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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Au TGI de Lyon le handicap mental est un d&#233;lit r&#233;prim&#233; d'une peine de prison</title>
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		<dc:date>2013-03-11T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012. Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Abdelatif" rel="tag"&gt;Abdelatif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et poursuit la lecture des proc&#232;s-verbaux des policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai pas pris mes m&#233;dicaments depuis 4 jours&#8230; tout &#224; l'heure je suis tomb&#233; &#187;&lt;/i&gt;, se plaint Abdelatif d&#232;s que le juge l'interroge. Il pleure : &lt;i&gt;&#171; &#199;a fait quatre jours que je suis encastr&#233; [sic], je ne suis pas bien, je ne sais pas pourquoi je suis devant ce tribunal, je n'en peux plus. &#187;&lt;/i&gt; Le pr&#233;sident propose alors qu'on reporte la s&#233;ance en attendant que les m&#233;dicaments aient fait leur effet, mais le pr&#233;venu refuse et son avocat intervient : &lt;i&gt;&#171; Mon client a &#233;t&#233; hospitalis&#233; r&#233;cemment &#224; l'h&#244;pital psychiatrique du Vinatier. Je vais demander un d&#233;lai pour qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge prend note et reprend la lecture des proc&#232;s-verbaux. Abdelatif est accus&#233; d'avoir tent&#233; de cambrioler une voiture le 8 d&#233;cembre, puis d'avoir bris&#233; la vitre d'une autre sans rien prendre, de s'en &#234;tre pris finalement &#224; une derni&#232;re et d'y avoir d&#233;rob&#233; un coussin, un sac poubelle et une cordelette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat du pr&#233;venu demande un d&#233;lai afin de rassembler des informations pour permettre un proc&#232;s &#233;quitable et dresse un bref descriptif de l'existence de son client qui cumule prises d'antid&#233;presseurs, crises d'&#233;pilepsie, tentatives de suicide, rendez-vous r&#233;guliers chez un psychiatre et classement &#171; Adulte Handicap&#233; &#187; &#224; 95 % pris en charge par la Cotorep depuis ses 18 ans. Il explique que &lt;i&gt;&#171; son traitement m&#233;dicamenteux ne lui permet pas de boire de l'alcool et malgr&#233; cela, samedi, le jour du d&#233;lit, il a bu. C'est ce qui a d&#233;clench&#233; le passage &#224; l'acte. Aujourd'hui, ayant repris ses esprits, il ne se souvient plus de rien. &#187;&lt;/i&gt; Et pr&#233;cise qu'Abdelatif n'est pas abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me et que ses fr&#232;res, ses s&#339;urs et sa m&#232;re &#8211; qui ont chacun pris une journ&#233;e sur leur temps de travail pour assister &#224; l'audience &#8211; font bloc au quotidien pour l'aider et l'entourer. Le pr&#233;sident &#233;num&#232;re alors la douzaine d'annotations sur le casier judicaire d'Abdelatif concernant des petits vols et des tentatives. &lt;i&gt;&#171; Je suis seul, j'ai envie de parler, alors je bois&#8230; Je n'ai pas le droit mais je me sens bien apr&#232;s&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, explique Abdelatif. &lt;i&gt;&#171; Vous souvenez vous de votre pr&#233;c&#233;dente condamnation qui remonte au 11 novembre ? &#187;&lt;/i&gt;, interroge le juge. &lt;i&gt;&#171; Je ne sais plus, je perds beaucoup la m&#233;moire, excusez-moi, Mademoiselle &#187;&lt;/i&gt;, bredouille le pr&#233;venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion ne trouble pas le procureur qui avance qu'Abdelatif joue de ses difficult&#233;s devant le tribunal et risque de renouveler les faits d'ici le prochain proc&#232;s. Il r&#233;clame la mise sous &#233;crou dans l'attente d'une nouvelle audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat prend la parole une derni&#232;re fois, &#233;voque la famille de son client pr&#233;sente &#224; l'audience et assure qu'elle est la garantie du non renouvellement des faits. Il demande qu'Abdelatif ne soit pas incarc&#233;r&#233; mais plac&#233; sous contr&#244;le judiciaire stricte avec obligation de soins psychiatriques plus fr&#233;quente qu'au moment des faits, et ceci jusqu'&#224; la date du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une d&#233;lib&#233;ration &#224; huis clos, les juges d&#233;cident d'un d&#233;lai pour juger l'affaire, ordonnent qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e et fixent la date du proc&#232;s au 9 janvier 2013. Abdelatif est envoy&#233; en prison jusqu'&#224; cette date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas d'accord, je ne sais pas ce que j'ai fait ou pas fait, je ne comprends rien &#187;&lt;/i&gt;, dit le pr&#233;venu. &lt;i&gt;&#171; Il est handicap&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;crie sa famille depuis les bancs de la salle d'audience&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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