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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La fin d'un kiosque</title>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


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&lt;p&gt;Catherine aime bien CQFD. Tous les mois, elle l'affichait en devanture de son kiosque id&#233;alement plac&#233; en plein centre de Marseille. Mais depuis fin mars, Catherine ne vend plus votre journal pr&#233;f&#233;r&#233;, ni aucun autre. Les pr&#233;sentoirs sont vides. Il n'y a plus que des bonbons et des cartes postales. Et bient&#244;t le rideau sur la sc&#232;ne va tomber. D&#233;finitivement. CQFD : Comment et pourquoi es-tu devenu kiosqui&#232;re ? Catherine : J'ai tout quitt&#233;. La Normandie o&#249; je vivais, mon boulot de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/devenu-kiosquiere" rel="tag"&gt;devenu kiosqui&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Catherine aime bien &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Tous les mois, elle l'affichait en devanture de son kiosque id&#233;alement plac&#233; en plein centre de Marseille. Mais depuis fin mars, Catherine ne vend plus votre journal pr&#233;f&#233;r&#233;, ni aucun autre. Les pr&#233;sentoirs sont vides. Il n'y a plus que des bonbons et des cartes postales. Et bient&#244;t le rideau sur la sc&#232;ne va tomber. D&#233;finitivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CQFD : Comment et pourquoi es-tu devenu kiosqui&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine&lt;/strong&gt; : J'ai tout quitt&#233;. La Normandie o&#249; je vivais, mon boulot de technicienne de laboratoire pour venir vivre &#224; Marseille et ouvrir ce kiosque. Je voulais vendre des livres, &#234;tre en contact avec les gens. Finalement, j'ai rencontr&#233; mon pr&#233;d&#233;cesseur ici. Il prenait sa retraite. Alors j'ai d&#233;cid&#233; de m'installer comme kiosqui&#232;re. &#199;a pas &#233;t&#233; facile ! Surtout qu'il m'a fallu attendre cinq mois pour obtenir l'autorisation de la mairie de Marseille&#8230; Et sans travailler, car c'est interdit quand on fait la demande d'ouvrir un kiosque. Alors, il faut une sacr&#233;e motivation ! J'adore le papier, la presse&#8230; J'en consomme beaucoup moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; ici en octobre 2010. Et rapidement, j'ai diversifi&#233; mon activit&#233; avec les confiseries, les jeux de grattage, le P.M.U., les tickets de m&#233;tro. &#199;a m'a donn&#233; beaucoup plus de travail pour pas grand chose ! Les commissions sont tr&#232;s faibles. En fait, les commerciaux disaient que &#231;a allait apporter de la client&#232;le pour les journaux, mais c'est faux. Enfin, chez moi, c'est faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela s'est pass&#233; comme tu l'esp&#233;rais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui et non. Sur la presse quotidienne, on touche 18% de commission, 22 &#224; 24 % sur le reste. Alors, il faut vendre beaucoup pour s'en sortir. D&#232;s le d&#233;but, j'ai ouvert de 7 h &#224; 20 h, six jours sur sept. Je travaille toute seule, seulement aid&#233;e pour la mise en place &#224; l'ouverture et &#224; la fermeture. Au d&#233;but, &#231;a ne demandait qu'une demi-heure par jour&#8230; Maintenant c'est le triple ! Il faut savoir qu'en deux ans et demi, le nombre de titres que je re&#231;ois a &#233;t&#233; multipli&#233; pas trois ! Mais &#231;a ne veut pas dire qu'on en vend plus, au contraire. Cette multiplication, &#231;a fait que les gens ne peuvent plus voir les titres qui s'entassent dans le pr&#233;sentoir. Les taux d'invendus sont &#233;normes ! &#193; la fin, j'avais 1 500 titres diff&#233;rents, beaucoup que je n'ai jamais demand&#233;s, que je n'aurai jamais d&#251; voir arriver : des revues pour professionnels tr&#232;s ch&#232;res, des titres russes &#224; 18 euros que je n'ai jamais vendus. Mais il y a des titres que je voulais parce que j'avais des demandes mais qui ne m'ont &#233;t&#233; livr&#233;s, pour la premi&#232;re fois, que le mois dernier ! C'est n'importe quoi ! &#199;a me donnait toujours plus de travail pour moins de ventes, moins de visibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus dur, c'est qu'il faut une tr&#233;sorerie &#233;norme pour faire tourner ce commerce. Dans le kiosque, j'avais 18 000 euros de stock que d'une mani&#232;re ou d'une autre il me fallait payer. Les distributeurs me remboursant mes ventes de mani&#232;re pas tr&#232;s transparente. Beaucoup d'argent en circulation. C'est tr&#232;s compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce quartier, il y a beaucoup de passage. On n'imagine pas que tu sois oblig&#233;e de fermer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les imp&#244;ts, le loyer &#224; la mairie, deux cambriolages&#8230; M&#234;me si le kiosque marchait bien, je n'ai jamais r&#233;ussi &#224; me payer mieux qu'un Smic pour 78 heures de travail par semaine. Mais ce qui a vraiment tu&#233; mon commerce, ce sont les gr&#232;ves &#224; r&#233;p&#233;tition dans la distribution en janvier et f&#233;vrier. Non seulement j'avais moins de titres &#224; vendre, ou en retard, mais les gens ne venaient m&#234;me plus les demander, croyant que je ne les aurais plus. Moi, je devais quand m&#234;me payer les factures. Alors, oui, la presse quotidienne se vend moins. Au d&#233;but, je vendais 40 ou 50 Le Monde par jour. &#192; la fin&#8230; environ 30, p&#233;niblement. Les revues, non, &#231;a c'est stable. Les gens sont fid&#232;les &#224; leurs magazines. Mais les jeunes, qui sont nombreux par ici, ils lisent leur Closer sur le t&#233;l&#233;phone. J'allais sur des dettes, alors il fallait arr&#234;ter, avant la catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis le cinqui&#232;me kiosque du quartier &#224; fermer depuis deux mois. Personne ne semble s'en formaliser. M&#234;me pas la mairie &#224; qui pourtant on paye un loyer. Et il n'y a personne pour reprendre. Ce sont les grandes surfaces, les Monoprix et tout, qui accaparent la client&#232;le maintenant.Je ne me disais pas que ce serait si dur comme m&#233;tier. Mais j'ai beaucoup aim&#233; le faire. J'avais des clients r&#233;guliers avec qui on parlait de tout, beaucoup de politique et r&#233;cemment beaucoup du syst&#232;me de la presse, de l'&#233;dition. Alors &#231;a me chagrine beaucoup de partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;i&gt;Catherine compte retourner en Normandie. Et CQFD ne risque pas de se retrouver au Monoprix.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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