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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Samia ou cinq ans de gal&#232;re ordinaire</title>
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		<dc:creator>Anne-Le&#239;la Ollivier</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ayant fui l'Alg&#233;rie pour la patrie des droits de l'homme et, &#171; accessoirement &#187; de la femme, Samia a d&#233;couvert en France la condition d'immigr&#233;e clandestine. Une tranche de vie qu'on prend en pleine tronche. Samia a cinquante ans. Mari&#233;e &#224; seize ans &#224; un homme drogu&#233; et brutal, infirmi&#232;re de nuit &#224; l'h&#244;pital d'une ville de l'est alg&#233;rien, elle a endur&#233; cette situation pendant dix-neuf ans, en partie &#224; cause de ses cinq enfants, en partie &#224; cause de la pression sociale, avant de demander (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no109-mars-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;109 (mars 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ayant fui l'Alg&#233;rie pour la patrie des droits de l'homme et, &#171; accessoirement &#187; de la femme, Samia a d&#233;couvert en France la condition d'immigr&#233;e clandestine. Une tranche de vie qu'on prend en pleine tronche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Samia a cinquante ans. Mari&#233;e &#224; seize ans &#224; un homme drogu&#233; et brutal, infirmi&#232;re de nuit &#224; l'h&#244;pital d'une ville de l'est alg&#233;rien, elle a endur&#233; cette situation pendant dix-neuf ans, en partie &#224; cause de ses cinq enfants, en partie &#224; cause de la pression sociale, avant de demander le divorce. &#171; &lt;i&gt;J'ai attendu la mort de ma m&#232;re, qu'elle ne voie pas &#231;a. Il est rest&#233; chez lui, je me suis retrouv&#233;e seule avec les enfants. Avec 150 euros de salaire, c'&#233;tait trop dur. L&#224;-bas, la loi ne donne aucun pouvoir &#224; la femme divorc&#233;e, c'est comme si elle avait commis un crime, elle est un p&#233;ch&#233;. J'ai gard&#233; quelques copines, que des divorc&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samia laisse les gosses dans la maison de sa m&#232;re, confiant les plus jeunes aux filles a&#238;n&#233;es, part pour la France et s'installe en banlieue parisienne chez son fr&#232;re, en 2008. &#171; &lt;i&gt;Il m'a tout de suite amen&#233;e au Collectif de sans-papiers qui l'avait aid&#233; pour sa r&#233;gularisation. Je suis rest&#233;e deux ans dans sa famille, mais je voulais m'en sortir par moi-m&#234;me.&lt;/i&gt; &#187; Elle rencontre l'association Femmes relais &#224; Boulogne o&#249; elle donne des cours d'arabe pour les femmes qui l'aident comme elles peuvent, elle milite, et apr&#232;s deux ans quitte la famille : &#171; &lt;i&gt;Je suis partie pour travailler. J'ai log&#233; un an par terre chez une amie, &#224; l'h&#244;tel, je rentrais &#224; 23 h pour ne pas &#234;tre vue. Les week-ends, je dormais au local du collectif. Le sol &#233;tait dur et froid, depuis j'ai des douleurs dans le dos. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_608 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH464/p10-saute_frontiere-bb539.png?1768652121' width='400' height='464' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Samia mange aux Restos du c&#339;ur et attend beaucoup du collectif. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais d&#233;l&#233;gu&#233;e, pr&#233;sente &#224; tout moment. J'accompagnais les sans-papiers &#224; la pr&#233;fecture, je faisais les dossiers. J'ai fait toutes les manifs, la marche&#8230;&lt;/i&gt; &#187; La marche de Paris &#224; Nice en mai 2010&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'occasion du XXVe sommet France-Afrique des 31 mai et 1er juin 2010, une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a soulev&#233; de nombreux espoirs : &#171; &lt;i&gt;Je pensais que &#231;a aiderait pour les papiers, je voulais d&#233;couvrir la France aussi. Mes enfants m'ont vue sur Internet, ils &#233;taient contents pour moi. J'ai rencontr&#233; des amis, on a fait le th&#233;&#226;tre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La &#171; Compagnie irr&#233;guli&#232;re &#187; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e durant la marche, a jou&#233; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;&#8230; On a jou&#233; pendant un an et on a m&#234;me fait une tourn&#233;e. Quand je n'ai pas sommeil, je ferme les yeux et je revois tout comme dans un film. Tous ces moments o&#249; j'ai pleur&#233;, rigol&#233;, parl&#233;&#8230; Je n'ai rien oubli&#233;. Avant j'&#233;tais tr&#232;s timide, mais avec la marche et le th&#233;&#226;tre, j'ai chang&#233;. S'il faut parler &#224; un maire ou &#224; un pr&#233;fet, je n'ai plus peur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir soulev&#233; est vite retomb&#233;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les &#171; bienfaits &#187; de la politique du chiffre appliqu&#233;e aux expulsions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, mais, en juin 2011, Samia obtient une autorisation provisoire de s&#233;jour (APS) de trois mois. Elle trouve imm&#233;diatement du travail aupr&#232;s de personnes &#226;g&#233;es, un logement, entrevoit la fin de la gal&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Mon m&#233;tier me manquait. Un jour, &#224; l'h&#244;pital, j'ai dit &#224; un m&#233;decin que je cherchais du travail. Le lendemain j'avais un rendez-vous pour un poste d'aide-soignante. Mais quand elle a su que je n'avais qu'une APS, la femme qui m'a re&#231;ue a tap&#233; sur la table : &#8220;On a besoin de vous, mais il faut votre carte. D&#232;s que vous l'avez, revenez et je vous signe le CDI.&#8221; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant un an, Samia s'occupe d'une dame &#226;g&#233;e matin, midi et soir. Trois allers-retours quotidiens en banlieue pour 8,42 euros de l'heure. &#171; &lt;i&gt;On s'aimait bien, j'arrivais en chantant le matin. Elle voulait que je reste la nuit, mais ses enfants n'ont pas voulu payer, pourtant c'&#233;tait son argent &#224; elle&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion du deuxi&#232;me renouvellement de l'APS, Samia s'entend dire qu'il y a des probl&#232;mes dans son dossier, et elle redevient sans-papiers. Elle pr&#233;sente un nouveau dossier et c'est le coup de gr&#226;ce : obligation de quitter le territoire fran&#231;ais (OQTF). &#171; &lt;i&gt;Je ne me suis toujours pas relev&#233;e de ce coup. &#192; la bo&#238;te d'int&#233;rim, ils ont peur et ne me donnent plus que quelques missions, les plus mourants, les plus lourds&#8230; Mais je ne peux rien dire, je suis sans-papiers. Ici je ne suis pas chez moi, on me voit comme quelqu'un qu'on ne peut pas toucher. Pourtant en Alg&#233;rie j'ai vu pire : j'&#233;tais aux urgences chirurgicales de nuit. Les corps d&#233;chiquet&#233;s, les bras, les pieds&#8230; J'ai v&#233;cu tout &#231;a. Mais j'&#233;tais chez moi, je rentrais, je voyais mes enfants, on rigolait un peu, &#231;a soulage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui Samia vivote mais ne veut pas renoncer &#224; sa chambre : &#171; &lt;i&gt;Si je la quitte c'est la mort.&lt;/i&gt; &#187; Elle loge dans un immeuble chic du 16e arrondissement, divis&#233; en cinq studettes de dix m2, lou&#233;es chacune entre 400 et 600 euros. &#171; &lt;i&gt;Quand c'est trop dur je regrette, mais je ne peux pas rentrer, un jour &#231;a va aller quand m&#234;me&#8230; Avec l'OQTF, j'ai vraiment d&#233;sesp&#233;r&#233;. Je me suis mise &#224; parler aux murs, aux arbres, aux oiseaux&#8230; J'ai pu rester gr&#226;ce aux amis. J'ai fait mon petit trou. Mes enfants me disent de ne pas rentrer sans rien apr&#232;s toutes ces ann&#233;es. Je ne les ai pas vus depuis cinq ans ! Deux ont &#233;t&#233; op&#233;r&#233;s, ma fille s'est mari&#233;e et a eu un b&#233;b&#233;, je n'&#233;tais pas l&#224;&#8230; Et tout &#231;a pour &#234;tre libre, pour vivre en paix. Je veux m'int&#233;grer, avancer. L&#224;-bas, on ne peut pas. La femme est femme est l'homme est homme. Et c'est l'homme le patron. L&#224;-bas, j'ai peur, ici je vis libre, je veux vivre comme &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Un dossier en or massif pour l'actuel locataire de la place Beauvau, lui le grand adepte du cas par cas !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'occasion du XXVe sommet France-Afrique des 31 mai et 1er juin 2010, une centaine de sans-papiers, partis &#224; pied de Paris un mois auparavant, avaient ralli&#233; une ville de Nice transform&#233;e en camp retranch&#233; pour les &#171; accueillir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La &#171; Compagnie irr&#233;guli&#232;re &#187; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e durant la marche, a jou&#233; &#224; l'arriv&#233;e et continu&#233; ses repr&#233;sentations en r&#233;gion parisienne pendant un an.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur les &#171; bienfaits &#187; de la politique du chiffre appliqu&#233;e aux expulsions de sans-papiers, voir l'article de Jean-S&#233;bastien Mora paru dans le &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Reconduites-a-la-frontiere-de-la'&gt;CQFD de d&#233;cembre 2010&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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