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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Apr&#232;s les morts &#233;crabouill&#233;s, la confiance r&#233;tablie</title>
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		<dc:date>2014-06-19T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; La crise vue comme une opportunit&#233; &#187;, titrait avec allant le principal quotidien anglophone du Bangladesh &#224; l'occasion du premier anniversaire de l'effondrement du Rana Plaza (The Daily Star, 25/04/14). Un an apr&#232;s la pire tuerie jamais commise dans l'histoire de l'industrie textile (1 135 morts, 2 500 bless&#233;s, une centaine de disparus), les milieux d'affaires de Dacca c&#233;l&#232;brent leur optimisme retrouv&#233;. Les carnets de commande sont pleins, de San Diego &#224; Montlu&#231;on le &#171; made in Bangladesh &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no122-mai-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;122 (mai 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quotidien-anglophone" rel="tag"&gt;quotidien anglophone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daily-Star" rel="tag"&gt;Daily Star&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La crise vue comme une opportunit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, titrait avec allant le principal quotidien anglophone du Bangladesh &#224; l'occasion du premier anniversaire de l'effondrement du Rana Plaza (&lt;i&gt;The Daily Star,&lt;/i&gt; 25/04/14). Un an apr&#232;s la pire tuerie jamais commise dans l'histoire de l'industrie textile (1 135 morts, 2 500 bless&#233;s, une centaine de disparus), les milieux d'affaires de Dacca c&#233;l&#232;brent leur optimisme retrouv&#233;. Les carnets de commande sont pleins, de San Diego &#224; Montlu&#231;on le &#171; &lt;i&gt;made in Bangladesh&lt;/i&gt; &#187; inonde les rayons des marchands de frusques. La hantise du boycott n'a pas r&#233;sist&#233; &#224; l'int&#233;r&#234;t bien compris du consommateur occidental. Bonne f&#233;e, la crise qui frappe les pays riches rend toujours plus irrempla&#231;ables les petites fourmis &#171; &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt; &#187; qui s'&#233;chinent au bout du monde dans leurs sarcophages v&#233;tustes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1077 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/p03-bangladesh-remi-2-9ea6a.jpg?1768651308' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pour le patronat bangladais, ce regain de forme marque l'aboutissement des r&#233;formes cosm&#233;tiques adopt&#233;es aux lendemains de la catastrophe. Hausse mirobolante du salaire minimum (&#224; 50 euros par mois), reconnaissance des droits syndicaux (sur le papier), embauche de deux cents inspecteurs pour v&#233;rifier la &#171; conformit&#233; &#187; des cinq mille usines textiles du pays (et d&#233;livrer des certificats de bonne conduite &#224; leurs propri&#233;taires) : de la poudre aux yeux pour ass&#233;cher les larmes des crocodiles et stimuler leur fringale. &#171; &lt;i&gt;Les horribles d&#233;bris des huit &#233;tages du Rana Plaza ont donn&#233; le jour &#224; des changements constructifs qui vont assurer un avenir radieux &#224; tout le secteur&lt;/i&gt; &#187;, exulte le &lt;i&gt;Daily Star&lt;/i&gt;. Interrog&#233; par le journal, le directeur ex&#233;cutif des op&#233;rations au Bangladesh pour le compte de l'Organisation internationale du travail (OIT), un certain Rob Wayss, pr&#233;dit lui aussi un &#171; &lt;i&gt; impact positif des inspections, qui devraient accro&#238;tre la confiance des acheteurs internationaux dans les produits bangladais&lt;/i&gt; &#187;. Peu importe si les commanditaires du Rana Plaza se foutent de leurs victimes comme de leur premier b&#233;nard : aux mortes ensevelies, aux survivantes bris&#233;es et &#224; leurs familles d&#233;sormais sans ressources, Auchan, Carrefour et Benetton refusent de verser un centime de d&#233;dommagement, tandis que Wal-Mart, Gap, Mango, Cama&#239;eu et les autres n'ont distribu&#233; que des miettes &#8211; 15 millions de dollars au total, trois fois moins que l'aum&#244;ne r&#233;clam&#233;e par les ONG. Les multinationales peuvent cracher dans la main qui les nourrit, la seule chose qu'on leur demande, c'est leur confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la confiance a un prix. Comme l'a calcul&#233; l'exportateur Rubana Huq, le patron d'une petite usine qui aurait l'id&#233;e saugrenue de respecter les normes de s&#233;curit&#233; devrait s'acquitter en moyenne de 132 000 dollars en frais de r&#233;novation et &#224; peu pr&#232;s autant pour pr&#233;venir les risques d'incendie. Dans l'hypoth&#232;se d'une production annuelle de 1,4 million de chemises, une telle d&#233;pense lui imposerait de porter le tarif de ses nippes &#224; 4,19 dollars pi&#232;ce, soit une majoration de 29 cents. Impensable, car &#171; &lt;i&gt;nos acheteurs &#233;trangers ne sont pas pr&#234;ts &#224; payer davantage&lt;/i&gt; &#187; &#8211; mani&#232;re polie d'indiquer qu'en r&#233;alit&#233; les multinationales exigent des produits toujours moins chers. Le prix de la confiance, c'est de compter pour du beurre les fac&#233;ties internationales sur la s&#233;curit&#233;. Et d'attendre tranquillou la prochaine horreur industrielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre des mondes de pauvres</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-guerre-des-mondes-de-pauvres</link>
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		<dc:date>2014-04-23T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
		<dc:subject>Made in Bangladesh</dc:subject>
		<dc:subject>Rana Plaza</dc:subject>
		<dc:subject>Daily Star</dc:subject>
		<dc:subject>Bangladesh</dc:subject>
		<dc:subject>d'admirablement coh&#233;rent</dc:subject>
		<dc:subject>libre-&#233;change</dc:subject>
		<dc:subject>coh&#233;rent qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>accords</dc:subject>
		<dc:subject>Bangladesh scrute</dc:subject>
		<dc:subject>Bangladesh n'est</dc:subject>
		<dc:subject>monde autour</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#232;gne du libre-&#233;change a ceci d'admirablement coh&#233;rent qu'il ne se contente pas d'orchestrer la guerre des pauvres &#224; l'&#233;chelle des individus. La mise en concurrence de chacun contre tout le monde autour de l'os &#224; ronger des emplois d&#233;localisables ne s'acharne pas seulement sur les travailleurs du premier monde et les for&#231;ats d'Asie, d'Afrique du Nord ou d'Europe de l'Est : elle attise aussi les rivalit&#233;s entre pays &#171; low cost &#187;. Depuis quelques mois, le gouvernement du Bangladesh scrute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bangladesh" rel="tag"&gt;Bangladesh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-admirablement-coherent" rel="tag"&gt;d'admirablement coh&#233;rent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/libre-echange" rel="tag"&gt;libre-&#233;change&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/coherent-qu-il" rel="tag"&gt;coh&#233;rent qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/accords" rel="tag"&gt;accords&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bangladesh-scrute" rel="tag"&gt;Bangladesh scrute&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bangladesh-n-est" rel="tag"&gt;Bangladesh n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde-autour" rel="tag"&gt;monde autour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#232;gne du libre-&#233;change a ceci d'admirablement coh&#233;rent qu'il ne se contente pas d'orchestrer la guerre des pauvres &#224; l'&#233;chelle des individus. La mise en concurrence de chacun contre tout le monde autour de l'os &#224; ronger des emplois d&#233;localisables ne s'acharne pas seulement sur les travailleurs du premier monde et les for&#231;ats d'Asie, d'Afrique du Nord ou d'Europe de l'Est : elle attise aussi les rivalit&#233;s entre pays &#171; &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt; &#187;. Depuis quelques mois, le gouvernement du Bangladesh scrute avec consternation les accords de libre-&#233;change que l'Union europ&#233;enne est en train de n&#233;gocier dans son dos avec l'Inde et le Vietnam. S'ils aboutissent, ces accords ouvriront les vannes aux exportations de textile indien et vietnamien &#224; destination du march&#233; europ&#233;en. Pour le Bangladesh, qui &#233;coule 65 % de sa production de liquettes vers l'Europe, les cons&#233;quences seraient &#233;videmment calamiteuses. &#171; &lt;i&gt; Nous risquons de perdre une bonne partie de nos b&#233;n&#233;fices &#224; l'exportation&lt;/i&gt; &#187;, s'alarme le &lt;i&gt;Daily Star&lt;/i&gt;, un quotidien bangladais proche du pouvoir. Lequel pr&#233;dit, sur la foi d'un calcul d'une pr&#233;cision &#233;sot&#233;rique, une &#171; &lt;i&gt;chute du produit int&#233;rieur brut de 0,27 %&lt;/i&gt; &#187; (05/03/14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zombies de Bruxelles objecteront que ce n'est que justice : le Bangladesh b&#233;n&#233;ficie d&#233;j&#224; d'un trait&#233; de libre-&#233;change avec l'UE, qui l'autorise &#224; ravitailler Carrefour, H&amp;M ou Benetton sans payer un sou de taxes douani&#232;res. En vertu de quoi le pays des usines tueuses occupe la deuxi&#232;me place &#8211; apr&#232;s la Chine &#8211; au rang des plus gros fournisseurs de fringues de la France. Pourquoi l'Inde et le Vietnam, deux de ses plus redoutables concurrents sur le march&#233; mondial du textile, n'auraient-ils pas droit eux aussi &#224; la munificence lib&#233;rale du club europ&#233;en ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;ticheurs bruxellois sont d&#233;cid&#233;ment d'impayables farceurs. En juillet 2013, trois mois apr&#232;s le massacre du Rana Plaza (plus de mille cent ouvri&#232;res bangladaises mortes &#233;crabouill&#233;es dans l'effondrement de leur usine), le commissaire europ&#233;en au commerce, Karel de Gucht, lan&#231;ait en grande pompe un &#171; &lt;i&gt;pacte sur la durabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; visant &#224; &#171; &lt;i&gt;soutenir le Bangladesh dans ses efforts&lt;/i&gt; [pour] &lt;i&gt;&#233;viter une autre trag&#233;die comme celle du Rana Plaza&lt;/i&gt; &#187;. Tu parles d'un soutien. En multipliant les accords de libre-&#233;change qui d&#233;r&#233;gulent davantage encore le champ de bataille plan&#233;taire du pr&#234;t-&#224;-porter, l'UE alourdit la pression sur le secteur textile au Bangladesh &#8211; la premi&#232;re ressource du pays &#8211; et contribue indirectement &#224; rendre plus infernales les conditions de travail de ses quatre &#224; cinq millions d'ouvri&#232;res. Le gouvernement et le patronat bangladais peuvent bien claironner qu'ils ont recrut&#233; deux cents inspecteurs pour veiller &#224; la s&#233;curit&#233; dans les usines, histoire de faire joli dans les brochures des communicants, personne au Bangladesh n'est dupe. &#171; &lt;i&gt;Si nous n'am&#233;liorons pas notre comp&#233;titivit&#233;, nos clients risquent de se d&#233;tourner du Bangladesh pour se reporter sur la concurrence indienne&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume un exportateur dans le &lt;i&gt;Financial Express&lt;/i&gt;, le quotidien d'affaires de Dacca (04/03/14). En somme, l'UE se comporte comme les multinationales dont elle d&#233;fend les actionnaires : on se gomine la langue de &#171; chartes &#233;thiques &#187; et de &#171; durabilit&#233; &#187; tout en s'employant &#224; &#233;craser les prix. Et les ouvri&#232;res qui vont avec.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH405/actu-segmentation-fd1b2.jpg?1768651308' width='400' height='405' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Un droit syndical pour rire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-droit-syndical-pour-rire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>Charmag</dc:subject>
		<dc:subject>Made in Bangladesh</dc:subject>
		<dc:subject>Rana Plaza</dc:subject>
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		<dc:subject>millions d'ouvri&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>bangladais seraient</dc:subject>
		<dc:subject>seraient scrupuleusement</dc:subject>
		<dc:subject>Sheikha Hassina</dc:subject>
		<dc:subject>droits syndicaux</dc:subject>
		<dc:subject>Croix</dc:subject>
		<dc:subject>textile bangladais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Croix de bois, croix de fer, la promesse avait &#233;t&#233; solennellement proclam&#233;e apr&#232;s le massacre du Rana Plaza en avril 2013 : dor&#233;navant, les droits syndicaux des quatre millions d'ouvri&#232;res du textile bangladais seraient scrupuleusement respect&#233;s. Sur l'air de &#171; plus jamais &#231;a &#187;, le patronat local, les g&#233;ants occidentaux du pr&#234;t-&#224;-porter et le r&#233;gime notoirement corrompu de la Premi&#232;re ministre Sheikha Hassina juraient que les quelque mille cent travailleuses &#233;crabouill&#233;es dans l'effondrement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Made-in-Bangladesh" rel="tag"&gt;Made in Bangladesh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rana-Plaza" rel="tag"&gt;Rana Plaza&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/scrupuleusement-respectes" rel="tag"&gt;scrupuleusement respect&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/solennellement-proclamee" rel="tag"&gt;solennellement proclam&#233;e&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seraient-scrupuleusement" rel="tag"&gt;seraient scrupuleusement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sheikha-Hassina" rel="tag"&gt;Sheikha Hassina&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/textile-bangladais" rel="tag"&gt;textile bangladais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Croix de bois, croix de fer, la promesse avait &#233;t&#233; solennellement proclam&#233;e apr&#232;s le massacre du &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Juste-un-accident-au-Bangladesh&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rana Plaza&lt;/a&gt; en avril 2013 : dor&#233;navant, les droits syndicaux des quatre millions d'ouvri&#232;res du textile bangladais seraient scrupuleusement respect&#233;s. Sur l'air de &#171; plus jamais &#231;a &#187;, le patronat local, les g&#233;ants occidentaux du pr&#234;t-&#224;-porter et le r&#233;gime notoirement corrompu de la Premi&#232;re ministre Sheikha Hassina juraient que les quelque mille cent travailleuses &#233;crabouill&#233;es dans l'effondrement de leur usine n'&#233;taient pas mortes en vain. Pas moyen d'ignorer les nombreux t&#233;moignages qui &#233;tablissaient que la pr&#233;sence d'un syndicat au Rana Plaza aurait peut-&#234;tre am&#233;lior&#233; les chances des trimardeuses de faire valoir le droit de retrait qu'elles avaient r&#233;clam&#233; quelques jours avant l'accident, effray&#233;es par les fissures de plus en plus b&#233;antes qui l&#233;zardaient leur cage &#224; coudre. Le d&#233;labrement de l'usine, la sourde oreille de ses propri&#233;taires et la cupidit&#233; de leurs clients &#233;trangers &#8211; Carrefour, Cama&#239;eu, C&amp;A, Bonmarch&#233;, Wal-Mart, Primark&#8230; &#8211;, qui s'accommodaient gaiement des risques mortels encourus par leur main-d'&#339;uvre bangladaise, ne sont pas seuls en cause : la privation des droits syndicaux tue elle aussi tr&#232;s efficacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2013, le Bangladesh ratifiait en grande pompe les conventions 87 et 98 de l'Organisation internationale du travail (OIT) relatives aux libert&#233;s syndicales. De son c&#244;t&#233;, le tout-puissant lobby des employeurs du textile (BGMEA) assurait que les entraves aux droits du travailleur appartenaient au pass&#233;. Allez savoir pourquoi, cette annonce historique n'a pas soulev&#233; une explosion de joie. Le consommateur du Premier monde pouvait bien se poudrer d'un zeste de bonne conscience en se fringuant &#171; made in Bangladesh &#187;, les couturi&#232;res &#224; 30 euros par mois ne cachaient pas leur scepticisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois plus tard, la grande avanc&#233;e sociale tournait d&#233;j&#224; &#224; l'entourloupe. &#171; &lt;i&gt; Le processus bureaucratique pour l'agr&#233;ment d'un syndicat est long et sem&#233; d'emb&#251;ches, ce qui laisse le temps aux employeurs de harceler le personnel tent&#233; d'y adh&#233;rer &lt;/i&gt; &#187;, constatait Kalpana Akter, une responsable du Centre pour la solidarit&#233; des travailleurs. La loi est bien faite : pour d&#233;clarer un syndicat, ses fondateurs doivent se pr&#233;valoir du soutien de 30 % du personnel de l'entreprise. Comment r&#233;unir autant de camarades quand l'angoisse de perdre son gagne-pain reste intacte ? Les plus courageux le paient cash : &#171; &lt;i&gt;Des douzaines de travailleurs viennent de perdre leur emploi dans plusieurs usines parce qu'ils tentaient de monter un syndicat&lt;/i&gt; &#187;, expliquait fin ao&#251;t un dirigeant du syndicat BNGWEL dans le &lt;i&gt;Dhaka Tribune&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'a chang&#233; dans les oubliettes du pr&#234;t-&#224;-porter. D&#233;but f&#233;vier, l'ONG Human Rights Watch, apr&#232;s enqu&#234;te dans vingt et une usines, publiait un rapport d&#233;taillant le co&#251;t des libert&#233;s syndicales dans le textile au Bangladesh : menaces, insultes, licenciements sans solde, ouvri&#232;res agress&#233;es sexuellement ou battues par des malfrats &#224; la solde des patrons. Le Front national, qui a choisi le Bangladesh pour la confection de ses T-shirts &#171; Les gars de la Marine &#187;, peut donc se rassurer : le droit syndical, c'&#233;tait juste pour la frime.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_966 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH492/p05-bangla-f8d8d.jpg?1768651308' width='400' height='492' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Illustr&#233; par &lt;a href=&#034;http://charmag.canalblog.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charmag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour une poign&#233;e de cacahu&#232;tes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pour-une-poignee-de-cacahuetes</link>
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		<dc:date>2014-01-18T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
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&lt;p&gt;C'est une barre haute de dix &#233;tages et longue comme un stade de foot, une forteresse de b&#233;ton noir&#226;tre constell&#233;e de meurtri&#232;res. Par ces ouvertures &#233;quip&#233;es de ventilateurs asthmatiques, dix-neuf mille ouvri&#232;res et ouvriers happaient l'oxyg&#232;ne qui les emp&#234;chait de suffoquer tout &#224; fait dans l'air satur&#233; et surchauff&#233; de leur cage industrielle. Aujourd'hui ils respirent mieux, mais leur gagne-pain est en cendres : dans la nuit du 29 novembre, un incendie a ravag&#233; l'usine de Standard Group, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no117-decembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;117 (d&#233;cembre 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_894 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH614/p03-bangladesh-remi-a2eb2.jpg?1768651308' width='400' height='614' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est une barre haute de dix &#233;tages et longue comme un stade de foot, une forteresse de b&#233;ton noir&#226;tre constell&#233;e de meurtri&#232;res. Par ces ouvertures &#233;quip&#233;es de ventilateurs asthmatiques, dix-neuf mille ouvri&#232;res et ouvriers happaient l'oxyg&#232;ne qui les emp&#234;chait de suffoquer tout &#224; fait dans l'air satur&#233; et surchauff&#233; de leur cage industrielle. Aujourd'hui ils respirent mieux, mais leur gagne-pain est en cendres : dans la nuit du 29 novembre, un incendie a ravag&#233; l'usine de Standard Group, l'un des plus gros sites de production textile de Gazipur, dans la lointaine banlieue de Dhaka. Des &#233;tiquettes de Zara, Gap, Wal-Mart et Marks &amp; Spencer ont &#233;t&#233; retrouv&#233;es dans les restes calcin&#233;s des v&#234;tements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une fois, ce n'est pas l'ignorance patronale des r&#232;gles de s&#233;curit&#233; qui a mis le feu. L'incendie s'est d&#233;clench&#233; durant les heures de fermeture, son origine criminelle ne fait gu&#232;re de doute. Le clapier fumait encore que le BGMEA, le tout puissant lobby des ma&#238;tres du textile bangladais, incriminait d&#233;j&#224; un acte de malveillance des ouvriers. C'est toujours le m&#234;me refrain lorsqu'une usine textile flambe au Bangladesh : pour s'exon&#233;rer des conditions mortif&#232;res impos&#233;es &#224; leur main-d'&#339;uvre et justifier leur refus de d&#233;dommager les victimes, les employeurs ont coutume de se d&#233;fausser sur les travailleurs. Mais, ce coup-ci, il se pourrait que la version officielle tombe juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis d&#233;but novembre, la machine &#224; coudre de la plan&#232;te se heurte &#224; une contestation sociale explosive. Des dizaines de milliers d'ouvriers pourtant interdits de vie syndicale ont cess&#233; le travail &#224; plusieurs reprises et battu les pav&#233;s de Dhaka. Du jamais-vu dans l'histoire du pays. Bravant les menaces de r&#233;torsion et les &lt;i&gt;flash-balls&lt;/i&gt; de la police anti-&#233;meute, les manifestants ont r&#233;ussi &#224; bloquer des centaines d'usines, &#224; chahuter l'ordre politique et &#224; &#233;branler le bizness des marques de sape occidentales, choqu&#233;es par l'extravagance de leur revendication : un salaire minimum de 100 dollars par mois. &#171; &lt;i&gt;Pour ne pas crever de faim apr&#232;s qu'on s'est tu&#233; &#224; la t&#226;che&lt;/i&gt; &#187;, expliquait un gr&#233;viste. Suite au massacre du Rana Plaza en juin dernier (1 200 ouvriers morts &#233;cras&#233;s dans l'effondrement de leur usine), gouvernement et patronat avaient promis d'am&#233;liorer g&#233;n&#233;reusement les queues de cerises vers&#233;es aux quatre millions de travailleurs du textile bangladais. S'ensuivirent de longs conciliabules, au terme desquels on d&#233;cida, le 13 novembre dernier, de porter le salaire minimum de 40 dollars aujourd'hui &#224; 68 dollars &#224; partir de janvier prochain. Une hausse appr&#233;ciable en apparence mais d&#233;risoire dans les faits, qui rattrape &#224; peine la courbe grimpante de l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Gazipur, la col&#232;re continue de bouillir. Il se raconte que le patronat, soucieux de pr&#233;server les marges de ses acheteurs &#233;trangers, se serait engag&#233; &#224; compenser l'ajustement salarial par une productivit&#233; accrue. Tu cr&#232;veras toujours de faim, mais tu te tueras un peu plus &#224; la t&#226;che. Pas &#233;tonnant que la forteresse soit partie en fum&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le prix de la guerre des prix</title>
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		<dc:date>2013-12-19T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>Made in Bangladesh</dc:subject>
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		<dc:subject>Sumaya Khatun</dc:subject>
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		<dc:subject>Tuba Group</dc:subject>
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		<dc:subject>Tazreen Fashions</dc:subject>
		<dc:subject>Teddy Smith</dc:subject>

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&lt;p&gt;Sumaya Khatun n'a que seize ans, mais c'est d&#233;j&#224; une &#171; v&#233;t&#233;rane &#187; de guerre. La guerre &#224; laquelle elle a surv&#233;cu de justesse, et qui menace &#224; pr&#233;sent de l'achever pour de bon, est celle qui oppose les grandes marques de fringues occidentales &#224; leurs quatre millions d'ouvri&#232;res bangladaises. Une guerre sale, impitoyable, sans r&#233;pit et sans refuge, o&#249; les commandes de b&#233;nards pour petits consommateurs de pays riches tuent aussi s&#251;rement qu'un tapis de bombes. Le 24 novembre 2012 en fin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Teddy-Smith" rel="tag"&gt;Teddy Smith&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sumaya Khatun n'a que seize ans, mais c'est d&#233;j&#224; une &#171; v&#233;t&#233;rane &#187; de guerre. La guerre &#224; laquelle elle a surv&#233;cu de justesse, et qui menace &#224; pr&#233;sent de l'achever pour de bon, est celle qui oppose les grandes marques de fringues occidentales &#224; leurs quatre millions d'ouvri&#232;res bangladaises. Une guerre sale, impitoyable, sans r&#233;pit et sans refuge, o&#249; les commandes de b&#233;nards pour petits consommateurs de pays riches tuent aussi s&#251;rement qu'un tapis de bombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 novembre 2012 en fin d'apr&#232;s-midi, Sumaya trime sur sa machine &#224; coudre de l'usine Tazreen Fashions lorsque retentit l'alarme &#224; incendie. Son employeur, Tuba Group, fournisseur attitr&#233; de Disney, de Carrefour, de Wall-Mart et du mercanti fran&#231;ais Teddy Smith, a donn&#233; des instructions tr&#232;s fermes &#224; ses contrema&#238;tres : les issues de secours doivent rester verrouill&#233;es en toutes circonstances pour dissuader la main-d'&#339;uvre, pay&#233;e 30 euros par mois pour six jours de corv&#233;e par semaine, d'exfiltrer un T-shirt ou deux. Pi&#233;g&#233;es dans les flammes, au moins cent douze ouvri&#232;res p&#233;riront br&#251;l&#233;es vives ou en sautant par les fen&#234;tres. Sumaya a de la chance : elle se jette du quatri&#232;me &#233;tage et survit au cauchemar. Mais des sympt&#244;mes inqui&#233;tants ne tardent pas &#224; appara&#238;tre. Aux pulsions suicidaires n&#233;es de son traumatisme psychologique s'ajoutent des saignements de nez, des &#339;d&#232;mes au visage et une c&#233;cit&#233; totale de l'&#339;il droit. En juillet 2013, on lui diagnostique une tumeur canc&#233;reuse dans les sinus et les cavit&#233;s orbitaires. Une cons&#233;quence peut-&#234;tre des fum&#233;es toxiques inhal&#233;es dans l'incendie, ou d'une exposition trop longue aux produits chimiques dont raffole l'industrie textile, et que l'on devine peu propices &#224; l'&#233;panouissement d'une adolescente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se sortir d'affaire, Sumaya aurait besoin de trente-trois s&#233;ances de radioth&#233;rapie. Mais comment r&#233;unir les 2 600 euros d'avance que l'h&#244;pital lui r&#233;clame ? Depuis l'incendie, la gamine et sa famille cr&#232;vent litt&#233;ralement de faim. &#192; l'instar des autres survivantes et de leurs proches, ils n'ont re&#231;u qu'une poign&#233;e de pi&#233;cettes et quelques sacs de riz en guise de r&#233;paration. L'&#201;tat bangladais et le patronat local s'en lavent les pognes, tout &#224; leur souci de &#171; rassurer &#187; les investisseurs &#233;trangers. Quant aux prestigieux clients de Tuba Group, ils ont refus&#233; tout net de verser le moindre sou de d&#233;dommagement &#224; leurs victimes. &#192; la guerre comme &#224; la guerre. Ou pour le dire comme Carrefour : &#171; &lt;i&gt; Les prix bas, la confiance en plus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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