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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Heyoka ne se rend pas</title>
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		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


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&lt;p&gt;CQFD : En pr&#233;alable, peux-tu revenir, pour les lecteurs de CQFD, sur l'histoire d'Heyoka ? Origine du nom, du groupe, style, split puis reformation, discographie&#8230; Jack : Heyoka est un personnage am&#233;rindien, un homme-m&#233;decine, un clown avec beaucoup de puissance. Il symbolise le &#171; contraire &#187;, il fait tout &#224; l'envers. Le groupe a eu deux vies : d'abord de 1991 &#224; 1997 avec quelques centaines de concerts en France et en Europe, l'autoproduction d'une cassette d&#233;mo, Vu &#224; la t&#233;l&#233;, suivie d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/107-pochetteheyoka-96692.png?1768723047' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : En pr&#233;alable, peux-tu revenir, pour les lecteurs de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, sur l'histoire d'&lt;a href=&#034;http://heyokapunk.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Heyoka&lt;/a&gt; ? Origine du nom, du groupe, style, split puis reformation, discographie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jack :&lt;/strong&gt; Heyoka est un personnage am&#233;rindien, un homme-m&#233;decine, un clown avec beaucoup de puissance. Il symbolise le &#171; contraire &#187;, il fait tout &#224; l'envers. Le groupe a eu deux vies : d'abord de 1991 &#224; 1997 avec quelques centaines de concerts en France et en Europe, l'autoproduction d'une cassette d&#233;mo, Vu &#224; la t&#233;l&#233;, suivie d'un 45 tours &#233;ponyme, Heyoka, et enfin un album, Demain sera&#8230; Apr&#232;s quinze ann&#233;es d'abstinence, la sortie de l'int&#233;grale Piq&#251;res de rappel nous a ramen&#233;s sur les planches et a entra&#238;n&#233; un nouvel album, &#201;tat des lieux. Nous jouons du punk-rock. Nos textes et notre d&#233;marche co&#239;ncident avec la mouvance anarcho-punk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, pourquoi avoir choisi, pr&#232;s de quinze ans apr&#232;s, de rechausser les gr&#244;les d'un punk d'&#233;mancipation ?Et d'ailleurs, peux-tu nous expliquer le morceau &#171; Yes Futur &#187;, enregistr&#233; pour l'album &lt;i&gt;&#201;tat des lieux&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a f&#234;t&#233; la sortie de l'int&#233;grale sur sc&#232;ne ! Ensuite, le plaisir de nous retrouver, l'accueil du public et les propositions de concerts nous ont remis en piste. Il y avait un go&#251;t d'inachev&#233; &#224; la suite de notre s&#233;paration. Il fallait du neuf et donc un nouvel album. Punk d'&#233;mancipation est une jolie formule : nos vies ont &#233;t&#233; irr&#233;m&#233;diablement boulevers&#233;es par cette contre-culture musicale, sociale et politique. &#171; Yes Futur &#187; est une sorte d'hommage &#224; cette rencontre avec un milieu qui nous a permis de percevoir le monde et d'y vivre diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Le temps qui passe n'est pas notre ennemi, car le syst&#232;me fabrique des hordes de futurs insoumis et m&#234;me des citoyens mod&#232;les, gav&#233;s d'id&#233;ologie se rendent bien compte que le seuil du supportable est franchi. &#187;&lt;/i&gt; &#171; Dans l'ombre &#187; r&#233;sonne comme un manifeste. &#192; quoi pensiez-vous en composant ce morceau ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce morceau sonne effectivement comme un manifeste et est en quelque sorte une esp&#232;ce de pont entre les r&#233;voltes d'hier et celles d'aujourd'hui, de ceux et de celles qui les portent, qui &#233;closent et &#233;clatent comme des bulles sur le fil de l'actualit&#233; et de la r&#233;alit&#233;. Il y a toujours une impatience l&#233;gitime &#224; vouloir faire exploser brutalement cette cage de verre qu'est la soci&#233;t&#233; capitaliste, qui nous subordonne &#224; la marchandise, au travail, &#224; la valeur, &#224; l'argent. Elle peut &#234;tre &#224; certains &#233;gards autodestructrice pour qui perd patience. Cependant, il ne faut jamais oublier les le&#231;ons de la dialectique et savoir reconna&#238;tre que le pire ennemi du syst&#232;me capitaliste, c'est le capitalisme lui-m&#234;me. Ce n'est &#233;videmment pas un gage de sa dissolution paisible en vue d'une &#233;mancipation humaine dans &#171; des lendemains qui chantent &#187;. Ce syst&#232;me o&#249; pr&#233;domine la production de marchandises comme fin en soi peut s'accommoder de bien des dispositifs politiques et &#233;tatiques effrayants. Mais les r&#233;voltes grondent aux quatre coins de la plan&#232;te. &#171; Dans l'ombre &#187; est un hymne aux insurg&#233;s. Il n'y a pas d'autre syst&#232;me livr&#233; cl&#233; en main, il faut &#171; faire son chemin en marchant &#187; comme on dit au Chiapas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;&#201;tat des lieux&lt;/i&gt;, il y a un titre en allemand, &#171; Heuchler &#187;. De quoi parle-t-il ? Quel lien vous rattache &#224; cette langue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce morceau a &#233;t&#233; &#233;crit par Syster, notre chanteuse, dont la langue maternelle est l'allemand. C'est une r&#233;flexion sur notre &#171; milieu &#187; qui n'est pas exempt de tout reproche, &#233;videmment. Il est impossible de s'extirper totalement du monde qui nous&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/107heyoka-b02fe.png?1768723047' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;entoure et l'empreinte du syst&#232;me resurgit parfois dans nos comportements. Nous y c&#244;toyons les m&#234;mes contradictions qu'ailleurs. Les masques que cette soci&#233;t&#233; nous impose d&#233;forment les traits des personnes qui les portent. La lutte contre le capitalisme est aussi un combat permanent contre la forme de socialisation qu'il nous sugg&#232;re et/ou impose dans les tr&#233;fonds de notre cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'album a &#233;t&#233; produit par cinq labels. O&#249; en est la sc&#232;ne punk combative aujourd'hui en termes de structures (lieux, fanzines, labels) ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie culturelle est une vaste machine &#224; faire du fric au service de l'id&#233;ologie dominante. Fid&#232;les &#224; la philosophie &#171; Do It Yourself &#187;, nous g&#233;rons nos productions de mani&#232;re totalement autonome. Les cinq labels, Maloka, LaDistroy, ZoneOnze, General Strike et Deviance fonctionnent sur des bases simples : pas de salariat, pas de contrat, prix de vente minimal, notre album &#224; 8 euros par exemple, distribution ind&#233;pendante, totale libert&#233; de cr&#233;ation et de production. Pour ce qui est de la sc&#232;ne punk combative aujourd'hui, il faut &#234;tre r&#233;aliste, la situation est loin d'&#234;tre simple. Nos musiques sont un vecteur tr&#232;s important de diffusion d'id&#233;es. Mais le peu de salles autog&#233;r&#233;es et de structures culturelles et sociales autonomes nous confine &#224; tr&#232;s peu de visibilit&#233;. Nous avons un retard cons&#233;quent en termes d'organisation sur des pays comme l'Allemagne, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On conna&#238;t votre attachement au mouvement zapatiste contemporain qui f&#234;tera l'an prochain les vingt ans de l'insurrection de janvier 1994. Quelles luttes vous inspirent aujourd'hui ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, le soul&#232;vement au Chiapas n'&#233;tait pas un feu de paille ! Il s'inscrit dans une autre dur&#233;e, bien moins m&#233;diatique, celle des tentatives de changer en profondeur les structures sociales et &#233;conomiques. Il n'y a pas de luttes efficaces sans th&#233;orie sous-jacente. Par l&#224;, l'&#233;mergence sur le plan international de la &#171; critique de la valeur &#187; est &#224; notre sens l'outil le plus efficace pour contrer le capitalisme sur ses bases. Kurz, Jappe, Postone, Holloway sont quelques auteurs des plus recommandables. Sinon, en vrac, le mouvement argentin des &#171; Piqueteros &#187;, la communaut&#233; des logiciels libres, Linux, Anonymous, les luttes de Notre-Dame-des-Landes, du No-TAV, et toutes ces br&#232;ches qui cr&#233;ent des espaces d'autonomie o&#249; l'individu redevient responsable de sa vie et n'est plus seulement un client.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dubamix Acting dub</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
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&lt;p&gt;Du &#171; dub radical &#187; ? Le ph&#233;nom&#232;ne n'est pas si courant. Pourtant, voil&#224; presque dix ans que s&#233;vit [Dubamix-&gt;http://www.dubamix.net. Alors qu'il se pr&#233;pare &#224; remonter sur les planches et &#224; entamer une nouvelle tourn&#233;e, nous rencontrons Greg, l'un des piliers de ce combo d&#233;tonant qui m&#234;le binious, extraits d'Haydn et de discours dans des musiques au service de l'&#233;mancipation. CQFD : Peux-tu revenir sur les diff&#233;rentes &#233;tapes de l'existence de Dubamix ? Greg : Dubamix est n&#233; en 2003 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stepper" rel="tag"&gt;Stepper&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du &#171; dub radical &#187; ? Le ph&#233;nom&#232;ne n'est pas si courant. Pourtant, voil&#224; presque dix ans que s&#233;vit &lt;a href=&#034;http://www.dubamix.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dubamix&lt;/a&gt;. Alors qu'il se pr&#233;pare &#224; remonter sur les planches et &#224; entamer une nouvelle tourn&#233;e, nous rencontrons Greg, l'un des piliers de ce combo d&#233;tonant qui m&#234;le binious, extraits d'Haydn et de discours dans des musiques au service de l'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_511 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH225/106-bugnet-dubamix01-b3d2f.png?1768711724' width='400' height='225' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Laurent Bugnet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Peux-tu revenir sur les diff&#233;rentes &#233;tapes de l'existence de Dubamix ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Greg : &lt;/strong&gt; Dubamix est n&#233; en 2003 lorsque j'ai commenc&#233; &#224; me servir des logiciels de musique assist&#233;e par ordinateur. Je pouvais faire de la musique seul, sans attendre les r&#233;p&#233;titions avec mon groupe de reggae (Lion Stepper). En tant que libertaire, je ne concevais pas de jouer sans faire passer un message, mais probl&#232;me : je ne voulais pas chanter ! Du coup, tr&#232;s rapidement, j'ai eu l'id&#233;e d'incorporer des extraits de discours d'hommes politiques et de les confronter avec la r&#233;alit&#233; sociale. Ainsi, cela permet &#224; certains de d&#233;couvrir des citations hallucinantes mais aussi des engagements peu connus dans le milieu du reggae et du dub. Depuis le d&#233;but du projet, les musiques sont sous licence libre (&lt;a href=&#034;http://creativecommons.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Creative Commons&lt;/a&gt;) et en t&#233;l&#233;chargement gratuit. Bonj (bassiste et ing&#233;nieur du son de Lion Stepper) a masteris&#233; l'album Mix a dub en 2008 qui a &#233;t&#233; press&#233; en Espagne (pour &#233;viter les autorisations Sacem). En 2010, on a commenc&#233; &#224; faire des concerts. Les musiques ont &#233;t&#233; recompos&#233;es et agr&#233;ment&#233;es de vid&#233;os mix&#233;es en live. Buss (&#233;galement membre du groupe Lion Stepper) nous a rejoints, puis Nico, ing&#233; lumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu es tomb&#233; dans la musique quand t'&#233;tais tout jeune. Raconte-nous un peu ton parcours ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai un parcours tr&#232;s &#171; classique &#187;&#8230; J'ai commenc&#233; la musique au conservatoire &#224; l'&#226;ge de 6 ans : saxophone et solf&#232;ge. J'ai ensuite pris des cours de piano. Vers l'&#226;ge de 12 ans, j'ai &#233;t&#233; attir&#233; par le jazz, puis par toutes sortes de musiques, dont le reggae. &#192; 14 ans, j'ai rejoint le groupe Lion Stepper et travaill&#233; les arrangements pour la section cuivre. En parall&#232;le, j'ai appris la guitare. Ensuite, j'ai utilis&#233; des logiciels, notamment Fruity Loops. C'est &#224; cette p&#233;riode que je suis entr&#233; en musicologie &#224; la Sorbonne, o&#249; j'ai pu r&#233;ellement d&#233;couvrir et appr&#233;cier la musique dite &#171; classique &#187; gr&#226;ce &#224; des profs remarquables comme Vincent Barthe et Gilles L&#233;othaud. J'ai pris conscience que cette musique n'est pas une musique molle r&#233;serv&#233;e &#224; la bourgeoisie mais une musique qui peut &#171; groover &#187; et nous procurer des sensations ind&#233;finissables. Du coup, j'ai eu l'envie de m&#234;ler des samples de musique classique sur du dub (Haydn dans le titre &lt;i&gt;Haydub&lt;/i&gt;, Bach et Lalo dans &lt;i&gt;Tango&lt;/i&gt;, Beethoven et Brahms dans &lt;i&gt;Rap In Dub&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais tes influences musicales sont plut&#244;t le reggae, la chanson fran&#231;aise r&#233;aliste, le rap.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reggae est de loin la musique qui me touche et m'influence le plus. C'est la seule musique qui me fait bouger la t&#234;te &#224; ce point, que je le veuille ou non ! Que ce soit du rocksteady des ann&#233;es 1960 (Ken Boothe, The Paragons, Delroy Wilson), du reggae roots des ann&#233;es 1970 (Dennis Brown, Jacob Miller, Horace Andy) ou bien de l'&#233;lectro-dub d'aujourd'hui (High Tone, Kaly Live Dub, Kanka), j'ai toujours ce feeling indescriptible ! Mais beaucoup d'autres styles m'ont influenc&#233; : le jazz, le rap conscient (Assassin, La Rumeur, Scred Connexion sont remix&#233;s dans Police, Public&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_512 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/106-bugnet-dubamix02-86360.png?1768711724' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Laurent Bugnet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enemy dans Rap in dub, Kyma dans Dvordub), la chanson fran&#231;aise &#171; &#224; textes &#187; (&lt;i&gt;Les Patriotes&lt;/i&gt; de Brassens dans &lt;i&gt;Balkan Dub&lt;/i&gt; et on entend Ferr&#233; gueuler contre le marketing dans &lt;i&gt;Tango&lt;/i&gt;), la drum'n'bass, la hardtek, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis le dub, ce style venant de Jama&#239;que et qui a &#233;t&#233; import&#233;, &#224; l'instar du ska, par les rude boys&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Rude boys &#187; d&#233;signe &#224; l'origine les mauvais gar&#231;ons des ghettos jama&#239;cains (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;strong&gt; &#224; Londres. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le dub provient de Jama&#239;que. Pour la petite histoire, il appara&#238;t &#224; la suite d'une erreur lors du pressage d'un dubplate (disque vinyle) : l'ing&#233;nieur du son aurait oubli&#233; de mettre la voix, laissant un morceau enti&#232;rement instrumental. Or il se trouve que le public a ador&#233;. Petit &#224; petit, ces versions instrumentales vont constituer les faces B de nombreux 45 tours. De l&#224; vont na&#238;tre deux innovations majeures : les DJ's se mettent &#224; &#171; toaster &#187; (parler en rythme) sur ces instrumentaux lors des sound systems (c'est le cas de Count Machuki, U Roy, Big Youth et cela va tr&#232;s clairement influencer le rap) ; et les ing&#233;nieurs du son vont ajouter de nombreux effets (&#233;chos, r&#233;verb&#233;ration, flanger, phaser) &#224; ces versions. Le dub est en fait le r&#233;sultat de cette deuxi&#232;me innovation : on peut donc le d&#233;finir comme du reggae avec beaucoup d'effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment composes-tu ? Comment choisis-tu les nombreux samples (extraits musicaux) et les extraits de discours que tu incorpores aux morceaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, tout commence par une id&#233;e de th&#232;me selon l'actualit&#233;. J'essaie alors de r&#233;cup&#233;rer le plus possible d'extraits de discours ; la difficult&#233; &#233;tant de trouver des extraits dont la qualit&#233; sonore soit exploitable. Ensuite, je compose une ligne de basse, les accords, la batterie. Puis j'int&#232;gre les discours et cale les extraits des phrases les plus marquantes sur le rythme de la musique. En parall&#232;le, d&#232;s que j'&#233;coute un morceau que je pense remixer, je note directement les r&#233;f&#233;rences exactes de la musique avec le minutage de l'extrait qui m'int&#233;resse. En g&#233;n&#233;ral, lorsque j'int&#232;gre un sample, d'autres id&#233;es de samples viennent ; je vais alors d&#233;couper d'autres fichiers et voir si &#231;a colle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au quotidien, tu es prof de musique dans un coll&#232;ge du 93. Comment concilies-tu ton m&#233;tier et ta passion ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai justement la chance d'avoir pas mal de temps libre&#8230; &#199;a me permet donc de r&#233;p&#233;ter, composer, militer &#224; ma guise. Mais mon m&#233;tier de prof me passionne &#233;galement, car il consiste &#224; transmettre ma passion et &#224; d&#233;velopper l'esprit critique des &#233;l&#232;ves. J'essaie de plus en plus de me rapprocher d'une p&#233;dagogie antiautoritaire de type Freinet, notamment via la cr&#233;ation de projets par les &#233;l&#232;ves eux-m&#234;mes (&#233;criture de textes, mise en musique, mise en sc&#232;ne, r&#233;alisation de vid&#233;os, anticipation des probl&#232;mes logistiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir compos&#233; une musique sur Notre-Dame-des-Landes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe l&#224;-bas est symptomatique du mod&#232;le de soci&#233;t&#233; qu'on tend &#224; nous imposer. Alors qu'on nous dit de nous serrer la ceinture, qu'on asphyxie les services publics, qu'on ne jure presque plus que par les emplois pr&#233;caires car &#171; c'est la crise &#187; et dans le m&#234;me temps, on nous sort un projet d'a&#233;roport qui n'aura pour utilit&#233; que de permettre &#224; Vinci d'engranger davantage de profit. Ce que je trouve enthousiasmant, c'est que les opposants &#224; l'a&#233;roport qui occupent actuellement la &lt;a href=&#034;http://zad.nadir.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ZAD&lt;/a&gt; n'ont pas opt&#233; pour une m&#233;thode de lutte traditionnelle du genre &#171; manif ballon &#187; pour d&#233;noncer le projet. Ils ont choisi des moyens de lutter en ad&#233;quation avec le projet de soci&#233;t&#233; qu'ils d&#233;fendent (agriculture locale sans pesticides, autogestion, partage, mode autonome &#171; Do it Yourself &#187;). Du coup, j'ai eu envie de composer une musique sur ce th&#232;me pour que les gens qui connaissent Dubamix sans conna&#238;tre ce projet d'a&#233;roport soient enfin au courant des enjeux que dissimule cette lutte et pour que les &#171; zadistes &#187; sentent qu'ils sont soutenus !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Rude boys &#187; d&#233;signe &#224; l'origine les mauvais gar&#231;ons des ghettos jama&#239;cains ou &#233;migr&#233;s dans le sud de Londres dans les ann&#233;es 60, &#224; Brixton notamment, puis par extension le terme s'appliquera aux amateurs de ska, de rocksteady et roots reggae.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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