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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La gr&#232;ve et le goupillon</title>
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		<dc:date>2013-05-17T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Les crit&#232;res de rentabilit&#233; dans les activit&#233;s de soins, mis en place par la loi Bachelot continuent &#224; produire leurs effets : r&#233;ductions de personnels et aggravations des tensions. Propri&#233;t&#233; d'un ordre religieux, un &#233;tablissement d'accueil de sans-domicile craque de toute part. Loin du ciel et les pieds sur terre, la majorit&#233; des salari&#233;s a cess&#233; le travail, pendant quelques jours. Comme chaque jour, une petite foule se rassemble &#224; l'angle des rues Massabo et d'Hozier, dans le deuxi&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les crit&#232;res de rentabilit&#233; dans les activit&#233;s de soins, mis en place par la loi Bachelot continuent &#224; produire leurs effets : r&#233;ductions de personnels et aggravations des tensions. Propri&#233;t&#233; d'un ordre religieux, un &#233;tablissement d'accueil de sans-domicile craque de toute part. Loin du ciel et les pieds sur terre, la majorit&#233; des salari&#233;s a cess&#233; le travail, pendant quelques jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme chaque jour, une petite foule se rassemble &#224; l'angle des rues Massabo et d'Hozier, dans le deuxi&#232;me arrondissement de Marseille, deux heures avant l'ouverture de cet accueil de nuit, Centre d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS), appartenant &#224; la fondation Saint-Jean-de-Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH309/p03-bertoyascqfdf-6b3ca.png?1768652779' width='400' height='309' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ils sont plusieurs dizaines &#224; se serrer dans l'&#233;troit couloir cr&#233;&#233; par une solide barri&#232;re m&#233;tallique et le mur de l'immeuble. Ces hommes aux visages fatigu&#233;s, aux v&#234;tements us&#233;s, certains tenant un sac plastique contenant quelques vagues affaires attendent, parfois avec impatience et nervosit&#233;, de pouvoir p&#233;n&#233;trer dans le b&#226;timent, d'acc&#233;der &#224; un lit, de recevoir un repas en &#233;change de cinquante centimes d'euros et de prendre une douche. Ils devront retrouver la rue le lendemain &#171; &lt;i&gt;avant 9 heures&lt;/i&gt; &#187;, ainsi que le pr&#233;cise fermement le r&#232;glement int&#233;rieur. Eddy Kaiser travaille comme veilleur de nuit dans cet &#233;tablissement qui peut recevoir deux cent cinquante-sept personnes. Avec ses huit ann&#233;es d'anciennet&#233;, il gagne 1 300 euros par mois. Ce d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel, adh&#233;rant du syndicat Sud, se rappelle : &#171; &lt;i&gt;Les gens que l'on re&#231;oit ici ne sont plus les m&#234;mes qu'il y a une dizaine d'ann&#233;es. Beaucoup de personnes ont de v&#233;ritables troubles psychiatriques et devraient &#234;tre suivis. Le nombre d'h&#233;berg&#233;s qui viennent ici apr&#232;s &#234;tre sortis de prison ne cesse de grandir. Il y a, aussi, de plus en plus de jeunes. Certains ont de lourds probl&#232;mes li&#233;s &#224; la drogue.&lt;/i&gt; &#187; Chantal, employ&#233;e &#224; l'accueil confirme : &#171; &lt;i&gt; Aujourd'hui, un divorce, une s&#233;paration ou encore la d&#233;gradation des liens dans une famille, font que des personnes se retrouvent d'un coup &#224; la rue. Sans parler des sans-papiers et des migrants d&#233;munis de tout&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Eddy reprend : &#171; &lt;i&gt;C'est comme un point d'observation de la soci&#233;t&#233;. On a connu un afflux de Tunisiens. Aujourd'hui, ce sont les Maliens. Mais surtout, ce que je constate depuis le temps que je travaille ici, c'est, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, combien l'arriv&#233;e de l'euro a &#233;t&#233; une date &#224; partir de laquelle le genre de personnes que nous recevons a compl&#232;tement chang&#233;&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 avril, plus de la moiti&#233; des cinquante salari&#233;s de ce CHRS, a d&#233;cid&#233; de se mettre en gr&#232;ve. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde en a ras-le-bol&lt;/i&gt;, explique Eddy. &lt;i&gt;Il n'a pas fallu une semaine pour prendre la d&#233;cision. L'accord &#233;tait g&#233;n&#233;ral.&lt;/i&gt; &#187; En quelques ann&#233;es, les effectifs ont &#233;t&#233; r&#233;duits : moins d'agents dans les &#233;tages, de veilleurs de nuit et de personnels d'accueil et d'encadrement. L'infirmier qui suivait les toxicos ne vient plus. Le passage d'un psychiatre est al&#233;atoire. Rats et cafards infestent l'&#233;tablissement. &#171; &lt;i&gt;Nos revendications sont &#233;l&#233;mentaires&lt;/i&gt;, avance le d&#233;l&#233;gu&#233; de Sud. &lt;i&gt;On demande plus d'effectifs et deux cents euros de prime de risque li&#233;e aux situations conflictuelles et souvent physiques auxquelles nous sommes confront&#233;s. On ne veut plus payer nos repas quotidiens 2,50 euros alors qu'une grande quantit&#233; de nourriture est jet&#233;e chaque jour. Nous travaillons dans des conditions d'agressivit&#233; et de tension qui sont insupportables.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;La seule formation que j'ai eue se nomme &#8220;petite formation &#224; la bientraitance&#8221;. Tout un programme ! Elle a dur&#233; deux journ&#233;es et a consist&#233;, &#224; c&#244;t&#233; de quelques rudiments de psychologie, &#224; nous montrer principalement des techniques de d&#233;fense physique&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Chantal encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;En plus d'embaucher du personnel, on pourrait faire des choses simples pour esp&#233;rer changer un peu ces situations de tension. &#199;a serait bien d'enlever cette barri&#232;re qui comprime les gens et qui cr&#233;e du stress et de la violence. Ce n'est pas normal qu'une personne perde son lit parce qu'elle s'est absent&#233;e dans l'apr&#232;s-midi pour aller faire un boulot au noir. On pourrait faire autrement. Une fois que vous &#234;tes entr&#233;, vous ne pouvez plus sortir. Comment voulez-vous qu'il n'y ait pas d'&#233;nervement et d'autant plus avec aussi peu de personnels pour g&#233;rer les situations&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant deux jours les gr&#233;vistes, tous salari&#233;s en contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;, vont occuper le trottoir devant le CHRS, recevant de nombreux signes de soutien de la part des h&#233;berg&#233;s. Les non-gr&#233;vistes, eux en contrats pr&#233;caires, pr&#233;f&#232;rent continuer &#224; travailler, de peur d'&#234;tre licenci&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Le responsable de l'&#233;tablissement acquiesce &#224; tout lorsque nous nous adressons &#224; lui, sans que cela n'entra&#238;ne de cons&#233;quences. Il ne communique pas avec la hi&#233;rarchie de la Fondation&lt;/i&gt; &#187;, explique Chantal. Joint le 4 avril par t&#233;l&#233;phone, alors m&#234;me que les gr&#233;vistes suspendaient leur mouvement par crainte de voir leurs maigres salaires encore r&#233;duits, Jean-Fran&#231;ois Hilaire, directeur de la fondation Saint-Jean-de-Dieu, r&#233;pond avec le style tr&#232;s catholique du gestionnaire qu'il est : &#171; &lt;i&gt;Je ne fais pas de commentaires sur ce conflit social qui est propre &#224; ce CHRS. Les directions de chaque &#233;tablissement sont autonomes et c'est &#224; elles de g&#233;rer ces situations. Ce qui est le cas. Celle du CHRS de Marseille a propos&#233; un certain nombre d'avanc&#233;es que j'ai valid&#233;es. Nous sommes aujourd'hui dans une gestion de sortie de crise.&lt;/i&gt; &#187; Quant au nombre important de contrats pr&#233;caires, il pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Le nombre de personnes travaillant sur ce lieu ne d&#233;pend pas de la Fondation, mais de la Direction d&#233;partementale de la coh&#233;sion sociale (DDCS) et du budget de financement dont est dot&#233; cet &#233;tablissement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011 donc, cette DDCS aura vers&#233; pour ce CHRS plus de deux millions d'euros, manifestement insuffisants, au vue de la situation, pour garantir des revenus et des conditions de travail convenables aux salari&#233;s et un accueil satisfaisant aux personnes h&#233;berg&#233;es. Petits plus non comptabilis&#233;s dans cette dotation, les emplois pr&#233;caires, garanties de paix sociale, sont eux financ&#233;s, sous forme de contrats aid&#233;s, par la R&#233;gion. Alors, entre cafards, manque d'effectifs, d&#233;gradation des lieux, tensions, quelle est la fonction de cette fondation Saint-Jean-de-Dieu ? &#171; &lt;i&gt;C'est une n&#233;buleuse tr&#232;s complexe&lt;/i&gt;, dit Jean-Louis Rotter, d&#233;l&#233;gu&#233; central Sud-Sant&#233;. &lt;i&gt;Difficile d'avoir des informations sur cet ordre religieux aux multiples d&#233;nominations, entre soci&#233;t&#233; civile immobili&#232;re, fondation ou &#339;uvres hospitali&#232;res&#8230; Il y a une tradition de non-transparence au nom &#8220;de la pr&#233;servation de l'ordre religieux face &#224; la crise des vocations&#8230;&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Pas simple de comprendre alors qui fait quoi entre l'Ordre religieux et la Fondation. Si cette derni&#232;re d&#233;clare sur son site que &#171; &lt;i&gt;toute personne dans le besoin est accueillie dans nos &#233;tablissements sans distinction et sur la base des valeurs d'hospitalit&#233; et d'&#233;thique&lt;/i&gt; &#187;, c'est le premier qui consacre une page destin&#233;e &#224; collecter les dons et les legs et sur laquelle s'affiche justement, parmi d'autres images, une photo du CHRS de Marseille. Ces &#233;tablissements marqu&#233;s du sigle Saint-Jean-de-Dieu ne seraient-ils pas autant d'amorces destin&#233;es &#224; stimuler la collecte de fonds pr&#233;tendument consacr&#233;s aux fonctionnements d'&#233;quipements, financ&#233;s, en fait, par l'&#201;tat ? &#171; &lt;i&gt;On peut penser que ce qui leur importe d'abord est d'avoir pignon sur rue,&lt;/i&gt; &#187; dit Jean-Louis Rotter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques pas de cette sinistre barri&#232;re o&#249; se pressent ces personnes sans domicile, la rue de la R&#233;publique en pleine &#171; r&#233;novation &#187; ne conna&#238;t pas de bousculades similaires. Entre le magasin &#171; Emma&#252;s en ville &#187; qui pr&#233;sente quelques v&#234;tements branch&#233;s pour une client&#232;le qui tarde &#224; venir et le &#171; Monop &#187; destin&#233; aux employ&#233;s de bureaux de la Joliette, les vastes calicots coloriant le d&#233;sert se livrent &#224; des incantations. L'une d'elle ose : &#171; &lt;i&gt;L'exception n'attend pas&lt;/i&gt; &#187;, pendant qu'une autre se paye d'une litanie invoquant &#171; &lt;i&gt;shopping, tendances, galeries, modernit&#233;, fashion&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Tout laisse &#224; craindre que c'est le centre d'accueil de nuit qui dispara&#238;tra le premier. Et s&#251;rement &#224; bon prix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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