<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=12721&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Naissance d'une r&#233;volte &#233;cologique</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Naissance-d-une-revolte-ecologique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Naissance-d-une-revolte-ecologique</guid>
		<dc:date>2013-05-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>fin</dc:subject>
		<dc:subject>jour</dc:subject>
		<dc:subject>Charlie Hebdo</dc:subject>
		<dc:subject>Hebdo</dc:subject>
		<dc:subject>conduit coupe</dc:subject>
		<dc:subject>Super</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volte &#233;cologique</dc:subject>
		<dc:subject>l'explosion d'une</dc:subject>
		<dc:subject>dite Bugey</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A la racine de l'&#233;cologie militante en France se trouve sans nul doute la lutte antinucl&#233;aire. Quarante ans plus tard, les centrales, anciennes ou r&#233;centes, pr&#233;sentent un danger grandissant. R&#233;flexion sans nostalgie et sans concession sur un mouvement qui peine toujours &#224; imposer une autre vision du &#171; d&#233;veloppement humain &#187;. L&#8216;olibrius qui conduit coupe le moteur &#224; chaque descente en martelant : &#171; Pas de complicit&#233;, pas de Super. &#187; Ce jour d'avril 1971, il y a 42 ans, r&#233;pondant &#224; l'appel (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nucleaire-597" rel="tag"&gt;nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fin" rel="tag"&gt;fin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jour" rel="tag"&gt;jour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charlie-Hebdo" rel="tag"&gt;Charlie Hebdo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hebdo" rel="tag"&gt;Hebdo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conduit-coupe" rel="tag"&gt;conduit coupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Super" rel="tag"&gt;Super&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/revolte-ecologique" rel="tag"&gt;r&#233;volte &#233;cologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-explosion-d-une" rel="tag"&gt;l'explosion d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dite-Bugey" rel="tag"&gt;dite Bugey&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A la racine de l'&#233;cologie militante en France se trouve sans nul doute la lutte antinucl&#233;aire. Quarante ans plus tard, les centrales, anciennes ou r&#233;centes, pr&#233;sentent un danger grandissant. R&#233;flexion sans nostalgie et sans concession sur un mouvement qui peine toujours &#224; imposer une autre vision du &#171; d&#233;veloppement humain &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#8216;olibrius qui conduit coupe le moteur &#224; chaque descente en martelant : &#171; &lt;i&gt; Pas de complicit&#233;, pas de Super. &lt;/i&gt; &#187; Ce jour d'avril 1971, il y a 42 ans, r&#233;pondant &#224; l'appel de Pierre Fournier&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Fournier (1937-1973) a &#233;t&#233; collaborateur &#224; Hara-Kiri, Charlie-Hebdo, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui est &#171; &lt;i&gt;pay&#233; pour faire de la subversion&lt;/i&gt; &#187; dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, nous nous rendons &#224; Saint-Vulbas, dans l'Ain. Nous allons organiser un sit-in de six semaines devant l'usine atomique dite Bugey I. Le but : s'opposer, au moins symboliquement, &#224; sa mise en production pr&#233;vue dans les six mois, surtout alerter l'opinion publique sur les dangers potentiels du nucl&#233;aire. Dans les mois pr&#233;c&#233;dents une poign&#233;e de contestataires avait bien men&#233; une premi&#232;re lutte, solitaire et d&#233;sesp&#233;r&#233;e, contre l'implantation de la centrale de Fessenheim. Nous prenions le relais avec une tout autre ambition : d&#233;clencher une r&#233;volte &#233;cologique en France.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH535/p10-camp_de_base_e_colo-94c82.png?1782641356' width='400' height='535' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques dizaines de personnes ont tour &#224; tour occup&#233; le village de tentes du sit-in, accueilli et inform&#233; les visiteurs : parmi eux de nombreux soixante-huitards, souvent des membres de communaut&#233;s, et parfois m&#234;me, le dimanche, des ing&#233;nieurs du nucl&#233;aire en famille, incr&#233;dules devant notre culot, cherchant &#224; nous convaincre des bienfaits de l'atome. Et puis, chaque jour, nous organisions dans les villages environnants la projection d'un film, &lt;i&gt;La Bombe&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Bombe est un documentaire-fiction britannique r&#233;alis&#233; par Peter Watkins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, cens&#233; alarmer la population en montrant la non-vie que l'on menait &#224; l'int&#233;rieur d'une zone contamin&#233;e par la radioactivit&#233; , dans le cas de l'explosion d'une bombe atomique. Projections suivies de d&#233;bats auxquels assistaient volontiers les &#233;lus locaux, les scientifiques et responsables du CEA proposant leur contre-information, le tout dans l'indiff&#233;rence relative des habitants. L'enjeu n'&#233;tait pas l&#224;. Nous avions le projet d'organiser une marche sur la centrale, orchestr&#233;e par un battage intensif de Fournier dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour J, le 10 juillet, quand nous v&#238;mes d&#233;barquer plus de 15 000 personnes, de l'adolescent libertaire au p&#233;p&#233; Th&#233;odore Monod, nous s&#251;mes qu'une &#171; r&#233;volte &#233;cologique &#187; venait de na&#238;tre. La journ&#233;e fut une f&#234;te : les gens, d'abord disciplin&#233;s, mais refusant de faire des discours, puis s'&#233;gayant dans la nature, se baignant &#224; poil dans la rivi&#232;re, et le soir le professeur Choron, bourr&#233;, montant sur une table pour chanter des chansons paillardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; est venu un tel succ&#232;s ? Nous pensions tous que l'explosion d'une centrale nucl&#233;aire &#233;tait in&#233;luctable ; c'est cette &#233;ch&#233;ance catastrophique qui rameuta les &#233;nergies militantes et &#171; d&#233;terra &#187; le grave probl&#232;me d'un potentiel an&#233;antissement de l'esp&#232;ce humaine. Mais la th&#232;se catastrophiste servira, h&#233;las, de justification &#224; une id&#233;ologie affirmant le caract&#232;re d&#233;pass&#233; de toute lutte sociale, et proposant un projet de r&#233;volution radicale et globale sur le mode utopique, un projet d'autarcie, une d&#233;sertion individuelle du syst&#232;me. Cette m&#234;me id&#233;ologie afficha aussi son caract&#232;re pacifique, non-violent, comme s'il s'agissait d'&#234;tre pour ou contre la violence, comme si la violence n'&#233;tait pas dans le r&#233;el lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul, il faut revenir &#224; ce qui nous para&#238;t essentiel. Fournier, juste avant de dispara&#238;tre brutalement, &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt;Le paradis concentrationnaire qui s'esquisse et que nous promettent ces cons de technocrates ne verra jamais le jour parce que leur ignorance et leur m&#233;pris des contingences biologiques le tueront dans l'&#339;uf. La seule vraie question qui se pose n'est pas de savoir s'il sera supportable une fois n&#233; mais si, oui ou non, son avortement provoquera notre mort.&lt;/i&gt; &#187; Il se racontait des histoires, car ce &#171; &lt;i&gt;paradis concentrationnaire&lt;/i&gt; &#187; aujourd'hui est l&#224; et fait largement la preuve qu'il peut r&#233;sister aux pires catastrophes, nucl&#233;aires notamment. Si le risque de notre disparition, &#224; terme, est plus que jamais pr&#233;sent, les populations n'en continuent pas moins &#224; &#171; &lt;i&gt;vouloir vivre&lt;/i&gt; &#187; dans cet enfer. Alors que le mouvement &#233;cologique annon&#231;ait &#171; &lt;i&gt;la fin du monde&lt;/i&gt; &#187;, il s'est montr&#233; incapable de voir, et tout le monde avec lui, que nous &#233;tions entr&#233;s dans le monde de la fin, et que cette fin devait &#234;tre con&#231;ue comme une &#233;tendue infinie o&#249; l'on irait de catastrophe en catastrophe, o&#249; l'on s'enfoncerait dans une d&#233;gradation continue des conditions de survie. Il serait temps de cesser de se raconter des histoires, de fin ou d'avenir. Il serait temps de penser l'infini tout autrement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Fournier (1937-1973) a &#233;t&#233; collaborateur &#224; &lt;i&gt;Hara-Kiri&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Charlie-Hebdo&lt;/i&gt;, puis fondateur de &lt;i&gt;La Gueule ouverte&lt;/i&gt;, sous titr&#233; &#171; &lt;i&gt;le journal qui annonce la fin du monde&lt;/i&gt; &#187; en 1972, qui fut pionner dans le combat &#233;cologiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bombe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Bombe&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; est un documentaire-fiction britannique r&#233;alis&#233; par Peter Watkins sorti en 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
