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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Quartiers nord en r&#233;sistance</title>
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		<dc:date>2013-02-13T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Quand les op&#233;rations de concertation men&#233;es par les pouvoirs publics ne d&#233;bouchent sur rien d'autre que des relogements forc&#233;s, certains habitants de ces cit&#233;s, partiellement d&#233;grad&#233;es mais totalement vivantes, au nord de la ville de Marseille, se rebiffent. Leurs exigences ? Vivre dignement l&#224; o&#249; ils ont construit leurs existences. Ni plus ni moins. &#171; Dans le cadre de la r&#233;novation du quartier de la Savine, la communaut&#233; urbaine, o&#249; je suis &#233;lue, pr&#233;voyait la pr&#233;servation des collines. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no106-decembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;106 (d&#233;cembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Savine" rel="tag"&gt;Savine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand les op&#233;rations de concertation men&#233;es par les pouvoirs publics ne d&#233;bouchent sur rien d'autre que des relogements forc&#233;s, certains habitants de ces cit&#233;s, partiellement d&#233;grad&#233;es mais totalement vivantes, au nord de la ville de Marseille, se rebiffent. Leurs exigences ? Vivre dignement l&#224; o&#249; ils ont construit leurs existences. Ni plus ni moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans le cadre de la r&#233;novation du quartier de la Savine, la communaut&#233; urbaine, o&#249; je suis &#233;lue, pr&#233;voyait la pr&#233;servation des collines. Or, j'ai pu constater sur le plan local d'urbanisme qu'une partie de la zone jouxtant le haut du quartier r&#233;nov&#233; pourrait &#234;tre destin&#233;e &#224; devenir une carri&#232;re &lt;/i&gt; &#187;, explique, calmement et au milieu du brouhaha, Jo&#235;lle Boulay, adjointe &#224; l'urbanisme &#224; la mairie des 15e et 16e arrondissements de Marseille. Le silence se fait d'un coup dans cette salle du groupe scolaire de la Savine. La petite cinquantaine de personnes ayant fait le d&#233;placement ce 15 novembre &#233;tait convi&#233;e &#224; un de ces &#171; ateliers de concertation &#187; organis&#233;s par l'Agence nationale de la r&#233;novation urbaine (ANRU), pr&#233;tendant faire le lien entre, d'une part, les d&#233;cideurs rassemblant des bailleurs sociaux, un repr&#233;sentant du pr&#233;fet et le chef de projet urbain, et, d'autre part, des habitants et commer&#231;ants de la cit&#233;. Car, ce quartier, accroch&#233; aux pentes occidentales du massif de l'&#201;toile, est inscrit dans le vaste programme de l'ANRU, qui, sur la ville de Marseille, a pour objectif de r&#233;habiliter, r&#233;nover, ou reconstruire, selon les cas, quatorze cit&#233;s compos&#233;es principalement de logements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de b&#226;timents de la Savine, construit telle une forteresse en 1973 et accessible par une seule route, comptait initialement trente cinq immeubles. En 1993, six d'entre eux sont d&#233;truits. Cinq nouvelles d&#233;molitions sont r&#233;alis&#233;es en 2003 au moment m&#234;me o&#249; le plan global R&#233;novation urbaine de Jean-Louis Borloo, alors ministre du Travail, de la Coh&#233;sion sociale et du Logement, est annonc&#233;. En 2009, la d&#233;couverte d'amiante dans les cloisons des appartements contraint &#224; l'arr&#234;t des travaux entrepris. D&#232;s lors, il n'est plus question de r&#233;habilitation des habitats existants, mais d'une d&#233;molition de la cit&#233; suivie d'une reconstruction selon de nouveaux plans destin&#233;s &#224; &lt;i&gt;&#171; d&#233;senclaver le quartier et &#224; y favoriser la mixit&#233; sociale &#187;&lt;/i&gt;, selon les dires des d&#233;cideurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la salle du groupe scolaire, donc, l'annonce de la cr&#233;ation &#233;ventuelle d'une carri&#232;re soul&#232;ve imm&#233;diatement un toll&#233; parmi les habitants. Les planificateurs de la r&#233;novation n'ont eu de cesse depuis des mois de claironner sur tous les toits que les nouvelles constructions ne se feraient pas aux m&#234;mes places que les immeubles actuellement existants au pr&#233;texte de la cr&#233;ation d'une zone naturelle prot&#233;g&#233;e. L'intervention imm&#233;diate de Fran&#231;oise Mesliand, responsable du p&#244;le&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_506 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;7&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH284/106-busserine-5eac8.png?1768652559' width='400' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D. R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Renouvellement urbain de la Logirem, le bailleur social, expliquant que &lt;i&gt;&#171; tr&#232;s honn&#234;tement et pour que les choses soient claires, ce n'est absolument pas cette raison qui a conduit l'urbaniste &#224; r&#233;fl&#233;chir au projet &#187;&lt;/i&gt; n'interrompt pas les railleries des participants. Et surtout confirme, encore une fois, le sentiment de profonde d&#233;fiance qui anime de nombreux habitants du quartier lorsqu'ils regardent et &#233;coutent toutes les administrations et organismes en charge de la transformation de leur lieu d'habitation et de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Jusqu'en 2009, avant que le b&#226;timent A, tout en haut de la cit&#233;, ne soit d&#233;truit, la Logirem et l'&#201;tat avaient promis aux locataires qu'il serait reconstruit &#187;&lt;/i&gt;, explique une participante du comit&#233; savinois pour la r&#233;novation, un des regroupements de locataires, en montrant du doigt une vaste dalle de b&#233;ton. Elle poursuit : &lt;i&gt;&#171; Cet immeuble est devenu mythique. Il y avait l&#224; une vie sociale intense, des &#233;changes, des solidarit&#233;s. C'&#233;tait l&#224; aussi qu'il y avait les associations du quartier. Les gens ont &#233;t&#233; dispers&#233;s, et aujourd'hui il n'y a aucun projet de reconstruction. &#187;&lt;/i&gt; Djamila, une des animatrices du comit&#233;, reprend : &lt;i&gt;&#171; L'endroit est magnifique, il surplombe la ville. Alors forc&#233;ment on se m&#233;fie. Puisque le projet sur le quartier affirme que les immeubles vont &#234;tre construits plus bas, on craint que le site de l'ancien b&#226;timent A ne soit vendu &#224; des promoteurs avec l'id&#233;e de mettre les pauvres dans le vallon et les riches en haut. Avec tout ce qu'on entend sur l'ouverture de Marseille &#224; l'Europe, on peut facilement penser qu'un site comme celui-ci suscite des convoitises et que les habitants actuels qui sont nombreux &#224; &#234;tre au ch&#244;mage ou au RSA sont un peu encombrants&#8230; &#187;&lt;/i&gt;. Et une autre participante d'ajouter :&lt;i&gt; &#171; Ils arrivent avec un projet fini et ils voudraient qu'on signe. Ce n'est pas possible. Rien de ce qu'on veut et de ce qu'on expose lors de leurs r&#233;unions de concertation n'est pris en compte. Ils ont l'intention de construire des immeubles en dessous du site actuel de la cit&#233; sous pr&#233;texte qu'ainsi nous serons moins isol&#233;s. Mais, ce n'est pas le cas. On vit ici &#8211; certains habitants depuis plus de quarante ans &#8211; et on n'est pas isol&#233;. Le quartier, on l'a dans nos entrailles. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;placer les habitants dans le creux du vallon sans aucune garantie de retour dans la cit&#233; reconstruite ? Proposer des appartements dans d'autres quartiers &#233;loign&#233;s ? Pas question. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup des anciens qui vivent ici depuis longtemps et qui y ont fond&#233; des familles n'ont pas cess&#233;, avant de s'installer &#224; la Savine, d'&#234;tre d&#233;plac&#233;s depuis la guerre, de bunkers en bidonvilles puis en cit&#233;s. C'est dans notre m&#233;moire et personne n'a envie de revivre &#231;a &#187;&lt;/i&gt;, explique Djamila. Le comit&#233; savinois s'arc-boute donc contre ces propositions de relogement qui expriment, &#224; ses yeux, le m&#233;pris r&#233;current &#224; l'&#233;gard des habitants des quartiers. &lt;i&gt;&#171; On a totalement le droit de d&#233;cider. Avec les loyers qu'on paie depuis des ann&#233;es et des ann&#233;es, on devrait &#234;tre propri&#233;taires de nos logements &#187;&lt;/i&gt;, avance une habitante. &lt;i&gt;&#171; Ils veulent d&#233;molir, tr&#232;s bien. Beaucoup de logements sont tr&#232;s gravement d&#233;grad&#233;s. Mais ce qu'on veut, c'est que d'abord ils construisent &#224; c&#244;t&#233; de l&#224; o&#249; l'on vit. Une fois le b&#226;timent achev&#233;, ils d&#233;truisent celui dans lequel on vit actuellement. Il faut que l'on ait la garantie d'habiter l&#224; o&#249; on le souhaite, de conserver nos relations et nos vies, insiste Gina, habitante historique du quartier. Il y a des terrains vides au centre de la cit&#233;, alors pourquoi ne commencent-ils pas d&#232;s maintenant &#224; construire ? &#187;&lt;/i&gt; Pour chaque r&#233;union entre la Logirem, l'organisme Marseille R&#233;novation Urbaine et les r&#233;sidents, l'information est largement diffus&#233;e par le comit&#233; afin que toutes et tous y participent, m&#234;me si beaucoup de diff&#233;rences, voire de d&#233;saccords, existent entre les habitants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/106lamoulere-savine-bcda6.png?1768652559' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Difficile exercice alors pour les d&#233;cideurs qui tentent de se pr&#234;ter au &#171; devoir de concertation &#187; proclam&#233; par l'ANRU avec des populations depuis si longtemps m&#233;pris&#233;es. Pr&#233;cision de taille, Djamila rappellera &#224; la n&#233;gociatrice de la Logirem :&lt;i&gt; &#171; Quand vous venez ici, vous &#234;tes pay&#233;s. Pas nous. Cela fait une grosse diff&#233;rence entre nous qui vivons ici et vous qui fa&#238;tes votre travail&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le 14e arrondissement, les quartiers Picon et Busserine devraient aussi conna&#238;tre des op&#233;rations pilot&#233;es par l'ANRU. Trois cent trente appartements, soit six b&#226;timents dont la Logirem est propri&#233;taire, doivent &#234;tre d&#233;molis. Une premi&#232;re moiti&#233; d'entre eux devrait &#234;tre reconstruite sur le site, et la seconde en dehors du quartier. Des travaux de r&#233;habilitation sont programm&#233;s pour les 150 logements restants. En attendant la r&#233;alisation de toutes ces interventions que les images de synth&#232;ses pr&#233;sentent comme l'assurance d'un futur merveilleux &#8211; dans toutes les projections, on ne voit que des Blancs &#8211;, la d&#233;gradation des immeubles a connu, selon les comit&#233;s de locataires, un coup d'acc&#233;l&#233;rateur. L'absence d'entretien des communs comme la non r&#233;paration des ascenseurs en panne arrivant opportun&#233;ment en m&#234;me temps que les projets de transformation du quartier. Dans les tours A et K, vou&#233;es &#224; la d&#233;molition, les acc&#232;s aux appartements vides sont mur&#233;s depuis les couloirs tandis que les fen&#234;tres sont laiss&#233;es grandes ouvertes. &lt;i&gt;&#171; Cela provoque des appels d'air et des chutes de temp&#233;rature. Les gens qui habitent l&#224; se g&#232;lent. C'est la politique de la terre br&#251;l&#233;e pour inciter les gens &#224; partir le plus rapidement possible&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf : http://anru-marseille.net/2012/03/0...&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, explique Madgid Lahoual, porte parole de l'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) de Picon-Busserine. Car, pour l'heure, il semble que la Logirem&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le chiffre d'affaire net de ce bailleur priv&#233; aura &#233;t&#233;, 2010, de 128 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; entende d'une part d&#233;penser le moins d'argent possible pour des habitations vou&#233;es &#224; la d&#233;molition ou &#224; la r&#233;habilitation en attendant l'arriv&#233;e des subventions des pouvoirs publics, et d'autre part &#171; favoriser &#187; des d&#233;parts volontaires afin de s'&#233;pargner par la suite des proc&#233;dures de relogement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux protestations des locataires, dont les comptes bancaires sont d'ores et d&#233;j&#224; d&#251;ment ponctionn&#233;s chaque mois des sommes aff&#233;rentes aux charges locatives, vient s'ajouter une question essentielle qui agite les regroupements d'habitants et les acteurs sociaux du quartier. &lt;i&gt;&#171; Avec l'ANRU, il y a obligation de mettre en place une charte de relogement. Elle doit d&#233;finir les droits du locataire &#224; propos de ses frais de d&#233;m&#233;nagement, des conditions d'acc&#232;s &#224; un logement neuf, du maintien du loyer apr&#232;s le relogement &#187;&lt;/i&gt;, explique Kevin, charg&#233; de mission au centre social de l'Agora &#224; la Busserine. Face aux demandes des comit&#233;s de locataires &#8211; Conf&#233;d&#233;ration syndicale des familles (CSF) et CLCV rassembl&#233;s &#8211;, la Logirem aura dans un premier temps &#233;t&#233; prompte &#224; r&#233;pondre comme l'y contraignait la loi. Mais il faudra une ann&#233;e de rencontres, d&#233;bats, interventions, courriers et vigoureuses concertations pour que, partant d'un texte qui ratifiait a minima les droits des locataires, le bailleur social finisse par concr&#232;tement acc&#233;der &#224; la majeure partie de leurs demandes. &lt;i&gt;&#171; Le point sur lequel il reste un total d&#233;saccord est celui concernant le loyer apr&#232;s r&#233;habilitation ou relogement. Le co&#251;t des charges et de la taxe d'habitation reste opaque. Un tiers des habitants qui seront relog&#233;s vont devoir payer plus. D'autres le seront dans des quartiers fortement d&#233;grad&#233;s. On cherche encore &#224; savoir qui sont ceux qui s'estiment gagnants. Il faut que personne ne soit perdant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le cadre de l'ANRU, le principe du &#171; reste &#224; charge &#187; contraint le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Kevin. Car l&#224; aussi, comme &#224; la Savine, la confiance n'est pas de mise avec les divers partenaires-d&#233;cideurs qui pr&#233;tendent se pencher sur le futur du quartier. L'obligation de concertation inscrite dans le r&#232;glement de l'ANRU avait &#233;t&#233; grossi&#232;rement d&#233;tourn&#233;e, en 2010, lorsque la Logirem avait distribu&#233; une luxueuse plaquette g&#233;n&#233;reusement intitul&#233;e &#171; Ensemble dessinons notre quartier &#187; et pr&#233;sentant un projet achev&#233; sans avoir &#233;bauch&#233; la moindre rencontre avec les habitants. Depuis, les comit&#233;s de locataires ont d&#233;velopp&#233; leurs exigences. Ils souhaitent que les concertations se fassent selon les dispositions d&#233;cid&#233;es par les locataires eux-m&#234;mes. Ils craignent que ces plans de r&#233;novation urbaine n'aboutissent &#224; une &#233;viction massive des personnes &#224; bas revenus, r&#233;sultant notamment d'une augmentation des taxes locales. Ils exigent que les habitants souhaitant rester dans le quartier voient leurs demandes r&#233;ellement prises en compte. Face &#224; ces vives dol&#233;ances, un collaborateur du Grand Projet de ville avait l&#226;ch&#233;, le 12 d&#233;cembre 2011, lors d'une r&#233;union au si&#232;ge de la Logirem, que le caract&#232;re trop vindicatif des associations pourrait provoquer la suppression des 138 millions d'euros allou&#233;s &#224; la r&#233;novation du quartier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois auparavant, un nouveau regroupement s'&#233;tait form&#233; &#224; partir des quartiers du Grand Saint-Barth&#233;l&#233;my regroupant Picon, Busserine, Saint-Barth&#233;l&#233;my III, et Flamants. D&#233;tournant l'acronyme CIQ, utilis&#233; par les Comit&#233;s d'int&#233;r&#234;t de quartier, viviers historiques du client&#233;lisme marseillais, un Collectif inter-quartiers se proposait de cr&#233;er un lieu de rencontre, de r&#233;flexion et de mutualisation des savoirs et des exp&#233;riences. Le 17 novembre 2012, ce &#171; CIQ &#187; apparaissait publiquement lors d'une manifestation devant le si&#232;ge de Marseille r&#233;novation urbaine, en se pr&#233;sentant comme un interlocuteur porteur des revendications de plusieurs quartiers tels que Picon-Busserine, les Flamants, Saint-Barh&#233;l&#233;my III, la Soude, les Oliviers, la Grotte Roland, la Viste et plusieurs autres collectifs des quartiers nord. Autant d'initiatives qui ne peuvent que r&#233;jouir les services de communications de l'&#201;tat et des partenaires publics comme priv&#233;s de la r&#233;novation urbaine qui font assaut de grandiloquence triomphale sur la transparence des d&#233;bats, l'invention de modes de concertation innovant, la reconqu&#234;te de la dignit&#233;, le mieux vivre, la coh&#233;sion et la mixit&#233; sociale et autre int&#233;gration des d&#233;fis environnementaux&#8230; Peut-&#234;tre leurs employeurs vont-ils finir par y croire, mais autrement qu'ils ne l'avaient envisag&#233;, comme l'a constat&#233; le 19 novembre, Val&#233;rie Boyer, pr&#233;sidente de Marseille r&#233;novation urbaine et d&#233;put&#233;e UMP : &lt;i&gt;&#171; On ne va pas non plus c&#233;der au chantage de toutes ces personnes qui n'ont pas envie qu'on vienne dans ces quartiers parce qu'elles se les approprient comme leur territoire&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours auparavant, Sid Abadli, le pr&#233;sident de la CSF de la Busserine avait dit, lors d'une r&#233;union publique : &lt;i&gt;&#171; Le combat que nous menons l&#224; ne concerne pas exclusivement nos quartiers, mais tous les habitants des cit&#233;s qui, partout en France, voient d&#233;barquer les gens de l'ANRU. Ils ne peuvent continuer &#224; nous m&#233;priser encore longtemps&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ingrate-dissidence'&gt;&#171; Ingrate dissidence &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;cf : &lt;a href=&#034;http://anru-marseille.net/2012/03/01/arnaque-nationale-et-resistance-urbaine-le-reportage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://anru-marseille.net/2012/03/0...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le chiffre d'affaire net de ce bailleur priv&#233; aura &#233;t&#233;, 2010, de 128 millions d'euros et ses b&#233;n&#233;fices de 13 millions d'euros. Il aura en outre re&#231;u 695 900 euros de subventions d'exploitation de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans le cadre de l'ANRU, le principe du &lt;i&gt;&#171; reste &#224; charge &#187;&lt;/i&gt; contraint le bailleur &#224; compenser le co&#251;t d'un nouveau logement locatif par rapport au pr&#233;c&#233;dent en prenant en compte le loyer, les charges et les allocations logements, afin que le locataire n'ait pas &#224; subir d'augmentation de ses d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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