<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=12907&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Un crime &#224; r&#233;veiller les morts</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-crime-a-reveiller-les-morts</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-crime-a-reveiller-les-morts</guid>
		<dc:date>2013-04-25T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amin Allal</dc:creator>


		<dc:subject>Ali</dc:subject>
		<dc:subject>ben</dc:subject>
		<dc:subject>fois</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>Chokri Bela&#239;d</dc:subject>
		<dc:subject>Bela&#239;d</dc:subject>
		<dc:subject>Chokri</dc:subject>
		<dc:subject>adolescent tunisien</dc:subject>
		<dc:subject>Baba Ali</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;couvert Bela&#239;d</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'assassinat de Chokri Bela&#239;d a plong&#233; la Tunisie dans une crise sans pr&#233;c&#233;dent depuis la r&#233;volution de 2011. Le Premier ministre a d&#233;missionn&#233;, mais c'est le ministre de l'Int&#233;rieur, une des cibles pr&#233;f&#233;r&#233;es de Bela&#239;d, qui a &#233;t&#233; charg&#233; de former un nouveau gouvernement&#8230; &#171; On a tu&#233; la marionnette des guignols ! &#187;, prof&#232;re un adolescent tunisien apr&#232;s l'assassinat de Chokri Bela&#239;d. La phrase, d&#233;sinvolte, peut choquer. Comme beaucoup, le jeune homme a d&#233;couvert Bela&#239;d pour la premi&#232;re fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no109-mars-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;109 (mars 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ali" rel="tag"&gt;Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ben" rel="tag"&gt;ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fois" rel="tag"&gt;fois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chokri-Belaid" rel="tag"&gt;Chokri Bela&#239;d&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Belaid" rel="tag"&gt;Bela&#239;d&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chokri" rel="tag"&gt;Chokri&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/adolescent-tunisien" rel="tag"&gt;adolescent tunisien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baba-Ali" rel="tag"&gt;Baba Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decouvert-Belaid" rel="tag"&gt;d&#233;couvert Bela&#239;d&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'assassinat de Chokri Bela&#239;d a plong&#233; la Tunisie dans une crise sans pr&#233;c&#233;dent depuis la r&#233;volution de 2011. Le Premier ministre a d&#233;missionn&#233;, mais c'est le ministre de l'Int&#233;rieur, une des cibles pr&#233;f&#233;r&#233;es de Bela&#239;d, qui a &#233;t&#233; charg&#233; de former un nouveau gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On a tu&#233; la marionnette des guignols !&lt;/i&gt; &#187;, prof&#232;re un adolescent tunisien apr&#232;s l'assassinat de Chokri Bela&#239;d. La phrase, d&#233;sinvolte, peut choquer. Comme beaucoup, le jeune homme a d&#233;couvert Bela&#239;d pour la premi&#232;re fois en mars 2011 &#224; la t&#233;l&#233;vision, quelques semaines apr&#232;s la fuite du dictateur Ben Ali. Il pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Bela&#239;d, c'est comme un h&#233;ros de cin&#233;ma d'un genre nouveau, &#224; la fois dr&#244;le et grave, avant on ne connaissait pas &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Tel un moderne h&#233;ros de trag&#233;die, Bela&#239;d a surgi de fa&#231;on spectaculaire dans la petite lucarne. Avec la chute du r&#233;gime autoritaire et &#224; la faveur de la lib&#233;ralisation des m&#233;dias, la majorit&#233; des Tunisiens d&#233;couvre qu'on peut d&#233;sormais parler politique, s'indigner, critiquer et avoir des d&#233;bats contradictoires. Voil&#224; ce qu'incarnait Bela&#239;d pour la majorit&#233; de l'auditoire du &#171; spectacle d&#233;mocratique &#187;. Cela explique en partie l'immense &#233;motion populaire suscit&#233;e par sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que Chokri &#233;tait tout sauf une marionnette. Militant et responsable syndical, &#233;tudiant dans les ann&#233;es 80, il est vite devenu l'un des leaders nationaux de la gauche radicale. Pourtant, il se distingue des autres dirigeants de gauche qui ont connu la p&#233;riode des proc&#232;s politiques de 1968 &#224; 1975 &#8211; comme Hamma Hammami, Mohamed Kilani, N&#233;jib Chebbi&#8230; Chokri &#233;tait alors trop jeune. Il commence &#224; militer lors d'une p&#233;riode o&#249; le reflux de la vague gauchiste se fait de plus en plus net face &#224; la mont&#233;e des militants de l'islam politique. Devenu chef d'un groupuscule ill&#233;gal, il s'oppose au r&#233;gime de Ben Ali. Avocat, il plaide contre le r&#233;gime r&#233;pressif, comme en 2008 lorsqu'il d&#233;fend les mobilis&#233;s du bassin minier de Gafsa en r&#233;volte. Il fait partie de cette grande famille d'avocats tunisiens engag&#233;s en politique, mais se situe dans sa frange combative. Celle qui a marqu&#233; les esprits en prenant position en toge le 14 janvier 2011 devant le portail du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur quelques heures avant l'aller simple pr&#233;sidentiel Tunis-Djeddah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bela&#239;d va ensuite trouver mati&#232;re &#224; contester la nouvelle donne marqu&#233;e par la domination d'Ennahdha et ses orientations &#224; la fois n&#233;olib&#233;rales et conservatrices. Ces derniers mois, il avait multipli&#233; les performances m&#233;diatiques. &#171; Bon client &#187; avec sa d&#233;gaine d&#233;bonnaire, sa moustache qui d&#233;voilait qu'il &#233;tait d'abord un nationaliste arabe et son &#171; parler vrai &#187;, Chokri n'&#233;tait pas l&#224; pour minauder. Avec sa voix gutturale, son accent rappelant &#224; la fois ses origines du Nord-Ouest paysan et son enfance dans un quartier populaire de Tunis, il d&#233;non&#231;ait la responsabilit&#233; du gouvernement dans la mis&#232;re des gens. Dossiers sous le coude et documents &#224; l'appui, il fustigeait les liens ambivalents des responsables gouvernementaux avec les turbulentes Ligues de protection de la r&#233;volution &#8211; qui op&#232;rent des interventions muscl&#233;es contre tout ce qui n'est pas islamiste &#8211;, l'abandon des r&#233;gions pauvres, les risques de d&#233;rive autoritaire et n&#233;potique&#8230; Bela&#239;d avait le sens de la formule : &#171; &lt;i&gt;On ne s'est pas d&#233;barrass&#233; d'Ali Baba&lt;/i&gt; [Ben Ali] &lt;i&gt;pour que Baba Ali&lt;/i&gt; [&#171; Papa &#187; Ali (Elarayedh, alors ministre de l'Int&#233;rieur)] &lt;i&gt;prenne sa place&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;non&#231;ait-il en imputant au ministre la responsabilit&#233; des d&#233;lits impliquant des membres de sa famille dans le Sud tunisien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Tunisie semblait enlis&#233;e dans les manigances de technocrates, politiciens, patrons et oligarchie syndicale, protagonistes attitr&#233;s de la &#171; transition d&#233;mocratique &#187;, l'assassinat de Chokri Bela&#239;d est un &#233;v&#232;nement perturbateur. Les souvenirs &#233;mus de l'assassinat du leader syndical Farhat Hached en 1952 ont ressurgi. Des cort&#232;ges immenses se sont mis en branle, masquant les contradictions avant-gardistes de la gauche radicale tunisienne. Les masses populaires paup&#233;ris&#233;es, dont Chokri Bela&#239;d &#233;tait l'un des brillants porte-voix, et qui peinaient &#224; se mobiliser &#224; nouveau, se sont pour un temps ressoud&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort tragique du tribun, qui a provoqu&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, semble avoir eu un effet paradoxalement salutaire. En sommeil, l'effervescence contestataire semble aujourd'hui stimul&#233;e par la vivacit&#233; de cet &#233;ternel emp&#234;cheur de &#171; d&#233;mocratiser &#187; en rond.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
