de construction. &#171; &lt;i&gt;Quitte &#224; devenir capitalistes, nous ferons de l'immobilier, mais &#233;thique&lt;/i&gt; &#187;, ironise Sadrettin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat a &#233;chou&#233; dans sa politique d'intimidation&lt;/i&gt; &#187;, constate de son c&#244;t&#233; Hatice, co-dirigeante d'Egitim-Sen &#224; DiyarbakIr. Sur les 9 500 membres de cette province, seuls 1 000 ont quitt&#233; le syndicat par peur de la r&#233;pression. Les autres restent fid&#232;les au poste. Mais ils ont, par contre, imp&#233;rativement besoin de soutien. Financier&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le syndicat Solidaires a lanc&#233; une campagne de soutien : Solidaires.org.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, pour que les organisations syndicales puissent continuer &#224; leur verser une compensation. Et politique : il importe de faire conna&#238;tre leur situation, de d&#233;noncer les partenariats universitaires avec des universit&#233;s turques ayant particip&#233; &#224; la r&#233;pression, et d'interpeller la communaut&#233; internationale pour qu'elle fasse pression sur la Turquie. Au boulot !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-1335-6405a.jpg?1782654314' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le site Kedistan.net appelle &#224; se mobiliser pour le soutien international en faveur de Nuriye G&#252;lmen et Semih &#214;zak&#231;a, en gr&#232;ve de la faim depuis mars et emprisonn&#233;s depuis le 22 mai : c'est &lt;a href=&#034;http://kedistan.net/2017/06/30/moi-aussi-je-signe-pour-nuriye-et-semih&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De l'&#233;t&#233; &#224; d&#233;cembre 2015, l'&#201;tat turc a men&#233; de meurtri&#232;res op&#233;rations dans les principales villes du Kurdistan, transform&#233;es en v&#233;ritables zones de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le salaire moyen d'un enseignant oscille en g&#233;n&#233;ral entre 2 700 et 3 600 livres turques (soit de 687 &#224; 916 &#8364;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le syndicat Solidaires a lanc&#233; une campagne de soutien : Solidaires.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Chacun a amen&#233; son exp&#233;rience &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Chacun-a-amene-son-experience</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Chacun-a-amene-son-experience</guid>
		<dc:date>2019-09-25T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis, Mathieu Rivat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yann Levy</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>loi Travail</dc:subject>
		<dc:subject>l'AG interpro</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Denis</dc:subject>
		<dc:subject>actions</dc:subject>
		<dc:subject>interpro</dc:subject>
		<dc:subject>l'AG</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant quelques mois, ils ont fait feu de tous bois. En 2016, alors que les manifestations contre la loi Travail ne cessaient de gagner en intensit&#233;, les participant.e.s de l'AG interpro de Saint-Denis ont multipli&#233; les actions et les discussions. Pour principes : le refus de se focaliser sur un secteur particulier et l'envie de f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. Un d&#233;licat &#233;quilibre, fond&#233; sur la force du nombre et l'enthousiasme s&#233;ditieux des concern&#233;.e.s. Retour sur ces moments de lutte, avec Kelam (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-AG-interpro" rel="tag"&gt;l'AG interpro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Saint-Denis" rel="tag"&gt;Saint-Denis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/actions" rel="tag"&gt;actions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/interpro" rel="tag"&gt;interpro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-AG" rel="tag"&gt;l'AG&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant quelques mois, ils ont fait feu de tous bois. En 2016, alors que les manifestations contre la loi Travail ne cessaient de gagner en intensit&#233;, les participant.e.s de l'AG interpro de Saint-Denis ont multipli&#233; les actions et les discussions. Pour principes : le refus de se focaliser sur un secteur particulier et l'envie de f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. Un d&#233;licat &#233;quilibre, fond&#233; sur la force du nombre et l'enthousiasme s&#233;ditieux des concern&#233;.e.s. Retour sur ces moments de lutte, avec Kelam et Iris, deux participant.e.s de cette belle exp&#233;rience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2997 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1235-5936f.jpg?1782688726' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quelle mani&#232;re avez-vous rejoint l'AG interpro de Saint-Denis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iris :&lt;/strong&gt; J'&#233;tais prof &#224; Saint-Denis il y a deux ans, avant d'&#234;tre mut&#233;e &#224; &#201;pinay. Cela fait un moment que je suis encart&#233;e &#224; Sud, syndicat assez pr&#233;sent dans les secteurs publics de la ville (comme l'h&#244;pital ou la mairie), mais qui compte aussi des sections dans un Franprix, dans une maison de retraite et &#224; la piscine&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans ces deux derniers endroits, les mobilisations syndicales ont donn&#233; lieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Lors du mouvement contre la r&#233;forme des retraites en 2010, une premi&#232;re AG interpro a vu le jour &#224; Saint-Denis ; la liste mail alors cr&#233;&#233;e a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233;e &#224; l'occasion des manifestations contre la loi Travail. C'est donc via le milieu syndical que j'ai rejoint l'AG interpro, m&#234;me si cela faisait plusieurs ann&#233;es que je participais par ailleurs &#224; des collectifs de luttes plus autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; De mon c&#244;t&#233;, j'&#233;tais technicien du spectacle. Mais us&#233; par une r&#233;alit&#233; que beaucoup de salari&#233;.e.s connaissent bien (sous-effectif, rentabilit&#233;, pressions constantes, etc.), j'ai quitt&#233; mon travail au d&#233;but du printemps. J'en ai profit&#233; pour participer &#224; des actions et &#224; des d&#233;bats Place de la R&#233;publique &#224; Paris, avant de rejoindre la premi&#232;re Nuit Debout organis&#233;e &#224; Saint-Denis. Une assembl&#233;e qui a connu une participation aussi forte que diverse &#8211; les discussions se sont r&#233;v&#233;l&#233;es tr&#232;s riches, autant par les probl&#233;matiques abord&#233;es (des questions propres &#224; la ville, reflet de la vivacit&#233; des r&#233;seaux militants dionysiens) que par la fr&#233;quentation (habitant.e.s et militant.e.s s'y m&#234;laient). J'y suis retourn&#233; la semaine suivante pour aider &#224; installer les chaises et les barnums, et je me suis retrouv&#233; vraiment investi. Une premi&#232;re pour moi dont l'exp&#233;rience militante se limitait jusqu'alors &#224; des participations passives aux d&#233;fil&#233;s militants ou &#224; de lointains souvenirs d'enfance. Je ne connaissais personne, mais des liens forts de confiance se sont rapidement nou&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1236-d7cd0.jpg?1782688726' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi vos actions se distinguaient-elles de la logique syndicale classique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iris :&lt;/strong&gt; On faisait des AG les jours de manif. Et une commission action se r&#233;unissait aussi en petit comit&#233; deux fois par semaine. Les tracts &#233;taient r&#233;dig&#233;s &#224; grands traits en AG, puis amend&#233;s et valid&#233;s par mail. Notre ambition &#233;tait de conduire des actions correspondant &#224; des d&#233;clinaisons locales des probl&#232;mes pos&#233;s par la loi Travail. Cela a plut&#244;t bien fonctionn&#233;, puisque plusieurs actions sont parties de l'AG interpro de Saint-Denis : les blocages du d&#233;p&#244;t de bus de Saint-Denis Universit&#233; le 21 avril, du port de Gennevilliers le 28, du Novotel le 12 mai, de la soci&#233;t&#233; Dubrac le 19, du pont de Saint-Ouen le 26, ou le blocage coordonn&#233; de quatre d&#233;p&#244;ts de bus d'&#206;le-de-France le 2 juin (en lien avec Nuit Debout Paris et l'AG de luttes IDF). Quand nous &#233;tions moins nombreux, nous organisions des piquets volants d&#232;s le matin pour aller tracter dans le centre de Saint-Denis, &#224; La Poste, &#224; la gare RER, au Carrefour, au McDonald, etc. Il y a eu de nombreuses gr&#232;ves, mais peu ont dur&#233;. Beaucoup de gens ne juraient que par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qu'on ne voyait pas arriver. Ce qui a entra&#238;n&#233; un d&#233;bat sur l'&#233;ventuel caract&#232;re &#171; de substitution &#187; de nos actions. On avait parfois l'impression d'&#234;tre des &#233;vang&#233;listes venus pr&#234;cher la r&#233;volution &#224; des travailleurs dont les pr&#233;occupations quotidiennes en &#233;taient tr&#232;s &#233;loign&#233;es. Par exemple, &#224; l'&#233;poque, le port du Havre &#233;tait bloqu&#233; par les dockers. Mais il ne pouvait en aller de m&#234;me pour celui de Gennevilliers, qui compte environ 50% d'int&#233;rimaires et peu de syndiqu&#233;.e.s. Il a donc &#233;t&#233; bloqu&#233; par des gens ext&#233;rieurs, et il s'agissait essentiellement d'une action symbolique, tr&#232;s limit&#233;e dans le temps. On ne se sentait pas tellement &#224; l'aise &#8211; c'est d&#233;licat de bloquer des salari&#233;.e.s que cela peut mettre en difficult&#233; (pression du patron, temps de travail perdu ou &#224; rattraper, etc.), et de discuter ensemble du bien-fond&#233; de l'action. Entre le discours &#171; Bloquons les flux &#187; et la r&#233;alit&#233; du blocage, il peut ainsi exister un foss&#233; consid&#233;rable. Les salari&#233;s concern&#233;s peuvent r&#226;ler, t'en vouloir, ne pas comprendre, se sentir agress&#233;.e.s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait d'autant plus compliqu&#233; qu'aucun.e d'entre nous ne s'y connaissait sp&#233;cialement en mati&#232;re de blocage &#233;conomique. Si &#231;a a finalement fonctionn&#233;, c'est que chacun a amen&#233; un peu de son exp&#233;rience. Les camarades en lien avec DefCol&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe de d&#233;fense collective qui fournit une assistance juridique aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; r&#233;cup&#233;raient les noms des avocats de permanence et les distribuaient aux participant.e.s. Les syndiqu&#233;.e.s pr&#233;venaient leurs organisations pour m&#233;diatiser et appeler au soutien dans les moments chauds. La repro de Sud ou de la CGT imprimait les tracts, Solidaires r&#233;servait les salles pour les r&#233;unions &#224; la Bourse du Travail, etc. Cette conjugaison de bonnes volont&#233;s nous a permis de r&#233;unir &#224; plusieurs reprises une centaine de personnes, dont plus de la moiti&#233; de Dionysien.e.s, pour des actions organis&#233;es &#224; 5h du matin. Les participant.e.s &#224; l'AG Interpro &#233;taient issus d'horizons divers &#8211; on y retrouvait des gens du squat l'Atti&#233;k&#233;, des syndiqu&#233;.e.s, des non syndiqu&#233;.e.s, des profs, des gens de la collectivit&#233; territoriale, des militantes f&#233;ministes, des anarchistes, des libertaires, quelques biblioth&#233;caires, les membres de la compagnie de th&#233;&#226;tre Jolie M&#244;me, des gens d'Ensemble et m&#234;me un camarade de la CGT RATP. Les cheminots passaient parfois assister aux r&#233;unions et les &#233;tudiant.e.s de Paris-8 se sont montr&#233;.e.s tr&#232;s pr&#233;sent.e.s. &#192; chaque coup dur (arrestation ou nasse polici&#232;re, par exemple), la solidarit&#233; s'est r&#233;v&#233;l&#233;e sans faille. Au final, pour beaucoup d'entre nous, participer &#224; l'AG interpro a constitu&#233; un excellent moyen d'apprendre sur le tas. Nous avons d&#233;couvert le fonctionnement d'un syndicat, les mandats, l'organisation logistique militante, la r&#233;daction d'un tract et la relecture collective, la pr&#233;paration d'une action, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Avec Saint-Denis Debout, Droit au Logement (DAL) et la Coordination des groupes anarchistes (CGA), nous avons aussi particip&#233; &#224; des actions sur le logement. On a par exemple occup&#233; un soir la Basilique de Saint-Denis avec les habitants du 48 de la rue de la R&#233;publique (l'immeuble attaqu&#233; par le RAID le 18 novembre 2015, apr&#232;s les attentats du 13 novembre). Ceux-ci sont rest&#233;s dans un gymnase pendant une semaine, puis ils se sont retrouv&#233;s &#224; l'h&#244;tel sans garanties de relogement. Pire : quatre d'entre eux ont re&#231;u des Obligations de quitter le territoire (OQTF). Et aucun n'a &#233;t&#233; reconnu victime, alors que les flics avaient tir&#233; 5 000 balles sur l'immeuble, inhabitable depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; Contrairement &#224; une lutte syndicale centr&#233;e sur un secteur particulier, nos actions portaient aussi bien sur le travail que sur le logement &#8211; rien de plus logique, puisque les participant. e.s &#233;taient &#224; la base impliqu&#233;.e.s dans diverses luttes. Celles et ceux qui s'activaient sur le logement avant le printemps ont trouv&#233; dans l'AG interpro ou l'assembl&#233;e de Saint-Denis Debout un &#233;cho &#224; leurs luttes, ainsi qu'un vivier de soutiens remotiv&#233; et en partie renouvel&#233;. Les actions qui jusque-l&#224; ne rassemblaient que les militant.e.s chevronn&#233;.e.s ou concern&#233;.e.s ont ainsi trouv&#233; un nouvel &#233;cho. Je crois qu'il s'agissait d'un moment o&#249; les gens avaient besoin non seulement de dire, mais aussi de faire, d'agir ensemble. Aussi riches et divers que furent les d&#233;bats, nous n'avons jamais r&#233;ussi &#224; &#233;tablir un socle politique commun, un positionnement th&#233;orique clair. Nous n'en avions pas le temps, et nous acceptions nos divergences. La force du nombre &#233;tait primordiale, nous voulions &#233;viter de froisser les un.e.s et les autres, m&#234;me si c'est parfois arriv&#233;. La forme de l'AG interpro a permis &#224; des camarades de &#171; On bloque tout &#187;, de la commission Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de Nuit Debout Paris, des collectifs AntiRep et anti &#201;tat d'urgence, &#224; des autonomes ou &#224; des anarchistes, voire &#224; de nouveaux militant.e.s, de participer collectivement &#224; des actions engag&#233;es, fortes et d&#233;termin&#233;es. Le tout en essayant de respecter la diversit&#233; des pratiques et en assurant l'int&#233;grit&#233; physique des un.e.s et des autres face &#224; la r&#233;pression croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Tout le monde voulait agir contre le gouvernement et sa loi, m&#234;me si l'ensemble reposait sur une poign&#233;e de personnes tr&#232;s d&#233;termin&#233;es. Notamment des femmes, qui r&#233;digeaient les comptes-rendus, faisaient le lien entre les diff&#233;rentes entit&#233;s, pr&#233;paraient les programmes des semaines &#224; venir. Mais nous avons aussi pris garde &#224; essayer d'&#233;viter la sp&#233;cialisation des t&#226;ches et le &lt;i&gt;burnout &lt;/i&gt;des plus investi.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH328/-1237-c412e.jpg?1782688726' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous v&#233;cu la fin du mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; &#199;a &#233;t&#233; difficile, car nous &#233;tions tr&#232;s motiv&#233;.e.s. Pour certain.e.s, comme moi, le quotidien &#233;tait rempli d'AG, de manifs, d'actions. Et d'un seul coup, apr&#232;s le 15 septembre, il n'y avait plus rien... Comme si les syndicats nous avaient l&#226;ch&#233;.e.s &#8211; ils ne nous r&#233;pondaient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Ce fut une sacr&#233;e descente... Mais nous avons quand m&#234;me redistribu&#233; les milliers d'euros accumul&#233;s dans une caisse de gr&#232;ve aux syndiqu&#233;.e.s ayant pos&#233; des jours de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; La cr&#233;ation de la caisse de gr&#232;ve a &#233;t&#233; fastidieuse et chronophage. Et elle est advenue &#224; un moment o&#249; on commen&#231;ait &#224; ne plus y croire. Une initiative comme celle de l'AG interpro de Saint-Denis reposait largement sur le volontarisme joyeux de certain.e.s et sur un r&#233;seau militant fort, ancr&#233; localement. Beaucoup de camarades de tous les horizons ont alli&#233; leurs forces ; il est donc impossible de r&#233;sumer cette lutte &#224; &#171; syndiqu&#233;.e.s ou non &#187; ou &#171; partisan.e.s ou non &#187;. Ce qui est s&#251;r, c'est que cette alliance a n&#233;cessit&#233; de la diplomatie, de l'&#233;coute, de la formation. Le coup de sifflet final sonn&#233; par les hi&#233;rarchies syndicales a donc fait l'effet d'un coup de massue pour tout le monde. La liste mail, sur laquelle pleuvait des tonnes d'infos quotidiennes pendant des mois, est devenue du jour au lendemain d'un calme absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; C'est vrai que nous, syndiqu&#233;.e.s de Solidaires, avons essay&#233; de pousser ; mais les hi&#233;rarchies syndicales avaient d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait termin&#233;. C'est une question compliqu&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, je ne soutiens pas cette dichotomie trop simpliste entre des directions super bureaucrates et une base qui n'attendrait qu'une &#233;tincelle pour s'en lib&#233;rer. Et je crois que le rejet du travail dans le milieu autonome ne fait pas non plus avancer les choses, car cela cr&#233;e du m&#233;pris &#224; l'encontre des travailleurs et travailleuses. Comme si le monde du travail n'&#233;tait plus un enjeu de lutte ! Mais de l'autre c&#244;t&#233;, je constate que le syndicalisme ne s'est pas non plus adapt&#233; aux transformations du travail. Globalement, dans certains endroits, la base du travail syndical n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; faite ! Les enjeux r&#233;els de la loi Travail sont loin d'&#234;tre clairs pour tous les salari&#233;.e.s, m&#234;me si ses effets se font d&#233;j&#224; sentir. Et cette loi &#233;tait d&#233;j&#224; appliqu&#233;e avant m&#234;me son existence dans des secteurs tels que l'h&#244;tellerie, la restauration, le nettoyage... Tout le travail ingrat du syndicalisme &#8211; aller tracter devant les bo&#238;tes, afficher, informer, rencontrer et discuter avec les travailleurs et travailleuses &#8211; est de plus en plus laiss&#233; de c&#244;t&#233;. C'est pourtant la base &#8211; sans cela, aucun mouvement ne peut s'enraciner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; Plus l'&#233;t&#233; approchait (et avec lui, les vacances scolaires, la fatigue accumul&#233;e, la peur de la d&#233;mobilisation...), plus les querelles id&#233;ologiques, les batailles et d&#233;saccords traditionnels, les petites histoires locales mises de c&#244;t&#233; revenaient sur le devant de la sc&#232;ne. Nous &#233;tions quelques-un.e.s &#224; croire et &#224; esp&#233;rer que s'organisaient les bases d'une r&#233;volution. Ou au moins, &#224; penser que nous viendrions &#224; bout de la loi Travail. Mais nous avons trop cru aux &#171; On-l&#226;chera-rien &#187;, qui ont vite &#233;t&#233; remplac&#233;s par les &#171; C'est-compliqu&#233;-et-je-n'ai-pas-de-mandat-pour-&#231;a &#187;. Pourquoi &#231;a n'a pas repris ? Pourquoi on n'a pas continu&#233; ? Je me dis que nous devons rester modestes, agir localement &#8211; et c'est ce que beaucoup d'entre nous continuent &#224; faire (en luttant sur le logement, l'&#233;ducation, la pr&#233;carit&#233;, avec les migrant.e.s, contre les projets inutiles...). Pass&#233; un certain cap, pour &#234;tre pris au s&#233;rieux, il faut des signataires, des forces historiques, des institutions reconnues. Et malheureusement, ce sont elles qui n&#233;gocient, donc ce sont elles qui peuvent nous trahir. Tout &#231;a me semble d&#233;couler d'une tradition de syndicalisme r&#233;formateur qui survit sur de lointains succ&#232;s, acquis du temps du Front populaire. Ils se r&#233;p&#232;tent ce mantra assez triste : &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou rien ! &#187; Comme un objectif en soi &#8211; ind&#233;passable. Mais comme ce n'est jamais g&#233;n&#233;ral, c'est toujours rien !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Mathieu Rivat et Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans ces deux derniers endroits, les mobilisations syndicales ont donn&#233; lieu &#224; de s&#233;rieuses menaces de la part de l'employeur : entretien pr&#233;alable &#224; licenciement, menaces de sanction, voire licenciement effectifs...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupe de d&#233;fense collective qui fournit une assistance juridique aux manifestant.e.s et activistes interpell&#233;.e.s et/ ou mis.e.s en cause par la justice.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les femmes de chambre luttent (toujours)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-femmes-de-chambre-luttent</link>
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		<dc:date>2019-09-20T01:27:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


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&lt;p&gt;En gr&#232;ve depuis le 11 avril &#224; Marseille, les onze salari&#233;es d'Elior, sous-traitant de l'h&#244;tel de luxe NH H&#244;tel, tiennent toujours leurs piquets. Pour l'instant, pas de quoi faire plier la direction, mais un brin d'espoir &#224; l'horizon. &#171; Avec la canicule, les piquets de gr&#232;ve devenaient un enfer, les filles commen&#231;aient &#224; d&#233;primer un peu. L&#224;, le moral revient, c'est une lueur d'espoir. &#187; Camille, salari&#233;e de la CNT-SO, le syndicat des onze gr&#233;vistes du NH H&#244;tel du boulevard des Dames, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camille-873" rel="tag"&gt;Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salariees" rel="tag"&gt;salari&#233;es&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chambre" rel="tag"&gt;chambre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/filles-commencaient" rel="tag"&gt;filles commen&#231;aient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve-devenaient" rel="tag"&gt;gr&#232;ve devenaient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En gr&#232;ve depuis le 11 avril &#224; Marseille, les onze salari&#233;es d'Elior, sous-traitant de l'h&#244;tel de luxe NH H&#244;tel, tiennent toujours leurs piquets. Pour l'instant, pas de quoi faire plier la direction, mais un brin d'espoir &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; A&lt;/span&gt;&lt;i&gt;vec la canicule, les piquets de gr&#232;ve devenaient un enfer, les filles commen&#231;aient &#224; d&#233;primer un peu. L&#224;, le moral revient, c'est une lueur d'espoir. &#187;&lt;/i&gt; Camille, salari&#233;e de la CNT-SO, le syndicat des onze gr&#233;vistes du NH H&#244;tel du boulevard des Dames, &#224; Marseille, n'est pas encore tout &#224; fait sereine. Mais la nouvelle est bonne : le pr&#233;fet demande &#224; la direction d'Elior et aux salari&#233;es de d&#233;signer un &#171; &lt;i&gt;m&#233;diateur conjointement choisi&lt;/i&gt; &#187;. Surtout, la direction nationale de l'entreprise a repris le dossier en main, et semble plus encline &#224; discuter que son homologue r&#233;gionale. Les actions men&#233;es par les gr&#233;vistes auront fini par payer un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une visite express &#224; Madrid, quelques-unes, soutenues par la CGT espagnole, ont manifest&#233; devant un h&#244;tel NH, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre re&#231;ues au si&#232;ge du groupe. Et &#224; Marseille, elles sont all&#233;es faire pression devant un autre &#233;tablissement de la multinationale h&#244;teli&#232;re, sur la corniche. &#171; &lt;i&gt;La bonne nouvelle, c'est que l'h&#244;tel a l'air de prendre les choses en main, indique Camille. Au d&#233;but, ils faisaient profil bas et laissaient Elior d&#233;cider, mais l&#224; &#231;a va bient&#244;t faire trois mois, donc ils r&#233;agissent. &#187;&lt;/i&gt; Des accords tacites auraient d'ailleurs &#233;t&#233; conclus. &#171; &lt;i&gt;Dans les luttes,&lt;/i&gt; observe la juriste,&lt;i&gt; c'est g&#233;n&#233;ralement l'h&#244;tel, et rarement le sous-traitant, qui finit par prendre en charge les demandes des salari&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; La caisse de gr&#232;ve, renflou&#233;e &#224; l'occasion de plusieurs &#233;v&#233;nements de soutien, parvient toujours &#224; compenser les semaines non travaill&#233;es. Mais la syndicaliste esp&#232;re quand m&#234;me obtenir des indemnit&#233;s de gr&#232;ve pour les salari&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis des pouvoirs publics, la situation reste tendue. D&#233;but juin, deux gr&#233;vistes et deux syndicalistes CNT-SO ont pass&#233; 24 heures en garde &#224; vue&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les deux syndicalistes avaient d&#233;j&#224; subi une garde &#224; vue au mois de mai.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, apr&#232;s une arrestation brutale. Deux jours d'ITT (interruption totale de travail) pour l'une, six pour l'autre, avec au final trois semaines d'arr&#234;t de travail. L'une des deux avocates, Cl&#233;mence Lachkar, ne comprend pas : &#171; &lt;i&gt;Ils ont arr&#234;t&#233; une gr&#233;viste, alors qu'elle ne faisait rien, elle n'a pas du tout r&#233;sist&#233;. Puis tout le monde a protest&#233; et l&#224;, la situation s'est tendue : un policier a &#233;trangl&#233; une deuxi&#232;me gr&#233;viste, en serrant sa t&#234;te entre son flanc et son bras, sous son aisselle ; une des syndicalistes&lt;/i&gt; [enceinte de huit mois, NDLR] &lt;i&gt;est tomb&#233;e, ils l'ont arr&#234;t&#233;e, ainsi qu'un autre syndicaliste venu l'aider. &#187;&lt;/i&gt; Les quatre ont &#233;t&#233; plac&#233;s en garde &#224; vue pour &#171; violences sur personnes d&#233;positaires de l'autorit&#233; publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, il n'y a eu aucune convocation devant la justice. Une situation en suspens, &#224; l'image des n&#233;gociations autour des revendications des gr&#233;vistes (treizi&#232;me mois, majoration de 50 % le dimanche, deux jours de repos cons&#233;cutifs par semaine). &#192; &lt;i&gt;Bastamag&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;18/06/2019.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, une des femmes de chambre a confi&#233; : &#171; &lt;i&gt;On va rester l&#224;, et c'est nous, les femmes de chambre, qui allons gagner.&lt;/i&gt; &#187; C'est dit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Notre article de juin (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;177) : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Femmes-de-chambres-une-greve' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Femmes de chambres : une gr&#232;ve quatre &#233;toiles&lt;/a&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Notre article de septembre (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;179) : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Femmes-de-chambre-en-lutte-a' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Femmes de chambre en lutte &#224; Marseille : encore et encore&lt;/a&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les deux syndicalistes avaient d&#233;j&#224; subi une garde &#224; vue au mois de mai.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;18/06/2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Femmes de chambre en lutte &#224; Marseille : encore et encore</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Laura Pandelle</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
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		<dc:subject>Elisandra</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 11 septembre, si rien ne bouge d'ici l&#224;, elles entameront leur sixi&#232;me mois de gr&#232;ve. Les femmes de chambre de l'h&#244;tel de luxe NH (Marseille 2e), employ&#233;es par le sous-traitant Elior, ont pass&#233; un &#233;t&#233; combatif. Apr&#232;s l'&#233;chec des n&#233;gociations en juillet, elles continuent. &#201;reintant mais pas d&#233;primant. Par la fen&#234;tre du premier &#233;tage, une t&#234;te passe. En bas, on s'agite. Des sourires sont &#233;chang&#233;s, des nouvelles donn&#233;es. &#171; &#8211; &#199;a va ? &#8211; &#199;a va&#8230; &#8211; &#199;a se passe comment ? &#8211; Toujours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sous-traitant" rel="tag"&gt;sous-traitant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 11 septembre, si rien ne bouge d'ici l&#224;, elles entameront leur sixi&#232;me mois de gr&#232;ve. Les femmes de chambre de l'h&#244;tel de luxe NH (Marseille 2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;), employ&#233;es par le sous-traitant Elior, ont pass&#233; un &#233;t&#233; combatif. Apr&#232;s l'&#233;chec des n&#233;gociations en juillet, elles continuent. &#201;reintant mais pas d&#233;primant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3030 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH291/-1265-b74af.jpg?1782721412' width='500' height='291' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Laura Pandelle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;ar la fen&#234;tre du premier &#233;tage, une t&#234;te passe. En bas, on s'agite. Des sourires sont &#233;chang&#233;s, des nouvelles donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8211; &lt;i&gt;&#199;a va ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#199;a va&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#199;a se passe comment ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; &lt;i&gt;Toujours pareil, toujours aussi dur et il manque plein de mat&#233;riel&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Par contre, celles qui ont fait la gr&#232;ve font un peu moins de chambres qu'avant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gestes de mains, et&lt;i&gt; hop&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;, la t&#234;te dispara&#238;t. En bas, Elisandra, Leila et Ana, trois gr&#233;vistes, devisent. Celle avec qui elles viennent de s'entretenir est plus qu'une coll&#232;gue de travail : c'est une acolyte de lutte, une avec qui la gr&#232;ve a commenc&#233; le 11 avril dernier. En ao&#251;t, avec deux autres, elle a repris le travail. Sur les trois, deux, plus &#226;g&#233;es, &#233;taient &#233;puis&#233;es par le conflit. La derni&#232;re, de nationalit&#233; &#233;trang&#232;re, devait dans l'urgence avoir des fiches de paye &#224; fournir &#224; la pr&#233;fecture. Presque cinq mois plus tard, sur les onze de d&#233;part, restent donc huit gr&#233;vistes. &#171; &lt;i&gt;On est fatigu&#233;es mais &#231;a va, toujours motiv&#233;es&lt;/i&gt;, nous confie Elisandra. &#199;a a &#233;t&#233; un peu dur, surtout &#224; cause de la chaleur&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Leila.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les matins, avec des soutiens, elles viennent devant l'h&#244;tel pour se faire entendre. Apr&#232;s un printemps et un d&#233;but d'&#233;t&#233; tr&#232;s agit&#233;s, notamment en raison de la forte pr&#233;sence et r&#233;pression polici&#232;res, qui avait men&#233; &#224; plusieurs gardes &#224; vue, la fin du mois d'ao&#251;t est un peu plus tranquille. Une table, quatre chaises, deux banderoles. En deux heures, trois passants glisseront un billet dans la caisse de gr&#232;ve. Les soir&#233;es de soutien continuent, les rendez-vous militants aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours auparavant, une action a &#233;t&#233; men&#233;e devant un autre &#233;tablissement du groupe NH, le NHow, situ&#233; sur la corniche, au sud de Marseille, quartiers cossus. Peu de monde mais de la voix et&#8230; des policiers, venus, eux, en masse. Lara, salari&#233;e de la CNT-SO, o&#249; sont syndiqu&#233;es toutes les gr&#233;vistes : &#171; &lt;i&gt;Quand on vient ici, &#231;a a plus d'impact, on esp&#232;re que la direction de ce NH fasse pression.&lt;/i&gt; &#187; La syndicaliste aussi est fatigu&#233;e, mais optimiste. La caisse de gr&#232;ve se maintient et les gr&#233;vistes ont pu toucher l'&#233;quivalent de leur salaire pour le mois d'ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, il y a eu aussi des actions en dehors de Marseille. Apr&#232;s un tour &#224; Madrid en juin, une d&#233;l&#233;gation s'est rendue &#224; Toulouse, notamment pour une intervention lors des universit&#233;s d'&#233;t&#233; de la France Insoumise. Elles y ont rencontr&#233; les femmes de chambre de l'Ibis Batignolles (Paris), employ&#233;es par le sous-traitant STN et en gr&#232;ve depuis mi-juillet. Ensemble, elles ont manifest&#233; devant un h&#244;tel du groupe Accor&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propri&#233;taire des h&#244;tels Ibis.&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Cette gr&#232;ve parisienne, lance Leila, &#171; &lt;i&gt;&#231;a donne envie de continuer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le sous-traitant d&#233;gag&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Car pour l'instant, malgr&#233; les soutiens et la combativit&#233;, la situation est bloqu&#233;e. En juillet, la m&#233;diation pr&#233;fectorale a &#233;chou&#233;&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; La Provence (23/08/2019), Elior a d&#233;clar&#233; que les n&#233;gociations &#233;taient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Face &#224; des revendications larges (treizi&#232;me mois, majoration de 50 % le dimanche, deux jours de repos cons&#233;cutifs par semaine, meilleure r&#233;mun&#233;ration, conditions de travail plus dignes), Elior a propos&#233; une prime unique de 500 euros : m&#233;prisant pour les gr&#233;vistes qui ne se font plus d'illusion sur la capacit&#233; du sous-traitant &#224; faire un pas significatif. Leila : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s tous ces mois de gr&#232;ve, on ne peut pas s'arr&#234;ter comme &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour elle comme pour Elisandra, Ana et les autres, l'espoir repose donc plus que jamais sur la direction de l'h&#244;tel. &#192; la fin de l'ann&#233;e, le contrat avec le sous-traitant doit &#234;tre renouvel&#233;. Ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour abonder &#224; la caisse de gr&#232;ve, g&#233;r&#233;e par la CNT-SO, on peut se rendre sur le site LePotSolidaire.fr, rubrique &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lepotsolidaire.fr/pot/mcvvrkn0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Caisse de gr&#232;ve sous-traitance h&#244;teli&#232;re en lutte&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Notre article de juin (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;177) : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Femmes-de-chambres-une-greve' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Femmes de chambres : une gr&#232;ve quatre &#233;toiles&lt;/a&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Notre article de juillet (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;178) : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-femmes-de-chambre-luttent' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les femmes de chambre luttent (toujours)&lt;/a&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Propri&#233;taire des h&#244;tels Ibis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; (23/08/2019), Elior a d&#233;clar&#233; que les n&#233;gociations &#233;taient toujours en cours.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il n'y aura pas de coagulation rouge et or</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Il-n-y-aura-pas-de-coagulation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Il-n-y-aura-pas-de-coagulation</guid>
		<dc:date>2019-08-17T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Andr&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Ma&#239;lys Vallade</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>lutte</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets</dc:subject>
		<dc:subject>jaunes</dc:subject>
		<dc:subject>Gilet jaune</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>Gilet</dc:subject>
		<dc:subject>jaune</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Autonomes et ing&#233;rables, les Gilets jaunes ont toujours tenu &#224; distance partis politiques et syndicats. Jusqu'au d&#233;but f&#233;vrier o&#249;, &#224; la faveur d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, leurs troupes ont fray&#233; avec des syndicalistes. D&#233;tails du moment &#224; Perpignan. Il y a des mots qui font la mode. Le 5 f&#233;vrier, jour de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, Gilets jaunes et drapeaux rouges devaient &#171; coaguler &#187;. Pass&#233; le temps de la d&#233;fiance anti-syndicale, les fluos acceptaient de rompre leurs digues isolationnistes. Bien (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Autonomes et ing&#233;rables, les Gilets jaunes ont toujours tenu &#224; distance partis politiques et syndicats. Jusqu'au d&#233;but f&#233;vrier o&#249;, &#224; la faveur d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, leurs troupes ont fray&#233; avec des syndicalistes. D&#233;tails du moment &#224; Perpignan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH295/-1214-1b3e4.jpg?1782962233' width='500' height='295' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#239;lys Vallade
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l y a des mots qui font la mode. Le 5 f&#233;vrier, jour de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, Gilets jaunes et drapeaux rouges devaient &#171; coaguler &#187;. Pass&#233; le temps de la d&#233;fiance anti-syndicale, les fluos acceptaient de rompre leurs digues isolationnistes. Bien conscients que, si l'&#233;nergie &#233;tait toujours l&#224;, il fallait stopper la lente &#233;rosion des mobilisations. Apr&#232;s plus de deux mois de lutte, l'usure et la peur d'&#234;tre bastonn&#233; ou embastill&#233; avaient coup&#233; le jarret de bon nombre de manifestants. &#171; &lt;i&gt;Il faut que les gens descendent avec nous ! &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;p&#233;tait-on comme un mantra dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Le spectre de la r&#233;cup&#233;ration politicienne ayant reflu&#233;, une jonction temporaire avec quelques centrales syndicales (CGT, Solidaires et la FSU principalement) ne provoquait plus de cris d'orfraie. Apr&#232;s tout, on partageait certains mots d'ordre, dont l'exigence de plus de justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Perpignan (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), le point de confluence eut lieu place de Catalogne. L'occasion de retrouver l'insupportable sono de la CGT avec son immarcescible playlist &#224; broyer les tympans. Affubl&#233; d'un grand manteau rouge, le secr&#233;taire d&#233;partemental c&#233;g&#233;tiste prit le micro : &#171; &lt;i&gt;Chers amis, chers camarades, nous vivons un moment unique, celui de la convergence des luttes. &#187;&lt;/i&gt; Et l'orateur d'&#233;num&#233;rer les dol&#233;ances &lt;i&gt;ad hoc &lt;/i&gt; : non &#224; la casse du service public, aux privatisations, au ch&#244;mage. Avant de pr&#233;venir : &#171; &lt;i&gt;Si on bloque l'&#233;conomie, le grand patronat va d&#233;crocher le t&#233;l&#233;phone pour dire &#224; Macron qu'il arr&#234;te ses conneries. Et l&#224;, &#231;a va &#233;voluer. &#187;&lt;/i&gt; On crut r&#234;ver en entendant &#231;a : comme si le patronat ne l'avait pas d&#233;j&#224; eue, sa grande frousse, dans la foul&#233;e d'un 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre insurrectionnel. Aux pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre, le syndicaliste adressa cependant un message tout en retenue : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est un horizon d&#233;licat, pas vraiment raccord avec le spontan&#233;isme fluo. Le rapport de force se construit petit &#224; petit. Aussi, apr&#232;s une manif plan-plan par les grands boulevards, l'homme appelait &#224; une &#233;ni&#232;me r&#233;union intersyndicale &#224; 15 h. Coaguler, OK. Mais pas trop vite.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vider la maison poulaga&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans l'assistance, ce fut la douche. Froide. Un camarade de chez Solidaires prit alors le micro. Des Gilets jaunes avaient pass&#233; la nuit &#224; bloquer le march&#233; international Saint-Charles. On se devait de les rejoindre. Mouvement d'humeur dans la foule. Action ou r&#233;union, il fallait choisir. Apr&#232;s quelques palabres, une courte manifestation eut lieu en ville &#171; &lt;i&gt;pour qu'on se montre en nombre &#187;&lt;/i&gt;. Et puis on rejoignit les Gilets jaunes &#224; Saint-Charles &#8211; soit une bonne heure de marche vers la p&#233;riph&#233;rie de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;but d'apr&#232;s-midi, drapeaux rouges et dossards fluos m&#234;l&#232;rent leur chromatique col&#232;re. Sifflets, cornes de brume, vivats ! Ne cachons pas notre joie : ce moment de &#171; fraternit&#233; &#187; fut assez &#233;mouvant &#224; vivre. L'espace de quelques heures, la soudure permit toutes les prospectives. Tandis que les &#233;lites s'acharnent &#224; cultiver les divisions, syndicalistes et rond-pointistes refondaient quelques bases communes. Dans la presse locale, une photo montra un d&#233;l&#233;gu&#233; c&#233;g&#233;tiste hilare serrer la pogne de son homologue Gilet jaune. Tout autour, des centaines de poids-lourds de fruits et l&#233;gumes &#233;taient &#224; l'arr&#234;t. Les chauffeurs, pour l'essentiel marocains ou polonais, d&#233;gain&#232;rent leur smartphones pour filmer cette &#233;trange sc&#232;ne de liesse. Retranch&#233;s derri&#232;re les grilles de leur hangar, une poign&#233;e de patrons et de salari&#233;s z&#233;l&#233;s exprim&#232;rent leur col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Vous emp&#234;chez les gens de travailler ! &#187;&lt;/i&gt; &#171; &lt;i&gt;Vous avez qu'&#224; vous mettre en gr&#232;ve et venir avec nous ! &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;torqu&#232;rent les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foule se massa autour de Sofiane&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh10-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, increvable Gilet jaune : &#171; &lt;i&gt;On a pass&#233; la nuit ici &#224; bloquer les camions. On n'a pas dormi. C'est bien beau de d&#233;clarer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 5 f&#233;vrier, mais nous on est en lutte depuis le 17 novembre. Ce qu'on vous propose, c'est de faire votre r&#233;union syndicale ici sur le rond-point ! &#187;&lt;/i&gt; Le porte-parole c&#233;g&#233;tiste esquissa une grimace. Et r&#233;p&#233;ta la substance de ses pr&#233;c&#233;dents discours. Ne pas se presser, convaincre pas &#224; pas, parce que personne n'a de &#171; &lt;i&gt;baguette magique pour que les gens se mettent en gr&#232;ve &#187;&lt;/i&gt;. L'&#233;change s'embourba quelque peu. Les Gilets jaunes avaient r&#233;ussi le tour de force d'attirer les syndicats sur leur terrain de lutte. Mais on comprit rapidement que l'exploit s'arr&#234;terait l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois ces derniers repli&#233;s en intersyndicale, les flics commenc&#232;rent &#224; se harnacher. La f&#234;te prit fin. Des renforts de bleus arriv&#232;rent, en petits groupes pas toujours synchrones. On aurait dit que le pr&#233;fet avait vid&#233; toute la maison poulaga : on vit affluer des ma&#238;tres-chiens, des bacqueux, des secr&#233;taires &#224; talons. Tout ce personnel de l'ordre d&#233;boulait par vagues successives, de mani&#232;re un peu pr&#233;cipit&#233;e. Les civils se munissaient de casques et tonfas ; d'autres sortaient leurs cam&#233;ras pour filmer la canaille. Toisant ses anciens coll&#232;gues, un flic retrait&#233; pass&#233; du c&#244;t&#233; jaune s'exclama : &#171; &lt;i&gt;C'est du grand n'importe quoi ! Ces gens ne sont pas du tout form&#233;s pour le maintien de l'ordre. Ce ne sont ni des CRS, ni des gendarmes-mobiles. &#187;&lt;/i&gt; D&#233;sireux de tenir la position, d'intr&#233;pides Gilets tra&#238;n&#232;rent une cohorte de Caddie chip&#233;s au Lidl du coin pour en faire une barricade symbolique. La suite se confondit en s&#233;quences coutumi&#232;res : sommations, gazages, charges. Des gens cours&#233;s sur plus de deux kilom&#232;tres. Des bacqueux d&#233;sinhib&#233;s multipliant de crasses menaces. Une Gilette atteinte par un tir de LBD &#224; la jambe dut passer sur le billard. Faire peur, faire mal. La schlague castan&#233;rienne n'entendait pas mollir.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;masquer les bluffeurs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La br&#232;ve convergence syndicale n'a rebattu aucune carte. N&#233; hors les clous de la contestation sociale, le soul&#232;vement des Gilets jaunes ne peut compter que sur lui-m&#234;me et sa propre capacit&#233; &#224; se r&#233;g&#233;n&#233;rer. Ce qui n'est pas plus mal. Son essence ne peut que le pousser &#224; multiplier les d&#233;bordements et innover dans sa recherche de nouveaux terrains de lutte. &#201;viter toute &#171; normalisation &#187; ; tout enfermement dans une quelconque doctrine proche du faisand&#233; dialogue social. &#192; ce jeu l&#224;, il nous est permis d'&#234;tre optimiste. Les Gilets jaunes n'ont pas eu besoin de lire le Comit&#233; invisible pour piger qu'un blocage des flux &#233;conomiques constituait un des principaux rapports de force avec le pouvoir. Pas eu besoin de lire Bakounine pour comprendre qu'adopter une structure verticale avec ses cercles hi&#233;rarchiques ne pourrait que les d&#233;poss&#233;der de toute capacit&#233; &#224; agir. En obligeant la Macronie &#224; se d&#233;voiler, les dossards jaunes ont mis &#224; jour l'ossature polici&#232;re d'un &#201;tat pr&#234;t &#224; toutes les surench&#232;res s&#233;curitaires pour &#233;touffer la fronde. Le lendemain de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, quelques dizaines de Jaunes retourn&#232;rent comme d'habitude au rond-point strat&#233;gique du p&#233;age sud-perpignanais. Plusieurs fourgons de police vinrent les d&#233;loger. Ce qui &#233;tait tol&#233;r&#233; la veille ne l'&#233;tait plus &#224; pr&#233;sent. Un flic r&#233;suma : &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;fet nous a donn&#233; l'ordre de nettoyer les ronds-points. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 16 f&#233;vrier. Cinq cents fluos d&#233;filent dans les rues de Perpignan pour l'acte XIV. On se compte, on s'&#233;value, on se rassure. Trois mois de lutte et on est toujours l&#224;. Une rumeur indique que le directeur d'un Leclerc a menac&#233; ses employ&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Si je vois l'un d'entre vous avec un gilet jaune, c'est la porte ! &#187;&lt;/i&gt; Sur le parking du supermarch&#233;, les stores m&#233;talliques sont baiss&#233;s et les entr&#233;es barr&#233;es de flics en tenue anti&#233;meute. Le temple de la consommation sous bonne garde de la police r&#233;publicaine... Plus tard, alors que nous sommes mass&#233;s face au commissariat, on tchatche avec un ex-bidasse ayant fait du maintien de l'ordre en Afrique. Il montre un flic en faction : &#171; &lt;i&gt;Tu sais pourquoi il porte une cagoule ? &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Pour pas qu'on le reconnaisse ? &#187;&lt;/i&gt; lui r&#233;pond-on. &#8211; &#171; &lt;i&gt;Non. C'est pour faire peur. Et lui, l&#224;-bas, avec son LBD plaqu&#233; contre sa poitrine : il n'est pas du tout pr&#234;t &#224; tirer. Il exhibe juste son arme. En Afrique, j'ai fait face &#224; des manifestants autrement plus hostiles et nombreux. On ne portait ni casque ni bouclier. Sinon, &#231;'aurait &#233;t&#233; per&#231;u comme une provocation. Ce qu'on voit l&#224;, c'est une mise en sc&#232;ne. Une grossi&#232;re intimidation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coups de menton de l'&#201;lys&#233;e. Du bluff.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Serge Andr&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb10-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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