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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Djamal Chaab, une mort exemplaire</title>
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		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Exclu de l'indemnisation, consid&#233;r&#233; comme fraudeur, condamn&#233; &#224; rembourser, le ch&#244;meur n'a pas support&#233;. Il s'est immol&#233; devant P&#244;le emploi. Officiellement, tout a &#233;t&#233; fait &#171; avec humanit&#233; &#187;. D&#233;sesp&#233;r&#233;, le peuple a mis fin &#224; ses jours. C'est arriv&#233; le 13 f&#233;vrier. Djamel Chaab s'est immol&#233; devant l'agence P&#244;le emploi qui refusait de l'indemniser. Chaab, en arabe, &#231;a peut se traduire par &#171; le peuple &#187;. Il est venu en bus. Descendu &#224; l'arr&#234;t dans une rue adjacente &#224; l'agence pour l'emploi. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Exclu de l'indemnisation, consid&#233;r&#233; comme fraudeur, condamn&#233; &#224; rembourser, le ch&#244;meur n'a pas support&#233;. Il s'est immol&#233; devant P&#244;le emploi. Officiellement, tout a &#233;t&#233; fait &#171; avec humanit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_595 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH276/p03-chomeur_et_psy-c9d73.png?1768656530' width='400' height='276' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de La Casini&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sesp&#233;r&#233;, le peuple a mis fin &#224; ses jours. C'est arriv&#233; le 13 f&#233;vrier. Djamel Chaab s'est immol&#233; devant l'agence P&#244;le emploi qui refusait de l'indemniser. Chaab, en arabe, &#231;a peut se traduire par &#171; le peuple &#187;. Il est venu en bus. Descendu &#224; l'arr&#234;t dans une rue adjacente &#224; l'agence pour l'emploi. C'est comme &#231;a qu'on disait, autrefois. Pour l'emploi. Pas contre les gens qui n'en ont pas. Aujourd'hui, les agences de radiation sont devenues des p&#244;les de gestion du chiffre sensible du nombre de ch&#244;meurs en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djamal Chaab a d&#233;pos&#233; ses cl&#233;s sur le trottoir. Personne dans la rue de ce quartier de bureaux &#224; quatre &#233;tages, en paquets, cern&#233;s de parkings au pied. Il a vid&#233; sur lui une bouteille d'eau de Javel pleine d'essence. Une flamme a suffi. Il a couru vers l'entr&#233;e de l'agence, surprenant les trois policiers et le vigile en faction. On avait pourtant bien prot&#233;g&#233; les locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait 42 ans. Fils d'un tailleur r&#233;put&#233; de Sidi Bel Abb&#232;s, Djamal Chaab a travaill&#233; en Alg&#233;rie &#224; la fabrication de d&#233;cors de th&#233;&#226;tre. Puis il a rencontr&#233; Nicole. Mari&#233;s, il se sont install&#233;s l&#224;, pas si loin de cette antenne de P&#244;le emploi. Il s'&#233;tait impliqu&#233; aupr&#232;s de la famille nantaise de l'un des otages enlev&#233;s au Niger, aidait &#224; faire des traductions en arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi, l'agence lui a signifi&#233; un rejet de droits alors qu'il aurait travaill&#233; 720 heures. Il revient le lendemain. L'agence est ferm&#233;e. Il t&#233;l&#233;phone, dit qu'il vient d'avaler des m&#233;dicaments. Les pompiers sur place, il n'a rien pris. Puis il pr&#233;vient &#224; nouveau P&#244;le emploi qu'il va venir se suicider &#224; l'int&#233;rieur de l'agence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;600 euros &#224; rembourser&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;P&#244;le emploi avait donc d&#233;cid&#233; de le sanctionner, le renvoyant &#224; l'allocation minimum, des ressources r&#233;duites &#224; presque rien. Sa &#171; faute &#187;, pour l'administration, c'est de ne pas avoir d&#233;clar&#233; une mission d'int&#233;rim en ao&#251;t, alors qu'il a d&#233;clar&#233; toutes les autres. Il avait travaill&#233; tout le mois de d&#233;cembre. Manutention de nuit dans une bo&#238;te de transports. Son erreur lui vaut la double peine, on ne peut plus normal pour la machine P&#244;le emploi. Malgr&#233; sa p&#233;riode travaill&#233;e, aucun droit &#224; indemnisation. Deuxi&#232;me sanction : il doit rembourser ce qui est consid&#233;r&#233; comme un &#171; trop per&#231;u &#187;. Soit 600 malheureux euros. Pourtant comme tout salari&#233; du priv&#233;, il a cotis&#233; pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, un certain Carlos Ghosn qui &#233;marge &#224; 36 000 euros par jour, propose de se sacrifier un peu, se &#171; limitant &#187; &#224; 26 000 euros par jour si les ouvriers acceptent son chantage &#224; la &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;. Au m&#234;me moment, une fraude r&#233;elle, authentique tromperie &#224; l'&#233;chelle industrielle parle de b&#339;uf qui n'en est pas et de mauvais cheval. La crise broie les salari&#233;s comme du vulgaire minerai de bidoche que l'agro-business utilise dans de troubles assemblages, agglom&#233;rats mixant des bas morceaux de viande, des tissus graisseux, du collag&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Humanit&#233;, humanit&#233;, humanit&#233; !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;P&#244;le emploi ne recolle aucun morceau mais a tenu &#224; faire savoir que son action a &#233;t&#233; irr&#233;prochable. Le ministre du Travail est venu le soir m&#234;me sur les lieux du drame r&#233;conforter le personnel. &#171; &lt;i&gt;Tout a &#233;t&#233; fait, ce qui s'est pass&#233; ici est exemplaire&lt;/i&gt; &#187;, a l&#226;ch&#233; Michel Sapin. Les r&#232;gles d'indemnisation ? Respect&#233;es, &#171; &lt;i&gt;appliqu&#233;es avec l'humanit&#233; qui convient, avec les explications n&#233;cessaires mais il y a parfois des moments o&#249; on est dans une telle situation, qu'on ne comprend plus les explications&lt;/i&gt; &#187;. Fermez le ban. Simple al&#233;a de la communication. Le contr&#244;le social g&#233;n&#233;ralis&#233; des pr&#233;caires s'accommode pourtant assez mal du terme d'&#171; humanit&#233; &#187;. Sa femme Nicole a d&#233;nonc&#233; &#171; &lt;i&gt;une administration qui a perdu toute humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et des salari&#233;s retranch&#233;s derri&#232;re leurs ordinateurs. Le lendemain de la mort de Djamal Chaab, le &lt;i&gt;big boss&lt;/i&gt; de P&#244;le emploi, Jean Bass&#232;res, s'est fendu d'une circulaire &#224; ses directeurs r&#233;gionaux, charg&#233;s de retransmettre au petit personnel dont le grand patron salue de loin &#171; &lt;i&gt;professionnalisme, courage et humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Il tient &#224; rassurer : &#171; &lt;i&gt;Tous les services publics qui, comme P&#244;le emploi, ont pour mission d'aider nos concitoyens les plus en difficult&#233; sont in&#233;vitablement expos&#233;s &#224; des situations semblables.&lt;/i&gt; &#187; Il rappelle &#224; propos de la victime que &#171; &lt;i&gt;l'examen de son dossier de demande d'allocations avait fait appara&#238;tre qu'il ne justifiait pas d'une dur&#233;e d'affiliation suffisante&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;tous les services publics qui, comme P&#244;le emploi, ont pour mission d'aider nos concitoyens les plus en difficult&#233; sont in&#233;vitablement expos&#233;s &#224; des situations semblables&lt;/i&gt; &#187;. Sinon, si &#231;a se reproduit, il faut pr&#233;venir police et pompiers, et &#171; &lt;i&gt;informer par mail la direction &#8220;Ma&#238;trise des risques&#8221; de la direction g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt; &#187;. La vie des gens se voit r&#233;duite &#224; une gestion technocratique de risques &#224; ma&#238;triser. Officiellement, le message mart&#232;le &#171; &lt;i&gt;l'humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. C'est le ma&#238;tre mot de la communication de crise. Pour Fran&#231;ois Hollande, &#171; &lt;i&gt;le service public de l'emploi a &#233;t&#233;, je crois, exemplaire, il n'est nul besoin d'aller chercher une responsabilit&#233;. Quand nous avons des r&#232;gles, nous devons les faire comprendre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La machine &#224; faire comprendre a comme des rat&#233;s. Mais P&#244;le emploi et police n'ont rien &#224; se reprocher. &#171; &lt;i&gt;On n'a rien pu faire&lt;/i&gt; &#187;, a dit Philippe Cussac, directeur d&#233;partemental de le s&#233;curit&#233; publique. Le patron des flics a d&#233;p&#234;ch&#233; trois hommes, un &#224; l'int&#233;rieur de l'agence, un &#224; la porte (o&#249; P&#244;le emploi avait aussi embauch&#233; un vigile pour interdire l'acc&#232;s &#224; Djamal Chaab), un troisi&#232;me policier aux abords de cette entr&#233;e. Cette protection centr&#233;e sur les locaux n'a pas pu arr&#234;ter celui &#171; &lt;i&gt;qui a surgi &#224; l'angle de la rue&lt;/i&gt; &#187;, mourant avant qu'une couverture lanc&#233;e par le vigile n'&#233;teigne les flammes et que les policiers utilisent un extincteur. Le dispositif, comme disent les flics, a &#233;t&#233; d&#233;jou&#233; par Djamal Chaab &#171; &lt;i&gt;Alg&#233;rien avec un titre de s&#233;jour en r&#232;gle de dix ans, inconnu des services&lt;/i&gt; &#187;, rappelle Cussac sans r&#233;ussir &#224; se d&#233;partir de ce regard policier qui porte le filtre de la suspicion sur toute personne impliqu&#233;e dans un drame, m&#234;me si elle est victime de bout en bout.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;On peut cogner, chef ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trois jours plus tard, une marche pacifique, silencieuse, sans slogan, accompagne des proches de la victime. En fin de cort&#232;ge, elle croise des abrutis r&#233;acs anti-mariage pour tous, beuglant leurs slogans, klaxonnant &#224; v&#233;lo devant le monument aux morts. Quelques invectives aux manifestants homophobes servent de pr&#233;texte &#224; la police, cette fois tr&#232;s pr&#233;sente version anti-&#233;meute, pour cogner dans le tas, &#233;pargnant miraculeusement les cathos, sans s'interposer, fon&#231;ant bille en t&#234;te contre les participants au cort&#232;ge en hommage &#224; Djamal Chaab. Coups de matraque, nuages de lacrymo, gicl&#233;es de sang. Un participant &#224; cet hommage &#224; un ch&#244;meur s'est fait frapper au visage &#224; coups de tonfa, une femme &#233;tait projet&#233;e violemment &#224; terre par les casqu&#233;s de la r&#233;publique. Un journaliste d'Ouest-France a excus&#233; ce d&#233;cha&#238;nement policier : ceux qui ont &#233;t&#233; l'objet de ce dispositif policier n'avaient pas eu la d&#233;cence de retirer leurs badges contre le projet d'a&#233;roport &#224; Notre Dame-des-Landes. Ce qui suffit donc &#224; justifier la violence d'&#201;tat. Comme s'il n'y en avait pas eu assez, de violence, dans cette histoire que les dirigeants trouvent &#171; &lt;i&gt;exemplaire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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